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Mercredi 26 février 2025, retrouvez Régis Yancovici (Dirigeant et fondateur, Luxavie), Marc-Antoine Gromez (Associé gérant, Boreal Patrimoine), Gaétan Pierret (Journaliste, L'Agefi) et Frédéric Espirat (Expert-comptable patrimonial, représentant du Conseil National de l'Ordre des exparts-comptables) dans SMART PATRIMOINE, une émission présentée par Nicolas Pagniez.

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00:00Bonjour à tous et bienvenue dans Smart Patrimoine, Smart Patrimoine, l'émission qui vous accompagne
00:12dans la gestion de vos finances personnelles, mais l'émission qui décrypte également
00:15avec vous les enjeux et les actualités du secteur de la gestion de patrimoine, une émission
00:20que vous pouvez retrouver tous les jours sur Be Smart For Change, sur les réseaux sociaux
00:23de Be Smart For Change et bien sûr, vous pouvez nous écouter en podcast sur toutes
00:27les plateformes de podcast. Au sommaire de cette édition, nous commençons tout d'abord
00:31par les clés de l'IMO, le rendez-vous dédié à l'investissement immobilier de Smart Patrimoine
00:35et en l'occurrence nous reviendrons sur les difficultés que connaissent un certain nombre
00:40de fonds immobiliers depuis quelques années, à noter d'ailleurs qu'après les baisses
00:46de prix de part d'un certain nombre de SCPI, on va à présent sur un recul de dividendes
00:52pour un certain nombre d'entre elles, nous en parlerons avec Gaëtan Pierret, journaliste
00:56à l'AGFI. Nous enchaînerons ensuite avec un enjeu patrimoine consacré à la collaboration
01:02qui peut exister entre experts comptables et conseillers en gestion de patrimoine pour
01:07accompagner notamment le dirigeant d'entreprise ou l'entrepreneur de manière globale dans
01:11la gestion de son patrimoine, ce sera donc avec Marc-Antoine Gromet, associé gérant
01:15chez Boreal Patrimoine mais aussi avec Frédéric Espira, expert comptable spécialisé des
01:18questions de patrimoine et puis enfin dans la troisième partie de l'émission, dans
01:22l'œil de l'expert, nous retrouverons Régis Iancovici, fondateur et dirigeant de Luxavie
01:26avec qui nous traiterons le cas d'investissement du Yen. On se retrouve tout de suite sur le
01:31plateau de Smart Patrimoine.
01:32Et c'est parti pour les clés de l'IMO, le rendez-vous dédié à l'investissement immobilier
01:40de Smart Patrimoine et aujourd'hui nous allons nous intéresser spécifiquement au SCPI et
01:45notamment à la performance de ces véhicules d'investissement en immobilier sur 2024.
01:53Pour en parler, nous avons le plaisir de recevoir sur le plateau de Smart Patrimoine Gaëtan
01:56Pierret. Bonjour Gaëtan Pierret. Bonjour Nicolas. Bienvenue sur le plateau de Smart
01:59Patrimoine, on est ravis de vous retrouver en plateau. Vous êtes journaliste à l'AGFI
02:03et on va commencer avec un chiffre, 43% des SCPI ont baissé leurs dividendes en 2024.
02:09Alors sur les derniers mois, voire même sur les dernières années, on avait l'habitude
02:13sur ce plateau de parler essentiellement des baisses de prix de part, notamment en
02:16matière de SCPI, c'est ce qui a inquiété le marché, la valorisation des sous-jacents
02:19des fonds immobiliers. Et là on se rend compte qu'il y a aussi un sujet performance sur
02:23un certain nombre de véhicules immobiliers. Ah oui, et puis ce n'est pas un petit sujet,
02:26c'est un peu le totem des SCPI qui a été fragilisé l'année dernière. Vous le disiez,
02:30c'est 43% des SCPI qui ont baissé en moyenne la baisse des dividendes, c'est 3%. Alors
02:34ça peut paraître quand même assez anodin, mais c'est quand même un peu important. Jusque-là,
02:39les gérants étaient assez rassurants sur un sujet. Peu importe les décotes, ils nous
02:42disaient non mais les décotes, ce n'est pas forcément grave. Tant que les investisseurs
02:45ne vendent pas, la casse ne se matérialise pas, et ils avaient raison. Tant que la distribution
02:49tenait, en fait tout allait bien. Et en fait là on se rend compte qu'on passe dans la
02:52deuxième partie de la crise, où après avoir connu de grosses décotes sur les valeurs des
02:56prix de part, mais aussi sur les sous-jacents des SCPI, maintenant ça y est la distribution
03:01commence à être un peu rognée. Comment est-ce que vous, en tant que journaliste qui suivez
03:05de près ces sujets-là, vous analysez cette année 2024 ? On a eu effectivement le témoignage
03:09de pas mal de professionnels de l'immobilier, mais avec un regard un petit peu plus extérieur,
03:12peut-être un petit peu plus aiguisé sur le sujet. Comment est-ce que vous analysez
03:15l'année 2024 ? Sur le sujet des dividendes, moi j'y vois déjà trois principaux facteurs.
