• hier
Retrouvez L 'Affaire dans l'affaire, tous les samedis de 12h et 13h sur les ondes de Sud Radio, en partenariat avec la revue Affaires Criminelles de McSkysz.

Avec Jacques Dallest, procureur général honoraire, consultant judiciaire, Me François-Xavier KOZAN, avocat à Toulon et Ronan Folgoas, grand reporter au service Police-Justice du journal Le Parisien.

---
Abonnez-vous pour plus de contenus : http://ow.ly/7FZy50G1rry

———————————————————————

Retrouvez nos podcasts et articles : https://www.sudradio.fr/

———————————————————————

Nous suivre sur les réseaux sociaux

▪️ Facebook : / www.facebook.com/SudRadioOfficiel
▪️ Instagram : / www.instagram.com/sudradioofficiel/
▪️ Twitter : / https://twitter.com/SudRadio
▪️ TikTok : https://www.tiktok.com/@sudradio?lang=fr
———————————————————————

##L_AFFAIRE_DANS_L_AFFAIRE-2025-04-05##

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Sud Radio, l'affaire dans l'affaire, Stéphane Simon.
00:04Bonjour, bienvenue pour votre rendez-vous du fait divers, du fait de société, une émission que nous réalisons en partenariat avec la revue Affaires Criminelles.
00:13Avec moi aujourd'hui, Jade Serrano, journaliste d'investigation. Bonjour Jade.
00:17Bonjour Stéphane.
00:18Victor Lefebvre, rédacteur en chef d'Affaires Criminelles.
00:20Bonjour Stéphane Simon.
00:21Et auteur d'un livre remarqué sur Wikipédia.
00:23Jean-Marie Bordry également est avec nous, la charmante voix du matin sur Sud Radio. Bonjour.
00:29Notamment le week-end. Bonjour Stéphane.
00:31Alors, aujourd'hui, nous allons parler de l'affaire du petit Émile disparu le 8 juillet 2023.
00:38L'enquête a rebondi la semaine dernière. Quatre membres de la famille, dont ses grands-parents maternels, ont fait de la garde à vue.
00:46Ils sont ressortis libres finalement. Alors, fausse piste ou au contraire piège qui se referme progressivement.
00:52Nous allons y revenir et nous demander aussi si les médias n'ont pas tout faux.
00:58Nous allons aussi vous expliquer pourquoi on peut estimer que le criminel ou son complice a fait une erreur terrible
01:03en allant redéposer les os du petit Émile en forêt.
01:07Et nous vous révélerons quelques-unes des pistes qu'exploitent actuellement les enquêteurs.
01:11Nos invités sont tout d'abord l'ex-procureur Jacques Daleste, qui publie également un livre paru aux éditions Mareuilles,
01:19Les chemins du crime. On est ravis de le retrouver.
01:21Il raconte dans ce livre pas moins d'une quarantaine d'affaires qui ont jalonné sa vie de procureur et de magistrat.
01:28Et puis il nous explique les tenants, les aboutissants d'une enquête criminelle.
01:35Alors bonjour Jacques Daleste.
01:36Bonjour.
01:37Et puis nous allons retrouver dans quelques instants François-Xavier Causand, avocat parti civil dans le dossier du petit Émile pour innocence en danger.
01:47Jacques Daleste, je rappelle que vous êtes un magistrat qui a exercé à tous les échelons, c'est très important de le dire,
01:53et ça permettra de comprendre que vous n'exprimez pas des points de vue fantaisistes.
01:57Tout à l'heure, on va parler de la mort étrange aussi du curé Claude Guillot, le prêtre du petit village d'Émile,
02:04qui a baptisé Émile et des liens qui existent avec le grand-père d'Émile.
02:09Mais tout de suite, revenons en arrière sur les circonstances de la disparition du petit Émile.
02:15Victor Lefèvre qui rappelle les faits.
02:20Il est 17h15, ce samedi 8 juillet 2023, lorsque l'impensable se produit.
02:25Dans le paisible Hameau du Auvergné, niché à 1200 mètres d'altitude dans les Alpes de Haute-Provence,
02:32Émile, soleil, un blondiné aux yeux clairs de deux ans et demi, joue tranquillement dans le jardin de la maison de ses grands-parents.
02:39Le cadre est idyllique, une propriété entourée de verdure à l'écart de l'agitation urbaine.
02:44Des vacances familiales paisibles pour le petit garçon qui vient d'être confié à ses grands-parents par sa mère Marie.
02:51Philippe Desdovigny, le grand-père d'Émile, s'affaire à charger des piquets et du fil électrique
02:56pour clôturer un prêt destiné à ses chevaux dans le coffre de sa voiture.
03:00Au même moment, Émile s'engage dans la rue trépentue qui passe devant la maison.
03:05Il porte un t-shirt jaune et un short blanc.
03:08Selon les déclarations des deux témoins, le garçonné est vu pour la dernière fois vers 17h15,
03:13marchant seul dans l'impasse du Auvergné, à une vingtaine de mètres seulement de la maison familiale.
03:20Quand la famille réalise que l'enfant a disparu, c'est la stupeur.
03:23Les recherches commencent immédiatement dans le hameau qui compte à peine une trentaine d'habitants à l'année.
03:28Les voisins sont alertés, les abords de la maison sont fouillés.
03:31Rien. Aucun cri, aucun vêtement abandonné, aucune trace dans la terre meuble du jardin.
03:36Comme si le garçon s'était évaporé.
03:39A 18h12, les gendarmes sont prévenus.
03:41Dès 18h30, les premiers renforts arrivent.
03:44La situation est d'autant plus inquiétante que le terrain environnant est particulièrement hostile.
03:49Forêts denses, ravins escarpés, chemins peu fréquentés.
03:52Un véritable défi pour les recherches.
03:55Pendant trois jours, près de 600 personnes vont sillonner la zone.
03:59Des gendarmes, des pompiers et plusieurs centaines de volontaires.
04:03Les moyens déployés sont exceptionnels.
04:05Quatre hélicoptères équipés de caméras thermiques,
04:08douze équipes synophiles, deux drones de l'armée
04:11et enfin des plongeurs pour les cours d'eau alentours.
04:14Pourtant, malgré ces efforts colossaux, aucune piste sérieuse n'émerge.
04:18Les équipes synophiles reviennent bredouilles.
04:21Les analyses de terrain ne révèlent aucun indice.
04:23Les premières 72 heures cruciales dans ce type de disparitions s'écoulent sans le moindre résultat.
04:28Le lendemain, une enquête de flagrance est ouverte pour recherche des causes de disparitions inquiétantes.
04:34Les grands-parents sont interrogés par les gendarmes.
04:36Les enquêteurs explorent méthodiquement toutes les pistes.
04:39Accidents, implications familiales et même la thèse d'une attaque animale,
04:44un loup ou pourquoi pas un oiseau de proie.
04:47La famille est longuement auditionnée mais aucun élément concret ne permet de les suspecter.
04:51Les analyses des téléphones portables et des véhicules circulant dans le secteur ne révèlent rien d'anormal.
04:56Les théories les plus fantaisistes commencent à émerger sur les réseaux sociaux.
05:01Trafic d'enfants, trafic d'organes, rites sataniques.
05:04Trois jours après la disparition du petit Emile,
05:06le procureur déclare que la totalité des 30 bâtiments composant le hameau du Auvergné ont été fouillés.
05:1312 véhicules visités, les 25 habitants du bourg entendus et 12 hectares méticuleusement ratissés.
05:21Le 30 mars 2024, deux jours après une première mise en situation, tout bascule.
