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Les clefs d'une vie avec Florence Brunold

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##LES_CLEFS_D_UNE_VIE-2025-03-20##

Catégorie

Personnes
Transcription
00:00Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
00:03Les clés d'une vie, celles de mon invité.
00:05Votre destin était de poser des couronnes,
00:07vous êtes devenue une reine de l'insolence et de l'imitation.
00:10Vous voici au théâtre avec une histoire de jambon
00:13qui va me permettre de découper votre vie en tranches
00:15sous la forme de datte-clé. Bonjour, Florence Brunold.
00:18Bravo, merci Jacques.
00:20Alors, on vous connaît à travers, bien sûr,
00:23toutes les imitations de chansonniers,
00:25après tout ce que vous avez fait.
00:27Et là, une nouvelle activité, vous êtes au théâtre Edgar
00:29avec une pièce, on va en parler tout à l'heure, le jambon.
00:33Mais le principe des clés d'une vie, c'est d'évoquer votre parcours
00:36qui est assez fourni, je crois.
00:38Voilà, dans tous les sens.
00:40Alors, j'ai trouvé des dattes-clés, c'est le principe de l'émission.
00:42La première, c'est le 29 juillet 1981,
00:46c'est vos débuts dans un théâtre de légende,
00:48le Deezer, avec Fetus et Bouche Cousue.
00:50Ah oui, j'aime bien, vous me rappelez tout mon parcours,
00:55c'est formidable, moi qui ne me souviens de rien,
00:57Fetus et Bouche Cousue, oui, c'était l'époque des cafés-théâtres.
01:02L'époque des cafés-théâtres où il n'y avait pas encore de marchandising,
01:05où on pouvait, sans savoir son métier d'ailleurs,
01:10parce que je ne connaissais pas bien mon métier,
01:12on pouvait s'aventurer dans un spectacle d'une heure.
01:16Bon, je sortais du cours Jean Périmonie,
01:19où j'avais pas mal travaillé les classiques,
01:26et puis quand je suis sortie de ce cours,
01:29au bout de trois ans de formation quand même,
01:32j'étais soit trop petite, soit trop grosse,
01:35soit pas assez grande, soit trop ceci, trop cela,
01:39je me suis dit, j'ai fait ce métier-là pour être libre, pour travailler,
01:42alors je me suis dit, je vais écrire.
01:45Comme Anne-Marie Carrière, que j'ai eu le plaisir de rencontrer,
01:49Anne-Marie Carrière, Maurice Sorgue et tout ça.
01:52Donc vous avez décidé d'écrire, mais encore faut-il savoir quoi écrire.
01:55J'étais un peu une rebelle,
01:58la société était quand même, à cette époque aussi,
02:03on pouvait se moquer de pas mal de choses,
02:05et puis j'y suis allée carrément.
02:08Et puis dans ce petit café-théâtre dont vous me parlez,
02:11le bec fin aussi, le bec fin, le fanal.
02:14Oui, ça a commencé avant, le 10h, c'est presque la consécration.
02:17Oui, c'est ça, mais les chansonniers sont venus me chercher,
02:23et c'est surtout Marcial Carré, du Caveau de la République,
02:26qui est venu me chercher.
02:28D'accord, mais Fetus et Bouscoujou, qu'est-ce que c'était ?
02:31Alors, Fetus et Bouscoujou, c'était...
02:33C'est-à-dire, le titre est étonnant.
02:35C'était une mère porteuse.
02:38Alors, j'avais plusieurs personnages,
02:41j'aime bien jouer plusieurs personnages,
02:43j'étais un fœtus dans le ventre de sa mère,
02:45et j'évoquais donc, j'évoquais...
02:49Votre avenir.
02:51Mon avenir, et puis...
02:54Oui, je ne me souviens pas bien de ça.
02:57Mais enfin, c'était le début de votre style,
02:59parce qu'il fallait quand même écrire,
03:01une femme qui écrivait des choses aussi fortes et aussi drôles,
03:03c'était pas courant à l'époque.
03:05Oui, c'est vrai, peut-être.
03:07Donc, vous arrivez dans les petits cafés-théâtres,
03:09où il y a 20 personnes tous les soirs.
03:11Et puis, tout d'un coup, Marcial Carré me dit,
03:14audition publique, un soir, un samedi,
03:17au Caveau de la République,
03:19Oui, mais avant, il y a eu quand même ce théâtre de 10 heures,
03:22théâtre de 10 heures qui a été repris par Raoul Arnaud et Oléo,
03:27qui était une dame qui avait, à mon avis,
03:29fait d'autres choses dans le quartier,
03:31avant de diriger un théâtre,
03:33et tous les chansonniers s'y produisaient.
03:35C'était...
03:37C'était formidable.
03:40Les gens étaient arrivés en costume,
03:43en smoking,
03:45c'était vraiment un grand...
03:49C'était autre chose.
03:51Et il y avait surtout une chose étonnante,
03:53quand les spectateurs arrivaient au théâtre,
03:55ils se faisaient insulter par la présentatrice.
03:57Oléo ?
03:59Oui, il paraît.
04:01Mes anciens me racontaient ça.
04:03Et il y avait même des gens qui arrivaient exprès en retard
04:05pour se faire insulter.
04:07Mais aux deux ânes, j'ai connu ça.
04:09Les gens arrivent souvent en retard
04:11pour se faire insulter, pour se faire emboîter.
04:13Et ça, ils adorent ça.
04:15Alors, il se trouve que tout ça,
04:17c'est votre vocation d'écrire.
04:19Parce que, déjà, enfant,
04:21vous faisiez rire tout le monde, Florence Brunald.
04:23J'ai toujours imité mes profs.
04:25Ça commence toujours à l'école.
04:27Son premier public,
04:29c'est les élèves, les copains.
04:31C'est là où on fait ses premières dents,
04:33si je puis dire.
04:35Parce que j'ai failli mal tourner.
04:37Oui, parce que votre père était un dentiste renommé, je crois.
04:39Il y avait un cabinet et beaucoup de monde.
04:41Beaucoup de monde, oui.
04:43J'ai failli mal tourner.
04:45J'ai commencé des études dentaires.
04:47J'ai commencé CPEM.
04:49C'était le concours d'entrée
04:51médecine dentaire.
04:53Et puis,
04:55je les ai convaincus, quand même,
04:57au bout d'un an d'essais.
04:59Je me dis, non, la biochimie, c'est pas pour moi.
05:01Mais mon père était un comique.
05:03Il était très rigolo, papa.
05:05C'est-à-dire ?
05:07D'ailleurs, il a fait ses études
05:09avec Jean Valton.
05:11Jean Valton,
05:13premier imitateur.
05:15Présentateur du mot le plus long à son origine.
05:17Et maître de Thierry de Luron.
05:19Et c'était
05:21avec Mina,
05:23mon père et ma mère,
05:25c'était les meilleurs copains du monde.
05:27Ils ont fait dentaire ensemble.
05:29Bon, Valton a fait quand même pas mal de conneries.
05:31Une fois, il paraît qu'il aurait injecté
05:33un peu de mercurochrome
05:35dans une dent.
05:37Une semaine après, la dame,
05:39c'était à l'école dentaire,
05:41il est devenu avec une dent complètement rouge.
05:43Il dit, je mettrai du bleu de méthylène la prochaine fois.
05:45Sur l'incisive, ça fera bleu-blanc-rouge.
05:47Mais...
05:49Et il est devenu imitateur.
05:51Mais il est devenu imitateur.
05:53Mais ils avaient un numéro extraordinaire.
05:55Mon père faisait Eric von Schroem,
05:57et puis
05:59Jean Valton imitait.
06:01C'était la grande illusion, il imitait.
06:03Ils faisaient un numéro formidable, tous les deux.
06:05Il se trouve qu'être dentiste
06:07et faire du spectacle, c'est possible.
06:09C'est déjà arrivé. Écoutez.
