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pays entament désormais une nouvelle phase, celle de la consolidation d’un partenariat stratégique à la fois politique et économique.
Le déplacement au Maroc de Gérard Larcher précédé par celui de Rachida Dati, s’inscrit dans cette dynamique. Le président du Sénat français évoque l'écriture d’un "nouveau chapitre parlementaire" de la relation bilatérale, avec une ambition affirmée : renforcer la coopération entre les deux pays dans des domaines stratégiques et approfondir leur partenariat en direction de l’Afrique.
Quels sont les enjeux concrets de cette relance ? Comment traduire cette nouvelle dynamique en actions durables ? Quel rôle pour la diplomatie parlementaire dans ce rapprochement ? Et surtout, comment structurer une relation solide entre Rabat et Paris dans un monde en pleine incertitude géo-économique ?

Nabil Adel, Enseignant chercheur à l'ESCA
Hicham El Bayed, Directeur du centre d'accueil, d’information, d’orientation et de carrière de l'université Hassan 1er de Settat

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Transcription
00:00Les Décodeurs d'Atlantique Matin, en ce mardi 25 février 2025, je suis ravi d'accueillir sur ce plateau Hicham Labied, à ma gauche,
00:08enseignant, professeur universitaire à l'Université Hassan Ier de Stade, professeur d'économie. Bonjour Hicham.
00:14Bonjour Adil.
00:15D'économie internationale.
00:16Oui, exactement.
00:17Pour préciser.
00:18Bonjour Nabil.
00:19Nabil Adelama-Droite, effectivement enseignant-chercheur à l'ESCA. Bonjour Nabil.
00:22Bonjour.
00:23Alors nous allons parler ce matin de deux sujets très importants. Nous allons parler des relations Maroc-France et des relations Maroc-Mauritanie,
00:28puisque l'actualité est assez riche sur ces deux questions. Vous n'êtes pas sans savoir qu'il y a eu une sorte de balai diplomatique ces derniers jours,
00:37ces dernières semaines, avec des visites de responsables français au Maroc, et notamment dans les provinces du Sud.
00:42On a eu la visite de la ministre de la Culture, Arashi Daddati, et puis le président du Sénat, Gérard Larcher, qui est arrivé ce week-end pour une visite prolongée.
00:52Il a rencontré le chef du gouvernement, Aziz Arnouch, et les deux responsables, et tous ceux qui les ont précédés, et aussi les acteurs économiques qui sont venus au Maroc,
01:01notamment pour des missions bien précises, ont tous réitéré les éléments de langage qui ont été évoqués, notamment lors de la visite du président français Emmanuel Macron.
01:11Alors, pour commencer, j'aimerais avoir votre avis par rapport à ce balai diplomatique, en l'occurrence.
01:16Est-ce qu'on est dans la continuité d'une logique d'un nouveau partenariat renouvelé entre Rabat et Paris, rien d'anormal,
01:24ou est-ce qu'il y a quand même des messages politiques et des symboles que les uns et les autres essaient d'envoyer aux uns et aux autres ?
01:31Je commence par Nabil Haddl, parce que ça fait un bout de temps qu'on n'avait plus entendu ta voix sur cette antenne. Bonjour, Nabil.
01:36Bonjour. Écoutez, balai diplomatique, on a eu la visite de deux responsables. C'est vrai que la durée est assez courte, mais on n'est pas encore dans le grand balai.
01:49Écoutez, vous savez, la politique, c'est surtout ces derniers temps, les choses s'accélèrent d'une manière considérable. Il y a à peine quelques années,
01:59un ou deux ans, on nous a invités ici pour voir pourquoi la France s'envolait au Maroc et se rapprochait d'Alger au détriment du Maroc. Maintenant, c'est l'inverse.
02:10Il faut dire que les choses s'accélèrent d'une manière assez intéressante à observer. Il faut attendre. Il faut être prudent. Il ne faut pas s'emballer.
02:19Ça, ce sont les premiers signes. Ça montre qu'il y a un rapprochement. Ce qui renforce le rapprochement, ce sont les projets concrets sur le terrain.
02:27Au-delà des déclarations des hommes politiques qui peuvent changer au gré. Demain, si le gouvernement Bayrou saute pour une raison ou pour une autre, on peut avoir une autre configuration,
02:35même si ça se situe au plus haut niveau de l'État. Mais on n'est pas à l'abri. Mais par contre, ce qui consolide les relations et qu'il est grave dans le marbre, ce sont les projets.
02:44Les projets économiques, les projets d'infrastructures. Ce qui a été fait d'ailleurs dernièrement.
02:48Aujourd'hui, quand on reçoit des visites, au-delà des phrases sympathiques qu'on peut lire ça et là. Mais quand on creuse, il n'y a rien. C'est vraiment la phrase zéologie.
03:02La parlotte.
03:03Maintenant, voilà, l'anthermiste, partenariat permanent. Il y a 2 ou 3 ans, on disait le contraire. Par contre, ce qui reste, c'est ce qu'on appelle les éléments profonds.
03:13Combien de projets, les échanges économiques, combien d'entreprises françaises viendront s'installer au Maroc ? Est-ce qu'on va faciliter au Maroc l'accès au marché français ?
03:23L'histoire des visas, l'assouplissement des visas, des choses concrètes.
