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Regardez Les auditeurs ont la parole avec Céline Landreau et Vincent Parizot du 26 mars 2025.

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00:00Jusqu'à 14h, les auditeurs ont la parole, Vincent Parisot et Céline Landreau sur RTL.
00:10Et oui, vous avez la parole, prenez-la au 3210.
00:14On a plusieurs dossiers ouverts sur la table.
00:17Le voile dans le sport, on en parlait à l'instant avec notre invité Franck Alizio du RN.
00:24Mais également, justement, on en parlait aussi, c'était l'objet de cette invitation,
00:29le RN avec la visite de Jordan Bardella en Israël.
00:33Est-il aujourd'hui lavé de tout soupçon d'entité mythisme ?
00:36Est-ce que cette invitation fait du RN un parti comme tous les autres au sein de l'arc républicain ?
00:41Et puis, on va aussi parler tout à l'heure des seigneurs dans la société.
00:45Aujourd'hui, sont-ils invisibilisés ?
00:48Alors le RN, bonjour Gilles.
00:50Bonjour.
00:51Bienvenue, vous êtes vous-même militant, Rassemblement National.
00:54J'ai juste une question et puis après on vous reprend.
00:57Est-ce qu'aujourd'hui, le RN est lavé de tout soupçon d'antisémitisme ?
01:03Écoutez, amenez-moi des preuves que c'est de l'inverse.
01:06Et surtout quand on connaît les militants et les responsables, moi je suis dans la marne.
01:10Je n'ai jamais entendu de propos antisémites, ni même racistes directement envers la communauté juive de France.
01:18C'est-à-dire quoi ? Pas directement ? Indirectement, il peut y en avoir ou pas du tout ?
01:24C'est juste pour être sûr.
01:25Pas du tout.
01:26Si vous voulez directement, je vous raconterai ma vie personnelle.
01:30Vous allez tout nous expliquer Gilles.
01:32Vous restez avec nous.
01:34On vous retrouve dans deux minutes.
01:36Le temps pour Céline de rappeler l'essentiel de l'info.
01:38Et la prolongation, on l'a appris tôt ce matin des quatre gardes à vue dans l'affaire Émile.
01:43Les grands-parents maternels du petit garçon, son oncle et sa tante, sont donc toujours entendus par les enquêteurs
01:48qui cherchent à éclaircir les circonstances du décès de cet enfant qui avait deux ans et demi.
01:53On le rappelle en juillet 2023 quand il avait disparu dans les Alpes de Haute-Provence.
01:57Des enquêteurs qui confrontent donc actuellement les versions.
02:00Le grand-père a une attitude de coopération totale.
02:03C'est ce qu'a fait savoir son avocate Maître Colombagny ce matin.
02:07La politique et le budget 2026 qui va être un cauchemar à préparer.
02:13C'est la confession de la porte-parole du gouvernement, Sophie Prima, chez nos confrères de Public Sénat.
02:19Elle annonce aussi que François Bayrou s'exprimera tout début avril sur le débat qu'il avait annoncé.
02:25Qu'est-ce qu'être français ?
02:27Et puis Stéphane Boutsocle, vous le disiez tout à l'heure si vous nous écoutiez un peu avant 12h30,
02:32c'est l'acteur et humoriste français Laurent Lafitte qui sera le maître de la cérémonie d'ouverture et de clôture
02:37du 78e Festival de Cannes en mai prochain.
02:41C'est ce qu'a annoncé l'organisateur aujourd'hui.
02:44La météo péguie pour cet après-midi.
02:47Croisette ou pas, c'est assez gris aujourd'hui.
02:50C'est vrai que c'est gris sur une bonne partie du pays, même si on retrouve quelques éclaircies qui arrivent par le nord,
02:55notamment actuellement sur les Hauts-de-France.
02:57Ce n'est pas du grand bleu, mais c'est toujours mieux,
02:59avec des éclaircies qui vont gagner également la Basse-Normandie, l'Île-de-France, la Lorraine.
03:03Ailleurs, des nuages avec quelques faibles pluies très localisées, pas grand-chose.
03:08Des pluies qui sont localement orageuses dans l'après-midi entre la région Paca et la Corse, avec localement du Grésil.
03:14Et puis ça reste plutôt beau sur le reste du littoral méditerranéen avec du vent.
03:18Côté température, 12 à 16 degrés sur la moitié nord, 15 à 17 au sud et jusqu'à 20 degrés près de la Méditerranée.
03:25Merci beaucoup Péguy.
03:2713h14, les auditeurs ont la parole avec Vincent Parizeau et Céline Landreau.
03:34Et Gilles, qu'on retrouve dans la Marne si j'ai bien compris. Rebonjour Gilles.
03:40Rebonjour.
03:41Militant Rassemblement National, on peut savoir quand est-ce que vous êtes entré au ORN ?
03:47Vous avez pris votre carte.
03:49J'ai pris ma carte en 2020, au moment des élections présidentielles.
03:53Donc c'est assez récent. Auparavant, vous étiez déjà engagé en politique ou pas ?
03:57Alors, je vous explique. Mon grand-père avait fait la guerre 14 et la guerre 40. En 46, il était RPF, le parti du général de Gaulle.
04:04Mon père, bien sûr, un peu plus tard, il était adhérent de l'UDR. Il est devenu parti de Chautier, mais bon, l'UDR en tant que tel.
04:11Et moi, à l'âge de 16 ans, j'adhérais au RPR.
04:14L'histoire de la famille est quand même assez compliquée parce que je vous explique très rapidement.
04:22Mon arrière-grand-mère, la mère de mon grand-père, s'appelait Eugénie Lévy.
04:28Je n'ai pas besoin de vous caractériser la chose.
04:31En 42, on avait un préfet de la Marne qui s'appelait Bousquet, petit copain de Mitterrand par ailleurs.
04:37Et ce Bousquet avait décrété que toutes les personnes de naissance juive doivent se déclarer au commissariat de police centrale de Reims.
04:45Et cette femme-là, de 78 ans, elle y était de bon cœur en disant « je respecte la loi comme tout le monde ».
04:50Ça n'a pas loupé. Quelques semaines après, Drancy et ensuite Auschwitz.
04:54Elle est morte à Auschwitz, votre arrière-grand-mère ?
04:57Elle est morte à Auschwitz, mais elle était catholique chrétienne parce qu'elle avait épousé un Italien.
05:01Et donc, mon grand-père a été baptisé, ma mère a été baptisée.
05:04Par contre, ils ont failli être rafflés aussi et c'est un bon groupe de circonstances qui a fait qu'ils n'y sont pas allés.
05:10Donc, je reviens maintenant à ce qu'on reproche au RN.
05:15Moi, je parle du RN. Je ne parle pas du FN que je n'ai pas connu et que je n'ai pas voulu connaître.
05:21Vous étiez choqué lorsque Jean-Marie Le Pen faisait des sorties comme du rafourcrenatoire ou le point de détail ?
05:27Je l'avoue. Moi, je l'avoue parce que justement, j'avais même dit « jamais j'adhérerai à ce parti-là tant qu'il y aura Jean-Marie Le Pen ».
05:33Mais voilà. Maintenant, les discours et les faits du RN n'ont rien à voir.
05:40Ça a bougé. Les lignes ont bougé.
05:42D'ailleurs, ce qu'a dit le député de tout à l'heure, je ne connaissais pas les chiffres moi.
05:45Et s'il y a 95% des adhérents qui sont des nouveaux adhérents, qui n'ont jamais connu le FN, j'en fais partie.
05:52Et à l'époque, ça ne vous aurait pas traversé l'esprit d'adhérer au FN, Gilles, si on comprend.
05:58Mais non, parce que le FN, c'était un groupuscule.
06:02La preuve, c'est que je ne me souviens pas.
06:04Un groupuscule qui est quand même arrivé au second tour de la présidentielle.
06:08Oui, mais qui sait qu'il l'a monté en épingle à cheveux, c'est Mitterrand quand même.
06:11En faisant le proportionnel.
06:13Qu'on soit clair, Gilles, depuis que vous êtes au RN, vous n'avez jamais entendu de propos antisémites ?
06:20Bien sûr que non.
06:22On vous croit, mais vous témoignez.
06:25C'est très important que vous nous le disiez, mais on vous croit évidemment, j'ai envie de dire.
06:29Même en interne.
06:31Et en interne, il n'y a pas non plus des propos un peu racistes ou nostalgiques de l'Algérie française, par exemple ?
06:40Ou de choses comme ça ?
06:41Alors, ça c'est encore un autre sujet, ça.