06:11La voiture est en panne d'essence.
06:13Nous n'avons vraiment pas de chance.
06:15Pourquoi t'affoler ?
06:17Je rentre à la maison.
06:19Cette chanson, panne d'essence, c'est Sylvie Hartan
06:21et Francky Jordan.
06:23Et Francky Jordan, au départ, qui est un roi du rock,
06:25il était dentiste. Il a d'ailleurs poursuivi sa carrière
06:27sous le nom de Claude Benzaquen.
06:29Et le rock lui doit beaucoup parce qu'en 60,
06:31le préfet de police veut interdire
06:33le rock'n'roll à Paris. Et celui qui,
06:35à la radio, dans un débat, a sauvé
06:37le rock'n'roll, c'est Francky Jordan,
06:39dentiste. Comme quand vous auriez pu faire les deux.
06:41J'aurais pu faire les deux.
06:43Alors, il se trouve que Jean Périmoni,
06:45à l'époque, est un professeur d'art dramatique
06:47qui a été l'assistant de Robert Manuel,
06:49qui monte des spectacles. Vous arrivez là-dedans,
06:51vous êtes prise tout de suite ?
06:53Je suis prise tout de suite.
06:55J'ai commencé, oui, en première année.
06:57Et puis,
06:59je me suis retrouvée avec la fille
07:01de Gérard Philippe, Anne-Marie Philippe,
07:03qui était une belle personne.
07:05Chez Jean Périmoni,
07:07il aimait les actrices comme
07:09Fanny Ardent, d'ailleurs.
07:11Il aimait les
07:13tragédiennes, mais
07:15il m'a beaucoup appris.
07:17En même temps, vous avez, vous, appris sur le terrain
07:19parce que finalement, vos premiers sketchs
07:21et vos monologues,
07:23Florence Brunold, c'est une observation
07:25de la société. Voilà.
07:27C'était plus une observation de la société
07:29quand j'ai commencé.
07:31Maintenant, après,
07:33avec les chansonniers, je me suis tournée
07:35vers la politique. Un vaste programme.
07:37Voilà, mais au départ, la société,
07:39vous l'observiez, la société de l'après-mai 68.
07:41Oui, voilà, c'est ça. Le retour à la
07:43nature, la tisseuse,
07:45c'était
07:47des personnages
07:4968-art, c'était les snobs,
07:51c'était
07:53une galerie de portraits, à l'époque.
07:55Voilà, et ça ne se faisait pas, puisque
07:57vous parlez d'Anne-Marie Carrière, qui était la première
07:59chansonnière. Elle faisait
08:01par exemple un numéro, un monologue
08:03sur une femme qui
08:05soi-disant
08:07se refait son maquillage
08:09en regardant le rétro dans la voiture.
08:11Oui, oui, oui.
08:13Elle parlait en verre.
08:15Et après, je
08:17me dis, je vais faire un...
08:19Je vais parler en verre.
08:21J'ai fait des monologues en verre.
08:23C'était amusant, mais bon.
08:25Vous vous dites à l'époque que vous êtes féroce
08:27mais pas méchante, Florence Brunold.
08:29Je ne suis pas méchante. Et puis d'abord, je suis bien élevée.
08:31J'arrive du huitième arrondissement.
08:33J'ai été élevée bourgeoisement.
08:35Et si bien que
08:37même maintenant, quand j'imite
08:39ces dames de la politique,
08:41j'ai toujours un peu de scrupules.
08:43Je me dis, non, ce n'est pas bien, quand même,
08:45ce que je fais. Et puis bon,
08:47il faut y aller. Parce que je les imite.
08:49Je ne les imite pas. Je les caricature,
08:51en fait. Je ne suis pas imitatrice.
08:53Je n'ai pas imité.
08:55Oui, j'évoque. Et je crois, Florence Brunold,
08:57que vous avez débuté au cinéma,
08:59dans un film inoubliable,
09:01Les Bidas au Pensionnat.
09:03Oh non, non, non.
09:05Il y a la boum aussi.
09:07Oui, il y a la boum.
09:09Mais alors justement, Les Bidas au Pensionnat, qu'est-ce que c'était ?
09:11Je ne sais plus. Je ne me souviens absolument plus
09:13de ça.
09:15C'était Michel Vaucorey qui était la voie particulière
09:17dans les studios Disney et qui faisait des comédies
09:19totalement oubliées. Oui, c'était mon beau-père
09:21de l'époque qui m'avait mis sur le coup.
09:23J'ai été mariée
09:25avec Thierry Charbonneau et c'était...
09:27Et puis il y avait quand même
09:29effectivement la boum. La boum,
09:31vous jouez une femme enceinte.
09:33Une femme enceinte alors que j'étais enceinte de ma fille.
09:35C'est drôle. Mais comment c'est devenu la boum ?
09:37Je ne sais pas.
09:39Je crois... Je devais avoir
09:41un agent.
09:43Ne me posez pas trop de questions comme ça.
09:45Je n'ai pas de rétroviseur.
09:47Je ne sais pas. Je ne me souviens de rien.
09:49Parce qu'on vous voit dans ce film culte qui est la boum.
09:51Oui, alors que c'était une scène totalement inutile.
09:53Je ne sais pas pourquoi ils l'ont gardée.
09:55On vous en parle de temps en temps ?
09:57Mais oui. Ah, on t'a vu dans la boum.
09:59Ah oui, c'est vrai. Je me souviens.
10:01Et ce film,
10:03il ne faut pas l'oublier, quand il est sorti
10:05le mercredi, personne n'est allé le voir
10:07jusqu'au samedi. Ils songeaient même à le retirer
10:09de l'affiche tellement les gens ne venaient pas.
10:11Et puis le miracle s'est produit.
10:13Alors, finalement,
10:15la boum, c'était pas
10:17votre truc à la maison, dans l'huitième
10:19enfant ? Non, c'était pas
10:21mon truc. J'ai beaucoup
10:23été au théâtre
10:25avec ma mère, avec mes parents.
10:27On était très
10:29cultureux.
10:31Qu'est-ce que vous voyiez au théâtre ? C'était les classiques ?
10:33C'était la comédie française.
10:35C'était
10:37le théâtre de...
10:39C'était
10:41tous les grands classiques.
10:43J'ai été voir tout.
10:45On allait beaucoup au cinéma.
10:47Ça a forgé
10:49votre culture et vous êtes passée
10:51ensuite au théâtre à un genre très différent
10:53qu'on va évoquer à travers la date
10:55du 10 septembre 1993.
10:57A tout de suite sur Sud Radio
10:59avec Florence Brunold.
11:01Sud Radio, les clés d'une vie.
11:03Jacques Pessis. Sud Radio, les clés d'une vie.
11:05Mon invité Florence Brunold. Nous parlerons
11:07tout à l'heure de Le Jambon, une pièce au théâtre
11:09d'Edgar. Je crois que c'est vos débuts
11:11de comédienne au théâtre, pratiquement.
11:13Ah, avec Sim ? Ah oui, mais justement,
11:15Sim, c'est autre chose parce que Sim,
11:17ça remonte au 10 septembre 1993.
11:19Écoutez.
11:27Une cloche en or avec Sim
11:29et Henri Guibet
11:31et vous-même.
11:33Et mon compagnon Hubert de Gex.
11:35Exactement, dont on va parler, bien sûr.
11:37Comment vous êtes arrivée dans cette aventure ?
11:39Eh bien, nous faisions une croisière.
11:41C'était la croisière du rire.
11:43On animait. Il y avait donc Sim
11:45qui présentait son spectacle
11:47et moi-même qui présentait
11:49mon one-man show avec Hubert de Gex.
11:51Il nous a vus à cette occasion.
11:53Et puis, petit à petit,
11:55à mon avis, il avait une idée en tête.
