• il y a 22 heures
Sophie Primas, porte-parole du gouvernement, était l'invité du Face à Face ce jeudi 27 février. Elle s'est exprimée notamment sur le conclave sur la réforme des retraites, l'ultimatum de François Bayrou à l'Algérie ou encore les déclarations de Donald Trump sur les droits de douane. 

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Transcription
00:00Mon invité est la porte-parole du gouvernement, bonjour Sophie Primat.
00:02Bonjour Leïla.
00:03Merci beaucoup d'avoir accepté mon invitation ce matin, on a plusieurs sujets à voir avec vous.
00:07Les discussions sur les retraites, les négociations entre syndicats, les annonces du Premier ministre sur l'immigration
00:12et les négociations commerciales qui s'achèvent dans 48 heures, ça se passe mal et on va y revenir.
00:16Avant cela, je voulais vous entendre sur les déclarations de la soirée de Donald Trump.
00:20L'Union Européenne, dit-il, créée pour entuber les Etats-Unis.
00:24Il annonce d'ailleurs, Donald Trump, des droits de douane à venir de 25% sur les produits européens
00:29et il dit tout cela 48 heures à peine après qu'Emmanuel Macron ait quitté la Maison Blanche,
00:34puisqu'il était à Washington lundi, le président français.
00:37C'est pour le moins déroutant cette façon de faire, c'est quoi ? C'est un camouflet pour Emmanuel Macron ?
00:40Ce n'est pas la première fois que Donald Trump est déroutant.
00:43C'est sa méthode, elle a été théorisée d'ailleurs par ses proches.
00:48C'est une méthode de provocation permanente, d'outrance permanente.
00:52Nous sommes habitués à cette méthode.
00:54C'est un camouflet ?
00:55Non, ce n'est pas un camouflet, c'est la méthode Trump.
00:57C'est-à-dire qu'il aime bien provoquer, il aime bien installer un rapport de force.
01:02Mais au rapport de force, nous présenterons aussi un rapport de force,
01:05car l'Union Européenne n'a pas été créée pour embêter M. Trump ou nos alliés américains.
01:10Elle a été créée pour créer la force dans un monde de blocs qui sont le bloc asiatique,
01:15le bloc américain, le bloc sud-américain, etc.
01:18Cela veut dire que si Donald Trump allait au bout de sa logique, l'Union Européenne répondrait,
01:22réposterait, il y aurait aussi des droits de douane ?
01:25Bien sûr, la Commission Européenne.
01:26Vous savez, personne n'a intérêt à rentrer dans ces rapports de force commerciaux.
01:31Encore lié à la guerre commerciale ?
01:33Oui, Donald Trump doit regarder aussi l'histoire de son pays.
01:37Des droits de douane ont déjà été appliqués sur un certain nombre de produits
01:40en provenance de l'Union Européenne.
01:42Et en réalité, ça a eu un impact très négatif à la fois sur l'emploi,
01:46sur la productivité de ses propres entreprises installées en Europe,
01:50mais aussi de ses propres entreprises installées aux Etats-Unis.
01:53Donc, personne n'a intérêt à cette guerre commerciale,
01:56mais si nous devons riposter, nous riposterons.
01:58Évidemment, la Commission Européenne l'a déjà dit hier soir.
02:01Ce matin, sur RMC, le président directeur général
02:04de l'Institut de liaison des entreprises de consommation,
02:06M. Nicolas Facon, disait s'inquiéter pour les viticulteurs,
02:09pour les produits de beauté que la France, en l'espèce, exporte.
02:13Il y a les exportations européennes, il y a ce que la France exporte.
02:15Qu'est-ce que vous dites, ce matin, à ceux qui ont entendu ces déclarations
02:18du président américain et qui, de bonne foi, s'inquiètent en France
02:21en disant qu'est-ce qu'il va arriver, et notamment les viticulteurs ?
02:24Oui, vous savez, moi j'étais au salon de l'agriculture hier
02:27et j'ai échangé beaucoup avec, bien sûr, à la fois la situation avec la Chine,
02:32mais aussi la situation et les menaces avec les Etats-Unis.