06:43Parce qu'il y a des gens qui se sont fait aussi trouver la peau.
06:46Mon père avait l'âge, il a fait la guerre d'Algérie.
06:50À l'époque, il est mort en 1997.
06:53Vous voyez, on était loin de parler de ce qui se passe maintenant.
06:56Il disait, j'ai fait la guerre d'Algérie, on l'a perdue, mais on a fait beaucoup de prisonniers.
07:00Ça n'est allé pas plus loin.
07:02C'est ce que disait mon père.
07:04Moi, je considère aujourd'hui qu'il faut savoir aussi tourner la page.
07:07Parce que, si vous voulez, on peut aussi dire que Radio Luxembourg, dans les années 40, c'était en Allemagne.
07:14On peut dire tout et n'importe quoi.
07:16Je suis bien d'accord, mais derrière parfois des propos sur l'Algérie française, peut y avoir aussi quelques relents racistes.
07:22Oui, mais ça n'a rien à voir avec...
07:25Avec l'antisémitisme, oui.
07:28En Algérie et au Maroc, il y avait une cohabitation qui se passait très bien entre les différentes religions.
07:35Après, c'est les islamistes qui ont foutu le bras là-dedans.
07:38Gilles, je voudrais qu'on accueille Julien dans cette conversation également.
07:41Bonjour, Julien.
07:42Bonjour, Julien.
07:43Bonjour.
07:44Vous voulez entendre Gilles ? Peut-être que vous souhaitez lui répondre ?
07:47En fait, en écoutant les propos de Gilles, qui sont intéressants, qui sont très bien,
07:53on s'aperçoit quand même que les créateurs de la stratégie politique du RN et du FN ont réussi leur coup.
08:00Pour moi, l'histoire du FN, c'est l'histoire du RN.
08:05C'est simplement le même parti qui a changé de nom et qui a mis en place une stratégie politique qui paraît payante.
08:13Écoutez les propos qu'on vient d'entendre juste avant.
08:15Pour vous, c'est l'emballage qui est différent, c'est tout ?
08:18Exactement, mais le produit est le même.
08:20Ce que dit le président du CRIF, je le rappelle, on en parlait tout à l'heure avec Franck Alizio, le député RN,
08:26il dit qu'il a le sentiment que le RN instrumentalise la lutte contre l'antisémitisme pour la conquête du pouvoir en France,
08:34à des fins politiques. C'est ce que voulait nous dire un peu, Julien ?
08:38Oui, il a tout à fait raison sur ce sujet-là.
08:41D'ailleurs, on voit que M. Bardella part en Israël aujourd'hui.
08:44Il y est déjà, je pense, d'ailleurs.
08:46Oui, il y est, bien sûr.
08:48Bon, ce qu'il ne faut pas oublier, c'est qu'on a affaire également en Israël à la partie d'extrême droite.
08:52Donc, en fait, c'est ni plus ni moins que son homologue français qu'il reçoit aujourd'hui.
08:56Et bon, je me demande même s'il ne joue pas sa petite pierre dans la stratégie politique pour une dédiabolisation totale.
09:02Puis la prochaine fois, au lieu de faire 11, ils feront 13 ou 14 et puis ça passera.
09:07Voilà.
09:08Vous voulez dire qu'un premier ministre israélien qui ne serait pas, j'allais dire, du parti de M. Netanyahou,
09:15et pourquoi pas effectivement parce qu'il y en a eu des travaillistes,
09:18n'aurait jamais invité Jordan Bardella, même aujourd'hui ?
09:21Tout à fait, oui. Je pense que, voilà.
09:23Je pense qu'un gouvernant d'un autre parti aurait analysé la situation s'il ne la connaissait pas.
09:29Il aurait vu l'historique du Front National.
09:32Il aurait compris tout de suite à quel genre de personne il en est.
09:34Il est à faire.
09:35D'ailleurs, moi qui travaille dans les lieux de convivialité,
09:38à chaque fois que je discute, parce que j'aime parler politique.
09:41En moi, je l'ai comme ça.
09:43À chaque fois que je parle à des personnes vraiment du peuple, entre guillemets,
09:47qui votent Rassemblement National, j'ai toujours des sous-entendus ou des propos clairs,
09:53voilà, qui sont assez racistes, oui, effectivement.
09:58J'imagine, Gilles, que vous vous inscrivez en faux de ce que vient de dire Julien.
10:04Moi, je vais prendre les auditeurs comme témoins.
10:08Moi, je constate tout simplement un truc.
10:10C'est que les personnes de religion israélite,
10:13moi, je préfère dire ça que le mot juif, parce que c'est presque péjoratif de dire juif.
10:17Non, pas nécessairement.
10:19Non, mais bon, bref, je suis pour simplifier les choses.
10:23Moi, je n'ai jamais entendu un juif réclamer que sa religion soit au-dessus de toutes les autres religions.
10:31Je n'ai jamais vu un juif porter un coup de couteau contre une autre personne.
10:35Je n'ai jamais vu un juif poser des bombes.
10:37Je n'ai jamais vu un juif égorger des gens qui ne pensaient pas comme eux,
10:40se dire que c'est Charlie Hebdo.
10:42Voilà, moi, c'est tout bête.
10:44Donc, pour vous, c'est le fondamentalisme islamiste qui est la cible
10:48et certainement pas, évidemment, la religion juive.
10:53Et ce n'est pas tous les Arabes qui sont concernés.
10:55C'est la différence.
10:57Moi, j'ai deux voisins de droite et de gauche au niveau de ma maison
11:01qui sont d'origine algérienne et marocaine.
11:04Je n'ai aucun problème avec ces gens-là
11:06parce que, moi, je respecte leur renseignement.
11:08Ils font le ramadan, ils terminent.
11:10Et si on se voit, je respecte...
11:13Respect, respect mutuel.
11:15Restez avec nous, Gilles et Julien,
11:17parce que Cathy entre dans la discussion.
11:19Bonjour, Cathy.
11:20Bonjour.
11:21Oula, on vous entend mal.
11:23Ah, c'est bon, c'est revenu, Cathy, ne vous inquiétez pas.
11:26Ça va mieux.
11:27Oui, très bien.
11:28Assistante maternelle de profession.
11:30Voilà, c'est ça.
11:31Et vous souhaitiez intervenir dans ce débat, Cathy, on vous écoute.
11:33Moi, je viens d'adhérer au RN au mois de mars.
11:37Ah, c'est tout chaud.
11:38C'est la première fois que je prends une carte, avec mon mari aussi.
11:41Qu'est-ce qui vous a déterminé à le faire ?
11:46Parce qu'on a tout eu.
11:48On a eu la droite, on a eu la gauche, on a eu le milieu.
11:51Et on est où, là ?
11:52On est dans le chaos.
11:54Donc, autant essayer.
11:56On va essayer.
11:57J'espère qu'en 2027, les gens vont se réveiller un petit peu.
12:01Après, moi, je voudrais que ce soit Jordan Bardella.
12:04Parce qu'il y a toujours le nom de Madame Le Pen.
12:07C'est le problème du nom.
12:09Ce nom-là, il la desserre, à votre avis ?
12:12Vous revenez toujours en arrière.
12:14Vous venez toujours parler de Jean-Marie Le Pen.
12:17Il faudrait aller de l'avant.
12:19Déjà, il faudrait arrêter d'en parler.
12:21Il a été fondateur du FN et tout.
12:24Il a fait partie de ce parti-là.
12:26Mais maintenant, on a des nouveaux.
12:28On a, par exemple, Jordan Bardella, qui était une personne exceptionnelle.
12:31Moi, je suis allée à Valenciennes.
12:33J'ai passé trois heures dans une queue pour me faire dédicacer son livre.
12:37Et je peux vous dire qu'il y avait énormément de jeunes.
12:40Énormément de jeunes.
12:42Pas des jeunes crasseux comme chez Alephi.
12:46Non, non, c'est vrai.
12:48Quand vous regardez...
12:50Je ris dans ce que vous dites.
12:52Mais, Cathy, j'avais une question.
12:55Est-ce que vous auriez pris votre carte il y a une quinzaine d'années ?
13:01Je ne veux pas parler d'avant.
13:03On parle de maintenant.
13:05Le RN n'a rien à voir avec le FN.
13:07C'est la raison pour laquelle je vous pose la question.
13:09Le FN ne vous aurait pas séduit.
13:11C'est le RN d'aujourd'hui ?
13:12C'est ça, la question que je vous pose.
13:14Pour moi, le RN est un nouveau parti.
13:16Avec quelqu'un qui est très bien.
13:18Monsieur Bardella est une personne qui est accessible.