05:26A un peu plus d'un kilomètre de la maison familiale du Auvergné,
05:29une randonneuse trouve un crâne au milieu d'un étroit chemin forestier dans une aire boisée qui a pourtant déjà été fouillée.
05:37Par réflexe, la promeneuse place le crâne dans un sac en plastique et la porte au gendarme qu'elle conduit sur les lieux de sa découverte.
05:43Les ossements sont identifiés comme étant ceux du petit Emile.
05:47Huit mois de recherches acharnées pour aboutir à ce constat terrible.
05:51L'enfant était là, sous les branchages, dans ce vallon pourtant ratissé à plusieurs reprises.
05:57Comment un corps a-t-il pu échapper aux battus, aux chiens spécialisés, aux drones équipés de caméras thermiques ?
06:02Les enquêteurs se heurtent à une énigme technique aussi troublante que cruelle.
06:06Les légistes peinent à établir les circonstances exactes du décès, l'état des restes humains,
06:11ne permettant pas dans un premier temps de trancher entre accident, homicide ou mort naturelle.
06:17Le dernier tournant en date de cette affaire se déroule au mois de mars dernier.
06:21Le 13, à la suite de courriers anonymes, des gendarmes se rendent de nuit dans le Hameau
06:25et saisissent une jardinière à proximité de la chapelle.
06:29Les analyses n'aboutissent à rien de probant.
06:32Le 25 mars, sur la foie d'interception téléphonique cette fois-ci,
06:36nouveaux coups de tonnerre, les grands-parents d'Emile ainsi que l'un de ses oncles et l'une de ses tantes,
06:40présents le jour de sa disparition, sont placés en garde à vue pour homicide volontaire et recel de cadavres.
06:47Les perquisitions sont menées à leur domicile, à la Bouilladis, et dans leur résidence secondaire du Haut-Vernay.
06:52Une voiture et une remorque destinées au transport d'un cheval sont saisies.
06:58L'hypothèse d'un drame familial prend corps, mais les enquêteurs restent perplexes.
07:03Aucun élément probant ne permet la mise en examen des grands-parents.
07:06Aucun aveu n'est prononcé durant cette garde à vue longue de 48 heures.
07:10Dans la nuit du mercredi 26 au jeudi 27 mars, les gardes à vue sont toutes levées.
07:16Le procureur de la République révèle que les conclusions des expertises menées sur les ossements du petit Emile
07:21permettent désormais de considérer que les vêtements et les ossements ont été transportés et déposés peu de temps avant leur découverte.
07:28Le corps de l'enfant ne s'est pas décomposé dans les vêtements retrouvés dans la forêt.
07:32Le procureur évoque enfin des stigmates anatomiques évocateurs d'un traumatisme facial violent.
07:38Autant d'éléments qui introduisent la probabilité de l'intervention d'un tiers dans la disparition et la mort d'Emile Soleil.
07:46Dans les Alpes de Haute-Provence, là où tout a commencé, l'ombre du petit garçon plane toujours.
07:56Merci Victor Lefebvre. Jacques Dalleste, Philippe Védovigny, le grand-père d'Emile, est ressorti libre, ainsi que sa femme Anne.
08:04Est-ce que selon vous c'est un retour à la case départ ?
08:10Non, pas véritablement, dans la mesure où la piste familiale devait être vérifiée.
08:16Elle a abouti à ces quatre placements en garde à vue.
08:20Ces personnes ont été remises en liberté.
08:22Il semblerait qu'il ne reste que très peu de temps de garde à vue, si d'aventure elle devait être de nouveau réentendue sous ce régime-là.
08:29Mais dans une affaire de cette nature, comme cela a été dit, où les pistes sont multiples,
08:34meurtres, accidents, fessées qui tournent mal, etc., il fallait envisager la piste familiale.
08:41Je suppose que les enquêteurs ont décidé cette interpellation en fonction d'éléments dont ils disposaient.
08:48Est-ce qu'on sait tout d'ailleurs de ces éléments, d'ordre matériel ?
08:51Ils ont été vérifiés sans doute dans cette jardinière, s'il n'y avait pas des traces de sang du petit Emile.
08:57Dans les véhicules qui ont été saisis, c'est la même chose.
09:01Apparemment, cette piste ne semble pas la bonne, sans qu'on puisse l'écarter définitivement.
09:06Il faut toujours le rappeler, une fin de garde à vue ne veut pas dire forcément qu'on arrête toute investigation dans ce sens.
09:13Mais pour l'instant, ce n'est pas la piste retenue de façon prioritaire.
09:17François-Xavier Causand, vous êtes avocat. Merci de nous avoir rejoints.
09:21Merci à vous, bonjour.
09:23Vous êtes parti civil dans le dossier pour Innocence en danger.
09:26J'ai envie de vous poser la même question. Est-ce que l'enquête progresse à votre avis ?
09:31Écoutez, indépendamment de la constitution de partie civile que j'ai été chargé de régulariser pour l'association Innocence en danger,
09:40moi je pense qu'on peut au moins reconnaître que la justice fait son travail et elle le fait bien.
09:46Parce que c'est un dossier qui est terriblement complexe, qui est émotionnellement très lourd.
09:52Et indépendamment de ce contexte et de la pression extérieure, médiatique, de l'opinion publique,
09:58on se rend compte que les magistrats instructeurs, le parquet, envisagent toutes les possibilités et ne négligeraient absolument rien.
10:06Et je rejoins ce que disait M. Dalleste. Effectivement, on est encadré par des règles procédurales qui sont extrêmement strictes et contraignantes.
10:16Je pense effectivement que si les magistrats instructeurs avaient suffisamment d'éléments qui leur permettaient de penser qu'il était nécessaire
10:23de placer en garde à vue les membres de la famille, en l'occurrence au premier rang desquels les grands-parents,
10:30eh bien ils ont eu raison de le faire. Effectivement, il ne reste pas grand temps.
10:35Et oui, c'est ça le problème.
10:37Il ne reste que quelques heures dans l'hypothèse où une nouvelle garde à vue devait être décidée.
10:41Mais je crois que le travail a été fait tant par les magistrats instructeurs que par les enquêteurs.
10:47On va y revenir si vous le voulez dans un instant parce que j'aimerais que tous les deux vous nous expliquiez
10:53en quoi le criminel ou son complice a fait une grosse erreur en allant redéposer les restes d'Emile dans les bois.
11:00On sait à présent que le corps a été « stocké » pour sa mémoire et a été donc redéposé.
11:08Et là, il y a un certain nombre de traces désormais qui font des preuves d'un modus operandi dans la mort.
11:14On va y revenir dans un instant et on va revenir aussi sur le suicide du prêtre qui a baptisé Emile
11:20qui n'est pas totalement sans rapport avec cette famille très particulière.
11:24On va vous expliquer tout ça dans un instant.
11:26A tout de suite sur Sud Radio.
11:28Sud Radio, l'affaire dans l'affaire, Stéphane Simon.
11:31De retour dans l'affaire dans l'affaire, une émission en partenariat avec la revue trimestrielle Affaires Criminelles
11:36dont nous sommes avec le rédacteur en chef, Victor Le Femme.
11:39Rebonjour Stéphane.
11:40Rebonjour.
11:41Jade Serrano également avec nous, journaliste enquêtrice.
11:44Nous sommes également avec Jean-Marie Baudry.
11:46Toujours Stéphane.
11:47Toujours, bien sûr.
11:48Nous parlons aujourd'hui de l'affaire du petit Emile.
11:50Notre invité est Jacques.
