• il y a 3 jours
REPLAY - Coronavirus : 240 décès en France en 24H. Éric Caumes, chef du service des maladies infectieuses de la Pitié-Salpêtrière, répond à Rémy Buisine et à vos questions.
Transcription
00:00:00On est en direct sur Brut avec Eric Caume, chef du service des maladies infectieuses
00:00:15de la pitié salpétrière.
00:00:16Bonjour à vous.
00:00:17Bonjour.
00:00:18Avant de prendre en compte les questions des internautes, on aimerait faire un petit point
00:00:21sur la situation.
00:00:22On en est où dans les hôpitaux parisiens ? Comment ça se passe actuellement au niveau
00:00:26des services de réanimation notamment ?
00:00:28En fait, la situation est très hétérogène d'un pays à l'autre et à l'intérieur d'un
00:00:35pays, très hétérogène d'une région à l'autre et même dans une même région, très
00:00:39hétérogène d'une ville à une autre.
00:00:41Donc si on prend en compte l'Île-de-France, c'est la partie nord de l'Île-de-France qui
00:00:47a été la première impactée.
00:00:49Donc au jour d'aujourd'hui, ce sont les hôpitaux qui sont dans cette partie de l'Île-de-France
00:00:55qui souffrent le plus et qui sont saturés et les hôpitaux du reste de la couronne de
00:01:02Paris commencent également à être saturés, voire le sont déjà, et les hôpitaux de
00:01:07Paris commencent à se remplir et on estime qu'ils pourraient être saturés d'ici la
00:01:14fin de la semaine.
00:01:15Donc là, on voit que la courbe épidémique continue de progresser, les accueils sont
00:01:19de plus en plus nombreux.
00:01:21Donc on savait que la courbe épidémique continuerait de progresser, il ne faut absolument
00:01:25pas s'en inquiéter, enfin aussi plutôt il faut s'en inquiéter, mais malheureusement
00:01:30on ne peut absolument rien faire contre cette progression, c'est mathématique.
00:01:34Ça va progresser environ pendant encore huit jours parce qu'on sait que les effets du
00:01:40confinement, qui est une méthode efficace de prévention d'une épidémie, on sait que
00:01:45toutes les méthodes de confinement ne vont pas porter leurs fruits avant deux semaines
00:01:50après la date de début du confinement.
00:01:52Donc comme le confinement a commencé il y a huit jours, nous sommes aujourd'hui le
00:01:57mercredi 25 mars, ça veut dire que nous allons encore être dans une situation difficile
00:02:04où les cas vont continuer de monter pendant encore sept jours.
00:02:08Donc là, une progression qui va continuer à se faire durant les prochains jours, donc
00:02:12ça c'est… on ne peut pas enrayer cette dynamique-là, c'est impossible.
00:02:15Malheureusement il est impossible d'enrayer cette dynamique-là, c'est pour ça qu'il
00:02:21ne faut pas l'interpréter d'une mauvaise manière, malheureusement c'est absolument
00:02:25inéluctable, c'est mathématique et c'est pour ça que plus on retardait la date du
00:02:30confinement, plus on savait que ça allait se chiffrer en nombre de décès malheureusement.
00:02:37Le confinement justement parle d'une durée de six semaines, finalement quand on nous
00:02:42disait qu'un jour au départ, c'était un chiffre qui était sous-estimé, c'était
00:02:47quoi pour vous ? C'était vraiment pour faire passer un peu l'idée de se dire ce
00:02:50sera que qu'un jour, mais on devait obligatoirement passer par six semaines, c'était inéluctable
00:02:54dès le début ? Alors je crois qu'avant de conclure que
00:02:57le confinement durera six semaines, il faut se donner un peu de temps parce que la recommandation
00:03:04de poursuivre le confinement pendant six semaines émane du conseil scientifique, mais c'est
00:03:11une décision politique et en fait les politiques peuvent ou ne peuvent pas écouter les avis
00:03:17du conseil scientifique.
00:03:19Initialement la durée de 15 jours est la durée minimale à partir de laquelle on va
00:03:25voir l'effet du confinement sur la courbe qui devrait s'aplanir au bout de 15 jours,
00:03:32mais malheureusement après 15 jours de confinement, les réanimations et le système de santé
00:03:38restent saturés et pour que le système de santé se désengorge et que les réanimations
00:03:44se vident pour pouvoir refonctionner normalement, il faut attendre encore 15 jours à trois
00:03:50semaines puisque la durée moyenne d'hospitalisation en réanimation est d'environ 15 jours et
00:03:58qu'en général on est hospitalisé 7 jours ou 10 jours après le début des signes.
00:04:03Donc si vous mettez tout à bout la durée minimale de confinement nécessaire, la durée
00:04:08d'incubation de la maladie, l'apparition des formes sévères et la durée d'hospitalisation
00:04:16d'une forme sévère, vous arrivez grosso modo à 5-6 semaines.
00:04:19Donc en fait la durée qui a été fixée de 6 semaines, c'est plus une durée pour
00:04:24désengorger les hôpitaux et pour pouvoir voir la suite avec plus de sérénité.
00:04:30C'est une durée minimum ?
00:04:316 semaines vous voulez dire ?
00:04:33Non, je pense que la durée minimum c'est 15 jours, après on ne sait pas combien de
00:04:37temps ça va durer.
00:04:38Il est très important de mentionner que plus on aura été efficace dans le confinement,
00:04:43moins la durée de confinement durera longtemps.
00:04:46Donc on a intérêt à être plutôt très bon dans le confinement et meilleur on aura
00:04:51été, moins longtemps ça durera, tout en gardant à esprit quand même que dans une
00:04:55ville comme Wuhan en Chine, ils ont quand même confiné pendant près de 2 mois et
00:05:03ils ont eu un confinement particulièrement efficace quand même.
00:05:06Justement on parle d'efficacité du confinement, est-ce que celui qui est mis en place en France,
00:05:10il est à la hauteur de la crise sanitaire en cours ? On voit qu'il est différent de
00:05:14celui qu'on peut voir en Chine.
00:05:15Pour vous, est-ce qu'il devrait être plus strict ?
00:05:17C'est très difficile à dire, honnêtement.
00:05:21On ne verra les effets que 15 jours après le début, donc pour l'instant on ne peut
00:05:27pas encore juger les effets.
00:05:28On ne les connaît pas, on ne sait pas l'efficacité que ça aura.
00:05:33Il faut espérer que ça en aura une parce que c'est la seule manière de casser la
00:05:37courbe épidémique, mais malheureusement on ne peut pas l'affirmer dans 100% des cas.
00:05:43Il y a des questions qui se posent, notamment celles des transports en commun, d'autres
00:05:48activités qui sont encore possibles, celles de pouvoir faire du sport, même si les sorties
00:05:52sont plus strictes cette semaine qu'elles ne pouvaient être la semaine dernière.
00:05:55Effectivement, je comprends qu'on puisse se poser cette question.
00:05:59En fait, le confinement total est probablement quelque chose de très très difficile à
00:06:06faire.
00:06:07Mettez-vous à la place des familles qui ont des enfants en bas âge, qui vont rester
00:06:13enfermés pendant quelques semaines sans pouvoir sortir, c'est quand même très très
00:06:20difficile.
00:06:21Alors évidemment, ça dépend où on habite et dans quelles conditions on vit.
00:06:25Si on habite à la campagne avec une belle maison et un beau jardin, le confinement ne
00:06:32pose aucun problème.
00:06:33Mais si on est dans une cité de banlieue, dans un petit appartement avec une famille
00:06:41nombreuse, le confinement peut poser un problème.
00:06:44C'est ça aussi la question de comment un pays comme la France arrive à appliquer justement
00:06:50un changement de raisonnement, un changement de mode de vie qu'on doit tous avoir dans
00:06:55notre quotidien, dans le fait de faire attention quand on va faire les courses, quand on sort,
00:07:00de garder une distance sociale, etc.
00:07:02C'est tous des petits gestes au quotidien qui peuvent permettre d'enrayer cette épidémie.
00:07:05Absolument, il faut savoir que c'est les Français, c'est nous qui avons notre avenir
00:07:10entre nos mains.
00:07:11Bien évidemment, nos politiques peuvent aider avec plus ou moins d'efficacité, mais en
00:07:17fait, c'est nous qui sommes les principaux maîtres de l'évolution de l'épidémie, nous
00:07:22en tant qu'individus.
00:07:23C'est-à-dire que si en tant qu'individus, on accepte le confinement, mais surtout la
00:07:29distanciation sociale, qui est finalement beaucoup plus importante encore que le confinement,
00:07:34la distanciation sociale, le fait de ne pas s'embrasser, de ne pas se serrer la main,
00:07:40tout ce que l'on entend sur les ondes régulièrement, puisqu'on a maintenant des messages radio-télévisés
00:07:45là-dessus, ce qui est une très bonne chose sur le plan de l'éducation sanitaire.
00:07:49Bien évidemment, si nous arrivons à changer nos comportements, l'épidémie s'arrêtera
00:07:53d'elle-même, comme ça a été le cas au Japon, par exemple, sous réserve que ce qui
00:07:59se passe au Japon soit confirmé.
00:08:01C'est vrai qu'on voit, par exemple, au Japon, en Corée du Sud aussi, que ces courbes n'ont
00:08:06pas pris la même dimension, la même progression qu'on peut voir dans de nombreux pays européens.
00:08:11Comment on explique ça ?
00:08:12C'est une question très intéressante, effectivement.
00:08:15Comment ça se fait que les Asiatiques, finalement, se débrouillent très bien avec ce virus,
00:08:20alors que nous, on n'est plutôt pas bons ? En tout cas, on n'a pas été très bons.
00:08:26En fait, ça s'explique de deux manières, de trois manières.