11:57Il est venu nous voir à plaisir
11:59et puis à la fin de la représentation,
12:01il me dit, j'ai
12:03un rôle pour toi. J'ai déjà
12:0580 dates de vendues. Je dis
12:07oui, mais jamais sans Hubert.
12:09Il m'a dit, je vois que vous vous aimiez.
12:11J'ai un rôle pour Hubert que j'ai écrit.
12:13Le rôle d'un inspecteur du fisc.
12:15Et venez,
12:17on va faire, venez dans ma maison de campagne.
12:19On va faire
12:21une lecture.
12:23J'ai fait la lecture. J'ai été très
12:25mauvaise à la lecture et je l'ai senti
12:27vacillant. Ça a été terrible.
12:29J'ai mis dix jours à m'en remettre.
12:31J'ai dit, il ne faut pas rester sur
12:33cet échec et je
12:35suis revenue
12:37chez lui et je me suis grimée
12:39avec un personnage, un personnage
12:41de la clocharde. J'ai sonné
12:43c'est lui. J'avais une perruque,
12:45un truc. On a fait
12:47la lecture
12:49et là il m'a dit, on ouvre le champagne.
12:51Bingo, c'est parti.
12:53C'est fou. Une cloche en or
12:55qui est une pièce qui a eu un énorme succès,
12:57c'était l'histoire d'un clochard qui après mai 68
12:59gagne au loto et
13:01c'est parti de là.
13:03Et ça a été un immense succès.
13:05Ça a été trois ans de bonheur,
13:07trois ans complet tout le temps au Théâtre des Nouveautés,
13:09deux ans
13:11de tournée avec
13:13Carcin Thierbert et les tournées
13:15barrées et puis ça a été
13:17trois ans de bonheur parce que c'était
13:19un type extraordinairement
13:21gentil, un talent
13:23de clown extraordinaire.
13:25Sa femme Marie-Claude
13:27qui est toujours de ce monde
13:29une femme exquise, ça a été
13:31trois ans de bonheur.
13:33Sime Dyer disait à propos de lui, je me suis regardé
13:35dans une glace, alors je me suis rendu compte que ma tête
13:37était mon fond de commerce.
13:39Car il avait beaucoup d'humour et je crois que celui
13:41qui l'a lancé c'est Guy Lux avec
13:43la baronne de Tronchambier dans ses émissions.
13:45Mais il avait beaucoup de succès auprès
13:47des femmes, à Sime.
13:49Il a eu beaucoup de femmes qui s'entendaient
13:51toutes bien, une fois qu'il
13:53avait divorcé, ils s'entendaient toutes bien, ça formait
13:55un club. C'est assez
13:57rare, un peu moins qu'Eddie Barclay
13:59quand même. Il y a eu aussi Elle Boit Pas,
14:01Elle Fume Pas, Elle Drague Pas, Mais Elle Cause
14:03où il a un rôle extraordinaire dans le film de Michel Audiard.
14:07Son plus beau rôle, je ne sais pas si vous le savez,
14:09c'est Fellini, qu'il a engagé
14:11dans un rôle poétique dans La Voix
14:13de la Lune en 1990.
14:15Et ça a marqué si ma vie. On ne connait pas
14:17cette facette. Et on ne connait pas non plus
14:19la facette de son plus beau livre. Son plus beau livre
14:21c'est Le Petit Simon, qui n'était pas
14:23un livre où il racontait sa vie.
14:25C'était un livre plein d'émotions,
14:27plein de gentillesse et
14:29qui a eu moins de succès que ses autres livres,
14:31évidemment, où il faut faire waf waf.
14:33Mais en même temps, des personnages
14:35comme Sim, on n'en a plus aujourd'hui.
14:37Oh non. Quel regret.
14:39Moi, j'ai un souvenir
14:41de Sim avec Léon Zitrone. Ils sont
14:43tous les deux dans une voiture. Ils sont
14:45sur la route de Lille à Paris. Il y a une panne.
14:47Et Zitrone dit, je sais ce que je vais
14:49faire, il y a une borne, je vais aller
14:51demander qu'on nous dépanne. Il appuie sur le bouton.
14:53Il fait, bonjour, je suis Léon Zitrone,
14:55j'ai rendez-vous avec Lédi Diana demain
14:57à Londres, venez me chercher. Et le type répond,
14:59moi, je suis Napoléon. Donc,
15:01Zitrone est furieux. Sim vient à son
15:03tour, appuie, il fait, bonjour, c'est Sim.
15:05Oh, monsieur Sim, qu'est-ce qu'on veut pour vous ?
15:07Zitrone a fait la gueule pendant quelques heures.
15:09Mais il ne pensait qu'à
15:11faire des blagues. Mais à cette époque-là,
15:13les humoristes,
15:15ils ne pensaient qu'à ça.
15:17Ils ne pensaient qu'à ça.
15:19Moi, je me souviens d'Hubert,
15:21de Jacques et de Sim
15:23courant nus dans les couloirs
15:25de l'hôtel.
15:27On rentrait à minuit, l'heure du matin.
15:29Mais c'était des gamins.
15:31Et on a perdu ça.
15:33Alors, il y avait aussi Henri Guibet.
15:35Qui est célèbre pour son rôle
15:37dans Rabi Jacob,
15:39le chauffeur.
15:41Et qui a débuté, je ne sais pas si vous le savez,
15:43avec Coluche. Coluche lui mettait des gifles.
15:45Au café de la gare. Et il s'est vengé
15:47un jour. Ils sont allés avec Patrick
15:49Devers dans la loge de Coluche et ils lui ont donné
15:51les fessées.
15:53Et il n'aimait pas beaucoup Coluche.
15:55Et Guibet aussi, c'est un personnage extraordinaire.
15:57Il est toujours en forme lui aussi.
15:59Et le trio fonctionnait.
16:01Ah oui, ça fonctionnait.
16:03Alors effectivement, le pianiste
16:05c'était Hubert de Gex.
16:07Ça c'était important pour vous.
16:09Et Hubert de Gex,
16:11il ne faut pas l'oublier, c'est le dernier
16:13pianiste des Frères Jacques.
16:1518 ans.
16:17Comment il est arrivé dans les Frères Jacques ?
16:19Un jour,
16:21il a rencontré un des frères
16:23et
16:25je crois que, ah oui,
16:27il m'est raconté,
16:29c'était dans un...
16:31Il enregistrait une chanson
16:33et puis à la cantonade
16:35les Frères Jacques recherchent
16:37un pianiste. Tu pourrais pas
16:39mais c'est juste pour un an ou deux.
16:41Et ça a duré 18 ans.
16:43Les Frères Jacques étaient extraordinaires de précision.
16:45Vous avez vu les spectacles ?
16:47Les costumes,
16:49les gants blancs, tous étaient précis.
16:51Vous avez vu leur spectacle à chaque fois ?
16:53J'ai vu une fois.
16:55C'est vraiment
16:57vers la fin.
16:59Moi j'ai connu Hubert au Caveau de la République
17:01où il remplaçait Gabi Verlore.
17:03Gabi Verlore qui était aussi
17:05la créatrice de
17:07C'était bien de mourir.
17:09Le Petit Bal Perdu.
17:11Et qui a quand même passé avec ce succès toute sa vie
17:13au Caveau de la République.
17:15Pourquoi ? Elle aurait pu être
17:17chez elle tranquillement.
17:19C'était merveilleux.
17:21Et je crois que Hubert de Gex,
17:23votre mari, avant les Frères Jacques,
17:25a été le pianiste de Gilles Margaritis.
17:27Oui.
17:31Le cirque.
17:33La Piste aux Étoiles.
17:35Il dirigeait l'Orchestre de la Piste aux Étoiles.
17:37Et ça c'était tout à fait autre chose.
17:39Oui.
17:41Et il savait tout faire.
17:43Il savait tout jouer.
17:45Le jazz, le classique.
17:47Parce que c'était un pianiste classique.
17:51Il était compositeur.
17:53Il a accompagné
17:55la chanteuse anglaise
17:57Petula Clark.
