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00:00Mais pour commencer, c'est un fait d'hiver qui a déchiré le pays, le meurtre du jeune Thomas à la sortie d'un bal à Crépole dans l'Indrome en novembre 2023.
00:07Les parents de Thomas réagissent ce matin à la publication, la semaine dernière, du livre Enquête une nuit en France.
00:14Ils sont bouleversés. Alors avant d'en parler, on va écouter Emmanuelle Plass, présidente de l'association des victimes du bal de Crépole qui dénonce une réécriture du réel.
00:23Je ne sais pas ce que ces gens cherchent. Tout ce qui est sûr, c'est que ce qu'ils racontent, ce n'est pas la réalité des faits.
00:33Ce n'est pas ce qu'on a vécu, nous, de toute façon. Ces gens-là sont venus, ils sont venus pour foutre le bazar, ça c'est sûr.
00:43Là, maintenant, il y a des témoignages, donc il y a quand même neuf témoignages qui disent qu'il y a des insultes.
00:47Ce n'est même pas des insultes, c'est-à-dire qu'on vient tuer du blanc. Maintenant, il faut arrêter de faire croire aux gens que ce n'est pas vrai.
00:55Bonne manière.
00:56Écoutez, je suis la promotion et la tournée promotionnelle de ce livre depuis le début et je dois vous avouer que je suis un peu mal à l'aise, un peu choqué
01:04par ce qu'en disent ces auteurs par rapport au drame absolu qui a touché Thomas.
01:10D'abord, sur la démarche, écrire tout un livre dans lequel on a l'impression qu'ils essaient, si ce n'est de minimiser en tout cas...
01:18Ils dénoncent l'emballement médiatico-politico-judiciaire.
01:21C'est déjà un peu suspect, si vous voulez. Il y a un pauvre gamin qui est mort de coups de couteau et voilà que ces gens-là s'emploient précisément à essayer de déconstruire tout, à sur-enquêter.
01:31Déjà, je ne comprends pas la démarche, je m'étonne un peu. Ensuite, eux, ils invoquent effectivement la sacro-sainte lutte, la croisade contre l'extrême droite.
01:39Je ne vois pas très bien ce que l'extrême droite vient faire dans la mort de cet enfant.
01:42En revanche, je vois bien avec quels ailes ils s'emploient à minimiser le crime qui s'est produit, à détourner les choses, à nous expliquer que les gens qui sont venus là, les voyous, les délinquants, les meurtriers de Thomas,
01:56sont venus pour faire la fête, simplement. On vient faire la fête avec des couteaux, maintenant, parce qu'ils étaient munis de couteaux.
02:02Je ne sais pas, moi, je ne suis jamais allé en discothèque avec un couteau sur moi. C'est déjà une première chose un peu bizarre de cette enquête.
02:08Ensuite, ils écartent la thèse du racisme anti-blanc, alors même qu'il y a neuf témoins qui relatent des insultes à caractère raciste contre les Blancs.
02:18Donc, si vous voulez, quand je vois la façon dont ils font la promotion de leurs livres et le peu de décence qu'ils ont à l'égard de cette victime,
02:27moi, j'avoue que je suis mal à l'aise et choqué et que je comprends que des proches de Thomas ou que des associations de victimes ou d'entourages de victimes
02:38soient heurtés par rapport à la conduite de ces auteurs, dont je trouve que, d'ailleurs, les arguments respirent fort le militantisme et la désapprobation même du concept de racisme anti-blanc.
02:49Alors même que le procès n'a pas eu lieu, on le rappelle, l'instruction est toujours en cours. D'ailleurs, Maître Faréli, l'avocat des parents, dit que ce livre a les traits d'une plaidoirie avant l'heure.
02:58Oui, mais je pense que c'est ça qui est peut-être le plus choquant et qui explique l'émotion vive de la famille.
03:04Qui était très discrète jusque-là, donc, pour qu'ils prennent la parole à travers ce communiqué.
03:08Qui, d'ailleurs, n'est pas en première ligne pour exprimer cette émotion qui, finalement, laisse leur avocat s'exprimer, exprimer leur colère parce que c'est de ça, moi, je pense qu'il y a une double douleur pour cette famille.
03:22Ils sont déjà victimes, une première fois, de cette tragédie atroce qui a fait qu'ils ont perdu leur fils.
03:27Et maintenant, ils sont victimes d'une sorte d'acharnement à vouloir faire de cette tragédie un simple fait divers.