03:29Justement, sur tous ces points, est-ce que vous n'avez pas senti un changement de paradigme ?
03:33Comme on dit tout soon. C'est trop tôt pour juger. C'est trop tôt pour juger pour le moment. C'est vrai, on a eu des gens qui ont visité.
03:39Mais à ma connaissance, à moins que je me trompe, on n'a pas encore parlé de grands projets.
03:44Il y a eu des engagements financiers très importants, notamment dans la province du Sud, lors de la mission économique des hommes d'affaires français.
03:49Franchement, je vous assure que si vous faites le bilan après des annonces, souvent, c'est très maigre.
03:55Oui, ça reste des mémorandums d'entente, mais l'intention y est.
03:59L'intention y est. Ce que je veux dire, c'est que pour les responsables...
04:03Vous êtes très prudent.
04:05Non, écoutez, parce qu'on a vécu ce feuilleton.
04:09Et qu'est-ce qui restait à la fin ?
04:13Ce sont des hommes d'affaires et des acteurs qui mettent de la pression sur Paris et sur Rabat pour apaiser la situation.
04:23En dehors de ça, si vous comptez que sur les hommes politiques, ils peuvent changer du jour au lendemain et vous retrouver avec une nouvelle équipe.
04:29Et puis, rebelote et on reprend le discours depuis le début.
04:33Alors, moi, je suis très ravi, effectivement, du tournant et de la tournure que prend la relation maroco-française.
04:44Effectivement, depuis la visite de M. Macron le 28-30 octobre 2024, les choses sont parties pour reprendre l'expression de M. Macron.
04:58Créer un nouveau livre dans les relations maroco-françaises.
05:00Oui, c'est ce que j'étais en train de noter, parce qu'Emmanuel Macron parlait d'un nouveau livre.
05:04Je connais toujours dans la symbolique et dans le...
05:07Oui, c'est dans la rhétorique un petit peu à la française.
05:09Alors, je parle d'un nouveau chapitre parlementaire dans le cadre du nouveau livre.
05:13Là où je suis d'accord avec Nabil, effectivement, c'est le concret qui compte après tout.
05:19Bien entendu, peut-être que c'est un peu tôt, effectivement, pour faire un bilan.
05:24Parce que la visite, comme je le disais à l'instant, de M. Macron, c'était fin octobre.
05:28Donc, on était début novembre, on est mi-février.
05:33Si on s'attends, effectivement, à ce qu'il y ait des projets français qui se sont concrétisés entre-temps,
05:39peut-être qu'il faut rappeler que les relations économiques entre le Maroc et la France, c'est des choses qui marchent très bien.
05:44Même qu'on le gèle, effectivement, diplomatiquement.
05:47Premier partenaire, premier client, deuxième fournisseur, etc.
05:50Donc, on est en termes de présence française au Maroc, en termes de création d'emplois par des sociétés françaises.
05:55N'oublions pas que quelque chose comme 150 000 emplois directs sont créés par des entreprises françaises,
05:58qui se chiffrent à quelque chose comme 1 000 entreprises.
06:01Le plus important, il me semble, c'est de conserver, effectivement, avec prudence.
06:05Et là, je suis tout à fait d'accord, la prudence est de mise.
06:08Il ne faut pas s'emballer, il ne faut pas baisser la garde,
06:11il ne faut pas s'imaginer que ça va être rose sur toute la ligne,
06:14au moindre pépin, au moindre incident diplomatique.
06:17On a vu l'histoire de Pegasus, etc.
06:19Des choses qui peuvent entacher les relations pour un moins que rien.
06:22Donc, il faut rester vigilant, mais ça reste quand même quelque chose de très symbolique
06:26et très symptomatique, justement, de la qualité des relations maroco-françaises,
06:31ne serait-ce que vis-à-vis de notre voisin d'à côté,
06:34qui a tendance à prendre ce qui s'est passé à Alessa Beba
06:40comme un moyen de semer le doute dans la diplomatie marocaine.
06:47Et ça, il me semble qu'il va falloir effectivement le prendre en compte.
06:51Gagner effectivement un poste de vice-présidente à la commission de l'IUA,
06:56de l'organisation africaine,
07:00il me semble que l'Algérie veut effectivement en faire usage pour semer le doute.
07:05Et on a vu ensemble, effectivement, un certain nombre de commentaires,
07:08un certain nombre de prises de tête vis-à-vis de la diplomatie marocaine.
07:11Je crois que là, ce qui se passe maintenant,
07:14intérêt encore une fois que ça se passe très bien au niveau de la diplomatie marocaine.
07:18Il y a forcément nécessité aussi de revoir l'écart pour aller encore plus,
07:21de façon plus agressive, on va dire,
07:24pour damer le pion sur un certain nombre de registres.
07:26Mais pour les relations maroco-françaises,
07:28pour l'instant, les grandes institutions françaises sont représentées chez nous,
07:33les ministères, effectivement, qui ont de la valeur, on va dire,
07:37et surtout les visites, j'allais dire, répétées du patronat français.
07:43Et ça, c'est important, le MEDEF, les représentants du MEDEF,
07:46souvent de délégations ou parfois du one-to-one,
07:49se fait régulièrement chez nous.
07:51Et ça, effectivement, intérêt, encore une fois, la volonté de part et d'autre,
07:55effectivement, de donner du concret à ces conditions.