11:52Nos invités sont d'une part Jacques Dallest, ancien procureur, auteur de « Chemin du crime » paru chez Mareuiller Éditions
11:58et François-Xavier Causand, avocat, parti civil dans le dossier pour « Innocence en danger ».
12:04Je voudrais à présent qu'on s'attarde un peu sur la découverte des ossements du petit Emile car les analyses ont parlé.
12:11Je rappelle, le procureur de la République a révélé que les conclusions des expertises sur les ossements du petit Emile
12:17permettent désormais de considérer que ces vêtements et ces ossements retrouvés ont été transportés et déposés peu de temps avant leur découverte.
12:26Ça c'est un point important.
12:28Le corps de l'enfant ne s'est pas décomposé dans les vêtements.
12:31Ce qui veut dire que le corps de l'enfant a été déshabillé puis les vêtements ont été posés ensuite sur les ossements.
12:39Enfin des stigmates anatomiques, évocateurs d'un traumatisme facial violent, ont été détectés.
12:45Alors est-ce que c'est un mauvais tressement ? Est-ce que c'est un accident ?
12:48Ça évidemment à ce stade on ne peut pas le dire mais c'est un élément très important qui permet de dire qu'il y a bien eu un tiers dans la disparition et la mort d'Emile Soleil.
12:59Alors j'aimerais vous entendre sur cette erreur commise par le criminel ou un de ses complices car finalement remettre ces os,
13:07ça a permis de faire des études et des expertises supplémentaires qui renseignent aujourd'hui les enquêteurs.
13:15N'est-ce pas Jacques Daleste ?
13:17Oui alors il devait être sans doute difficile pour la personne à l'origine du décès du petit Emile, soit de façon volontaire soit accidentelle,
13:28de garder chez lui ou dans un lieu de ses dépendances le corps de l'enfant.
13:35Surtout dans les jours qui ont suivi avec les battues qui ont été mises en place.
13:40Alors à quel moment le corps a-t-il été transporté en semble-t-il peu de temps avant sa découverte par cette promeneuse ?
13:49L'enfant a été déshabillé ? Où a-t-il été déposé ? Est-ce qu'il a été déposé dans une chambre froide, dans un congélateur ?
13:56Je crois que ce sont des hypothèses envisagées.
13:58Ce qui supposerait donc que l'enfant ait été dans une maison ou dans un lieu où se trouvaient ces objets.
14:04Voilà c'est les interrogations parce que garder à son domicile ou dans un endroit qui vous appartient à un corps c'est toujours problématique.
14:13Surtout quand la moitié de la police et de la gendarmerie du pays sont en train de sillonner la zone.
14:18Alors le fait qu'on retrouve à deux kilomètres les restes du petit,
14:22nous laissez penser, mais c'est qu'une hypothèse, que cette personne qui a eu le corps de l'enfant n'était pas forcément très loin de ce lieu-là.
14:32Parce que si quelqu'un avait transporté le corps, il l'aurait déposé beaucoup plus loin, à plusieurs dizaines de kilomètres.
14:38Comme on le voit souvent, quand l'auteur d'un meurtre se débarrasse d'un cadavre, il ne le dépose pas à proximité du lieu d'effet.
14:45Donc on reviendrait sur une hypothèse peut-être du village, d'un membre du village ou toujours de la famille, qu'il ne faut pas écarter encore une fois.
14:52Mais il fallait, je crois, que l'auteur se débarrasse du corps à un moment ou à un autre, il était condamné à cela.
14:57D'accord. En tout cas, ces analyses permettent de conclure à deux choses.
15:01L'enfant n'a pas disparu, mais il est mort d'un choc violent.
15:05Et le corps a été déshabillé, stocké, transporté par le criminel ou d'éventuels complices.
15:11Ils sont dans la région, ce qui diminue évidemment la probabilité que ce soit un pédocriminel de passage.
15:18Évidemment, vous partagez cette analyse, Maître Causand ?
15:23Oui, effectivement. Et puis, vous savez, ce qui est terriblement frustrant avec ce dossier,
15:28c'est qu'au moment où on en parle, rien ne peut être écarté.
15:33Tout est possible. Et effectivement, tout est possible.
15:37Je vous dis ça parce que peut-être que la personne qui l'a tué accidentellement
15:42n'avait pas la possibilité de conserver son petit corps,
15:47et j'en parle avec énormément de mesure et de respect.
15:50Peut-être que, parce que je l'ai déjà vu aussi dans certains dossiers, pas celui-là, mais dans d'autres,
15:55peut-être que, vous savez, parfois quand on s'intéresse au parcours et à la logique criminelle
16:00de l'individu qui, in fine, est identifié et poursuivi,
16:03on se rend compte qu'il y a des gens qui, malheureusement, commettent ce genre d'horreur
16:08et ont besoin de l'exposer, ont besoin de le montrer, sinon ça n'a pas de sens.
16:12En tout cas, de leur point de vue, évidemment.
16:15Et puis, il y a cette espèce de parcours de reconstitution.
16:21Alors après, encore une fois, ça reste une hypothèse qui n'engage que moi,
16:25mais des moyens colossaux, techniques, humains, ont été mis en œuvre.
16:31Et moi, ce qui m'interpelle, c'est que la découverte de l'enfant, effectivement,
16:36confirme, a été confirmée, on a la confirmation que le corps a été reposé a posteriori.
16:42Pourquoi ? Comment ? Le problème, c'est qu'il faut mettre en place des moyens qui sont démentiels
16:47pour, à chaque fois, grappiller quelques informations.
16:50Mais je n'ai pas de doute sur le fait que, in fine, nous allons y arriver et reconstituer le puzzle,
16:55aussi horrible soit-il.
16:57Alors, Jade, je voudrais qu'on parle d'une autre affaire qui est une affaire dans l'affaire, si j'ose dire,
17:03qui est très troublante et dont on doit parler.
17:06C'est le suicide du père Claude Guilliot.
17:09C'est un prêtre brillant, professeur émérite de l'université d'Aix-Marseille,
17:13qui s'est donné la mort le 15 mars dernier, c'est-à-dire tout récemment.
17:18Il a laissé une lettre d'adieu dans son appartement.
17:21Et je rappelle que c'est le père Claude Guilliot qui a baptisé Emile.
17:27Est-ce que, d'abord, un suicide de curé, c'est une affaire pas banale,
17:32c'est pas admis même dans l'église catholique, donc c'est quelque chose d'assez exceptionnel.
17:36Qu'est-ce qu'il faut retenir de ce suicide ?
17:40Oui, Stéphane, il y a plusieurs choses à retenir de ce suicide.
17:43D'abord, cette lettre d'adieu laissée dans son appartement et découverte par les gendarmes le 15 mars dernier.
17:48Le prêtre, moi je l'appelle Guilliot, il a écrit dans cette lettre
17:57« Prévenir ma sœur, dire que je l'aime, mon beau-frère, je les aime.
18:02Une ultime profession de foi, seul contre l'amour, annoncer l'évangile.
18:09Dieu est bon et miséricordieux, ô doux Jésus, doux et humble de cœur. »
18:15Une question demeure. Le prêtre s'est suicidé, mais pourquoi ?
18:19Ben voilà, c'est ce que j'allais vous poser comme question.
18:21Puisque justement ce geste est considéré comme un péché ultime dans l'église catholique,
18:24et il était quand même extrêmement pieux.
18:27Eh bien sa sœur, dans une interview exclusive accordée à nos confrères de Paris Match,
18:33mais aussi elle s'est exprimée sur son mur Facebook,
18:36déjà elle a voulu faire taire les rumeurs.
