Dans Parlons Femmes, Judith Beller reçoit Maud Jan-Ailleret, auteure de "Donne-moi des fils ou je meurs" aux éditions Grasset
"Parlons Femmes" nous raconte les parcours des femmes extraordinaires qui tissent le lien de notre République. Nous explorons des thèmes universels tels que la lutte pour l’Egalité des genres, la liberté d’expression, la diversité culturelle, le droit à disposer de son corps. Et surtout, nous donnons la parole aux hommes engagés. Oui, ils existent, et il est essentiel de les entendre et de les encourager !
Une émission de Judith Beller.
Retrouvez nos podcasts et articles : https://www.sudradio.fr/ Nous suivre sur les réseaux sociaux ▪ Facebook : / https://www.facebook.com/SudRadioOfficiel . ▪ Instagram : / https://www.instagram.com/sudradioofficiel/ . ▪ Twitter : / https://twitter.com/SudRadio ▪ TikTok : https://www.tiktok.com/@sudradio?lang=fr Et pour plus de vidéo du Grand Matin Sud Radio : • 🌞 Grand Matin Sud Radio
##DESTIN_DE_FEMMES-2025-04-05##
"Parlons Femmes" nous raconte les parcours des femmes extraordinaires qui tissent le lien de notre République. Nous explorons des thèmes universels tels que la lutte pour l’Egalité des genres, la liberté d’expression, la diversité culturelle, le droit à disposer de son corps. Et surtout, nous donnons la parole aux hommes engagés. Oui, ils existent, et il est essentiel de les entendre et de les encourager !
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00:00La caisse d'épargne Ile-de-France, fière de soutenir toutes les femmes, vous présente Sud Radio, Parlons Femmes, Judith Belair.
00:09Bienvenue à toutes et à tous pour cette première de Parlons Femmes, qui fait suite à Destin de Femmes.
00:14Vous prenez un féminisme différent qui allie les femmes et les hommes dans le combat pour le droit des femmes,
00:19mais aussi pour toutes les femmes, quelle que soit leur appartenance culturelle, religieuse, politique, etc.
00:24La voie vers l'universalisme du féminisme pour tous, le féminisme autrement, c'est Parlons Femmes sur Sud Radio.
00:31D'ailleurs, de temps en temps, vous pourrez découvrir un homme qui s'engage sur ce plateau, toujours en compagnie d'une femme, bien entendu.
00:37Aujourd'hui, j'ai le plaisir d'accueillir pour vous l'autrice et scénariste Maud Jean-Aieuret.
00:43Alors Maud, après un premier roman remarqué, Donne-moi tes fils ou je meurs, vous publiez Une certaine espérance.
00:48Aux éditions Barry Ball, c'est un récit poignant qui donne la parole à ceux qui accompagnent la maladie et affrontent l'inéluctable.
00:54Un très joli livre, d'ailleurs, que je recommence et que je recommande.
00:57Bienvenue sur Sud Radio.
01:03Parlons vrai, c'est Parlons Femmes sur Sud Radio. Maud Jean-Aieret, les questions de Parlons Femmes.
01:07Quelle est votre définition du féminisme ?
01:09On attaque fort.
01:11Direct.
01:14Pour moi, le féminisme, déjà, c'est tout sauf la guerre entre les deux sexes.
01:20Ça serait une révolution humaniste inachevée.
01:25On est bien d'accord.
01:27On est d'accord ?
01:28Très d'accord.
01:29L'idée, c'est de replacer chacun à sa juste place.
01:33Et se couper de ce mouvement-là, ça serait se couper de 50% de la population.
01:38Donc, encore aujourd'hui, il est nécessaire et plus que nécessaire.
01:42Bien sûr.
01:43Est-ce que, du coup, oui, en fait, la question, vous me l'avez déjà donnée, mais je vais quand même vous poser la question.
01:48Est-ce que les hommes, ils peuvent être féministes ?
01:50Of course.
01:52Vous avez des exemples autour de vous ?
01:54J'ai des exemples, bien sûr.