07:57Je reviens rapidement sur un élément que vous avez évoqué,
07:59même si ce n'est pas le sujet du jour,
08:01mais parce que j'ai vu que ça a fait réagir Nabil Adel lorsque...
08:05Oui, lorsque...
08:07lorsque Hicham Vieth parlait du sommet de l'Union africaine,
08:10de ce qui s'est passé dernièrement entre la délégation marocaine et algérienne.
08:13Je vous ai vu réagir, pourquoi ?
08:15Expliquez-moi.
08:16Pour moi, c'est un non-événement. Franchement, c'est un non-événement.
08:18Ce n'est pas un petit revers quand même diplomatique ?
08:20Non, quand même, franchement.
08:22Je n'ai pas dit que c'est un revers.
08:24J'ai dit que l'Algérie a cherché à exploiter ça pour semer la dizaine.
08:28Je voulais donner la parole à Nabil pour voir un petit peu pourquoi ça a fait un petit peu réagir.
08:32Moi qui suis d'ordinaire assez critique.
08:34C'est vrai, c'est le moins que l'on puisse dire.
08:36Mais pour moi, c'est un non-événement.
08:38Franchement, si c'était un autre pays que l'Algérie, on n'en aurait même pas parlé.
08:42Ce n'est pas catastrophique, mais c'est un petit revers quand même.
08:44Franchement, qu'est-ce que ça change ?
08:48Pas grand-chose.
08:50En fait, dans le fond, si c'était contre un Tunisien ou une Égyptienne ou un Camerounais, c'est pour ça.
08:58Il y a le fond des choses.
09:01Il y a l'emballage médiatique qu'on leur donne.
09:04Maintenant, qu'est-ce que ça représente comme revers sur la position du Maroc au sein de l'instance africaine ?
09:11Pas grand-chose.
09:12Ça reste un poste administratif qui pourrait être utilisé à des fins hostiles au Maroc.
09:18Non, non, non.
09:20C'est pour ça qu'on en parle.
09:22Le Maroc n'est pas aussi fragile que ça pour qu'un poste le déstabilise.
09:27Mais par contre, ce que j'en retiens et je rejoins ce que dit Sidi Chabab.
09:32C'est un moyen de repartir.
09:34Qu'est-ce qui s'est passé ?
09:35Pourquoi des pays sur lesquels on comptait n'ont pas voté pour nous ?
09:39Est-ce que ce sont de véritables...
09:41Mais c'est une leçon à apprendre.
09:43Et puis après, on passe à autre chose.
09:45Alors ça, c'est une petite parenthèse.
09:46Ce n'est pas le sujet du jour.
09:47Mais je reviens à la question de la relation France-Maroc, notamment en Afrique.
09:51Parce que Gérard Larcher l'a évoqué hier.
09:53Et lorsqu'on écoute les responsables français parler de cette relation entre Rabat et Paris,
09:58dans leur tête, sur le volet économique, c'est très clair.
10:01Le Maroc, grâce à ses atouts et son ancrage africain et panafricain,
10:06doit être un relais pour les ambitions, entre guillemets, de la France en Afrique subsaharienne.
10:13Et la question que je vous l'avais posée avant de rentrer dans le studio,
10:17je n'ai pas eu la réponse, mais je vous ai dit de garder la réponse pour nos auditeurs.
10:22Est-ce qu'on a forcément, avec nos amis français, des intérêts convergents, communs, en Afrique subsaharienne ?
10:28Ou est-ce qu'on a peut-être des ambitions et des intérêts divergents ?
10:33Alors, la question que vous posez, le Maroc n'est le relais de personne.
10:39Ni en Afrique, ni ailleurs.
10:41Le Maroc a son propre agenda, sa propre stratégie.
10:44Si ça rentre en complémentarité avec certains acteurs, pourquoi pas.
10:48Mais nous ne sommes pas là pour faciliter l'accès de la France à des pays africains.
10:53Si c'est ça votre question.
10:55Ce n'est pas péjoratif dans ma bouche.
10:57Parce que ça dépend comment on présente la chose.
11:00Vous savez, quand certaines entreprises viennent s'installer au Maroc,
11:03c'est pour faire de la plateforme marocaine un hub ou un relais pour d'autres marchés.
11:09Pas en Afrique subsaharienne.
11:10En fait, l'idée ici, c'est quoi ?
11:12C'est que la France garde sa position en France, en Afrique.
11:18Pourquoi ?
11:19D'un point de vue économique, nous ne sommes pas sur les mêmes créneaux.
11:22Nous, on ne vend pas ce que les Français vendent.
11:25Nous ne vendons pas des centrales nucléaires, nous ne vendons pas des Rafales,
11:28nous ne vendons pas des grands projets d'infrastructures.
11:30Et puis, ce que nous vendons en Afrique, ça intéresse quelques PME français,
11:34mais ce n'est pas l'Allemagne et la France qui sont en train de se concurrencer sur un marché.
11:39Effectivement, il peut y avoir complémentarité sur un certain nombre de sujets.
11:43Maintenant, je pense que la vision de la France ne se situe pas dans ce cadre.
11:49La France a compris que quelque chose se jouait sur la façade atlantique.