18:39Puisque suite au suicide du prêtre Guilliot, évidemment...
18:43Tout le monde a fait le lien.
18:44Tout le monde a fait le lien, la toile s'est enflammée,
18:46mais alors c'est un aveu, c'est lui qui a tué Emile, etc.
18:49Non, le parquet a totalement écarté cette piste.
18:53Non, il n'est pas responsable de la mort de qui t'es.
18:56Non, en revanche, il avait des problèmes avec le grand-père d'Emile.
18:59C'est ça, exactement.
19:00C'est-à-dire que le père Guilliot avait cru bon de fournir à la presse une photo d'Emile,
19:05sans demander aux parents et aux grands-parents,
19:08pour contrebalancer une autre photo,
19:10sur laquelle il faisait extrême droite, selon l'opinion publique.
19:14Et c'est ce qui a mis Philippe Védovigny, le grand-père d'Emile,
19:17dans une rage folle.
19:19Il l'a donc appelé, parce que les deux hommes sont très proches,
19:22et l'a insulté violemment.
19:24S'en est suivie, si vous voulez, une rancœur extrême du grand-père
19:30à l'encontre du prêtre Guilliot.
19:32Il a prévenu l'archevêché Dex,
19:35et le prêtre Guilliot a été écarté de la chapelle,
19:39mais aussi de sa mission de prêtre.
19:44Et donc, il s'est retrouvé sans rien.
19:46Du jour au lendemain, seul, livré à ses démons,
19:49et il a sombré dans une profonde dépression,
19:51qui l'a conduit, justement, le 15 mars dernier.
19:53Mais dans sa lettre, il ne charge pas, entre guillemets, le grand-père.
19:58Pour autant, on pourrait presque dire qu'il pardonne le grand-père.
20:02Il n'y a rien d'accablant pour le grand-père.
20:04Pas dans sa lettre, mais il l'a confiée à sa sœur,
20:07il l'a confiée à son beau-frère,
20:09il l'a confiée aussi à des journalistes avec lesquels il s'est échangé,
20:12qu'il était désespéré et qu'il allait mettre fin à ses jours.
20:17Le coup de fil, la veille, le 14 mars, il appelle sa sœur
20:20et lui dit « je suis prêt à partir ».
20:22D'accord. Dans un instant, si vous le voulez bien,
20:25on va continuer de parler de la mort d'Émile, bien sûr,
20:28mais on va s'attarder sur sa famille, sur la figure tutélaire.
20:33Le grand-père, on va voir qu'évidemment, ça fabrique un coupable idéal,
20:39ce qui est assez... On va aussi expliquer pourquoi est-ce que
20:43toujours on cherche dans l'entourage familial,
20:45le procureur Jacques Dallès nous l'expliquera.
20:47On se retrouve tout de suite sur Sud Radio.
20:49Sud Radio, l'affaire dans l'affaire, Stéphane Simon.
20:53Une affaire dans l'affaire, aujourd'hui,
20:55centrée sur la disparition et la mort du petit Émile,
20:59avec Jade Serrano qui est avec nous,
21:02Victor Lefebvre et Jean-Marie Bordry.
21:06Et nous a rejoint Adrien Pelletier, ex-grand-père en communication.
21:09On va voir les incidences, évidemment, de cette affaire
21:12et comment les médias se sont emparés de la mort du petit Émile,
21:16enfin de sa disparition dans un premier temps
21:18et ensuite la confirmation de sa mort.
21:20Notre invité, nos invités sont l'ex-procureur Jacques Dallès,
21:23auteur des « Chemins du crime » aux éditions Mareuil
21:25et François-Xavier Causand, qui est avocat parti civil
21:28dans le dossier pour « Innocence en danger ».
21:30Alors, je voulais vous demander, Jacques Dallès,
21:32le fait que l'enquête se soit immédiatement centrée sur la famille,
21:35ce n'est pas étonnant.
21:36C'est même, je dirais, statistique, dans une certaine mesure,
21:40puisqu'on sait que le cercle familial est toujours suspect numéro un
21:44dans une disparition ou la mort subite d'un enfant.
21:50Oui, alors quand un jeune enfant disparaît,
21:52on va dire entre 18 mois et 3 ans,
21:54à l'âge où on commence à marcher,
21:57la piste première, c'est souvent l'accident.
21:59L'enfant fuit, s'égare, tombe dans un trou, dans un ruisseau, se noie.
22:03C'est malheureusement ce que j'ai souvent rencontré.
22:05Ça, c'est l'hypothèse un peu première.
22:07Mais il y a évidemment l'autre hypothèse beaucoup plus terrible,
22:10celle d'un acte délibéré ou accidentel d'un membre de la famille
22:15qui peut entraîner la mort d'un enfant, d'un jeune enfant fragile.
22:18Et donc forcément, comme c'est le cas du petit Émile,
22:22il fallait envisager cette piste-là.
22:25Pas si simple, puisqu'on n'avait pas les parents présents,
22:28mais les grands-parents, des oncles étants,
22:30donc pas mal de monde,
22:32avec l'idée peut-être que l'enfant aurait été victime d'une fessée
22:35qui aurait dégénéré, qui aurait amené sa mort.
22:38Voilà, donc c'est vraiment ce qu'on doit toujours envisager.
22:42C'est difficile pour le faire comprendre aux proches,
22:45mais c'est nécessaire de le faire assez rapidement.
22:48On va dire un mot sur la figure de ce grand-père.
22:51C'est le patriarche d'une famille nombreuse.
22:54Le grand-père d'Émile est aussi le père.
22:57On ne le rappelle jamais assez.
22:59C'est un homme qui est à la fois grand-père,
23:01mais qui est père d'un jeune enfant.
23:03Ce n'est pas le patriarche à la barbe blanche à la fin de ses jours.
23:08C'est un homme en pleine possession de ses moyens.
23:10Il a une petite soixantaine d'années.
23:13Non, 55.
23:15Donc vous voyez, c'est un homme qui a toute sa...
23:18Et certains des oncles étants du petit Émile étaient mineurs d'ailleurs.
23:21Enfin, sont toujours mineurs encore aujourd'hui.
23:24Alors, évidemment, Jade Serrano,
23:26on a parlé tout de suite de la famille Vedovini,
23:28parce que c'est une famille très nombreuse
23:30qui vit un peu de façon traditionnelle.
23:32C'est une catholique très engagée,
23:34on va dire très traditionnaliste.
23:37Oui, c'est une famille nombreuse,
23:39dix enfants, dont Marie, la mère d'Émile Soleil.
23:42Ils sont catholiques pratiquants, adeptes de la messe en latin.
23:45Mais le père d'Émile fait partie d'un mouvement assez particulier
23:48appelé chrétienneté solidarité,
23:51dont la devise est Dieu, famille, patrie,
23:54qui défend les valeurs menacées de la civilisation chrétienne
23:57et de l'identité française.
24:00Voilà, donc c'est un peu le tableau,
24:02le portrait familial, mais rien de...
24:05Oui, en soi, ça ne fait pas de lui,
24:08évidemment, un coupable immédiatement.
24:11Mais il y a une certaine presse quand même
24:13qui s'est engagée un peu dans cette direction-là.
24:16Adrien Pelletier nous en parlera peut-être.
24:18C'est vrai que ça fait presque un portrait
24:23d'un meurtrier possible,
24:25quelqu'un qui est à la droite de la droite.
24:27Non, mais c'est pas ça.
24:28J'ai beaucoup enquêté sur les catholiques intégristes
24:30et notamment sur les violences en leur sein.
