REPLAY - Coronavirus : Philippe Juvin, le chef du service des urgences de l’hôpital Georges-Pompidou répond à Rémy Buisine et à vos questions.
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00:00Eh bien le bonjour à tous, on est en direct sur Brut avec Philippe Juvin qui est chef du service des urgences de l'hôpital Georges-Pompidou à Paris
00:06et qui va répondre à mes questions mais aussi les vôtres dans les commentaires, n'hésitez pas à réagir.
00:10Bonjour à vous monsieur Juvin, l'occasion peut-être de faire un nouveau point, c'est vrai qu'on s'est vu quasiment chaque deux semaines,
00:16on en est où au niveau des services d'urgence aujourd'hui ?
00:19On en est à deux ou trois points assez divergents, d'abord il y a beaucoup moins de patients qui sont malades de Covid qui viennent aux urgences
00:27mais ces patients, ceux qui viennent restent graves puisqu'on en garde à peu près la moitié hospitalisés, ce qui est un taux assez important.
00:34Il y a un deuxième élément également qu'on a maintenant depuis 4-5 jours qui sont un nouveau flux de patients,
00:41qui sont des flux de patients qui n'ont pas le Covid mais qui depuis 3-4 semaines se sont dégradés à leur domicile
00:48parce qu'ils n'ont pas vu leur médecin traitant, ils ne sont pas allés aux urgences, ils n'ont pas eu les examens ou les médicaments qu'il fallait
00:53et eux arrivent dans un état qui n'est pas très bon, donc il y a un vrai sujet actuellement,
00:58c'est que si vous avez une maladie chronique, consultez, n'attendez pas que les choses n'aillent pas bien,
01:06consultez votre médecin traitant, appelez le 15, venez aux urgences quand vous n'avez pas de solution,
01:12en tout cas ne laissez pas évoluer une maladie qui nécessite d'être surveillée.
01:17C'est vrai que c'est ce qu'on a entendu ces dernières semaines, il y a ce flux de patients qui arrive par rapport au Covid-19
01:22mais certains chefs de service des urgences disent que les personnes qui sont atteintes d'autres maladies ont totalement disparu,
01:29on ne les voit plus mais pourtant les maladies chroniques existent toujours,
01:32il y a toujours des personnes qui peuvent avoir des pathologies lourdes dans d'autres maladies
01:36et donc du coup là ils sont en train de revenir.
01:37Absolument, ces patients reviennent, ça fait aujourd'hui une petite semaine,
01:40ce n'est pas très étonnant parce qu'évidemment quand vous êtes malade,
01:44quand vous avez une maladie chronique grave, un diabète, une hypertension artérielle, un cancer,
01:50vous ne pouvez pas rester dans la nature longtemps.
01:52Donc ces gens ont disparu pendant 3 ou 4 semaines,
01:55certains malheureusement ont probablement fait des formes très graves de la maladie,
02:01certains sont peut-être même morts d'ailleurs, on le saura après l'épidémie,
02:05et d'autres arrivent dans un état dégradé et c'est pour ça qu'il y a une urgence.
02:08Donc le risque justement c'est que ces personnes qui ne consultent plus voient leur état se dégrader,
02:14c'est-à-dire que là vous voyez des personnes qui viennent dans un état plus grave que prévu.
02:17C'est-à-dire que si vous voulez avoir en fait deux types de victimes dans l'épidémie,
02:20les malades du Covid eux-mêmes bien entendu, mais les malades aussi qui n'avaient pas le Covid,
02:24mais qui ont souffert d'une désorganisation du système de soins,
02:27ou tout simplement de la peur d'aller voir un médecin ou d'aller à l'hôpital.
02:31Est-ce que vous justement vous avez des témoignages de personnes qui disaient
02:33justement moi j'ai eu peur de venir parce que j'ai eu peur de venir à l'hôpital,
02:36parce que je risquais d'avoir le Covid-19 ?
02:38Bien sûr, j'ai même des cas de gens qui se sont enfermés chez eux,
02:42qui ont même fait en sorte de ne plus recevoir d'alimentation venant de l'extérieur,
02:48ayant peur que cette alimentation puisse être affectée,
02:52et donc se sont déshydratés, se sont dénutris,
02:55et qu'on a retrouvé dans des états extrêmement précaires.
02:57Donc attention, je veux dire par là que le fait d'être confiné
03:03ne signifie pas qu'il faut abandonner son état de santé, il faut toujours le surveiller.
03:08Et quand on a besoin, il faut appeler son médecin de traitement.
03:11Il ne faut pas appeler le 15, il faut appeler les urgences quand on est malade,
03:14quand on est vraiment malade.
03:15Évidemment, si vous n'avez pas de grand chose, un petit bouton sur la joue droite,
03:20depuis deux ans, et que vous vous en préoccupez, ne venez pas aux urgences.
03:23Ça, ça ne sert à rien.
03:24Vous allez nous encombrer, nous occuper, en revanche, vous venez aux urgences,
03:29ou vous appelez votre médecin de traitement si vraiment vous avez une maladie,
03:32si vous avez l'impression que les choses vont mal, il ne faut pas tarder.
03:36Est-ce qu'on a toujours une saturation des services des urgences aujourd'hui liées au Covid-19 ?
03:39Non, non, non.
03:40La grande nouveauté, c'est que depuis maintenant dix jours, on a une courbe descendante.
03:44Partout, ou à peu près partout en France, de patients qui viennent aux urgences,
03:48qui venaient aux urgences pour le Covid-19.
03:50On a, par exemple, dans mon hôpital, à peu près deux fois moins de patients Covid
03:55qui arrivaient aux urgences qu'il y a dix ou quinze jours.
04:00Ce qui ne signifie pas pour autant qu'on a deux fois moins de patients Covid dans l'hôpital.
04:04On a des patients Covid qui ont été hospitalisés il y a une semaine, dix jours, quinze jours,
04:08quinze jours, qui sont toujours là.
04:10Les lits de réanimation également sont encore très encombrés.
04:14Alors on a un peu plus de marge, un peu plus de lits libres que la semaine dernière,
04:18mais on a quand même un taux d'occupation qui est très, très, très supérieur
04:22à ce qu'on connaît habituellement.
04:23C'est ça qu'il faut comprendre.
04:25Quand vous entendez, oui, les choses vont mieux, il y a plus de lits de réanimation, etc.,
04:29en réalité, il y en a plus de lits disponibles que par rapport à il y a deux semaines
04:33où c'était catastrophique.
04:34Mais on est beaucoup plus rempli, nos hôpitaux sont beaucoup plus remplis
04:37qu'ils ne l'étaient à une période normale.
04:39Alors en parallèle, il y a deux chiffres.
04:41Il y a d'un côté le chiffre des personnes dans les services de réanimation qui baisse,
04:47mais d'un autre les hospitalisations qui augmentent toujours.
04:50Alors dans les services d'hospitalisation, on a un peu moins de patients
04:53pour trois raisons principales.
04:56D'abord, il y a moins de patients qui entrent en réanimation
04:59parce qu'on a un effet du confinement qui fait qu'il y a moins de formes graves,
05:03donc c'est plutôt une bonne chose.
05:04Et une deuxième raison pour laquelle il y a moins de patients dans les réanimations,
05:07c'est que malheureusement, un certain nombre de patients sont morts du Covid
05:11et donc ont libéré des lits.
05:13Ça, c'est évidemment un côté très négatif des choses.
05:16Et puis, fort heureusement, nous avons des patients de réanimation
05:20qui sont sortis de réanimation, non pas guéris, mais en tout cas guéris de la première étape
05:25qui est celle des soins intensifs.
05:27Et donc, il y a des éléments positifs.
05:30On a aujourd'hui des patients qui quittent la réanimation,
05:34ce qu'on n'avait pas encore il y a 15 jours, en tout cas pas dans notre hôpital.
05:37Et par exemple, ce qu'on voit aujourd'hui,
05:39c'est que le taux de mortalité reste encore important.
05:41Il y a encore un bilan chaque jour de décès qui est important.
05:43Est-ce qu'on a un pourcentage entre le nombre de personnes qui décèdent en réanimation
05:46ou en hospitalisation classique ?
05:48On comprenait dernièrement justement qu'il y avait des personnes
05:50qui décédaient sans aller en service de réanimation.
05:52Oui, et puis il y a des patients qui décédaient chez eux,
05:54il y a des patients qui sont décédés en EHPAD.
05:56On a eu un chiffre circulé.
05:58En fait, on ne sait pas.
06:00On ne saura qu'à la fin de l'épidémie,
06:02parce qu'il est clair qu'on trouve des gens qui meurent,
06:05mais qui meurent par exemple à leur domicile.
06:08La question c'est, sont-ils morts du COVID
06:11ou de conséquences du confinement, ce qui est aussi imaginable,
06:15ou sont-ils morts de morts naturelles
06:17qui seraient survenues même s'il n'y avait pas eu l'épidémie ?
06:20Ce chiffre-là, on ne l'a pas, il va falloir le travailler.
06:24Il n'est pas aussi évident que ça.
06:26Ce qui est certain, c'est qu'il y a beaucoup de morts dans les EHPAD.
06:29Ça, c'est une certitude.
06:30Combien de temps on reste justement dans les services de réanimation ?
06:33En moyenne, on sait que les hospitalisations sont très longues.
06:35Oui. En fait, quand vous entrez en réanimation
06:38et que vous devez être ventilé, c'est-à-dire endormi,
06:41qu'on vous met un tube dans la bouche qui descend jusqu'au dos de vos poumons,
06:45qu'on branche ce tube à un appareil qu'on appelle un respirateur,
06:49qui vous permet de respirer artificiellement,
06:51on part pour plusieurs semaines.
06:53On dit traditionnellement pour 15 jours à 3 semaines de réanimation.
06:58Là aussi, il y a des patients qui sont ventilés une semaine,
07:00d'autres qui sont ventilés 3 semaines.
07:02En tout cas, ce n'est pas une affaire d'heures,
07:04c'est une affaire de jours et de semaines.