13:21Il a resté plus de 5 ou 6 heures à Valenciennes pour pouvoir dédicacer son livre.
13:27Il avait deux gardes du corps.
13:29Moi, je peux vous dire que j'habite Sarpotry.
13:31Vous savez que M. Macron, au début de son investigation,
13:36il est venu à Sarpotry, son village.
13:39J'ai été enfermée pendant 5 heures.
13:41Je n'ai pas pu sortir.
13:43Déjà, ça vous a énervé.
13:45Ce n'est pas les mêmes protocoles.
13:48Écoutez-moi, je vais finir.
13:50Il est venu au musée du Vert.
13:52J'habite juste derrière.
13:53Il y avait une cinquantaine de snipers.
13:56Après, c'est le président de la République.
13:59Arrêtez.
14:00Vous allez en Allemagne.
14:02Elle ne se déplaçait pas avec 20 bagnoles.
14:05M. Macron est quelqu'un qui n'est pas accessible du tout.
14:08Par contre, Jordan Bardella est quelqu'un avec qui on peut parler,
14:11qu'on comprend, ce qui est important.
14:13La majorité des gens ne comprennent pas notre président.
14:16On ne comprend rien.
14:18Il commence une phrase, on n'a rien compris.
14:20On ne peut pas dire qu'on est dans un chaos.
14:22Ce n'est pas possible.
14:23On a compris, Cathy, en tout cas,
14:25que vous feriez partie de ces ferventes supporteries
14:29si jamais candidat il était en 2027.
14:32Vous êtes bien engagée.
14:34On va évidemment refaire des débats politiques
14:36autour du RN ou autre.
14:38Votre avis sera le bienvenu.
14:40On a bien compris.
14:42Vous estimez que le RN, désormais,
14:44et ça ne fait plus débat,
14:46c'est évidemment aujourd'hui un parti comme les autres.
14:48C'est votre point de vue.
14:49Merci de nous l'avoir donné, Cathy.
14:51Bonne journée à Sars Pottery.
14:53Vous êtes toujours là.
14:54Comment s'appellent les habitants de Sars Pottery, Cathy ?
14:56Les Sarséens.
14:57On a appris quelque chose.
14:59On a un beau petit village avec, justement,
15:01le Mus Vert qui est très connu parce qu'il souffle le vert.
15:04Il y a beaucoup d'artistes qui viennent du monde entier
15:06proposer leurs œuvres.
15:08On ira le voir à l'occasion.
15:09Merci beaucoup, Cathy.
15:10Bonne journée.
15:12Dans un instant, on va aborder un autre sujet
15:14qu'on a évoqué aussi avec Franck Alizio tout à l'heure.
15:17Ce voile qui déchire autant dans le monde du sport
15:22et qui déchaîne les passions pour ou contre.
15:24On attend vos témoignages.
15:28Jusqu'à 14h
15:30Vincent Parizeau et Céline Landreau vous donnent la parole sur RTL.
15:35Jusqu'à 14h
15:36Les auditeurs ont la parole.
15:38Vincent Parizeau et Céline Landreau sur RTL.
15:41J'ai modifié mon avis.
15:43Je serai davantage sur la réserve maintenant
15:45au niveau du port du voile dans les activités sportives
15:49parce que je m'interroge tout le temps
15:51sur le fait que certaines femmes et jeunes filles
15:54n'ont peut-être pas le choix de le porter
15:56ou de ne pas le porter.
15:57Et donc, je ne voudrais pas qu'elles soient mises à l'écart
16:00sous prétexte que quelqu'un de leur famille
16:02les oblige à le porter.
16:04Et ça, on a toujours un doute.
16:07Ça fait partie de l'équation
16:09autour du voile dans le sport.
16:12Il y a les radicaux, d'une certaine manière...
16:15Elle était très pondérée Françoise en revanche.
16:17Oui, et puis elle dit qu'elle a changé d'avis.
16:19Auparavant, elle était contre le voile dans le sport
16:21et aujourd'hui, elle se dit que peut-être
16:23si on est trop radical, qu'on interdit complètement
16:25le voile dans le sport, on mettra à l'écart
16:28des terrains de sport et des vestiaires
16:30des jeunes femmes qui malheureusement
16:34doivent ou simplement ont la conviction
16:36de porter le voile.
16:38On accueille Caroline.
16:40Bonjour Caroline.
16:41Bonjour.
16:42Bienvenue.
16:43Vous avez été sportive ?
16:45Oui, je faisais des compétitions régionales
16:48de GRS pendant toute ma jeunesse et adolescence.
16:52À l'époque, c'était quoi ?
16:54Il y a une trentaine, une trentaine, une quarantaine d'années ?
16:56Oui, une trentaine, une trentaine d'années
16:59mais ça n'existait pas.
17:00Oui, ce n'était pas un sujet.
17:02Voilà, exactement.
17:04Ça n'existait pas, point final.
17:06Oui, c'est ça qui est incroyable.
17:08C'est-à-dire qu'évidemment, il y avait
17:10des femmes musulmanes en France
17:13mais ce n'était pas un sujet.
17:15Non, et en plus, je suis désolée
17:18mais à l'époque, la grande majorité
17:21des femmes musulmanes n'étaient pas voilées.
17:25Et alors, comment vous réagissez aujourd'hui
17:27quand vous voyez ce débat revenir, revenir,
17:29revenir encore sur le devant de l'actualité ?
17:32Je suis furieuse parce que ça n'a pas lieu d'être.
17:35Ça ne devrait pas exister chez nous, c'est tout.
17:38Moi, je suis fière d'être une femme française et libre.
17:41Et ça, c'est la féministe qui parle, Caroline ?
17:44Un peu, un petit peu.
17:46Mais dans le sport, imaginez faire des agrès
17:50de la barre asymétrique, de la poutre,
17:52des échauffements, du sol.
17:55Mais comment voulez-vous faire ça avec un voile ?
17:59C'est ridicule !
18:01On peut imaginer des tenues,
18:04ça n'a rien à voir avec l'islam,
18:06mais Cathy Freeman, par exemple,
18:08courrait avec quelque chose,
18:10une sorte de combinaison cagoule près du corps
18:12qui n'empêcherait pas les mouvements, par exemple, en gym.
18:15Oui, mais on doit cacher ses cheveux ?
18:18Est-ce qu'une chevelure, ça n'est pas beau ?
18:20On peut, on doit, d'un point de vue pratique,
18:22ça ne paraît pas complètement incompatible.
18:24Vous savez ce qu'on va faire, Caroline ?
18:26On va ouvrir l'antenne et on va accueillir Sian,
18:29et peut-être que vous allez pouvoir dialoguer, je l'espère.
18:33Bonjour Sian !
18:35Bonjour !
18:36Lyonnaise !
18:37C'est cela !
18:38Et musulmane !
18:40Exactement !
18:41Et vous portez le voile !
18:43Exactement !
18:44Et c'est une conviction ?
18:45Parfaitement, pas choix !
18:47Comment vous réagissez ?
18:48Je vous pose la même question qu'à Caroline,
18:50quand vous voyez ce débat.
18:52Je vais vous dire ce que j'ai mis,
18:54enfin le message que j'ai laissé sur le répondeur au 3210.
18:57Je suis fatiguée d'entendre ce débat,
19:00c'est continuel, c'est incessant, et c'est par vagues.
19:04À un moment donné, on se dit, les politiciens n'ont plus rien à dire,
19:07ils en ont marre de débattre sur les mêmes sujets,
19:08et comme ils n'arrivent pas à porter des solutions
19:10aux problèmes qu'ils rencontrent actuellement,
19:13ils se rabattent sur le voile, et hop,
19:15on repointe à nouveau le doigt sur les femmes musulmanes
19:17qui veulent porter le voile.
19:18Je me permets d'intervenir un tout petit peu, Sian,
19:20parce que juste, vous avez entendu,
19:22quand on parlait avec Caroline,
19:24de la situation il y a une trentaine d'années.
19:26Il y avait des femmes musulmanes dans les sports,
19:28il n'y avait pas de sujet autour du voile.
19:30Elle a raison, elle a raison,
19:32et malheureusement, je vais me permettre d'être contre elle,
19:36parce qu'en fait, Caroline, elle parle d'une époque,
19:38il y a 30 ans, elle n'est plus à la page,
19:40elle parle de l'époque où les femmes musulmanes
19:43qui étaient en France, arrivaient en France,
19:45elles cherchaient à s'intégrer,
19:47elles cherchaient à entrer dans le moule français,
19:50et à ressembler à la petite Française classique.