01:55Commencer par mon mari.
01:56Je pense qu'en plus, ce mouvement, il est nécessaire pour eux, pour aussi les libérer de la masculinité toxique,
02:07de tout ce qui fait qu'on est dans des cases.
02:10Et eux, en plus, n'ont pas forcément envie de ça, loin de là.
02:13Donc, voilà, ça commence tout simplement avec une répartition.
02:17Quand on a des enfants, des tâches, mais peut-être qu'eux aussi ont envie de s'occuper de leurs enfants,
02:24de les conduire à l'école, de poser une journée quand il faut les garder quand ils sont malades.
02:28Donc, c'est revoir tout ça, ça semble tellement évident.
02:31Et pourtant.
02:32Et pourtant, c'est pas si évident que ça, oui.
02:34Donc, du coup, pour vous, pourquoi est-ce que le droit des femmes n'avance pas assez vite ?
02:40Il n'avance pas assez vite parce que déjà, les stéréotypes continuent et ont la belle vie,
02:49mais comme dans tous les combats.
02:51Je pense qu'il y a aussi des peurs, que ce soit des deux côtés, côté homme et côté femme.
02:57Et que parfois, certaines situations peuvent arranger aussi.
03:02Et encore une fois, côté homme et côté femme.
03:05Il y a certaines femmes que ça arrange aussi, effectivement, il faut le dire.
03:08Franchement, oui, c'est important de ne pas être que du côté du grand méchant homme
03:13versus la femme qui doit défendre ses droits.
03:17Je pense que même au niveau des infrastructures, de tout ça, il y a énormément de choses encore à faire.
03:26Et puis, surtout, cette représentation de la femme qui vit la maternité,
03:34qui déjà n'est pas dans la même posture qu'un homme,
03:37ces images-là, elles resteront et c'est complexe de changer ça.
03:43De dépatouiller tout ça, c'est clair.
03:45Et qu'est-ce qui fait que ça avance quand même ?
03:47Est-ce que vous pensez, par exemple, que la libération de la parole, ça fait qu'on a fait un grand bond en avant ou pas ?
03:52Oui, bien sûr.
03:54Et puis, vraiment, je connais énormément d'hommes féministes aussi,
03:58qui juste se rendent compte de l'absurdité.
04:02Moi, ça me fait toujours rire quand je vois la journée de la femme le 8 mars.
04:08La journée internationale des droits de la femme, il faut le dire.
04:11Oui, pardon.
04:12Donc, effectivement, si on regarde au niveau global et du monde,
04:16évidemment, elle a un sens extrêmement important.
04:20En revanche, quand je pense en France, je me dis que la femme, c'est une nature.
04:27On fête la journée des aidants, la journée des grands-parents,
04:31tout ça, qui sont des fonctions, en fait, dans la société.
04:34Je me dis...
04:35Vous trouvez que c'est un non-sens ?
04:37Alors, ce n'est pas un non-sens au niveau international.
04:39Parce qu'on devrait la fêter tous les jours.
04:40Elle est essentielle, mais...
04:42En fait, ça devrait être la journée de la femme tous les jours, non ?
04:46C'est ce que vous en pensez ?
04:47Ça devrait être la journée de la femme tous les jours.
04:49Et des hommes aussi, et de tout le monde.
04:51Mais c'est plus que...
04:52En fait, ce qui vous dérange, c'est que ça connote, ça marque le genre encore une fois.
04:56C'est ça. En France, on parle, bien entendu.
04:58Je parle vraiment en France.
04:59Elle est essentielle au niveau international, et c'est bien.
05:02Et heureusement qu'elle existe.
05:04Elle est essentielle certainement, compte tenu des reculs qu'on voit actuellement un peu partout,
05:08y compris aux Etats-Unis.
05:09Exactement.
05:10Aujourd'hui, en France, c'est vrai qu'elle me...
05:14Je me dis...
05:16Ça pourrait être un peu différent.
05:18Vous auriez envie de l'appeler comment ?
05:21La journée des humains.
