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REPLAY - Coronavirus : Alexandre Bleibtreu, infectiologue à Pitié-Salpetrière répond à vos questions et à Rémy Buisine.
Transcription
00:00Bonjour à toutes et bonjour à tous en ce samedi en début d'après-midi on parle donc avec Alexandre
00:05Bleptereux qui est infectiologue à la pitié sale pétrière qui va répondre durant les
00:09prochaines dizaines de minutes à mes questions mais aussi vos interrogations, vos questionnements
00:13dans les commentaires. Vous pouvez répondre, réagir également à ce qu'on va évoquer,
00:18tous les sujets qu'on va évoquer dans ce Facebook Live. Bonjour à vous Alexandre,
00:21Bleptereux, donc merci d'accepter de répondre à mes questions parce que c'est vrai que j'imagine
00:25vous êtes très chargé en ce moment, il y a beaucoup de boulot. Ça se calme un petit peu
00:28donc voilà on profite d'une petite accalmie. Justement un petit point de situation on est
00:33où actuellement ? Alors on est toujours en grande tension en Ile-de-France sur les lits de
00:39réanimation même si on commence à avoir sur notre établissement une dizaine de lits d'avance. En
00:47termes de patients hospitalisés en médecine le nombre diminue régulièrement et on a là plus de
00:57latitude, on sent des probables effets du confinement avec une diminution du nombre
01:05d'admissions quotidiennes. Voilà donc les choses se calment un petit peu mais on est toujours très
01:14limité par le nombre de lits de réanimation disponibles. Et il y a toujours chaque jour des
01:19arrivées en réanimation ? Alors il y a tous les jours des arrivées à l'hôpital que ce soit aux
01:24urgences puis en hospitalisation puis en réanimation et on sait que lorsque les
01:29patients rentrent en réanimation ils rentrent pour une période qui va de 14 jours à parfois
01:34même un mois et donc un patient qui rentre en réanimation il ne sort pas dans les deux jours
01:42qui suivent et ça explique l'état de saturation encore des lits de réanimation alors que dans
01:48les services de médecine qui s'occupe du coronavirus on recommence à avoir quelques
01:55lits vides et une intensité d'arrivée un peu moindre. Est-ce qu'on a atteint le pic épidémique ?
02:01Ça je suis pas capable de répondre, je pense que seul l'avenir nous dira si on est au pic,
02:08au plateau ou en phase de décroissance et rien ne peut nous garantir qu'il n'y aura pas une
02:15deuxième vague avec un pic plus élevé donc il faut prendre jour après jour là on a des
02:22signaux pour dire qu'en tout cas sur l'île de France et plus précisément dans Paris intramuros
02:28les choses se calment un peu mais dans certains départements autour de Paris la pression est
02:36encore très forte et donc il faut absolument pas croire qu'on a réglé le problème on est
02:43pour l'instant dans une phase d'accalmie mais qui veut pas dire que le problème est réglé.
02:48Il faut pas relâcher les efforts c'est important de le dire aussi pour ceux qui nous regardent,
02:51relâcher les efforts maintenant quand on voit des courbes qui pourraient être encourageantes c'est
02:58le risque que derrière ça reparte. Alors il faut aussi comprendre qu'on a multiplié parfois par
03:0310 par 15 par 20 les capacités d'accueil de ce type de pathologie pour prendre le petit
03:09exemple de notre hôpital la pitié salpêtrière classiquement on a dans notre service de maladie
03:14infectieuse 7 lits dédiés à ce genre de pathologie on est monté en charge progressivement avec même
03:20une salle qui a été ouverte en plus on a été jusqu'à 56 lits dédiés dans le service de
03:26maladie infectieuse pour le coronavirus et ensuite d'autres services se sont entre guillemets convertis
03:32à la prise en charge des patients coronavirus et on est monté dans notre établissement jusqu'à
03:38250 lits de médecine donc effectivement sur les 250 lits de médecine ouverte au moment le plus
03:44critique de la montée épidémique on est en train d'enfermer progressivement quelques-uns mais si on
03:52reprend la situation de départ d'épidémie avec nos sept lits on pourrait pas... Vous êtes passé
03:58de combien de lits au départ à combien aujourd'hui c'est ça aussi qui est impressionnant à dire c'est
04:01que vous avez la capacité d'absorption de justement de tout ce flux de patients qui est arrivé et qui
04:07arrive encore moins important aujourd'hui mais qui arrive encore parce que vous avez développé
04:12énormément énormément de places. Tout à fait l'hôpital s'est vraiment mobilisé et toutes
04:17les spécialités ont pris leur part du travail et ont été solidaires et on est passé de sept
04:24lits dédiés à ce genre de pathologies dans notre service qui habituellement ne sont pas toutes
04:29remplies de patients qui ont des pathologies contagieuses hautement contagieuses à 250 lits
04:36donc ça donne l'ampleur de l'amplitude d'ouverture de lits qu'on a eu donc effectivement même si
04:41maintenant on a des lits vides il faut se remémorer qu'on est dans des chiffres, des
04:49taux de multiplication de lits disponibles très important et donc avant de se dire qu'on est en
04:55train d'en sortir il va falloir suivre les étapes de fermeture progressive d'unité dédiée à ces
05:02patients là qui à la base ne gèrent pas des pathologies infectieuses donc les services de
05:06cardiologie de médecine interne et autres et puis une fois que même notre service qui est un des
05:12services de référence n'aura plus besoin d'être totalement dédié à la prise en charge de ces
05:18malades qu'on pourra réouvrir des lits pour prendre en charge les autres pathologies infectieuses qui
05:24n'ont pas disparu du jour au lendemain mais qui d'ailleurs c'est une source d'inquiétude pour
05:28nous mais pour tous nos collègues diabétologues, internistes, néphrologues, oncologues, on voit qu'on
05:35a beaucoup de patients qui d'habitude permettent que l'hôpital soit rempli à 99% qui ne sont pas
05:41dans les lits puisqu'ils ont été une grande partie dédiés au Covid et donc on a tous une
05:46inquiétude pour tous les concitoyens qui ont d'autres pathologies qui peut-être n'ont pas
05:52forcément eu recours au système de soins de peur soit d'être infecté soit de surcharger
05:57le système de soins qui est sous haute tension. C'est vrai que c'est un point qui est très important,
06:01très intéressant parce qu'on parle du Covid-19 mais toutes les autres pathologies ne sont pas
06:05disparues, il y a des patients malades de plein d'autres choses et qui sont retrouvés parfois
06:09dans des opérations déprogrammées alors que les opérations non urgentes bien évidemment mais à
06:14côté de ça il y a une crainte, ce que vous évoquez maintenant, sur le suivi de ces patients. Tout à
06:18fait, on a des craintes sur les patients qui ont des pathologies chroniques mais aussi des
06:24découvertes de pathologies. Dans notre service on a à peu près 4000 patients qui vivent avec le
06:31VIH, qui sont suivis, qu'on ne voit plus aussi fréquemment que d'habitude en consultation ou
06:39même en hospitalisation. Moi de base je m'occupe plutôt de ce qui est infections bactériennes donc
06:47tous ces patients-là, il n'y a jamais rien qui disparaît par magie et en fait c'est simplement
06:53que probablement les gens n'accèdent pas au système de santé à l'heure actuelle à cause du
06:59coronavirus et on sait d'expérience sur d'autres épidémies que c'est des choses connues, il y a
07:07souvent les morts liées à l'épidémie et puis il y a les morts secondaires qui sont liées à l'absence
07:16de prise en charge adaptée des problèmes de santé liés à la saturation du système. Donc s'il y a un
07:22message à faire passer c'est si vous avez des pathologies chroniques, si vous avez des problèmes
07:26de santé, contactez votre médecin traitant ou contactez les services référents qui vous suivent
07:32habituellement. N'oubliez pas d'assurer votre suivi médical parce que vous vous protégez en restant
07:39chez vous mais il faut aussi vous protéger en assurant votre suivi médical de la manière la
07:44plus optimale possible dans ces conditions difficiles. Alors si on parle du COVID-19 en
07:50lui-même, est-ce que c'est une épidémie quelque part qui a accentué aussi les précarités ? Je sais
07:55que vous avez évoqué ça, cette idée de dire que le COVID-19 était une épidémie aussi de la
07:59précarité. Alors on n'a pas accentué les précarités, c'est notre société, notre monde, notre planète
08:07qui les crée et qui les entretient. Par contre ce qui est évident c'est que dans une épidémie à
08:14transmission inter-humaine où la promiscuité est un facteur d'accélération de l'épidémie,
08:21on se rend compte en France mais pas seulement, aux Etats-Unis également, que les populations les
08:29plus touchées et qui vont payer les plus lourdes tribus en termes de mortalité sont malheureusement
08:34toujours les mêmes, c'est-à-dire les populations défavorisées, pécuniairement parlant, au niveau
08:41des revenus qui vivent dans les logements les plus petits en grand nombre, qui bien souvent
08:53n'ont pas accès ou ne prennent pas l'accès possible aux soins habituellement et donc ne se font pas
09:02dépister régulièrement, ne voient pas un médecin régulièrement ou ne peuvent pas se payer les soins,
09:07des soins dentaires ou autres, par manque d'argent. Et on sait que ces populations-là,
09:14en particulier aux Etats-Unis, ça se voit, mais ça se voit aussi en France, en Ile-de-France,
09:19où il y a des surmortalités dans les zones les plus socialement défavorisées. Ce n'est pas lié
09:27à un manque de confinement ou à une incivilité de nos concitoyens, c'est vraiment une assertion
09:36que moi j'essaie de combattre. Il est beaucoup plus simple de se confiner quand on a une maison
09:43particulière de 350 m² avec 5 hectares de terrain que quand on vit à 5 ou 6 dans 20 m².