03:20Le premier facteur, c'est l'épuisement des réserves. C'est-à-dire qu'en 2023, pour
03:23pouvoir maintenir leurs dividendes, pouvoir légèrement les augmenter, certains gérants
03:26ont dû puiser dans leurs réserves. Sauf que les réserves, elles arrivent à épuisement
03:30au bout d'un moment. La petite collègue de 2023, 3 milliards et demi, n'a pas permis
03:34de les reconstituer. Donc au bout d'un moment, il n'y a plus de boost et on ne peut plus
03:37booster les dividendes. Donc déjà un plus d'effet des réserves. Deuxième facteur
03:41que je vois, l'augmentation de la vacance sur certaines de ces pays et notamment celles
03:44qui sont investies sur les gros bureaux, notamment ceux de la défense, dont on a déjà beaucoup
03:49parlé. Là forcément, moins de loyers, ça fait moins de distribution, moins de distribution
03:53pour les porteurs de parts. Et puis enfin, il faut y voir comme principal facteur, je
03:58pense, l'effet des plans d'arbitrage massifs et des fonds de remboursement qui sont encore
04:03en cours. C'est-à-dire qu'il y a des gérants pour retrouver la liquidité qui sont obligés
04:07de vendre des actifs et donc en fait, ils assèchent les SCPI et donc moins d'actifs,
04:12moins de loyers, moins de distribution. Et à côté de ça, j'ajouterais peut-être
04:15juste un autre facteur, c'est qu'il y a des jeunes SCPI qui sont lancés ces deux
04:19dernières années et en fait, ce qu'on me disait, c'est que les jeunes SCPI ont tendance
04:24à leur lancement, à booster leurs dividendes pour être hyper attractifs commercialement
04:28et puis après à les diminuer d'année en année. Donc là, on est en gros, on va dire
04:32sur le millésime 2022 qui se sera un petit peu normalisé. Mais enfin là, on est quand
04:36même sur une baisse de marché de 3 %, donc ce n'est pas que cet effet-là qui se joue.
04:41Dans ce contexte, la collecte, qu'est-ce qu'elle nous dit Gaëtan Pierret ?
04:45Ouh là là ! Alors là, la collecte, elle a été divisée par deux quand même en 2022.
04:49Alors, il n'y a pas si longtemps que ça, mais c'est un autre monde j'ai l'impression.
04:52C'était 10 milliards 2 collectés en net pour l'ensemble du marché. L'année dernière,
04:57on est passé à 3 milliards et demi. C'est quasiment une division par un peu plus de
05:02deux quand même. On a beaucoup entendu cette idée d'un marché à deux vitesses. Alors,
05:07je ne vais pas être original, parce que je vais répéter, oui, effectivement, le marché
05:09est passé à deux vitesses. On a d'un côté ces pays qui vont bien et de l'autre celles
05:14qui sont un peu plus en difficulté. Et je dirais que 2024 a au moins permis ça, d'avoir
05:18un éclaircissement sur le marché et d'un peu plus voir ce qui marche et ce qui ne marche
05:21pas. Néanmoins, la collecte, le retrait de la collecte, ça touche tout le monde. Tous
05:25les acteurs, qu'ils soient jeunes, moins jeunes, anciens, etc. Tout le monde est concerné
05:29parce qu'en fait, derrière, il faut y voir les retraits des investisseurs, qui sont particuliers,
05:34mais surtout les institutionnels. La baisse de la collecte à crédit et la baisse de
05:37la collecte via l'assurance vie qui amenaient quand même des gros flux aux sociétés de
05:42gestion. Mais c'est important de le rappeler, effectivement, derrière les chiffres que
05:45vous nous donnez, il y a un marché à deux vitesses. Alors, effectivement, on l'a dit,
05:48on le redit beaucoup. Ce n'est pas un mouvement uniforme. Il y a quand même des SCPI sur
05:53lesquels on peut trouver de la performance aujourd'hui, mais il faut chercher de manière
05:55un peu plus précise qu'il y a quelques années, si je ne comprends rien. Oui, c'est ça. Alors,
05:59on a beaucoup parlé des jeunes SCPI qui se lancent, qui bénéficient d'une bonne
06:02dynamique. Il n'y a pas qu'elles. Il y en a d'autres qui vont bien et certaines qui
06:05se sont lancées depuis un peu plus longtemps. Vous parliez justement des 43% qui ont baissé
06:09leurs dividendes, mais il y a aussi un peu plus de la moitié qui ont augmenté leurs
06:12dividendes. Pareil pour les décotes, c'est un quart du marché qui a baissé. Ça veut
06:15dire qu'en 2024, on a baissé ses dividendes ou on a augmenté ses dividendes. C'est ça.