05:23La journée des humains, de l'humanité.
05:25Non, ce mot me fatigue un peu, même s'il est essentiel.
05:29Mais c'est plus sur des...
05:32Soit pour des causes, soit sur des fonctions, en fait.
05:35Et qu'on ait mille journées sur...
05:38Oui, sur la journée des aidants, la journée contre le cancer,
05:42la journée contre la différence, le handicap.
05:45Oui, mais ça, ce sont des causes ou des fonctions,
05:49comme ce que je disais sur la journée des grands-parents.
05:52Parlons vrai, parlons femme.
05:53Sur Sud Radio, parlons de vous.
05:55Simone de Beauvoir nous disait
05:57« On ne n'est pas femme, on le devient ».
05:59Est-ce que vous, vous avez l'impression d'être devenue femme
06:02ou est-ce que vous l'avez toujours été ?
06:04Je pense qu'il y a quand même des rites de passage.
06:09J'ai l'impression quand même, assez vite,
06:13déjà ne serait-ce que par ce désir de maternité
06:16qui d'ailleurs a fait l'objet de mon premier livre,
06:19c'était un désir empêché, en fait.
06:21Et c'est vrai que dans ces moments-là, je l'ai encore plus ressenti.
06:25Mais c'était par rapport à avoir des enfants.
06:29Donc c'est devenir mère pour vous
06:33qui marque le début d'une certaine féminité, en tout cas.
06:36En tout cas pour moi.
06:38En tout cas pour moi.
06:40Alors, votre livre, « Mot de Jean Ayeret »,
06:42il est très très très joli, je le rappelle pour les auditeurs.
06:46Une Certaine Espérance, c'est sorti aux éditions Barry Ball.
06:50Ce qui est intéressant, c'est que votre héroïne s'appelle Espérance.
06:54C'est autant un prénom que le titre de votre roman.
06:58Je fais un petit pitch pour les auditrices, les auditeurs,
07:00à travers les voix de ceux qui entourent Espérance,
07:03votre héroïne qui est frappée par une récidive du cancer,
07:06vous nous offrez une réflexion sur la vie, sur la mort,
07:09sur l'amour qui persiste, malgré tout.
07:13Le but, c'est d'inviter à avoir le bonheur autrement aussi, non ?
07:16Complètement. En fait, c'est de se dire,
07:18n'attendons pas qu'il nous tombe un truc dramatique sur la figure,
07:21et ce qui nous arrivera tous à un moment de notre vie,
07:24ou nous est déjà arrivé, pour vivre pleinement.
07:28En fait, moi je voulais vraiment...
07:30J'ai perdu plusieurs amis assez jeunes de cancer.
07:32C'était ma question d'après.
07:33Pardon, je vous...
07:34Non mais allez-y, je vous en prie.
07:36Ne vous excusez pas.
07:38J'avais vraiment envie de leur rendre hommage parce que...
07:40Vous en avez perdu plusieurs des amis ?
07:42J'en ai perdu plusieurs. J'en ai perdu trois.
07:43Des femmes ?
07:44Des femmes. Toutes des femmes de récidive de cancer.
07:47D'accord. Du sein en général ?
07:48Deux cancers différents, deux cancers du sein en l'occurrence, sur trois.
07:52Et j'avais vraiment envie de leur rendre hommage,
07:54et aussi, derrière ça, de rendre hommage aux aidants.
07:58Et en fait, aujourd'hui, il y a...
08:00Je ne sais pas si vous savez le nombre d'aidants en France.
08:02J'ai reçu Bruno Solo il n'y a pas très longtemps,
08:04qui a participé justement à un documentaire
08:06où il se mettait à la place d'un aidant
08:08pour donner de la visibilité, justement,
08:12à ces gens qui sont souvent dans l'ombre
08:14et qui sont qui les malades ne pourraient pas avancer.
08:17Mais après, je n'ai pas de nom précis.
08:19En fait, il y a plus de 11 millions d'aidants en France aujourd'hui,
08:21sur une population de 70 millions.
08:23C'est énorme.
