REPLAY - Coronavirus : Philippe Juvin, le chef de service des urgences de l’hôpital Georges-Pompidou répond à Rémy Buisine et à vos questions.
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00:00Bonjour à toutes et tous, on est en direct sur Brut au lendemain des annonces d'Emmanuel Macron.
00:03Nous sommes avec Philippe Juvin, qui est donc chef des services d'urgence de l'hôpital Georges Pompidou à Paris.
00:09Bonjour à vous.
00:10Bonjour.
00:11Alors, je vais vous poser quelques questions, mais il y a aussi ceux qui nous regardent qui pourront en poser.
00:14Donc n'hésitez pas. Cette première question, Emmanuel Macron a hier donc annoncé de nouvelles mesures.
00:19Est-ce qu'elles sont à la hauteur des enjeux sanitaires en cours ?
00:22Alors, quand le président a pris la parole, c'est vrai que le discours était très riche parce qu'il a évoqué beaucoup de choses.
00:28Moi, je trouve que le discours de Macron a été bien complété par celui du ministre de l'Intérieur.
00:34Et les propositions du ministre de l'Intérieur sont claires. La philosophie, elle est sans ambiguïté.
00:40Ce qu'on vous demande, c'est simple. C'est de ne pas vous balader, de rester chez vous, d'avoir le moins de contacts possible.
00:47Donc je pense que c'est à la hauteur.
00:51On voit ce matin des images de transports en commun avec encore énormément de monde.
00:55C'est là où on se pose des questions parce que, justement, on parle de mesures restrictives.
00:58Alors elle rentre en vigueur à midi. Mais est-ce que de ce côté-là aussi, du côté des transports en commun, il n'y a pas des choses aussi à faire ?
01:06Je pense d'abord qu'il va y avoir quelques heures et quelques jours de mise en route.
01:09Il ne faut pas se faire d'illusions. On ne passe pas d'une minute à l'autre à une situation où on est totalement libre de faire ce qu'on veut,
01:15à une situation où on est restreint. Donc je pense que les gens vont s'adapter.
01:21L'adaptation, en tout cas, je dis bonjour à tous ceux qui nous rejoignent.
01:24N'hésitez pas à poser des questions dans les commentaires.
01:28Il y a ces questions qui se posent ce matin sur l'entrée en vigueur de ces mesures.
01:35C'est de se dire qu'on était obligé d'arriver à ça pour...
01:38Oui, en fait, il faut comprendre que quand on a une épidémie de ce genre face à un agent infectieux pour lequel on n'a pas de traitement,
01:44il y a en gros deux manières de faire cesser une épidémie.
01:50Je parle d'une épidémie qui est une vraie épidémie. C'est quelque chose de très contagieux, ce qui est le cas.
01:54Il y a deux manières de faire. Soit vous laissez la population acquérir le virus.
01:59Tout le monde tombe malade. Et puis, il y a un moment où quand la moitié de la population est tombée malade,
02:05eh bien, l'épidémie dégresse, régresse. Et puis, quand elle arrive à 75% de la population, il n'y a plus d'épidémie.
02:14Ça, c'est ce qui se passe quand on n'a absolument rien, aucun médicament et qu'on est dans un pays qui n'est pas capable d'édicter des règles de confinement.
02:23C'est ce qui se passait au Moyen Âge avec la peste. On attendait que les gens soient malades.
02:27Il y a ceux qui devaient mourir, mourraient. Et puis, les autres, peu à peu, guérissaient, etc.
02:31Et puis, il y a une deuxième technique. Évidemment, si vous faites ça, vous avez des services d'urgence qui sont débordés.
02:37Vous avez des morts, etc. Et puis, il y a une deuxième technique. C'est celle que le gouvernement a mise en oeuvre.
02:42Il l'a bien fait. C'est de dire aux gens qu'on va casser les chaînes de contamination, on va faire en sorte que la population ne s'infecte pas.
02:47Et si elle est infectée, qu'elle garde le virus pour elle et qu'elle ne le redonne pas aux voisins.
02:53On en est où au niveau de l'hôpital Georges Pompidou ? Combien de malades sont actuellement traités ?
02:56Alors, il y a tous les jours plusieurs malades qui viennent nous voir parce qu'ils ont des symptômes plus ou moins graves.
03:01Il faut bien savoir – et ça, c'est un élément d'assurance – que quand vous prenez toute la population qui a le virus,
03:09d'abord, probablement la moitié de la population qui est malade ne sait pas qu'elle est malade.
03:16Elle est comme vous, comme moi, elle circule, elle n'a aucun symptôme, mais elle est contagieuse.
03:20Et puis, dans les 50 % des gens qui sont symptomatiques, c'est-à-dire qui ont des signes,
03:24il y a probablement plus de 80 % des gens qui ont des signes très bannaux, une fatigue, une toux, parfois même quelques maux de ventre, etc.
03:35Et ce n'est qu'une toute petite partie, heureusement, qui a des formes très graves et qui, parfois, peut décéder.
03:41Alors, vous allez me dire, si c'est une toute petite partie, pourquoi on en fait des tonnes ?
03:44On en fait des tonnes parce que, d'abord, on est face à un virus qu'on ne connaît pas.
03:48Il y a 4 mois, on ne connaissait pas ce virus. Donc, c'est un agent émergent. On ne sait pas comment il peut évoluer.
03:55Et deuxièmement, c'est une maladie extrêmement contagieuse, c'est-à-dire que potentiellement, beaucoup, beaucoup de monde peut l'avoir.
04:01Et même un petit pourcentage de complications sur une grande population, eh bien, ça fait beaucoup de gens potentiellement très, très malades, voire killers.