02:35Ça inquiète, évidemment. Nous avons déjà traversé ce genre de situation,
02:39mais je le répète, nous devons être prêts à riposter par rapport aux Etats-Unis.
02:43Et l'intérêt des Etats-Unis, l'intérêt économique, l'intérêt intérieur,
02:46l'économie intérieure des Etats-Unis, n'est pas à aller vers ces droits de douane.
02:50Aux viticulteurs et aux producteurs français, la France et l'Europe vous protègeront.
02:53Je dis, évidemment, l'Europe et la France vous protégeront,
02:56et nous sommes prêts à affronter ces difficultés. C'est très important.
03:00J'évoquais Nicolas Facon, le président directeur général de l'Institut de liaison
03:04des entreprises de consommation. Il était aussi sur notre antenne
03:07pour faire le point sur les négociations commerciales qui se terminent dans 48 heures.
03:11Et le moins que l'on puisse dire, c'est que ça se passe mal. Écoutez ce qu'il disait.
03:16Pour l'instant, il reste deux jours de négociations.
03:20On n'a que 10% de signatures. Ce qui coince, c'est la distribution
03:24qui demande des baisses de prix de manière complètement inconsidérée
03:28par rapport à la réalité économique des entreprises.
03:30Les entreprises ont un peu eu d'inflation sur leurs coûts de production
03:33et aujourd'hui on fait face à des distributeurs qui demandent des baisses, des baisses, des baisses.
03:37Uniquement 10% des accords signés à 48 heures de la fin.
03:40On va vers un carnage, Sophie Primat.
03:42C'est la première année où je vois une tension extrême.
03:45Je vois aussi beaucoup de violence dans ces négociations.
03:48J'ai discuté hier aussi avec beaucoup d'entreprises agroalimentaires
03:51qui étaient sur le salon et qui sont très inquiètes,
03:54qui ont des équipes qui sont à la fois épuisées psychologiquement et physiquement.
03:58On est à deux jours, donc je suis assez inquiète.
04:00En réalité, aujourd'hui on a d'un côté, si vous voulez, des distributeurs
04:04qui signent des chartes et qui disent, voilà, on aime bien le produire en France,
04:08on met des étiquettes, etc.
04:10Et de l'autre côté, des négociations où on demande de la déflation
04:13et aussi...
04:14Déflation, c'est baisse des prix.
04:15Baisse des prix et également au détriment d'ailleurs du produire en France
04:20qui est l'objectif, par exemple, affiché par le salon
04:23et affiché également par notre ministre de l'Agriculture, Annie Gennevard.
04:26Et de l'autre côté, on a également une pression très forte qui est faite
04:29par des négociations qui maintenant se font en dehors de la France
04:32pour échapper aux règles des galimes.
04:34Ça c'est le constat, Sophie Primat, mais qu'est-ce que vous allez faire ?
04:36Est-ce que vous allez sévir au niveau du gouvernement ?
04:38Il disait, la grande distribution ne respecte pas la loi.
04:41Est-ce que c'est ce que vous constatez ?
04:43Et qu'est-ce que vous allez faire ?
04:44Clairement, je pense que le gouvernement va demander à la DGCRF d'intervenir.
04:49Il faudra...
04:50La répréhension des fraudes, c'est ça ?
04:51La répréhension des fraudes, qui est en charge justement
04:53de l'application de la loi dans ses relations commerciales.
04:55Vous allez lui demander de regarder comment se passent les négociations ?
04:57Bien évidemment.
04:58Il y a un médiateur des relations commerciales
05:00qui doit regarder ce qui se passe dossier par dossier.
05:02Mais il faut faire des contrôles et il faut sanctionner.
05:04Il y a un moment, il faut mettre des sanctions
05:06quand la loi n'est pas appliquée.
05:08Il faudra aussi que l'État s'en mêle
05:10pour avoir un rapport de force par rapport à ces centrales d'achat
05:13qui ne respectent pas des conditions de négociation
05:16qui sont des conditions apaisées
05:18et qui nourrissent également la volonté de notre pays
05:21de protéger ses producteurs
05:23et de protéger aussi son industrie agroalimentaire.