11:54Elle a compris qu'il y a quelque chose qui bougeait sur l'axe,
11:58avec l'entrée des Emiratis, avec la reconnaissance par Donald Trump déjà en 2020,
12:05la précipitation de l'Espagne, l'Allemagne.
12:08Donc, ils ont compris que quelque chose se jouait dans cette partie du monde
12:13et qu'ils ne voulaient pas être les derniers de la classe.
12:16Et que surtout, le Maroc allait être un acteur clé.
12:18Non, ce n'est pas ça.
12:19Chez nous, nous sommes les maîtres des clés.
12:23Donc aujourd'hui, venir avec un pas en retard par rapport à l'Espagne,
12:28par rapport aux États-Unis ou à l'Allemagne, n'était pas dans l'intérêt des Français.
12:35Macron devait gérer la crise avec l'Algérie parce qu'il savait qu'elle allait avoir une réaction.
12:42Il la gère toujours d'ailleurs.
12:43Il la gère toujours, mais pour lui, ça en vaut la peine.
12:47Pourquoi ?
12:48Macron a fait de la réconciliation avec l'Algérie
12:53un axe fondamental de sa politique étrangère du mois maghrébine,
12:56du temps où il était candidat en 2017.
13:00Il a parlé des crimes de la colonisation.
13:02Il s'est rendu à Alger étant candidat.
13:05Avec les résultats qu'on connaît.
13:06Et voilà.
13:07Et avec les résultats qu'on connaît,
13:09et beaucoup d'observateurs fins de la politique étrangère française lui ont dit
13:15ne vous engouffrez pas dans cette brèche.
13:18Vous n'allez rien obtenir.
13:19On a essayé avant vous et ça ne donne rien.
13:21C'est très ancré.
13:22Et c'est un élément que le pouvoir algérien joue dans sa politique extérieure.
13:25Vous n'allez rien en tirer.
13:26C'est pour ça qu'il y a eu ce virage vers le Maroc qui est beaucoup plus pragmatique
13:29et beaucoup plus terre-à-terre.
13:31Je vous donne la parole après le journal.
13:33C'est Morad Bava qui nous a rejoint pour le journal de 9h.
13:37Nous, on se retrouve juste après pour la suite du débat.
13:39A tout de suite.
13:41La suite des décodeurs d'Atlantique Matin, toujours avec Nabil Adel et Hicham Le Biaud.
13:46Nous sommes ensemble jusqu'à 9h30 et on parle ce matin en premier sujet des relations Maroc-France.
13:52Je vous ai posé la question à Nabil Adel juste avant le journal sur cette ambition commune peut-être
13:59et du Maroc et de la France en Afrique.
14:02Et la question que je voulais vous poser, justement, c'est de savoir si effectivement,
14:08il y a des intérêts convergents, des intérêts divergents entre Rabat et Paris.
14:13Donc, je vous repose la question à Hicham Le Biaud.
14:15Qu'est-ce que vous en pensez ?
14:16Est-ce qu'on est dans la convergence des intérêts ou dans la divergence peut-être de certains intérêts ?
14:22Alors, pour ce que vous avez avancé tout à l'heure en parlant de relais,
14:27l'idée effectivement qui m'est arrodée depuis tout à l'heure, c'est que le principe,
14:31c'est d'aller vers une forme de co-branding, de co-développement.
14:36D'ailleurs, à chaque fois qu'on parle de la France ou de l'Espagne vis-à-vis du Maroc,
14:40ça a toujours été cette histoire, effectivement, de changer un petit peu le visage des pôles,
14:44de partir sur de nouvelles modalités, un nouveau paradigme, comme vous le disiez tout à l'heure,
14:48dans les relations maroco-française ou maroco-espagnole.
14:52Pour l'Afrique, il me semble, et je suis tout à fait d'accord avec ce que disait Nabil,
14:55effectivement, on n'est pas sur le même domaine stratégique, on va dire,
14:59en termes de spécialisation internationale, en termes de positionnement.
15:03Ceci n'empêche, effectivement, que les entrées que le Maroc a en Afrique
15:06et les nécessités pour la France de redorer son blason,
15:09parce que n'oublions pas, effectivement, que l'image de la France a beaucoup terni ces dernières années,
15:13et il fallait, effectivement, trouver le moyen, une espèce de cheval de Troie
15:16pour pouvoir repartir à la reconquête, effectivement, de l'Afrique.
15:20Et le Maroc se présente, effectivement, comme un bon support, justement,
15:24de cette reconquête que la France cherche.
15:29Je disais que le principe du co-branding ou co-développement
15:34me semble tout à fait aller dans une approche win-win entre le Maroc et la France
15:39pour aller, effectivement, vers l'Afrique.
15:41Des projets dans les énergies renouvelables, des projets dans l'infrastructure,
15:45des projets, effectivement, dans le mobile buy-in banking, etc.
15:50Donc, le développement de l'innovation, de l'intelligence artificielle,
15:54effectivement, des projets qui pourraient intéresser et le Maroc et la France
15:57pour, effectivement, vers l'Afrique.
15:59Maintenant, revenons sur le territoire marocain qui nous intéresse au plus haut niveau.
16:04Il me semble que la tournure que prend, effectivement, les relations maroco-françaises
16:09augure de très belles choses.