06:18Il y en a quand même qui ont augmenté leurs dividendes. Les décotes, c'est pareil, c'est
06:22un quart du marché qui a baissé, mais les autres ont à minima stagné ou l'ont augmenté.
06:26Il y a quand même une bonne partie du marché qui reste assez saine. Pourquoi la tension
06:30est aussi focalisée sur ce qui ne va pas ? C'est parce qu'en fait, ce sont essentiellement
06:32des gros fonds qui ne vont pas bien, des fonds historiques où il y a des gros flux qui
06:38sont en train de changer de main. Les jeunes SCPI qui affichent des performances plutôt
06:44intéressantes, vous l'avez dit, il y a celle qui booste un petit peu pour attirer la collecte
06:47et puis celle qui propose des rendements annualisés même quand ils n'ont pas un an d'existence,
06:52ça fait crisser certaines dents aussi. C'est un peu le psychodrame de LinkedIn les deux
06:57dernières semaines. Effectivement, il y a des jeunes SCPI qui ont communiqué sur un
07:01taux de distribution annualisé. Ce taux, ça veut dire quoi ? En fait, c'est pour les
07:04SCPI qui n'ont pas un an d'exercice, elles ont communiqué sur un taux annualisé. C'est
07:10une pratique qui est interdite par la SPIM, l'association de place, mais qui n'est pas
07:13interdite réglementairement. C'est juste que ça met sur la même ligne des taux qui
07:17n'ont plus rien à voir entre un taux annuel et un taux annualisé. Effectivement, ça
07:21fait beaucoup critiquer. Moi, personnellement, je trouve que le taux de distribution ne fait
07:25plus dire grand-chose, étant donné qu'il y a eu beaucoup de baisse de prix de part
07:28l'année dernière qui était justifiée ou pas justifiée. Et parmi les pas justifiés,
07:31ce sont des SCPI qui ont baissé pour retrouver l'attractivité commerciale, c'est-à-dire
07:36afficher un taux de distribution un peu plus intéressant, un peu plus attractif pour pouvoir
07:40essayer de relancer la collecte. Donc le taux de distribution, pour moi maintenant, il est
07:43vraiment à prendre avec énormément de recul. Ce n'est pas l'indicateur qui est le plus
07:46à regarder, selon moi. Peut-être que je me trompe, mais en tous les cas, le psychodrame
07:50sur le taux de distribution annuel, je pense qu'il faut prendre du recul. À côté de
07:53ça, il y a des indicateurs qui sont peut-être un peu plus importants, notamment le sujet
07:57des dividendes qui ont baissé, le taux d'indicateur de risque aussi qu'il faut peut-être un
08:00peu plus regarder parce qu'on a pu voir ces derniers jours qu'il a pu être un sujet.
08:04C'est justement ma prochaine question. Est-ce qu'on va voir des fonds changer potentiellement
08:11de classe de risque en matière de SCPI ? Ça a déjà commencé. Effectivement, la
08:14France a communiqué sur un changement d'indicateur de risque pour 5 de ces SCPI. Ils sont passés
08:19d'un SRI, indicateur de risque synthétique, de 3 à 4. Apparemment, ce n'est pas les
08:26seuls. Il y a d'autres SCPI et d'autres sociétés de gestion qui auraient aussi fait
08:29changer leur SRI. Alors ça, je suis en train de le vérifier parce qu'il n'y avait pas
08:33d'indicateur de marché à l'échelle du marché dans le bilan qui a pu être publié
08:37fin d'année dernière. Donc il faut regarder vraiment au cas par cas. Mais il y en a d'autres
08:40qui effectivement l'auraient changé. Cet indicateur traduit quoi ? Il traduit la volatilité
08:45des SCPI. Donc là, dans le cas de la Française, c'est des SCPI qui avaient pas mal décoté
08:49ces derniers mois, notamment en début d'année. Donc forcément, à un moment, il fallait
08:52réajuster ce SRI. Étant donné les grosses décotes qu'on a pu connaître ces deux dernières
08:57années, effectivement, il est probable qu'il y ait d'autres SCPI qui l'ont fait ou qui
09:01vont devoir le faire. Quelle question se poser quand on est investisseur particulier dans
09:06un marché qui a l'air de plus en plus complexe à lire quand même quand on n'est pas au
09:10quotidien à le suivre ? Il y a beaucoup de questions à se poser. Moi, j'irais surtout
09:13il faut regarder le sous-jacent. Il faut regarder la thèse d'investissement des SCPI. C'est
09:17pour ça que je disais, le taux de distribution finalement, c'est plus forcément l'indicateur
09:20à regarder parce qu'il n'est plus forcément très parlant. Il faut vraiment regarder la
09:23thèse d'investissement des sociétés de gestion, aller voir ce dans quoi elles investissent.