09:49Parce que notamment, on peut parler de la surmortalité très importante en Seine-Saint-Denis,
09:55un département où justement beaucoup de personnes ont des logements qui peuvent se retrouver de
10:00petites surfaces avec beaucoup moins l'intérieur. Il y a plusieurs choses à Seine-Saint-Denis,
10:04il ne faut pas non plus laisser penser que nos collègues de Seine-Saint-Denis ou que les
10:10habitants de Seine-Saint-Denis ne sauraient pas faire ou ne prendraient pas conscience des choses,
10:17je pense qu'ils sont parfaitement conscients de ce qui se passe. En tout cas pour les médecins,
10:21ils se démènent et ils se battent au quotidien depuis des années pour assurer une prise en
10:27charge sanitaire de qualité pour les habitants de Seine-Saint-Denis. Mais c'est évident que
10:35quand on a le département avec la densité de population la plus importante et par la même
10:41occasion le nombre de lits, la densité de lits de réanimation et la densité d'hôpitaux parmi les
10:47plus faibles, ça ne facilite pas la prise en charge en cas d'épidémie. En Seine-Saint-Denis,
10:55tout le monde n'est pas non plus touché de la même façon, mais c'est évident que si moi je
11:02devais me confiner avec dix membres de ma famille dans 20 mètres carrés, j'aurais les mêmes
11:08difficultés à 1. supporter le confinement et 2. respecter les mesures barrières que n'importe
11:16qui d'autre et croire qu'il y a un effet en fonction des personnes qui y vivent, c'est je
11:22pense se tromper. C'est plutôt lié aux conditions sociales et aux gens qui vivent là-dedans. Et
11:27encore une fois, si on proposait des belles résidences secondaires de 100 mètres carrés
11:34avec deux hectares, je pense que tout le monde serait ravi et qu'il serait très bien confiné
11:39là-dedans. La question, plus particulièrement sur votre travail, c'est du matériel. C'est qu'il y a
11:45beaucoup de choses qui a manqué, qui manque encore peut-être aussi. C'était une médecine qui est
11:50jusque maintenant liée à gérer des pénuries, des problèmes de matériel ? Pour être franc, dans
11:55notre service, on a quand même été assez épargné par ça parce qu'on est avec l'hôpital Bichat,
12:02enfin le service de maladies infectieuses de l'hôpital Bichat, un des deux ESR,
12:06c'est l'établissement de santé de référence d'Ile-de-France, dédié à ce risque épidémique.
12:14Nos unités, en tout cas, ont été relativement épargnées. Ensuite, c'est mouvant, c'est-à-dire
12:20qu'il y a eu beaucoup de points de vue, de recommandations qui ont évolué au fur et à
12:28mesure du temps. Il est évident que bien souvent, certaines des décisions ont été basées sur la
12:40pénurie et pas sur des preuves scientifiques. Voilà, donc c'est-à-dire que, par exemple,
12:45qu'est-ce qui a manqué ? Je parle peut-être pas forcément dans votre service, mais plus
12:48généralement au niveau du matériel, qu'est-ce qui a manqué ? Qu'est-ce que vous avez dû faire
12:51pour pouvoir pallier à certains des manques ? On parle notamment des blouses, des surblouses aussi,
12:55où il a fallu chercher un peu parfois des solutions assez... Alors effectivement, les stratégies
13:01alternatives, en particulier le lavage des surblouses, des choses comme ça, c'est des
13:05choses pour s'adapter à la pénurie de blouses, mais la question de surblouses, la question qu'il
13:10faut vraiment se poser, c'est est-ce qu'on peut prendre en charge des patients infectés par
13:17SARS-CoV-2 sans surblouses, sans gants, sans surchaussures, tout en étant en sécurité ? Très
13:24probablement que oui, si on utilise les masques de façon adéquate et si on a une hygiène des
13:34mains irréprochable. On commence à voir dans certaines zones des acquisitions de bactéries
13:46résistantes parce que pour se protéger, on peut utiliser deux paires de gants, des choses comme
13:54ça, qui nous font en fait perdre nos réflexes de règle d'hygiène standard et l'angoisse de se
14:03contaminer soi-même peut parfois amener à faire des erreurs que l'on n'aurait pas fait hors
14:09épidémie. Donc à la fois, il y a eu une grande fluctuation des recommandations qui a été source
14:15de beaucoup d'angoisse, parfois même d'hypothèses de complotistes ou d'hypothèses de mensonges
14:26généralisés qui, à mon sens, sont à relativiser. Par contre, ce qui est sûr, c'est que les masques,
14:37il n'y en avait pas, il n'y en a pas eu assez et les doctrines vis-à-vis des masques ont été liées
14:43à la pénurie. Et à l'heure actuelle, de la même façon, tout ce qui est masques homemade ou tissus
14:52ou choses comme ça, c'est en fait un pisalet, un dérivatif au fait qu'on n'a encore à l'heure
15:00actuelle pas assez de masques pour toute la population. Si on devait imaginer un déconfinement
15:05avec tout le monde masqué, à l'heure actuelle, on n'a pas assez de masques chirurgicaux pour toute
15:12la population. Donc il y a à la fois une adaptation en fonction des pénuries et puis au fur et à
15:18mesure, on évolue aussi dans les connaissances qui nous permettent de savoir si différentes
15:23stratégies sont utiles ou pas. C'est vrai que la question des masques, elle revient régulièrement
15:26et je pense qu'elle revient même énormément dans les commentaires aujourd'hui. On a eu des discours
15:29très contradictoires, notamment au niveau du gouvernement, de dire à un moment donné que
15:34c'était pas utile, à un moment donné un peu plus, puis après de revenir ces régions un peu en arrière
15:38en disant « mais on n'a pas une recommandation claire là-dessus ». Vous, en tant que professionnel
15:42de santé, c'est quoi un peu votre positionnement vis-à-vis des masques dans la population ? Quand
15:47je dis vis-à-vis des masques dans la population, c'est pas en parlant de gestion de pénurie, mais
15:52en disant « voilà, si on peut avoir des masques pour tout le monde, qu'est-ce qu'on fait ? Est-ce
15:55que c'est intéressant ou pas que les gens puissent en porter ? » C'est une question compliquée sur
16:01laquelle même nous, même moi, on a pu par moments évoluer et avoir des avis qui changent, parce
16:07que rien n'est figé. À l'heure actuelle, si on envisage un déconfinement, l'idée est d'éviter
16:16la retransmission. Peut-être qu'une stratégie avec l'ensemble de la population masquée pourrait
16:23avoir une certaine efficacité, mais c'est probablement pas la seule. Ce qu'on sait, c'est
16:28que, par exemple, au Singapour, les gens n'étaient pas tous masqués. Par contre, le concept de « dès
16:37le moindre symptôme, je mets un masque pour protéger les autres de moi-même », ça c'est
16:42une notion importante qu'il faut qu'on arrive à réapprendre, qui s'appelle simplement l'altruisme.