05:25Pour bien comprendre ce que vous êtes en train de me dire,
05:27Sophie Primat, ce matin, porte-parole du gouvernement,
05:29c'est que le gouvernement fixe en quelque sorte
05:32un ultimatum à la grande distribution
05:34sous 48 heures.
05:36S'il n'y a pas d'accord signé,
05:38si ça ne se passe pas mieux,
05:40il y aura des contrôles, il y aura des amendes.
05:42Mais c'est la loi, c'est l'application de la loi,
05:44donc il n'y a pas de menace.
05:46Tout le monde connaît les règles du jeu depuis longtemps.
05:48Il y a une marche en avant du prix,
05:50il y a des négociations qui doivent se terminer le 28 au soir.
05:52Si ce n'est pas terminé,
05:54la loi devra s'appliquer
05:56et les sanctions devront être prises.
05:58Sophie Primat, j'en viens à la question migratoire
06:00et notamment avec l'Algérie avec qui le torchon brûle.
06:02François Bayrou a fait
06:04un certain nombre d'annonces hier,
06:06pas que sur l'Algérie, j'aimerais qu'on en commence par là.
06:08Il demande à Alger d'accepter
06:10une liste de ressorties sans que la France
06:12soit expulsée et il laisse 4 à 6 semaines
06:14à la partie
06:16adverse,
06:18mais c'est peut-être pas le bon terme,
06:20à la partie en face, je vais dire, pour montrer
06:22des sites de bonne volonté où à défaut il y aura
06:24remise en cause d'accords migratoires.
06:26Pour bien comprendre, est-ce que c'est un bras de fer ou est-ce que c'est une main tendue à Alger ?
06:28Je pense que c'est une main tendue.
06:30C'est-à-dire que nous sommes dans des accords de 68
06:32depuis 1968 et
06:34aujourd'hui, l'Algérie fait
06:36des entorses
06:38à ces accords de 68
06:40qu'elle n'a jamais respectés, ils ont été révisés
06:424 fois et aujourd'hui ça nous pose
06:44un problème, un problème notamment
06:46par l'emprisonnement
06:48de Boalem Sansal mais également par
06:50ces OQTF que nous n'arrivons pas
06:52à renvoyer
06:54en Algérie. Donc ces accords aujourd'hui
06:56ne sont pas respectés par l'Algérie
06:58c'est la sécurité de la France et des Français
07:00qui est en cause. Donc ce que nous demandons
07:02à l'Algérie, c'est effectivement de respecter
07:04ces accords, de libérer
07:06notre écrivain franco-algérien
07:08et de revenir dans
07:10des considérations qui respectent les accords
07:12et l'équilibre de ces accords.
07:14Il y a les deux éléments, le respect des accords
07:16et la libération de Boalem Sansal hier
07:18plus la liste d'expulsion.
07:20Plus la liste d'expulsion mais la libération de Boalem Sansal
07:22est aussi un élément de la reprise du dialogue.
07:24Vous venez de dire les accords
07:26Dans le détail
07:28celui dont on parle aujourd'hui
07:30c'est l'accord de 68 essentiellement
07:32et c'est pour ça que je voulais vous faire préciser
07:34à ce point Sophie Primat
07:36ce matin. Est-ce que
07:38dans les termes de la négociation, il n'y a
07:40que l'accord de 68 ou est-ce qu'il y a
07:42d'autres accords migratoires ?
07:44Il y en a un notamment qui a pu être évoqué
07:46par Bruno Retailleau, celui qui régit par exemple
07:48le déplacement, la circulation
07:50des diplomates. Est-ce que celui-là
07:52aussi fait partie de la discussion
07:54et peut être révisé
07:56si Alger ne répondait pas
07:58sous cas tracissime ? Celui-ci peut être activé
08:00c'est-à-dire il y a un certain nombre de dignitaires algériens
08:02aujourd'hui que l'on regarde avec
08:04attention et dont on pourrait
08:06réviser effectivement les visas
08:08la capacité de rentrer en France
08:10et de faire des allers-retours. Donc nous
08:12regardons toutes les possibilités
08:14pour retrouver d'ailleurs
08:16pour essayer de retrouver des relations qui soient
08:18des relations apaisées avec l'Algérie.