08:24C'est énorme, et sachant que...
08:26Ce que j'ai découvert aussi, c'est que les aidants
08:28ne sont pas seulement les médecins, les infirmières,
08:30mais ça peut être vous,
08:32ça peut être un petit garçon de 5 ans auprès de sa maman,
08:35et tous les jours, il va l'accompagner dans son combat contre la maladie.
08:38Ça va être la meilleure amie, la famille.
08:41Et ça, c'est important, et c'est toujours ceux dans l'ombre.
08:44Moi, je ne voulais pas, en l'occurrence...
08:47Alors, j'avais été confrontée vraiment à la question du deuil périnatal,
08:50et encore une fois, c'était l'objet de mon premier livre.
08:53Donc ça, je pouvais en parler.
08:55Mais là, moi, j'étais en position d'aidante,
08:58notamment avec une de ces trois femmes-là,
09:01à venir très régulièrement m'occuper d'elles, etc.
09:04Et je ne voulais en aucun cas me mettre à la place d'une malade,
09:07mais je voulais parler de ce que je voyais comme une position un peu omnisciente,
09:10et puis vraiment parler de tous ceux autour,
09:13et qu'ils doivent composer aussi,
09:16avant, pendant, et après,
09:19et qu'ils doivent se décentrer d'eux-mêmes pour avancer.
09:22Oui, parce qu'on oublie que quand on arrête d'aider, ça doit faire un grand guide aussi.
09:25C'est un vide énorme, et généralement, quand on parle
09:28avec les gens très proches, c'est extrêmement difficile,
09:31parce que parfois, ils sont allés jusqu'à se projeter, bien évidemment,
09:34la mort, même si c'était toujours pour la combattre.
09:37Mais après, il y a ce moment
09:40où tout le monde est là, et puis la vie qui doit reprendre
09:43est là. Comment on fait, en fait ?
09:46Ce titre, je l'ai dit tout à l'heure,
09:49Une certaine espérance, il joue tant sur l'ambivalence du prénom
09:52de votre héroïne que sur la notion d'espoir,
09:55évidemment, l'espérance.
09:58Vous voulez nous raconter aussi la manière dont on affronte l'inéluctable, là-dedans ?
10:01Comment on réagit ?
10:04Ce n'est pas spoilé de dire que cette maladie incurable,
10:07c'est une récidive qui ne va pas y avoir beaucoup de temps.
10:10Et donc, c'est comment faire ?
10:13Pendant ces derniers temps.
10:16J'avais envie de rendre hommage
10:19aussi à une fonction dans la société
10:22que je trouve assez magnifique, qui est occupée
10:25par les biographes hospitaliers,
10:28qui viennent recueillir aussi les histoires
10:31des malades enfants de vie,
10:34qui viennent faciliter les discussions.
10:37Et puis, il y a des secrets de famille.
10:40Là, vous m'apprenez vraiment quelque chose.
10:43Vous savez qu'il y a même un DU pour reconnaître ça comme un métier.
10:46Et c'est assez incroyable.
10:49Et c'est très peu connu.
10:53Vous restez avec nous sur Sud Radio, c'est Parlons Femmes.
10:56On est avec l'autrice-scénariste Mojan Ayeret et son roman Une Certaine Espérance.
10:59C'est sorti aux éditions Barilbal, je vous le recommande.
11:02Parlons vrai, c'est Parlons Femmes.
11:05La Caisse d'Épargne-Île-de-France, fière de soutenir toutes les femmes,
11:08vous présente Sud Radio.
11:11Parlons Femmes, Judith Belair.
11:14Parlons Femmes sur Sud Radio, c'est l'émission du féminisme autrement.
11:17Femmes et hommes ensemble, pour le droit des femmes.
11:20Alors, l'autrice-scénariste Mojan Ayeret et son roman Une Certaine Espérance.
11:23C'est sorti aux éditions Barilbal.
11:26Alors, ce livre, vous avez adapté en fait
11:29une technique qui est de la narration chorale.