16:51C'est-à-dire que l'autre est un reflet de moi-même et je protège les autres comme je voudrais
16:59qu'ils me protègent moi. Après, sur la stratégie, est-ce qu'il faut masquer tout le monde pendant
17:06X temps ? Je n'ai pas les connaissances et surtout les données pour pouvoir vous dire
17:11« il faut faire ci, il faut faire ça ». Il va falloir s'adapter.
17:16La sortie du confinement, on comprend bien tout, il y a énormément de questions là-dessus. On
17:22comprend qu'on ne va pas pouvoir en sortir, déjà tout de suite. C'est-à-dire que pour vous,
17:26je pense que le confinement, c'est unanime, qu'il doit se prolonger.
17:30C'est pareil, c'est une question compliquée. Elle dépend de plusieurs choses. Elle dépend,
17:35un, de la capacité d'accueil des patients malades par les services de santé. Deux,
17:41elle dépend de notre capacité à savoir qui a déjà rencontré le virus et qui ne l'a jamais
17:50rencontré. Et ceux qui ont rencontré le virus, est-ce qu'ils sont immunisés de façon durable
17:55contre ce virus-là ? Et ensuite, surtout de notre capacité à dépister de façon massive les gens
18:05qui seront déconfinés devant le moindre symptôme et d'intervenir très rapidement pour, autour de
18:13chaque nouveau cas détecté, aller détecter des cas secondaires et isoler les gens de façon efficace.
18:23C'est-à-dire que si demain je suis contaminé et qu'au moment du déconfinement et qu'on me teste
18:31positif, il faudrait que je puisse être mis à l'écart de mes proches et pas remis au sein de
18:39ma cellule familiale où je risque de recontaminer tout le monde. Et ça, ça nécessite des réquisitions
18:44d'hôtels, des réquisitions de bâtiments publics, des choses comme ça, qui pour l'instant sont
18:50peut-être à l'étude. Donc ce serait une solution, c'est-à-dire par exemple d'utiliser des hôtels
18:54qui en plus pour l'instant en grande partie sont vides parce qu'il n'y a plus de tourisme,
18:57beaucoup moins de déplacements professionnels aussi, et de se dire, quand on a des personnes
19:02qui sont testées positives, on les met même à l'écart de leur cellule familiale ? Si on veut
19:06éviter que l'épidémie reprenne, oui. Le confinement, ré-isoler un patient malade qui
19:16ne nécessite pas d'hospitalisation au sein de sa cellule familiale, c'est le même débat que
19:23tout à l'heure. Ça dépend des conditions matérielles dans lesquelles le patient est isolé.
19:28Et donc une des solutions, c'est effectivement d'être beaucoup plus proactif sur tester les
19:36gens, trouver qui est malade et faire des enquêtes autour des malades et isoler les malades,
19:43y compris de leur cellule familiale, puisqu'on sait qu'il y a des forts taux de transmission
19:49en intrafamiliales. Mais pour ça, il faut des tests notamment qu'on n'a pas aujourd'hui de
19:54façon assez importante. C'est sûr, pour savoir si les gens sont malades, il faut pouvoir tester
20:00les gens qui ont des symptômes. Là aujourd'hui, par exemple ici, à la piscine à pétrir,
20:05vous ne pouvez pas tester tout le monde, vous faites comment ? Les stratégies sont évolutives
20:09et le service de virologie a décuplé ses capacités de tests. Mais l'hôpital de la
20:17piscine à pétrir, à lui tout seul, ne peut pas dépister tout le territoire, tout le bassin de
20:23population qui lui échoue. Donc quand les gens viennent, très clairement, il y en a certains
20:28qui sont testés, d'autres non ? À l'heure actuelle, quand les gens viennent avec des symptômes,
20:31ils sont évalués, testés et on est beaucoup moins restrictif qu'à un moment donné où les
20:38gens n'étaient testés que s'ils avaient des critères d'hospitalisation. Maintenant,
20:43ces critères se sont un peu plus assouplis parce qu'on peut le faire. Ce qui explique aussi les
20:49différences qu'on peut avoir en termes de mortalité, de taux de mortalité. Ça ne cause pas plus de
20:56morts ou pas, mais par contre, si vous avez 10 morts et que vous avez testé 1000 personnes
21:01positives qui, eux, sont à la maison, vous avez un taux de mortalité qui est inférieur à 1%,
21:08qui est à 0,1%. Par contre, si vous ne testez que les gens qui sont hospitalisés, qui sont les
21:12plus graves et qui vont en RER, votre taux de mortalité est forcément plus élevé. C'est
21:16probablement une des causes, voire même la seule ou la principale, des différences entre l'Est,
21:23l'Île-de-France et des régions plus proches de la mer Méditerranée. Il y a pas mal de questions
21:28dans les commentaires. Il y en a une que j'essaie d'ouvrir, mais je n'arrive pas à l'ouvrir. J'essaie
21:31de la prendre après. S'il y a quelqu'un au comité majeur qui a une question de Mireille,
21:36sur les personnes en situation de handicap qui a été opérée plusieurs fois, mais je n'arrive
21:39pas à l'ouvrir la question. Bonjour, j'aimerais savoir si, en tant que personne en situation de
21:46handicap et après avoir été opérée plusieurs fois pour des raisons orthopédiques et jamais
21:50pulmonaires, est-ce que ces personnes-là, dans le même cas que moi, peuvent-elles avoir le
21:54risque de contracter le virus ? En fait, quel que soient vos antécédents, ça c'est une donnée
21:59qu'on n'avait pas trop. Au début, on a beaucoup insisté sur les facteurs de risque de faire des
22:04formes graves. Ce qu'on sait maintenant, c'est que l'humanité n'avait jamais rencontré ce virus et
22:12que la capacité du virus à pénétrer dans notre population humaine est très importante. Et donc,
22:20quel que soient vos antécédents ou non-antécédents, vous avez un risque de contracter le virus si vous
22:26êtes exposé. Après, avoir le virus ne veut pas dire que vous allez mourir ou être hospitalisé.
22:30Il faut quand même rappeler que 85% des gens qui sont infectés par le virus font des symptômes
22:38bénins qui ne nécessitent absolument pas une hospitalisation et que pour les 15% restants qui
22:45sont hospitalisés, encore une fois, la grande majorité des patients ne nécessiteront pas de
22:51réanimation. Et parmi ceux qui nécessitent des réanimations ou qui ne sont pas éligibles à un
22:57transfert en réanimation du fait de leur terrain, de leurs antécédents, tout le monde ne meurt pas.