09:27Est-ce que c'est du granulaire ou du bloc ? C'est-à-dire est-ce que c'est des gros actifs
09:30qu'elles vont acheter ou plutôt des petits actifs ? Il y a des sociétés de gestion qui
09:33essayent de faire les deux. Il y en a qui vont être plus dans le granulaire et d'autres
09:36qui vont être que dans le bloc. Le bloc, c'est intéressant parce que ça permet d'investir
09:39des tickets importants et donc d'épuiser la collecte très vite. Mais de l'autre côté,
09:43quand il y a des gros retournements, ça peut être compliqué à gérer. Les gros actifs
09:45de bureaux, on voit quand il faut les transformer, faire des travaux, les relouer ou les vendre,
09:50ça peut être très vite compliqué. Donc moi, je dirais, il ne faut pas regarder que
09:53le taux de distribution. Regardez les autres indicateurs, notamment celui de vacances.
09:57Regardez l'évolution des dividendes entre les derniers trimestres et le premier trimestre
10:02de 2025. Décortiquez les reportings plutôt que juste vous arrêtez au taux de distribution.
10:07Est-ce que le sujet valorisation, que ce soit du prix de part ou du sous-jacent, est vraiment
10:10un sujet quand on veut investir sur 20-25 ans ?
10:12Oui et non. C'est un peu le sujet que nous disait le gérant. Ce n'est pas grave, tant
10:19qu'on ne vend pas, il n'y a pas de sujet. Effectivement, tant qu'on ne vend pas, on
10:22ne matérialise pas la casse. C'est pour ça que je dis que c'est peut-être plus les dividendes
10:26qu'il faudra regarder que le prix de part. Maintenant, le prix de part, ça donne aussi
10:30une indication sur le patrimoine. Ça permet de voir si le patrimoine subit des grosses
10:37décotes intrinsèquement ou pas.
10:39Merci beaucoup Gaëtan Pierrette de nous avoir accompagné dans Smart Patrimoine. Je rappelle
10:43que vous êtes journaliste à la GFI. Merci beaucoup.
10:45Merci Nicolas.
10:46Et quant à nous, on se retrouve tout de suite dans Enjeu patrimoine.
10:48Les conseillers en gestion de patrimoine et les experts comptables doivent-ils travailler
10:56en étroite collaboration pour accompagner les entrepreneurs ou les dirigeants d'entreprise ?
11:02C'est la question qui va nous animer aujourd'hui dans Enjeu patrimoine. Pour en parler, nous
11:05avons le plaisir de recevoir sur le plateau deux experts du sujet. Nous avons le plaisir
11:09de recevoir tout d'abord Marc-Antoine Gromet. Bonjour Marc-Antoine Gromet.
11:12Bonjour Nicolas.
11:13Bienvenue sur le plateau Smart Patrimoine. Vous êtes associé gérant chez Boréal Patrimoine
11:16et à vos côtés, nous avons le plaisir d'accueillir Frédéric Espira. Bonjour Frédéric Espira.
11:20Bonjour Nicolas.
11:21Bienvenue sur le plateau également. Vous êtes expert comptable et spécialiste des questions
11:24de patrimoine. Si on se pose cette question, Marc-Antoine Gromet et Frédéric Espira,
11:28c'est parce qu'un entrepreneur ou un dirigeant d'entreprise peut être amené à vouloir
11:34optimiser son patrimoine, que ce soit pour des sujets de fiscalité, pour des sujets
11:38de transmission ou tout simplement d'optimisation globale de son patrimoine. Mais il faut réussir
11:44en fait, quand on rentre dans des montages parfois un peu complexes ou pas, à faire
11:48le trait d'union entre ce que le conseiller en gestion de patrimoine a décidé ou propose
11:53à son client. Est-ce que l'expert comptable de ce même client va être capable d'intégrer
11:57finalement dans la suite de la relation, Marc-Antoine Gromet ?
12:01C'est exactement ça en fait. Le nœud du sujet aujourd'hui et qu'on partage avec Frédéric,
12:06c'est qu'en fait on a aujourd'hui deux mondes un peu parallèles et finalement qui
12:10se parlent qu'à minima, c'est-à-dire je te passe les infos, tu les récupères,
12:15mais chacun traite de son côté et finalement il y a un manque flagrant d'intégration
12:18ou de collaboration entre les deux. Alors qu'en fait, le patrimoine du dirigeant il
12:23est bien un, c'est-à-dire qu'il y a bien un patrimoine privé mais finalement l'un
12:27alimente l'autre dans un sens ou dans l'autre et finalement ne pas les faire se parler
12:32et du coup ne pas faire les deux référents de chacune des parties se parler, c'est un
12:35peu bête.