16:12Mais, avec Nabil tout à l'heure en off, on le disait,
16:15ce qu'il reste, c'est du concret, le concret,
16:18et il faut qu'on ait, effectivement, à le concrétiser le plus tôt possible.
16:21N'oublions pas, effectivement, que les choses peuvent changer à mes parcours.
16:25Des ministres peuvent partir, des gouvernements peuvent partir.
16:28Même un président, il est en partance en 2027.
16:33Macron, il va quitter.
16:35Donc, il faut qu'on soit encore plus agressif, encore plus exigeant, on va dire,
16:40des Français pour qu'on puisse, effectivement, donner du sens,
16:43donner, effectivement, du concret à travers ces déclarations d'intention.
16:47Et, bien entendu, les chantiers qui nous attendent par rapport à la Coupe du monde 2030,
16:55semblent être, justement, cette façon d'accélérer un petit peu le processus
16:59et de pousser les Français à rester, j'allais dire, égaux à eux-mêmes
17:05par rapport à un discours vrai, authentique vis-à-vis de Maroc.
17:08Il ne faut pas, à chaque fois qu'on change, effectivement, de symphonie au canton,
17:12dont la cacophonie, il faut que les Français comprennent
17:15que la position du Maroc ne va pas changer
17:17et que le prix, effectivement, qui a été présenté par Sa Majesté,
17:22doit rester, justement, cette ligne directive incontestable.
17:26Justement, en parlant de prisme, vous semblez aller converger vers une seule et même conclusion,
17:33à savoir que ce qui compte, effectivement, ce sont les projets concrets.
17:36Les déclarations d'intention et les déclarations des politiques sont ce qu'elles sont, des déclarations.
17:42Mais, justement, en revenant à cette question du prisme,
17:45le politique, il est là pour être au service de l'économique.
17:50Et dans ce sens, côté marocain, il y a la question, en tout cas, du prisme du Sahara
17:55qui conditionne tout le reste.
17:57Et côté français, est-ce que vous ne voyez pas, justement,
18:00que les déclarations des uns et des autres, celles d'Emmanuel Macron
18:03et des autres responsables politiques,
18:05sont là aussi pour donner une garantie aux acteurs économiques,
18:08pour donner le là à une vision, à une politique économique longtermiste.
18:12Nabil Adel.
18:14Comme disait Jacques Chirac,
18:17il a dit plein de choses.
18:19Les engagements, les promesses,
18:22que ceux qui y croient, pas ceux qui les donnent.
18:25Donc, c'est une bonne chose.
18:26C'est un bon départ de commencer par des déclarations positives.
18:30Maintenant, encore une fois, nous sommes à l'échelle d'État.
18:33À l'échelle d'État, vous avez des contingences,
18:37vous avez des obligations réciproques.
18:39Et nous, on ne va pas se focaliser sur l'histoire ou le devoir mémoriel ou autre.
18:43Non, nous, nous voulons du projet, nous voulons de l'avenir.
18:46La France peut aider dans ce sens.
18:48La France a une grande expérience,
18:49notamment pour tout ce qui est infrastructure,
18:51des grands événements sportifs.
18:53Elle peut donner un coup de main pour le Maroc.
18:55Le Maroc a une grande expérience sécuritaire.
18:57Donc, ce sont autour de ces sujets qu'il faut discuter.
18:59Qu'est-ce que je vous donne et qu'est-ce que vous me donnez ?
19:01Quels sont les concessions que vous faites ici ?
19:03Quelles sont les concessions que je fais là ?
19:04Pour faire avancer le partenariat.
19:06Nous ne sommes pas sur des pays de même taille en matière économique,
19:09mais où il y a des choses intéressantes à faire.
19:13Mais la puissance, si je peux me permettre,
19:15elle peut prendre différentes formes.
19:17Je parle économique.
19:18Oui, je sais.
19:19Si vous n'avez pas la puissance économique,
19:20vous pouvez avoir la puissance en termes d'influence,
19:22notamment sur le continent africain.
19:23C'est ce que j'ai dit.
19:25Je n'ai pas dit que vous ne l'avez pas dit.
19:27D'un point de vue économique,
19:29nous ne sommes pas sur les mêmes tailles.
19:31Mais cela dit, il y a des choses
19:33où la France peut aider le Maroc à accélérer son développement.
19:37Et donc, c'est autour de ça que les discussions doivent se cristalliser.
19:40C'est-à-dire des projets concrets
19:42avec des timelines,
19:44avec des objectifs concrets,
19:46avec des livrables mesurables.
19:48Maintenant, ça n'empêche pas qu'il y ait des déclarations.
19:51C'est le propre du politique.
19:52Il donne une vision.
19:53Le politique n'est pas un chef d'entreprise.
19:55Il ne va pas vous donner des programmes.
19:57Ça, il appartient aux technostructures des deux pays
20:00de mettre en œuvre tout cela.
20:02Mais il faut que les politiques veillent à ce que ça se fasse.
20:04Au-delà des déclarations qui tracent un projet, une vision,
20:07il faut qu'ils veillent à ce qu'entre deux visites,
20:10qu'est-ce qui a avancé,
20:11qu'est-ce qui n'a pas été fait pour qu'on le fasse.
20:13On va marquer une toute petite pause.
20:14Karim Drôné pour les infos.
20:15Et on se retrouve pour, non pas la suite du débat sur le même sujet,
20:18mais on va parler des relations entre le Maroc et la Mauritanie.