24:32Alors c'est vrai que ce sont des violences systémiques,
24:34mais on les retrouve aussi chez les salafistes
24:36ou d'autres groupes religieux très rigoristes
24:41ou dans des groupes à dérive sectaire.
24:44Donc évidemment que cette piste interpelle,
24:47mais ça ne fait pas d'eux des coupables idéaux.
24:50Bon, alors le grand-père, le patriarche,
24:53appelons-le plutôt le patriarche,
24:54Philippe Védovigny est très engagé
24:57dans les institutions d'enseignement catholique
24:59et on sait que c'est un encadrant très sévère.
25:02Il officie notamment au pensionnat,
25:05que l'on a dit, intégriste de Riomont.
25:08Oui, c'est pas forcément un pensionnat intégriste.
25:10Ce qu'il faut savoir, c'est que Philippe Védovigny
25:12est à la base kinésithérapeute ostéopathe.
25:15Mais à l'âge de 26 ans, il décide de rentrer dans les ordres
25:18et devient chef scout au pensionnat de Riomont.
25:21C'est un pensionnat qui est situé dans le Pas-de-Calais
25:24et qui accueille des enfants de la DAS.
25:26Donc ce n'est pas un internat catholique.
25:28Des enfants placés.
25:29Voilà, exactement.
25:30Mais c'est un lieu qui ne va pas vraiment mettre à l'abri
25:34ces enfants déjà abîmés par la vie.
25:36C'est ce qu'on puisse dire,
25:38parce que finalement au pensionnat de Riomont,
25:40dorénavant fermé,
25:42ces enfants vont subir des maltraitances physiques.
25:45Et sexuelles.
25:47Philippe Védovigny,
25:49il est appelé par les anciens élèves
25:51frère Philippe.
25:53Et il est décrit par eux
25:55comme violent.
25:57Il leur donne des coups de poing,
25:59des coups de rangers dans la figure,
26:01sur le corps,
26:03et leur tire violemment les oreilles.
26:05Et il va aussi être
26:08dans une affaire d'agression sexuelle
26:10qui va concerner un ancien prieur
26:14André H.
26:16En tout cas il est accusé d'avoir assisté.
26:18Exactement.
26:20Il est placé en tant que témoin assisté dans cette affaire.
26:22La justice n'a retenu aucune charge contre lui.
26:24Et pourtant cet ancien prieur André H.
26:27est bien mis en examen par la justice.
26:29D'accord.
26:30Alors Jacques Daleste,
26:31est-ce que médiatiquement on n'avait pas là
26:33un profil idéal de suspect ?
26:36Un homme, un encadrant très sévère,
26:39une famille traditionnaliste,
26:42que certains ont dépeint immédiatement
26:45comme étant un petit peu arriérés,
26:47on va dire,
26:48parce qu'ils ont des convictions très fortes.
26:50Est-ce que ce n'est pas le travers de notre époque,
26:52fabriquer tout de suite des coupables idéaux ?
26:55C'est malheureusement le travers des médias
26:57qui veulent très vite une explication,
26:59la mise en évidence d'une responsabilité,
27:02d'une culpabilité.
27:03D'ailleurs on mépris de la présomption d'innocence,
27:05vous le savez.
27:06En fait il faut envisager cette piste familiale.
27:10Peu importe d'ailleurs l'appartenance idéologique,
27:13les convictions religieuses des personnes en cause,
27:15mais ce qui est important de savoir,
27:17c'est si le grand-père ou un autre membre de la famille
27:20pouvait avoir la main leste vis-à-vis du petit Émile
27:24s'il était coutumier de correction,
27:26de fessée un peu appuyée.
27:28C'est ça qui est important,
27:29de connaître un peu la personnalité des parents
27:32ou des membres de la famille
27:33pour savoir s'il y avait eu des précédents
27:35de violences sur l'enfant,
27:36de façon à peut-être expliquer cette piste-là.
27:39Le reste c'est un habillage médiatique évidemment,
27:42qui peut être intéressant,
27:44mais qui ne me semble pas du tout
27:46dans la démarche initiale des enquêteurs et des juges
27:48qui consiste à savoir
27:50quelles peuvent être les personnes impliquées
27:52dans un fait matériel d'enlèvement,
27:54voire de décès d'un enfant.
27:56C'est ça qui doit primer et qui a dû primer,
27:59je pense, au début de l'enquête.
28:01Jean-Marie, on parlait du travers de l'époque.
28:03Le coupable idéal, c'est le travers de toutes les époques
28:05et depuis toujours, même avant les médias.
28:07Mais j'ai une question pour notre invité Jacques Dallest,
28:10monsieur le procureur.
28:12Quand on entend tout ce qu'on a entendu sur le grand-père,
28:15y compris ce que disaient les voisins,
28:17les riverains,
28:18parce qu'il y a des interviews qu'on n'a pas diffusées depuis un an
28:20qui avaient tendance à être accablantes,
28:22moi je suis persuadé que c'est lui, un tel ou un tel.
28:24Quel impact et quelle pression ça a
28:26sur la poursuite de l'enquête,
28:28des interrogatoires et des gardes à vue ?
28:30Quel rôle ça joue auprès des enquêteurs
28:33qui posent les questions
28:34et en même temps de celui qui se sait déjà
28:36décrit comme le coupable idéal par la moitié du pays ?
28:39Oui, alors ça c'est le problème
28:41de la médiatisation d'une enquête criminelle.
28:43Pensez à l'affaire du petit Grégory,
28:45bien plus ancienne, 1984,
28:47avec le déchaînement médiatique
28:49qui a forcément gêné les enquêteurs.
28:51Beaucoup l'ont écrit, c'était difficile
28:53d'enquêter, d'instruire un dossier
28:55sous une aussi forte pression médiatique
28:57où les journalistes faisaient
28:59leur contre-enquête de leur côté.
29:00C'est jamais une bonne chose.
29:01Ça ne peut que polluer une enquête.
29:03Malheureusement, on ne peut pas aller à l'encontre
29:05de la médiatisation.
29:06Donc encore une fois, je pense que les enquêteurs
29:08ont intégré ce casque-là.
29:09En quoi ça pollue l'enquête ?
29:10C'est ma question, en fait.
29:11En quoi précisément ça peut polluer l'enquête ?
29:13Par l'impression.
29:14Parce que des personnes vont être entendues
29:17hors cadre judiciaire,
29:19par un journaliste,
29:20par toutes sortes de personnes.
29:21Donc ça peut gêner la recherche des explications.
29:25Voilà.
29:26Ça peut mettre la puce à l'oreille,
29:28pourquoi pas, d'une personne qui dit
29:29« Tiens, je vais être soupçonnée »,
29:31alors qu'il aurait été préférable
29:32qu'elle soit entendue
29:33sans qu'il y ait eu ces échanges
29:35avec des personnes non qualifiées.
29:37C'est en ça que la médiatisation
29:39est toujours gênante.
29:41Beaucoup d'enquêtes, on l'a vu,
29:43et je l'ai vu souvent.
29:44Mais je crois qu'aujourd'hui,
29:45on ne peut pas tellement faire sans.
29:47Ça fait partie, malheureusement,
29:48de la réalité ou de la réalité contemporaine.
29:50François-Xavier Causand,
29:52vous avez évidemment un accès maintenant
29:55en tant que parti civil au dossier.
29:57Est-ce qu'on a des traces de violence physique
30:01du grand-père vis-à-vis de ses enfants ?
30:04Parce que ça, c'est important.
30:06Si il était coutumier du fait de battre,
30:10de corriger ses enfants,
30:12on peut imaginer qu'il duplique ça
30:14avec ses petits-enfants.