00:08:31D'abord, il faut dire qu'en Asie du Sud-Est, les pays qui ont réussi à maîtriser le virus
00:08:38sont des îles, c'est-à-dire Singapour, Hong Kong, qui n'est pas vraiment une île,
00:08:43mais qu'on peut considérer comme telle, Taïwan et la Corée du Sud, qui n'est pas non plus
00:08:50une île, mais qu'on peut également considérer comme telle.
00:08:51Et dans ces pays-là, c'est probablement beaucoup plus facile, du fait de leur structure
00:08:57insulaire, de maîtriser une épidémie que dans des pays qui sont très ouverts sur l'extérieur,
00:09:02comme le nôtre.
00:09:03Ça, c'est le premier point.
00:09:04Le deuxième point, ces pays avaient déjà une culture de coronavirus, puisqu'ils avaient
00:09:08été confrontés, notamment Hong Kong et Singapour, à l'épidémie de SRAS, qui était
00:09:14un autre coronavirus qui a aujourd'hui disparu et qui donnait un taux de mortalité beaucoup
00:09:19plus élevé que celui-là, puisque le taux de mortalité du SARS était de 10 %.
00:09:22Et ils ont été très, très bons dans la maîtrise de l'épidémie de SRAS, et donc
00:09:28ils ont appris de cette épidémie de SRAS, et finalement, ce qu'ils ont appris avec cette
00:09:32épidémie de SRAS, qui était il y a plus de 10 ans, mais ce qu'ils ont appris, c'est
00:09:36dans leur culture médicale, dans leur culture de santé publique, et ils n'ont eu aucun
00:09:40problème à l'appliquer avec les premiers cas de coronavirus, de COVID.
00:09:47Et puis, la troisième chose, c'est qu'ils sont hyper efficaces, ils ont mis le paquet
00:09:51sur la prévention, ils n'ont pas du tout envisagé des traitements, des vaccins, de
00:09:57choses dont on parle aujourd'hui dans nos pays, eux, ils ont mis le paquet sur la prévention
00:10:01et ils ont dit « ce virus, nous ne voulons pas qu'il rentre chez nous ». Et finalement,
00:10:05le virus est un peu rentré, mais il ne s'est pas développé, parce qu'ils ont été très
00:10:09efficaces au niveau du dépistage, au niveau du confinement, mais du confinement localisé,
00:10:17c'est-à-dire qu'ils n'ont pas confiné tout le pays, ils n'ont même pas confiné
00:10:18une région, même pas une ville, ils ont confiné uniquement certaines personnes,
00:10:22donc ils les ont mis en quarantaine, ils vont mieux utiliser ce terme-là, mais ils ont
00:10:25été très efficaces au niveau de la quarantaine, très efficaces au niveau du dépistage, extrêmement
00:10:29efficaces au niveau du traçage des cas et de l'isolement des cas contacts, et donc
00:10:34ils ont brisé les chaînes de transmission immédiatement.
00:10:37Et puis, le quatrième point qui était en filigrane du reste, c'est que dans leur culture,
00:10:42ils sont dans une distanciation sociale naturelle, ils prennent le métro, ils mettent des masques,
00:10:48ils ne sont pas là sans brasser, à serrer la main, et notamment, c'est très caractéristique
00:10:53au Japon.
00:10:54Donc, c'est l'ensemble de ces éléments qui expliquent que la maladie ne se soit pas
00:10:57répandue en Asie, contrairement à ce qu'il se passe dans les autres pays.
00:11:01Une question qui vient régulièrement, on parle justement des courbes, des chiffres
00:11:05qui tombent tous les jours, même s'ils sont à prendre avec des pincettes parce que ce
00:11:07ne sont que les cas détectés, on sait que notamment en Allemagne, il y a un taux de
00:11:10mortalité qui est très très faible par rapport à d'autres pays, comment on explique
00:11:14cela ?
00:11:15Alors, en fait, ça rejoint un peu la discussion qu'on avait à propos de ces pays asiatiques
00:11:20qui ont réussi à mater le virus.
00:11:22J'ai oublié de préciser que ce ne sera pas le cas de toute l'Asie, évidemment, l'épidémie
00:11:25est en train de se développer en Inde, où elle risque d'avoir des conséquences effroyables,
00:11:29elle se développe en Thaïlande, donc ce n'est pas toute l'Asie, c'est uniquement
00:11:32les quatre pays dont j'ai parlé tout à l'heure qui ont réussi à faire cela.
00:11:35Alors, après, en Allemagne, les Allemands, ils ont une attitude qui est plus proche
00:11:39de celle des pays asiatiques dont j'ai parlé tout à l'heure que des pays comme l'Italie
00:11:44ou la France.
00:11:45C'est-à-dire qu'eux, ils ont mis le paquet aussi sur le dépistage des cas, sur la remontée
00:11:49des chaînes de transmission, sur le fait de briser ces chaînes de transmission, sur
00:11:53les tests en très grand nombre pour tester le plus de gens possible, pour les repérer
00:11:57et les isoler, éviter qu'ils contaminent d'autres personnes, mais je ne veux pas être
00:12:02un oiseau de mauvaise augure, mais en fait, ils ont gagné une dizaine ou une quinzaine
00:12:06de jours par rapport à nous, mais malheureusement, ils commencent à avoir des décès et j'ai
00:12:10bien peur pour eux que le nombre de décès continue d'augmenter, sauf dans les régions
00:12:15où ils ont décidé le confinement.
00:12:16Justement, au niveau des décès, comment on explique que cette courbe, on en a un peu
00:12:20parlé précédemment, mais comment on explique qu'elle prend soudain une dimension importante
00:12:24depuis 3-4 jours ? C'est-à-dire que ce sont des personnes qui ont contracté le virus il
00:12:27y a deux semaines, dont leur état s'est dégradé progressivement, comment ça s'est
00:12:30déroulé ?
00:12:31Voilà, c'est exactement ça.
00:12:32C'est en fait que la durée d'incubation de la maladie, on va dire qu'elle est en
00:12:35moyenne de 5 jours et elle peut aller jusqu'à 14 jours.
00:12:40Donc en fait, vous avez un réservoir de personnes qui ont été infectées et il n'y a qu'au
00:12:44bout de 14 jours de confinement respecté sans contact avec l'extérieur que l'on pourra
00:12:49se dire, ah bah super, je n'ai pas été infecté, je ne suis pas sorti parce que la
00:12:55durée d'incubation maximum de la maladie est terminée et donc, si j'avais dû faire
00:13:00la maladie, je l'aurais révélé dans les 14 jours qui ont suivi le contact et si je
00:13:04ne l'ai pas révélé après 14 jours, c'est que je suis tranquille.
00:13:07C'est-à-dire que clairement le bilan aujourd'hui qu'on voit en Italie ou en Espagne, je rappelle
00:13:12pour ceux qui nous regardent qui ne savent pas forcément ce qui se passe dans les autres
00:13:15pays, on déclare entre 400 et 600 morts ces derniers jours en Espagne, on est entre 650
00:13:21à 800 en Italie.
00:13:22En France, c'est inéluctable d'en arriver là aussi, c'est-à-dire que là dans les
00:13:26prochains jours, on va encore avoir une courbe qui va augmenter aussi au niveau des décès
00:13:29?
00:13:30Incontestablement, c'est malheureusement mathématique, on va avoir une courbe de décès
00:13:36qui va continuer de monter, le nombre de décès, de nouveaux décès ou de nouveaux cas va
00:13:41doubler tous les deux jours et demi, c'est la dynamique de l'épidémie jusqu'à ce
00:13:46que le confinement montre son efficacité, c'est-à-dire 15 jours après son début.
00:13:50Alors on parle aussi parfois régulièrement de l'idée d'une seconde vague, on pense
00:13:55aussi à l'après, c'est comment éviter que ce coronavirus ne s'installe aux quatre
00:14:00coins de la planète et devienne un récurrent quelque part ?
00:14:03Alors c'est vraiment effectivement la question qu'on doit tous se poser maintenant, c'est-à-dire
00:14:09si on s'inscrit dans l'étape d'après le confinement, on va se dire le confinement
00:14:13va marcher, super, qu'est-ce qui va se passer après ? Et bien en fait, on ne le sait pas
00:14:18exactement, peut-être que ça sera une situation à la chinoise, c'est-à-dire ce qui se passe
00:14:24en Chine où apparemment ils ont très peu de nouveaux cas ou pas de nouveaux cas, sous
00:14:30réserve qu'on sache exactement ce qui se passe en Chine, ça c'est la première possibilité.
00:14:34La deuxième possibilité, c'est que ça se passe comme par exemple dans les quatre
00:14:40pays d'Asie que j'ai cités tout à l'heure, c'est-à-dire on repèrera des cas et puis
00:14:46on remontera très rapidement les chaînes de contamination et on isolera les cas contacts
00:14:51et on arrivera comme ça à limiter les foyers épidémiques.
00:14:54Et puis la troisième solution, c'est que le pic se transforme en plateau et donc on
00:15:00va avoir une épidémie beaucoup plus prolongée ou alors que le pic se transforme en plusieurs
00:15:06vagues.
00:15:07Alors on parle de deuxième vague, en fait dans ces cas-là, il faudrait plutôt parler
00:15:10en vagues successives, c'est-à-dire qu'on aurait une sorte de multiple vague comme ça
00:15:15qui se succéderait et qui finirait par s'atténuer en intensité comme en gravité et après
00:15:22le virus, on vivrait avec lui sans problème comme c'est le cas d'autres coronavirus probablement
00:15:30parce que l'immense majorité de la population sera immunisée et donc le virus arrêtera
00:15:36de circuler de façon importante.
00:15:38On parle d'être immunisé justement, est-ce qu'une personne qui est atteinte par le coronavirus,
00:15:41elle peut être à nouveau atteinte une seconde fois ?