12:36Ça veut dire que quand un conseiller en gestion de patrimoine et un expert comptable ne se
12:39parlent pas, il peut y avoir des erreurs qui sont faites au détriment du client ?
12:43Très souvent. Je peux citer un exemple parce qu'il est caricatural mais un bénéfice
12:48fiscal d'une holding patrimoniale qui se finit à 200 000 euros au lieu de 20 000 parce
12:52qu'en fait l'expert comptable n'a pas pris la peine de regarder comment se traiter certaines
12:56opérations et qu'il passe plein de plus-value en une seule fois alors qu'en fait c'est du
12:59report fiscal et qu'en plus c'est traité avec un avantage à la sortie, forcément
13:04pour la cliente l'enrichissement il n'est clairement pas pareil.
13:06Et là on parle d'opérations complexes ou ça peut même arriver sur des opérations
13:09plus simples ?
13:10Le problème du patrimonial à l'IS c'est qu'il est souvent complexe parce qu'on rentre
13:14dans une logique où, et Frédéric je pense le dira mieux que moi, plein d'opérations
13:19ont un traitement à part, on sort vraiment de la compta classique, des écritures traditionnelles
13:24et du raisonnement classique où il y a une recette, il y a un bénéfice, il y a un impôt,
13:29il y a beaucoup de choses qui ont des régimes spéciaux.
13:31Je vais vous poser une question que je poserai ensuite à Frédéric Espira mais est-ce que
13:34les experts comptables connaissent le langage du patrimoine ?
13:37Ça c'est je pense le travail quotidien et le combat de Frédéric c'est arriver à faire
13:43se parler les deux professions et surtout apprendre aux experts comptables à parler
13:47le langage du CGP et le studio-boulot dans l'autre sens parce qu'il faut que le CGP
13:50parle le comptable.
13:51Justement Frédéric Espira, est-ce que les consécutifs de patrimoine ils connaissent
13:54le langage de l'expert comptable ?
13:55Pas toujours.
13:56Du comptable oui parce qu'ils ont bien souvent un comptable, un expert comptable bien évidemment
14:02pour rebondir.
14:03Effectivement l'entreprise fait partie intégrante du patrimoine privé donc les flux du dirigeant
14:10au niveau du privé viennent de l'entreprise.
14:13Donc le rôle premier de l'expert comptable c'est déjà de protéger ces flux.
14:17Ensuite sur les montages un peu plus complexes de holding, bien souvent on a eu ou on a encore
14:23des sociétés opérationnelles en dessous donc on a déjà une fiscalité et des flux
14:27financiers qui viennent de la société opérationnelle qui montent au niveau de la société holding
14:32et après effectivement il y a des placements particuliers qu'on va pouvoir faire sur la
14:36société holding.
14:37Parce que le choix de la holding est déjà un choix patrimonial, quelque part on sort
14:40de l'exploitation de la société pour réfléchir à investissement, réfléchir à transmission
14:46par exemple.
14:47Souvent ce dont on parle c'est l'encapsulement du prix de vente de l'entreprise opérationnelle
14:53et puis après qu'est-ce que j'en fais ?
14:55Bien sûr.
14:56Après tous les montages, distribution de dividendes, en fait tous les montages concernant
15:00le flux qui viennent du professionnel, les flux à l'IS qui atterrissent dans le domaine
15:05privé.
15:06Je connais le domaine privé un peu d'assurance vie mais j'ai de l'investissement à faire
15:11dans la société holding, placement de trésorerie entre autres, qu'est-ce que je fais ?
15:15Et pour répondre à votre question, est-ce que les deux se parlent ?
15:19Oui, ça pète de temps en temps, mais est-ce qu'ils se comprennent, c'est ça la question.
15:25Est-ce qu'ils se comprennent ? Pas toujours, puisqu'il y a encore des vieilles images
15:30de l'expert comptable, c'est un comptable, il fait de la fiscalité et puis il va s'arrêter
15:34là.
15:36C'est quand même une image plutôt archaïque, ce n'est plus la réalité du quotidien du
15:41cabinet d'expertise comptable et puis il y a l'expert comptable qui a l'image du
15:44CGP, c'est un vendeur de tapis, c'est un vendeur de produits et puis voilà, il se
15:50fait beaucoup de com et il ne fait pas grand-chose.
15:52Et ça, c'est toujours vrai ça ?
15:53Et j'ai bien peur que ce ne soit plus.
15:56Je pense qu'on peut dire que c'est les coms de moins en moins puisque la profession depuis
15:592007 se professionnalise, avec les réglementations MIF1, MIF2 et tout ce qui a découlé, la
16:05transcription sur la partie assurance, donc en fait, de moins en moins.