07:06Et ce n'est pas parce que d'ailleurs,
07:08alors que vous êtes encore en réanimation,
07:10votre état s'améliore de telle manière qu'on peut vous retirer le tube,
07:13vous réveiller et vous sevrer du respirateur,
07:16que vous êtes pour autant guéri.
07:18Vous passez par des phases où on vous surveille attentivement
07:21et vous pouvez faire une rechute.
07:23On a des patients comme ça qui ont été obligés de remettre un tube.
07:26Et puis, parce que de toute façon,
07:28la réanimation, c'est extrêmement éprouvant.
07:30Et après, il y a une covalescence qui est forcément très longue.
07:33C'est une maladie qui fatigue énormément.
07:35Alors, il y a pas mal de questions qui sont posées,
07:37notamment par rapport au discours du chef de l'État lundi soir,
07:40notamment sur les tests, la question des tests,
07:43où on dit qu'on ne testerait que les personnes qui ont des symptômes.
07:46Mais on comprend depuis le début maintenant,
07:48et on l'attend de par tous les discours d'épidémiologistes et autres,
07:51que justement, on peut être asymptomatique et porteur et contagieux de ce virus.
07:55Finalement, c'est un peu contradictoire.
07:57Est-ce que vous pouvez un peu nous donner votre point de vue là-dessus ?
07:59C'est en fait compliqué. Pourquoi ?
08:01Parce que d'abord, il n'y a pas un test, mais il y a différents types de tests.
08:04Grosso modo, il y a deux ou trois grands types de tests.
08:08Le premier test, c'est ce qu'on appelle la PCR,
08:11qui est un acronyme qui signifie qu'on va rechercher l'ARN,
08:14le matériel génétique du virus.
08:16On vous met un petit coton-tige au fond du nez, c'est assez désagréable,
08:20et on recherche le virus, ou en réalité la trace de l'ARN du virus.
08:25Ça, c'est ce qu'on utilise aujourd'hui pour faire le diagnostic.
08:28Vous venez, vous êtes fatigué, vous toussez,
08:30je vous mets le petit truc au fond du nez, je le trouve,
08:33l'ARN, je dis que vous avez une infection pulmonaire liée au coronavirus.
08:38Ça, c'est le premier test.
08:39Et puis, on espère avoir des tests immunologiques
08:42qui vont être faits non pas au fond du nez,
08:44mais sur une goutte de sang ou sur une prise de sang,
08:46qui ont pour but de rechercher le passage du virus,
08:51le fait que vous ayez des anticorps,
08:54c'est-à-dire des substances que vous sécrétez vous-même
08:58pour vous défendre contre le virus,
09:00et qui signent en fait le passage du virus.
09:02Ces tests-là, ils sont très utiles parce qu'ils vont pouvoir,
09:04dans une population, dire,
09:06oui, celui-là, il a rencontré le virus et il est immunisé,
09:09celui-là, il a rencontré le virus, il est immunisé,
09:11celui-là ne l'a pas rencontré.
09:12Ces tests-là, ils existent,
09:14mais il y a encore des doutes quant à leur validité.
09:17Il faut qu'ils soient extrêmement précis,
09:19et il y a différents constructeurs qui en font,
09:22et il y a des tests qui sont d'une validité variable.
09:25Donc, on a quelques jours et quelques semaines encore pour les mettre au point.
09:29Et puis, il y a un troisième type de test,
09:31qui est le scanner.
09:32On vous fait un scanner du thorax,
09:34et ce scanner a des images parfois tellement typiques
09:37qu'il peut nous permettre, dans certains cas,
09:39de dire, au fond, vous pourrez même ne pas faire d'autres tests,
09:42le patient a forcément le coronavirus.
09:44Qu'est-ce qu'a dit le président ?
09:45Il a dit, il faut tester tous ceux qui ont des symptômes.
09:48Mais c'est vrai, vous avez raison de dire,
09:49en même temps, il y a des gens qui ont le coronavirus
09:51et qui n'ont pas de symptômes, globalement, un sur deux.
09:54Donc, d'abord, le président, s'il a dit ça,
09:57il l'a dit parce qu'il a aussi conscience
09:59qu'on ne peut pas tester toute la population.
10:00D'abord, on n'a pas suffisamment de tests,
10:02on n'en aura pas,
10:03et puis ça met beaucoup de temps.
10:04Donc, il dit, on va tester ceux qui sont malades
10:06pour, en fait, dépister, au moment du déconfinement,
10:10l'apparition de clusters, c'est-à-dire de noyaux de malades.
10:13C'est probablement ce qu'il faut faire.
10:15Il y a un deuxième élément, en revanche,
10:17pour lequel, moi, je plaide,
10:18c'est pour les patients,
10:19tenez-vous bien et comprenez-moi bien,
10:22pour les patients qui sont en confinement obligatoire,
10:25contraints, les EHPAD, les hôpitaux psychiatriques,
10:28certains établissements pour personnes handicapées,
10:30les prisons, où, très clairement,
10:32les gens ne peuvent pas sortir,
10:33sont confinés obligatoirement,
10:35ces gens-là, je pense, moi, qu'il faut les tester complètement tous.
10:38Pourquoi ?
10:39Eh bien, l'idée, c'est de séparer la population qui est malade
10:42de celle qui n'a pas le virus.
10:44Alors, c'est vrai, ce n'est valable que le jour où vous allez faire le test,
10:47parce que le lendemain, ils peuvent attraper un virus
10:49et leur test pourrait changer.
10:51Mais le fait de faire une photographie
10:53permet de séparer les populations qui sont positives
10:56des populations qui sont négatives
10:58et donc de ralentir le passage du positif au négatif
11:02si vous voulez séparer, par exemple, des tâches.
11:04C'est ce que certains ont fait dans des EHPAD
11:06où, dans quelques EHPAD, on a testé tout le monde,
11:08les résidents positifs étaient mis, je ne sais pas,
11:10au deuxième ou au troisième étage,
11:12les résidents négatifs aux autres étages
11:14et donc on ralentit la chaîne de contamination.
11:16Eh bien, pour ces populations contraintes à être confinées,
11:20moi, me semble-t-il, il faut tester tout le monde.
11:22C'est d'ailleurs ce que suggèrent
11:24beaucoup de gens qui connaissent bien la maladie,
11:27en particulier l'Organisation Mondiale de la Santé.
11:29Ça répondit pas mal aussi sur la question des asymptomatiques, justement.
11:32C'est-à-dire que vous, moi, on peut être porteur de ce virus,
11:35on peut être contagieux.
11:37Au 11 mai, en tout cas, c'est la date qui est évoquée jusque maintenant,
11:40on sait qu'il y a eu des nuances depuis, comme date du déconfinement.
11:43Je peux être porteur de ce virus, sortir,
11:45et du coup le transmettre à d'autres personnes.
11:46Est-ce que ce n'est pas un danger aussi de ce côté-là ?
11:48Alors c'est vrai, mais vous savez, quand vous y réfléchissez,
11:51quand vous n'avez pas de vaccin dans une telle maladie,
11:54et que vous n'avez pas de médicament d'ailleurs,
11:56pas de médicament contre ce coronavirus,
11:59la seule manière que la population puisse être protégée contre le virus,
12:04si l'on exclut le fait que le virus pourrait disparaître tout seul,
12:07par exemple sous l'effet de l'été,
12:09ce qui est une hypothèse qui n'est pas du tout démontrée,
12:12eh bien, si vous n'avez pas d'effet de l'état de saison,
12:15pas de vaccin, pas de médicament,
12:18ce qu'on peut attendre, c'est qu'il y ait une immunité collective,
12:21c'est-à-dire que quand la population à 75 ou 80 % sera immunisée,
12:26c'est-à-dire qu'on aura développé des anticorps contre le virus
12:29parce qu'elle aura rencontré ce virus,
12:31eh bien il n'y aura plus d'épidémie, l'épidémie disparaîtra
12:34parce que tout simplement le virus ne trouvera plus de victimes à infecter,
12:38à la mesure où la plupart, 80 % des gens, seront protégés.
12:42Et donc une des manières d'accueillir l'immunité collective,
12:45c'est de relâcher dans la nature un certain nombre de gens
12:48qui sont les moins à risque, en particulier les populations jeunes d'abord,
12:52et faire en sorte que cette immunité collective,
12:54très peu, se constitue dans la population.
12:57Justement, il y a Olivier Véran qui s'est exprimé,
12:59il y a eu le Conseil des ministres il y a quelques heures maintenant,
13:02il y a une heure, on a suivi d'ailleurs en direct sur Brut le compte rendu,
13:05Olivier Véran, ministre de la Santé, a dit,
13:06il n'est pas certain que les anticorps protègent du coronavirus.
13:09Ça c'est un vrai sujet majeur d'inquiétude.
13:12C'est que quand on prend par exemple le coronavirus qui était le SARS,
13:18c'est au début des années 2000,
13:19il y a eu une épidémie de coronavirus moins importante
13:21mais une épidémie réelle.
13:22Quand on a travaillé sur les anticorps que les victimes de ce coronavirus
13:27avaient développés quelques années plus tard,
13:29il y a eu une publication en 2010, je me souviens,
13:31on a observé que c'était une immunisation qui n'était pas très robuste.
13:35Et ça c'est un vrai sujet de préoccupation
13:37parce que si on n'a pas de vaccin, si on n'a pas de médicaments,
13:41et si en plus l'immunité que l'on acquiert soi-même n'est pas très robuste,
13:45on peut aller au-delà des convenus.
13:48C'est un vrai sujet de préoccupation.
13:50On a plusieurs publications qui semblent nous dire que ça peut être le cas.
13:53Donc c'est vrai que c'est en milieu.
13:56Est-ce qu'on sait aujourd'hui combien de soignants sont contaminés ?
13:59On doit le savoir.
14:01Moi je ne le sais pas.
14:02Probablement plusieurs centaines avec, comme vous le savez,
14:05malheureusement quelques décès.
14:07Quand on regarde chez les médecins,
14:10les plus atteints sont les médecins généralistes,
14:14ceux qui travaillent en ville,
14:15qui ont été les plus contaminés.
14:18Ça c'est en France.