30:15Mais est-ce qu'on trouve trace de tout cela
30:17dans la procédure pour l'instant ?
30:20Pour être totalement transparent avec vous,
30:23je n'ai pas encore accès au dossier.
30:25Ce qui s'explique par deux choses.
30:27La première, c'est qu'en tant que parti civil
30:30association, on a toujours un accès
30:33qui est un peu différé,
30:34surtout lorsque l'affaire est aussi médiatique.
30:37Peut-être que la suspicion ne fait que.
30:41Mais quoi qu'il en soit,
30:42je voudrais simplement préciser
30:44qu'on a eu la chance dans ce dossier,
30:47manifestement,
30:48en l'état des premières informations que j'ai,
30:51d'avoir des enquêteurs
30:53qui étaient véritablement rompus à l'exercice.
30:55Alors, effectivement,
30:56quand on a connaissance du passé du grand-père,
30:59dont j'observe quand même
31:00qu'il n'a a priori jamais été condamné
31:03pour les faits qui ont été évoqués
31:05ou qui lui ont été reprochés,
31:07c'était évidemment normal
31:09que peut-être l'enquête se concentre
31:11un peu plus sur lui.
31:12Et d'ailleurs, j'ouvre une parenthèse
31:13pour vous dire,
31:14sous le contrôle de monsieur Dallest,
31:16qu'il n'est pas impossible aussi
31:18que compte tenu des pressions extérieures,
31:20de la pression de l'opinion publique
31:23et aussi des médias,
31:24dont certains ont fait correctement leur travail,
31:27il faut quand même le préciser,
31:28en respectant le principe du contradictoire
31:31et en équilibrant l'information,
31:33il a été placé en garde à vue
31:36justement pour que des vérifications
31:37puissent être faites
31:38aux fins in fine
31:40de le mettre hors de cause.
31:42Parce que finalement,
31:43les gardes à vue ont été levés,
31:44il n'a pas été présenté aux magistrats,
31:45pas été mis en examen.
31:46Absolument.
31:47C'est peut-être aussi une façon
31:48de répondre à l'opinion publique
31:51et aux gens,
31:53en leur disant,
31:54voilà, effectivement,
31:55on a tout un environnement
31:56qui a eu le mérite de nous alerter.
31:58Le travail a été fait.
32:00A ce stade,
32:01retenez qu'indépendamment
32:03de tout ce qui a pu être dit,
32:04envisagé, pensé
32:06ou même retrouvé,
32:07nous n'avons pas d'indice grave
32:09et concordant
32:10qui pourrait justifier la mise en examen.
32:12Ce n'est pas définitif
32:14parce qu'on ne sait pas in fine
32:16ce que l'instruction donnera.
32:19Mais il n'en demeure pas moins
32:20que c'est une réalité du dossier aujourd'hui.
32:22Merci beaucoup,
32:23François-Xavier Causand,
32:24d'avoir été avec nous
32:25dans un instant.
32:26On continue à parler
32:27de la disparition des mille
32:28et on va se demander
32:29s'il n'y a pas eu des ratés
32:30justement dans l'enquête.
32:31On parle d'un grand professionnalisme
32:33depuis le début de cette émission
32:34et pourtant,
32:35et pourtant,
32:36vous allez voir,
32:37on rejoint dans un instant
32:38un des reporters du Parisien
32:39qui est allé en qualité sur place.
32:41Renan Follgoas
32:42sera avec nous dans un instant.
32:43A tout de suite sur Sud Radio.
32:45Sud Radio,
32:46l'affaire dans l'affaire,
32:47Stéphane Simon.
32:48Retour dans l'affaire dans l'affaire,
32:50une émission en partenariat
32:51avec la revue trimestrielle
32:52Affaires criminelles,
32:54dont le numéro 2
32:55est actuellement
32:56chez votre marchande journo.
32:57Avec nous d'ailleurs,
32:59Victor Lefebvre,
33:00le rédacteur en chef.
33:03Jean-Marie Bordry,
33:04la voix des matinales
33:05le week-end
33:06sur Sud Radio,
33:07bien sûr.
33:08Et puis,
33:09Jade Serrano,
33:10journaliste d'investigation
33:11et nous a rejoint tout à l'heure
33:13Adrien Pelletier,
33:14expert en communication
33:15qui va nous détailler
33:17la fabrication
33:18d'un coupable idéal
33:20dans un instant.
33:21Nous parlons de la mort
33:22du petit Émile
33:23disparu en juillet 2023
33:25dont les ossements
33:26ont été retrouvés
33:27et dont les grands-parents
33:28ont fait de la garde à vue
33:29ainsi qu'une de ses oncles
33:31et une de ses tantes
33:33avant de ressortir libre.
33:35Jacques Dallès,
33:36c'est très difficile
33:37de vous poser cette question
33:38et pourtant je vais vous la poser.
33:40Est-ce qu'il n'y a pas eu
33:41des ratés dans cette enquête ?
33:43Parce que quand même,
33:44vous l'avez écrit dans vos livres,
33:46quand les enquêtes
33:47n'aboutissent pas rapidement,
33:49c'est souvent que ces enquêtes
33:51ne sont pas convenables
33:53au début,
33:54que les premières constatations
33:55n'ont pas été très heureuses.
33:57Ça, c'est parce que j'ai bien lu
33:58Jacques Dallest.
34:00Oui, je vais évoquer surtout
34:02les hypothèses
34:03où, dès le départ,
34:04on est sur une piste criminelle.
34:06C'est-à-dire la découverte
34:07d'une personne décédée,
34:08de mort violente,
34:09tuée par quelqu'un,
34:10où là,
34:11les ratés,
34:12les insuffisances
34:13du début d'enquête
34:14peuvent être très problématiques.
34:15Là, la complexité
34:16de l'affaire du petit Émile,
34:17c'est qu'on parle d'abord
34:20d'une fuite,
34:21puisqu'on voit le petit
34:22dans la rue,
34:24tout seul,
34:25comme s'il s'était échappé
34:27du domicile familial.
34:29Et donc là,
34:30à partir de là,
34:31tout est possible.
34:32Mauvaise rencontre,
34:33accidentelle ou pas,
34:34et c'est en ça
34:35qu'il était très complexe,
34:36je pense,
34:37pour les enquêteurs.
34:38Et pourtant,
34:39les gendarmes,
34:40on le sait,
34:41mettent de gros moyens
34:42dans ce genre de choses,
34:43surtout quand il s'agit
34:44de disparitions d'enfants.
34:45Dans la mesure
34:46où la diversité des pistes
34:47est quand même assez large,
34:49il n'était pas simple
34:50de tout faire
34:52en même temps.
34:54Moi, je ne crois pas
34:55que rien ne nous permet
34:56de nous dire
34:57que des ratés ont eu lieu.
34:58Après coup,
34:59on saura qu'il y a peut-être
35:00des choses qui n'auraient plus
35:01été faites,
35:02mais c'est facile
35:03de le dire après coup.
35:04Est-ce qu'il fallait passer
35:05au Blue Star
35:06l'ensemble des maisons
35:07du Hameau ?
35:08Ça reste un sujet.
35:09Justement,
35:10j'ai envie qu'on rejoigne
35:11Renan Folgoas,
35:12qu'on aime beaucoup ici,
35:13qui est journaliste
35:14d'investigation aux Parisiens.
35:15C'est l'une des plumes
35:17les plus acérées,
35:18l'une des lames
35:19du Parisien,
35:20on va dire.
35:22Renan Folgoas,
35:23vous êtes allé,
35:24vous êtes parti
35:25en reportage
35:26au Haut-Vernay.