17:59Il a dirigé l'Orchestre de Petula Clark.
18:01Vous avez fait un spectacle ensemble.
18:03C'était le Pestacle.
18:05On s'est connus au Caveau de la République.
18:07Et puis c'était le coup de foudre.
18:09Un coup de foudre qui a duré 30 ans quand même.
18:11Absolument.
18:13Et en même temps, ce spectacle que vous avez créé avec lui,
18:15qu'est-ce que c'était ?
18:17Au lieu d'être toute seule sur la scène,
18:19il y avait mon pianiste
18:21Hubert que je
18:23mettais vraiment
18:25en boule.
18:27C'était un très bon
18:29comédien.
18:31On avait un spectacle musicoburlesque.
18:33On a écrit des chansons.
18:37On a fait plein de trucs.
18:39C'était chouette.
18:41En même temps, c'est ce que faisait DeVos avec son pianiste.
18:43Il le mettait en valeur et il faisait un numéro avec lui.
18:45Absolument.
18:47C'est vrai que ça aussi, c'était nouveau.
18:49Parce qu'une femme accompagnée par son pianiste
18:51jouant avec lui, ça n'existait pas.
18:53Il y a eu aussi,
18:55je crois que vous avez fait un hommage
18:57à l'opérette.
18:59Oui, avec François Scrieff.
19:01C'était Operitissimo.
19:03C'était dans un joli théâtre
19:07à Belleville.
19:09Alors,
19:11Hubert, c'était le conducteur
19:13du car.
19:15C'est moi qui avais écrit ça.
19:17Il ouvrait
19:19son piano.
19:21Il faisait semblant
19:23de prendre de l'huile.
19:25Moi, j'étais la directrice
19:27de l'agence de voyage.
19:29Je remettais toutes les chansons dans leur contexte
19:31politique, humoristique.
19:35François Scrieff
19:37arrivait.
19:39Mais c'était de la belle opérette.
19:41C'était des extraits de la belle opérette.
19:43Des grandes opérettes,
19:45Offenbach,
19:47Strauss, etc.
19:49Renato Hahn.
19:51Voilà, merci.
19:53Comment est née cette idée ?
19:55Parce que l'opérette, ça n'a pas de rapport avec ce que vous aviez fait.
19:57Non, mais j'aime bien partir dans tous les sens.
19:59Quand Hubert,
20:01quand François Scrieff a demandé
20:03à Hubert de Gex, est-ce que tu peux m'accompagner ?
20:05C'était une chanteuse d'opéra.
20:07Oui, c'était de l'opéra, de l'opérette.
20:09Et moi, attendez, je veux faire partie.
20:11J'aime bien.
20:13J'aime bien toucher à tout.
20:15Je ne connaissais rien, mais j'ai bookiné.
20:17Et ce spectacle a eu
20:19un succès international ?
20:21Oui, on est parti au Liban.
20:23On a fait
20:25beaucoup de dates avec
20:27ce spectacle.
20:29On a eu un beau succès.
20:31Parce que l'opérette, c'est quelque chose considéré
20:33comme ringard.
20:35Elle chante.
20:37Parce qu'elle chante toujours, François Scrieff.
20:39On comprend tout ce qu'elle dit.
20:41Elle chante comme elle parle. C'était charmant.
20:43Il y a des airs
20:45tellement extraordinaires, tellement merveilleux.
20:47Offenbach est le maître.
20:49En même temps, le véritable inventeur de l'opérette,
20:51c'est Hervé, avant Offenbach,
20:53qui était gardien dans un
20:55asile de fous, et qui accompagnait
20:57les fous pour donner du rythme
20:59au piano. Et finalement, il accélère
21:01le rythme pour les fous. Et c'est comme ça que sont nées
21:03les premières opérettes, dont Mademoiselle n'y touche.
21:05Ah oui !
21:07Il faut remettre les choses à leur place.
21:09Alors ça, c'est le côté opérette.
21:11Mais après, il y a eu d'autres choses.
21:13Et il y a une date importante aussi pour vous, c'est le 17 octobre
21:152007. A tout de suite
21:17sur Sud Radio avec Florence Brunold.
21:19Aïe, aïe, aïe. Qu'est-ce que c'est encore ?
21:21Sud Radio, les clés
21:23d'une vie. Jacques Pessis.
21:25Sud Radio, les clés d'une vie. Mon invité est
21:27Florence Brunold. Alors, on parle
21:29du jambon, cette pièce que vous jouez
21:31au Théâtre Edgar
21:33plusieurs fois par semaine.
21:35On a évoqué vos débuts. La cloche en or avec ce
21:37personnage extraordinaire qui nous manque
21:39est estime. 17 octobre 2007.
21:41Première de cette émission.
21:47La revue de presse de Paris Première.
21:49Et ça, c'est une aventure que vous
21:51n'imaginiez pas. Ah ben ça, c'est une aventure
21:53qui dure depuis 18 ans.
21:55Et vraiment,
21:57Jacques Maillot a apporté
21:59sur un plateau
22:01à Jérôme De Verdière, qui est
22:03l'animateur de l'émission,
22:05a apporté tous les ingrédients.
22:07C'est-à-dire, il y avait à l'époque,
22:09il y avait quand même Jean Amadou,
22:11il y avait
22:13Bernard Mabille
22:15déjà.
22:17Et c'est une émission
22:19qui a fonctionné
22:21formidablement. Ce que personne n'imaginait.
22:23Non. Parce qu'au départ,
22:25Paris Première était une chaîne branchée.
22:27Et la revue de presse, c'est tout à fait autre chose.
22:29On est les seuls.
22:31Ça tire politique.
22:33Et il y a eu plusieurs théâtres. C'est enregistré
22:35dans plusieurs lieux. Oui, dans plusieurs lieux.
22:37Maintenant,
22:39ça y est,
22:41on a trouvé notre lieu.
22:45On enregistre au grand point virgule.
22:47Avant, vous aviez fait le théâtre d'Aunou
22:49et d'autres salles. Le d'Aunou,
22:51les deux ânes,
22:53ça a commencé aux deux ânes.
22:55Vous êtes arrivée là-dedans parce que
22:57vous connaissiez un peu les chansonniers.
22:59Oui, bien sûr.
23:01Vous étiez une fan des chansonniers avant de
23:03commencer dans cet univers ?
23:05Tout de suite,
23:07en sortant
23:09du court périmonie,
23:11j'ai tout de suite flashé
23:13sur
23:15les chansonniers
23:17puisque
23:19j'ai commencé au café-théâtre.
23:21Et puis, en même temps,
23:23comme je vous disais,
23:25au Caveau de la République,
23:27le directeur artistique
23:29du Caveau de la République,
23:31Marcel Carré, est venu me chercher.
23:33J'ai appris mon métier au Caveau de la République
23:35pendant 10 ans.
23:37Les chansonniers à l'époque, il y avait Edmond Meunier
23:39qui a tenu 50 ans.
23:41C'était extraordinaire.
23:43Les chansons d'Edmond Meunier qui sont
23:45d'une actualité incroyable.
23:47Maintenant, il y avait Edmond Meunier,
23:49il y avait les Frères Ennemis,
23:51il y avait André Rochel,
23:53il y avait Pierre Douglas.
23:55C'était la grande époque de Pierre Douglas
23:57qui imitait Georges Marchais.
23:59Patrick Sébastien
24:01a commencé au Caveau de la République.
24:03J'ai tout appris, là,
24:05au Caveau.
24:07Et puis,
24:09les conseils de mes ancêtres aussi.
24:11Les conseils.
24:13Et puis,
24:15le public. C'est le public qui vous apprend.
24:17Alors, il se trouve aussi que la télévision,
24:19les émissions de chansonniers, la première,
24:21c'était la boîte à sel avec Robert Rocca
24:23et Jacques Gréau qui s'est arrêtée
24:25parce qu'ils ont osé,
24:27le ministre à l'époque n'a pas aimé,
24:29mettre une voix sur des images
24:31de Michel Debré, Premier ministre.