08:20Oui parce que le Premier ministre l'a dit, l'objectif n'est pas
08:22d'obtenir la dénonciation de l'accord de 68
08:24qu'il souhaite continuer à avoir appliqué
08:26mais appliqué véritablement.
08:28Il faut que ce soit appliqué.
08:30Le ministre de l'Intérieur il est pour la dénonciation
08:32de cet accord. Moi je m'appuie sur ce que dit le Premier
08:34ministre. La position du gouvernement
08:36c'est d'arriver
08:38au maintien de cet accord
08:40dans la mesure où il est appliqué
08:42et où on retrouve des relations qui soient des relations
08:44diplomatiques apaisées
08:46et normales avec l'Algérie. Est-ce que c'est aussi la ligne
08:48du Président ? D'habitude quand on vous pose cette question
08:50vous dites que je ne suis pas la porte-parole du Président.
08:52Mais il se trouve que François Bayrou
08:54et Emmanuel Macron ont déjeuné ensemble
08:56le mardi. C'était l'information du Parisien aujourd'hui en France.
08:58Vous nous confirmez que
09:00les décisions ont été prises en bonne
09:02intelligence avec le Président de la République.
09:04Il savait ce qui allait être annoncé.
09:06Le Premier ministre ne prend pas de telle décision et de telle position
09:08sans évidemment consulter le Président de la République.
09:10Vous avez dû voir
09:12la réponse d'Alger
09:14hier, enfin la réponse avant
09:16le comité interministériel
09:18menace de mesures de rétorsion. Est-ce que vous avez le sentiment
09:20que cette main tendue va être
09:22saisie ? Ecoutez, je le souhaite.
09:24Je le souhaite vraiment parce que
09:26c'est un
09:28bras de fer si l'on peut dire entre
09:30gouvernements et ce n'est pas un bras de fer
09:32entre populations.
09:34Nous avons des relations avec les Algériens
09:36et le peuple algérien qui sont très anciennes.
09:38On a une histoire commune qui a été
09:40difficile, qui a été aussi riche
09:42et donc tout ça on ne peut pas...
09:44Les peuples algériens et français ne peuvent pas s'asseoir
09:46dans cette histoire. Nous avons une
09:48communauté algérienne en France qui est
09:50paisible, intégrée pour la
09:5299,9%
09:54d'entre elles donc il ne faut pas qu'on
09:56arrive à une situation de confrontation
09:58qui serait
10:00un ferment de discorde
10:02qui n'est pas souhaité.
10:04Sophie Primat, la liste de ressortissants
10:06qui va être adressée à Alger,
10:08est-ce qu'on sait combien il y a de noms dessus ?
10:10Non, je ne sais pas. Je pense que c'est
10:12une information du ministère de l'Intérieur et qui
10:14à ce jour n'est pas connue. Et elle sera communiquée ?
10:16Je n'en sais rien.
10:18Elle doit l'être ?
10:20Au nom de la transparence ?
10:22Je ne sais pas si entre sécurité et
10:24transparence il y a parfois un équilibre
10:26à trouver.
10:28Est-ce qu'on sait au moins le type de profils qui
10:30figurent sur la liste, Sophie Primat ?
10:32C'est des individus évidemment
10:34qui présentent des risques de sécurité
10:36pour les français.
10:38Vous voyez ce qui s'est passé à Mulhouse.
10:40Les français ne comprennent pas ce qui s'est passé à Mulhouse.
10:42Quelqu'un de déjà condamné
10:44pour apologie du terrorisme,
10:46qui a un profil psychologique
10:48pour le moins fragile,
10:50qui a 14 fois
10:52été présenté au gouvernement
10:54algérien pour retour,
10:56qui présente véritablement
10:58un profil
11:00d'insécurité pour les français et qu'on laisse
11:02en liberté parce qu'on n'a pas.