00:15:44Alors cette question est souvent posée, il est encore trop tôt pour pouvoir y répondre
00:15:50parce qu'on a un manque de recul par rapport au début de l'épidémie, l'épidémie a commencé
00:15:54il y a trois mois, donc c'est très difficile, je trouve qu'on sait déjà beaucoup de choses
00:15:58mais c'est très difficile de répondre correctement à cette question.
00:16:00Ce qu'on se dit, c'est que de toute façon, même si on n'est pas complètement immun,
00:16:06vous voyez par exemple la rougeole, quand vous attrapez la rougeole une fois, enfin
00:16:09c'était plus les vieux qui peuvent raconter cette histoire, mais quand on a attrapé la
00:16:13rougeole une fois, après on ne l'attrapait plus jamais.
00:16:15Est-ce qu'il en sera pareil du coronavirus ?
00:16:17En fait, on n'en sait rien, mais même si on le réattrapait, ça serait probablement
00:16:22beaucoup moins grave, même certainement beaucoup moins grave que la première fois
00:16:26qu'on l'a vu.
00:16:27Il y a une question qui revient régulièrement et moi je me souviens, on avait fait une interview
00:16:31ensemble il y a à peu près un mois, à l'époque le discours était plutôt rassurant de se
00:16:35dire ça ne va pas forcément être très grave, ça va passer assez vite, le taux de mortalité
00:16:38est plutôt faible et puis on a vu les discours, je ne parle pas de vous forcément, mais beaucoup
00:16:42d'autres aussi, qui ont pu évoluer et puis finalement partir sur quelque chose de plus
00:16:46alarmiste.
00:16:47Qu'est-ce qui a changé en l'espace de quelques semaines ? Qu'est-ce qui fait que le discours
00:16:50de dire, dont certains pouvaient avoir le dire, c'est une simple grippette, etc. a aujourd'hui
00:16:55une situation où on voit près de 10 000 morts recensées sur l'ensemble du territoire
00:17:00européen ?
00:17:01C'est une excellente question qui nous oblige, nous, médecins, scientifiques, à s'interroger
00:17:08sur ce qu'on a dit et on a tous pêché par défaut, c'est-à-dire qu'on a tous minimisé
00:17:18l'importance et la gravité de cette épidémie.
00:17:22Pour tenter d'expliquer ça, alors d'abord il y a eu la Chine, la Chine c'était un peu
00:17:31lointain, on avait des avis divergents sur ce qui se passait en Chine, on n'arrivait
00:17:35pas vraiment à savoir ce qui se passait, les Chinois ont publié tardivement leurs
00:17:40résultats, mais rétrospectivement je trouve quand même qu'ils ont été vraiment très
00:17:44bons et finalement tout ce qu'on observe aujourd'hui, ils l'avaient déjà dit à peu de choses
00:17:49près.
00:17:50Ensuite on a été trompés par ce qui s'est passé dans les quatre pays d'Asie dont j'ai
00:17:54parlé tout à l'heure, qui ont été les quatre premiers pays impactés par l'épidémie,
00:17:59Singapour, Taïwan, le Japon, la Corée du Sud et Hong Kong entre parenthèses.
00:18:06Et dans ces cinq pays-là, ou régions-là, en fait l'épidémie ne s'est pas développée.
00:18:11Alors on a compris que rétrospectivement pourquoi elle ne s'était pas développée,
00:18:16parce que c'est ce que j'ai expliqué tout à l'heure, ces pays, du fait de leur culture
00:18:20et du fait de leur efficacité, de leur système de prévention et de leur système de santé
00:18:24ont été très efficaces pour prévenir l'épidémie, et du coup ça nous a trompés, parce qu'on
00:18:29ne savait pas ce qu'ils faisaient exactement, on n'a pas envoyé des gens pour observer
00:18:32ce que faisaient les gens à Singapour par exemple, les médecins, alors ils ont été
00:18:35extrêmement efficaces, mais on n'a pas été voir ce qui se passait, donc nous ne savions
00:18:39pas ce qui se passait, et on s'est dit, tiens, enfin je dis ça pour l'ensemble d'entre
00:18:44nous, je m'associe aux autres, on s'est dit bah oui tiens finalement c'est peut-être
00:18:49pas si grave que ça, donc on a été leurrés.
00:18:51Ensuite on a eu les premiers cas qui sont apparus en France, qui n'étaient pas des
00:18:57cas particulièrement sévères, à deux exceptions près, et donc on a été faussement rassurés,
00:19:05et puis après il y a eu l'épidémie d'Italie, et là on a tous compris qu'on allait vivre
00:19:10la même chose, à des intervalles plus ou moins décalés, je vais pas revenir là-dessus,
00:19:15certains ont vu les choses plus rapidement que d'autres, peu importe, mais en tout cas
00:19:19c'est là où tout le monde a pris conscience qu'on allait vivre la même chose, même
00:19:22s'il y a un petit retard à l'allumage, ou même un gros retard à l'allumage, du
00:19:26fait de certaines personnes sur lesquelles on va parvenir.
00:19:31Vous pensez à qui, franchement ?
00:19:32Je pense qu'il y a eu un retard à la prise de conscience de la réalité de cette épidémie,
00:19:42principalement au plus haut sommet de l'État.
00:19:44Pour vous, ils n'ont pas pris la décision assez vite ?
00:19:46On a déjà discuté de ça, je pense que la campagne électorale a eu un lourin
00:19:52impact sur les décisions qu'il aurait fallu prendre.
00:19:54Vous pensez notamment aux élections municipales, elles n'auraient pas dû se tenir le premier
00:19:58tour ?
00:19:59C'est facile à dire après, beaucoup plus facile que de le dire avant, mais il est évident
00:20:05qu'on a perdu des jours quand même relativement précieux.
00:20:08Est-ce qu'aujourd'hui l'hôpital public français était prêt ?
00:20:10L'heure de vérité est arrivée pour les hôpitaux publics français, on est au milieu
00:20:19de la vague épidémique, en tout cas en Ile-de-France.
00:20:22Pour les autres régions de France, on ne peut pas du tout dire, la région de l'Est
00:20:26de la France est déjà complètement saturée, comme tout le monde le sait, ce qu'on appelle
00:20:30le Grand-Est.
00:20:31La prochaine région qui va être très touchée, c'est l'Ile-de-France, ça a déjà commencé,
00:20:37et donc on va voir si le système de santé de l'Ile-de-France va permettre d'encaisser
00:20:43cette vague épidémique, ce tsunami, correctement.
00:20:47Quand on parle d'être prêts, c'est aussi le matériel de protection, on a beaucoup
00:20:49parlé ces derniers jours des masques, etc., de ce personnel soignant qui se retrouve parfois
00:20:54confronté à des cas de Covid-19, sans le matériel nécessaire pour se protéger eux-mêmes.
00:20:59Être prêt, c'est effectivement à la fois avoir les structures hospitalières, les hôpitaux,
00:21:07avoir les lits, avoir le personnel médical, avoir le personnel non médical, avoir les
00:21:13équipements pour que le personnel médical, non médical puisse se protéger, avoir les
00:21:18techniciens, parce qu'il y a beaucoup de techniciens qui travaillent dans les hôpitaux
00:21:22sur le pied de guerre, avoir les médicaments, et effectivement, il y a des problèmes de
00:21:31disponibilité.
00:21:32C'est quoi les problèmes aujourd'hui qu'on identifie ? On a la question des masques notamment,
00:21:36mais dans l'opérationnel aujourd'hui, on sait que depuis un an, l'hôpital public
00:21:42a souvent manifesté, il y a eu des grèves dans les services des urgences pour réclamer
00:21:45plus de moyens.
00:21:46Aujourd'hui, on se retrouve face à une épidémie sans précédent, mais en tout cas sans précédent
00:21:50sur les dernières décennies, voire le dernier siècle.
00:21:52Entre les revendications qu'il pouvait y avoir ces derniers mois, et aujourd'hui, dans la
00:21:58pratique de ce qui se passe actuellement face à cette crise inédite, comment ça se passe
00:22:02?
00:22:04Écoutez, ça se passe pour l'instant bien, grâce à tout le monde, grâce aux infirmières,
00:22:15aux aides-soignants, aux agents hospitaliers, aux agents techniques, aux médecins, à l'administration,
00:22:20aux directeurs, tout le monde du bas en haut de l'échelle travaille d'arrache-pied.
00:22:27Donc ça se passe plutôt bien, mais c'est un coût humain et un coût social qui est
00:22:35important pour ces personnes-là, qui ne voient parfois pas leur famille depuis des semaines
00:22:41ou en tout cas plusieurs jours.
00:22:42Donc on y arrive.
00:22:45Après, il est évident qu'il faudra faire un geste pour ces personnes-là, ces combattants
00:22:52du feu.
00:22:53C'est quand même pas normal que pour l'instant on ne leur ait adressé que des mots, encore
00:22:59des mots, toujours des mots, et qu'il n'y ait pas eu de geste alors qu'il y a eu beaucoup
00:23:04de promesses pour le milieu industriel, ce que je comprends très bien, il n'y a aucun
00:23:09problème, mais ça serait bien de faire un geste aussi pour ces personnels qui ont des
00:23:15revendications qui ont été à peine écoutées et certainement pas satisfaites.
00:23:20Cette reconnaissance, on l'a chaque jour à 20h au balcon de nombreux Français, ça
00:23:27vous inspire quoi ? On entend un peu de discours, il y en a certains qui disent merci beaucoup,
00:23:31d'autres qui disent merci, mais bon, nous ce qu'on veut c'est des moyens et vous n'étiez
00:23:34pas forcément là pour être avec nous dans la rue quand on en demandait, vous vous positionnez
00:23:38où par rapport à tout ça ?
00:23:39En même temps, quand je suis sorti de mon service et que j'arrive à les écouter,
00:23:47ça m'émeut honnêtement.
00:23:49Je trouve que c'est un geste super et j'espère que ça va continuer.