11:32Donc en fait, pour que les auditrices et les éditeurs comprennent ce que c'est,
11:35c'est que vous donnez la parole au proche en fait,
11:38de votre personnage central qui est Espérance.
11:41Pourquoi est-ce que vous vouliez faire ça ?
11:44Pour qu'on comprenne d'autant plus ce qui se passe autour.
11:47C'est une histoire qui se passe dans la peau d'un petit garçon de 5 ans,
11:50d'une ado en pleine crise d'ado,
11:53d'un mari un peu paumé, plutôt très égoïste à la base,
11:56qui doit apprendre à composer autrement,
11:59à se décentrer de lui,
12:02la mère, l'ami, tout en sachant que
12:05ce ne sont pas des chapitres en jeu gileux.
12:08C'est vraiment un point de vue général sur la personne,
12:11mais on les suit tous à chaque rentant du roman.
12:15On ne voulait pas trop en dire.
12:18On n'en dira pas trop parce qu'il faut le lire,
12:21c'est une certaine espérance aux éditions Barry Ball.
12:24Ces sujets que vous nous racontez, c'est des sujets universels,
12:27c'est une super lapsus.
12:30La maladie, la perte, la résilience,
12:33c'est des sujets qu'on traverse tous comme vous le dites.
12:36Pour vous, la littérature c'est déjà un acte thérapeutique,
12:39vous l'avez dit, on va en reparler après,
12:42mais là, on se dit que cette littérature a un rôle particulier
12:45pour accompagner, appréhender ces épreuves.
12:48Très important.
12:51Pour moi, j'ai fait l'expérience de l'écriture thérapeutique
12:54et j'ose le dire, ça m'a sauvée.
12:57En tout cas, quand j'ai écrit Donne-moi des fils ou je meurs
13:00qui était sorti chez Grasset,
13:03qui est en cours d'adaptation au cinéma.
13:06Je le dis surtout parce que le deuil périnatal,
13:10on n'en parle peu, c'est tabou.
13:13On a fait changer les lignes et ça rejoint un peu votre sujet de départ.
13:16On a même, avec tout un petit groupe d'artistes,
13:19été invité à l'Assemblée nationale à discuter
13:22pour qu'il y ait un congé de deuil périnatal
13:25et pour les hommes et pour les femmes.
13:28Même s'il y en a une qui le vit dans son corps,
13:31il y a celui ou celle qui est à côté de celle qui souffre.
13:34Je vois que j'ai vraiment besoin d'écrire
13:38sur l'intime, les émotions l'intime,
13:41mais que ça a une valeur assez catharsique.
13:44Et à partager, du coup.
13:47Comme vous le disiez à l'instant,
13:50vous avez découvert qu'écrire, ça soigne en écrivant ce premier roman.
13:53Exactement.
13:56C'est aussi pour ça que vous allez mieux
13:59et que dans votre vie vous avez pris un nouveau chemin, on peut le dire aussi.
14:02Oui, je le sentais parce que les mots ont toujours eu une place
14:05très importante dans ma vie, mais je n'avais pas franchi ce cap.
14:08Et à un moment, ça s'est imposé à moi, je me suis dit
14:11j'ai quand même eu onze grossesses, j'ai trois enfants.
14:14Il a fallu composer avec tout ça.
14:17On ne se rend pas compte,
14:20évidemment le but n'est pas de faire des différenciations,
14:23mais je trouve que quand même, et ça je le dis, c'est mon opinion,
14:26c'est rare que je la donne, mais que les femmes ont quand même une force
14:29surhumaine par rapport à ce genre de choses.
14:32Je ne sais pas dans quelle mesure
14:35il y a aussi une volonté
14:38d'y arriver qui est un peu folle,
14:41cette difficulté à accepter son infuissance.
14:44L'envie est plus forte, c'est ça ?
14:47Oui, et même de dire je compose, je ne peux pas tout maîtriser
14:50et je n'accepte pas, parce qu'en plus moi j'ai un petit dernier
14:53vraiment en décalage avec mes deux grands
14:56qui est arrivé quand ce n'était plus le sujet.