23:03Et les dernières nouvelles de terrain qu'on a, y compris dans notre service, c'est que, y compris
23:10chez les gens qu'on n'avait pas envoyés en réanimation à cause de la lourdeur de leurs
23:14antécédents et du probable faible bénéfice en termes de survie qu'aurait occasionné un transfert
23:21en réanimation, on a des gens dont on pensait qu'ils allaient mourir, qui ont même eu des soins
23:26d'accompagnement, de confort et qui, au bout de 5, 10, 15 jours, ont guéri de même et sont sortis
23:35sur leurs deux pieds. Donc ça c'est un petit message d'espoir, c'est que c'est pas parce que
23:40vous avez le virus que vous allez mourir systématiquement et parfois même des patients
23:47sont capables, si on les accompagne, si on leur donne de l'oxygène, si on s'assure de prendre en
23:55charge toutes les complications, ils peuvent guérir de même, même sans traitement antiviraux
24:01ou autre. Il y a des commentaires qui nous disent que la réanimation a des conséquences sur la santé
24:05après. Oui, dans le cadre de l'épidémie de coronavirus, elle a une conséquence majeure,
24:13c'est qu'elle permet à plus de la moitié des patients qui y vont de survivre. Donc ça c'est
24:19quand même une conséquence positive. Mais après, évidemment, la réanimation c'est dur, c'est-à-dire
24:28qu'on est branché à des machines. Pour que les machines, les ventilateurs nous aident à
24:34respirer correctement, généralement on reçoit des curares pour relâcher nos muscles. Et donc tout ça,
24:40l'alitement prolongé, les machines, ça expose à des complications qui nécessiteront du temps
24:50pour s'améliorer secondairement. Justement en parlant des patients guéris, c'est vrai qu'on a
24:56tous les jours ces chiffres de décès en milieu hospitalier, dans les EHPAD, qui font mal au coeur
25:03bien évidemment à tous et à toutes. Mais il y a aussi l'espoir derrière, c'est-à-dire qu'il y a
25:07beaucoup de personnes qui vont en réanimation, qui contractent des formes extrêmement graves et
25:11qui en ressortent sur leurs deux pieds. Oui, tout à fait. Peut-être des anecdotes, peut-être des
25:16situations, peut-être que vous avez pu voir, qui pouvaient paraître des cas, je vais pas dire
25:20désespérés, mais des cas où on se disait ça va être très compliqué, peut-être parce que la personne est
25:23âgée, elle a des pathologies lourdes et puis finalement... Ça on commence à en voir de plus en plus, donc c'est
25:27difficile de vous sortir un cas plus qu'un autre. Mais voilà, on est quand même en phase de
25:35découverte de cette maladie. Clairement, l'aggravation brutale avec les atteintes pulmonaires, c'est ce qui
25:41fait la différence en termes de mortalité. Pour le moment, le meilleur traitement ça reste la prise
25:51en charge symptomatique et la prise en charge en réanimation. Mais on a aussi des patients qui,
25:56alors qu'on les pensait condamnés, arrivent à s'améliorer. Mais tout ça, c'est des cas
26:05ce qu'on appelle des histoires aussi de chasse, mais ça c'est en train d'être de plus en plus
26:10important. Après, tout le problème c'est quand on connaît pas bien l'histoire naturelle de cette
26:16maladie, et bien si on intervient en donnant des médicaments, en étant persuadé que si on donne
26:23tel ou tel ou tel médicament, ça va forcément guérir les gens, et bien on a une part de guérison qui
26:30sont en fait la simple histoire naturelle de la maladie, et qu'on va attribuer à tort à telle ou
26:36telle façon de traiter le patient, ou telle ou telle molécule. Est-ce que par exemple vous avez
26:41eu des personnes extrêmement âgées qui ont réussi à s'en sortir ? Oui bien sûr. Par exemple, vous
26:46avez des âges en particulier ? On a des patients de plus de 90 ans qui ont été hospitalisés,
26:50qui ont eu de l'oxygène et qui sont rentrés à la maison et qui vont bien. Ça c'est bien,
26:54il faut le dire aussi, c'est important d'en parler. Ça n'enlève pas la réalité du terrain,
26:59c'est-à-dire les milliers de morts, ça n'enlève pas la saturation du système de santé, mais c'est
27:06aussi pour donner peut-être un peu d'espoir, c'est que tout le monde ne meurt pas de ce virus-là,
27:14d'ailleurs même la grande majorité des gens qui le contractent n'en meurent pas. Est-ce qu'on a
27:19à peu près une estimation du nombre, quand on va en réanimation, le nombre de chances d'en sortir ?
27:23C'est très approximatif, mais globalement c'est comme pile ou phase, c'est 50%.
27:31Donc quand on rentre en réanimation... Sur les débuts d'épidémie, après nos connaissances
27:36augmentent, des nouvelles thérapeutiques sont testées, arrivent et donc ces données-là vont
27:41forcément évoluer progressivement, de plus en plus positivement et on peut espérer qu'il y ait
27:48de plus en plus de vies épargnées. Au niveau des traitements, justement,
27:51vous utilisez quoi ici pour comme type de traitement ? On inclut les malades dans les
27:55essais thérapeutiques randomisés, contrôlés. On a utilisé de façon compassionnelle l'hydroxychloroquine
28:06mais non associée à l'azithromycine et donc là pour l'instant on est dans une phase d'inclusion
28:12des malades dans les protocoles. Pourquoi il n'y a pas d'azithromycine justement ? Parce que c'est
28:16vrai que par exemple, c'est ce qui est évoqué dans les commentaires et c'est évoqué aussi par
28:20le provisoire. Parce qu'on a pris les premières données qui étaient disponibles, qui faisaient
28:27part de la possible efficacité de l'hydroxychloroquine sur le virus, donc un effet antiviral. Les premières
28:34données ne parlaient absolument pas de l'effet de l'azithromycine. On a été très dubitatif sur
28:40les premières données et sur l'emballement initial des données très parcellaires chinoises. Puis
28:46devant l'augmentation des cas et surtout la gravité des malades et l'absence d'essais
28:53thérapeutiques randomisés, contrôlés, ouverts, à un moment donné vers le 13 mars, nous avons
29:00décidé collectivement de donner de façon compassionnelle de l'hydroxychloroquine aux
29:06malades pour agir, peut-être sous le coup de la pression de se sentir démunis et inactifs.
29:17Et puis nous avons regardé nos données, nous sommes en train de les publier. Et surtout,
29:27depuis que les essais randomisés ont commencé, nous avons intégré les essais randomisés. Donc
29:35il n'y a plus lieu de faire de traitements compassionnels, vu que l'hydroxychloroquine
29:41se trouve dans les essais randomisés contrôlés. Vous avez des retours aujourd'hui sur son
29:46efficacité ? Je ne peux rien dire comme ça, essentiellement parce que les publications
29:56médicales et les travaux scientifiques et médicaux, normalement, suivent un processus
30:03qui est censé garantir la véracité de leurs données, l'absence de biais et leur solidité.
30:10C'est-à-dire qu'on fait un travail, on fait analyser les données par une équipe de
30:15biostatisticiens indépendantes qui fait les analyses. Nous nous rejoignons, nous écrivons
30:22un manuscrit qui est soumis à un journal avec un comité de lecture indépendant,
30:28donc des experts parfois même d'autres continents, analysent notre article, notre travail, nous font
30:35des remarques, éventuellement nous demandent de corriger des choses, de refaire des analyses.
30:38Et à la fin de ce processus, si la revue considère que notre travail apporte une connaissance nouvelle,
30:46solide, vérifiable et reproductible, auquel cas l'article est publié.
30:51Donc c'est-à-dire qu'il y a deux groupes, un groupe où on utilise le...