16:09Mais c'est vrai qu'il y a eu cette image et il y a eu cette réalité, il ne faut pas
16:12se voler la face.
16:13Frédéric Espira, donc il y a deux caricatures, un petit peu sur le métier et puis maintenant
16:16il y a la réalité ?
16:17La réalité, c'est que l'expert comptable va sur ce domaine du conseil patrimonial parce
16:23que c'est une vraie demande des clients.
16:25D'accord.
16:26Les clients ont envie d'avoir une porte d'entrée avec un full service, c'est un
16:32vrai besoin.
16:33Donc, c'est un métier qui demande à l'expert comptable de les accompagner sur leur gestion
16:35de patrimoine, c'est ça ?
16:36J'ai eu le cas d'un cabinet sur Nancy où un chef d'entreprise avait fait le tour
16:44pour avoir un devis, pour changer d'expert comptable, pour avoir un devis auprès d'autres
16:48confrères ou consoeurs et la première des questions, c'était est-ce que vous êtes
16:52capable de m'accompagner sur mon patrimoine privé ?
16:55D'accord, mais ça reste deux métiers différents, donc comment on fait dans ce cas-là ?
16:58Ça reste deux métiers complémentaires et non différents, il n'y a pas de mur entre
17:02les deux.
17:03Donc, il faut qu'il y ait un partenariat ?
17:04Donc, il faut qu'il y ait un partenariat, il faut effectivement créer ce que moi j'appelle
17:08le quatrième pôle du cabinet qui est le pôle conseil patrimonial, après le pôle
17:11comptage, gestion fiscale, le pôle social, le pôle juridique, le pôle conseil en gestion
17:17de patrimoine.
17:18Après, est-ce que c'est à l'expert comptable de s'approprier d'une façon ou d'une
17:22autre ce pôle-là ? Bien évidemment, en termes d'interlocuteur puisque c'est lui
17:26qui connaît l'origine des flux qui vont atterrir quelque part, notamment dans les
17:32domaines privés.
17:33Par contre, est-ce que c'est le technicien ?
17:35Ce n'est pas lui l'ingénieur patrimonial ?
17:37Pas forcément.
17:38Voilà.
17:39Donc, c'est une volonté de la profession parce que c'est vrai que c'est intéressant
17:42intellectuellement d'être ingénieur patrimonial.
17:45Par contre, la réalité terrain, c'est un expert comptable qui fait 25 heures par jour.
17:50Voilà.
17:51Donc, du coup, il va falloir structurer mon quatrième pôle du cabinet.
17:56Donc, est-ce que j'intègre ou est-ce que je travaille en partenariat ?
18:00Marc-Antoine Gromet, ça veut dire que de plus en plus, il va falloir développer des
18:05collaborations entre experts comptables et conseillers en gestion de patrimoine au bénéfice
18:09du client, si je comprends bien, c'est ça ?
18:10Je pense que c'est une bison qu'on partage.
18:13Vous partagez effectivement ce constat sur ces clients qui recherchent de plus en plus
18:18des cabinets qui soient capables d'aller au-delà de l'expertise qu'ils avaient initialement ?
18:21Oui.
18:22En fait, aujourd'hui, le client, ce qu'il veut, c'est du clé en main.
18:26Et en fait, on approche finalement parfois d'une mission de family office, même pour
18:30un client qui n'a pas forcément la taille patrimoniale pour relever de ce segment.
18:33C'est qu'en fait, il se dit, moi, j'ai une entreprise, c'est là que je gagne ma vie.
18:37Et en fait, ce n'est pas normal que ce qui alimente mon patrimoine privé, mon épargne,
18:44ma future retraite, ne soit pas traité de manière homogène par les gens qui sont mes
18:48conseils.
18:49Oui, bien sûr.
18:50J'arrive pas à avoir les deux en même temps.
18:52Il y a un sujet qu'on aurait déjà dû traiter et en fait, sur lequel il est, je pense, grand
18:56temps de s'en occuper.
18:57La question d'optimiser son patrimoine, de créer une holding, par exemple, elle germe
19:03à quel moment ? Elle germe dans la relation avec son expert comptable ou un peu plus tard
19:08quand on rencontre son conseiller en gestion de patrimoine ? Comment ça se fait, Frédéric
19:12Espira ?
19:13Moi, j'aurais plutôt tendance, effectivement, à dire lorsque son expert comptable, qu'il
19:21accompagne sur sa stratégie de développement, détecte le besoin soit d'une création d'une
19:26seconde holding, soit éventuellement en vue d'un apport cession.
19:30Il y a plein de raisons, donations aux enfants, etc.