35:27Déjà, on a envie
35:28de vous demander
35:29vos impressions.
35:30On a envie de vous demander
35:31ce que vous avez retenu
35:32de votre séjour.
35:33Et puis,
35:34on va vous demander
35:35aussi une question
35:36très dure.
35:37Est-ce que vous pensez
35:38qu'il y a eu des ratés
35:39dans cette enquête ?
35:41Stéphane Simon,
35:42bonjour à tous.
35:43Je précise que
35:44je ne suis pas allé
35:45au Haut-Vernay
35:46ces derniers jours
35:47au moment de l'opération
35:48de la gare d'Avus.
35:49J'étais présent
35:50à la Bouilladis,
35:51le village,
35:52la commune
35:53où vivent
35:54les grands-parents d'Émile
35:55et les parents,
35:56d'ailleurs,
35:58à la Bouilladis
35:59et à Marseille
36:00où avaient lieu
36:01les gares d'Avus.
36:02Mais pas au Haut-Vernay
36:03la semaine passée.
36:05En revanche,
36:06j'y suis allé
36:07à plusieurs reprises
36:08ces deux dernières années.
36:09Et l'un de mes confrères
36:11du Parisien,
36:12Nicolas Jacquard,
36:13était lui aussi présent
36:14au Haut-Vernay.
36:16Il était présent au Haut-Vernay
36:17au moment où les interpellations
36:18ont eu lieu.
36:19Et c'est vrai que
36:20dans ce village
36:22des Alpes-de-Haute-Provence,
36:24les gens n'étaient pas surpris
36:27que la famille,
36:28enfin,
36:29c'est le son de cloche
36:30un peu,
36:31qui revenait,
36:32enfin soit placée
36:33en gare d'Avus.
36:34Sans présager
36:35de la suite
36:36de ces gares d'Avus,
36:37mais il n'y a pas
36:38une grande surprise.
36:40Même s'il y avait
36:41de la sidération, évidemment.
36:42Est-ce que vous pensez
36:43que les gendarmes
36:45ont commis une erreur
36:47en ne tapissant pas
36:50tout de suite
36:51la lumière bleue,
36:53la fameuse lumière
36:54qui permet de révéler
36:55les traces de sang,
36:56le domicile
36:57des grands-parents,
36:59des parents,
37:00tout simplement.
37:01Peut-être qu'il aurait fallu
37:02y regarder de plus près.
37:04Parce qu'évidemment,
37:05maintenant,
37:07c'est bien tard
37:08pour faire ce genre d'analyse.
37:11Oui, même si
37:12on sait
37:13dans des affaires criminelles
37:16que parfois,
37:17le Bluestar
37:18peut apporter
37:19un élément de réponse
37:20même 10 ans,
37:2115 ans après.
37:22Oui, c'est possible.
37:24Je pense notamment
37:25à l'affaire Marie-Thérèse Garcia.
37:26Vous savez,
37:27le meurtre de Corinne Didiot.
37:29Une affaire qui date
37:30de 1989
37:31et les enquêteurs
37:32sont revenus
37:33sur place
37:3415 ans plus tard
37:35et ils ont trouvé
37:36des éléments parfois.
37:37Donc là, tout est encore possible.
37:38Mais c'est vrai
37:39que le temps passe,
37:41le temps qui passe
37:42n'est jamais un allié
37:43pour les enquêteurs.
37:44Alors c'est vrai,
37:45pour vous répondre,
37:46peut-être que,
37:47effectivement,
37:48et comme l'a précisé Jacques Dalleste,
37:50dans les premières heures
37:51qui suivent la disparition
37:52de l'enfant,
37:53la maison
37:54des grands-parents
37:56n'est peut-être pas
37:57fouillée
37:58de fond en comble.
37:59On a du mal
38:00à imaginer que les enquêteurs
38:02ne soient pas passés
38:03jeter un oeil.
38:04Mais
38:05entre jeter un oeil
38:06et fouiller,
38:07perquisitionner
38:08un domicile,
38:09ce sont deux choses
38:10très différentes.
38:11Absolument.
38:12Adrien Pelletier,
38:13j'aimerais vous demander
38:15cette affaire,
38:16Emile,
38:17elle a tous les ingrédients
38:18médiatiques pour faire
38:19un bon feuilleton,
38:20en tout cas.
38:21C'est assez regrettable,
38:22mais c'est vrai.
38:23C'est vrai,
38:24dès lors que c'est
38:25une affaire à rebondissement
38:26qui amène chacun
38:27à leur lot de questions,
38:28leur lot de mystères.
38:29L'intérêt médiatique
38:30est très fort.
38:31Ici,
38:32on a plusieurs séquences.
38:33En deux ans,
38:34on a eu
38:35la disparition inexpliquée
38:36qui a amené tout un lot
38:37d'hypothèses,
38:38notamment celle
38:39d'un enlèvement par un rapace
38:40le 30 mars 2025
38:41qui avait ravivé
38:42d'autres hypothèses,
38:43notamment celle de l'accident.
38:44On a ensuite celle-ci,
38:45un an plus tard,
38:46avec des récentes conclusions
38:47scientifiques sur le déplacement
38:48du corps et le placement
38:49en garde à vue
38:50des membres de la famille
38:51qui a suscité à elle
38:52seul près de 15 000 retombées
38:53en à peine deux semaines.
38:54Vous voyez que
38:55l'intérêt médiatique
38:56est monumental.
38:57Monumental.
38:58Il n'est pas terminé,
38:59évidemment.
39:00Et quand les médias
39:01tirent des conclusions
39:02prématurées,
39:03ça c'est aussi
39:04une constante
39:05des affaires
39:06qui feuilletonnent.
39:07Comme vous le disiez tout à l'heure,
39:08on a assisté à une sorte
39:09d'emballement médiatique
39:10et sur les réseaux sociaux aussi,
39:11d'ailleurs,
39:12dès lors que la garde à vue
39:13des parents
39:14a été annoncée
39:15et en regardant
39:16les différents sujets
39:17qui ont été consacrés
39:18à l'affaire,
39:19elle semble complètement
39:20pliée, en fait,
39:21malgré le manque
39:22de recul nécessaire,
39:23malgré le manque
39:24de mise en examen.
39:25C'est aussi le problème
39:26auquel est confrontée
39:27la machine médiatique
39:28lorsqu'elle est soumise
39:29à l'urgence
39:30de la publication,
39:31à la course à l'exclu.
39:32Là, on a quand même
39:33une famille qui a été
39:34décortiquée sous tous les angles.
39:35Le passé du grand-père,
39:36comme vous l'avez dit,
39:37ancien seminariste,
39:38qui a été débout
39:39par ses mêmes grands-parents.
39:40Les rapports glaciaux
39:41qui existeraient
39:42entre les grands-parents
39:43et les parents.
39:44Et même, on a supputé
39:45qu'ils entretenaient
39:46maintenant une suspicion
39:47vis-à-vis d'eux.
39:48Et, évidemment,
39:49les croyances religieuses,
39:50comme vous le disiez,
39:51qui ont été débattues
39:52sous toutes les coutures
39:53en place publique
39:54et, d'ailleurs,
39:55qui ont scandalisé
39:56certains journalistes
39:57et certains commentateurs
39:58qui s'en sont émus.
39:59Avant de vous reposer
40:00une autre question,
40:01j'aimerais demander
40:02à Renan Folgoas
40:03d'avoir un regard critique
40:04sur le travail
40:05de ses confrères.
40:06Est-ce qu'il y a des questions
40:07que ne posent pas
40:08les médias
40:09dans cette affaire ?