14:19Quand vous regardez la population mondiale,
14:20il y a un paquet qui a été publié ces jours-ci.
14:23Vous regardez chez les médecins au niveau mondial,
14:26quelles sont les spécialités les plus contaminées,
14:28il y a un groupe qui sort du lot,
14:30c'est un groupe qui mixe les généralistes et les urgentistes.
14:33Quand vous prenez les généralistes et les urgentistes,
14:35vous avez le groupe de médecins qui est le plus infecté,
14:38tout simplement parce qu'ils sont en première ligne de l'épidémie.
14:43Question qui se pose, peut-on être malade deux fois ?
14:45Alors ça vient un peu sur les questions précédentes qu'on évoquait,
14:47mais c'est vrai qu'aujourd'hui,
14:48quand on parle d'immunité collective,
14:50on se dit ben voilà, moi j'ai eu le coronavirus,
14:53donc je serai immunisé.
14:55On a l'impression qu'aujourd'hui, on est un peu moins sûr.
14:57On est un peu moins sûr, absolument.
14:59Depuis le mois de janvier,
15:02on avait un paquet qui laisse entendre qu'on avait des cas de gens
15:05qui avaient une deuxième phase de maladie.
15:07On a vu ça.
15:09La question qui s'est posée à l'époque était de savoir
15:11si au fond, ils avaient vraiment guéri.
15:15Si au fond, ce n'était pas simplement le même virus
15:18qu'on avait pu détecter durant un certain temps,
15:20mais il semble qu'une manière authentique,
15:23on a des gens qui ont fait un premier épisode,
15:25qui sont rentrés chez eux, qu'on a considéré comme guéri,
15:27et qu'ils réattrapent.
15:29Alors si c'est ça, c'est très ennuyeux,
15:31parce qu'évidemment, ça met en cause le principe même de l'immunisation.
15:35Et d'une certaine manière, la question du vaccin va se poser,
15:39parce que le principe du vaccin,
15:41c'est qu'on provoque chez vous la sécrétion de substances
15:46qui vont empêcher le virus ou la bactérie,
15:49dans le cas de la bactérie, d'entrer dans votre corps et de vous infecter.
15:52Si l'immunité n'est pas très robuste,
15:55ça va poser des problèmes pour la mise au point du vaccin.
16:00Le vaccin reste possible, mais évidemment, c'est plus compliqué.
16:03La question des écoles, notamment, elle revient beaucoup.
16:06Elle fait réagir les parents énormément.
16:09C'est vrai qu'au départ, la première chose qu'on a fermée, c'est les écoles.
16:12Donc souvent, ce qu'on se dit dans ce genre de situation,
16:14c'est que la dernière chose qu'on va rouvrir, c'est la première chose qu'on a fermée.
16:18Finalement, ce serait la première qu'on rouvrirait le 11 mai, si tout va bien.
16:22D'abord, il faut voir comment on va faire.
16:24Le président n'a pas dit que le 11 mai, c'était le déconfinement général.
16:28Si les gens l'ont cru, c'est qu'ils n'ont pas bien compris.
16:30Moi, j'ai compris que le président disait une chose,
16:32c'est que le confinement persistait jusqu'au 11 mai.
16:36Et ensuite, on verrait. C'est ça qu'il a dit, en vrai.
16:39Et c'est vrai qu'il a dit que les écoles devront rouvrir,
16:42mais il n'a pas dit que le 12 mai, toutes les écoles rouvrent.
16:44En tout cas, moi, je n'ai pas compris comme ça.
16:46Donc il y aura probablement une réouverture partielle, lente, des établissements scolaires.
16:53Pourquoi on avait fermé les écoles ?
16:55Parce qu'on sait sur la grippe, que pour lutter contre la grippe,
17:01la fermeture des écoles diminue le pic grippal.
17:05On le sait depuis des années.
17:06Donc on s'est dit, on va faire pareil pour le corona.
17:08Je crois qu'on a bien fait.
17:10Le truc, c'est qu'évidemment, la France ne va pas pouvoir être confinée indéfiniment.
17:15Et donc, il va falloir probablement déconfiner aussi les écoles pour permettre quoi ?
17:21Pour permettre tout simplement, non pas que les enfants s'infectent,
17:25ce n'est pas le sujet, mais pour que les parents puissent aller travailler.
17:28En fait, tout va dépendre, je crois, me semble-t-il,
17:30de la manière dont on va le faire
17:32et des moyens qu'on mettra à notre disposition dans un mois.
17:35Est-ce qu'on aura des masques ?
17:36Est-ce qu'on sera capable de tester la population, surtout s'il apparaissent des clusters ?
17:41Est-ce qu'on sera capable de dépister ces clusters ?
17:44Est-ce qu'on sera capable éventuellement de mettre à part des gens qui tomberont malades dans des hôtels,
17:49par exemple, plutôt que de les renvoyer chez eux et infecter leur famille ?
17:53Une des conditions de la réussite du 11 mai,
17:57c'est aura-t-on tous les moyens matériels et d'organisation qui nous manquent jusqu'ici ?
18:01C'est ça le sujet.
18:02Qu'est-ce qu'on a besoin pour sortir de ce confinement ?
18:05Vous savez, d'abord, du matériel, on en manque.
18:08Les masques, ça va un peu mieux dans nos hôpitaux,
18:11mais je pense que dans d'autres hôpitaux, ce n'est pas toujours fait.
18:13Il y a des EHPAD où il n'y en a pas suffisamment.
18:15Les médecins traitants me disent qu'ils n'en ont pas,
18:17donc ce n'est pas tout à fait réglé.
18:19Ça va mieux, mais ce n'est pas tout à fait réglé.
18:21Ce qui manque, c'est plein de choses.
18:23C'est des surtenus.
18:24Vous voyez, là, je suis habillé avec une blouse blanche et un pyjama.
18:27Quand je vais examiner un patient, je retire la blouse,
18:31je me mets une charlotte, c'est-à-dire un chapeau,
18:36un masque FFP2, et puis je me mets des gants
18:40et ce qu'on appelle une surblouse.
18:42La surblouse, c'est quelque chose qui est précieux,
18:45donc qu'on lave précieusement, qu'on réutilise précautionneusement,
18:49et puis que parfois, on fabrique nous-mêmes
18:51parce qu'on est des gens qui avons notre capacité de système D d'adaptation.
18:55Et grâce à Brut, la dernière fois, j'avais dit qu'on avait besoin,
18:59vous savez, de tenues de peintres qui puissent nous protéger.
19:03J'en reçois en permanence.
19:04Tous les jours, je reçois des tenues que je donne à l'hôpital, bien entendu,
19:08que je donne à quelques structures qui nous aident,
19:11en particulier des EHPAD qui sont totalement démunies.
19:14Et un certain nombre de ces tenues de peintres,
19:16nous les redécoupons nous-mêmes et nous les réorganisons
19:19de telle manière qu'on puisse les réutiliser plusieurs fois.
19:21Alors là, regardez, à droite, c'est mon bureau.
19:24Ça, c'est la livraison du jour.
19:26C'est la livraison du jour et d'hier.
19:28Ce sont les paquets, les enveloppes.
19:30Et donc, on a des gens qui nous écrivent, vous voyez.
19:33Donc ça, c'est important de dire, c'est qu'à deux semaines,
19:36on était en live avec Philippe Juvin.
19:38On a fait un appel aux dons parce que, justement, avec M. Juvin,
19:40il faisait le constat qu'il manquait notamment de surblouse.
19:43Il y avait aussi l'idée de recevoir des masques et autres
19:46pour qu'il puisse le redispatcher auprès de médecins qu'il connaît,
19:49d'autres hôpitaux qui auraient peut-être moins de matériel qu'ici.
19:51Et là, donc, j'ouvre l'enveloppe devant vous.
19:52Vous voyez, ça m'a été adressé, c'est grâce à vous.
19:54Et je trouve quoi ?
19:55Je trouve...
19:56Là, il y a seulement une combinaison.
19:58Il y a quelqu'un qui m'envoie une combinaison.
20:00Vous voyez, c'est sympa.
20:01Donc, j'ai des particuliers dont j'ai l'adresse ici.
20:03Je ne sais pas si tout le monde l'a entendu.
20:05J'ai à la fois des entreprises, des boîtes
20:07qui nous envoient beaucoup de choses.
20:09Il y a la police scientifique de Versailles
20:11qui nous a envoyé plusieurs centaines de tenues.
20:14On a des entreprises de bâtiments, de ciments, des artisans.
20:18Beaucoup de choses.
20:19Et puis, le simple particulier qui m'envoie une blouse,
20:22deux blouses, trois blouses.
20:23Il y a des gens qui commandent sur tel ou tel site marchand.
20:27Et on voit, il y a tout ça.
20:28Tout ça, c'en est.
20:29Et ça, c'est ce qui est arrivé aujourd'hui.
20:31Voilà, c'est ce qui est arrivé aujourd'hui.
20:32Encore un.
20:34Vous voyez, je peux l'ouvrir.
20:35Mais si je l'ouvre, je suis sûr que je vais tomber aussi sur des blouses.
20:40Voilà, c'est une blouse.
20:41En effet, encore une.
20:42En effet, encore une.
20:44Avec une petite lettre.
20:45Il y a une lettre.
20:46Alors, qu'est-ce qu'elle nous dit, la lettre ?
20:48Alors, on va voir la lettre.
20:50Voilà.
20:51Alors, la lettre.
20:52J'ai lu votre reportage sur Brut.
20:53Vous voyez, ce n'est pas du montage.
20:55Voici deux blouses.
20:56Bon courage.
20:57Voilà, super.
20:58Donc, ce sont eux, les vedettes.
21:00Justement, c'est l'occasion peut-être aussi de les remercier
21:03parce que je pense qu'il y a beaucoup de personnes qui nous regardent aujourd'hui.
21:05Alors, j'essaie de me remercier chacun.
21:07Vous voyez, je suis un peu en retard sur mon courrier.
21:09Ça, c'est les lettres qu'il faut me remercier.
21:12Donc, on retrouve des...
21:14Il y a des dessins aussi.
21:15Oui, des dessins.
21:17C'est formidable.