24:33A l'époque, ça ne se faisait pas. Aujourd'hui, tout le monde l'a fait.
24:35Et plutôt que
24:37d'être censurés, ils se sont censurés
24:39eux-mêmes en arrêtant l'émission.
24:41Ça aussi,
24:43les chansonniers, c'est une tradition importante.
24:45Et vous,
24:47vous avez démarré là-dedans et je crois que même
24:49la télé, ça a commencé avant la revue de presse.
24:51Votre première apparition à la télévision,
24:53c'était dans une parodie
24:55d'Anne Gaillard qui s'appelait
24:57Anne Payard. Oui, c'est vrai.
24:59Qu'est-ce que c'était ça ?
25:01C'était Anne Gaillard
25:03qui avait une émission
25:05de défense du consommateur.
25:07Et je l'avais imité.
25:09Je l'avais imité et ça avait beaucoup plu.
25:11Si bien que,
25:13il y avait un journaliste
25:15qui avait...
25:17Je me souviens
25:19de cette séquence.
25:21Il avait carrément...
25:23Il m'avait carrément enregistré en disant
25:25c'est la vraie Anne Gaillard.
25:27J'ai eu un souvenir de ça.
25:29Mais il y a eu le Relais du dimanche
25:31avec Catherine Anglade.
25:33Le Relais du dimanche, c'était extraordinaire.
25:35Il y avait trois chaînes à l'époque.
25:37Et qu'est-ce que c'était le Relais du dimanche ?
25:39Le Relais du dimanche, c'était le dimanche,
25:41il y avait Anne-Marie Carrière,
25:43Maurice Org, Jean Amadou,
25:45Jacques Maillot.
25:47C'était une émission mais c'était
25:49vu par... Vous vous rendez compte ?
25:51Ils faisaient des audiences à l'époque
25:53qu'on ne fait pas maintenant.
25:5515 millions de spectateurs. Mais bien sûr !
25:57Moi je sortais dans la rue après l'émission,
25:59on me tapait sur l'épaule en disant salut Florence !
26:01Dans le métro, coucou ! Bon maintenant c'est fini.
26:03On n'a plus cette audience.
26:05C'était extraordinaire le Relais du dimanche
26:07avec Anne-Marie Carrière.
26:09C'était vraiment des chansonniers féroces mais pas méchants.
26:11Oui, féroces et pas méchants.
26:13C'était Madame Rosetto Parfum,
26:15elle était avec Jean Berdot.
26:17Madame Rose et son kiosque qui ont été un tabac.
26:19Il se trouve aussi que vous,
26:21la télévision, il y a une chose
26:23à laquelle vous avez participé, une émission, c'est La Classe.
26:25La Classe, oui oui.
26:27Alors La Classe, j'avais le choix
26:29entre La Classe et
26:31le petit théâtre de Bouvard.
26:33Pourquoi j'ai choisi ça ? Enfin je sais pourquoi.
26:35J'ai choisi les Cancres.
26:37Parce qu'il y avait
26:39une émission, c'était un esprit potache.
26:41J'aime bien
26:43la liberté.
26:45Guy Lux nous fit chez une paix royale.
26:47Bon Fabrice,
26:49il était en roue libre.
26:51Mais c'était pas la même ambiance avec Bouvard.
26:53J'avais été voir ce qui s'y passait
26:55un peu. C'était
26:57beaucoup plus rigide,
26:59c'était scolaire.
27:01Et moi, les problèmes d'autorité,
27:03j'ai toujours eu des problèmes. J'ai choisi La Classe
27:05parce que c'était en roue libre,
27:07c'était n'importe quoi. Et ça m'a
27:09plu. Et puis il y avait quand même des pointures
27:11comme Jean-Marie Bigard, on en dit
27:13ce qu'on veut, mais La Gaffe aussi.
27:15Et Michel Larocque
27:17ont débuté à La Classe.
27:19Et L'Orient Robin, ils ont débuté à La Classe.
27:21Alors là aussi, le premier
27:23sketch que vous avez fait, c'est un sketch sur le jean.
27:25Oui, le jean.
27:27La vendeuse de jean.
27:29C'est des personnages
27:31qui sont...
27:33On ne contrompe plus maintenant.
27:35Mais en même temps, La Classe, il fallait
27:37vraiment travailler énormément.
27:39Voilà, c'est ça. Il fallait
27:41travailler, fallait
27:43amener du matériel.
27:45Il y a toujours ce problème d'auteur.
27:47Ce n'est pas facile.
27:49Moi, à l'époque, j'écrivais mes sketchs.
27:51Maintenant, à La Classe, au bout de 18
27:53ans, je ne peux plus
27:55faire toute seule. Ce n'est plus possible.
27:57Jean-Patrick Douillon m'a beaucoup
27:59aidé. Là, il ne veut plus.
28:01C'est le métier. Maintenant, c'est Serge Yadot
28:03que vous connaissez, qui était chansonnier.
28:05Avec moi, ça... Mais il faut trouver
28:07les idées. C'est terrible.
28:09En même temps, c'est une très bonne façon d'apprendre son métier.
28:11Oui, mais au bout de
28:1318 ans, le métier...
28:15On le connaît. Mais en plus,
28:17il y a eu La Classe où vraiment, en plus, c'était
28:19très sympa, très décontracté.
28:21On faisait son sketch et puis voilà.
28:23Voilà, on riait, on s'amusait.
28:25C'était potache.
28:27Et puis, on n'avait pas d'entrave.
28:29Personne ne venait. Oui, mais il faut
28:31dire ça comme ça.
28:33Et l'audience était au rendez-vous.
28:35Et l'audience était au rendez-vous, oui.
28:37C'était énorme. Puis, il y a une autre émission aussi
28:39où vous avez appris aussi. Il y a une autre chose
28:41qui est l'improvisation. C'est Yacapa.
28:43Ah oui ? Qu'est-ce que c'est ça ?
28:45C'était un jeu où vous faisiez des mimes.
28:47Racontez-moi mes souvenirs.
28:49J'adore ça. Vous aviez mimé
28:51une chanson de Mike Brandt. Ah bon ?
28:53C'est bien, je me souviens plus. C'est ma prière.
28:55Je ne me souviens plus.
28:57Non, je ne me souviens plus du tout.
28:59J'ai des mémoires.
29:01J'ai des problèmes de mémoire, mais c'est bien
29:03parce que comme ça, moi, c'est un éternel
29:05recommencement. C'est pour ça que je ne suis pas blasée
29:07et que je suis si heureuse dans la vie. J'oublie tout.
29:09Moi, je n'ai pas oublié ce genre
29:11de choses. Surtout qu'Yacapa,
29:13c'était une émission qui était la suite
29:15des grands enfants.
29:17Les grands enfants des Carpentiers qui étaient nés
29:19parce qu'ils jouaient eux-mêmes en coulisses
29:21aux jeux des ambassadeurs.
29:23Ils avaient transposé ça avec
29:25Jean Poiret, Roger Pierre, Jean-Marc Thibault et Jacqueline Maillan.
29:27Il n'y avait plus menteur que moi.
29:29Tu meurs aussi.
29:31J'ai beaucoup aimé cette émission.
29:33C'était quoi ?
29:35Il fallait raconter des histoires
29:37sur un thème.
29:39C'était celui qui mentait le mieux
29:41qui avait gagné, évidemment.
29:43Mais j'étais avec des pointures.
29:45J'étais avec des gens formidables.
29:49Surtout, il y a eu les deux ânes.
29:51Comment vous êtes arrivée aux deux ânes
29:53avec chaque maillot ?
29:55Je crois que c'est
29:59Je ne sais pas si c'est Jean Amadou ou Maurice Orr.