30:55Voilà, sans être un essai randomisé, on peut faire des comparaisons entre ceux qui ont eu
31:01quelque chose et ceux qui ne l'ont pas eu, mais pour pouvoir se fier à ces données qui seront
31:06de toute façon imparfaites et critiquables, et devront être critiquées, il faut suivre un certain
31:12processus pour garantir que ces données soient valides. On pourrait mettre le tableau de nos
31:19résultats sur Facebook, sur Twitter, sur Brut, sur tout ce que vous voulez. Tout le monde pourrait
31:27s'en emparer en appelant ça une étude. La vérité, c'est que c'est juste un manuscrit, c'est-à-dire
31:33un brouillon, et que tant que tout ce processus n'est pas fait, ce n'est pas un article scientifique,
31:38et donc ça n'a aucune valeur. — Non. C'est vrai qu'il y a un débat qui est très puissant sur les
31:45réseaux sociaux, qui, je pense, dépasse peut-être même le cadre scientifique que vous avez
31:50l'habitude de connaître. Pour l'habitude, ça se passe dans un cadre plutôt fermé. Là, ça se passe
31:53au grand jour, avec des commentaires dans tous les sens. Comment on vit un peu ça ? Parce que c'est
31:57vrai que d'un côté... — Ils sont formidables. C'est formidable, les commentaires. Mais bon. Voilà. Si on ne veut
32:01pas être critiqué, si on ne veut pas être insulté ou menacé de mort, c'est sûr qu'il ne faut pas
32:07se mettre sur Brut, il ne faut pas se mettre sur Twitter, il ne faut pas se mettre sur Facebook, il ne faut pas
32:12répondre aux journaux. Après, quand on le fait, eh ben voilà, on est insulté régulièrement, menacé, menacé
32:18de mort. On reçoit des commentaires racistes. Parce qu'il y a des millions d'experts en maladie
32:27infectieuse qui ont suivi des formations accélérées et qui, donc, ont tous leur idée, et qui nous
32:33traitent de criminels si on ne courbe pas la tête et pose le genou à terre sur la seule façon de
32:40faire qui semble venir du sud de la France. — Qu'est-ce que vous leur répondez, justement ? Pas forcément aux insultés
32:46ou autre, parce que ça... Voilà, on met ça de côté. Mais aux critiques, de se dire « Bon, c'est parce qu'il y a
32:50de l'urgence, on est obligés d'aller... » — Mais on est les premiers à avoir changé notre façon de... Enfin, pas les premiers,
32:56mais on a fait partie de ceux qui, devant l'urgence, devant les morts, nous sommes posés des questions.
33:03Au début, on était très hostiles, par exemple, à la chloroquine. Et puis on a changé de position. Et puis on fait
33:09les choses. Et voilà. Oui, c'est évolutif. Par contre, je n'arrive pas à comprendre cette injonction de faire
33:21allégeance ou dans un camp ou dans l'autre. Mais il n'y a pas d'allégeance à faire. Il y a juste à essayer de prendre
33:29en charge les malades au mieux de ce qu'on a compris à un moment donné. Et probablement que je me trompe,
33:33ou que je me suis trompé, ou que je me tromperais. Mais c'est malheureusement un peu ça, la médecine. C'est-à-dire
33:38qu'on fait en fonction des données de la science, mais des vraies données de la science, pas des données
33:44parcellaires. On se fait son opinion. Et puis on soigne un être humain dans une relation duelle entre le patient
33:53et le malade. Et le malade a son mot à dire. On n'est pas... On n'est ni des soldats, ni des troupions, ni des esclaves.
34:03Et donc, on fait en fonction de ce qu'on pense le mieux au moment donné où on est face à un malade.
34:10— Quelque part, c'est un commentaire que j'ai pu lire plusieurs fois, du côté même notamment des médecins, de dire
34:16« Bon, voilà, quand il y a une Coupe du monde de football, il y a 67 millions de sélectionneurs. Et là, dans cette période
34:21d'épidémie, on a autant d'épidémiologistes, d'infectiologues, de chefs de services d'urgence. Voilà. Parce qu'en fait,
34:28vous êtes confrontés aussi à des commentaires de personnes qui ont une inquiétude, mais qui en même temps
34:32vont s'exprimer sur quelque chose qu'ils ne maîtrisent pas forcément.
34:34— Mais si on veut être tout à fait honnête, en fait, même nous, médecins, même moi, infectiologue, je parle de choses
34:42que je ne connais pas vraiment, puisque c'est une nouvelle maladie et que personne ne la connaît vraiment,
34:46qu'on a 2 mois de recul sur cette maladie. Donc en fait, on a tous des backgrounds différents, des connaissances
34:53différentes. Mais personne peut dire à l'heure actuelle qu'il connaît parfaitement et qu'il sait tout sur cette maladie.
34:59C'est mentir. Après, on fait aussi en fonction de nos formations, de nos connaissances, d'analogies avec d'autres infections,
35:08avec d'autres virus, avec d'autres épidémies. Après, oui, on est dans une société de l'immédiateté et de l'ultracommunication.
35:15La preuve, c'est que vous me regardez dire des choses peut-être très connes ou très intelligentes. On verra ça dans un an.
35:23— Justement, c'est là où c'est intéressant, parce que c'est vrai que le grand public... On en parlait il y a quelques instants
35:29avec Eric Caume, qui est chef de service ici des maladies infectieuses, à la Pitié-Salpêtrière, qu'on a eu l'occasion
35:36d'avoir plusieurs fois en live. C'est vrai qu'avant l'arrivée de cette épidémie en France, on a eu des discours qui étaient de dire...
35:44Je veux pas dire tout va bien, mais on comparait ça à la grippe, qui a une mortalité, certes, mais qu'on arrive à relativiser
35:49de par le taux de mortalité assez faible, en réalité, par rapport au nombre de personnes qui peuvent l'avoir,
35:55on parle d'une contagiosité plutôt faible. Ça veut dire quoi, derrière, qu'on a découvert plein de choses quand le virus est arrivé,
36:02on n'avait que des données parcellaires ? Parce que c'est vrai qu'avec le recul, on a à peu près un mois et demi de recul maintenant,
36:06de se dire finalement qu'est-ce qui a fait qu'au début, on a peut-être été induit en erreur ou qu'on a eu tendance à minimiser
36:12certaines choses. — Alors c'est très intéressant. Et c'est très intéressant de reprendre régulièrement ce qu'on a pu lire ou pu dire
36:21ou pu faire. À la fois, on s'est trompé. Et à la fois, depuis le début, on avait raison, tous. C'est-à-dire que si on regarde les chiffres
36:31dans les zones où, effectivement, les populations ont été vraiment testées de façon exhaustive, par exemple Marseille,
36:38par exemple la Corée du Sud, l'Allemagne, le bateau Diamond Princess, on reste sur cette vérité initiale qui était forcément fausse,
36:49mais initiale, que 85% des gens vont faire des formes bénignes ou asymptomatiques et que le taux de mortalité serait probablement
36:59autour de 1%, voire en dessous, voire très en dessous, probablement plus 0,1%. Et je pense que cette vérité, elle est toujours d'actualité.
37:08Et la seule erreur que, en tout cas, moi, j'ai faite, c'est de ne pas comprendre et de ne pas imaginer que le virus allait toucher tous les humains
37:20qu'il allait rencontrer, quasiment. Et ça, c'est probablement lié au fait qu'en Chine, les chiffres de contaminés ont stagné aux alentours de 80 000.
37:29Les chiffres officiels de mortalité ont stagné aux alentours de 3 000. Et qu'ensuite, les premiers pays relais, qui sont Singapour, Taïwan, Hong Kong,
37:39eux ont une stratégie complètement différente de confinement, de contrôle de l'épidémie. Et dans ces pays relais, on n'a pas vu des cas exploser.
37:52Et donc quand on prend Wuhan, où il y a 10 millions de personnes et qu'on stagne à 84 000 infectés, on se dit que c'est une épidémie importante,
38:02mais qui est quand même modeste. Bon, maintenant, on sait qu'il y a probablement plutôt 95 000 personnes qui sont mortes en Chine plutôt que 3 000.
38:11— 95 000 ? — Quand on regarde le nombre de funéraires, les retours de Français sur place, oui, la mortalité a été très largement sous-estimée.
38:23Et donc tout ça nous a empêchés de nous inquiéter. Et puis aussi parce que personne n'a envie d'imaginer le pire. Et donc on a dit des conneries.
38:35— Vous avez été induit en erreur quelque part, pensez-vous ? — Non. On avait qu'à aussi peut-être être plus intelligent ou plus prompt.
38:43Mais bon, peu de gens ont pensé à l'époque qu'effectivement, on serait dans la situation actuelle. Et c'est vraiment au moment du démarrage
38:55de l'épidémie italienne qu'en tout cas pour notre service, on a pris conscience qu'il nous arriverait exactement la même chose avec un délai de 15 jours.
39:05Et quand le professeur Come a été un des premiers à le dire, y compris devant le ministre de la Santé, on le traitait de pessimiste et on l'a raillé.
39:18Et puis quelques jours après, les choses ont montré que sur ce point-là, il s'était pas trompé. Voilà. Mais les épidémies sont faites pour démentir les prédictions.