19:52Mais malheureusement, aujourd'hui, ce n'est plus le cas.
19:55Et malheureusement, la situation que décrit Caroline,
19:57ce n'est plus le cas.
19:58Aujourd'hui, vous avez des jeunes filles qui sont musulmanes,
20:01qui ont envie de vivre leur foi pleinement,
20:03qui se disent qu'elles sont nées,
20:05elles ont grandi ici,
20:06elles sont françaises ou elles sont d'origine étrangère,
20:08et elles veulent vivre leur foi pleinement,
20:10tout en étant un acteur de la vie politique ou sociale,
20:13ou avoir juste une vie normale.
20:15Pas grand-chose, juste une vie normale.
20:17Et pouvoir faire du sport, entre autres.
20:19Sans se renier, en fait.
20:20Voilà, exactement.
20:21Vous avez une conviction personnelle.
20:23Ça vous est propre.
20:24Et bon, malheureusement, ça fait que ça se voit,
20:27parce qu'on a ce bout de tissu sur la tête.
20:29Je ne peux pas cacher ma foi, puisque ce bout de tissu la montre.
20:32Mais ce n'est pas pour autant que je vais en parler,
20:35et ce n'est pas pour autant que je vais l'enlever,
20:36parce que j'ai envie de taper dans un ballon,
20:38ou aller marcher sur une poutre.
20:39Vous faites du sport, vous-même ?
20:41J'en faisais, et j'ai arrêté.
20:43Parce que...
20:44Alors, c'est compliqué, nous, on s'était expatriés à l'étranger,
20:47où ça ne posait absolument pas de problème
20:50pour qu'une femme voilée intègre une équipe de foot.
20:53Mais absolument pas.
20:54Vous étiez dans quel pays ?
20:55J'étais aux Etats-Unis.
20:57D'accord.
20:58Et donc, ça ne pose absolument aucun problème.
21:01Il n'y a qu'en France qu'on rencontre ce problème.
21:02C'est le seul pays au monde, d'ailleurs, qui s'oppose au port du voile.
21:05Et c'est à cause de ça que vous avez arrêté le sport ?
21:07Parce qu'on vous regarde bizarrement ?
21:08Parce que maintenant qu'on est en France,
21:09et que je veux continuer le foot dans un club de vétérans féminines,
21:12même si le club est assez complaisant,
21:15et ils me laissent participer aux entraînements avec mon voile,
21:17je ne pourrais pas participer aux matchs.
21:19Donc, où est l'intérêt pour moi de ne pas pouvoir supporter mon équipe ?
21:22On m'a mis à l'écart, littéralement.
21:25Et tout ça pourquoi ?
21:27Et pour vous, retirez le...
21:28Oui, Caroline, allez-y.
21:30Oui, oui.
21:31Alors, bon, moi, je veux quand même préciser,
21:33parce que, bon, je ne suis pas aussi vieille que cette chanteuse.
21:37Non, non, non.
21:39Je suis profondément athée.
21:42Et donc, pour moi, la religion, c'est quelque chose de très intime,
21:45et ça doit se pratiquer à la maison.
21:47On n'est pas forcément obligé de le jeter à la face du monde.
21:51Et c'est ce que je vous dis.
21:52Je suis entièrement d'accord avec vous.
21:53Une religion, c'est une conviction personnelle.
21:55Et malheureusement, la mienne ne peut pas se cacher,
21:58puisque le fait que je porte ce voile
22:00montre automatiquement ma religion.
22:02Et si je l'enlève, je me dirais pas tellement d'accord.
22:04Est-ce que c'est une obligation sian ?
22:06Oui, j'ai des amis musulmans qui ne portent rien.
22:08J'ai des amis musulmans qui ne portent rien.
22:12Et en Iran, des femmes veulent le rutiler ce voile.
22:16Alors là, le débat par rapport aux femmes
22:18qui sont obligées de le porter en Iran,
22:20c'est un débat qui est propre à l'Iran.
22:22C'est triste à dire.
22:23Et je vais vous le dire en tant que musulmane,
22:25c'est anti-musulman.
22:26Parce que c'est un geste qui vient de sa foi personnelle.
22:29Ma foi est telle que j'ai envie de continuer
22:32d'appliquer encore plus de préceptes religieux,
22:34et donc de me couvrir.
22:35Elles, elles n'ont pas ce choix-là.
22:36On le leur impose.
22:37Et c'est absolument pas un geste de foi.
22:39Et c'est pas censé être ça, le voile.
22:40Le voile, c'est une soumission à Dieu,
22:42et pas aux hommes.
22:43C'est un débat passionnant, et puis surtout apaisé.
22:46Et ça, ça fait du bien d'entendre un débat apaisé
22:49entre femmes sur ce sujet.
22:50C'est trop précieux pour qu'on vous coupe tout de suite.
22:54Donc ce que je vous propose, c'est de rester en ligne.
22:56En fait, on vous coupe et on vous garde.
22:58Oui, c'est ça.
22:59Restez avec nous.
23:01Le temps de saluer Jean-Alphonse Richard.
23:03Bonjour Jean-Alphonse.
23:04Bonjour à tous les deux.
23:05L'heure du crime aujourd'hui,
23:06et vous revenez sur l'affaire qui a connu ce rebondissement
23:09impressionnant hier matin.
23:11L'affaire Émile.
23:12Absolument.
23:13Depuis 24 heures, on vit au rythme de cette affaire,
23:15dans les affaires criminelles.
23:17Et on va donc aujourd'hui au cœur de l'actualité,
23:19au cœur d'une famille.
23:20C'est l'affaire Émile.
23:21Évidemment, vous l'avez dit,
23:22avec ce bouleversement qui est en cours.
23:25Les gardes à vue des grands-parents maternels,
23:27du petit garçon, Philippe et Anne Védovigny.
23:30Les gardes à vue aussi d'un tout jeune oncle
23:32et d'une toute jeune tante, d'Émile.
23:34Alors, comment se déroulent ces gardes à vue ?
23:37Qu'est-ce qu'ils racontent ?
23:38Finalement, depuis 24 heures,
23:40ce grand-père et cette grand-mère,
23:42que s'est-il passé au Auvergné le 8 juillet 2023 ?
23:46Et puis la grande question,
23:47est-ce qu'on est face à un crime en famille ?
23:50Ça, c'est la question majeure de cette affaire.
23:5348 heures pour la vérité.
23:55C'est évidemment l'affaire du petit Émile.
23:57Je vous retrouve à 14 heures sur RTL.
24:00Rendez-vous est pris dans 33 minutes,
24:03Jean-Alphonse Richard.
24:04On marque une petite pause.
24:05On va retrouver Caroline et Sian,
24:07nos deux auditrices,
24:08qui évoquent le port du voile dans le sport.
24:11Mais je vois que d'autres auditeurs et auditrices
24:13veulent intervenir.
24:14On a Françoise, on a Abdi Latassa, c'est intéressant.
24:17Il nous écoute à Mayotte
24:19et il veut nous parler de la situation justement
24:21par rapport aux femmes qui portent le voile à Mayotte.
24:24Tout ça, c'est dans un instant.
24:25A tout de suite.
24:26Contactez-nous gratuitement via l'appli RTL
24:29ou au 3210, 50 centimes la minute.
24:32RTL
24:34Vous écoutez RTL midi,
24:35les auditeurs ont la parole.
24:36Les ministres, Bruno Retailleau, Manuel Valls,
24:38sur notre antenne,
24:39ont affiché leur désaccord radical
24:41avec le judo-cathédirénaire
24:43sur le port du voile dans le sport.
24:46Ça vous fait réagir pour, contre, 3210 ?
24:49On vous retrouve dans 60 secondes.
24:55Le voile est un symbole politique.
24:57D'abord, c'est l'interdiction du voile,
24:59évidemment, dans l'administration,
25:00à l'école.
25:01Il y a une loi qui a été votée,
25:02il y a plus de 20 ans,
25:04qu'il faut défendre.
25:05C'est l'interdiction, évidemment,
25:06du voile intégral dans l'espace public.
25:08Et puisque vous m'avez posé une question
25:10sur les compétitions sportives,
25:12oui, là, je pense que la position,
25:14elle est très claire.
25:15Elle a été définie la semaine dernière
25:16par le Premier ministre.
25:17Au cœur de tout cela,
25:18il y a un autre combat
25:19qui est celui de l'égalité, pardon,
25:21et Teddy Rayner ne devrait pas l'oublier,
25:22entre les femmes et les hommes.
25:24Il se trompe, Teddy Rayner ?
25:25Bien sûr qu'il se trompe.