11:04Sur cette liste-là, le Premier ministre
11:06a aussi demandé un audit interministériel sur la politique
11:08des visas de la France pour mettre en concordance
11:10en quelque sorte
11:12la délivrance des visas avec
11:14la qualité de la coopération migratoire des pays d'origine.
11:16De ce que je comprends, la qualité notamment
11:18de retour des personnes
11:20sous obligation de quitter
11:22le territoire.
11:24Quels sont les pays dans le viseur, si j'ose dire ?
11:26On verra à la fin de cette audite.
11:28Vous avez dit vous-même qu'il y a d'autres pays avec lesquels
11:30on a des problèmes de retour. Oui, bien sûr,
11:32il y a d'autres pays, il y en a presque une vingtaine
11:34avec lesquels on peut améliorer cette qualité
11:36des retours. Qualité des relations,
11:38c'est une relation dans les deux sens.
11:40Donc, cette audite permettra de déterminer
11:42les pays qui sont concernés.
11:44Évidemment, en pensant aux Comores, par exemple.
11:46Vous voyez, quand on parle de Mayotte,
11:48il y a probablement, là,
11:50des négociations
11:52à mener avec ces pays-là.
11:54Là aussi, il y aura restriction de visa s'il n'y a pas de réponse en face.
11:56Écoutez, on verra. Mais en tout cas, cette audite
11:58est là pour ça et il est là pour accompagner
12:00aussi d'autres mesures qui sont prises
12:02dans le cadre de
12:04cette réunion hier
12:06et qui sont là pour protéger les Français
12:08dans leur sécurité. Bruno Retailleau,
12:10le ministre de l'Intérieur, est aujourd'hui,
12:12dès ce matin d'ailleurs, en ce moment même,
12:14sur la côte d'Opale, au Touquet,
12:16à une visite sur le thème du
12:18bras de fer, là, à mener avec
12:20le Royaume-Uni. Il souhaitait la dénonciation
12:22des accords du Touquet si le Royaume-Uni ne faisait pas d'effort.
12:24C'était ce qu'il disait en novembre 2024,
12:26le ministre de l'Intérieur. Est-ce que cela fait
12:28une position personnelle ? C'est la position du gouvernement ?
12:30Non, ça a été évoqué d'ailleurs hier.
12:32Alors, pas en ces termes-là, mais la nécessité
12:34de rediscuter
12:36avec nos collègues
12:38de l'autre côté de la Manche
12:40pour remettre en considération,
12:42en tout cas, renégocier
12:44les termes de ces accords. Parce qu'on voit bien que là aussi,
12:46on a des problèmes de sécurité. Ce qui se passe
12:48sur la côte d'Opale n'est humainement
12:50pas tenable. On a des
12:52difficultés avec ces migrants.
12:54On a des difficultés sociales, humaines.
12:56Enfin bon, il y a des gens qui meurent. C'est pas
12:58possible. Donc, il faut qu'on trouve d'autres solutions.
13:00Mais ça pourrait aller jusqu'à la dénonciation des accords
13:02pour pouvoir entrer dans une négociation. On n'est pas
13:04dans la menace. On n'est pas
13:06dans l'escalade verbale.
13:08Il faut assumer les rapports de force.
13:10Oui, il faut assumer les rapports de force avec ceux qui
13:12sont dans ces rapports de force.
13:14Trump en est un bon exemple.
13:16Un peu l'Algérie en ce moment.
13:18Mais avec
13:20l'Angleterre, nous sommes aujourd'hui dans l'ouverture
13:22de négociations. En tout cas, la volonté du
13:24ministre de l'Intérieur, elle est forte.
13:26Vous le savez. Il faut qu'on travaille avec eux.
13:28Parce que c'est pas possible de laisser
13:30des gens dans des conditions pareilles
13:32et d'insécurité.
13:33Volonté forte du ministre de l'Intérieur, dites-vous, Sophie Primat.
13:35Oui.