21:18On retrouve des gens qui disent, voilà...
21:21Regardez encore.
21:22Monsieur, après la diffusion du reportage Brut,
21:26nous vous envoyons deux combinaisons blanches
21:28que nous avons achetées pour faire nos travaux en soutien à tous les soignants, etc.
21:33Tout ça, c'est grâce à vous.
21:34C'est grâce à Brut et puis c'est grâce à vous tous qui nous écoutez.
21:36C'est génial.
21:37Regardez tout ça.
21:39C'est tout mon courrier de retard.
21:40J'essaie de mettre un petit mot à chacun pour les remercier,
21:42pour vous remercier.
21:43Et si on faisait un message collectif peut-être à ceux qui nous regardent ?
21:45J'en profite même moi-même, personnellement, en tant que journaliste présent ici,
21:48de remercier toutes les personnes qui ont participé à cet élan de solidarité,
21:52parce que c'est important.
21:53On sait que dans de nombreux hôpitaux,
21:55et pas que, on parle des EHPAD, les médecins généralistes,
21:57enfin tous ceux qui sont confrontés à la gestion de cette crise sanitaire,
22:00il y a régulièrement un manque de moyens, de blouses, de masques,
22:04de l'échalote qu'on met sur la tête.
22:06Bref, beaucoup de matériel différent qui est utile,
22:10si ce n'est même vital pour ce personnel soignant.
22:12Et grâce à tous vos colis qui sont ici,
22:15ça va aider l'hôpital Georges Pompidou,
22:17mais pas que, parce que, c'est ce qu'on évoquait avec Philippe Juvin,
22:21c'est que certains de ces colis sont redispatchés,
22:23notamment dans des EHPAD, au niveau de la médecine généraliste,
22:26qui eux sont encore un peu plus démunis.
22:28Exactement, on a vu par exemple, j'ai reçu aussi,
22:31il y avait un paquet que je vous ai montré tout à l'heure,
22:34qui venait de la République tchèque, qui doit être par là.
22:37Il y a des gens qui nous disent,
22:39ça c'est des masques, je ne sais plus où ils sont,
22:41il y en a tellement de toute façon,
22:43qui nous apportent du tas de matériel.
22:45On a reçu des visières aussi, on a reçu des masques,
22:47on a reçu des gants, on a reçu des chaussures,
22:50on a reçu de tout.
22:52Qu'est-ce que je peux vous dire d'abord ?
22:53Continuez, je suis très heureux de pouvoir dispatcher tout ça.
22:57N'hésitez pas aussi à aider tout simplement
22:59les professionnels de santé qui habitent près de chez vous.
23:01Il y a forcément une maison de retraite à côté de chez vous,
23:03il y a forcément un établissement pour personnes handicapées,
23:05il y a forcément un médecin généraliste, un dentiste,
23:08une infirmière libérale qui a besoin.
23:11N'hésitez pas aussi, si vous ne savez pas à qui donner,
23:14à donner à votre mairie.
23:16Les maires sont d'excellents relais,
23:19ils connaissent leur population,
23:20ils savent où sont les professionnels de santé,
23:22ils savent où sont les besoins.
23:23Et les maires sont des gens qui sont au service de la population.
23:29C'est probablement l'élu local qui connaît le mieux les choses.
23:33Il faut aider vos maires,
23:35ils seront très très heureux d'avoir un coup de main venant de votre part.
23:38Il faut envoyer, donc on peut envoyer ici.
23:40Bien sûr.
23:41Je rappelle l'adresse qui est là, qu'on va montrer.
23:45C'est formidable.
23:46Elle est là, voilà, vous l'avez juste là,
23:48je vous laisse le temps de la noter,
23:49on la remettra éventuellement dans les commentaires,
23:51avec Hôpital Européen Georges Pompidou,
23:53professeur Philippe Juvin, 20 rue Leblanc, 75 015 Paris.
23:58Mais n'hésitez pas à envoyer aussi à votre mairie
24:01ou tout simplement à l'EHPAD à côté de chez vous,
24:04ou la Maison pour Handicapés.
24:05Tous ces gens ont besoin de matériel
24:09et ils sont aussi utiles que nous, évidemment.
24:14Alors justement, parlons peut-être,
24:16parce que c'est vrai qu'il y a pas mal de questions
24:18qui reviennent sur notamment au niveau des écoles.
24:23Alors ça revient énormément parce qu'il y a des parents qui sont inquiets,
24:25qui se disent comment on peut remettre en place une classe
24:29avec une distanciation sociale ?
24:30On sait que notamment pour les plus jeunes,
24:32on touche les jouets, on chahute.
24:35Enfin voilà, c'est normal, c'est la jeunesse qui…
24:37Écoutez, moi je crois d'abord qu'il faut attendre
24:39ce que le gouvernement va nous proposer,
24:40parce que le président a dit que d'ici quelques jours,
24:42il y aurait un plan qui serait proposé.
24:44Donc moi je ne sais pas s'ils veulent tout ouvrir.
24:46Mais je dirais d'un point de vue médical,
24:47qu'est-ce qui serait important pour avoir…
24:50C'est simple, il faut ouvrir progressivement.
24:52Donc progressivement, c'est quoi ?
24:54C'est sûrement pas toutes les écoles en même temps.
24:56La mise en œuvre est très complexe.
24:59Je fais que du commentaire, c'est facile,
25:00c'est pas moi qui décide, c'est pas moi qui mets en œuvre.
25:02Mais il faut le faire progressivement.
25:04Il faut qu'on ait du matériel,
25:05c'est-à-dire qu'il faut qu'on ait des masques.
25:07Il faut qu'il y ait des masques qui soient donnés
25:09aux professionnels de la petite enfance,
25:11aux professeurs, à ceux qui… aux ATSEM.
25:14Il faut que tout le monde soit protégé,
25:16parce que les enfants, ça éternue, ça se mouche,
25:18etc., etc.
25:20Et puis, il faut qu'on soit capable
25:22de dépister très rapidement
25:24dès qu'il y ait un foyer d'infection qui se créera.
25:28Dans une école ou dans une famille
25:31d'un enfant qui revient d'école.
25:33Ça, c'est très important.
25:34Et je pense que le déconfinement ne devrait pas se faire.
25:38Je le dis avec grande prudence,
25:39parce qu'il faut beaucoup d'humilité.
25:42Personne n'a jamais fait ça.
25:43Vous savez, cette affaire de déconfinement,
25:44tout le monde disserte là-dessus.
25:46En réalité, personne ne sait vraiment comment faire.
25:48Mais si je parle d'un point de vue théorique,
25:51j'ai envie de dire qu'il faut que ça se fasse progressivement
25:54et dès qu'on a tout le matériel disponible,
25:56dont on manque encore aujourd'hui,
25:57il y a encore cinq semaines.
25:59Et en cinq semaines, j'espère qu'on aura les masques.
26:01J'espère qu'on aura les solutions hydroalcooliques
26:03à l'entrée d'école,
26:05pour que les gens puissent se laver les mains.
26:06Et j'espère qu'on aura toute cette capacité
26:08à faire des tests
26:09pour dépister les clusters dès qu'ils naîtront.
26:12Il y a des réactions souvent
26:13par rapport à ce qui se passe dans d'autres pays.
26:14On sait qu'il y a des pays qui sont plus touchés que d'autres.
26:16La France fait partie des pays les plus touchés.
26:18Bien sûr.
26:19On a le voisin allemand.
26:20Il s'en sort plutôt bien.
26:21Comment on explique ça ?
26:22Je pense que les Allemands sont mieux organisés.
26:25Par exemple, les Allemands ont cinq fois plus
26:27cinq fois plus
26:28de lits de réanimation que nous.
26:30Nous avons commencé la crise
26:31avec 5000 lits de réanimation.
26:33C'est-à-dire 5000 endroits en France
26:35où on pouvait allonger quelqu'un
26:36et lui donner des soins extrêmement intensifs
26:39dans l'hypothèse où il aurait fait
26:40une forme très grave de la maladie.
26:42Les Allemands, 25 000 lits.
26:44Cinq fois plus.
26:45À partir de là,
26:46ils ont la capacité
26:47à déconfiner beaucoup plus rapidement.
26:50Puisque vous avez bien compris
26:51que tout le sujet du déconfinement, c'est quoi ?
26:53C'est de libérer dans la nature des gens
26:56qui vont rencontrer le virus
26:58et dont certains, pour les certains,
27:00vont tomber malades,
27:01certains gravement.
27:02Et évidemment,
27:03si vous lâchez tout le monde d'un coup,
27:05il va y avoir une vague immense
27:07de gens qui vont s'infecter,
27:08qui vont arriver dans nos urgences
27:09et en réanimation,
27:10qu'on ne saura pas traiter.
27:11Donc, pas de déconfinement général le 11 mai.
27:14Je pense que ce n'est pas possible.
27:16Je pense que ce n'est pas possible.
27:17À moins qu'il y ait des éléments
27:18qui m'échappent.
27:19Mais en l'absence de vaccins,
27:20de médicaments
27:21ou d'une diminution du virus liée à l'été,
27:23ce n'est pas possible.
27:25Donc, on va le faire par vaguelette.
27:27On va déconfiner probablement
27:28partie de la population
27:29par partie de la population.
27:31Comment va-t-on la découper ?
27:32Je n'en sais rien.
27:33Je ne suis pas ministre de la Santé.
27:34Ce n'est pas moi qui vais décider.
27:35Les Allemands,
27:36dans la mesure où ils sont
27:37cinq fois plus de lits de réanimation que nous,
27:39ils ont la possibilité d'aller beaucoup plus vite.
27:42Puisqu'ils peuvent soigner en même temps
27:44beaucoup plus de monde
27:45que nous, nous ne pouvons le faire.
27:46Et ça, c'est une différence majeure.
27:49Et c'est un des éléments probablement
27:50qui expliquent qu'ils ont un taux de mortalité
27:52qui est plus faible que le nôtre.
27:54C'est ça.
27:55La crainte d'une seconde vague,
27:56elle est régulièrement évoquée.
27:57Ça revient dans les commentaires aussi.