19:34Mais je voulais revenir sur l'Interpro, effectivement, CGP, mais l'expert comptable a l'habitude
19:40de travailler avec avocat et notaire, peut-être un peu moins CGP parce qu'il se dit « moi,
19:45je ne connais pas le financier, je ne maîtrise pas le placement de trésorerie, donc du coup,
19:50j'ai un peu peur d'aller voir un conseiller en gestion de patrimoine et de recommander
19:55mes clients ».
19:56Ça, aujourd'hui, c'est faux parce que ça fait partie d'une intégration complète
20:02du dossier.
20:03J'ai besoin d'aller chercher des experts du patrimoine dans les différents métiers
20:08qui sont l'IAS, l'intermédiation en assurance, en financier et en immobilier.
20:14Marc-Antoine Gromet, j'imagine que ce n'est pas votre cas puisque vous êtes sur ce plateau
20:19pour parler du sujet, mais on entend parfois des conseillers en gestion de patrimoine dire
20:22« ah tiens, les experts comptables viennent sur notre secteur, ça fait encore un peu
20:26plus de concurrence ».
20:27C'est comme ça qu'il faut le voir ou il faut voir du coup vraiment le côté partenarial ?
20:31En fait, je pense que les gens qui ont ce discours méconnaissent la nature de ce qu'est
20:37un expert comptable.
20:38En fait, un expert comptable, comme l'appelle Frédéric, ils sont à l'aise avec un avocat
20:41et un notaire parce qu'ils sont entre professionnels du droit et du chiffre au sens du conseil,
20:45au sens du 1 plus 1 égale 2, au sens d'un monde qui est un peu certain.
20:49Le monde de la gestion de patrimoine est le monde de la finance, il est un stat par nature.
20:53Regardez une courbe de marché financier, il n'y a rien de plus aléatoire en termes
20:56de performance, où on pense qu'on aura une bonne et on aura une mauvaise, et après
21:00il faut savoir l'assumer.
21:01En fait, c'est ça qui peut faire peur à un expert comptable.
21:03Et en fait, un expert comptable aujourd'hui, quand il dit « je veux m'occuper du patrimonial
21:07», il va venir sur le terrain du conseil, de la réflexion, du regard complémentaire
21:12pour apporter son expertise, mais il n'ira jamais, pour être un peu facile, manger
21:18le gain de pain d'un CGP, puisqu'en fait on a une profession qui vit sur la finance
21:22et sur le placement, et en fait c'est un sujet que l'expert comptable ne souhaite
21:25pas aborder ou intégrer à son niveau.
21:28Pour compléter, au sein du cabinet d'expertise comptable, 100% de nos clients ont un besoin
21:35patrimonial.
21:37Souvent, les CGP vont intervenir sur une frange seulement de notre clientèle, 10, 15, 20%,
21:45ce qu'on appelle les clients « dits patrimoniaux ».
21:48D'accord, les plus aisés.
21:49Mais en amont, 100% de nos clients ont besoin de conseils patrimonial, notamment la prévoyance,
21:55notamment la retraite.
21:56Et tous les CGP ne vont pas forcément sur ce domaine-là.
22:00Donc, quand on parle de partenariat, on parle de partenariat au pluriel, c'est-à-dire
22:04que j'ai besoin d'un CGP expert dans son domaine financier, dans son domaine immobilier,
22:10dans son domaine assurantiel financier, c'est-à-dire un placement, un contrat de capi ou assurance
22:16vie.
22:17Mais j'ai aussi besoin de CGP ou d'assureurs sur la partie prévoyance, sur la partie retraite.
22:21Et j'ai besoin d'une notaire sur le mandat de protection future.
22:26Et de l'avocat fiscaliste sur la création de la holding, par exemple.
22:31On finira là-dessus, on a bien compris effectivement cette nécessité de partenariat entre les
22:38deux professions.
22:39Merci beaucoup Marc-Antoine Gromet, associé gérant chez Boréal Patrimoine.
22:42Merci Frédéric Espira, expert comptable et spécialiste des questions de patrimoine.
22:45Merci beaucoup.
22:46Et quand à nous, on se retrouve tout de suite dans l'Œil de l'expert.
22:53Et nous finissons cette émission avec l'Œil de l'expert, où nous avons le plaisir de
22:57retrouver comme tous les mois Régis Iancovici, fondateur et dirigeant de Luxavie.
23:01Bonjour Régis Iancovici.
23:02Bonjour Nicolas.
23:03Merci d'être avec nous, alors en duplex cette fois-ci Régis.
23:09Pour cet Œil de l'expert, vous avez fait le choix de nous dresser le cas d'investissement
23:17du Yen.
23:18Pourquoi dans l'analyse des marchés financiers avoir fait le choix de parler d'une devise
23:22Régis Iancovici ?