00:23:53Après, je ne peux pas m'empêcher de penser non plus, oui c'est super de manifester comme
00:24:02ça son soutien au personnel de la part de la population, mais qu'est-ce que ça serait
00:24:06bien que les politiques fassent la même chose ?
00:24:09Par rapport aux politiques, on voit par exemple Emmanuel Macron qui retweet ses vidéos sur
00:24:14son compte personnel, ça vous inspire quoi de voir ça ?
00:24:18Je ne sais pas comment dire ça gentiment, ça m'inspire de la tristesse en fait, je
00:24:30me dis qu'il n'a rien compris.
00:24:31C'est-à-dire ?
00:24:32C'est des gestes dont ces personnes ont besoin, ce n'est pas de musique et encore moins de
00:24:41bons mots.
00:24:42Aujourd'hui, il faudrait la reconnaissance qu'elle soit financière, qu'elle soit en
00:24:46termes de matériel ?
00:24:48La reconnaissance en termes de matériel, ça apparaît quand même le minimum parce
00:24:52qu'on ne peut pas envoyer des combattants au feu sans équipement de protection, c'est
00:24:58absolument impossible.
00:24:59On n'imaginerait jamais ça de la part de pompiers ou de la part de militaires, donc
00:25:05il est normal que le personnel des hôpitaux exige, et pas que des hôpitaux d'ailleurs,
00:25:11des EHPAD, enfin il y a plein de prisons, il y a plein de domaines où on est concerné
00:25:17par ce problème de matériel.
00:25:18Donc ça, c'est effectivement le minimum, mais après, comme je l'ai dit, il y a des
00:25:22revendications du personnel des hôpitaux, représentées par un comité de défense de
00:25:28l'hôpital, et voilà, ça serait bien de leur délivrer autre chose que des bons mots.
00:25:35On sait que, notamment au niveau de la PHP, il y a plusieurs centaines au niveau du personnel
00:25:40soignant qui ont été touchés par le Covid-19, est-ce que c'était inéluctable ou est-ce
00:25:45que ça peut être lié aussi, justement, au fait que toutes les protections n'étaient
00:25:48pas à leur disposition ?
00:25:49Alors, il y a plus de 500 personnels de santé qui aujourd'hui, rien qu'en Ile-de-France,
00:25:59donc je ne compte même pas le Grand-Est, où il y a plusieurs centaines également
00:26:02de personnels contaminés dans les hôpitaux de Colmar, Mulhouse, Strasbourg principalement.
00:26:08Dire que c'était inéluctable, je ne pense pas.
00:26:13Par exemple, dans les services qui sont préparés, enfin, si je me fie à l'expérience qui
00:26:19est celle de l'assistance publique hôpitaux de Paris, dans les services qui sont bien
00:26:23préparés, il n'y a quasiment pas de contamination du personnel, ou si le personnel se contamine,
00:26:27souvent il se contamine à l'extérieur de l'hôpital.
00:26:30Ce qu'on remarque, c'est que les contaminations ont lieu principalement dans des services
00:26:35qui ne sont pas préparés correctement à recevoir des malades, ou au contraire, à
00:26:40ceux qui ont encaissé la première vague, sans même se rendre compte qu'ils allaient
00:26:43avoir à des patients qui avaient une infection contagieuse.
00:26:45Et c'est d'ailleurs tout le problème des médecins qui ont été contaminés dans
00:26:49le Grand-Est, ils se sont pris la première vague du tsunami, et ils n'étaient pas au
00:26:55courant qu'ils allaient avoir affaire à une infection respiratoire contagieuse, et
00:27:00ils se sont infectés comme ça, et malheureusement, certains l'ont payé de leur vie, il faut
00:27:03le rappeler.
00:27:04– Il y a une question qui revient beaucoup dans les commentaires, mais dans le débat
00:27:07public, c'est justement sur le traitement.
00:27:09On a beaucoup parlé du professeur Raoult à Marseille, et au sujet de la chloroquine,
00:27:13qu'est-ce que vous, ça vous inspire, c'est quoi votre positionnement sur ce sujet-là ?
00:27:16On sait que d'un professeur à l'autre, ça peut varier, vous, qu'en pensez-vous ?
00:27:20– Moi, ce que j'en pense, j'aimerais bien, honnêtement, que ça marche, je serais
00:27:28même ravi, super heureux, mais malheureusement, on ne peut pas s'appuyer sur les résultats
00:27:35de l'étude marseillaise pour dire que ça marche.
00:27:37Je regrette de le dire, mais cette étude souffre de nombreux biais méthodologiques,
00:27:44c'est-à-dire, c'est une étude d'abord qui a très peu de patients, il y a globalement
00:27:51une vingtaine de patients dans un groupe et une vingtaine de patients dans l'autre groupe,
00:27:56sachant que l'autre groupe, il y a aussi deux approches avec à chaque fois la chloroquine
00:28:02dedans, enfin l'hydroxychloroquine.
00:28:04Donc, les effectifs sont faibles, il y a des patients qui sont sortis et d'autres patients
00:28:13qui n'ont pas été pris en compte, des patients qui ont été estimés perdus de vue alors
00:28:16qu'ils sont en fait passés en réanimation.
00:28:18Donc, si on regarde le côté virologique, on a l'impression que peut-être que ça
00:28:23marche, honnêtement, nous, on n'a pas confirmé ces résultats-là.
00:28:27Et si on regarde le côté clinique, il y a quand même une petite caution à prendre,
00:28:33un petit warning, parce qu'il y a plus de passages en réanimation dans le groupe
00:28:40traité que dans le groupe non traité, ce qui est quand même intriguant.
00:28:44Alors après, ces passages en réanimation n'ont pas été pris en compte dans l'analyse
00:28:48parce qu'ils ont été considérés comme des perdus de vue, mais ils auraient pu être
00:28:51considérés aussi comme des échecs du traitement, ce qui aurait complètement changé la conclusion
00:28:56de l'étude.
00:28:57Et surtout, il y a une étude chinoise qui vient de sortir, alors en fait, je ne l'ai
00:29:01lu que ce matin, donc peu de monde la connaît encore.
00:29:05Et là, pour le coup, c'est un essai beaucoup plus rigoureux, c'est-à-dire c'est un
00:29:08essai randomisé, ça veut dire qu'il y a eu un tirage au sort, les deux groupes sont
00:29:12comparables.
00:29:13Les malades entrés ont été suivis jusqu'à la fin.
00:29:18Et dans cette étude chinoise, où il n'y a pas énormément de malades non plus, mais
00:29:22il y en a un peu plus que dans l'étude marseillaise quand même, eh bien, il n'y a pas de différence
00:29:26entre les deux groupes, chloroquine et placebo.
00:29:29Donc, cette étude chinoise tendrait à montrer que la chloroquine ne marche pas.
00:29:33Donc voilà, je pense qu'il faut plus de malades pour se faire une opinion plus rigoureuse,
00:29:42mais il est tout à fait possible que ça ne marche pas.
00:29:45Quand certains disent, il y a urgence dans cette situation, il faut parfois dépasser
00:29:49les protocoles, la durée de test, etc.
00:29:52Qu'est-ce que vous répondez à ça ? Parce que c'est vrai qu'on voit beaucoup de commentaires
00:29:55aujourd'hui sur les réseaux sociaux, c'est peut-être même le sujet des derniers jours
00:29:58entre les pros et ceux qui sont contre, ceux qui vont dire que c'est génial, qu'il
00:30:01faut foncer en dehors de tout circuit traditionnel et ceux qui vont tempérer en disant c'est
00:30:06peut-être pas si efficace que ça, patientons.
00:30:08Comment on peut réussir à se positionner, je veux dire en tant que médecin, sur une
00:30:13situation où on voit que la population est dans une inquiétude, c'est un moment anxiogène,
00:30:18le confinement, etc.
00:30:19Tout le monde attend peut-être un peu aussi la solution au miracle.
00:30:21Comment on peut gérer cette situation et quelle réponse vous pouvez donner à ceux
00:30:25qui nous regardent ?
00:30:26Il y en a très nombreux à réagir, il y en a ceux qui vont vous rejoindre, d'autres
00:30:28qui vont dire pourquoi il ne suit pas ?
00:30:31Thierry Samitier Mais en fait, je vais vous le dire, on le
00:30:35donne.
00:30:36Donc je n'aurai pas d'ambiguïté là-dessus, c'est-à-dire que nous on ne le donne pas
00:30:40à tous les malades, mais on le donne à certains malades, et c'est d'ailleurs pour ça que
00:30:44je dis que je n'ai pas l'impression que ça marche bien, sinon je ne me permettrais pas
00:30:48de le dire comme ça.
00:30:49Après il y a d'autres, il y a l'étude chinoise dont je viens de parler qu'on a lue ce matin,
00:30:57on ne pouvait pas connaître les résultats il y a trois jours puisqu'on l'a vue ce matin.
00:31:02Et encore, quand je parle de l'étude chinoise, c'est une étude qui est écrite en mandarin.
00:31:05Donc si vous voulez, ce n'est quand même pas évident, mais il y a le résumé qui
00:31:08est en anglais.
00:31:09Donc je n'ai lu que le résumé parce que je ne lis pas le mandarin et le résumé est
00:31:12très clair.
00:31:13Le médicament ne marche pas, en tout cas aux doses où il a été utilisé dans cette
00:31:16étude chinoise.
00:31:17Donc voyez, il y a du pour, il y a du contre, on a tous envie que ça marche, on le donne
00:31:22relativement généreusement et facilement en dehors des protocoles, mais c'est peut-être
00:31:29susciter de faux espoirs chez les malades parce que si ça se trouve, non seulement
00:31:32ça ne marche pas, mais en plus ça peut être dangereux.
00:31:34Parce que si jamais on se rend compte qu'il y a plus de malades qui passent en réanimation
00:31:38dans le groupe chloroquine que dans le groupe non-chloroquine, on aura fait courir aux patients
00:31:43un risque inutile.