04:13Là, vous avez combien de personnes dans un état grave, ici, à l'hôpital ?
04:16Alors, ça varie, en fait, des réanimations. Il y a des villes de France qui sont submergées.
04:20Je pense à Mulhouse, où toute leur réanimation est pleine de patients graves. Ils n'ont d'ailleurs même plus suffisamment de lits, d'après ce qu'on sait.
04:28C'est le cas dans d'autres villes de l'Est, je pense à Colmar en particulier. Et puis, nous, à Paris, on a en fait 2 hôpitaux qui se sont remplis très rapidement de patients graves,
04:37parce que c'est d'abord là où on les a envoyés préférentiellement. Il y a quelques semaines, ici, nous avons reçu le premier patient grave.
04:44Vous savez, c'était ce vieux monsieur chinois de 80 ans qui, malheureusement, finalement, est décédé, dont on a parlé dans la presse.
04:50Il est arrivé, ici, et nous l'avons transféré. Nous ne l'avons pas gardé dans notre réanimation. Nous l'avons transféré à l'hôpital de la Salle Pétrière,
04:58parce qu'à l'époque, il y avait 2 hôpitaux qui récupéraient tous les patients très graves, Bichat et la Salle Pétrière. Et je sais qu'à Bichat, leur réanimation est déjà très, très pleine.
05:09Nous, ici, les choses sont plus calmes, parce que nous allons probablement remplir l'hôpital secondairement. On a un patient qui est arrivé dans une situation très préoccupante cette nuit.
05:18Donc un nouveau cas de coronavirus qui est arrivé cette nuit. Justement, d'un point de vue épidémique, on en est où ? On voit justement cette courbe en Italie qui ne cesse d'augmenter
05:28malgré ces mesures de confinement il y a une semaine. Le pic, il est à atteindre quand ? On le craint quand en France ?
05:34En fait, on n'a pas de boule de cristal. On ne sait pas trop. Ce que je peux vous répondre, c'est en regardant ce qui est arrivé aux Chinois. En fait, les Chinois,
05:42le premier cas détecté, c'est le 7 décembre. Ils se rendent compte qu'il y a quelque chose qui se passe, une épidémie, et ils détectent l'origine. C'est un marché aux animaux, le 31 décembre.
05:55Donc 7 décembre, 31 décembre. Et nous sommes donc 7 décembre, janvier, février, mars. Nous sommes à un peu plus de 3 mois et ils sont sur une courbe descendante.
06:03En fait, la courbe a fait comme ça, a monté comme une colline et redescend. Et là, chez les Chinois, on est en phase toute descendante. Donc voilà, les Chinois,
06:11ils sont à 3 mois et demi et ils sont en train de s'en sortir. Alors combien de temps ça va durer chez nous ? Si c'est comme les Chinois, nous, notre premier cas,
06:19il a 1 mois. Donc je vous dis, dans 2 mois, on sera en phase de récupération si on connaît la même évolution. Mais encore une fois, ce sont des hypothèses.
06:28— C'est-à-dire que là, sur les prochains jours, ça va pas cesser d'augmenter ? — Alors oui, probablement, sauf si on arrive à confiner suffisamment les gens pour qu'il y ait
06:39des ruptures de contamination, barrières de contamination. Et quand vous rencontrez quelqu'un, eh bien vous risquez de contaminer si vous-même, vous êtes malade.
06:47En revanche, si vous restez chez vous, eh ben vous ne contaminez personne. Et vous allez guérir la plupart du temps, tranquillement, au bout de quelques jours,
06:55on va dire 2 semaines. Et quand vous serez guéri, eh bien vous n'aurez contaminé personne d'autre. Donc c'est ça qui est très important. C'est notre capacité à faire en sorte
07:04que chaque patient reste chez lui confiné et n'affecte pas une autre personne. C'est grâce à ça que le chiffre peut s'arrêter de monter puis baisser.
07:13Maintenant, il y a un truc qu'il faut savoir. C'est que le nombre de patients que l'on décrit tous les jours... Vous savez, tous les jours, on dit « il y a X cas de coronavirus ».
07:22En réalité, c'est un chiffre qui est purement indicatif mais qui est faux. C'est la partie émergée de l'iceberg. Parce que, pour 2 raisons. D'abord, on ne teste pas tout le monde.
07:32Et la deuxième raison, c'est que la moitié des patients sont asymptomatiques, comme je vous le disais tout à l'heure. Vous vous souvenez de cette affaire du Diamond Princess,
07:42c'est le bateau japonais. En fait, le Diamond Princess a un intérêt au camp médical, même si c'est évidemment tragique pour ceux qui ont perdu la vie sur ce bateau.
07:52Mais c'est un intérêt. C'est que c'est un lieu clos, quasi expérimental. Et donc, les Japonais ont étudié tous les gens qui étaient sur le bateau.
08:01Ils ont fait des tests à tout le monde pour savoir s'ils étaient malades ou pas, qu'ils aient des signes ou pas. Et ils ont montré qu'à quelques unités près,
08:08je crois que c'était 299 personnes étaient malades avec des signes. Et de mémoire, 322, donc le même chiffre, étaient porteurs du virus, mais ne présentaient pas de signes.
08:22Et donc, ça prouve, dans un modèle expérimental quasi parfait, que 50% de la population infectée ne présente aucun signe, mais est contagieuse.
08:32Et c'est un des sujets qui est préoccupant parce que c'est la partie immergée de l'iceberg. Et on ne sait pas vraiment combien il y en a.