39:29— On a découvert ça. Donc c'est-à-dire que quand le virus arrive en Italie, en Europe, c'est là où le côté de se dire « C'est pas trop grave », en fait,
39:38là, quand ça arrive en Italie, on se dit « Finalement, c'est quand même... Il y a une mortalité importante. C'est très contagieux ».
39:43— Alors avant qu'on se rende compte de la mortalité importante, surtout, on s'est dit « Il n'y a absolument aucune raison pour que ce qui se passe en Italie
39:51ne se passe pas en France ». C'est surtout ça. Et puis ensuite, définitivement, l'ampleur de l'épidémie italienne nous a tous sidérés.
40:01Et on s'est rendu compte qu'il n'y avait aucune raison pour qu'on y échappe. — Aujourd'hui, on voit par exemple à Singapour, ça craint d'une seconde vague.
40:12Alors nous, on est encore dans la première. Mais il faut aussi parler des perspectives, parce qu'on parle de déconfinement, de la suite, où on sait que pour l'instant,
40:20il n'y a pas encore un traitement bien précis, ni un vaccin qui permet de dire « C'est bon, on contrôle le virus ». Voilà. La crainte derrière, c'est quoi ?
40:28C'est une seconde vague qui pourrait arriver si on déconfine trop vite ? — Alors Singapour, c'est différent. En Singapour, ils ont eu une stratégie
40:35sans confinement initial, mais avec du tracking, avec des solutions hydroalcooliques à disposition absolument partout, des contrôles de température
40:43à l'entrée de chaque bâtiment, le port du masque. Et puis il y a cette culture de porter un masque quand on est malade pour éviter de contaminer les autres.
40:52Et puis là, ils ont eu des retours d'expatriés. Ils ont ouvert des frontières. Et ils ont de nouveau quelques cas, avec – je crois qu'il y a 7 morts à Singapour.
41:08Mais ça a suffi pour qu'ils aient peur de ne pas pouvoir contrôler une deuxième vague qui bascule sur des stratégies de confinement telles qu'on les connaît en France,
41:19mais suivies de façon beaucoup plus importante, puisque là-bas, si vous ne respectez pas le confinement, c'est 10 000 $ d'amende et 6 mois de prison.
41:27— Ouais. Et si... — C'est une démocratie particulière. Enfin je sais même pas si le terme de démocratie est vraiment justifié.
41:34— Ce déconfinement, c'est clair qu'on pourra pas le faire tout de suite, mais ni d'un seul coup. C'est-à-dire qu'il faut être très clair vis-à-vis de ceux qui nous regardent.
41:42Il y a plein de personnes qui sont là qui rêveraient que d'une chose, c'est d'aller dans les parcs, d'aller dans les boîtes de nuit, au cinéma, dans les bars.
41:49Clairement, pour ça, il va falloir être très très patient. — Mais vous savez, même tous les personnels soignants en rêveraient aussi.
41:55Et l'objectif du confinement, pour moi, c'est pas de protéger les soignants. L'objectif du confinement, c'est essentiellement de vous protéger vous.
42:05Et en vous protégeant vous, vous diminuez le nombre de malades hospitalisés. Et donc vous diminuez notre charge en soins et notre risque d'exposition.
42:16Mais le seul objectif du confinement, c'est de vous protéger vous-même. — C'est-à-dire que là, concrètement, ça revient un peu à ce qu'on évoquait au début du live.
42:24Mais sur les paramètres qu'ils font comparant au déconfinement, aujourd'hui, on a à peu près 7 000 personnes en réanimation sur l'ensemble du territoire français.
42:30— Tout à fait. Normalement, 5 000 lits en France. Donc on a créé 2 000 lits en plus. Et toutes les régions ne sont pas touchées.
42:39— Et l'île-de-France, je crois qu'elle était à 1 200 lits de réa au départ et qu'aujourd'hui, elle est à 2 700, je crois que c'est quelque chose comme ça.
42:44Voilà. C'est important aussi d'expliquer à ceux qui regardent le live que le nombre de personnes qui sont présentes aujourd'hui dans les services de réa
42:51sont largement au-dessus des capacités initiales. Mais à côté de ça, c'est de se dire que les personnes restent 2-3 semaines en général. C'est ça.
42:59— Ouais. — Si on a peut-être – je vais pas dire une modélisation – mais une idée de se dire par rapport aux chiffres qu'on peut avoir,
43:06à quel moment on peut se dire qu'on a une ouverture ou c'est encore compliqué pour l'avoir ?
43:11— Il y a beaucoup de gens très compétents et beaucoup plus intelligents que moi qui travaillent à ça, que ce soit au niveau de la PHP,
43:19au niveau de la région, au niveau de Paris, au niveau de l'État. Je sais qu'il y a des stratégies qui sont en train d'être discutées.
43:27Mais mon avis n'importe peu, en fait, il sera forcément biaisé à la fois par mon espérance ou ma désespérance, et puis par mon envie propre.
43:38Mais pour l'instant, je suis absolument... Enfin, vous dire « ça va se passer comme ça », ça serait raconter des carabisses, oui.
43:45— Est-ce que quelque part, justement, quel que soit le professionnel, que ce soit au niveau médecine, c'est trop tôt de pouvoir se prononcer avec une certitude,
43:50de dire... Voilà, c'est-à-dire que quelqu'un qui dirait aujourd'hui la fin du confinement... Une date comme ça, pour ceux qui nous regardent,
43:56vous la prenez pas en compte. Le 15 mai, par exemple, ce serait un peu aléatoire. On peut pas aujourd'hui encore avoir toute la visibilité
44:03de l'évolution de l'épidémie. On sait qu'il y a encore des admissions chaque jour. Ça baisse, ça monte. Enfin, c'est un peu...
44:07— Moi, je suis absolument pas en capacité de vous dire quand est-ce qu'il faudrait déconfiner. Et en plus, ça dépend aussi de la stratégie
44:14de déconfinement qu'on mettra en place. Mais c'est pas mon métier. Donc je veux pas dire de...
44:18— Mais stratégie de déconfinement avec douceur, en tout cas, dans tous les cas.
44:20— Ça dépend. J'en sais rien. Mais voilà, c'est pas mon travail. Et j'ai pas l'expertise pour pouvoir dire quelque chose de pertinent.
44:28— Est-ce qu'on peut être contaminé une deuxième fois ? On sait qu'il y a des études qui commencent à être encore suives.
44:32— Alors il y a des données qui sortent en Corée de patients qui étaient considérés guéris et qui ont un prélèvement respiratoire
44:40qui redevient positif. Le seul problème, c'est qu'on sait pas si ces patients-là sont excrètes ou crachent du virus
44:48capables d'aller contaminer d'autres patients ou leur entourage et donc de créer des nouvelles chaînes de transmission.
44:58De même qu'on ne sait pas si cette repositivisation s'associe avec un tableau clinique, c'est-à-dire est-ce que quelqu'un
45:05qui était guéri va redevenir malade ? Donc il y a ce petit signal qui est très modeste, qu'il faut surveiller.
45:11Mais pour l'instant, en dire plus, c'est de la science-fiction. — Alors il est 14 ans. On a juste encore 2, 3 petites questions
45:17avant de conclure le live. On a Axel qui nous demande justement... Qui réagit par rapport aux données de la Chine, qui dit
45:21« Est-ce qu'il y a peut-être eu une différence entre le virus qui a touché l'Asie et l'Europe ? Est-ce qu'il y a pas eu une mutation ? »
45:28— Alors pour le moment, on n'a pas ces données-là. On sait que ce virus, c'est un virus ARN et donc hautement évolutif.
45:34Il y a quelques données en Asie qui montrent qu'il y a eu des petites modifications, mais c'est pas encore très clair.
45:41Et moi, en tout cas, je connais pas les données scientifiques pour pouvoir répondre clairement à cette question.
45:48— Qu'est-ce qui explique les différences de l'épidémie par région, au moins au JAD ? — Bah tout simplement parce qu'il y a des régions
45:55où il n'y a pas les mêmes densités de population. Et puis l'Est, on a bien compris comment c'était parti grâce au rassemblement évangéliste.