00:31:44Parce qu'on peut aboutir à un paradoxe que ça pourrait éventuellement marcher sur le
00:31:48virus, ce qui n'est pas du tout sûr, mais selon les résultats de l'étude marseillaise,
00:31:52si ça marche sur le virus, ok, on va poser ce postulat-là, mais est-ce que ça marche
00:31:56sur le malade ? Parce que si le malade meurt, mais qu'il n'a plus le virus, quelque part,
00:32:02on s'en fout complètement.
00:32:03Ce que nous, on veut, c'est que le malade ne meure pas.
00:32:05C'est ça qui est important.
00:32:06Dans quel cas on peut justement l'administrer ? On parlait aujourd'hui que ce soit, le
00:32:10mystère de la santé évoquait que ce soit simplement administré dans les cas les plus
00:32:13graves.
00:32:14Professeur Hoult lui disait, il faut le mettre, il faut l'utiliser dès le début, dès les
00:32:17premiers symptômes.
00:32:18Comment se positionner là-dessus et comment vous vous positionner dans votre hôpital ?
00:32:21Je pense que si on donne sous réserve que c'est une efficacité, ce qui reste à prouver
00:32:27une fois de plus, je pense que si c'est efficace, il faut le donner le plus tôt possible.
00:32:30Après, je peux vous dire que beaucoup de gens, beaucoup de collègues, notamment dans
00:32:37mon hôpital, l'ont donné, pas uniquement dans mon service de maladie infectieuse, mais
00:32:42également par exemple dans les services de réanimation.
00:32:44Beaucoup de médecins ont donné ce médicament et on n'a pas du tout l'impression que c'est
00:32:48changé l'évolution de la maladie, pas du tout l'impression.
00:32:53Le message aujourd'hui, c'est patience et recul ?
00:32:57Exactement.
00:32:58Aujourd'hui, je pense que c'est difficile de susciter un faux espoir.
00:33:03Honnêtement, je n'aimerais pas dire si ça marche, c'est super.
00:33:07Je pense que si ça marchait et que c'était super, les Chinois l'auraient donné depuis
00:33:11longtemps à tout le monde ou à beaucoup de monde.
00:33:14Et si les Chinois arrivent à la fin de leur épidémie en disant qu'ils n'ont toujours
00:33:20pas trouvé le bon traitement, je pense qu'on peut leur faire confiance et que malheureusement,
00:33:25ils ont probablement raison, même certainement raison.
00:33:27Est-ce qu'il y a d'autres choses qui sont testées en parallèle ?
00:33:29Parce que c'est vrai qu'il y a ce débat qui est normalement porté sur la cloroquine,
00:33:32mais on comprend qu'il y a aussi beaucoup d'autres choses qui sont en test, que ce
00:33:36soit des vaccins, des médicaments et autres.
00:33:38On en est où ?
00:33:39Est-ce qu'il y a d'autres pistes aussi qui sont à l'étude ?
00:33:41Alors, il y a évidemment beaucoup d'autres pistes qui sont à l'étude.
00:33:44Il y a énormément de recherches et d'ailleurs, c'est l'intérêt de ralentir l'épidémie
00:33:48parce que ralentir l'épidémie, l'intérêt principal, en dehors du fait de ne pas submerger
00:33:54le système de santé, c'est aussi de se dire, c'est une course contre la montre, on va avoir
00:33:57un traitement efficace, on va pouvoir traiter les personnes avant qu'elles tombent malades.
00:34:01C'est ça l'intérêt.
00:34:02Donc, il y a d'autres pistes médicamenteuses qui sont testées, il y a plusieurs médicaments
00:34:07qui sont testés.
00:34:08Un médicament qui avait été utilisé en sida, par exemple, un autre médicament qui
00:34:12avait été utilisé dans la maladie ébola.
00:34:13Puis, il y a d'autres pistes que je ne vais pas détailler ici, mais il y a plusieurs
00:34:18pistes de traitement possibles, donc on saura assez vite quand même s'il y a un traitement
00:34:24efficace.
00:34:25Mais là encore, je ne veux pas susciter de faux espoirs et je veux redire que les Chinois
00:34:31ont quand même tout tenté et rien n'a émergé comme étant très efficace.
00:34:38Donc, c'est à nous de trouver de nouvelles approches thérapeutiques et on ne sait jamais,
00:34:44on va peut-être trouver des choses.
00:34:45Il y a des personnes qui disent que cette étude dont vous parlez, elle est disponible
00:34:48en ligne, on peut la trouver facilement ?
00:34:49L'étude chinoise, je ne sais pas si elle est disponible en ligne.
00:34:55Si on la trouve éventuellement, on vous la mettra dans les commentaires.
00:34:58Elle est en mandarin.
00:34:59Je crois qu'elle est publiée dans le Chinese Medical Journal, mais je n'en suis pas sûr.
00:35:04Il y a la question des tests qui sont régulièrement évoqués.
00:35:07On voit que d'autres pays en font beaucoup plus.
00:35:08En France, on est un peu à la traîne, même si ça augmente.
00:35:12Jérôme Salomon disait hier qu'on avait passé une capacité de 5 000 tests par jour à 9
00:35:15000.
00:35:16Mais finalement, depuis maintenant deux mois, on a fait peu de tests au quotidien par rapport
00:35:22à d'autres pays.
00:35:23Est-ce que ça, c'est l'une des carences qui nous a menés dans cette situation aujourd'hui
00:35:26?
00:35:27C'est la situation que je décrivais au début de notre interview.
00:35:32C'est-à-dire qu'on a l'exemple des quatre pays asiatiques dont j'ai parlé tout à l'heure,
00:35:38Taïwan, Singapour, etc., ou Corée du Sud, où ils ont énormément testé, ou celui
00:35:45de l'Allemagne, où ils ont beaucoup testé.
00:35:46Et nous, effectivement, on n'a pas beaucoup testé.
00:35:49C'est dommage.
00:35:50Donc, au niveau des tests, c'est vrai que c'est ce que disait l'OMS, tester, tester,
00:35:59tester.
00:36:00C'est ce qui peut vraiment permettre ?
00:36:01Dans une optique de se débarrasser de ce virus et d'éradiquer la maladie, si on ne teste
00:36:07pas, on ne s'en débarrassera jamais.
00:36:08Donc, forcément, là, on va avoir une étape où il faut encaisser le pic.
00:36:14Donc, le problème, c'est plutôt tester les personnels médicaux, les personnels non médicaux,
00:36:20les infirmières, toutes les personnes qui sont au contact lourd des malades pour les
00:36:24préserver.
00:36:25Et puis, évidemment, tester les malades.
00:36:27Mais dans une deuxième étape, on bénéficiera de beaucoup plus de tests.
00:36:31Et là, à ce moment-là, il faudra tester beaucoup plus largement la population et notamment
00:36:37tous les contacts des cas prouvés pour pouvoir bloquer les chaînes de transmission et pour
00:36:42pouvoir empêcher la maladie de diffuser.
00:36:44La question du nombre de cas détectés, parce que justement, on sait qu'on a peu de tests
00:36:49au quotidien disponibles, est-ce qu'on arriverait à faire une estimation du nombre de cas réels
00:36:57par rapport au nombre de cas détectés avec les pourcentages de réussite entre le nombre
00:37:02de tests ?
00:37:03Oui, je comprends la question.
00:37:05Aujourd'hui, en fait, c'est impossible.
00:37:06On ne connaît pas le nombre de personnes infectées dans la population générale.
00:37:11En fait, on ne connaît pas, les chiffres sont faux, c'est terrible de vous dire ça.
00:37:17Alors, quand je dis les chiffres sont faux, il faut relativiser.
00:37:21Mais par exemple, si on comptabilise les entrées en réanimation pour estimer la gravité de
00:37:28la maladie, c'est faux parce que tout le monde ne rentre pas en réanimation.
00:37:30Si on estime le nombre de cas recensés comme des personnes infectées, c'est faux également.
00:37:38Bien évidemment, les personnes qui ont été diagnostiquées positives sont infectées,
00:37:43mais on ne connaît pas l'immense majorité des personnes infectées qui sont quasiment
00:37:47asymptomatiques ou très peu symptomatiques.
00:37:49On peut confirmer que cette maladie est quand même bénigne dans l'immense majorité des cas.
00:37:54On parle beaucoup des malades graves, c'est normal, parce qu'il y en a beaucoup, parce
00:37:59qu'ils vont déborder le système de santé.
00:38:01Mais en fait, la maladie est bénigne chez plus de 80% des personnes.
00:38:05La fin du confinement, est-ce que c'est un retour à la vie normale immédiat ou est-ce
00:38:12qu'il faudra y aller finalement par étapes ?
00:38:13Prenons l'hypothèse que dans cinq semaines, donc en comprenant la semaine qui s'est écoulée,
00:38:18on sort de ce confinement, on puisse revenir à notre vie normale ou il faudra y aller
00:38:22progressivement, lever le confinement et puis ensuite peut-être attendre pour la réouverture
00:38:26des écoles, des bars, des restaurants, des lieux de rassemblement aussi, que ce soit
00:38:30culturel ou sportif où il y a des dizaines de milliers de personnes qui viennent.
00:38:33C'est la question aussi qui se pose, c'est l'après, comment on arrive à revenir soit
00:38:38d'un coup ou progressivement.
00:38:39J'aimerais bien pouvoir répondre à cette question, mais malheureusement, je ne le sais
00:38:45pas.
00:38:46Est-ce que personne ne le sait vraiment ? On devrait avoir le courage de dire qu'on navigue
00:38:50un peu à vue.
00:38:51Bien évidemment, l'expérience chinoise va être fondamentale puisqu'ils sont en train
00:38:56de lever le confinement maintenant, donc on va déjà voir si les cas repartent chez eux.