08:38— D'un côté, c'est une bonne nouvelle. C'est-à-dire que les gens peuvent ne pas souffrir de ces symptômes. Mais d'un autre, ça rend la détection plus compliquée.
08:46Ça veut dire qu'on peut être porteur du coronavirus en étant totalement sain et en bonne santé, enfin en bonne forme, en tout cas.
08:50— Alors vous avez raison. C'est une bonne et une mauvaise nouvelle. C'est une bonne nouvelle parce que ça montre que globalement, c'est une maladie qui fait qu'il y a statistiquement
09:01peu de gens qui vont mourir de la maladie, même si c'est évidemment suffisant... Enfin c'est terrible pour la famille à qui ça arrive et les patients eux-mêmes.
09:11Mais comme il y a un très grand nombre de ces gens, eh bien 1% sur beaucoup beaucoup de patients, ça fait beaucoup de cas quand même.
09:20— C'est-à-dire que là, aujourd'hui, on a eu ce chiffre hier d'environ 6 500 personnes détectées du coronavirus sur le sol français depuis le début de cette crise.
09:29Est-ce qu'on aurait du coup une courbe qui permettrait de dire « Il y en a 5 fois plus, 10 fois plus » ? Ce serait quoi ?
09:34— C'est très difficile de vous répondre. Et je ne fais que des hypothèses. Il faut être extrêmement prudent. Si on dit qu'il y en a 6 500 détectées, il n'est pas déraisonnable de penser
09:45qu'il y en a au moins 6 500 qui n'ont pas été détectées. C'est le modèle du Diamond Princess dont je vous parlais il y a 2 minutes. Donc le double.
09:52Mais c'est plus complexe que ça parce qu'aujourd'hui, si vous venez dans mon hôpital et que vous avez une simple toux, qu'est-ce qui va se passer ?
09:59Je vais vous examiner. Je vais m'assurer que vous n'avez pas de complications de cette toux et que celle-ci n'est pas en train de montrer un état en fait plus grave.
10:08Et puis je ne vais pas vous faire de prélèvements dans le nez pour que vous recherchiez le virus. Je vais simplement vous recommander de rentrer chez vous avec un masque.
10:18Ce masque, de le porter dès que vous rencontrez quelqu'un et surtout de rencontrer le moins de personnes possible. Donc de rester 14 jours à votre domicile calfeutré.
10:27Ne dormez pas dans la même chambre que la personne avec qui vous vivez. Ayez des rapports les plus éloignés possible. Bref, de vous confiner.
10:38Mais ces gens-là, ils ont peut-être le virus. Mais je ne le sais pas puisque je n'ai pas fait le prélèvement. Et bien tout cela, il faut les ajouter aux 6 500 qui sont en fait des cas qui, eux, ont eu le test et qui sont positifs.
10:48C'est-à-dire qu'on ne teste plus systématiquement ?
10:51On ne teste, on n'a jamais testé systématiquement pour deux raisons. C'est un vrai sujet. Je ne sais pas ce qu'il faut faire. Enfin, j'ai une petite idée.
11:03Première raison, c'est que quand vous avez une simple toux, je vous dis de rentrer chez vous, que je vous teste ou pas.
11:11Qu'est-ce que ça change ? Puisque de toute façon, si vous n'avez pas le coronavirus, vous avez peut-être une autre virose pour laquelle il faut aussi vous mettre à l'abri.
11:19Et comme je n'ai pas de médicament spécifique, au fond, j'ai la certitude que c'est ça. Ne change rien pour vous. Sauf quand même, c'est vrai que chez vous, ce serait plus facile de savoir si vous l'avez ou pas vis-à-vis de votre vie quotidienne.
11:31Mais bon, au point de vue de la santé. Et puis, deuxième sujet, c'est que la grande difficulté de ce type de pathologie, c'est la désorganisation du système de santé.
11:42C'est-à-dire que nous devons absolument faire en sorte de continuer à pouvoir prendre normalement en charge les patients du coronavirus, mais tous les autres aussi.
11:52Dans les urgences, il y a des gens qui arrivent avec des infarctus, des péritonites, des fractures parce qu'ils sont tombés. Et cela, il faut continuer à les traiter.
12:00Et donc, si nous sommes submergés, on n'y arrivera pas. Le test, c'est pareil. Si on fait faire un test à toute la population française, nos lignes de test, les laboratoires vont être encombrées et n'arriveront pas à tester les cas qui sont les plus urgents.
12:16Ça prend un peu de temps, justement. Un test, comment ça se passe, justement ? Vous arrivez sur place, on vous fait quoi exactement ?
12:24En fait, vous voyez un coton-tige qu'on met dans les oreilles ? C'est la même chose, en un peu plus fin et surtout beaucoup plus long. C'est un grand bâton gras comme ça, avec un petit coton au bout.
12:34Et je vous l'introduis dans une narine, au fond de la narine. Ce n'est pas douloureux du tout, ce n'est pas super agréable. Et puis, je fais 2-3 mouvements pour gratter au fond de la narine.
12:43Je le ressors et je le mets dans un tube que je ferme. Un premier emballage, un deuxième emballage. On ferme tout ça, on envoie ça au laboratoire. Le laboratoire recherche au fond, sur ce petit coton qui était au fond de votre nez, la trace du passage du virus.
13:01C'est comme ça le test. Et ce test, il prend du temps. On a le résultat en 24 heures en général, à peu près.
13:09Est-ce qu'on peut imaginer que dans les prochains jours, les prochaines semaines, il y ait des moyens peut-être plus simples de pouvoir...