13:36Les Français lui reconnaissent,
13:38lui font crédit de cette volonté.
13:40Sondage est là pour BFMTV.
13:426 Français sur 10, 6 personnes interrogées sur 10
13:44jugent que le ministre de l'Intérieur est entravé pour autant
13:46dans son action. Est-ce que vous partagez l'opinion des Français ?
13:48En fait, non. Il n'est pas entravé.
13:50D'abord, il fait preuve de beaucoup de détermination.
13:52Vous l'avez dit. Mais il n'est pas
13:54entravé. En fait, il recherche aujourd'hui quelles sont les
13:56entraves législatives,
13:58par exemple, les entraves d'exécution.
14:00Et il est en train d'y apporter des réponses
14:02petit à petit. Ce que nous sommes en train de faire
14:04sur le narcotrafic, ce que nous sommes en train de faire
14:06dans l'ouverture de 3000 postes
14:08supplémentaires pour accueillir
14:10des personnes dangereuses
14:12en rétention. Il est en train
14:14petit à petit de faire sauter des verrous
14:16législatifs qui lui permettent d'agir
14:18plus facilement et
14:20de façon plus efficace.
14:22Sophie Primat, porte-parole du gouvernement.
14:24Les partenaires sociaux se retrouvent ce matin
14:26pour faire sauter un autre verrou, celui
14:28des retraites. La mission
14:30que leur fixe le Premier ministre, c'est rétablir
14:32l'équilibre financier. Je cite la lettre qu'il leur a
14:34adressée. Rétablir l'équilibre
14:36financier de notre système de retraite
14:38à horizon 2030
14:40et ce, sans dégrader
14:42les comptes publics et sans remettre
14:44en cause la compétitivité. Si je comprends bien,
14:46vous préparez les esprits à une nouvelle réforme des retraites.
14:48C'est les partenaires sociaux qui
14:50vont déterminer.
14:52Rétablir l'équilibre financier
14:54à horizon 2030
14:56avec la Cour des comptes qui dit que
14:58la réforme de 2023 ne suffira pas.
15:00Ça veut dire nouvelle réforme des retraites.
15:02Le Premier ministre
15:04a donné un cahier des charges
15:06aux partenaires sociaux. C'était
15:08toujours l'objectif de la création
15:10de cette réunion des partenaires sociaux.
15:12De leur donner les objectifs
15:14en termes de réduction des déficits.
15:16Nous sommes obligés. Vous savez, c'est la moitié de la dette
15:18aujourd'hui en France, les retraites.
15:20Si on ne regarde pas ça avec calme,
15:22sérénité et
15:24avec responsabilité,
15:26ce n'est pas la peine. Les partenaires sociaux
15:28aujourd'hui vont discuter avec cet
15:30objectif qui est réduction des déficits à l'horizon
15:322030 et
15:34ils feront leur proposition.
15:36Sauf que la mission a changé Sophie Primat.
15:38Je le répète, puisque dans la déclaration de politique générale
15:40de François Bayrou du Premier
15:42ministre, il leur réclamait
15:44concernant les retraites
15:46de réfléchir à des améliorations
15:48sans dégrader le régime actuel.
15:50Désormais, il leur dit qu'il faut rétablir les comptes.
15:52Ce n'est plus la même mission.
15:54Mais c'est exactement la même mission.
15:56Nous sommes tous responsables devant le déficit
15:58des retraites. Il faut donc les rééquilibrer.
16:00Il faut les rendre pérennes.
16:02Vous demandez aux syndicats d'écrire
16:04une nouvelle réforme.
16:06Mais c'est ce qu'ils voulaient.
16:08Puisque les solutions qui avaient été trouvées dans la réforme
16:10de l'année dernière ne leur convenaient pas,
16:12nous leur demandons de prendre leurs responsabilités
16:14et d'écrire effectivement
16:16un système de retraite.
16:18On parle de déficit. Mais en réalité,
16:20qu'est-ce qu'il y a derrière ce déficit ? C'est la pérennité
16:22des systèmes de retraite qu'il faut assurer.
16:24Et ça, ça parle à tous les Français.