25:27Marianne ne porte pas un voile.
25:29Marianne ne porte pas un voile.
25:31Vous aurez reconnu Manuel Valls,
25:32le ministre des Outre-mer,
25:33qui était l'invité d'RTL ce matin
25:35et qui répondait à Teddy Rayner,
25:37vous l'avez compris aussi,
25:38le judoka,
25:39qui avait estimé dimanche
25:41que la France perdait son temps
25:42sur ces questions du voile,
25:44dans le sport,
25:45qu'il fallait plutôt penser égalité
25:47au lieu de s'acharner
25:48sur une seule et même religion.
25:50Débat qui vous anime donc aujourd'hui
25:52au 3210.
25:54On retrouve Sian.
25:55Sian, vous nous expliquiez,
25:56juste avant la pause,
25:57que vous aviez dû arrêter le sport,
26:00le foot en l'occurrence,
26:01parce que vous ne pouviez pas
26:03disputer les matchs,
26:04puisque les règles aujourd'hui
26:05l'interdisent.
26:06Je me demande,
26:07et pardon si c'est indiscret Sian,
26:08mais est-ce que vous avez des enfants ?
26:10Est-ce que vous parlez de ça avec eux
26:12aujourd'hui, de cette situation en France ?
26:14Mes enfants sont témoins.
26:16Ils sont témoins de ce que je vis,
26:18parce que j'ai dû arrêter de travailler,
26:20parce que je ne pouvais pas travailler
26:21avec mon voile.
26:22Vous ne faisiez pas comme travail ?
26:24J'étais dans un bureau de ressources humaines.
26:26Je faisais ma gestion contractuelle.
26:28D'accord.
26:29J'étais dans les ressources humaines,
26:31dans un établissement public.
26:33D'accord.
26:34La loi est passée.
26:35Obligation de neutralité.
26:37Voilà, exactement.
26:38A aucun moment,
26:39il ne vous a traversé l'idée
26:41que vous pourriez ôter votre voile au bureau ?
26:44Je l'ai fait pendant un temps
26:45pour m'adapter,
26:46et en fait,
26:47j'ai trouvé que j'étais
26:48contre les convictions personnelles.
26:50C'est qu'à un moment,
26:51si on a une foi,
26:52c'est qu'on a une conviction,
26:53encore une fois, propre, personnelle,
26:55et que si j'en suis convaincue,
26:58je suis censée la continuer.
27:00Et à un moment donné,
27:01je me suis dit que c'était ridicule.
27:03C'est soit on se couvre,
27:04soit on se découvre.
27:05Mais ce n'est pas,
27:06je me couvre un pounder par jour,
27:07et je me découvre un pounder par jour.
27:09Et donc, voilà.
27:10Du coup, j'ai arrêté.
27:11Je ne peux plus jouer au foot
27:12parce que, justement,
27:13j'étais volée.
27:14Mais vous vous rendez compte
27:15que ça vous exclut d'une bonne partie
27:16de la société ?
27:17Le sport ?
27:18Est-ce que les gens se rendent compte
27:19que ça, c'est eux qui nous mettent,
27:21en votant cette loi,
27:22ils nous mettent à l'écart,
27:24en fait,
27:25ils nous isolent un peu plus
27:26de la société ?
27:27Ce n'est pas par choix.
27:29J'ai subi les conséquences
27:30de cette loi.
27:31Je n'ai rien demandé.
27:32Mon travail ne change pas
27:33parce que j'ai un bout de tissu
27:34sur la tête.
27:35Je n'ai pas changé
27:36parce que j'ai un bout de tissu
27:37sur la tête.
27:38Et je ne tape pas moins bien
27:39ou mieux au ballon
27:40parce que j'ai un bout de tissu
27:41sur la tête.
27:42Vous l'avez toujours porté,
27:43le voile cyan,
27:44où c'est arrivé ?
27:45Ah oui.
27:46Ah non, non, non.
27:47Je l'ai choisi,
27:48et je vais même vous dire.
27:49Je l'ai choisi
27:50contre la conviction de mes parents.
27:51Et donc là,
27:52c'est bien ce que disait
27:53tout à l'heure Caroline.
27:54Parce que vous voulez être
27:55de bons Français
27:56qui s'insèrent
27:57le plus possible ?
27:58Pas forcément.
27:59Non, non, non.
28:00Ce n'est même pas ça.
28:01C'est qu'à l'époque,
28:02j'étais intéressée
28:03par la politique.
28:04J'assistais,
28:05voilà,
28:06à des débats politiques.
28:07J'avais même rejoint
28:08un parti politique
28:09pour ne pas citer.
28:10C'est-à-dire quel parti,
28:11justement,
28:12puisque vous…
28:13Alors,
28:14à l'époque,
28:15je me cherche encore.
28:16J'étais jeune,
28:17j'étais dans la vingtaine.
28:18J'avais rejoint
28:19un parti socialiste,
28:20mais je soutenais également
28:21l'idée de l'UDF.
28:22Alors, pour vous dire…
28:23Mais c'était des personnes
28:24qui prenaient la laïcité.
28:25À l'époque,
28:26il n'y avait pas ce débat-là.
28:27Non, c'est vrai.
28:28Parce que j'ai 45 ans.
28:29Donc là, on est 25 ans en arrière.
28:30Il n'y avait pas
28:31tous ces débats-là
28:32il y a 25 ans.
28:33On pouvait encore
28:34parler de beaucoup de choses
28:35sans forcément
28:36être mise à l'écart.
28:37Sian,
28:38restez bien sûr avec nous.
28:39Je voudrais qu'on prenne Françoise,
28:40qu'on a déjà entendue
28:41tout à l'heure
28:42dans Le Répondeur,
28:43mais qu'on accueille
28:44évidemment en direct
28:45avec plaisir.
28:46Je vous fais intervenir.
28:52Moi, je suis féministe.
28:53J'ai 70 ans.
28:54Les Français ont juste
28:55la mémoire courte.
28:56Ma grand-mère
28:57avait tout le temps
28:58la tête couverte.
28:59Nous rentrions à l'église
29:00avec un fichu.
29:01Ma grand-mère
29:02avait un foulard
29:03sur la tête
29:04ou un fichu.
29:05Il était hors de question
29:06pour une femme
29:07de sortir tête nue.
29:08Alors maintenant,
29:09on rentre dans un débat
29:10et les politiques
29:11nous mettent dans l'embarras
29:12au quotidien.
29:13Monsieur Valls,
29:14il me fait bien
29:15doucement rire aujourd'hui.
29:16On voit que 2027
29:17se profile à l'horizon.
29:18Moi, ce qui me dérange,
29:19je ne veux pas
29:20qu'on stigmatise
29:21une femme
29:22quelle que soit sa religion
29:23et qu'on l'empêche
29:24de faire du sport.
29:25Voilà.
29:26C'est tout.
29:27Teddy Riner a entièrement raison.
29:28On les met encore à l'index
29:29et c'est encore
29:30les femmes
29:31qui sont mises à l'écart.
29:32Moi, en tant que féministe,
29:33je trouve ça insupportable
29:34et indéfendable.
29:35Voilà.
29:36C'est tout.
29:37On comprend.
29:38On comprend
29:39et tous les points de vue
29:41d'ailleurs
29:42s'expriment
29:43sur l'antenne d'RTL.
29:44Vous voulez dire ?
29:45Peut-être accueillir un homme
29:46parce qu'on a entendu
29:47beaucoup de femmes
29:48sur ce sujet.
29:49Bonjour Abdilla.
29:50Bonjour.
29:51Vous êtes à Mayotte.
29:52Oui.
29:53Je suis à Mayotte.
29:54C'est formidable
29:55d'avoir
29:56des auditeurs
29:57d'RTL à Mayotte.
29:58Avant d'aborder
29:59cette question,
30:00quand même,
30:01prenons des nouvelles
30:02de votre île.
30:03Vous en êtes où vous
30:04dans la reconstruction ?
30:05Qu'est-ce que vous voyez
30:06autour de vous ?
30:07Écoutez,
30:08là, je suis
30:09au bord de la mer
30:10et il y a le soleil
30:11qui est bleu.
30:12Et voilà,
30:13il n'y a rien
30:14qui me dérange.
30:15C'est tout.
30:16C'est tout.
30:17C'est tout.
30:18Rien n'est fait.
30:19Franchement,
30:20rien n'est fait.
30:21Quand je vous dis ça,
30:22on a encore
30:23des bateaux
30:24qui sont
30:25amarrés
30:26un peu plus loin
30:27parce qu'ils sont tous
30:28en panne.
30:29Mais...