13:14Alors, il y a certaines personnes qui proposent des moyens plus simples. Mais les moyens plus simples, en réalité, ce n'est pas que ça soit plus simple. C'est simple, on sait le faire, il n'y a pas de doute.
13:24La question, c'est est-on capable de le faire massivement ? C'est ça le vrai sujet. Alors, l'Organisation mondiale de la santé, qui est l'organisme qui dépend de l'ONU et qui s'intéresse aux questions de santé, a émis une recommandation hier soir.
13:37Il va falloir qu'on l'étudie avec sérieux, en disant qu'il fallait tester, tester, tester. C'est ça leur modeur. Tester les gens. Pourquoi ? Parce que c'est vrai que quand vous savez que vous avez le coronavirus, vous êtes plus enclin à suivre des règles de confinement,
13:52des allégements sérieusement que si on vous dit que vous l'avez peut-être et qu'il faut rentrer chez vous. Donc, cette question du test, je pense, va devenir importante dans les jours qui viennent.
14:01Cette question de Samir dans les commentaires qui nous dit « Bonjour, savons-nous combien de temps le virus reste-t-il présent dans l'organisme ? »
14:07On a une idée, on n'a pas de certitude. Ce qu'on sait, c'est que la durée d'incubation, c'est-à-dire le moment où vous rencontrez le virus, où il entre dans votre corps et où vous allez commencer à être malade, c'est-à-dire présenter des signes,
14:19quand vous êtes malade, vous avez bien compris, ça varie de 2 à 12-13 jours. Ça, c'est la première partie de la maladie. Vous ne savez pas que vous êtes malade parce que le virus est dans votre organisme et commence à faire son petit travail de sape.
14:32Au bout de 2 à 12 jours, moyenne 4,5 jours, vous, vous êtes malade, c'est-à-dire que vous mettez à tousser, à cracher, parfois des difficultés respiratoires et puis parfois des choses plus graves,
14:43heureusement beaucoup plus rares, mais ça arrive. Ça, ça va durer à peu près 2 semaines. Et puis au bout de 2 semaines, le virus aura probablement disparu, mais comme on ne fait plus de tests pour savoir s'il a disparu ou pas, je ne sais pas bien vous répondre.
15:02Donc il faut compter, on va dire 3 semaines au total, 3 à 4 semaines au total, puisque si vous avez une incubation de 12 jours et une maladie effective de 14, ça vous fait un mois.
15:13Donc par exemple, on a Noël dans les commentaires qui nous disent qu'au bout de 14 jours, une personne atteinte et guérie, à quel moment n'est-elle plus contagieuse ?
15:19Difficile de répondre à cette question.
15:21C'est encore un peu tôt ?
15:22Non, je vais vous dire des bêtises, mais si vous êtes guérie au bout de 14 jours, il est probablement plus raisonnable de continuer à être extrêmement prudent, c'est-à-dire à distance de quelqu'un, se laver les mains.
15:37Évidemment, il faut continuer au moins une dizaine de jours après, mais il faut bien comprendre qu'il faut aussi continuer ça parce que vous pouvez aussi rencontrer quelqu'un qui a aussi le virus.
15:49Et il y a quelques cas décrits de réinfection, c'est-à-dire des gens qui l'ont eu une première fois, qui sont guéris, et puis qui semblent rechuter.
15:57Alors on parle de réinfection, est-ce que c'est un nouveau virus qui est rentré ou est-ce que c'est le même en réalité qu'ils n'étaient pas guéris ?
16:04Ça, on le saura plus tard, mais il y a un petit doute sur la réinfection possible.
16:08On a vu ces images qui ont fait beaucoup réagir ce week-end de personnes dans des parcs, des marchés bondés, en disant « on va le payer », est-ce que ça va être le cas ?
16:19Est-ce que les conséquences des mauvais comportements qu'on a pu voir ce week-end, elles se verront quand concrètement dans le nombre de cas, dans la contamination d'autres personnes ?
16:31D'abord j'espère qu'elles ne se verront pas et qu'il n'y a pas eu trop de transmission.
16:34Nous nous préparons à une vague de patients, mais nous espérons que la vague ne vienne pas.
16:40Vous savez, c'est toujours pareil, c'est le désert des tartares cette affaire.
16:44On espère que ça ne va pas arriver.
16:46Si je vous parle d'une incubation de 2 à 12 jours, si quelqu'un a attrapé le virus dans un dimanche,
16:56eh bien il saura s'il est malade aujourd'hui, puisque c'est 2 jours plus tard, ou dans 10 jours.
17:03Ça veut dire que concrètement les mesures qu'on était en train de mettre en place, on en verra le résultat au bout de combien de temps vraiment concrètement ?
17:10Les mesures de confinement ?
17:11De confinement, c'est-à-dire que là aujourd'hui par rapport à ce que vous m'expliquez, la durée d'incubation, la durée où on ressent potentiellement les premiers symptômes,
17:18elle peut être de 2 à 10-12 jours, c'est ça ?
17:21C'est la durée de la maladie. La question de savoir si le confinement produit des effets.
17:25Oui, il produit des effets. On l'a vu en Chine, il y a des effets.
17:29Ils ont eu une diminution réelle du nombre de cas alors qu'ils étaient en situation épidémique extrêmement inquiétante.
17:34Ils ont eu des effets au bout de 1 mois et demi, 1 mois et 1 mois et demi de confinement.
17:41Donc le président de la République a parlé de 15 jours. Il faut s'attendre à ce que ces 15 jours soient prolongés.
17:48De façon raisonnable, ce serait combien de temps qui serait nécessaire ?