14:59C'est assez fou de se dire que...
15:02On entend souvent des histoires comme ça
15:05de gens qui ont fait beaucoup de fives et qui ont beaucoup essayé
15:08et qui au moment où ils laissent tomber, ça arrive.
15:11Oui, il y avait une explication en tout cas médicale,
15:14génétique à tout ça,
15:17mais c'est vrai que j'avais dit que ce livre
15:20c'est mon dernier bébé.
15:23Je pense que c'est un peu plus complexe
15:27que le combat, et je pense que dans ce combat
15:30il y a quand même une bonne dose aussi
15:33presque d'inconscience
15:36de folie à y aller.
15:39Je ne sais pas si c'est de fantasme
15:42de se dire je vais y arriver coûte que coûte,
15:45mais coûte que coûte ça peut être aussi au prix de la vie.
15:48Sur cette idée d'écriture thérapeutique,
15:51vous animez des ateliers d'écriture,
15:54vous faites ça pas mal dans les centres de santé, dans certaines associations.
15:57Oui, parce qu'il y a des médecins qui se disent aussi
16:00que l'écriture peut avoir une vraie place
16:03et c'est assez fou ce qui se passe dans ces centres de prévention santé.
16:06C'est comment les réactions ? Parce qu'on imagine
16:09que les participants quand ils posent leurs émotions sur le papier
16:12ils ont des réactions différentes les uns les autres,
16:15mais souvent peut-être le soulagement.
16:18Oui, on a de tout, assez beau, d'ailleurs j'aime bien aussi
16:22Je me souviendrai toujours d'une dame qui m'avait accueilli
16:25les bras comme ça, 95 ans,
16:28en me disant chez moi on ne parle pas, on n'écrit pas.
16:31J'ai dit bah ouais mais Colette vous êtes là en fait
16:34donc on va essayer de faire quelque chose ensemble.
16:37Et elle avait écrit 5 lignes pour chacune de ses filles
16:40mais en leur disant qu'elle s'excusait
16:43parce qu'elle les pourrissait de l'avoir mis dans cette maison
16:46mais qu'en fait elle revivait parce qu'elle avait des ateliers,
16:50elle croisait du monde.
16:53Et donc elle a signé, bon allez je vous le dis, je vous l'ai jamais dit
16:56mais je vous aime. Elle ferme sa feuille, elle me dit
16:59bon par contre je les garde, elles les trouveront quand je serai morte.
17:02Et là j'ai dit bah non, on va les poster.
17:05Moi je suis juste un mini-élément
17:08mais on les a postés.
17:11Les filles se sont dit ok on a le droit de revoir notre mère
17:14parce qu'elle pensait qu'elle était en colère.
17:18Après c'est des toutes petites choses.
17:21Mais c'est pas petit ce que vous racontez là.
17:24Moi en tout cas c'est la petite étincelle.
17:27Vous êtes le déclencheur aussi de cette recréation de lire.
17:30Il y a un côté que je vois
17:33et que dans mon oeuvre littéraire c'est vraiment aller chercher
17:36tout ce qui ne se dit pas, tout ce qui est tabou, tous les secrets.
17:39Je vois par exemple mon troisième livre que je suis en train de finaliser
17:42c'est vraiment aussi sur le transgénérationnel.
17:46Je trouve ça assez passionnant
17:49d'aller explorer toutes ces questions et puis n'attendons pas.
17:52N'attendons pas qu'il soit trop tard.
17:55Notamment la mère d'Espérance qui attend vraiment la toute fin
17:58parce qu'elle ne s'autorise pas à lui dire ce qu'elle a à lui dire
18:01et en fait le silence c'est toujours pire.
18:04Ça c'est sûr.
18:07Votre premier roman on l'a dit c'est Donne-moi des fils ou je meurs.
18:10Vous parlez de maternité, de désir d'enfant
18:13et de ce long combat que vous avez eu.
18:16Une certaine espérance c'est la maladie, le deuil et la résilience.