30:30La reconstruction
30:31n'avance pas.
30:32C'est ce que vous nous dites,
30:33Abdilla.
30:34Voilà.
30:35On a donné
30:36beaucoup de...
30:37On a mis
30:38des avancées
30:39en avant
30:40mais il n'y a rien
30:41qui a bougé en fait.
30:42C'est important
30:43de l'avoir
30:44à l'esprit
30:45même si ce n'est pas
30:46l'objet
30:47de votre appel.
30:48Oui, oui, oui.
30:49Mais bon, finalement,
30:50on rigole.
30:51Les Mahorais sont toujours là.
30:52Ils sont toujours souriants
30:53et ils sont
30:54bienveillants
30:55et la résilience,
30:56comme on dit.
30:57Oui, bien sûr.
30:58Alors justement,
30:59quelle est la situation
31:00à Mayotte
31:01avec
31:02la situation
31:03des femmes ?
31:04Beaucoup de femmes
31:05portent le voile
31:06à Mayotte,
31:07non ?
31:08Ici, pratiquement
31:09toutes les femmes
31:10portent le voile.
31:11Ça ne dérange
31:12personne.
31:13Moi,
31:14je m'occupe
31:15d'une équipe
31:16de foot
31:17où il y a des femmes,
31:18où il y a des jeunes filles
31:19et
31:20le samedi,
31:21quand on va au sport,
31:22tout le monde,
31:23chacun vient
31:24comme il peut.
31:25Je trouve
31:26que
31:27on s'attend
31:28trop
31:29sur une question
31:30en France
31:31et partout
31:32ailleurs.
31:33Je dis plutôt
31:34en France,
31:35on s'attend
31:36surtout
31:37à un problème
31:38qui ne devrait pas
31:39avoir lieu en fait.
31:40Le gouvernement
31:41devrait quand même
31:42se pencher
31:43sur l'économie,
31:44sur des choses
31:46plus basiques
31:47que le voile.
31:50Ce n'est pas un sujet
31:51à Mayotte.
31:52Vous êtes marié,
31:53Abdilla ?
31:54Je suis marié
31:55et ma femme
31:56ne porte pas le voile.
31:57Et ce n'est pas un sujet ?
31:58Vous savez,
31:59pour moi,
32:00ce n'est pas un sujet.
32:01Vous savez,
32:02c'était un fait de mode.
32:03Parfois,
32:04c'est moi.
32:05Là,
32:06je vis avec ma
32:07deuxième femme
32:08et
32:09j'ai des enfants
32:10métis
32:11avec une bretonne.
32:12Parfois,
32:13les jeux
32:15je crois
32:16que les enfants,
32:17au niveau
32:18de leur entourage
32:19dans leur lycée,
32:20c'était à la mode.
32:21Même ma fille
32:22qui est à Paris,
32:23elle n'était
32:24pas mal.
32:25Elle se voile
32:26sans comprendre
32:27pourquoi.
32:28Mais
32:29après,
32:30ils l'enlèvent
32:31et la vie continue.
32:32Mais ici,
32:33c'est pareil.
32:34Ma fille qui est ici,
32:35elle faisait ça
32:36et maman,
32:37là maintenant,
32:38elle est aussi en France,
32:39elle arrêtait de se voiler.
32:40Mais vraiment,
32:41ce n'est pas un sujet
32:42qu'il faut s'attarder
32:43sur.
32:44Je trouve que
32:45c'est quand même
32:46les femmes
32:47qui sont mises
32:48encore à l'épreuve.
32:49Mais à chaque fois,
32:50c'est toujours la même chose.
32:51Il y a des sujets
32:52plus poignants.
32:53Il y a des sujets
32:54plus importants
32:55à mettre
32:56en lieu.
32:57Vous avez raison.
32:58Il y a des sujets
32:59plus importants.
33:00On va prendre
33:01dans un instant
33:02en ligne
33:03Swazique
33:04qui nous appelle
33:05de Bretagne
33:06je pense
33:07et qui a
33:08un avis
33:09diamétralement
33:10opposé
33:11à vous.
33:13Et puis,
33:14d'autres auditeurs
33:15et auditrices.
33:16Pour encore quelques minutes,
33:17ce sujet,
33:18le voile,
33:19dans le sport
33:20et dans la société
33:21en général.
33:22A tout de suite.
33:33Moi,
33:34j'ai une question.
33:35En Iran,
33:36en Afghanistan,
33:37des femmes musulmanes
33:38se battent
33:39pour montrer
33:40leur visage
33:42et en France,
33:43les musulmanes
33:44se battent
33:45pour porter le voile.
33:46Et ça,
33:47c'est quelque chose
33:48qui m'interpelle.
33:49Bonne question
33:50et qui revient
33:51d'ailleurs souvent.
33:52Merci de l'avoir posée
33:53sur le répondeur d'RTL.
33:54A laquelle Sian a répondu
33:55tout à l'heure.
33:56Je me fais juste
33:57le porte-parole de Sian
33:58qui était avec nous
33:59tout à l'heure
34:00et qui disait
34:01oui, mais là,
34:02vous parlez d'un pays
34:03d'Iran
34:04où le voile est obligatoire
34:05comme l'Arabie Saoudite
34:06d'ailleurs.
34:07Et là,
34:08effectivement,
34:09la question se pose.
34:10Est-ce que c'est la foi
34:11des femmes
34:12et leur liberté
34:13à le mettre
34:14ou ne pas le mettre
34:15à chaque fois ?
34:16En tout cas,
34:17c'était sa réponse.
34:18On a Swazig
34:19qui a fait le 3210.
34:20Bonjour Swazig.
34:21Bonjour.
34:22Bonjour à tous
34:23et à toutes.
34:24Je disais la Bretagne.
34:25C'est peut-être
34:26votre prénom
34:27qui m'a induit en erreur.
34:28Ce n'est pas tout à fait
34:29la Bretagne.
34:30Oui, mais enfin bon.
34:31Pays de la Loire,
34:32c'est ça ?
34:33Oui, tout à fait.
34:34Eh bien oui,
34:35moi, je m'interpelle
34:36et je ne suis pas du tout
34:37pour Monsieur Valls
34:38non plus.
34:39Il y a quelque chose
34:40qui m'interpelle,
34:41c'est que depuis 1905,
34:42on est un pays laïc.
34:43Oui.
34:44Et bien qu'on soit chrétien
34:45depuis la nuit des temps,
34:46la laïcité est arrivée
34:47avec la tolérance
34:48et pour le coup,
34:49les personnes
34:50qui viennent en France,
34:51ils savent
34:52qu'ils arrivent
34:53dans un pays laïc.
34:54Moi, j'ai vécu
34:55aux Etats-Unis.
34:56J'ai voyagé
34:57dans beaucoup de pays.
34:58Quand je suis arrivée
34:59dans certains pays,
35:00je me suis conformée
35:01aux pays
35:02qui m'accueillaient.
35:03Je ne me dis pas
35:04voilà,
35:05je vais chercher
35:06un pays laïc.
35:08Voilà,
35:09je vais choisir moi.
35:10Pour moi,
35:11la laïcité,
35:12c'est un principe
35:13de neutralité.
35:14Le principe de neutralité,
35:15ça s'applique
35:16dans la laïcité.
35:17On l'a appliqué
35:18d'ailleurs pendant
35:19les JO
35:20et pour moi,
35:21la religion,
35:22ce sont des rites
35:23quelles que soient
35:24les religions.
35:25Dans ma religion chrétienne
35:26parce que je suis chrétienne,
35:27j'ai des rites.
35:28La religion musulmane
35:29en a.
35:30La religion bouddhiste
35:31en a.
35:32Les Taïwanais
35:33en ont d'autres.
35:34Chacun a ses rites
35:35et pour moi,
35:36la religion
35:37sont la sphère privée.
35:38Vous avez entendu
35:39tout à l'heure
35:40Sian
35:41qui nous disait
35:42oui,
35:43le seul souci
35:44c'est que moi,
35:45dans ma religion,
35:46ça se voit.
35:47Ça se voit plus qu'un cru
35:48qu'une petite croix
35:49qu'on porterait en pendentif.
35:50Oui,
35:51mais après,
35:52le voile,
35:53il n'est pas obligatoire
35:54tous les jours.
35:55Il n'est pas obligatoire
35:56sur soi en permanence.
35:57Moi,
35:58j'ai des amies
35:59marocaines et algériennes
36:00qui sont actuellement
36:01en train de faire le Ramadan
36:02qui lorsqu'ils font
36:03leurs prières,
36:04lorsqu'ils sont
36:05en train de mettre
36:06leur voile,
36:07mais elles ne le mettent
36:08jamais dans la journée.