20:20Parce que là aussi, il y a pas mal de choses qui se passent
20:22et qui nous intéressent.
20:23A tout de suite.
20:26Côte d'Or d'Atlantique, matin.
20:27Toujours avec Hicham Lebiod et Nabil Haïdel.
20:29On passe au deuxième sujet programmé aujourd'hui.
20:31Nous allons parler des relations entre le Maroc et la Mauritanie.
20:34Parce qu'il y a eu pas mal de développement,
20:36j'allais dire ces dernières heures, ces derniers jours,
20:38mais aussi ces dernières semaines.
20:40De la visite du président mauritanien au Maroc,
20:42qui a été reçue à Casablanca, il me semble,
20:45par Sa Majesté le roi Mohamed VI.
20:47Et puis, ce qu'on a appris dernièrement,
20:49c'est qu'une nouvelle liaison terrestre
20:52allait bientôt être livrée, opérationnelle.
20:55Une route reliant la ville de Smara,
20:58la frontière mauritanienne, via Amgala et Tifarity.
21:01On est à un taux d'avancement de 95%.
21:04Et le projet est prévu d'être livré pour 2025.
21:08Pourquoi on en parle ?
21:09Et pourquoi c'est une infrastructure ou un projet important ?
21:12Parce que, forcément, ça implique le voisin algérien
21:16et surtout les séparatistes du Poulois-Ariau.
21:18Et ça rentre dans une nouvelle logique entre Rabat et Nouakchott,
21:22qui est de consolider les relations,
21:24ce qu'ils sont depuis pas mal d'années.
21:27Et ça nous renvoie aussi à des interrogations.
21:31On peut imaginer, facilement imaginer,
21:34que du côté de l'Est et du côté des séparatistes,
21:38on voit d'un mauvais oeil ce rapprochement géostratégique
21:41très important entre le Maroc et la Mauritanie.
21:43Et la question que j'ai envie de vous poser,
21:46pour commencer, Nabila Adel,
21:47est-ce qu'on doit s'attendre à une réaction
21:50de la part des séparatistes du Pôle-Isario
21:53et de l'Algérie, bien évidemment, qui est derrière ?
21:57Comme ce qu'on avait vu, par exemple,
22:00on se souvient des épisodes de Gergaret en 2020, il me semble.
22:03Est-ce qu'il y a un risque que cela se reproduise ?
22:06Ou est-ce que, on va le dire comme ça,
22:09la leçon a été bien donnée et bien comprise en 2020 ?
22:13En fait, quand on a à côté un régime instable,
22:18et je parle émotionnellement, qui réagit.
22:20On a vu le chapitre avec l'Espagne,
22:22ils ont fait tout un...
22:23Avec la France aussi, l'écrivain.
22:25Maintenant, ils sont revenus avec l'Espagne.
22:27Maintenant, ils cherchent à améliorer leurs relations.
22:31C'est une décision qui est extrêmement réactive.
22:36Épidermique.
22:37Épidermique, on ne mesure pas.
22:39Donc, on n'est pas à l'abri.
22:40On n'est pas à l'abri d'une réaction imprudente.
22:43Maintenant, cela dit, deux choses ont changé.
22:46La première, c'est que Gergaret,
22:49ils ont mal calculé leur coût
22:51et du coup, le Maroc a récupéré définitivement.
22:53Il a scellé ce problème.
22:55Si maintenant, ils s'avisent à faire la même chose,
22:58ce sera la zone tampon.
22:59Et on n'en parle plus.
23:00Ce sera quoi ?
23:01La zone tampon.
23:02Le Maroc peut rentrer dans la zone tampon.
23:05Et on n'en parle plus.
23:06Le risque est d'autant plus grand que cette route,
23:09cette nouvelle route terrestre reliant le Maroc et la Mauritanie
23:12se trouve à l'intérieur des terres
23:13et plus proche de la fameuse zone tampon
23:16et de la frontière aussi avec l'Algérie.
23:18En tout cas, je pense que le message de Gergaret a été envoyé.
23:20Et on a vu les réactions en chaîne qui ont suivi le Gergaret,
23:25la reconnaissance américaine.
23:26Tout ça vient de ce point de Gergaret.
23:28Donc, si maintenant, ils n'ont pas retenu la leçon,
23:32ça peut être l'occasion pour le Maroc,
23:35si jamais il s'avise à faire un acte imprudent,
23:38de récupérer la zone tampon.
23:40Et on n'en parle plus parce que dans ce cas,
23:41ils seront dans une position d'agresseurs.
23:43Pourquoi ce genre d'infrastructure est important ?
23:46Vous savez, le monde vit par le commerce.
23:50Et vous pouvez toucher beaucoup de choses.
23:54On vous laissera tranquille, mais pas le commerce.
23:57D'ailleurs, si le Maroc a réussi à montrer à la communauté internationale
24:01que le Gergaret, c'est une opération propre,
24:03c'est parce qu'elle a bloqué le commerce entre l'Europe et l'Afrique.
24:07Maintenant, nous sommes dans une dimension
24:09où il faut intégrer davantage l'Afrique au réseau du commerce mondial.
24:13Notamment les pays du Sahel.
24:14Les pays du Sahel.
24:15Donc, ces projets-là rentrent dans cette dynamique.