40:10Une question
40:11que ne posent pas...
40:12C'est pas facile.
40:13Je ne vois pas forcément
40:14lesquelles,
40:15mais peut-être
40:16que vous avez
40:17une idée plus précise.
40:18Alors, Adrien.
40:19Adrien en a une.
40:20Adrien en a une.
40:21Non, non,
40:22il n'y a pas de questions
40:23que les médias ne posent pas.
40:24En revanche,
40:25il y a effectivement des...
40:26Justement,
40:27ils en ont souvent trop posées.
40:28Non, mais les prédominances
40:29sont dans certains angles
40:30journalistiques.
40:31Et, effectivement,
40:32Philippe Védovigny,
40:33comme on le disait,
40:34c'est de très très loin
40:35le mot-clé le plus cité
40:36parce que c'est aussi
40:37l'angle d'attaque
40:38choisi par les enquêteurs
40:39au cours de ces gardes à vue.
40:40C'est-à-dire que nous,
40:41journalistes aux Parisiens,
40:42par exemple,
40:43et dans d'autres médias,
40:44peut-être,
40:45on s'intéresse évidemment
40:46dans le temps
40:47de cette garde à vue
40:48à essayer de comprendre
40:49quelle est l'orientation
40:50des questions,
40:51autour de quoi,
40:52finalement,
40:53tournent ces gardes à vue.
40:54Et on apprend,
40:55on apprend
40:56que les questions
40:57sont en partie,
40:58en partie seulement,
40:59mais en partie,
41:00centrées sur
41:01des questions
41:02qui sont,
41:03par exemple,
41:04en partie,
41:05centrées sur
41:06le profil
41:07du grand-père
41:08de Philippe Védovigny,
41:09de son caractère
41:10prétendument violent,
41:11y compris
41:12à l'intérieur
41:13de sa famille,
41:14à l'égard
41:15et à l'encontre
41:16de ses propres enfants,
41:17des violences
41:18très caractérisées.
41:19Je parle donc
41:20de coups de poing,
41:21de coups de pied.
41:22Ça,
41:23pardon,
41:24parce que ça,
41:25ça me paraît
41:26être un point important
41:27à redire,
41:28à bien préciser.
41:29Il est connu,
41:30désormais,
41:31comme ayant eu
41:32des gestes brutaux
41:33contre ses propres enfants.
41:34C'est un élément
41:35d'enquête
41:36qui ressort
41:37d'écoutes
41:38réalisées
41:39par les enquêteurs
41:40dans le cadre
41:41de cette procédure.
41:42C'est important
41:43de le dire.
41:44Des écoutes
41:45où les enfants
41:46eux-mêmes
41:47font état
41:48de ces violences.
41:49Et ces aimants-là,
41:50je ne sais pas
41:51du tout
41:52comment
41:53Philippe Védovigny
41:54y a répondu.
41:55Après,
41:56il n'était pas
41:57placé en garde-à-vue
41:58pour ces raisons-là.
41:59Donc,
42:00il n'a pas forcément
42:01eu à répondre
42:02ou qu'il n'a pas
42:03forcément eu à s'expliquer
42:04à se justifier là-dessus.
42:05Mais, en tout cas,
42:06ce qu'on en a appris,
42:07c'est que,
42:08oui,
42:09il y avait,
42:10effectivement,
42:11des lourds soupçons
42:12qui le concernaient,
42:13lui,
42:14en premier chef.
42:15Et parce qu'il a
42:16des antécédents
42:17de violences,
42:18alors,
42:19non seulement
42:20à l'internat
42:21de Riomont,
42:22ça,
42:23on est dans les années 90,
42:24mais dans des années
42:25beaucoup plus récentes
42:26à l'égard
42:27à l'encontre
42:28de ses propres enfants.
42:29Donc, forcément,
42:30ça intéresse beaucoup
42:31à la mort
42:32du petit Émile
42:33qui était sous la surveillance
42:34du grand-père.
42:35D'autant plus
42:36que le même grand-père
42:37est vu
42:38marchant
42:39sur ses traces,
42:40sur les traces
42:41de l'enfant
42:42alors qu'il s'échappe
42:43et qu'au moment
42:44de sa disparition,
42:45dans le hameau
42:46du haut verret.
42:47Donc,
42:48c'est évident
42:49que nous,
42:50médias,
42:51on s'intéresse
42:52de très près aussi
42:53à Philippe Védovigny.
42:54Alors, justement,
42:55Victor,
42:56le fait
42:57que vous voulez apporter
42:58une petite...
42:59Oui,
43:00je veux apporter
43:01notamment
43:02cette garde à vue
43:03des grands-parents
43:04qui, donc,
43:05ferait état
43:06de dissension
43:07entre les grands-parents
43:08et les parents
43:09du petit Émile Soleil.
43:10Est-ce qu'on en sait
43:11un peu plus
43:12au sujet de ces dissensions ?
43:13De quelle nature sont-elles ?
43:14Réponse courte,
43:15s'il vous plaît.
43:16Là,
43:17il y a deux choses différentes.
43:18C'est-à-dire que le placement
43:19en garde à vue
43:20n'est pas la conséquence
43:21de dissensions
43:22qui seraient d'ailleurs
43:23tout à fait légitimes
43:24parce que les parents
43:25du petit Émile
43:26et notamment le papa,
43:27il peut légitimement
43:28vouloir aussi
43:29un peu
43:30à ses beaux-parents
43:31de ne pas avoir été
43:32peut-être,
43:33à minima,
43:34suffisamment vigilants
43:35parce qu'Émile
43:36leur a quand même
43:37échappé.
43:38C'est en tout cas
43:39une possibilité
43:40que l'enfant ait échappé
43:41complètement
43:42à la vigilance
43:43de ses grands-parents
43:44de ses oncles et tantes
43:45et qu'ensuite
43:46il ait trouvé la mort
43:47dans des conditions
43:48inexpliquées.
43:49Donc oui,
43:50il est tout à fait normal
43:51qu'il y ait un peu
43:52d'eau dans le gaz
43:53si je puis me permettre
43:54cette expression
43:55très triviale.
43:56Mais au-delà de ça,
43:57il y a
43:58quand on parle
43:59de dissension,
44:00c'est-à-dire
44:01que les enfants
44:02eux-mêmes,
44:03les enfants
44:04de la famille Védovigny
44:05ont fait état
44:06de violence
44:07commise par
44:08leur propre père.
44:09Donc ça,
44:10c'est au-delà
44:11de la dissension.
44:12Vous voyez,
44:13c'est un autre chose.
44:14C'est un élément
44:15de personnalité.
44:16Absolument.
44:17Merci à tous les deux
44:18d'avoir été avec nous.
44:19Merci Renan Folgoas
44:20de votre témoignage
44:21de première main.
44:22Et puis Jacques Dallès,
44:23je rappelle que vous êtes
44:24l'auteur de
44:25Sur les chemins du crime
44:26aux éditions Mareuil.
44:27Merci à tous
44:28d'avoir été avec nous.
44:29Vous pouvez retrouver
44:30notre émission
44:31sur la chaîne YouTube
44:32de Sud Radio.
44:33La semaine prochaine,
44:34on se retrouve
44:35samedi 12h
44:36pour une nouvelle
44:37Affaire dans l'affaire.
44:38Tout de suite,
44:39Alain Martin nous emmène
44:40sur les routes
44:41des vins de France.
44:42Juste après les informations.
44:43Tout simplement.
44:44A samedi prochain.
44:45A tout de suite sur Sud Radio.

Recommandations