27:59On a une attention très particulière
28:01à ce qui se passe en Asie
28:02où justement, ils ont
28:03près de deux ou trois mois d'avance sur nous.
28:05On voit que ça a l'air
28:07de reprendre dans certains endroits.
28:09La Chine qui a déclaré un nombre de cas assez inédit,
28:12même si ça reste très modéré
28:13par rapport à ce qu'ils ont pu connaître,
28:14mais tout de même.
28:15Singapour également,
28:16qui a dû prendre des mesures suite à ça.
28:19En fait, il ne faut pas du tout s'étonner.
28:22Il y aura une seconde vague.
28:23À partir du moment où tout le monde est chez soi,
28:25confiné actuellement,
28:26c'est-à-dire fait en sorte de ne pas rencontrer le virus,
28:29ces gens vont sortir.
28:31Il y a un certain nombre qui vont tomber malade.
28:33Et donc, on va dire qu'un jour plus tard,
28:36délai maximum d'incubation,
28:38ils vont commencer à arriver dans les cabinets médicaux
28:40ou à l'hôpital.
28:41Certains d'entre eux vont être très malades
28:44et iront en réanimation.
28:45Et donc, on va avoir la deuxième vague.
28:47Plus on va déconfiner tout le monde en même temps,
28:48plus la vague sera haute.
28:49Donc, l'idée, c'est de déconfiner à hauteur
28:52de ce qu'on pourrait accueillir comme hauteur de vague.
28:55Donc, il y aura une deuxième vague
28:56et probablement une troisième,
28:58puisqu'on va déconfiner par vague.
28:59Et puis, d'ores et déjà, on a une deuxième vague,
29:02mais pas des patients qu'on attendait.
29:04On a la deuxième vague de ceux qui n'ont pas le COVID,
29:07qui sont restés chez eux, qui sont très malades,
29:09qui ne se sont pas soignés ou mal soignés
29:11et qui sont en train de débarquer.
29:13Donc, la difficulté, comprenez-vous, du 11 mai,
29:17c'est qu'on peut avoir la conjonction de deux vagues.
29:22La deuxième vague du COVID, si on va trop vite
29:26et si on n'a pas le matériel,
29:28et la vague de ceux qui n'ont pas le COVID,
29:30mais qui ont simplement une maladie chronique
29:33et qui ont besoin de se faire soigner.
29:35Et il ne faut pas que l'hôpital soit submergé
29:37par ces deux vagues qui arriveraient en même temps.
29:39Donc, en fait, je pense que le président de la République
29:41fera le point avec ses experts et ses ministres
29:44et prendra une décision finale
29:45quelques jours avant le 11 mai.
29:47Mais pas avant.
29:48Là, on n'a pas encore assez de recul.
29:50Le risque aussi, c'est qu'on n'a pas forcément
29:52la lecture immédiate des événements.
29:53C'est-à-dire, on déconfine le 11 mai,
29:54on peut se dire pendant quelques jours, ça va,
29:56il n'y a pas plus d'hospitalisation, de réanimation.
29:58Mais le problème, c'est que la durée d'incubation du virus
30:01fait que les effets d'une bonne chose ou d'une mauvaise
30:04sont vus quelques jours, voire même quelques semaines après.
30:08Oui, il y a deux choses.
30:09D'abord, vous avez raison, il y a ce qu'on appelle l'incubation.
30:11L'incubation, c'est le moment, le délai
30:13entre je rencontre le virus et il entre dans mon corps
30:16et il commence à faire son petit travail pathogène.
30:19Mais je ne me vois pas travailler.
30:21Et au bout d'un certain temps, c'est le délai d'incubation,
30:23je vais avoir des symptômes.
30:25Je vais exprimer la maladie.
30:27La durée maximale d'incubation, on dit que c'est 14-15 jours.
30:31En moyenne, 5-6 jours.
30:33Donc si au bout de 15 jours, après avoir rencontré le virus,
30:36je n'ai toujours aucun symptôme,
30:37c'est que probablement je vais faire une forme asymptomatique
30:39ou que je ne l'ai pas attrapé du tout.
30:42Donc il faut attendre un peu de temps pour voir si la vague arrive.
30:44C'est vrai.
30:45On peut imaginer avec un mélange de dépistage rapide,
30:49de capacité à détecter vite les clusters,
30:53c'est-à-dire les endroits où on va avoir des bouffées d'épidémies,
30:56l'intelligence artificielle peut nous aider
30:59à plus vite reconnaître les moments où ça va flamber.
31:02Ça, c'est un sujet important.
31:04Il va falloir qu'on se dote de ces outils
31:06pour que rapidement on sache que oui, dans telle ville,
31:08dans tel quartier, dans tel immeuble,
31:10dans telle école, il y a 5-6 cas qui viennent d'apparaître.
31:14Un peu, souvenez-vous comme l'affaire terrible de Mulhouse,
31:17quand on avait eu ce rassemblement religieux,
31:20où on avait eu des cas qui s'étaient allumés,
31:25qui étaient apparus peu à peu.
31:27Là, il va falloir les dépister beaucoup plus vite.
31:30Il y a la question qui se pose dans les commentaires.
31:34Je reviendrai juste après peut-être celle des EHPAD,
31:36notamment la question des EHPAD.
31:38Quel regard vous portez un peu dans la situation des EHPAD ?
31:41On sait qu'il y a un nombre de décès qui est très important.
31:43Une situation qui est même parfois dénoncée par des familles,
31:46entre l'isolement des personnes,
31:48qui peut avoir des effets psychologiques,
31:50et les nombreux décès.
31:52Je pense qu'il y a mille choses à dire sur les EHPAD.
31:54D'abord, c'est évident qu'il y a beaucoup de morts.
31:56Mais j'aimerais moi qu'il y en ait moins
31:58si on faisait ce que je demande qu'on fasse
32:00depuis maintenant plusieurs semaines,
32:02c'est-à-dire qu'on teste tout le monde
32:04et qu'on sépare les positifs des négatifs
32:06de la propagation de l'un à l'autre.
32:08Ça, ce serait vraiment important.
32:10Deuxièmement, je pense que le modèle actuel des EHPAD
32:12est à revoir.
32:14On a des établissements qui, en général,
32:16coûtent très cher aux familles,
32:18avec un taux d'encadrement qui est très faible,
32:20une aide-soignante pour beaucoup de patients.
32:22Comment voulez-vous, quand vous êtes toute seule
32:24à aide-soignante ou à deux,
32:26et que vous avez 30 patients à vous occuper
32:28qui ne peuvent pas se laver, se lever,
32:30manger tout seul,
32:32comment voulez-vous vous en occuper ?
32:34Il y a souvent telle charge de travail
32:36et tellement peu de personnel
32:38qu'il n'y a pas de bienveillance
32:40qui est donnée aux gens qui y sont.
32:42Je crois qu'il y a un vrai sujet.
32:44Certaines EHPAD,
32:46pas toutes, bien entendu,
32:48sont de véritables pompes à fric.
32:50Je pense qu'il y a un sujet
32:52sur quelle qualité
32:54veut-on dans nos EHPAD
32:56qui n'est pas qu'un sujet de santé,
32:58c'est un sujet de société.
33:00Je pense qu'il y a beaucoup de choses
33:02à remettre à plat dans le monde des EHPAD
33:04qui, parfois, nous fait bondir.
33:06Et puis, il y a évidemment
33:08cet isolement dingue
33:10de ne pas permettre
33:12à quelqu'un qui est en fin de vie
33:14de voir son fils, sa fille,
33:16son mari ou sa femme
33:18venir l'assister
33:20dans les dernières heures.
33:22J'entends bien les conditions de sécurité,
33:24mais après tout,
33:26on peut leur mettre des casaques,
33:28des lunettes, des gants,
33:30mais on n'en a pas.
33:32C'est toute cette logistique qui a failli
33:34qui fait qu'il y a des gens qui sont morts seuls.
33:36On aurait eu des tenues blanches
33:38comme vous nous les avez envoyées de peintres
33:40pour tous les gens qui sont dans les EHPAD
33:42avec des lunettes, une bavette, un masque, des gants.
33:44On aurait pu accompagner
33:46dans leurs derniers instants
33:48les gens qui sont morts dans les EHPAD.
33:50On aurait pu autoriser le fils ou la fille
33:52à entrer pour embrasser son père ou sa mère
33:54une dernière fois et le prendre dans ses bras.
33:56Si on ne l'a pas fait, c'est parce qu'on était démunis.
33:58Donc, il ne faut pas se cacher.
34:00La situation catastrophique des EHPAD,
34:02ce n'est pas le destin.
34:04Ce n'est pas le destin.
34:06Ce n'est pas quelque chose contre lequel
34:08on ne pouvait rien faire.
34:10La situation des EHPAD, c'est la conséquence
34:12de notre impréparation.
34:14C'est ça, la vérité des choses.
34:16C'est vrai que vous parliez de pompe à fric.
34:18C'est un terme très fort.
34:20On sait très bien qu'il y a des EHPAD.
34:22Je ne parle pas des gens qui y travaillent.
34:24À l'intérieur, dans les EHPAD,
34:26il y a des gens qui sont bien,
34:28mais qui sont très peu nombreux.
34:30C'est un vrai sujet, ça.
34:32Comme ils sont très peu nombreux,
34:34ils ne peuvent pas humainement faire tout ce qu'il faut
34:36pour les gens qui y sont.
34:38Là où je dénonce un certain nombre d'EHPAD,
34:40encore une fois, pas toutes.
34:42Pas tous, parce que c'est un masculin, l'EHPAD.
34:44Il y a des EHPAD qui sont d'une très grande qualité.
34:46J'ai deux EHPAD dans ma commune.
34:48Je suis maire également.
34:50J'ai une des EHPAD du groupe...
34:52Je ne vais pas faire de pub.
34:54Il y a des EHPAD, je l'ai dit,
34:56qui avaient très peu de gens qui étaient infectés
34:58parce qu'ils ont eu une politique extrêmement active
35:00pour empêcher le virus d'entrer
35:02dans la maison de retraite.
35:04Et ça, c'est formidable.