36:09C'est aussi,
36:10oui,
36:11quand elles portent le voile,
36:12c'est aussi un respect à Dieu
36:13que moi,
36:14je vais croire
36:15par rapport à mes croyances.
36:16Mais je vais vous donner
36:17un exemple.
36:18J'ai fait une reconversion
36:19professionnelle il y a quatre ans.
36:20Je suis devenue formatrice.
36:21Pendant un an,
36:22j'ai fait cette formation.
36:23J'ai passé le diplôme.
36:24Une des choses
36:25qu'on nous a
36:26bien dit
36:27avant d'aller enseigner
36:28dans les établissements,
36:29quand vous êtes
36:30dans des enseignements
36:31dans des sites publics,
36:32c'est qu'il y a
36:33des signes distinctifs.
36:34Donc moi-même,
36:35je les respecte.
36:36Quand je suis
36:37en train d'enseigner
36:38dans différents endroits,
36:39je ne vais pas mettre
36:40une croix bien visible
36:41et je ne vais pas
36:42influencer,
36:43et bien que je sois
36:44dans un pays chrétien.
36:45Donc moi,
36:46j'estime qu'on a pris
36:47un principe de laïcité.
36:48On est dans une démocratie.
36:49Et voyez,
36:50je viens de lire
36:51Le Voyage interdit
36:52de Anne-Isabelle Tollet.
36:53Oui,
36:54d'accord,
36:55je comprends Sian.
36:56Elle dit,
36:57on est en Iran.
36:58Ils sont obligés,
36:59elles n'ont pas le choix.
37:00Mais toutes ces femmes
37:01qui tous les jours
37:02se battent pour le droit
37:03de la femme,
37:04le droit à l'enseignement,
37:05le droit à la culture,
37:06elles seraient fières
37:07de pouvoir être libres.
37:08D'ailleurs,
37:09comme aujourd'hui,
37:10Goldfish Farhani,
37:11nous l'exprime.
37:12Elle l'exprime aussi.
37:13Peut-être que certaines
37:14ici le font en opposition.
37:15Peut-être,
37:16je veux bien.
37:17Mais avant tout,
37:18quand les gens
37:19arrivent en France aujourd'hui,
37:20depuis 1905,
37:21on est un pays laïque.
37:22Et on n'a pas...
37:23Voilà,
37:24grâce à la laïcité,
37:25on a eu beaucoup de droits,
37:26même par rapport à la femme.
37:27On a eu,
37:28bien sûr,
37:29des droits de l'homme,
37:30même par rapport à la femme.
37:31On a eu,
37:32bien qu'on n'ait pas eu le droit
37:33de voter suffisamment,
37:34pour mon avis.
37:35Mais on a quand même...
37:36On est un pays démocratique.
37:37On a aussi quelques devoirs
37:39et notamment celui-là.
37:40Je suis obligé de vous couper
37:41parce qu'on va donner
37:42le mot de la fin à un homme.
37:44Excusez-moi,
37:45c'est comme ça.
37:46Bonjour Ahmed.
37:47Bonjour.
37:48Bienvenue,
37:49routier de profession,
37:50je vois,
37:51Ahmed.
37:52Musulman.
37:53Oui.
37:54Né en France.
37:55Exactement.
37:56Marié.
37:57Exactement.
37:58Avec une femme
37:59qui porte le voile ou pas ?
38:00Oui, c'est ça.
38:01Une femme qui porte le voile,
38:02oui.
38:03Et alors,
38:04votre regard sur ce débat ?
38:05Alors,
38:06moi,
38:07en fait,
38:08j'ai appelé à la base,
38:09c'était pour
38:10parler de notre histoire.
38:11Ma femme,
38:12quand je me suis marié avec elle,
38:13elle a porté déjà le voile.
38:14Donc,
38:15moi,
38:16je ne lui ai pas imposé.
38:17Elle fait ce qu'elle veut.
38:18Là-dessus,
38:19il n'y a pas de souci.
38:20On ne discute même pas.
38:21Elle le porte,
38:22elle le porte,
38:23elle ne le porte pas.
38:24Ça aurait été pareil.
38:25C'est elle avec elle
38:26que je voulais me marier.
38:27Et en fait,
38:28c'était parce que
38:29là,
38:30elle fait les sorties scolaires
38:31à la piscine.
38:32Oui.
38:33En fait,
38:34ma femme,
38:35si elle n'aurait pas pu venir
38:36une seule fois,
38:37les enfants,
38:38ils n'auraient pas pu y aller
38:39parce qu'il n'y avait personne
38:40pour accompagner.
38:41Il y a 25 enfants,
38:42il n'y a personne,
38:43il n'y a pas un parent
38:44qui peut y aller.
38:45La seule qui pouvait y aller,
38:46c'était ma femme.
38:47Et si elle n'y allait pas,
38:48et bien,
38:49d'ailleurs,
38:50le directeur
38:51et les profs
38:52de mes enfants
38:53l'ont dit,
38:54l'ont dit,
38:55si vous ne venez pas,
38:56en fait,
38:57les enfants ne peuvent pas
38:58aller à la piscine.
38:59Et il n'y a pas eu de soucis
39:00avec le rectorat
39:02ou avec le directeur
39:03de l'établissement ?
39:05Du tout, du tout.
39:06Au contraire,
39:07content,
39:08même les enfants,
39:09ils étaient contents.
39:10Voilà,
39:11du coup,
39:12franchement,
39:13c'était vraiment super,
39:14ça s'est bien passé.
39:15On va changer d'école, là,
39:16parce qu'on déménage.
39:18Et bien,
39:19ils sont,
39:20franchement,
39:21ils sont dégoûtés, en fait.
39:22Ils sont dégoûtés.
39:23On perd pas que des enfants,
39:24on perd aussi des parents,
39:25en fait.
39:26Oui,
39:27si il n'y a plus possibilité
39:28d'emmener les enfants
39:29à la piscine,
39:30ça pose problème.
39:31Exactement.
39:32Toutes les sorties,
39:33vous êtes présents,
39:34toutes les manifestations,
39:35vous êtes là.
39:36Didier,
39:37on perd pas que des enfants,
39:38on perd aussi des parents.
39:39Et bien,
39:40c'est dit.
39:41Voilà,
39:42j'espère qu'on a apporté
39:43notre petite pierre au débat
39:44qui reste ouverte,
39:45évidemment,
39:46et qu'on pourra poursuivre
39:47à tout moment
39:48sur l'antenne d'RTL.
39:49Merci à vous tous
39:50d'y avoir participé.
39:51Ce n'est pas fini.
39:52Parce qu'il y a
39:53Télévioc, pareil,
39:54qui existe.
39:55On ne va pas faire Radio Vioc,
39:56mais on va parler
39:57de la place des...
39:58Des seniors.
39:59Des seniors.
40:00Appelons-les comme ça
40:01dans la société.
40:02A tout de suite.
40:18Ici, en Bretagne,
40:19la retraite,
40:20c'est formidable
40:21quand on est en bonne santé.
40:22On profite des loisirs
40:24qu'on n'a pas pu avoir
40:25toute notre vie
40:26quand on a travaillé.
40:27C'est juste pour vous dire
40:28qu'on est des personnes âgées
40:30dynamiques.
40:31On n'est pas encore
40:32à l'EPHAD.
40:33Evidemment,
40:34et pas qu'en Bretagne.
40:35Cher auditrice,
40:36même si vous n'avez pas
40:37laissé votre prénom,
40:38vous avez bien raison.
40:39On parle des seniors.
40:40Pourquoi ?
40:41Parce qu'on vous a parlé
40:42aujourd'hui,
40:43depuis ce matin,
40:44de Télévioc.
40:45C'est une chaîne
40:46sur Youtube,
40:47la télé qui réveille
40:48les vieux,
40:49faite par des seniors,
40:50pour des seniors.
40:51Pourquoi ?
40:52Parce qu'ils se sentent
40:53invisibilisés
40:54dans les médias,
40:55la télé,
40:56au cinéma,
40:57dans les pubs
40:58et plus largement
40:59dans la société.
41:00Il n'y en a que
41:01pour les jeunos.
41:02Après 60 ans,
41:0365 ans,
41:04on n'existe plus.
41:05Bonjour Elisabeth.
41:06Bonjour.
41:07Bienvenue.
41:08Oui.
41:09Alors,
41:10est-ce qu'on peut
41:11donner votre âge,
41:12d'ailleurs ?
41:13On va se permettre.
41:1475.
41:15Bon.