17:51Il faut bien comprendre qu'en fait, personne ne sait. On t'attend. Tout le monde t'attend.
17:55Quand il y a des gens qui vous assurent que ça va durer 3 semaines, 1 mois et demi, ce sont des hypothèses.
18:02On peut penser... Enfin, je dirais 15 jours, ça sera évidemment insuffisant. Peut-être qu'un mois ou 1 mois et demi, c'est plus raisonnable.
18:11Aujourd'hui, la fermeture des transports en commun, le fait par exemple de dire aux gens, même travailler, il ne faut plus le faire.
18:17Il faut faire du télétravail à 100% sauf pour les professions comme les vôtres. Est-ce que c'est vraiment la prochaine mesure pour vous ?
18:23Moi, je pense que plus on en fera, mieux ça sera. Mais il faut aussi comprendre le président de la République.
18:30Il ne peut pas tout arrêter. Parce que quand vous arrêtez tout, vous créez une crise économique, vous créez du chômage.
18:35Et ça a aussi des effets sur la santé. C'est-à-dire qu'on sait que la pauvreté a des effets sur le chômage.
18:41On sait que quand vous ne vous occupez pas des personnes âgées qui sont chez elles, il y en a qui vont souffrir de cette affaire et peut-être même mourir.
18:51Donc la décision qu'a prise le président est très, très compliquée. Il faut comprendre qu'il est dans une situation d'une complexité infinie.
18:59Donc attention à ne pas le juger. Ce que je veux vous dire, c'est que si vous fermez tous les transports en commun, comment fait le personnel de l'hôpital pour venir travailler ?
19:10Comment fait le personnel des gens qui travaillent dans les magasins qui vous donnent à manger ? Parce que vous avez quand même à continuer à manger.
19:17Mais il n'y a pas que les médecins et les infirmières qui doivent continuer à travailler. Et il n'y a pas que les médecins et les infirmières de l'hôpital.
19:23Il y a tous les professionnels de santé de la ville et tous ceux qui ont les magasins d'alimentation, les usines qui vous fournissent de l'eau, de l'électricité, du gaz.
19:32Tout ça, ce n'est pas le téléphone qui participe à la sécurité de la nation. Les policiers, les pompiers, tous ces gens-là doivent continuer à travailler.
19:40Les administrations, si vous allez dans votre mairie pour demander de l'aide, il faut bien qu'il y ait du monde pour y répondre.
19:47Donc c'est très complexe. C'est impossible de mettre une nation à l'arrêt. Simplement, il faut la mettre à l'arrêt le plus possible.
19:56Et donc il est probable que des activités qui ne sont pas absolument essentielles à la bonne marge de la nation, celles-ci, elles devraient arrêter.
20:04— On a vu parfois certaines critiques dans la gestion de cette crise de dire que finalement, on voit cette situation en Italie.
20:09On aurait selon certaines estimations peut-être une semaine de décalage entre l'Italie et la France. Ça reste à modéliser.
20:16Et de se dire que finalement, quand l'Italie a pris ces mesures, pourquoi on n'a pas anticipé de prendre ces mesures qu'on prend aujourd'hui,
20:21finalement de les prendre il y a une semaine, pour permettre d'éviter peut-être que dans une semaine ou 10 jours, on se retrouve avec une courbe encore plus exponentielle ?
20:30— Vous savez, c'est la même raison pour laquelle pour la grippe, on a un vaccin qui est certes relativement efficace,
20:37mais enfin qui est efficace et qui permet d'éviter des morts chaque année. Et pourtant, il y a très peu de population française qui se vaccine. Voilà.
20:44Donc c'est la même raison pour laquelle nous sommes collectivement inconséquents d'une manière chronique.
20:50— Il y a des questions qui se posent à propos des cas jeunes déclarés. C'est vrai qu'on a souvent cette idée jusqu'à maintenant de voir
20:57que ce sont des personnes très âgées qui en décèdent. Mais on a pu comprendre que dans les services de réanimation, il y avait aussi beaucoup de personnes
21:03qui étaient plus jeunes. — Alors il est vrai qu'il va y avoir des patients jeunes de 20 ans qui vont développer des formes graves de réanimation.
21:13C'est une certitude. Mais ça va rester la minorité quand même. Je crois qu'actuellement, on est à une médiane d'âge en réanimation de 60 ans.
21:22Donc ça signifie quand même que la moitié des patients de réanimation ont moins de 60 ans, certes. Mais les études chinoises qui, maintenant,
21:30ont 3 mois de recul, c'est quand même un sacré avantage, parce qu'on apprend d'eux, montrent quand même qu'on est sur une population qui est plutôt âgée,
21:37majoritairement, très majoritairement, qui a des maladies associées, essentiellement l'hypertension artérielle, le diabète, également un peu
21:45les infections respiratoires chroniques, moins en fait que la grippe proportionnellement. Mais c'est vrai qu'ils ont des patients jeunes.
21:52Mais ça va pas être la majorité. Simplement, il faut pas penser que les jeunes sont totalement à l'abri. C'est faux. Mais ils ne sont pas la majorité.
22:01Je vois beaucoup de questions, justement, sur la durée de vie du virus, mais dans l'atmosphère. Est-ce que, par exemple, on peut avoir un virus qui passe dans l'air ?
22:10On parle souvent des climatisations, même, par exemple, sur une table, sur des documents ou autre, des vêtements.
22:18Alors, il y a deux choses, peut-être, qu'il faut distinguer. Dans l'air, il y a quelques arguments des gens qui pensent qu'il peut y avoir ce qu'on appelle
22:25une aérosolisation du virus. Il peut se balader. Donc, de l'importance chez vous d'aérer les pièces. Il faut aérer les pièces.