30:01Je crois que c'est Maurice Orr
30:03qui m'a vu dans la classe
30:05et qui m'a suggéré
30:07de m'engager
30:09à Jean Herbert,
30:11le directeur des deux ânes,
30:13pour jouer la revue de Madame Rose
30:15et aux parfums.
30:17Et là, je faisais des personnages.
30:19Je faisais une gosse
30:21sur sa planche à roulettes.
30:23Je dévalais la pente.
30:25Elle était pentue, cette scène.
30:27Et je jouais
30:29une anare.
30:31Et donc,
30:33je suis arrivée comme ça pour jouer
30:35dans la revue de Madame Rose et aux parfums.
30:37Et je crois qu'un jour,
30:39Florence Brunold, en coulisses, pour vous amuser,
30:41vous imitez Ségolène Royal,
30:43vous faites une caricature de Ségolène Royal.
30:45Un jour, je me mets une perruque sur la tête,
30:47je mets le derrière en arrière.
30:49J'écoute Jacques Bessis.
30:51Je suis très contente.
30:53Elle a ce rire
30:55cultural extraordinaire.
30:57Je me suis prise un peu au jeu.
30:59Et puis après,
31:01j'ai dit, tiens, je vais faire Rachida Dati.
31:03J'ai demandé à mon père, est-ce que tu peux me faire
31:05un dentier ?
31:07Mon père m'a fait un dentier de Rachida.
31:09Et puis comme ça, ma galerie de portraits
31:11s'est un peu étoffée.
31:13Il y en a pas mal maintenant.
31:15Entre Bachelot,
31:17Hélène Rousseau, Anne Hidalgo,
31:19Merkel, la reine d'Angleterre.
31:21La dernière en date, lundi dernier,
31:23c'était Mathilde Panot.
31:25Ça vient comme ça ? Il faut travailler chaque personnage ?
31:27Je ne suis pas une grosse
31:29travailleuse.
31:31Je n'aime pas
31:33trop travailler.
31:35Si je travaille, je travaille, mais sans travailler.
31:37Je fais confiance à mon instinct.
31:39Je ne me regarde pas après
31:41parce que je me trouve très mauvaise.
31:43Je pense qu'il faut y aller.
31:45Mais Ségolène Royal, ça a marché.
31:47J'ai vu une séquence de la revue de presse
31:49où Claude Allègre, après l'élection présidentielle,
31:51éclate de rire en vous voyant.
31:53Au début, ils avaient peur. Ils croyaient
31:55que c'était moi. Parce qu'au début,
31:57les invités ne me connaissaient pas trop.
31:59Ils ne savaient pas.
32:01Ah là là !
32:03Ils avaient un petit...
32:05Ils avaient peur ? Ils avaient peur.
32:07Ah, c'est elle. Claude Allègre, il m'a
32:09dit, oui, oui. J'ai cru
32:11que c'était elle qui arrivait.
32:13Est-ce que tu es au courant Ségolène Royal ?
32:15Je ne sais pas. Oui, parce qu'un jour,
32:17il y a son...
32:19Dominique Besnéard
32:21qui m'a dit, je vais te l'amener.
32:23Je vais t'amener Ségolène Royal.
32:25Après, il m'a dit, non,
32:27elle n'a pas beaucoup d'humour. Elle ne viendra pas.
32:29Il y a eu Sandrine Rousseau.
32:31Vous rentriez en scène sur Bécassine,
32:33c'est ma cousine, de Chantal Goyard.
32:35Pour Sandrine,
32:37je mets un slip d'homme.
32:39Un caleçon,
32:41puis je mets des poils.
32:43Enfin, il faut inventer des trucs.
32:45Il faut rigoler, quoi.
32:47Et Anne Hidalgo, elle fait rigoler tout le monde ?
32:49Anne Hidalgo, oui. Là, il faut y aller.
32:51Il faut être vache parce que la folle de Chaillot,
32:53elle fait l'unanimité.
32:55Et là, vous y allez à fond. Et personne ne s'est jamais
32:57plaint dans ces femmes ?
32:59Je ne sais pas. Peut-être qu'elles
33:01ne sont pas contentes.
33:03Mais de toute façon, les hommes
33:05et les femmes politiques, ils sont très contents
33:07qu'on parle d'eux. Qu'on en dise du bien,
33:09qu'on en dise du mal pourvu qu'on en cause.
33:11D'ailleurs, ils viennent aux deux ânes, quelquefois ?
33:13Ils viennent aux deux ânes, oui.
33:15Et en plus, vous aviez des duos
33:17aux deux ânes avec Michel Guedoni qui, lui, faisait
33:19Nicolas Sarkozy.
33:21On avait refait la fameuse
33:23tête à tête
33:25entre
33:27Sarkozy et puis Ségolène.
33:29Ça avait été
33:31une belle...
33:33Beau morceau d'anthologie, ça.
33:35Mais c'est vrai que peu de femmes font
33:37ce que vous faites, parce qu'imiter autant de femmes,
33:39bon, d'abord, ça permet de rattraper
33:41leur tard et d'atteindre la parité, mais c'est pas
33:43si fréquent. Oui, c'est vrai.
33:45Et les
33:47chansonniers sont-ils encore considérés par
33:49le public ? Il y a des
33:51jeunes encore qui viennent vous voir ?
33:53Quand les
33:55grands-mères amènent leurs
33:57petits-enfants. Et
33:59les jeunes, quand ils viennent, c'est pas possible.
34:01Mais ils rient, ils rient, ils s'amusent.
34:03Les vieux,
34:05qu'est-ce que vous leur mettez ?
34:07Et en province,
34:09mais en province, on remplit
34:11des zéniths.
34:13On est des rockstars, c'est incroyable.
34:15Mais ça veut dire que
34:17les chansonniers ne sont pas morts ? Mais non,
34:19mais non. Paris est mort.
34:21Oui, à cause de Mme Hidalgo.
34:23On est toujours d'accord.
34:25Alors, la date suivante, c'est
34:27le 29 janvier 2025.
34:29A tout de suite sur Sud Radio avec Florence Brunold.
34:31Sud Radio, les clés d'une vie,
34:33Jacques Pessis. Sud Radio,
34:35les clés d'une vie, mon invité Florence Brunold.
34:37On a beaucoup parlé de votre carrière
34:39de femme chansonnière,
34:41on peut dire ça, en même temps,
34:43de comédienne. Et le 29 janvier
34:452025, une nouvelle activité,
34:47retour au théâtre après un cloche en or,
34:49avec au Théâtre Edgar, Le Jambon,
34:51une comédie de Remis de Val,
34:53qui est une histoire d'un couple qui a gagné
34:55au loto, comme
34:57avec Sime, et qui
34:59passe chez des amis pour annoncer la nouvelle,
35:01mais ce couple vient d'apprendre la mort d'un
35:03proche. C'est le point de départ.
35:05C'est le point de départ. C'est une très bonne pièce,
35:07qui est très bien écrite, par Remis de Val.
35:09C'est une belle mécanique
35:11du rire, et puis surtout,
35:13c'est une écriture très nouvelle. C'est pas
35:15conventionnel du tout.
35:17Remis, il manie
35:19l'absurde de façon
35:21formidable. Lui-même,
35:23c'est une espèce de
35:25bourville naïf.
35:27Il est vraiment
35:29très drôle, et on forme un couple absolument...
35:31Alors moi, je suis beaucoup plus vieille que
35:33lui, et dans la pièce, c'est ce
35:35qu'il voulait. Je suis une
35:37espèce de cougar,
35:39mais je suis horrible.
35:41C'est un personnage immonde.
35:43Elle n'a aucune
35:45empathie pour cette pauvre
35:47fille qui a perdu
35:49sa sœur. Elle veut garder son
35:51magot. C'est très méchant.