46:05Et l'Île-de-France, c'est quand même la région la plus densément peuplée avec le plus de passages. Voilà.
46:15Après, moi, j'espère que les régions faiblement touchées ne le seront jamais. Voilà. Il faut laisser du temps.
46:25Mais je suis pas capable de dire exactement le pourquoi du comment. — Quand on entend par exemple ce commentaire de dire
46:32« Tant qu'on n'a pas de vaccin, on pourra pas avoir un retour à la vie normale », c'est une possibilité ?
46:36— Je ne sais pas. Encore faut-il avoir un vaccin efficace. Il y a déjà des sondages qui disent qu'il y a un tiers de la population française
46:45qui, s'il y avait un vaccin, refuserait de se faire vacciner. Et puis il y a d'autres stratégies que d'attendre quelque chose de magique.
46:55C'est dépister, dépister, dépister, dépister, isoler, isoler, isoler. Et puis si dans les semaines qui viennent,
47:06un traitement semble vraiment efficace et vraiment actif sur le virus, eh ben la stratégie « Je teste, je dépiste, j'isole, je traite »,
47:16c'est effectivement la base des maladies infectieuses. Et encore faut-il avoir une vraie molécule efficace.
47:21— Dans les derniers commentaires, on sait non plus sur les porteurs sains. Comment le transmettent-ils ?
47:24— Non. Moi, j'en sais pas beaucoup plus. Les porteurs sains, en fait, sont désinfectés avec des symptômes minimes.
47:31Et le virus ayant un tropisme pour les voies aériennes supérieures, ils le transmettent probablement comme tous les autres,
47:39soit en respirant fort, soit en toussant, soit en criant, soit en riant aux personnes en contact proche avec eux.
47:47— La crainte d'une seconde vague, éventuellement. C'est vrai que c'est évoqué aussi souvent. C'est ce que craignent les gens par la suite.
47:52— Ouais. Effectivement, c'est ce que craint l'OMS. Si on déconfine trop vite sans une capacité de dépister les nouveaux cas
48:00et d'isoler les nouveaux cas, eh ben il n'y a aucune raison que les mêmes causes ne produisent pas les mêmes effets.
48:06— Les tests PCR sont-ils vraiment fiables ? — Les tests PCR sont vraiment fiables à condition qu'effectivement,
48:11le virus se trouve là où on le cherche. Et on sait qu'effectivement, chez certains patients, au moment où on les dépiste,
48:20on peut ne pas retrouver le virus au niveau du nasopharynx, mais le retrouver au niveau pulmonaire.
48:27Et donc ce n'est pas parce qu'on a une PCR négative dans le nez qu'on n'est pas infecté. Et on a beaucoup de cas de gens
48:37avec des atteintes pulmonaires qui ont une PCR négative dans le nez, mais une PCR positive dans les crachats.
48:43Et donc la PCR dans le nez n'est pas l'alpha et l'oméga de la maladie. Et c'est pas parce qu'on est négatif qu'on est guéri.
48:50Il y a des gens avec des PCR négatives qui sont morts. Et ils sont quand même morts.
48:55— Les dons de plasma de personnes ayant eu le coronavirus, est-ce vrai ? — Oui, c'est vrai. Ça commence. Il y a un essai là-dessus.
49:03L'hypothèse et l'objectif étant de dire que quelqu'un qui a été infecté produit des anticorps neutralisants contre le virus
49:11et que donner ce plasma à une personne malade va l'aider à contrôler le virus. La seule chose, c'est qu'il faut pour ça être sûr
49:19qu'on produit effectivement, lorsqu'on a été infecté, des anticorps neutralisants. Mais il y a des essais en cours.
49:26Mais je n'en sais pas beaucoup plus pour le moment. — Ah, les commentaires sur la 5G. Alors je pense que vous avez peut-être pu voir
49:29ces images même au Royaume-Uni, où on voit une antenne 5G brûlée en disant que les antennes 5G promageraient le virus.
49:36— On m'a déjà posé cette question-là. Et la première fois qu'on m'a posé cette question, j'ai eu un fourrière d'une minute.
49:42Et puis on m'a quand même vraiment sollicité pour que je réponde. La seule réponse, c'est que les ondes ne se transforment pas en virus.
49:51Donc non, la 5G n'est pas la cause du coronavirus. — Combien de temps est-on porteur du virus en moyenne ?
49:57— En moyenne, c'est aux alentours d'entre 7 et 14 jours. Il y a des patients qui peuvent le porter 21 jours.
50:03C'est très corrélé à l'intensité de l'atteinte qu'on a eue. Mais ces données sont évolutives, puisque comme on a discuté tout à l'heure,
50:11on voit que des patients peuvent avoir des prélèvements par PCR qui seraient positifs. La vraie question qui compte, c'est combien de temps
50:19on va excréter du virus qui peut contaminer les autres. Et ça, la réponse, c'est à l'heure actuelle, personne ne l'a.
50:26— Et quand on n'a plus de symptômes, est-ce qu'on doit encore s'isoler ? Une fois qu'on a été malade, ça va mieux.
50:31Est-ce que je dois encore rester chez moi une certaine période ? — On considère qu'au bout de 14 jours par rapport au début des symptômes,
50:38si vous n'avez plus de symptômes depuis au moins 48 heures, vous pouvez reprendre des contacts hors confinement.
50:50Pour les professionnels de santé, par exemple, on considère que 7 jours d'isolement avec au moins 2 jours sans symptômes,
50:57et ensuite, on peut recommencer à travailler. Mais ça aussi, c'est très lié à la sursollicitation du système de soins.
51:04— Est-ce que le plasma pourrait-il véhiculer aussi le virus et les anticorps ? — Alors le plasma, normalement, est censé véhiculer
51:11que les anticorps. Il doit probablement être testé pour le virus. Mais je vous avoue que je ne suis pas dans le cadre de cette étude.
51:17Et donc je ne peux pas répondre à cette question de façon formelle. — Quelles sont aujourd'hui les questions auxquelles vous attendez
51:22des réponses avec impatience ? Parce qu'on sait que dans ce live, on a abordé plusieurs questions auxquelles vous n'avez pas de réponses.
51:26Et c'est important de le dire, parce que c'est vrai qu'on est face à un nouveau virus qu'on découvre encore. Et vous avez l'honnêteté de dire
51:32« Ça, je sais pas ». Alors les personnes peuvent dire « Pourquoi on sait pas ? » C'est parce qu'il est nouveau. Mais vous, justement,
51:37en tant que professionnel de médecine, qu'est-ce que vous dites ? Qu'est-ce que vous attendez ? Quelles sont les questions majeures
51:42sur lesquelles vous attendez des réponses au-delà des vaccins, peut-être des traitements aussi ?
51:45— La question majeure sur laquelle je me pose des questions, et j'aimerais vraiment des réponses, c'est est-ce que notre société
51:52va vraiment retenir la leçon de cette épidémie ? Et est-ce que nos dirigeants vont enfin prendre conscience des besoins du système de santé
52:05et de l'hôpital public, et enfin, et durablement, mettre les moyens pour qu'on puisse continuer à prendre soin de nous ?
52:12— C'est quoi la leçon que le pouvoir doit retenir de tout ça ? — J'ai pas de leçon à donner au pouvoir. J'ai juste à leur demander
52:17de regarder ce qui se passe. — Il y a eu un an de manifestations, de grèves aussi, où... — Vous l'avez dit.
52:24— Voilà. Et aujourd'hui, quand vous entendez le président de la République qui parle d'un plan massif, vous ressentez quoi ?
52:30— Les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent. — Vous attendez avec impatience ? — L'avenir nous dira.
52:39— Qu'est-ce qu'il faudrait aujourd'hui ? Ça serait quoi, aujourd'hui ? Si on parle concrètement, voilà... Je veux pas dire...