23:23Parce que, alors on s'était vu déjà le mois dernier, on avait parlé de diversification,
23:28on avait parlé de décorrelation pour essayer de protéger les portefeuilles de la volatilité
23:37qu'on estimait être croissante.
23:39Et c'est vrai que la zone euro est une zone intrinsèquement faible, faible au niveau économique,
23:49faible au niveau politique, des institutions qui fonctionnent difficilement, géopolitique,
23:55démographique.
23:56Donc on peut estimer naturellement qu'à moyen et long terme l'euro soit une devise
24:02faible.
24:03Alors ce n'est pas forcément négatif pour les marchés d'action puisque les exportateurs
24:08bénéficient de cette devise faible, mais en revanche ça donne sérieusement envie
24:13de diversifier géographiquement et de s'exposer à des devises.
24:17Et le Yen est un cas je trouve très intéressant, d'abord parce que personne n'en parle,
24:24ou peu de personnes n'en parlent, donc forcément ça éveille mon intérêt.
24:29Et puis souvenez-vous l'été dernier, on a un flash crack qui pousse les marchés
24:38dans une baisse de quelques jours, et on parle de carry trade,
24:44on parle de débouclement de carry trade, et le Yen est au cœur de ce carry trade.
24:47Vous vous en souvenez, je ne vais peut-être pas l'expliquer maintenant.
24:50Et donc on peut se dire qu'en cas de baisse des marchés, le Yen apportera de la performance,
24:58de la décorrélation au portefeuille.
25:01Ça veut dire que quoi ? On est sur, selon vous, une devise un peu sous-valorisée par
25:07rapport à votre vision ?
25:10Absolument.
25:11Alors c'est toujours délicat de valoriser une devise.
25:14Ce qui est intéressant, c'est de voir la différence de politique monétaire.
25:19Le patron de la BOJ, la Banque centrale japonaise, a changé il y a deux ans,
25:24et le discours est vraiment très différent.
25:27Ils sortent de la politique à taux zéro et cherchent à normaliser la politique monétaire,
25:33c'est-à-dire à faire remonter les taux d'intérêt.
25:37En plus, le contexte s'y prête, puisqu'au Japon, on a une inflation au niveau de 4%
25:43qui est au plus haut depuis plus de 30 ans.
25:45Donc c'est assez normal.
25:47En zone euro, on a certes une inflation qui est un petit peu repartie ces derniers mois,
25:53mais qui tendanciellement va aller, je pense tout de même, tangenter les 2%.
25:58Et qu'on a un endettement tel, on a des besoins malgré toutes dépenses,
26:06puisqu'on voit par exemple les dépenses en termes de défense qui doivent accélérer,
26:11donc les taux doivent être maintenus à des niveaux très bas.
26:15Donc le différentiel de taux, par exemple, entre l'Allemagne, le taux sans risque,
26:21et le Japon, est en train de fondre comme neige au soleil,
26:25et on voit que c'est extrêmement corrélé à la paire Yen-Euro.
26:29Donc non seulement on a une devise qui va nous protéger en cas de baisse des marchés,
26:33et en plus, fondamentalement, il y a un véritable attrait,
26:37puisque c'était une devise qui était, il y a quelques mois encore,
26:41au plus bas depuis plus de 35 ans.
26:44Je trouve un placement extrêmement attractif que de positionner du Yen en portefeuille aujourd'hui.
26:50Et alors justement, rapidement, comment est-ce qu'on fait, Régis Yankovici,
26:53pour positionner du Yen en portefeuille ?
26:55Alors, c'est pas si simple en fait, parce que, évidemment,
27:00quand on achète des actions, qu'on sait que le Japon est une économie extrêmement exportatrice,
27:06les exportateurs vont être pénalisés par cette hausse du Yen.
27:09Donc attention de le faire en action.
27:12Attention également de le faire en obligation,
27:15parce que si, remontez les taux, il y a, vous allez perdre,
27:19d'un côté, ce que vous allez gagner sur le Yen.
27:22Donc le moyen le plus simple,
27:25et qui est tout de même accessible quand on cherche bien quelques ETF,
27:29c'est d'acheter des emprunts à court terme, voire du monétaire,
27:32tout simplement, en Yen.
27:34Il y a également des certificats à levier sur le Yen.
27:37Attention à la liquidité, bien évidemment.
27:40Mais je crois que c'est le moyen de se positionner en ne prenant qu'un risque Yen,
27:44et pas en intégrant un autre risque dans le produit d'investissement.
27:48Merci beaucoup, Régis Yankovici, de nous avoir accompagné à distance,
27:51cette fois-ci dans Smart Patrimoine.
27:53Je rappelle que vous êtes fondateur et dirigeant de Luxavi.
27:56Merci beaucoup, et quant à nous, on se retrouve très vite sur Bsmart for Change.

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