41:16Formidable.
41:17En pleine forme ?
41:18Non.
41:19Mais ça,
41:20c'est pas grave.
41:21On ne va pas parler
41:22de ça.
41:23Oui.
41:24Pour une fois
41:25que je ne parle pas
41:26médicament avec vous.
41:27Bon,
41:28voilà,
41:29ça va nous changer.
41:30Ça va nous changer.
41:31Est-ce que vous vous sentez
41:32invisibilisé aujourd'hui
41:33dans la société ?
41:34Mais non,
41:35pas du tout.
41:36Pas du tout.
41:37J'écoutais…
41:38La seule chose
41:39où je suis
41:40hors limite,
41:41c'est que
41:42ce serait la musique.
41:43Oui.
41:44Vous n'y comprenez plus rien
41:45à la musique d'aujourd'hui,
41:46c'est ça ?
41:47Ah non.
41:48Je vois,
41:49vous savez,
41:50il y a des petites pubs
41:51sur des chaînes
41:52avant les victoires
41:53de je ne sais pas quoi
41:54et j'entends,
41:55mais je me dis,
41:56là,
41:57je suis out
41:58en Afrique,
41:59là.
42:00Ah non,
42:01ce n'est plus possible.
42:02Qu'est-ce que vous
42:03voudriez écouter
42:04si vous aviez
42:05une chaîne
42:06qui vous intéresse ?
42:07Je voudrais
42:08écouter Supertramp.
42:09Oui.
42:10Je voudrais…
42:11Ecoutez RTL,
42:12je suis sûr
42:13que vous allez écouter
42:14Éric Janjan
42:15et il va vous passer
42:16les Supertramp.
42:17Mais bien sûr.
42:18D'ailleurs,
42:19prenez
42:20les programmes
42:21d'Éric Janjan.
42:22Oui.
42:23Ils sont faits
42:24pour la jeunesse.
42:25Eh ben voilà.
42:26Mais à la limite,
42:27si on mettait ça
42:28sur un truc,
42:29ça voudrait dire
42:30quand même
42:31pas mal de vieux.
42:32Mais il y en a
42:33pour tout le monde.
42:34C'est le principe d'RTL.
42:35Il y en a
42:36pour tout le monde.
42:37En tout cas,
42:38vous n'avez pas le sentiment
42:39d'être mis à l'écart
42:40dans la société.
42:41Ça, c'est important.
42:42On fait circuler
42:43la parole.
42:44Bonjour Lucie.
42:45Bonjour.
42:46Oui, bonjour.
42:47Bienvenue.
42:48Je dis votre âge.
42:4964 ans.
42:50Toute jeune.
42:51Oui, il paraît encore.
42:52Oui, ça c'est sûr.
42:53Et pourtant,
42:54vous avez l'impression
42:55d'être invisibilisée aujourd'hui.
42:56En fait,
42:57moi j'ai l'impression
42:58que les seniors
42:59sont relayés
43:00qu'à des produits.
43:01Par exemple,
43:02pour l'incontinence,
43:03les produits dentaires,
43:04les assurances d'essai,
43:05etc.
43:06Les remontes escaliers
43:07au milieu.
43:08Oui, voilà.
43:09Les pompes funèbres,
43:10les assurances obsèques.
43:11Voilà, c'est ça.
43:12Je suis assez d'accord.
43:13Et moi, ça, ça me gêne.
43:14Ça me gêne,
43:15parce que
43:16ça me gêne
43:17d'être
43:18dans
43:19le public.
43:20Ça me gêne.
43:21Ça me gêne un petit peu.
43:22Est-ce que, par exemple,
43:23dans les émissions de télévision,
43:24est-ce que vous avez le sentiment
43:25que, passés 50 ans,
43:2655 ans,
43:27il n'y a plus de place pour personne
43:28quand vous regardez
43:29les participants ?
43:30Oui.
43:31Effectivement.
43:32Bon, à part
43:33si on s'appelle
43:34Yves Renaud
43:35ou Pierre Arditi,
43:36par exemple.
43:37Non, mais là,
43:38vous parlez des invités,
43:39mais moi je vous parlais,
43:40par exemple,
43:41du public.
43:42Oui, le public,
43:43non.
43:44Je ne vois pas tellement
43:45de personnes âgées
43:46qui auraient le droit
43:47d'être là.
43:48Alors, âgées,
43:49moi, ça me gêne
43:50un petit peu de dire âgées
43:51parce que ça dépend
43:52à quel âge on est.
43:53Oui, c'est quoi âgés
43:54aujourd'hui ?
43:55Voilà, exactement.
43:56On peut être âgés
43:57à 50 ans
43:58et jeunes
43:59à 75 ans,
44:00par exemple.
44:01Mais c'est vrai
44:02qu'il y en a,
44:03comme disait la dame
44:04avant moi,
44:05il n'y en a que
44:06pour la jeunesse.
44:07Alors, bon,
44:08moi, je ne me considère
44:09pas comme senior
44:10de toute façon
44:11dans ma tête
44:12et dans mon corps.
44:13Oui.
44:14Mais je trouve
44:15qu'effectivement,
44:16il n'y en a que
44:17pour les jeunes.
44:18C'est dit
44:19et c'est la raison
44:20pour laquelle,
44:21effectivement,
44:22certains ont décidé
44:23de se servir
44:24eux-mêmes
44:25et de faire
44:26une télé
44:27pour eux,
44:28par eux.
44:29Ça s'appelle
44:30Téléviog,
44:31si vous voulez aller
44:32voir ça.
44:33Je n'ai pas eu l'occasion
44:34d'aller voir.
44:35Je vais aller voir.
44:36Voilà, on va aller
44:37voir ça
44:38et on pourra
44:39en reparler.
44:40Alain nous a appelé
44:41aussi.
44:42Oui, oui, bonjour,
44:43j'écoute, j'écoute.
44:4472 ans, Alain !
44:4672 ans,
44:47je fais partie
44:48des jeunes.
44:49Bah, évidemment,
44:50évidemment.
44:51Parce que les jeunes
44:52ont beaucoup de choses
44:53à apprendre.
44:54C'est sûr.
44:55Qu'est-ce que vous en pensez,
44:56vous,
44:57de la place
44:58aujourd'hui,
44:59on va dire,
45:00des seniors,
45:01pour être plus
45:02rapide,
45:03dans la société,
45:04à la télé,
45:05dans les pubs,
45:06au cinéma ?
45:07Oui,
45:08les pubs,
45:09ça va un peu trop.
45:10Oui, il y a beaucoup
45:11de maternelles,
45:12les chouchoutes
45:13à la télévision,
45:14de monter
45:15l'escalier
45:16qui monte.
45:17Oui.
45:18Autrefois,
45:19il n'y avait pas
45:20tant de chouchoutes,
45:21ils n'étaient pas
45:22autant choyés.
45:23Vous voulez dire
45:24que...
45:25Vous représentez
45:26un gros marché,
45:27aussi, les seniors.
45:28Oui, mais c'est toujours
45:29pareil, quoi.
45:30J'ai l'impression
45:31que c'est l'argent
45:32qui rentre en compte.
45:33Vous vous retrouvez,
45:34vous,
45:35aujourd'hui,
45:36quand vous regardez
45:37la télévision,
45:38est-ce que vous avez
45:39le sentiment
45:40qu'on vous parle
45:41à vous,
45:42Alain,
45:4372 ans,
45:44ou qu'il y en a
45:45trop pour les jeunes ?
45:46Quelque part,
45:47bon...
45:48Oui,
45:49on me parle
45:50aux vieux.
45:51Bon.
45:52Maintenant,
45:53je vais vous dire,
45:54vous allez être surpris.
45:55Vous pourriez être surpris
45:56par les vieux,
45:57par certains vieux,
45:58parce qu'ils sont
45:59en pleine forme.
46:00Certains,
46:01j'ai dit,
46:02certains.
46:03Certains ne font
46:04pas leur âge.
46:05Eh bien,
46:06ça a l'air
46:07d'être votre cas,
46:08Alain.
46:09Vous avez la pêche...
46:10Je n'ai pas trop
46:11de santé, mais bon.
46:12Bon,
46:13écoutez.
46:14Prenez-en soin,
46:15quand même.
46:16Je suis obligé
46:17de vous couper,
46:18parce que malheureusement,
46:19on arrive à la fin
46:20de l'émission.
46:21Vous nous rappelez
46:22quand vous voulez,
46:23parce que visiblement,
46:24vous avez la pêche,
46:25en tout cas.
46:26Merci Alain,
46:27on aura l'occasion
46:28de revenir.

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