35:06Mais il y a des EHPAD, on le sait,
35:08qui, en gros,
35:10on vous prend beaucoup d'argent
35:12et puis après, on vous abandonne.
35:14Moi, je pense qu'il y a un vrai sujet
35:16sur les critères de qualité
35:18qu'il faut imposer aux EHPAD.
35:20Est-ce que, par exemple, on sait
35:22que quelqu'un qui est dans une chambre
35:24dans une EHPAD, il a la capacité
35:26de prendre une douche tous les combien ?
35:28C'est une question qu'il faudrait se poser.
35:30On a quelques remarques,
35:32on a quelques retours qui font que
35:34quand les gens impotents au lit
35:36sont incapables de sortir eux-mêmes du lit,
35:38on n'a pas le temps de les prendre
35:40et de les doucher tous les jours.
35:42Je suis désolé.
35:44Si un jour, je suis
35:46résident d'une EHPAD,
35:48je veux avoir une douche tous les jours.
35:50Ce n'est quand même pas extraordinaire
35:52en 2020 de demander
35:54à ce que les résidents des EHPAD
35:56puissent se laver
35:58et pas simplement un bout
36:00de débarbouillage dans son lit,
36:02mais en prenant une douche tous les jours,
36:04puissent avoir un repas sans courir
36:06parce que la malheureuse aide soignante
36:08doit donner à manger
36:10à 30 personnes d'affilée
36:12et que je puisse avoir mes enfants
36:14qui viennent me prendre la main quand je suis en train de mourir.
36:16C'est tellement énorme
36:18d'avoir à dire ça
36:20que j'en suis effrayé.
36:22On fera le bilan des EHPAD après.
36:24C'est important de le faire.
36:26Pour l'instant, on dénombre
36:28environ 5000 décès dans les EHPAD.
36:30C'est le bilan officiel, mais parce que
36:32toutes les remontées d'infos ne viennent pas
36:34quotidiennement.
36:36Dans les bilans annoncés chaque soir
36:38par Jérôme Salomon, ce n'est pas
36:40les décès dans les dernières 24 heures,
36:42c'est les remontées administratives
36:44de décès qui peuvent être dans les dernières 24 heures
36:46et qui parfois remontent à plusieurs jours.
36:48Parfois, il y a un petit décalage.
36:50On ne teste pas de toute façon
36:52la plupart des gens qui décèdent
36:54pour diverses raisons. D'abord parce qu'on n'a pas de test.
36:56Ces chiffres sont évidemment
36:58très parcellaires. La réalité, c'est qu'on meurt du COVID
37:00dans les EHPAD.
37:02Pour vous, le chiffre de 5000 est largement sous-estimé ?
37:04Je ne sais pas. Probablement.
37:06Mais je ne sais pas.
37:08On a encore quelques petites questions et commentaires de personnes
37:10qui veulent vous poser des questions en tant que professionnels de santé.
37:12Émilie nous pose cette question.
37:14Quels sont les profils qu'il va falloir
37:16écarter du déconfinement, mis à part
37:18les personnes âgées ?
37:20D'abord,
37:22il y a un moment
37:24où tout le monde va se déconfiner.
37:26Le confinement
37:28n'est pas une condamnation en perpétuité.
37:30Il y a un moment où toute la population,
37:32heureusement, sera déconfinée.
37:34Ce que vous voulez dire par votre question, c'est quels sont ceux
37:36avec lesquels il faut être particulièrement prudent
37:38et peut-être attendre un peu plus
37:40parce que ça serait bien
37:42par exemple qu'on ait un vaccin
37:44ou ça serait bien qu'il y ait une immunité collective dans la population
37:46telle que
37:48ces gens soient moins à risque
37:50d'attraper le virus.
37:52Très clairement, les gens qui ont des pathologies associées.
37:54On a observé par exemple
37:56que les gens qui avaient des maladies vasculaires, le diabète,
37:58étaient des gens qui étaient beaucoup plus à risque
38:00que d'autres.
38:02Il y a une classification en France qu'on appelle ALD.
38:04A, affection.
38:06L, longue. D, durée.
38:08Affection de longue durée.
38:10C'est à l'intérieur de ce groupe-là,
38:12c'est pas tous, attention,
38:14il faut voir ceux qui sont
38:16particulièrement visés par la maladie
38:18et chez lesquels, probablement,
38:20il va falloir déconfiner un peu plus lentement.
38:22En tout cas, avec beaucoup de précautions,
38:24beaucoup de moyens de masques,
38:26beaucoup de moyens de testing
38:28s'il y a besoin, etc.
38:30Et puis, il faudrait surtout déconfiner vite
38:32ceux qui ont déjà rencontré le virus.
38:34Et pour ça, il faudrait qu'on déconfine
38:36les gens qui ont déjà rencontré le virus.
38:38Et pour ça, il faudrait qu'on ait
38:40des tests valables, efficaces,
38:42qui montrent qu'ils ont déjà eu,
38:44qu'ils ont déjà rencontré le virus,
38:46quel que soit leur âge, d'ailleurs.
38:48Il y a des gens de 80 ans qui ont déjà rencontré le virus,
38:50qui sont chez eux guéris.
38:52Parce que là, il n'y a aucune raison qu'ils restent confinés.
38:54À moins que, comme l'a dit le ministre,
38:56on s'aperçoive qu'on peut le refaire deux fois
38:58et que ça soit un cas fréquent.
39:00Dans ces cas-là, l'équation
39:02reste, évidemment, tout à fait différente.
39:04Parce qu'on a vu quelques études, justement,
39:06considérées comme alarmantes pour certaines.
39:08Alors certaines peuvent être contradictoires les unes des autres.
39:10Mais on en a une qui nous dit
39:12pas de reprise de la collectivité.
39:14Il faut garder une distanciation sociale
39:16jusqu'en 2022. D'autres qui préconisent
39:18de dire qu'il faudrait que les personnes âgées
39:20restent confinées jusqu'à la fin de l'année.
39:22On se dit,
39:24mais quand est-ce qu'on va vraiment en sortir ?
39:26D'abord, il faut que vous sachiez que toutes ces études,
39:28elles ne donnent
39:30des résultats qu'en fonction d'hypothèses
39:32qu'on a entrées dans leurs équations.
39:34Autrement dit, personne n'a jamais fait ça.
39:36On n'a jamais confiné
39:38toute une population, puis déconfiné
39:40cette population. Donc c'est un exercice
39:42qu'on ne sait pas faire,
39:44qu'on n'a pas fait auparavant, et donc on ne peut pas
39:46dire que c'est comme ça qu'il faut faire.
39:48Aujourd'hui, et c'est un peu le message
39:50que le président de la République a dit,
39:52on va déconfiner le 11,
39:54si toutes les conditions sont remplies,
39:56puis on verra au coup par coup, au fil de l'eau,
39:58on étudiera. Combien de temps ça peut durer ?
40:00Je ne sais pas. Il y a des études, effectivement,
40:02qui montrent que pour des populations
40:04très fragiles, mais ne parlons pas
40:06simplement d'âge, il faut parler de pathologie,
40:08des gens qui ont des maladies graves, vasculaires
40:10en particulier, il y a des gens qui disent qu'il faut attendre
40:12plusieurs vagues, il faut le faire
40:14par petits bouts, que la population sorte
40:16par petits bouts, et ça nous pousse jusqu'à
40:18la fin de l'année. Je ne sais pas
40:20si c'est ce qu'il faut faire, parce que
40:22ça, c'est ce qu'il faudrait faire au niveau
40:24sanitaire, d'après les auteurs de ces études.
40:26Mais, si vous confinez
40:28les gens, vous avez aussi des conséquences.
40:30Si vous les laissez confiner,
40:32des conséquences sanitaires, ils se soignent mal pour d'autres
40:34pathologies.
40:36Imaginez que vous déclariez un
40:38cancer. Si ce cancer n'est pas
40:40diagnostiqué
40:42alors que vous êtes chez vous, c'est embêtant.
40:44Vous allez faire une forme grave de la maladie
40:46qui ne sera pas
40:48dépistée alors qu'elle l'aurait été
40:50en étant déconfinée.
40:52Et puis, il y aura des effets évidemment
40:54économiques qui sont fondamentaux, qui eux aussi
40:56ont des effets sur la santé, vous ne faites qu'une illusion.
40:58Quand le pays est pauvre,
41:00on a moins de moyens à mettre
41:02dans la santé, et puis il y a des effets
41:04de sécurité publique. Le jour où on aura
41:06beaucoup de morts
41:08dans une prison, parce qu'on aura
41:10laissé confiner beaucoup de monde,
41:12il y aura un sujet majeur
41:14de maintien de l'ordre.
41:16C'est une affaire
41:18à plusieurs inconnues, une équation à plusieurs inconnues
41:20et
41:22je ne voudrais pas être le premier ministre
41:24qui a une charge extrêmement considérable et complexe
41:26à mettre en oeuvre. En tout cas,
41:28il y a une condition pour qu'on puisse
41:30commencer à déconfiner, c'est d'avoir le matériel
41:32qu'on nous promet pour dans un mois. Ça c'est fondamental.
41:34Si on ne l'a pas,
41:36ce n'est même pas la peine d'y penser.
41:37Question de distanciation sociale qui revient régulièrement
41:39dans les commentaires, c'est vrai qu'on parle d'un mètre
41:41et puis en parallèle de ça, on voit des études
41:43où on montre une personne qui est
41:45terre nue avec des projections qui vont à plusieurs
41:47mètres, qui vivent dans l'air
41:49même pendant plusieurs dizaines de minutes
41:51voire plus encore. Alors peut-être deux questions
41:53en une, c'est de se dire, finalement, est-ce que cette distanciation
41:55sociale d'un mètre, elle est vraiment
41:57efficace et la durée de vie
41:59du virus dans l'air, parce que c'est vrai qu'on a
42:01eu beaucoup d'informations parfois contradictoires
42:03même sur la pollution, sur des choses comme ça.
42:05Est-ce qu'on peut peut-être faire un panorama complet
42:07sur ça ? D'abord on peut faire un panorama mais
42:09sur la base d'informations qui ne sont que parcellaires
42:11et qui sont des hypothèses scientifiques.