52:44Pour sortir de cette bénuit, il faudrait un traitement qui marche vraiment contre ce virus, qu'on sache exactement quoi faire
52:50quand les patients se dégradent à la période d'orage cytokinique, qu'on ait des moyens de réanimation adaptés et dimensionnés,
52:58et qu'un vaccin arrive, et que globalement et collectivement, on apprenne à être de nouveau fraternels et altruistes
53:08et à prendre soin des gens qui sont autour de nous. — Et les moyens pour l'après ?
53:11— Les moyens pour l'après, ça sera aussi à la population de demander à ce que les moyens pour leur santé soient alloués.
53:20— Pour conclure, peut-être le message que je peux peut-être leur transmettre par rapport justement aux moyens que vous demandez,
53:25mais aussi à tous ces applaudissements qu'il y a chaque jour sur les balcons de personnes qui vous applaudissent.
53:29Comment ils peuvent aussi vous soutenir demain, quand on aura – je l'espère – au plus vite quitté cette crise sanitaire ?
53:35— Écoutez, je trouve qu'au-delà des applaudissements, en fait, les applaudissements, les gens s'applaudissent eux-mêmes.
53:42Et moi, je trouve ça formidable, parce que ça amène des gens à se parler. Et même d'un immeuble à l'autre, on se découvre.
53:53Et donc ça remet un peu d'humanité et de fraternité entre nous. Et puis surtout, moi, je voudrais remercier nos concitoyens
54:02qui supportent tout ça et qui font tous ces efforts, parfois pas parfaits, mais personne n'est parfait.
54:09Et voilà, je voudrais vous remercier. Et quand vous applaudissez, en fait, vous vous applaudissez autant que vous nous applaudissez.
54:18On n'est pas des héros. On n'est pas de la chair à canon. On est juste des êtres humains dont le métier, c'est de vous aider à rester en vie.
54:25— Merci beaucoup, Alisson Blatreux. Vous êtes infectieux avec la pitié salpétrière. Vous avez répondu à mes questions
54:30et à ceux des interviews qui étaient très, très nombreuses. On a essayé d'en prendre le maximum. On s'excuse pour les quelques questions
54:34qu'on n'a pas pu prendre. Mais on a essayé de prendre celles qui revenaient le plus dans ce direct pour essayer de répondre
54:40au plus grand nombre. Et on vous remercie d'avoir pris du temps. Et puis je tiens à vous envoyer toutes les bonnes ondes
54:45que je reçois dans ce live, parce qu'il y a beaucoup de commentaires. Grand merci à vous. Merci, docteur.
54:49— Filtre les mauvaises. — Voilà. Il y a toujours des critiques, mais ça fait partie aussi du jeu.
54:53— C'est le jeu. Et l'homme n'a pas voulu s'être vendu. — Mais il y a plutôt quand même beaucoup de commentaires très positifs.
54:57Voilà. C'est un homme bon, humain, humble. Bravo, monsieur. Voilà ce qu'on peut voir. — Protégez-vous.
55:02— Voilà. Juste pour vous dire, avant de conclure le live, on était donc ici à la pitié salpétrière.
55:10On va continuer dans les prochaines heures, dans les prochains jours à vous informer sur cette épidémie de coronavirus,
55:15à vous donner toutes les informations pour que vous puissiez vous faire votre propre idée, répondre à vos questionnements,
55:21vos interrogations, vos craintes, parce qu'on sait que c'est une période qui est difficile un peu à vivre pour toutes et pour tous,
55:25que ce soit pour ceux qui sont touchés, que ce soit pour ceux qui vivent le confinement. Donc on essaie justement d'aller à la rencontre
55:31de différents professionnels de santé qui puissent répondre à vos questions, répondre à vos questions justement aussi sur le déconfinement,
55:37sur la suite, comment on pourra déconfiner tout en prenant soin de notre santé, la crainte d'une seconde vague, etc.
55:43On a essayé d'en parler tout au long de ce live, mais on continuera bien évidemment à en avoir d'autres dans les prochains jours.
55:50On a rencontré beaucoup de professionnels depuis le début de cette épidémie, que ce soit Éric Caume, Gilles Pialou, Philippe Juvin,
55:56Arnaud Fontanet, Vincent Hennouf, qui sont des épidémiologistes, des infectiologues, des chefs de services d'urgence ou encore des chefs de maladies infectieuses,
56:06qu'on essaie justement d'avoir pour avoir des avis qui peuvent parfois être différents, ça fait aussi partie de la médecine,
56:11mais on essaie justement de donner la parole un peu à tout le monde pour que vous puissiez vous faire votre propre opinion,
56:16que vous puissiez un peu comprendre comment les choses évoluent au quotidien, sur le front des urgences également,
56:21c'est ce qu'on expliquait il y a quelques instants avec toutes les informations qu'on vous donnait sur l'évolution aussi des courbes épidémiques,
56:28ça c'est des choses qu'on continuera aussi de faire dans les prochains jours et d'essayer justement d'être au contact directement
56:36de ceux qui sont la gestion de cette crise, que ce soit d'un point de vue politique, d'un point de vue dans les hôpitaux ou dans la recherche,
56:43pour que vous puissiez mieux comprendre ce qui se passe, avoir certaines clés pour comprendre,
56:47parce que même si c'est comme on le disait dans le live, on n'est ni épidémiologiste ni médecin,
56:51donc il y a des choses qu'on ne comprend pas forcément soi-même, mais ça permet en tout cas d'avoir un avis,
56:55de comprendre, d'être un peu éclairé sur ce qui se passe et d'être rassuré ou pas,
57:00parce qu'il n'y a pas toujours que des nouvelles positives, mais au moins de mieux comprendre certaines choses.
57:05Voilà, je vous souhaite à tous en tout cas une très très bonne journée, prenez soin de vous, très bon week-end,
57:10on se retrouve très très vite sur Brut pour de nouvelles images en direct.
57:13Vos feedbacks, vos retours, vous avez mon profil en description du live juste au-dessus,
57:16vous pouvez m'envoyer vos messages, vos retours, vos questionnements, vos critiques,
57:19même des personnes que vous souhaiteriez qu'on ait en interview, n'hésitez pas à faire vos propositions,
57:24on est toujours très heureux d'avoir vos retours parce que si on fait ces interviews, c'est pour vous, pour vous informer,
57:29donc vos retours, vos feedbacks sont extrêmement précieux pour nous et pour construire ce média qui est le vôtre sur Brut.
57:36MyBrut également, auquel vous pouvez vous inscrire, vous avez le lien qu'on va vous mettre dans les commentaires.
57:41Tous les jours, on vous envoie une lettre d'information sur tous les sujets qu'on fait,
57:44soit des interviews ou autres, pour vous informer sur cette épidémie de coronavirus,
57:49et pas que, le reste de l'actualité aussi qu'on continue à traiter,
57:52même si les conditions, bien évidemment, au travail sont bien évidemment très différentes de d'habitude avec le confinement,
57:56mais on essaye de continuer cette mission d'information et on le fera encore dans les prochains jours.
58:01Merci pour tous vos commentaires, merci encore à vous Alexandre Beltreux,
58:06qui est juste là, et voilà, et qu'on salue.
58:09Et quoi, merci d'avoir pris un peu de son temps pour répondre à nos questions d'un live qui était encore une fois très précieux.
58:15Très bonne journée à vous, très bon week-end, et puis très important d'ici là à rester chez vous,
58:19et puis on se retrouve très très vite sur Brut, je vous dis pas quand parce que vous savez,
58:23on travaille un peu au jour le jour pour essayer, on travaille sur plein de pistes différentes
58:26pour essayer de vous proposer de nouvelles interviews, de nouveaux lives sur le terrain,
58:29mais c'est un gros travail de fond, de préparation, de contact avec certaines personnes,
58:33on attend des retours, des fois c'est négatif un moment, des fois c'est positif un autre,
58:37parce que c'est des personnes qui sont très occupées, mais on travaille à fond en tout cas
58:41pour vous proposer de nouvelles interviews très très rapidement, en début de semaine prochaine ou plus tard,
58:46pour refaire un point sur la situation.
58:49Voilà, très bonne journée à vous, merci encore pour vos messages,
58:52et puis on se retrouve très très vite sur Brut, merci, merci à tous, ciao.

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