16:26S'assurer que nos enfants, nos petits-enfants
16:28auront un système de retraite
16:30qui soit fort, pérenne
16:32et qui puisse convenir à tout le monde,
16:34c'est la moindre des choses.
16:36C'est notre responsabilité dégénérationnelle.
16:38Chaque ministre a pu y aller de son avis
16:40sur la question. La ministre du Travail disant, par exemple,
16:42qu'il faudra travailler plus. Est-ce que vous,
16:44vous partagez ce qu'elle dit ? On en a entendu d'autres
16:46parler de capitalisation. Est-ce que vous aussi,
16:48vous avez des pistes à dessiner
16:50pour les partenaires sociaux, Sophie Primat ?
16:52A titre personnel, j'en ai. Mais je respecte
16:54le dialogue qui s'instaure aujourd'hui.
16:56Il y a feuille blanche,
16:58avec un objectif pour les partenaires sociaux.
17:00Et on les laisse.
17:02Et moi, je leur fais confiance pour y arriver.
17:04Et vous pensez qu'ils peuvent faire venir un accord
17:06alors que certains menacent déjà de boycotter
17:08ou de quitter la table des discussions ?
17:10Oui. On est là aussi dans le rapport de force.
17:12Et je pense que l'ensemble des partenaires
17:14sont responsables. Ils savent
17:16que c'est de la pérennité du système des retraites
17:18français dont il s'agit.
17:20Et donc, je pense qu'ils sont responsables, qu'ils vont y arriver.
17:22Sophie Primat, un dernier mot,
17:24si vous le permettez, parce que
17:26on a appris ce matin,
17:28a été confirmé le décès de notre compatriote
17:30Oad Yahalomi.
17:32La dépouille du dernier otage franco-israélien
17:34détenu par le Hamas, qui a été
17:36restitué à Israël
17:38et aux familles. Le président de la République
17:40ce matin, Emmanuel Macron, écrit sur le réseau social
17:42X, je partage la douleur
17:44immense de sa famille
17:46et de ses proches, des familles
17:48qui expliquent ne pas
17:50avoir été beaucoup
17:52accompagnés par la France. Est-ce que
17:54on a été impuissants pendant
17:56tout ce processus ?
17:58Je voudrais d'abord saluer la mémoire de notre
18:00compatriote, penser
18:02effectivement à sa famille.
18:04On est dans une situation
18:06au Proche-Orient qui est une situation dramatique
18:08où un grand nombre,
18:10après les attentats du 7 octobre
18:12et cette barbarie du 7 octobre,
18:14un grand nombre de nos compatriotes,
18:16israéliens et même
18:18palestiniens, ont perdu la vie.
18:20C'est une période de chaos
18:22épouvantable.
18:24Je pense à toutes les victimes, de part et d'autre.
18:26Je pense en particulier à cette famille
18:28française aujourd'hui, qu'on accompagnera
18:30évidemment. Qu'on accompagnera
18:32le temps qu'il faudra. J'imagine
18:34qu'il y a des liens,
18:36des coups de téléphone qui ont été passés cette nuit.
18:38Je l'ignore ce matin,
18:40mais bien sûr,
18:42la France entière est en compassion
18:44avec cette famille-là et on sera avec eux.
18:46Merci Sophie Prima,
18:48porte-parole du gouvernement,
18:50d'être passée nous voir
18:52ce matin. Je retiens
18:54le mot que vous avez repris,
18:56il faut assumer les rapports de force ce matin
18:58avec les Etats-Unis, avec
19:00l'Algérie, avec l'écomort,
19:02avec les pays qui ne respectent pas les accords
19:04migratoires. Rapport de force au cœur également
19:06des discussions qui s'ouvrent
19:08entre les partenaires sociaux pour la réforme
19:10des retraites. Je note une forme
19:12d'optimisme dans ce que vous avez dit.
19:14Il en faut un peu quand même.
19:16Il est bientôt
19:188h52 sur BFMTV
19:20et RMC. Je vous remercie d'être venue
19:22sur notre plateau.

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