18:19Est-ce que pour une femme
18:22je ne sais pas si c'est une histoire de genre cela dit
18:25est-ce que c'est un moyen à l'écriture
18:28de poser ces mots sur ces expériences intimes
18:31qui sont souvent tues comme vous venez de le dire
18:34et un moyen thérapeutique pour vous
18:37mais aussi une ouverture aux gens qui vous lisent
18:40vers d'autres routes.
18:43C'est ça qui est assez extraordinaire
18:46parce qu'on est très seul dans notre écriture
18:49le livre est partagé
18:52et les réseaux sociaux aident vachement
18:55les gens entrent en contact directement
18:58j'avais jamais écrit un auteur que j'admirais
19:01c'est loin de l'admiration mais c'est plus qu'ils me disent
19:04ça me touche vachement parce que j'ai vécu ça
19:07c'est vraiment
19:10c'est une communion
19:13et on se voit sans toutes nos couches d'oignons
19:16on a accès aux gens mais dans leur nudité
19:19dans ce qu'ils sont proprement dit.
19:22C'est aussi la beauté des réseaux sociaux
19:25parce qu'il y a des belles choses qui se passent sur les réseaux
19:28Vous de A.R. Jean vous êtes scénariste au départ
19:31vous êtes écrivaine maintenant
19:34au scénario par l'écriture de romans
19:37vous êtes découvert une nouvelle route
19:40je me suis découvert une nouvelle route
19:43je travaillais dans l'accompagnement à la base
19:46je faisais fausse couche sur fausse couche
19:49je vivais des choses très difficiles au niveau familial
19:52et j'ai tout arrêté pour faire les cours Florent
19:55qui était un grand rêve
19:58en gros chez moi on faisait des parcours plus académiques
20:01j'ai monté une petite boîte
20:04qui faisait des outils autour de la communication
20:07en utilisant le théâtre
20:10pour aider les couples, les familles
20:13le premier livre a mis du temps à avoir le jour
20:16mais je l'avais vraiment au fond de mes tripes
20:19c'est ça qui est beau
20:22c'est l'épreuve qui m'a permis d'être qui je voulais être
20:25ça s'appelle la résilience
20:28à 5 ans je me disais que j'écrirais des livres
20:31et on me disait que j'écrirais des livres
20:34quand j'aurai fait tel ou tel truc
20:37la résilience c'est de prendre les choses difficiles
20:40et de les transformer en beauté
20:43après on n'y arrive pas toujours
20:46ça prend du temps
20:49dans une certaine expérience
20:52c'est ce que j'aime aussi
20:55il y a des personnages dans leur très mauvais côté
20:58comme nous tous
21:01nos pardons
21:04ils arrivent tous à des moments
21:07à se transcender
21:10à être quelque chose d'incroyable
21:13trouver la lumière
21:16on va être obligé de se quitter bientôt
21:19si vous aviez un petit génie
21:22je partage sans toutes ces couches d'oignons
21:25que ce soit à travers la littérature
21:28j'espère que nous les artistes
21:31on peut promouvoir un maximum ça
21:34et continuer à œuvrer
21:37à aider à ce que les choses soient dites
21:40j'avais rencontré une réalisatrice
21:43un jour qui m'avait dit
21:46je ne sais pas si on peut toujours faire du beau avec du lait
21:49c'est ça que j'ai envie
21:52même si je traverse des choses très noires
21:55c'est d'arriver à les transcender
21:58on arrive tous et toutes
22:01à toujours voir la lumière dans l'obscurité
22:04je recommande votre livre
22:07aux auditrices, aux auditeurs
22:10c'est une certaine espérance
22:13c'est sorti aux éditions Barry Ball
22:17Parlons Femmes c'est Parlons Vrai
22:20on a rendez-vous demain à 19h pour cet excellent
22:23mais on parle toujours vrai sur Sud Radio
22:26puis la semaine prochaine à 13h30 un nouveau Parlons Femmes
22:29merci à Dési qui réalise pour vous aujourd'hui
22:32et je vous embrasse, bye bye