22:33Et c'est une des raisons qui fait que le risque de contamination est particulièrement grand quand vous êtes plusieurs dans une pièce fermée.
22:40C'est d'ailleurs là qu'on a vu les taux de contamination les plus importants. Il y a plusieurs études qui sont assez concordantes pour montrer que
22:48ce qu'on appelle le taux d'attaque, c'est-à-dire la capacité pour un seul malade à contaminer plusieurs personnes. En moyenne, il y a trois.
22:55Donc un malade contamine trois personnes. Mais c'est une moyenne. Mais quand vous vous concentrez sur les situations de zone close,
23:02c'est-à-dire des pièces, des églises, des réunions de famille, on a des taux d'attaque qui sont jusqu'à 35 %, c'est-à-dire vous déjeunez,
23:10vous dînez avec vos copains, vous êtes dans une salle fermée, et bien une personne malade, même s'il ne sait pas, peut contaminer 35 % de la pièce.
23:19Donc il y a un vrai sujet là-dessus. Alors maintenant, le virus sur les tables, etc. Oui, oui, le virus, il ne meurt pas tout de suite. Combien de temps ?
23:28Ça, c'est une querelle de virologue. Je n'entrerai pas dedans. Et il n'est pas impossible que le virus, pendant plusieurs heures, reste sur la table
23:36sur laquelle vous avez posé vos grosses mains sales de patients infectés. C'est pour ça qu'il faut se laver les mains, sans arrêt.
23:42Ce qui a aussi fait réagir, c'est parfois le changement de discours, parfois, au niveau des épidémiologistes, au niveau des chefs de maladies infectieuses,
23:48qui, il y a quelques semaines, étaient assez rassurants et qui, aujourd'hui, ont pris un discours parfois même très alarmiste.
23:54Pourquoi cette évolution en l'espace de quelques jours ?
23:58Alors d'abord, parce qu'on apprend tous les jours. C'est une maladie nouvelle qu'on ne connaît pas, qu'on ne connaissait pas il y a quatre mois.
24:04Il faut quand même bien le savoir. Même si on connaît d'autres coronavirus, en fait, on ne savait pas.
24:08Et puis, parce qu'on a pris conscience du danger. Et parce qu'aussi, on trouve que la maladie est extrêmement contagieuse.
24:17C'est ça, la caractéristique de celle-ci. Et qu'en France, on a vu apparaître des foyers qui sont très graves.
24:24Loulous, c'est très grave. C'est vraiment très grave. En Alsace, c'est grave. La preuve, c'est que les Allemands ont même fermé la frontière,
24:30pour éviter qu'on ne passe chez eux. Et notre crainte, c'est que l'épidémie aille dans des zones autres.
24:38Par exemple, des zones très peuplées, où là, il y a une concentration très importante d'habitants.
24:42Ce qui est un peu le cas en Ile-de-France, notamment.
24:44Ce qui est un peu le cas en Ile-de-France, en particulier. Mais encore une fois, nous, nous tirons la sonnette d'alarme, parce que nous voulons que les gens soient prudents.
24:51C'est-à-dire que je prie à la fois tous les jours pour que rien n'arrive, que nous nous soyons trompés.
24:59Mais quand je vois l'évolution de la courbe chez les voisins, je me dis qu'on va avoir la vague.
25:06C'est pour ça, nous, nous avons une obligation de vous dire, nous pensons qu'il y a un danger.
25:11Donc voilà. On prend juste 2-3 questions avant de conclure ce live. Je regarde un peu les commentaires.
25:15Je vous remercie en tout cas d'être aussi nombreux. Il y a plus de 32 000 personnes qui regardent ce live aussi matinal.
25:19On essaie de faire justement des lives pédagogiques.
25:21Lavez-vous les mains et essayez de sortir le moins possible et aller chez vous.
25:26Il y a des questions qui se posent, justement. Est-ce que les bébés peuvent être contaminés ?
25:29Tous les enfants peuvent être contaminés. Les enfants peuvent être contaminés.
25:34Ils peuvent être aussi, et c'est une raison pour laquelle on a fermé les écoles, des porteurs sains.
25:38C'est-à-dire des enfants qui ont le virus, qui le passent à leurs parents et leurs grands-parents.
25:43Et c'est pour ça qu'on a fermé les écoles, qui sont des lieux évidemment clos par excellence.
25:46L'idée de limiter les interactions sociales, c'est ce qui revient aussi dans les commentaires.
25:50On a entendu hier ce chiffre qu'on a environ 50 interactions sociales par jour.
25:53L'idée, c'est de les diminuer le plus possible.
25:55Bien sûr. Comme je vous l'ai dit, surtout quand vous êtes en zone close, une pièce, il y a un vrai sujet de danger.
26:02On a parlé beaucoup de la question des animaux. Il y en a certains qui ont cette crainte dans les commentaires.
26:07On n'a pas d'argument pour penser que les animaux domestiques puissent être malades.
26:12Je n'ai rien à vous dire là-dessus. J'ai un chien et un chat. Ils vont bien.
26:16La mutation du virus, elle est régulièrement évoquée aussi.
26:19Il a déjà muté par définition quand il est passé de l'animal à l'homme.
26:23Vous savez, c'est un virus qui est chez l'animal. Il est passé de la chauve-souris à chez nous.
26:27Donc par définition, il fallait une mutation. Il l'a déjà muté.
26:30Il est suffisamment dangereux comme ça sans qu'on ait besoin de se préoccuper d'une mutation nouvelle.