24:18On ne va pas laisser un ramassis de 300, 400 bonhommes
24:23venir mettre la zizanie dans un projet stratégique et important pour le continent.
24:27Même l'Union africaine devrait prendre ses responsabilités
24:30parce que le Maroc désenclave.
24:32Il ne peut pas permettre ce genre de comportement.
24:34Ce sont des projets dans l'intérêt des communautés.
24:38Ça va créer beaucoup d'opportunités de commerce.
24:41Qui dit commerce ?
24:42Des emplois, des sorties de la précarité.
24:45Donc, ce sont des projets qui sont grands et structurants.
24:47Maintenant, si certaines parties,
24:49et je parle de l'Algérie et du Polisario,
24:51ont des calculs qui sont les leurs,
24:54ils devront en assumer les conséquences.
24:58Hicham, l'importance géostratégique, géoéconomique de cette nouvelle route terrestre
25:03qui sera bientôt ouverte entre le Maroc et la Mauritanie
25:06et puis les risques aussi qui peuvent survenir à l'avenir ?
25:09La Mauritanie est une carte incontournable pour le Maroc
25:13dont la gestion du dossier du Sahara marocain.
25:18Les relations maroco-mauritaniennes ne sont plus à démontrer
25:24en termes d'intérêt, en termes de volume,
25:26on va dire en termes de croissance.
25:28Je reviens tout à l'heure sur un autre aspect
25:30qu'on n'a pas abordé tout à l'heure dans les relations maroco-françaises
25:33par rapport à la diplomatie.
25:35Mais sur ce qui est de l'ouverture d'une deuxième antenne,
25:40ça rentre bien entendu dans la stratégie afro-atlantique
25:44et donc c'est par sa majesté.
25:46Et aussi pour serrer les tons, on va dire, sur le Polisario
25:49et pratiquement jouer la carte du fait accompli
25:53que le Maroc cherche effectivement à mettre en œuvre
25:56pour justement donner licence à cette vision sur l'Atlantique.
26:02Ce qu'on pourrait aussi rajouter par rapport à
26:07la volonté effectivement de la Mauritanie
26:09parce qu'à un moment donné la Mauritanie n'était pas très stable,
26:12on va dire, n'était pas très prévisible
26:14en termes de position vis-à-vis du Sahara marocain.
26:16Elle était un coup avec l'Algérie,
26:18un coup elle nous fait un faussemblant
26:20d'être effectivement du côté marocain.
26:22Mais là, la stratégie de sa majesté,
26:25c'est pour mettre effectivement la Mauritanie devant le fait accompli.
26:28Le fait que le président méritanien vienne au Maroc,
26:31rencontre sa majesté
26:33et s'inscrive justement,
26:35n'oublions pas entre temps,
26:37la visite de sa majesté aux Emirats Arabes Unis.
26:39Ça aussi c'est des épisodes effectivement
26:42dans un grand feuilleton
26:44qui démontre effectivement de cette stratégie,
26:47de cette grande stratégie effectivement afro-atlantique
26:50avec des investissements qui arrivent,
26:52avec effectivement des ouvertures à l'international,
26:54avec aussi l'implication de la communauté internationale
26:56avec la vision du Maroc.
26:57Dire effectivement qu'on ne se sent pas dans une vision militaire,
27:00et ça on ne le dit pas assez,
27:01le Maroc n'a pas peur du militaire.
27:03Le Maroc il a une armée qui est capable
27:05d'aller vers une confrontation.
27:07J'ai une question à vous poser en lien avec cette infrastructure
27:11dont on parle aujourd'hui
27:12et surtout en lien avec le projet
27:16de désenclavement des pays du Sahel.
27:19On parle du Mali, du Nigeria, du Burkina Faso.
27:21Alors tous ces grands projets,
27:23ces grands chantiers géostratégiques,
27:26est-ce qu'ils rentrent effectivement
27:28dans le cadre d'une vision
27:32non pas économique mais surtout diplomatique ?
27:35Autrement dit, est-ce qu'à travers l'économie
27:37et les projets économiques sur le très très long terme,
27:39on essaie d'avoir des gains sur le volet diplomatique
27:42et d'étouffer ceux qui nous veulent du mal,
27:45en l'occurrence l'Algérie et le Polysario ?
27:48Parce que, in fine,
27:49tous les autres pays concernés de la région
27:52voient bel et bien que d'un côté vous avez des projets
27:55qui se projettent vers l'avenir
27:56et vers l'intérêt des populations et du bien commun,
27:59et de l'autre vous avez un discours dépassé
28:02qui est guerrier,
28:04qui n'augure rien de bien.
28:07Est-ce que les projets économiques sont au service
28:10surtout d'une vision diplomatique à long terme ?
28:13L'Afrique a besoin de projets économiques d'envergure.
28:18L'Afrique a besoin de changer de fusil d'épaule,
28:21comme je le disais tout à l'heure.
28:24L'Afrique se targue d'un certain nombre d'atouts,
28:27une jeunesse effectivement qu'on veut,
28:30une Afrique qui demande aussi une révision
28:34de son mode de gouvernance.