42:13Un mètre, c'est probablement insuffisant.
42:15Chez deux sujets immobiles
42:17qui parlent sans se cracher à la figure,
42:19au minimum
42:21deux mètres paraissent indispensables
42:23tout en sachant que ce qu'on mesure sont
42:25des gouttelettes, mais est-ce que toutes les gouttelettes
42:27sont infectantes ? Ça je ne sais pas.
42:29On n'a pas fait l'étude, vous voyez, qui consiste à ce que
42:31je vous crache à la figure. Moi malade,
42:33je vous crache à la figure et je vois si vous avez la maladie.
42:35Ça, heureusement, on ne l'a pas fait
42:37et on ne va pas la faire. Donc ce sont que des hypothèses.
42:39Donc deux mètres paraissent mieux qu'un mètre.
42:41Vous avez vu cette étude
42:43qui est assez réelle quand on court.
42:45Évidemment, quand vous courez,
42:47vous avez une possibilité de laisser des
42:49postillons et des gouttelettes en
42:51suspension sur une
42:53surface plus longue.
42:55Donc c'est probablement beaucoup plus que deux mètres.
42:57Quand on éternue, ça passe à huit mètres.
42:59C'est pour ça qu'il faut mettre des masques.
43:01Une des clés du sujet, c'est
43:03qu'il faut que la population générale, tout le monde,
43:05vous, moi, les gens qui nous écoutent,
43:07quand ils vont chercher leur baguette de pain,
43:09il faut qu'ils se couvrent le nez et la bouche.
43:11C'est fondamental. Comme ça,
43:13ils ne mettent pas tout leur
43:15miasme partout sur
43:17la vitrine du magasin, sur
43:19la caisse enregistreuse du boulanger,
43:21etc. C'est fondamental.
43:23Mettez les masques. C'est une manière d'avancer.
43:25Et puis évidemment, lavez-vous les mains.
43:27C'est toujours valable. Il faut continuer.
43:29Quand on parle du déconfinement,
43:31on pense aussi
43:33à la surcharge des services des urgences.
43:35Aujourd'hui, on a
43:37un niveau inédit. On rappelle,
43:39si je ne me trompe pas au niveau des chiffres,
43:41on avait 1200 lits
43:43de réanimation en Ile-de-France.
43:45On est aujourd'hui à peu près 2600 patients
43:47en réanimation à l'heure actuelle.
43:49Une légère baisse, mais qui est quand même très légère
43:51par rapport à l'augmentation de ces derniers jours.
43:53Plus de 30 000 personnes qui sont hospitalisées.
43:55A partir de quel seuil on peut considérer
43:57que l'hôpital est revenu
43:59à un niveau d'équilibre à peu près normal ?
44:01Qui permet d'avoir une deuxième vague éventuellement.
44:03Éventuellement, et de reprendre la vie.
44:05C'est ça la question aussi.
44:07Parce qu'on sait que c'est l'une des choses
44:09qui est évoquée chaque soir par Jérôme Salomon en disant
44:11« Notre indicateur, c'est le nombre de personnes en réanimation ».
44:13Exactement. En fait, ce n'est pas tant le nombre de personnes
44:15en réanimation, c'est le nombre de lits de réanimation de libre.
44:17Et comme déjà on part avec un nombre
44:19de lits qui est faible par rapport à l'Allemagne,
44:21et bien évidemment,
44:23on a moins de marge de manœuvre.
44:25Il faudrait au moins revenir
44:27à un état qui est identique
44:29au nombre de lits de réanimation libre
44:33qui était le nôtre
44:35un an auparavant,
44:37hors période. Mais le 11 mai, c'est pas un peu tôt
44:39justement pour y revenir ?
44:41Non, on peut espérer. La maladie en fait,
44:43c'est comme ça qu'on va l'évaluer. Elle évolue quand vous êtes en réanimation
44:45et que vous y restez 3 semaines.
44:47On peut penser que dans 4 semaines,
44:49ceux qui sont en réanimation là, ils seront sortis de réanimation.
44:51Et à partir de là, ils auront
44:53libéré des lits de réanimation. Mais,
44:55mais,
44:57il faut libérer des lits de réanimation
44:59au moment du déconfinement, comme vous l'avez dit, pour pouvoir
45:01avaler
45:03l'éventuelle vague
45:05qui arriverait du fait du déconfinement.
45:07Il y a un deuxième sujet, je l'ai évoqué tout à l'heure,
45:09c'est qu'on peut avoir une deuxième vague parallèle
45:11qui est la vague de patients qui n'ont pas de
45:13Covid et qui, eux, vont tomber malades.
45:15Il y a un moment où ces gens qui sont chez eux
45:17et qui sont très malades, ils vont avoir besoin de réanimation.
45:19Il va falloir les opérer, parfois les mettre en réanimation
45:21après la chirurgie.
45:23Et bien donc, on peut avoir une conjonction
45:25de deux besoins de lits de réanimation qui
45:27aggravent les choses. Donc, ce que je crois,
45:29c'est qu'il faut continuer
45:31à ouvrir des lits de réanimation.
45:33Même si on en a
45:35un peu plus de disponible
45:37qu'il y a une semaine, c'est un peu plus confortable,
45:39il faut que nous continuions à en ouvrir.
45:41Il y a quelques semaines, d'ailleurs,
45:43chez vous, je crois, j'avais plaidé pour un transfert
45:45de patients d'Île-de-France
45:47vers d'autres régions
45:49moins impactées pour
45:51libérer des lits de réanimation. Alors, ça a été fait en partie
45:53et c'est bien, c'est très bien.
45:55Ça a été fait en partie en Allemagne
45:57parce qu'ils en ont beaucoup d'avance.
45:59Je pense qu'il faut,
46:01dans la prévision du déconfinement,
46:03être beaucoup plus souples
46:05sur nos capacités de
46:07transférer des malades quand c'est nécessaire,
46:09bien entendu, d'une région
46:11à une autre, voire d'un pays à un autre.
46:13Bref, faire tout ce qu'on n'a pas pu faire parce que c'était l'urgence
46:15et que nous étions désorganisés
46:17et sous-équipés.
46:19Cette vague qui nous arrivera
46:21si on déconfine le 11 mai, qui probablement
46:23nous arrivera, on va dire, fin mai,
46:25cette vague...
46:27Une seconde vague fin mai, probablement.
46:29Si on déconfine le 11, oui.
46:31Probablement.
46:33Encore une fois, je ne suis pas de vin.
46:35On entend par exemple le professeur Raoult qui dit
46:37qu'on voit presque le virus qui disparaît.
46:39Le professeur Raoult voit que le virus disparaît,
46:41mais moi aussi.
46:43J'ai deux fois moins de cas dans mes urgences
46:45qu'il y a une semaine. Tout le monde voit ça.
46:47Ça s'appelle l'effet du confinement.
46:49Ça tombe bien, c'est pour ça que c'était fait.
46:51La vraie question, c'est quand on va déconfiner
46:53ceux qui sont encore confinés,
46:55est-ce qu'ils vont pareillement s'infecter
46:57et faire des faits hormograves ?
46:59Et relancer la machine ? Probablement.
47:01À moins qu'on s'aperçoive
47:03que le virus disparaît
47:05parce qu'il y a eu la chaleur,
47:07le mois de mai,
47:09ou la magie.
47:11Il y a des choses qu'on ne connaît pas.
47:13La magie, je n'y crois pas trop.
47:15Il est probable
47:17qu'on aura une vague
47:19d'autant plus importante fin mai
47:21qu'on aura déconfiné beaucoup de monde.
47:23Si on déconfine peu de monde,
47:25on aura une petite vague. Si on déconfine beaucoup de monde,
47:27on aura une plus grande vague.
47:29Pour que cette petite vague soit absorbée,
47:31en même temps que la vague des patients
47:33qui n'ont pas le Covid, vous avez compris,
47:35et qui ont des pathologies qui, chez eux,
47:37mijotent malheureusement
47:39parce qu'ils se soignent mal,
47:41il faut qu'on ait des lits libres aujourd'hui.
47:43Ce n'est pas le cas.
47:45J'espère que le 11 mai,
47:47on aura eu des lits qui se seront libres.
47:49Il faudrait dès maintenant,
47:51il faut arrêter,
47:53le centre de contrôle des maladies d'Atlanta,
47:55qui est l'organisme
47:57le plus sérieux au monde en matière de maladies infectieuses,
47:59l'Académie nationale de médecine,
48:01l'Association des mères de France,
48:03tout le monde dit,
48:05protégez-vous le nez et la bouche
48:07quand vous sortez de chez vous,
48:09pour ne pas en mettre partout.
48:11Pas pour vous protéger vous-même,
48:13mais pour ne pas en mettre vous-même partout.
48:15Avec quoi ? Avec des masques.
48:17Si vous n'en avez pas, vous en faites vous-même,
48:19vous en fabriquez.
48:21Il y a des vidéos
48:23sur Youtube qui vous expliquent
48:25comment on fait un masque.
48:27On le fait sérieusement.
48:29On le lave,
48:31on continue à se laver les mains,
48:33mais il faut se couvrir la bouche et le nez.
48:35Il faut arrêter de penser qu'on peut continuer comme ça.
48:37C'est quand même incroyable
48:39qu'on en soit là.
48:41La France serait le seul pays qui expliquerait à sa population
48:43que ce n'est pas la peine de mettre un masque.
48:45Il faut mettre un masque.
48:47Il y a des groupes sanguins protecteurs.
48:49Il y a l'âge qui est protecteur aussi.
48:51Les femmes sont moins malades.
48:53Il y a également, on a observé,
48:55dans les pays où le BCG,
48:57c'est un sort de vaccin
48:59qui protège
49:01contre la tuberculose,
49:03on a observé que dans les pays
49:05où le BCG était obligatoire,
49:07il y aurait moins de cas de coronavirus.
49:09Tous ces éléments-là,
49:11c'est des éléments intéressants qu'il faut avoir en tête
49:13qui nous permettent de définir des populations
49:15plus à risque que d'autres.