26:34Les conditions météorologiques qui pourront être plus favorables peut-être dans les prochaines semaines, qui devraient normalement l'être ?
26:40Certains espèrent que le beau temps va casser le virus.
26:44C'est ce qui arrive parfois. Il y a certains virus qui sont saisonniers.
26:48Le virus de la grippe qu'on a tous les ans, c'est fin de l'automne, début de l'hiver.
26:52Puis après, il disparaît.
26:54Il disparaît à la fois probablement pour des raisons météorologiques,
26:57mais aussi parce que les gens sortent et sont moins en contact l'un avec l'autre.
27:02Ils ne se rencontrent pas.
27:04Mais en fait, on ne sait pas répondre à la question parce qu'il y a des virus qui ont des saisonnalités inversées.
27:09Par exemple, le virus H1N1, qui est un virus dont on a beaucoup parlé il y a dix ans.
27:14Lui, il est apparu au printemps.
27:16Donc, on peut l'espérer.
27:18Rien n'est certain.
27:19En tout cas, ce ne serait pas très sérieux de ne notabler que là-dessus.
27:23Une réaction aux commentaires.
27:24Je suis en colère contre ceux qui ont décidé de quitter Paris pour venir en province.
27:27Est-ce que, justement, vous avez peut-être des recommandations à faire ?
27:30Parce que c'est vrai que depuis qu'il y a eu cette annonce du confinement,
27:33on sait que la région Île-de-France est devenue hier la région où il y a le plus de cas de coronavirus.
27:38N'allez pas imaginer que vous ayez le virus et que vous allez voir vos parents ou vos grands-parents en province.
27:43Vous allez les infecter.
27:45Tout ça est idiot.
27:46Non, il faut rester chez soi.
27:47Est-ce que le maintien des municipalités est bien raisonnable sur le premier tour pour vous ?
27:50Moi, je pense qu'il ne faut plus en parler.
27:51Elles ont eu lieu le président jeudi.
27:53Il y a eu des conseillers qui lui ont dit « Vous pouvez y aller, il n'y a pas de danger ».
27:57Il a suivi le conseil de ses conseillers.
27:59Et je pense que les polémiques sont vaines.
28:01Maintenant, ce qui est très bien, c'est qu'on ait décidé après le premier tour de ne pas faire le second.
28:07Quel conseil on doit prendre en tant que journaliste aussi ?
28:09On sait qu'il y a des plateaux télé.
28:11Il y a beaucoup de choses.
28:12On reçoit beaucoup de monde.
28:13Ce n'est pas le cas chez nous.
28:14Mais en télévision, ce sont des endroits de forte affluence.
28:17Il faut éviter.
28:18Non, ce n'est pas ça.
28:19Je leur conseille à vos confrères, sur un plateau télé, d'éloigner les gens de plus d'un ou deux mètres les uns des autres.
28:26Et puis, aidez-nous à rassurer la population.
28:30Parce qu'en fait, il faut bien comprendre qu'on est face à une épidémie qui est très contagieuse, qui a un taux de mortalité qui n'est pas la peste.
28:40Ce n'est pas Ebola.
28:41Ce n'est pas le MERS coronavirus.
28:43D'autres coronavirus qui avaient un taux de létalité de 25 ou 40 %.
28:47Là, on est, d'après les Chinois, entre 1 et 3 %.
28:50C'est peut-être un peu moins, d'ailleurs.
28:52On va dire entre 1 et 3 %.
28:54Certes, la grippe, c'est moins.
28:56C'est beaucoup moins.
28:57Mais 1 et 3 %, ce n'est pas 30 % de mortalité.
29:01La formation est importante.
29:04Il faut que vous nous aidiez à empêcher que des gens racontent n'importe quoi.
29:08J'ai vu des gens qui disaient qu'en prenant tel régime alimentaire, on allait guérir.
29:13La seule chose qu'on sache, c'est qu'il ne faut pas rencontrer d'autres individus pour ne pas se le passer.
29:18Et un vaccin, on ne l'aura pas tout de suite.
29:20C'est vrai qu'aujourd'hui, on a beaucoup parfois de nouvelles positives en disant qu'on a peut-être isolé ceux-ci, ceux-là.
29:24Mais il faut du recul.
29:25Le vaccin, on l'aura d'ici un an, on va dire.
29:28Il faudra le produire.
29:29En plus, tout le monde va en vouloir.
29:31Donc, ça va prendre un peu de temps.
29:32Il faut le fabriquer, bien entendu, parce qu'on ne sait jamais.
29:35Le virus peut revenir après une première phase.
29:37Vous savez, il y a eu un premier coronavirus très grave.
29:41C'était il y a 20 ans, le SARS, avec un taux de mortalité important.
29:46On était à 30 ou 40 %.
29:48Et puis, brutalement, il a disparu.
29:50Il a disparu brutalement.
29:51Là, on a combien de pourcents en mortalité aujourd'hui ?
29:53On est entre 1 et 3 %, mais ça ne veut pas dire grand-chose,
29:56parce qu'un taux de mortalité, c'est un nombre de morts.
29:59On l'identifie bien, là, c'est facile.
30:01Divisé par un nombre de cas.
30:02Mais comme je vous l'ai expliqué tout à l'heure, le vrai nombre de cas, on ne le connaît pas.
30:06Mais toute chose étant égale par ailleurs, le coronavirus, le SARS,
30:10qui était très, très grave, c'était il y a 20 ans,
30:12qui a touché la Chine en particulier, a disparu quasiment du jour au lendemain.
30:18Les maladies, justement, il y a beaucoup de personnes, peut-être pour résumer,
30:20qui parlent des maladies de diabète, quand on a des maladies respiratoires et autres.