00:39:00Ou est-ce que le confinement a été une telle réussite qu'ils ont réussi à mater complètement
00:39:05l'épidémie ? C'est un message fondamental.
00:39:08On sait qu'à Singapour, ils ont très bien fait le travail.
00:39:10Est-ce que les Chinois vont rejoindre la tendance Singapour, si je peux dire ? Ça serait une
00:39:15excellente nouvelle et ça prouverait qu'on peut le faire, on peut mater cette épidémie,
00:39:20ça serait extraordinaire.
00:39:21Après, je pense qu'il ne faut pas non plus se faire trop d'illusions parce que même
00:39:26si nous, on pourrait le faire, très probablement, malheureusement, l'Afrique ou d'autres pays
00:39:31ne pourront pas le faire et donc, il y aura toujours des cas qui pourront revenir d'ailleurs
00:39:37ou arriver d'ailleurs.
00:39:38En fait, il y a un nouveau monde qui va apparaître, je pense, il y aura l'avant-Covid et puis
00:39:45l'après-Covid.
00:39:46C'est-à-dire que là, par exemple, parlons l'été prochain, beaucoup de personnes veulent
00:39:50voyager à travers le monde, est-ce que ça est quelque chose qui pourrait être déconseillé
00:39:53voire interdit ? On prend justement l'hypothèse, ce n'est pas une hypothèse, c'est même
00:39:58ce qui se passe réellement, c'est aujourd'hui des personnes qui arrivent en Chine et qui
00:40:03sont des cas importés alors que sur le territoire même, on n'en détecte plus de nouveaux.
00:40:08Donc, comment éviter ça ? Par exemple, comment éviter ça en France ? Le jour où, on espère
00:40:12le plus tôt possible, on ne détecte plus aucun nouveau cas sur le territoire français,
00:40:15qu'on ne se retrouve pas à la situation du mois de janvier où on pouvait avoir un
00:40:18cas qui arrive et qui potentiellement contamine d'autres ?
00:40:21Alors, je pense que les leçons vont porter quand même, c'est-à-dire je pense que nous
00:40:26ne serons pas pris au dépourvu comme on l'a été il y a deux mois ou il y a un mois et
00:40:32demi quand les premiers cas vont arriver, risquent de revenir sur le territoire, les cas d'importation.
00:40:37Donc, je pense que ça, les leçons du passé vont porter, enfin en tout cas, je l'espère.
00:40:41Par contre, pour les voyages, on peut vraiment se poser la question.
00:40:43Par exemple, est-ce que les Chinois accepteront les touristes français ou est-ce que Taïwan,
00:40:50par exemple, acceptera les touristes français et ne le mettra pas en quarantaine pendant
00:40:5514 jours ? Parce que si c'est pour aller passer des vacances à Taïwan et passer 14
00:41:00jours en quarantaine dans un hôtel de Taipé, de la capitale, je ne vois pas très bien
00:41:05l'intérêt.
00:41:06Donc, je pense qu'effectivement, ça va remettre en cause notre façon de voyager et notre
00:41:11façon d'ouvrir ou de fermer les frontières à ce qui vient d'ailleurs.
00:41:17La fermeture des frontières, on sait que ça a été un long débat.
00:41:20Finalement, on y arrivait progressivement.
00:41:22Est-ce que c'est vraiment une des idées pour endiguer pays par pays cette épidémie ? Puis
00:41:28qu'on voit que justement, d'un pays à l'autre, les courbes ont commencé ?
00:41:33Alors, la fermeture des frontières, quand on est une île, c'est peut-être efficace.
00:41:40Et je dis bien peut-être, parce que ce n'est même pas sûr.
00:41:43Quand on voit ce qui se passe en Nouvelle-Zélande ou ce qui se passe en Australie, qui sont
00:41:46quand même des îles, certes des très grandes îles, mais des îles quand même, ils n'ont
00:41:52pas réussi à bloquer les choses et pourtant, ils ont été très rigoureux au niveau de
00:41:56la fermeture, peut-être pas de leurs frontières, mais en tout cas de la mise en quarantaine
00:42:00des voyageurs qui arrivaient de zone à risque.
00:42:03Donc, on ne peut pas, au jour d'aujourd'hui, savoir ce qui se passerait.
00:42:09Il y a des pays qui ont décidé ces mises en quarantaine très tôt au cours de l'épidémie,
00:42:13comme les Etats-Unis par exemple, et qui pour l'instant sont très lourdement impactés
00:42:17et vont être très lourdement impactés par l'épidémie.
00:42:19On entend justement Donald Trump aux Etats-Unis qui dit « moi, j'aimerais que la vie reprend
00:42:23normalement pour Pâques ». Pâques, c'est dans à peu près deux semaines maintenant,
00:42:27vers la mi-avril.
00:42:29Est-ce que c'est inconscient d'un point de vue médical ou pas ? Parce que c'est vrai
00:42:33qu'il ne dit pas qu'il dit des églises bonnes et de bonnes.
00:42:38En fait, Trump est en plein rêve.
00:42:40De la même manière qu'il avait dit qu'en avril, le virus serait maté aux Etats-Unis,
00:42:47je crois qu'il avait dit avril, de la même manière, là, il dit une autre bêtise.
00:42:54Ce n'est pas la première, malheureusement, et probablement pas la dernière.
00:42:59Mais là, je serais lui, je m'inquièterais beaucoup plus de ce qui risque de se passer
00:43:04aux Etats-Unis, ou s'il ne prend pas la bonne mesure de l'affaire, ça risque d'être
00:43:08une véritable catastrophe.
00:43:10C'est-à-dire que le confinement, c'est la seule méthode fiable aujourd'hui pour ralentir.
00:43:14Il n'y en a pas d'autres.
00:43:16Oui, pour ralentir, c'est la seule méthode fiable.
00:43:19Pour empêcher d'arriver, non, ce n'est certainement pas la méthode la meilleure.
00:43:23Il y a pas mal de questions, notamment par rapport aux EHPAD.
00:43:27On sait qu'aujourd'hui, d'ailleurs, c'est pour ça qu'on prend aussi les chiffres
00:43:30qui sont donnés par le ministère de la Santé avec recul, puisqu'il disait, justement,
00:43:33hier, 240 décès sur les dernières 24 heures, pourtant 1 100 décès sur le sol français
00:43:37depuis le début de l'épidémie.
00:43:39Mais un point important, c'est que les décès dans les EHPAD ou en dehors du monde hospitalier
00:43:43ne sont pas pris en compte.
00:43:45Une réaction vis-à-vis de ça.
00:43:48Par rapport à la situation dans les EHPAD, comment on peut réussir à éviter ?
00:43:54La situation sanitaire dans les EHPAD, actuellement, inquiète considérablement.
00:43:59C'est clair.
00:44:03Malheureusement, les personnes âgées sont plus à risque.
00:44:08On le sait, donc c'est encore plus inquiétant à cause de ça.
00:44:12Il ne fallait surtout pas que le virus rentre dans les EHPAD.
00:44:17Je pense que la seule solution, si on veut éviter qu'il y ait des catastrophes dans les EHPAD,
00:44:23c'est d'avoir la même politique, c'est-à-dire d'éviter que le virus rentre dans les EHPAD.
00:44:27Et si le virus est rentré dans les EHPAD, il faut séparer les filières
00:44:32avec des patients EHPAD COVID de l'autre, des patients non-COVID d'un autre côté.
00:44:39Mais là encore, je ne suis pas un spécialiste dans ce domaine
00:44:44qui concerne des personnes très âgées qui vivent dans des milieux confinés, avec peu de personnel.
00:44:48C'est très compliqué, la situation des EHPAD.
00:44:51Question justement par rapport à la durée de vie du virus.
00:44:53Il y en a plusieurs qui viennent régulièrement.
00:44:55Par rapport au virus dans l'air, est-ce que potentiellement, quand on marche dans la rue,
00:44:59on peut attraper le coronavirus, même s'il n'y a personne à côté de nous ?
00:45:02Non, je crois que là, il ne faut pas basculer dans la paranoïa non plus.
00:45:07Ce n'est pas l'apocalypse.
00:45:10Il suffit de respecter la distanciation sociale et le virus ne vous tombera pas dessus.
00:45:16C'est aussi simple que ça.
00:45:18Alors à l'extérieur, il n'y a quasiment aucun risque.
00:45:20Le virus ne flotte pas dans l'air, c'est clair.
00:45:23Le risque, il est dans les lieux clos, dans les lieux confinés,
00:45:27où là, la maladie peut se transmettre beaucoup plus facilement.
00:45:32Mais à l'extérieur, non, la maladie ne se transmettra pas facilement.
00:45:38Une image très différente qu'on voit par rapport à celle qu'on a pu voir en Asie et en Europe,
00:45:42c'est qu'en Asie, ils ont nettoyé quasiment tout avec des images impressionnantes.
00:45:46Avant même que l'épidémie arrive en Europe, on était là, tous,
00:45:49à regarder sur les réseaux sociaux ces images assez impressionnantes
00:45:53de personnes qui arrivent en combinaison avec des souffleurs
00:45:57qui propulsent un nuage de fumée qui va à des dizaines de mètres de hauteur.
00:46:02C'était efficace. Il y avait quelque chose derrière pour vous ?
00:46:05Comment vous interprétez ça ?
00:46:06Non, je ne l'interprète pas. Je ne sais pas.
00:46:10J'estime que je ne suis pas compétent dans ce domaine.
00:46:13J'ai vu qu'ils faisaient ça. Il y a plein d'autres pays où on ne fait pas ça.
00:46:18Je pense qu'ils ont surréagi.
00:46:21Mais si ça se trouve, l'avenir leur donnera raison dans ce domaine-là,
00:46:26comme dans d'autres domaines.
00:46:28L'avenir leur donnera raison, c'est aussi de se dire que finalement,
00:46:30il y a plein de choses qu'on ne sait pas forcément.