28:36N'oublions pas que le Maroc cherche effectivement
28:39à jouer la carte des mains propres au niveau de l'Afrique
28:42pour montrer que nous sommes sur une approche nouvelle
28:45par rapport à l'Afrique,
28:46sur une approche de construction,
28:48de co-construction avec les Africains,
28:50et surtout montrer les limites
28:54de l'approche algérienne,
28:56parce qu'on le veille ou pas,
28:57c'est comme ça que ça fonctionne.
28:59On est en concurrence avec,
29:00on est dans une espèce de parasitisme algérien
29:03par rapport à ce que nous faisons.
29:05Je ne dirais pas qu'on soit en concurrence,
29:07on se défend,
29:08parce qu'être en concurrence,
29:09c'est déjà donner du crédit à la...
29:11Non, en concurrence dans le sens effectivement,
29:13ce pouvoir de nuisance des Algériens
29:15nous apporte du tort,
29:17et nous sommes obligés effectivement
29:19d'aller chercher d'autres leviers
29:21pour pouvoir faire avancer la chose.
29:23Et le levier économique,
29:24comme ça a été le cas pour la France,
29:27puisque n'oublions pas que c'est les intérêts économiques
29:29qui ont poussé effectivement vers
29:31des intérêts diplomatiques et politiques
29:33pour changer effectivement la carte avec la France.
29:35Nabil Hadr.
29:36Même question ?
29:37Oui, même question.
29:39Aujourd'hui, le sujet est très simple.
29:41Le Maroc est en train de gérer
29:43la fin de ce conflit,
29:45d'une manière à préserver à la région
29:49un conflit armé.
29:51La succession des reconnaissances
29:55met l'Algérie dans une position très inconfortable
29:58parce qu'elle devra rendre compte
30:00de sa gestion de ce dossier
30:01pendant un demi-siècle.
30:02Et tout l'argent qu'il y a mis.
30:04L'un des éléments sur lesquels le Maroc s'est appuyé,
30:07c'est l'élément économique
30:08et c'est l'élément infrastructurel.
30:09C'est-à-dire de grands projets
30:11qui rendent tout retour en arrière impossible.
30:16Et donc aujourd'hui,
30:17ils continuent avec des projets,
30:19de grands projets.
30:20Attention, le projet de façade atlantique,
30:22c'est un énorme projet.
30:23Le gazoduc, c'est un énorme projet.
30:25Ça s'inscrit sur le très long terme.
30:27Le gazoduc, on parle de 25 milliards de dollars quand même.
30:30Au minimum.
30:31Ce sont des projets énormes.
30:33Mais ce sont des projets qui changent
30:35au moins le côté ouest de l'Afrique
30:37pour une longue période.
30:39Et donc, beaucoup de grandes puissances
30:42voient que ça, c'est une voie d'avenir.
30:45Il n'y a aucun retour en arrière.
30:47Et donc, l'élément économique,
30:49c'est l'élément qui a scellé ce dossier
30:53et qui continuera à le faire.
30:55Plus le Maroc viendra avec des projets concrets,
30:58et là, je me réjouis du chiffre que vous avez avancé.
31:01Ça a été communiqué.
31:02Là, on avance des chiffres.
31:0395% ça a été réalisé.
31:05Et je pense qu'une autre, c'est 88%.
31:07C'est éminent.
31:08L'infrastructure est quasiment terminée.
31:10Au-delà du fait qu'elle soit terminée,
31:12on annonce des chiffres.
31:14C'est concret.
31:15C'est pas que des déclarations.
31:17Je pense que l'Algérie a annoncé une route concurrente
31:20ça fait je sais pas combien d'années.
31:22On n'a pas d'éléments concrets.
31:24Donc, ces éléments, d'abord,
31:25renforcent la crédibilité du Maroc.
31:27C'est assez intéressant.
31:28C'est un acteur qui dit ce qu'il fait, fait ce qu'il dit.
31:32Et deuxièmement, il vient à chaque fois avec de nouveaux projets.
31:35Le gazoduc, la façade atlantique,
31:37le grand développement des ports sur Dakhla
31:40et j'espère sur le Gouéra.
31:44Des projets d'abord qui intéressent beaucoup d'acteurs
31:47parce qu'ils voient de l'argent à gagner.
31:49Et puis, ma foi, ça permet aux populations locales
31:53de sortir d'une logique de confrontation éternelle
31:56pour entrer dans une logique de développement et de prospérité.
31:59Plus le Maroc accentue des projets comme ça,
32:04plus il met sur la table des projets,
32:06et pas que des projets,
32:07des projets comme il faut les faire,
32:09c'est-à-dire planifier, financer, réaliser.
32:13Donc là, ça renforce la crédibilité
32:16et puis ça permet à davantage d'acteurs
32:19de ne pas vouloir rater le train
32:21et je pense que demain le Nigeria va venir.
32:23Je pense que le Kenya est en train de bouger dans ce sens.
32:26Donc, ils ne voudront pas passer à côté de l'opportunité historique.
32:29Merci beaucoup, Nabil Adel.
32:30Merci, Hicham El Abid.
32:31La discussion a été passionnante et très intéressante,
32:34comme elle l'est d'ailleurs toujours avec vous.
32:36Je vous souhaite une excellente fin de journée.
32:37Je vous dis à bientôt.
32:38Ramadan Moubarak, Saïd, par avance, vous deux.
32:41Karim Dranil, il revient dans quelques instants
32:43pour le journal de 9h30.

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