30:23On est beaucoup plus sujet à l'avoir et il faut peut-être prendre des précautions, c'est ça ?
30:27Oui.
30:28Encore plus ?
30:29Les patients qui sont fragiles, les pathologies du cœur et de la tension artérielle élevée,
30:33le diabète, les pathologies respiratoires et puis les cancers.
30:39Ce sont les quatre pathologies.
30:41Il faut que les gens se mettent un peu à l'abri.
30:43Pour conclure, deux questions.
30:45À quoi s'attendre dans les prochains jours ?
30:48Et ensuite, peut-être le message que vous voulez peut-être adresser à ceux qui nous regardent,
30:51les conseils et aussi à ceux qui vous soutiennent et autres.
30:54Enfin, voilà, peut-être un petit message que vous voulez leur délivrer ensuite.
30:57Et à quoi il faut s'attendre ?
30:58Je ne sais pas.
30:59Je ne sais pas.
31:00Il faut, en revanche, s'y préparer.
31:02On s'est préparé, nous, à l'arrivée de nombreux patients.
31:04J'espère qu'ils ne viendront pas.
31:06Et s'ils ne viennent pas, on nous dira, là là, vous en avez trop fait,
31:10mais on sera bien content que ça n'arrive pas.
31:12Et puis, les conseils, ils sont simples, on vous les a dit.
31:16Sortez pas de chez vous.
31:17Limitez vos interactions sociales.
31:19Ne dormez pas dans la même chambre que quelqu'un qui est potentiellement malade.
31:24Prenez des nouvelles de vos parents et de vos grands-parents par téléphone.
31:28N'allez pas les voir pour les contaminer.
31:29Mais ne les laissez pas seuls parce qu'il ne faudrait pas que cette affaire
31:32fasse qu'on retrouve des gens âgés qui sont morts tout seuls
31:35parce que personne ne s'en est occupé chez eux.
31:37Et puis, aidez-nous, nous, le personnel hospitalier, mais aussi le personnel de santé,
31:43en ville, je pense à tous les médecins de ville,
31:45aidez-nous à ne pas désorganiser le système.
31:49C'est-à-dire que quand vous avez un petit problème de santé microscopique,
31:54eh bien, pour une fois, vous n'allez pas venir aux urgences nous encombrer.
31:57Vous allez consulter votre médecin, votre pharmacien,
32:00en donnant des conseils à votre infirmière.
32:02Mais essayez d'épargner les hôpitaux, les services d'urgence.
32:05Et vous aider, c'est aussi en ayant des comportements plus responsables.
32:08N'écoutez pas les fausses nouvelles.
32:09Ne les véhiculez pas.
32:10Les fameux faux traitements qui circulent, on lit tout.
32:14Ça ne sert à rien.
32:15Essayez de tenir, parce qu'en fait, si la vague arrive,
32:19le vrai sujet, ce n'est pas le nombre de patients.
32:22Quand on est un pays, on a de la ressource.
32:25C'est le nombre de patients en même temps.
32:27Comprenez que si, par exemple, nous sommes à l'hôpital Pompidou là,
32:30ce matin, pendant l'heure qui vient, j'ai 100 personnes qui arrivent,
32:35on va être submergés.
32:36En revanche, si ces 100 personnes arrivent réparties sur deux mois,
32:41je saurais les prendre en charge sereinement et parfaitement bien.
32:45Tout le sujet est là.
32:46Il faut étaler la vague.
32:48Merci beaucoup, Philippe Juvin.
32:50Je dis pour ceux qui nous regardent actuellement que nous serons en direct
32:52à la mi-journée, donc à midi, pour justement cette mise en place
32:55de ces mesures de confinement, des mesures restrictives
32:57qui vont commencer à être mises en place à la mi-journée
32:59où il y aura des contrôles et autres.
33:01On sera donc en direct.
33:02Je vous invite à activer les notifications en live
33:04pour notre prochain direct à la mi-journée.
33:06On sera à Paris pour vous montrer un peu comment ça s'organise,
33:09comment ça se passe et aussi continuer ce travail pédagogique
33:12de vous donner toutes les dernières informations,
33:14les conseils, la situation tout simplement,
33:17comment elle évolue.
33:18Et puis on va continuer d'essayer de faire des rendez-vous
33:20qu'on a pu faire avec vous parce que l'idée justement aussi sur Brut,
33:23c'est d'essayer de vous faire comprendre un peu ce qui se passe
33:25avec des personnes qui sont dans la gestion de cette crise,
33:27que ce soit d'un point de vue ministériel,
33:29que ce soit dans les hôpitaux,
33:30que ce soit dans les laboratoires de recherche ou autres.
33:33On va continuer de le faire justement pour vous informer,
33:35pour prendre le recul nécessaire pour que vous puissiez avoir
33:38toutes les informations.
33:39Et donc notamment ce passage important à la mi-journée
33:42où on sera en direct pour pouvoir vous faire vivre ces événements,
33:45mais surtout vous les faire comprendre du mieux possible
33:48en vous expliquant comment ça se passe,
33:50ce qu'on a le droit de faire
33:51et ce qu'on a le droit de ne plus faire à partir d'aujourd'hui.
33:53Je vous remercie encore sincèrement d'avoir pris du temps.
33:55Au nom de tous ceux qui regardent ce live,
33:57qui sont très nombreux et qui vous remercient
33:59pour ces explications extrêmement claires.
34:01Merci beaucoup Monsieur Juvin.
34:03Et très bonne journée à vous, on se retrouve très vite.