00:46:32C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on peut faire cette interview maintenant
00:46:34et peut-être que dans un mois, votre raisonnement aura évolué
00:46:37ou que de nouvelles réponses interviendront sur des questions
00:46:40auxquelles on n'a pas de réponse aujourd'hui.
00:46:42Oui, c'est clair.
00:46:43Quand on a affaire à une infection émergente, par définition,
00:46:46on ne sait pas ce à quoi on va avoir droit.
00:46:51On le sait un peu plus aujourd'hui qu'on ne le savait il y a un mois.
00:46:55Donc le risque est plus important d'avoir dit des bêtises il y a un mois
00:47:02que d'en avoir dit aujourd'hui.
00:47:04Mais il y a également un risque d'avoir dit des bêtises aujourd'hui
00:47:07que nous ne redirons pas dans un mois.
00:47:09Pourquoi ? Parce que la vérité d'un jour en matière d'infection émergente
00:47:13n'est pas celle du lendemain et on peut avoir dit des choses
00:47:16qui s'avèrent quelques jours plus tard ou quelques semaines plus tard fausses.
00:47:21Par exemple, l'histoire de la chloroquine est tout à fait emblématique de ça.
00:47:24Il y a une étude publiée il y a une semaine qui tente de montrer
00:47:27que peut-être c'est efficace sur le virus.
00:47:29Et une semaine plus tard, il y a une étude chinoise qui est publiée
00:47:32et qui tente de montrer que ce n'est pas efficace.
00:47:34Donc la science évolue, les informations évoluent
00:47:38et nous sommes obligés de nous adapter.
00:47:40Donc on est obligé de faire preuve de beaucoup d'humilité en fait.
00:47:43Humilité, justement, c'est ça la question.
00:47:45Et ça revient un peu sur le raisonnement de la population.
00:47:47On se trouve dans une période où votre parole est écoutée par des millions de personnes.
00:47:51Il y a cette période anxiogène inquiétante pour beaucoup de personnes.
00:47:54La peur d'attraper le virus, le confinement aussi,
00:47:56qui est un changement de nos modes de vie.
00:47:58C'est comment on arrive à garder une distance
00:48:01entre l'impératif de résultat immédiat que beaucoup aimeraient avoir
00:48:05et puis en même temps les tests qui sont très longs dans les protocoles finalement
00:48:11et où les personnes vont dire il faut aller plus vite,
00:48:14il y a plein de morts, pourquoi on attend ?
00:48:16Comment on arrive un peu à prendre un peu de recul sur tout ça ?
00:48:19Parce que ce n'est pas évident.
00:48:21Honnêtement, il faut vraiment être rassurant.
00:48:24Si nous étions persuadés qu'il y avait un médicament efficace contre cette maladie,
00:48:30le médicament serait donné au malade.
00:48:33C'est-à-dire qu'en aucun cas nous serions là à dire
00:48:36allez on va l'évaluer contre un placebo,
00:48:39contre un traitement standard ou contre un autre médicament qu'on veut tester.
00:48:43Jamais nous ne ferions ça.
00:48:45Si nous faisons ça, c'est parce que nous ne savons absolument pas
00:48:50s'il y a encore un médicament efficace ou pas efficace.
00:48:53Il faut vraiment en être convaincu.
00:48:56Une question qui se pose dans les commentaires, Megan, qui dit
00:48:58une fois infecté par le virus, le test sera-t-il positif quand il sera réalisé plus tard,
00:49:02après quelques jours ou quelques semaines ?
00:49:04Ça dépend de quel test Megan parle.
00:49:08Si elle parle du test qui consiste à trouver le virus,
00:49:12c'est-à-dire ce qu'on appelle la PCR,
00:49:14où on identifie directement le virus dans les voies respiratoires ou ailleurs,
00:49:19dans ces cas-là c'est le virus que vous trouvez,
00:49:21en tout cas le matériel génétique du virus.
00:49:23Et ça, en général, ça correspond à la période où vous êtes infecté.
00:49:26Mais il y a un deuxième test qui est en train d'apparaître,
00:49:29d'ailleurs à une vitesse très rapide, je n'aurais jamais imaginé que ça apparaisse vite,
00:49:32c'est la sérologie, c'est-à-dire qu'on teste là non plus le virus,
00:49:36mais les anticorps développés contre le virus.
00:49:39Et donc ça, ce deuxième test arrive et ce test permettra,
00:49:42s'il est fiable, chose dont nous ne sommes absolument pas sûrs au jour d'aujourd'hui,
00:49:46absolument pas sûrs, mais si ce test se révèle fiable,
00:49:49ce test anticorps, dans ces cas-là, on sera capable de vous dire
00:49:52vous avez déjà été infecté ou vous n'avez pas encore été infecté.
00:49:56Est-ce qu'on peut faire des tests plus rapides ?
00:49:57On voit qu'aujourd'hui la durée de résultat d'un test est de plusieurs heures,
00:50:02on peut tester le matin et avoir seulement le résultat le soir.
00:50:04Est-ce qu'on peut imaginer rapidement un test qui permettrait,
00:50:07je ne vais pas dire d'avoir un résultat en 5 minutes, mais plus rapide en tout cas ?
00:50:10Il y a des tests de diagnostic rapide qui se développent.
00:50:13Actuellement, à la piquetière, on peut faire le diagnostic en 1h30.
00:50:17Déjà, par rapport au début, il y a 15 jours, on ne descendait pas en dessous de 4 heures.
00:50:22Maintenant, on descend à 1h30.
00:50:24Il y a même des tests de diagnostic rapide, mais ça, il faut évaluer leur efficacité.
00:50:30Comment ça se passe justement ?
00:50:31Par exemple, une personne arrive, elle est atteinte de symptômes
00:50:36qui peuvent être similaires au Covid-19, qu'est-ce qu'on lui fait ?
00:50:41C'est quoi le traitement ensuite ?
00:50:43Un patient arrive, il a des symptômes évocateurs
00:50:46suffisamment évocateurs pour rentrer dans la filière hospitalière
00:50:49parce que le but est quand même de faire en sorte que les patients restent chez eux le plus possible.
00:50:53Mais s'il doit rentrer dans la filière hospitalière, il rentre dans la filière hospitalière,
00:50:57il est tout de suite dépisté et il est mis en attente.
00:51:04Dès qu'on a le résultat, il est dirigé en fonction du résultat
00:51:08vers des unités dédiées Covid ou vers des unités qui ne sont pas dédiées Covid.
00:51:14On lui met un écouvillon dans le nez en général et on va prélever derrière.
00:51:22C'est un prélèvement un peu douloureux,
00:51:26mais qui permet dans la plupart des cas de diagnostiquer les maladies.
00:51:30Mais là encore, le prélèvement n'est pas fiable dans 100% des cas.
00:51:34Après, c'est amené dans un laboratoire, dans l'hôpital.
00:51:37Il y a quelqu'un qui ouvre la capsule où il y a le prélèvement.
00:51:41On le met dans une machine et au bout d'une heure et demie, le résultat sort, positif ou négatif.
00:51:46Combien vous faites de tests ?
00:51:48D'abord, ce n'est pas moi qui fais les tests.
00:51:51C'est le laboratoire de virologie du professeur Vincent Calvez.
00:51:56Ils ont tellement monté en capacité de test que je ne sais même plus combien ils en font.
00:52:01Au début, c'était une centaine.
00:52:03Puis après, 200, 500.
00:52:05Et là, je me demande s'ils ne sont pas à plus de 500 déjà par jour.
00:52:10Je ne voudrais pas dire de bêtises, mais je me sens monter jusqu'à 1 000 par jour.
00:52:16C'est une montée en puissance de 100 au début et aujourd'hui qui pourra aller jusqu'à 1 000.
00:52:21C'est juste pour un hôpital parisien.
00:52:23Oui, mais à Marseille, c'est pareil.
00:52:25Ils peuvent faire des milliers de tests régulièrement.
00:52:29On a vu ces files d'attente.
00:52:31Est-ce que ça aussi, c'est une solution de dire aux gens si vous ressentez quelque chose et de participer à ces files d'attente ?
00:52:38J'ai vu les files d'attente où les personnes qui étaient dans la file d'attente ne respectaient pas la distanciation sociale.
00:52:45Ça, ça m'inquiète plus que le reste.
00:52:49Question qui se pose justement par rapport aux prises de sang.
00:52:52Parce que c'est une des pistes qui a été évoquée par le ministère de la Santé.
00:52:55Qu'on fasse tous une prise de sang à l'issue de ce confinement pour savoir si on a été positif ou non au moment donné au Covid-19.
00:53:03Est-ce que c'est une bonne idée et à quoi ça sert ?
00:53:05Oui, c'est le deuxième test dont je parlais tout à l'heure.
00:53:07Donc, premier test, on dépiste le virus.
00:53:09Deuxième test, on dépiste les anticorps.
00:53:11Et quand le ministre parlait de ça, il faisait allusion à ce deuxième test qui est donc une sérologie.
00:53:15On recherche les anticorps.
00:53:17Ça permettra de distinguer les personnes qui sont positives et qui, a priori, ne le réattraperont pas.
00:53:22Ou si elles le réattrapent, feront une forme probablement mineure.
00:53:26Et les personnes qui n'ont jamais eu la maladie et qui, elles, sont à risque d'être infectées.
00:53:32Et qu'il faudra protéger par un vaccin quand on aura un vaccin.
00:53:36Ou par une prophylaxie médicamenteuse quand on en aura une, si on en trouve une.
00:53:41Ou par le port de masque et des règles d'hygiène de vie.
00:53:44On parlait tout à l'heure des applaudissements.
00:53:46Mais il y a peut-être aussi d'autres choses qui se mettent en place tout doucement.
00:53:49Des initiatives de solidarité plus concrètes.
