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Le mépris serait-il la nouvelle arme de la séduction ? À première vue, les entreprises qui maltraitent leurs clients devraient disparaître. Pourtant, certaines explosent tous les compteurs. Elles les ignorent, les bousculent, les frustrent… et ces mêmes clients en redemandent. Sommes-nous à l’aube d’un nouveau paradigme marketing où l’arrogance devient un atout stratégique ? [...]

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00:00Le mépris. Serait-il devenu la nouvelle arme de séduction ?
00:12À première vue, les entreprises qui maltraitent leurs clients devraient disparaître.
00:17Pourtant, certaines explosent tous les compteurs.
00:21Elles les ignorent, les bousculent, les frustrent, et ces mêmes clients en redemandent.
00:27Sommes-nous à l'aube d'un nouveau paradigme marketing, où l'arrogance devient un atout stratégique ?
00:34Michael O'Leary, patron de Ryanair, aime provoquer.
00:37Vous voulez un billet à 10 euros ? Alors ne vous plaignez pas si on vous traite comme du bétail.
00:41Pourtant, la compagnie affiche des records de bénéfices.
00:47Frais cachés, services clients inexistants, conditions de voyage dégradées, et un taux de remplissage imbattable.
00:54Pourquoi ? Parce que l'ultra low cost active un puissant biais cognitif, l'acceptabilité de la contrainte en échange d'un prix planché.
01:04Quand le prix devient l'unique critère de choix, l'expérience client devient secondaire.
01:10Apple vend des produits ultra premium, en imposant des restrictions que d'autres marques n'oseraient même pas.
01:17Chargeurs vendus séparément, ports propriétaires, écosystèmes verrouillés.
01:22Pourtant, les clients adhèrent encore et encore.
01:25Pourquoi ? C'est le marketing de la rareté et du rituel.
01:29Acheter Apple, c'est entrer dans un univers exclusif où chaque contrainte devient un élément de distinction sociale.
01:38La marque a transformé ces limitations en privilèges, poussant les consommateurs à s'auto-justifier leurs choix coûteux.
01:47Balenciaga s'imite à vendre des sacs aux allures de sacs poubelles en plastique à 1500 euros et plus.
01:53Provocation, non ? Une stratégie d'exclusion par l'absurde.
01:57Le marketing du snobisme repose sur une logique bien connue.
02:01Plus l'objet est incompréhensible, plus il devient un marqueur de statut.
02:06Acheter Balenciaga, c'est revendiquer une supériorité culturelle qui échappe au commun des mortels.
02:13La laideur devient un code social réservé aux initiés.
02:18Dans son livre Théorie de la classe de loisirs, publié en 1899 et toujours réédité,
02:23le sociologue Torstein Veblen avait déjà observé que les consommateurs recherchent des signes ostentatoires de distinction,
02:31quitte à accepter l'inconfort ou l'absurde.
02:34Plus récemment, Jonah Berger, dans Invisible Influence, publié en 2016,
02:39a démontré que nous choisissons souvent ce qui nous distingue et non ce qui est objectivement meilleur.
02:46Se révoltera-t-il un jour ? Rien n'est moins sûr.
02:50Barry Schwartz, dans The Paradox of Choice, démontre que face à une trop grande variété d'options,
02:56nous sommes paralysés par l'angoisse et préférons nous conformer aux normes, même absurdes.
03:02Tant que l'exclusivité, le prix imbattable ou le prestige exercent leur attrait, ces marques continueront de prospérer.
03:13Alors, le client est-il réellement le roi ? On peut en douter.
03:19Bien souvent, il n'est qu'une victime consentante, façonnée par le marketing,
03:24qui oriente ses choix en jouant sur ses émotions et qui l'adore.

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