35:53C'est très méchant, mais en fait, les plus
35:55méchants ne sont pas toujours ceux qu'on
35:57pense. Et puis, la pièce,
35:59je ne vous dirai pas comment elle finit,
36:01mais ça fait réfléchir sur notre
36:03rapport à l'argent
36:05aussi. C'est une pièce très
36:07intéressante, qui va très vite,
36:09et on rit beaucoup.
36:11Le titre, le jambon, il va falloir trancher.
36:13Rien que ça, on comprend où on est.
36:15Comment vous êtes arrivée dans cette aventure ?
36:17Par la confiance.
36:19La confiance en Luc Hamet.
36:21Luc Hamet me téléphone un jour
36:23et me dit, j'ai un rôle pour toi.
36:25Je dis oui.
36:27Il me dirait,
36:29tu vas jouer le roi Lyre.
36:31Je le suivrai. Heureusement,
36:33il ne me le demandera pas.
36:35Il m'a mis en scène
36:37un été, il y a trois ans,
36:39à Vossoy,
36:41où j'ai repris
36:43un rôle rapidement.
36:45Et là, on a fait connaissance.
36:47Il voit un peu
36:49mon personnage. Je suis un peu autoritaire
36:51sur scène.
36:53Il m'appelle.
36:55Je dis oui.
36:57J'arrive dans cette aventure.
36:59En ce moment, au Théâtre des Deux-Ânes,
37:01les maillots, Régis et Jacques,
37:03ont mis en place une alternance
37:05assez intéressante, puisqu'il y a plusieurs spectacles.
37:07Je peux m'échapper, pour une fois.
37:09Ça fait 20 ans
37:11qu'on est 7 mois,
37:138 mois, 9 mois d'affilée,
37:15et là, je peux m'échapper
37:174 fois par semaine.
37:19D'aller au Deux-Ânes
37:21avec mes camarades chansonniers,
37:23parce que là, je ne peux pas me passer.
37:25Et puis,
37:274 fois par semaine, dans ce théâtre,
37:29qui est plein,
37:31qui a été plein du jour au lendemain.
37:33C'est incroyable.
37:35Comment vous l'expliquez ?
37:37Je ne sais pas.
37:39On ne sait pas, vous savez, la mayonnaise
37:41qu'il prend ou qu'il ne prend pas. On ne sait pas.
37:43Le titre,
37:45la politique de Luc Ahmed,
37:47qui mène très bien
37:49son théâtre,
37:51le théâtre d'Edgar.
37:53Et puis,
37:55les décaféinés qui amènent
37:57leur public, moi qui amène mon public,
37:59ça fait le choc
38:01des civilisations.
38:03Oui, car vos partenaires, il ne faut pas l'oublier, les décaféinés,
38:05ça existe depuis 2012,
38:07je crois. C'est un duo comique
38:09et absurde qui a démarré grâce à la télévision
38:11et grâce aux réseaux sociaux.
38:13Ce sont deux
38:15comédiens absolument
38:17adorables, charmants.
38:19C'est le bonheur
38:21de jouer cette pièce.
38:23Il y a Magali Mignac qui est une très
38:25bonne comédienne.
38:27Ce duo,
38:29Bourville et moi,
38:31ça fait rire.
38:33Les décaféinés,
38:35vous les connaissiez ?
38:37Je ne les connaissais pas.
38:39Je lui ai dit,
38:41Luc, tu crois que je peux ?
38:43Je vais arriver à apprendre ?
38:45Ne t'en fais pas, tu vas voir,
38:47tu es avec des gens charmants
38:49et ce sont des gens adorables.
38:51Ils ont commencé eux aussi, comme vous, dans les petits cafés-théâtres.
38:53Mais en même temps,
38:55la différence, c'est que
38:57à leur époque, il y a Internet,
38:59les réseaux sociaux, ce qui n'était pas le cas
39:01à votre époque. Oui, ce qui n'était pas le cas,
39:03mais on était beaucoup moins nombreux,
39:05il n'y avait pas les
39:07stand-up, c'est ça qu'on appelle ça ?
39:09Oui, c'est ça qu'ils parlaient
39:11Bref,
39:13on était beaucoup moins nombreux,
39:15c'était beaucoup plus facile.
39:17C'est du donnant-donnant.
39:19Mais on vient de la même famille.
39:21C'est le cabaret et tout.
39:23C'est drôle,
39:25parce que le théâtre
39:27et le chansonnier et le cabaret,
39:29c'est deux métiers différents.
39:31À cause de ce quatrième mur, c'est extraordinaire.
39:33Et là, vous oubliez
39:35le côté chansonnier ?
39:37Oui, on a toujours
39:39les oreilles qui traînent
39:41pour écouter les rires et ne pas parler dessus.
39:43Mais c'est
39:45très difficile, d'autant que
39:47ce théâtre, c'est un tout petit théâtre,
39:49les gens sont très très prêts.
39:51Et c'est très difficile pour moi de ne pas aller
39:53ou serrer la main
39:55du premier rang, comme on fait
39:57avec les chansonniers.
39:59Les chansonniers, oui,
40:01on n'est pas tout seul, on est avec
40:03le public,
40:05qui vous donne la réplique.
40:07On vous parle, on leur parle et tout.
40:09Mais au théâtre,
40:11il faut être dans sa situation.
40:13C'est deux
40:15exercices différents qui me
40:17plaisent aussi.
40:19En même temps, ce sont deux générations de spectateurs que vous avez dans la salle.
40:21Oui, c'est un peu ça.
40:23Oui, oui, c'est un peu ça.
40:25Il y a quelques fois, il y a des gens
40:27« Ah oui, on a des personnes un peu
40:29plus mûres. » Oui, oui, c'est mon
40:31public, ça.
40:33Alors que les décaféiniers, ce sont les jeunes.
40:35Et c'est vrai que l'humour n'a pas tellement évolué ?
40:37Ben non.
40:39Ben non, l'humour n'évolue pas.
40:41L'humour, en fait, c'est
40:43quelqu'un qui tombe et qui fait rire,
40:45parce qu'il est tombé.
40:47Alors il se trouve que le loto que vous aviez déjà
40:49utilisé dans Une cloche en or,
40:51c'est curieux que ça revienne.
40:53C'est drôle, hein ?
40:55Le loto, vous le savez, ça vient d'Allemagne.
40:57En fait, il y a une fondation, André Maginot,
40:59qui aide les gueules cassées.
41:01Dans les années 60-70,
41:03l'international ne marche plus. Ils cherchent quelque chose.
41:05Il y a un congrès en Allemagne et ils découvrent le loto.
41:07Et c'est comme ça que le loto est arrivé en France,
41:09avec un début au Palais
41:11de Chaillot, avec un monsieur qu'on a oublié,
41:13qui s'appelle Jean Sasse,
41:15qui parlait de charabia.
41:17Charabla-bla. Vous connaissez pas ?
41:19Oui, oui, ça me dit quelque chose.
41:21Alors, il se trouve aussi
41:23que le jambon a beaucoup d'importance dans cette pièce.
41:25Ah, le jambon, c'est
41:27le personnage principal.
41:29Pourquoi ? Je n'en dirai pas plus.
41:31En revanche, le jambon, je ne sais pas si vous le savez,
41:33ça a inspiré l'une des premières
41:35chansons de Serge Gainsbourg.
41:51Je ne sais pas si vous connaissez
41:53ces chansons.
41:55Une des premières chansons de Gainsbourg qui n'a eu aucun succès.
41:57Un jambon, un violon à ta porte. Oui, bien sûr.
41:59C'était le Gainsbourg et pas encore Gainsbard.
42:01Et c'est vrai que
42:03ce jambon
42:05qu'on va trancher a beaucoup d'importance
42:07parce que cette pièce va de rebondissement en rebondissement.
42:09Oui, il y a beaucoup de rebondissements.
42:11C'est ça qui est assez
42:13formidable.
42:15Le public est en haleine
42:17si bien qu'on se croirait à Guignol
42:19quelquefois. Pourquoi ?