49:17Problème pulmonaire ou hémoglobine ?
49:19Le virus,
49:21qu'est-ce qu'il fait ?
49:23Il s'attaque au corps entier.
49:25C'est pour ça que vous avez des problèmes
49:27de goût.
49:29Il y a une toxicité sur les nerfs,
49:31mais surtout sur le poumon.
49:33Il va
49:35abîmer
49:37la barrière entre l'alvéole,
49:39qui est l'endroit le plus profond du poumon
49:41où l'air que vous inspirez arrive,
49:43et le capillaire,
49:45le petit vaisseau derrière l'alvéole.
49:47L'alvéole, c'est comme un petit sac.
49:49Derrière le sac, il arrive l'oxygène
49:51qui va passer dans le petit sac.
49:53Derrière, il y a un vaisseau.
49:55C'est le capillaire.
49:57Dans ce vaisseau, il y a de l'hémoglobine
49:59qui va se charger grâce à l'oxygène
50:01qui va passer de là à là.
50:03Cet oxygène va aller
50:05à vos tissus.
50:07Le problème, c'est que la barrière
50:09devient tellement solide, tellement dure,
50:11tellement inflammatoire,
50:13que l'oxygène n'arrive plus à passer dans le vaisseau.
50:15Cette altération de la barrière
50:17alvéolo-capillaire,
50:19elle cause
50:21la gravité de la maladie.
50:23C'est un problème pulmonaire.
50:25Mais c'est aussi un problème
50:27vasculaire, parce que dans cette barrière
50:29alvéolo-capillaire, il y a du poumon
50:31et le capillaire qui est un vaisseau.
50:33On a beaucoup de capillaires qui sont malades.
50:35Pour conclure ce live, cette question
50:37qui revient peut-être à ce qu'on a évoqué au départ,
50:39mais qui est important de donner en tant que médecin en conseil
50:41aujourd'hui, on a évoqué au début
50:43de ce live le fait que vous avez vu des patients
50:45qui avaient totalement disparu depuis quelques semaines
50:47revenir progressivement dans des états
50:49plus graves que celui dans lequel ils étaient avant
50:51parce qu'ils n'ont pas consulté,
50:53parce qu'ils n'ont peut-être pas poursuivi leur traitement.
50:55Et le risque, c'est qu'on ait une mortalité
50:57supérieure aussi
50:59hors Covid de personnes qui ont des pathologies lourdes,
51:01des maladies graves, parce qu'ils n'ont
51:03pas suivi leur traitement. Peut-être important
51:05de donner peut-être quelques conseils
51:07à ceux qui nous regardent, qui ont peut-être des traitements.
51:09La crainte de venir dans les hôpitaux parce qu'on
51:11se dit j'ai peur de venir à l'hôpital et d'avoir le Covid-19.
51:13Qu'est-ce que vous pouvez un peu leur dire ?
51:15Quand vous avez une affection de longue durée,
51:17les gens savent ce que c'est une affection de longue durée
51:19quand ils en souffrent, un diabète,
51:21une hypertension artérielle,
51:23il faut que vous continuiez à prendre vos médicaments.
51:25Il ne faut pas vous arrêter.
51:27Quand vous n'en avez plus, il faut contacter votre pharmacien.
51:29Et si vous n'arrivez pas
51:31à joindre le pharmacien, il ne répond pas,
51:33il n'y a pas de raison, les pharmaciens sont ouverts.
51:35Eh bien, appelez au secours.
51:37Appelez votre médecin traitant. Appelez votre mairie.
51:39Le maire, il est là aussi pour ça, pour vous aider.
51:41Et n'arrêtez pas vos traitements, ça c'est fondamental.
51:43Si vous avez l'impression qu'il y a des choses
51:45anormales qui surviennent,
51:47vous appelez votre médecin traitant, vous lui passez un coup de fil,
51:49vous lui expliquez la situation.
51:51S'il n'est pas disponible, vous appelez SOS Médecins.
51:53Si ce n'est pas disponible,
51:55ou d'autres sociétés de médecins d'urgence,
51:57vous appelez le 15.
51:59Vous prenez un conseil, ne restez pas seul face
52:01à votre maladie si celle-ci
52:03semble ne pas bien être équilibrée.
52:05Il faut être vigilant
52:07sur sa propre maladie,
52:09et quand c'est nécessaire, il faut aller voir
52:11votre médecin, et parfois même aller aux urgences.
52:13Très important, en tout cas c'est noté.
52:15On va vous remercier, Philippe Juvin,
52:17pour ce nouveau live, et on profite aussi
52:19à nouveau pour montrer
52:21tout ce qui se trouve dans ce bureau.
52:23C'est grâce à vous, tout simplement,
52:25la dernière fois, lors du précédent live qu'on avait fait,
52:27c'était il y a un peu plus de deux semaines, le lundi.
52:29On avait, avec Philippe Juvin,
52:31lancé un appel aux dons pour que l'hôpital
52:33Georges Pompidou puisse être mieux armé
52:35face à cette épidémie de coronavirus.
52:37L'appel, c'était notamment les surblouses,
52:39mais il y a notamment aussi des personnes qui ont envoyé
52:41des masques, d'autres matériaux
52:43très importants
52:45pour venir en aide aux personnels soignants
52:47qui peuvent parfois se retrouver
52:49démunis de moyens dans les EHPAD,
52:51les médecins généralistes aussi, surtout qui, eux, ont encore
52:53moins de moyens. Il faut savoir que
52:55tout ce qui est ici a servi à l'hôpital,
52:57et ce qui est en trop
52:59est parti dans d'autres hôpitaux.
53:01Rien n'est perdu ici,
53:03nous sommes des spécialistes mondiaux
53:05du système D, donc vous nous envoyez quelque chose,
53:07on sait l'utiliser, si on n'en a pas besoin,
53:09on donne à des gens qui en ont utilité.
53:11Mais vous-même, n'hésitez pas, comme je vous le disais,
53:13à le donner à votre EHPAD,
53:15à votre mairie, à votre médecin traitant, tout le monde en a besoin.
53:17L'EHPAD, ou l'adresse qu'on donne une nouvelle fois
53:19pour ceux qui souhaitent, comme je vous disais,
53:21ça arrive ici, ça sert pour l'hôpital Georges Pompidou,
53:23et sinon c'est dispatché
53:25ailleurs, dans d'autres hôpitaux
53:27et d'autres services qui en ont besoin.
53:29Et puis le conseil que donnait Philippe Juvin à l'instant, c'est de regarder
53:31au niveau des EHPAD, notamment,
53:33les médecins généralistes, n'hésitez pas à aller les voir
53:35à leur rencontre, si vous avez des choses à leur donner,
53:37n'hésitez pas aussi, vous pouvez le faire aussi
53:39directement, mais voilà, l'adresse, elle est juste là.
53:41Donc un grand merci à vous
53:43pour avoir suivi ce direct, un grand merci à vous
53:45aussi Philippe Juvin d'avoir pris du temps
53:47de répondre à mes questions, mais aussi celles des internautes.
53:49Soyez patient jusqu'au 11,
53:51soyez sérieux jusqu'au 11.
53:53Il va faire beau, on va avoir envie de sortir,
53:55mais c'est toujours pas très sérieux de sortir.
53:57On sait que c'est très difficile,
53:59vraiment, c'est une sacrée épreuve, ce confinement,
54:01et on sait combien pour certains
54:03particulièrement qui vivent dans des conditions
54:05où les choses sont...
54:07On n'a pas de place, on est nombreux, c'est compliqué,
54:09mais franchement, essayez de tenir
54:11encore, essayez de tenir encore.
54:13Conseil très important en tout cas,
54:15et on vous le dit aussi,
54:17n'hésitez pas, MyBrute,
54:19on va vous mettre le lien dans les commentaires, vous pourrez
54:21vous inscrire en mettant votre
54:23adresse mail, tous les jours on vient vers vous avec une lettre
54:25d'information, vos retours, vos feedbacks sur le live
54:27qui sont précieux également,
54:29n'hésitez pas à nous faire vos retours,
54:31c'est toujours intéressant d'avoir vos feedbacks,
54:33vos questions, vos critiques, vos encouragements,
54:35vos idées aussi de live, parce qu'on est présents sur le terrain
54:37aussi pour vous informer.
54:39Vous m'excuserez un peu pour les cheveux, mais on n'a plus de quoi faire
54:41depuis un mois et demi, ça devient compliqué,
54:43mais voilà, en tout cas, j'espère que vous allez bien,
54:45prenez soin de vous et de vos proches,
54:47et puis on se retrouve très très vite sur Brut pour de nouvelles images
54:49en direct, peut-être même dès ce soir,
54:51parce qu'il faut savoir qu'il y a un an de cela,
54:53on avait vécu le terrible incendie
54:55de la cathédrale de Notre-Dame,
54:57et très important, parce que ce soir,
54:59le grand bourdon va sonner pour ces un an,
55:01c'est la première fois, je crois,
55:03depuis cet incendie, et on vivra
55:05probablement ça ce soir si on arrive à pouvoir s'approcher,
55:07et ça c'est quelque chose qui est très important.
55:09MyBrut, on vous met le lien dans les commentaires,
55:11vous avez mon profil qui est en description du live
55:13pour vos retours, vos feedbacks, qui sont très très très importants,
55:15comme je vous disais,
55:17pour nous dire un peu ce que vous pensez.
55:19MyBrut, je vous disais, le lien dans les commentaires,
55:21on vient vers vous tous les jours avec nos publications,
55:23c'est nous qui venons vers vous avec l'ensemble de la production
55:25de Brut, donc voilà les deux points importants
55:27sur vos retours et sur
55:29la lettre d'information qu'on vous envoie tous les jours
55:31par mail.
55:33Et puis moi, quand vous avez retiré votre masque, moi j'ai mis...
55:35Voilà, exactement, c'est-à-dire que moi pendant
55:37toute l'interview, je portais un masque,
55:39et maintenant, Philippe Juvin porte le sien.
55:41Voilà, et on vous souhaite à tous une très très bonne journée,
55:43et puis à très très bientôt sur Brut.
55:45Très bonne journée à vous.