00:53:51On parle d'appartements mis à disposition de ceux qui travaillent dans les hôpitaux.
00:53:55Des transports en commun.
00:53:57On sait qu'il y a des bus qui ont été mis en place devant différents hôpitaux en Ile-de-France.
00:54:01Des cours de sport gratuits, etc.
00:54:03Comment vous positionnez, vous, par rapport à tout ça, cet élan de générosité plus global et plus concret dans votre quotidien ?
00:54:11Moi, je trouve ça absolument extraordinaire.
00:54:15C'est-à-dire que, effectivement, c'est ça la réponse qu'il faut adopter à l'épidémie.
00:54:20C'est-à-dire non seulement il faut avoir une modification de notre comportement et de notre mode de vie.
00:54:27Mais également, il faut faire preuve d'initiative et de générosité pour contrebalancer ce virus qui, dans l'immédiat, est quand même le virus du repli sur soi.
00:54:38Donc, je trouve que ces initiatives qui vont à l'encontre du repli sur soi sont absolument fondamentales et suscitent mon enthousiasme.
00:54:49Clairement, je trouve ça super.
00:54:51Pour conclure un peu là, je vais peut-être refaire un point de situation pour ceux qui viennent de nous rejoindre.
00:54:55On en est où, justement, dans les hôpitaux parisiens, la situation actuellement ?
00:54:59La situation est sérieuse, comme on l'a dit au début.
00:55:04Sur le plan mondial, on a affaire à une pandémie, avec de plus en plus de pays qui sont impactés,
00:55:10avec une anxiété relativement importante par rapport à ce qui se risque de se passer en Afrique et dans un grand pays d'Asie comme l'Inde.
00:55:20Au niveau national, en France, la répartition est très hétérogène en fonction des régions.
00:55:28Il y a des régions qui sont très impactées, comme le Grand Est, l'Île-de-France, le Morbihan.
00:55:35Demain, il y aura d'autres régions qui seront de plus en plus impactées.
00:55:41Et dans les régions les plus impactées, dans le Grand Est, ils sont débordés.
00:55:49Et dans la région parisienne, nous ne sommes pas encore saturés.
00:55:54C'est-à-dire quoi ? Ça va se déplacer progressivement ? C'est-à-dire que c'est une sorte de vague ?
00:55:58Déjà, la vague, vous pouvez la voir dans la prise en charge des hôpitaux.
00:56:01Mais ça veut dire que, par exemple, du Grand Est à l'Île-de-France, ça va se décaler de région en région ?
00:56:06Alors, théoriquement, le confinement, s'il est respecté, doit mettre fin à cette diffusion du virus.
00:56:12Mais il ne faut pas oublier que, malheureusement, entre le moment où le confinement a été décidé
00:56:17et le moment où il a été appliqué, c'est-à-dire le mardi midi à 12 heures,
00:56:22beaucoup de personnes ont quitté Paris et la région parisienne.
00:56:26On estime que 20% des habitants de Paris sont partis, ainsi que 20% des habitants de la périphérie,
00:56:33principalement des Hauts-de-Seine.
00:56:35Et ces personnes ont exporté le virus dans d'autres régions de France,
00:56:40où il était probablement très peu présent, voire absent.
00:56:44Donc, malheureusement, cette migration est possiblement responsable d'une extension de l'épidémie à d'autres régions de France,
00:56:53même s'il y avait d'autres régions qui étaient déjà impactées avant.
00:56:56C'est-à-dire que, clairement, on aurait dû fermer les frontières,
00:56:59mais les lieux où il y a beaucoup de cas, que ce soit la région Grand-Est ou l'île-de-France,
00:57:03on aurait dû interdire toute sortie de ces territoires-là ?
00:57:06Il est probable que ça aurait été probablement la première chose à faire, effectivement.
00:57:11Le chiffre de 20%, comment on arrive à l'avoir aujourd'hui ? Parce qu'il n'y a pas une déclaration...
00:57:16Non.
00:57:17Comment...
00:57:18Mais, effectivement, vous avez raison, ce n'est pas un chiffre qui a été publié,
00:57:22mais ce sont des données qui me sont parvenues de différentes sources différentes.
00:57:28D'accord.
00:57:29Dont des sources officielles.
00:57:30Donc qui tournent autour de 20% de personnes qui seraient parties.
00:57:34On sait qu'il y avait des comptabilisations aussi par rapport à la consommation électrique.
00:57:37Je sais que ça a été notamment une des sources...
00:57:38Oui, je ne sais pas comment ils ont évalué ça, mais en tout cas, ça a été évalué.
00:57:42En tout cas, c'est vrai que quand on sort dans Paris, on voit pas mal de logements
00:57:46où les lumières sont assez éteintes ces derniers jours.
00:57:48Oui, et puis surtout, malheureusement, le virus a été exporté dans d'autres régions de France.
00:57:54Bon, après, ceci étant, on peut comprendre le désir des Français de préférer rester
00:57:59confinés à la campagne, dans une maison avec jardin, que d'être confinés chez eux.
00:58:05Néanmoins, il faut quand même être bien conscient que c'est un privilège de pouvoir
00:58:09être confiné comme ça, et l'immense majorité de la population ne peut pas être confinée
00:58:13comme ça.
00:58:14C'est un luxe.
00:58:15On a des retours aujourd'hui de cas importés d'Île-de-France ou du Grand-Est en région
00:58:19déjà une semaine après ?
00:58:20Non, il faut attendre 15 jours.
00:58:22Et là, malheureusement, on le saura.
00:58:24Donc, ça fait déjà 7 jours.
00:58:26Apparemment, il n'y a pas de...
00:58:29Si les personnes qui sont parties ont respecté le confinement et la distanciation sociale,
00:58:35aucun problème.
00:58:36Ils n'ont probablement contaminé personne.
00:58:39Mais si ce n'est pas le cas, ils ont probablement contaminé des personnes.
00:58:43Il y a des chaînes de contamination qui vont démarrer.
00:58:45Et dans les 15 jours, trois semaines qui viennent, on aura des cas dans les régions
00:58:50où les Parisiens se sont réfugiés, entre guillemets.
00:58:55Donc, patience, c'est important de le dire parce qu'on voit ces courbes qui montent.
00:58:59Ce n'est pas pour autant que c'est lié au confinement ou pas.
00:59:01C'est qu'il y a une durée d'incubation.
00:59:04Et du coup, cette durée d'incubation est, pour l'instant, encore aujourd'hui, en dehors
00:59:08de cette période de confinement.
00:59:09Exactement.
00:59:10Et de toutes les images qu'on a pu voir de personnes dans les parcs, dans les terrasses
00:59:12de café, il y a encore une semaine.
00:59:13Exactement.
00:59:14Moins on respectera le confinement, plus ça durera longtemps, plus il y aura des morts.
00:59:18Donc, on n'a pas le choix.
00:59:19On est obligé de respecter le confinement.
00:59:21Voilà.
00:59:22C'est le mot de la fin.
00:59:23Et justement, intéressant, ce message de dire que plus on respectera ce confinement,
00:59:28plus on en sortira rapidement.
00:59:30Parce que, justement, si on respecte moins, il y a des cas qui peuvent encore se déclarer
00:59:34et ça peut faire en sorte que ça repousse la sortie de crise.
00:59:37Je vous remercie, en tout cas, Eric Oum, d'avoir pris cette heure sur votre temps très précieux
00:59:41pour répondre à mes questions, mais aussi celles des internautes qui étaient, encore
00:59:45une fois, très nombreux à nous suivre.
00:59:46On tient à remercier toutes les personnes qui étaient présentes sur ce live, beaucoup
00:59:50dans le questionnement, d'autres dans le débat.
00:59:52On sait qu'il y a ce débat très enflammé autour du traitement et du confinement et
00:59:57autres.
00:59:58Et on a pu voir ça extrêmement nombreux dans les commentaires.
01:00:01Je tiens à remercier toutes les personnes qui ont suivi ce live.
01:00:03Je tiens à remercier Charles Villard, qui est avec moi, qui est grand reporter à Brut,
01:00:06qui m'a aidé à pouvoir réaliser ce live d'un point de vue technique.
01:00:08Gislain Marrec, également, à la réalisation.
01:00:11Et Claude Fruchet, également, puis toute la rédaction de Brut que je salue parce qu'en
01:00:15fait, on est là, au milieu de la rédaction, vide, totalement vide, parce qu'on applique
01:00:20nous aussi ces mesures de distanciation sociale qu'on a fait durant cette interview.
01:00:24Il y a un bon 2 mètres d'écart entre nous.
01:00:27Et puis, toute une rédaction aujourd'hui que je salue par la même occasion, parce
01:00:30que je pense qu'on n'est pas prêt de se revoir vu la durée du confinement, où on
01:00:34applique ces règles de télétravail pour endiguer aussi cette épidémie.
01:00:40Merci à vous encore, Eric Caume.
01:00:41Très bonne journée à vous.
01:00:42Et puis, très bonne journée à tous ceux qui nous ont regardés.
01:00:44On se retrouvera très, très vite sur Brut pour un nouveau direct.
01:00:47Je crois même qu'un autre direct est en cours.
01:00:49Vous pouvez retrouver la déclaration en cours.
01:00:53Oui, exactement.
01:00:54Il y a le Premier ministre, je crois, qui s'exprime actuellement.
01:00:57Et différents ministres.
01:00:58C'est Nico Belloubet, la garde des Sceaux.
01:01:00Vous allez sur la page Facebook de Brut.
01:01:02C'est le live qui est juste au-dessus.
01:01:03Et vous avez différents ministres qui s'expriment actuellement, après le Conseil de Défense.
01:01:07Donc, intéressant pour avoir peut-être des informations complémentaires.
01:01:11Très bon après-midi à tous.
01:01:13Et on se retrouve très, très vite sur Brut.
01:01:14Encore une fois, merci M. Caume.
01:01:16Au revoir.

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