42:21Les gens vont dire « Oh, attention ! »
42:23Et va lui dire,
42:25il dirait même, à un moment donné,
42:27on parle de Seychelles.
42:29« Ah, les Seychelles ! »
42:31Avant même de dire notre réplique.
42:33Quelquefois, la réplique
42:35arrive de la salle.
42:37C'est amusant.
42:39Ça veut dire un rythme soutenu. C'est un travail
42:41différent de ce que vous faites d'habitude ?
42:43Oui.
42:45Ça a été une grosse répétition ? Oui, beaucoup de répétitions.
42:47Six heures par jour pendant
42:49un mois.
42:51Parce que Luc Hamet,
42:53c'est metteur en scène,
42:55mais pas que. Il est directeur d'acteur.
42:59Il m'a beaucoup dirigée.
43:01Une fois que j'ai le personnage,
43:03ça y est.
43:05C'est très précis.
43:07Comme c'est une création,
43:09il fallait que ça soit crédible.
43:11Comme c'est du burlesque,
43:13il faut quand même que ça soit crédible.
43:15Là, on ne vous demande pas de faire
43:17Ségolène Royal ?
43:19Là, c'est tout à fait différent.
43:21C'est tout à fait différent. C'est moi.
43:23Vous aviez eu envie depuis longtemps
43:25de faire ce genre de choses ?
43:27Oui.
43:29J'ai beaucoup aimé
43:31jouer dans la pièce de Sime. J'ai bien aimé
43:33aussi jouer avec Bernard Ménez.
43:35J'ai joué sa femme dans A vos souhaits.
43:37J'avais un peu réécrit la pièce de
43:39Chez nous. J'avais réécrit un peu
43:41mon texte. J'en avais fait
43:43un personnage pète sec.
43:45Si bien que Bernard Ménez
43:47me disait, on dirait
43:49ma femme.
43:51C'est autre chose.
43:53Ça, c'est effectivement votre vie au théâtre
43:55aujourd'hui. Mais il y a aussi, en dehors
43:57du théâtre et de gare, un lieu qui a été
43:59cher à votre cœur.
44:01On nous attend, chérie, viens à nos jambes.
44:03Moi, j'ai mis
44:05ma robe à fleurs et mes petits yeux.
44:07Chanson, viens à nos jambes, Anne Cordy.
44:09On ne le sait pas, c'est une chanson de 54 tirée d'un film
44:11qui s'appelle Sur toute la gamme.
44:13Je sais que nos jambes a eu beaucoup d'importance dans votre vie.
44:1545 ans
44:17d'amour pour nos jambes sur Marne.
44:19J'habite sur les bords de Marne.
44:21J'aime nos jambes.
44:23J'aime l'atmosphère.
44:25Et pour rien au monde,
44:27je pense que je finirais ma vie là.
44:29Je suis une casanière.
44:31Le signe du cancer, c'est casanier.
44:33En même temps, nos jambes est célèbre
44:35pour son petit vin blanc,
44:37ses guinguettes et Yvette Horner.
44:39Vous l'avez côtoyée ?
44:41Oui, j'ai côtoyé Yvette Horner.
44:43J'ai même fait des galas
44:45du temps du maire.
44:47C'était difficile de la mettre dehors.
44:49Quand elle était sur scène,
44:51Yvette Horner, il fallait carrément
44:53couper le micro et fermer les rideaux.
44:55Sans ça, elle continuait jusqu'à...
44:57Elle était généreuse.
44:59Mais c'est aussi le pavillon Baltard,
45:01c'est aussi un esprit parisien,
45:03joyeux, provincial en même temps
45:05qui n'existe plus.
45:07Je ne sais pas.
45:09Il y a toujours ce pavillon Baltard.
45:11Ailleurs, qui n'existe plus.
45:13On a le pont des Arts.
45:15Un bout du pont des Arts aussi.
45:17Et Yvette Horner, vous êtes allée
45:19chez elle ?
45:21Il paraît qu'elle avait
45:23une piscine en forme d'accordéon.
45:25C'est extraordinaire.
45:27Les poignées de porte étaient en forme d'accordéon.
45:29C'est extraordinaire.
45:31Et ça, ce côté nogeant,
45:33ça fait partie aussi
45:35de votre vie depuis toujours.
45:37Je crois qu'enfant, vous aviez peur de traverser
45:39le bois de Vincennes.
45:41C'est-à-dire que moi, j'habitais
45:43le huitième arrondissement.
45:45Au coin du boulevard Haussmann
45:47et de la rue de Courcelles.
45:49Si bien que, quand on allait
45:51chez des amis, je me souviens qui habitaient
45:53à Nogent, précisément,
45:55c'était le bout du monde.
45:57Avec mes parents, on prenait la voiture.
45:59Il n'y avait pas la 4 à l'époque.
46:03C'était quelque chose.
46:05Aujourd'hui, entre le théâtre
46:07et les deux ânes, c'est votre parcours
46:09aujourd'hui ? Vous n'avez jamais autant travaillé ?
46:11J'ai jamais autant travaillé.
46:13Quand je vais soit aux deux ânes,
46:15il ne faut pas que je me trompe de métro.
46:17La ligne 2, c'est celle qui va aux deux ânes.
46:19La ligne 6, c'est celle qui va à Montparnasse.
46:21Il ne faut pas que je me trompe.
46:23C'est la seule chose.
46:25La mémoire, ça se travaille.
46:27L'énergie, engendre l'énergie.
46:29Même à 72 ans,
46:31parce que je vais bientôt en avoir 73
46:33au mois de juin.
46:35Non, mais...
46:37Vous êtes l'une des
46:39dernières dans un genre
46:41qui ne doit pas disparaître.
46:43Il faut le dire à Jacques Maillot.
46:45Il faut le dire à Jacques.
46:47Jacques, il va...
46:49Jacques...
46:51Il veut passer le flambeau à son neveu.
46:53Il veut passer le flambeau à son neveu.
46:55On croise les doigts.
46:57Ce jambon, en plus,
46:59vous jouez 4 jours par semaine, mais il ne faut pas vous tromper.
47:01Les horaires sont différents.
47:03J'ai un calepin.
47:05Je vous le montrerai.
47:07Il y a des stabilos, du rouge, du bleu...
47:09Parce que certains jours, c'est à 19h.
47:11Certains jours, c'est à 1h.
47:13Ça, c'est compliqué.
47:15Comment vous faites ?
47:17Je me fais mes petits mémos.
47:19Tous les matins, je regarde bien mon petit calepin.
47:21Je me dis qu'il ne faut pas me tromper.
47:23Vous êtes partie jusqu'au mois de juin ?
47:25Au moins.
47:27Au moins.
47:29Je pense que ça va continuer.
47:31Après, on a une tournée en 2027.
47:33Une tournée aussi avec Jacques Maillot.
47:35Certainement avant les présidentielles.
47:37L'année prochaine,
47:39on va peut-être continuer le jambon.
47:41On va reprendre,
47:43parce que Régis Maillot
47:45veut créer une revue.
47:49Rendez-vous.
47:51Pour mes 85 ans,
47:53on va voir ce que je vais faire.
47:55Finalement, c'est ce qui vous maintient.
47:57Oui, bien sûr.
47:59Vous pensiez faire un parcours aussi long
48:01quand vous avez débuté ?
48:03Je suis une coureuse de fond.
48:05Je ne suis jamais montée bien haut.
48:07Mais je suis comme la tortue.
48:09J'arrive jusqu'au bout.
48:11En tout cas,
48:13la tortue triomphe tous les soirs
48:15au Théâtre Edgar avec cette pièce
48:17Le Jambon.
48:19Vous allez vous payer une bonne tranche de rire.
48:21Et en même temps,
48:23vous continuez à faire des personnages
48:25comme personne d'autre ne l'ait fait.
48:27Merci.
48:29Merci Florence Brunold.
48:31A bientôt. Restez fidèles à l'écoute de Sud Radio.