03:38Je pense que, comme beaucoup de familles de victimes, et nous avons souvent interrogé au JLD, ils sont plus qu'agacés à l'idée qu'on veuille résumer ces drames qui, souvent, dépassent la simple tragédie, la simple perte d'un proche.
03:56Mais qui dit quelque chose de notre société et ils veulent dire, nous ne sommes pas des faits divers.
04:01Ils ne veulent pas être réduits à ça et c'est très exactement ce que fait ce livre.
04:05Ce livre, c'est le récit d'un fait divers banal, alors même, et tout le monde, et l'émotion qui a saisi la France a compris que c'était bien davantage qu'un simple fait divers.
04:17Et avec une réécriture du réel qui a aussi interpellé Pascal Praud, je vous propose de l'écouter, c'était ce matin.
04:23Ils sont dans l'incompréhension à cause de nombreux passages très gênants, disent les parents de Thomas, parce qu'ils tendent à banaliser le port d'armes, la violence meurtrière, l'omerta et la victimisation des mises en cause.
04:35Le temps n'est pas celui des livres, des romans, des interprétations des uns et des autres, mais celui de la justice qui doit être respecté par tous.
04:41Respecter le temps judiciaire, c'est respecter Thomas.
04:44Mais cette parole-là, elle ne vient pas dans l'espace médiatique, parce qu'il faut réécrire Crépole.
04:49Il faut réécrire Crépole, il ne faut pas que ce qui s'est passé, ce soit passé.
04:54Oui, Paul Melun sur la réécriture.
04:57En tout cas, quand on regarde un peu leur œuvre, ce ne sont pas des journalistes, ce sont aussi des militants.
05:04Des militants qui considèrent que le racisme anti-blanc n'existe pas.
05:07Alors le journaliste du Parisien, qui est un journaliste de police-justice d'ailleurs, de QGIS, il est dans un autre rôle là.
05:14Oui, ils sont dans un rôle, si vous voulez, de déconstruction des faits, dans lequel effectivement, ils s'improvisent procureurs, alors que ce n'est pas leur rôle.
05:22Ils s'improvisent juges, ils nous expliquent qu'ils rendent les bons et les mauvais points sur cette affaire, qu'ils sont les seuls à détenir la vérité.
05:28Et que tous ceux qui se lamenteraient de ce drame, ou y verraient du racisme anti-blanc, seraient taxables d'extrême droite.
05:35Je rappelle que sur la question du racisme anti-blanc, par exemple Fabien Roussel, au micro de Laurence Ferrari, si je ne dis pas de bêtises,
05:41a dit il y a quelques jours que le racisme anti-blanc existait.
05:45Chez Pierre Devineau, cette semaine.
05:47Il a dit aussi que n'importe quelle personne qui évolue dans ce pays, qui a des enfants en bas âge ou adolescents à l'école, qui sort de chez lui de temps en temps,
05:54c'est quand même que le racisme anti-blanc, c'est une vérité, non seulement en France, mais aussi à l'étranger.
05:58Je renvoie à ce qui se passe par exemple en Afrique du Sud.
06:00Donc, à un moment donné, si vous voulez, ces gens-là sont dans une forme de déni militant.
06:05Ils ont table ouverte pour ce déni militant.
06:08Je me désole qu'il n'ait pas la contradiction.
06:10Parce qu'ils ont été invités partout pour en faire la promotion.
06:12Qu'ils soient invités partout, ça ne me dérange pas.
06:13Mais qu'on mette face à eux des gens qui ne sont pas d'accord.
06:15Des gens qui, comme nous, comme moi en tout cas, sont indignés par leurs propos
06:18et par l'indécence de leurs propos par rapport à Thomas et à sa famille.
06:21Ça serait bien qu'ils se confrontent un peu à des gens qui ne sont pas d'accord avec eux
06:24plutôt que d'avoir toujours une espèce de tapis rouge qui leur est déroulé
06:27en faisant d'eux les papes de la bien-pensance.
06:29C'est insupportable.
06:30Ce livre, c'est une entreprise politique, Raphaël Stainville ?
06:33On ne peut pas écarter effectivement, et je rejoins absolument ce que dit Paul Mollin,
06:38que ce soit une démarche militante.
06:41Et que derrière ce récit qui est fait de cette nuit de crépole,
06:46il y ait la volonté d'euphémiser finalement la réalité de la France.
06:50La réalité, c'est qu'elle est extrême.
06:53Il n'y a pas de récupération politique.
06:56Ceux qui ont voulu mettre la lumière sur ce drame, cette tragédie,
06:59c'est bien à dessein parce que ça dit quelque chose
07:02de ce grand bouleversement dans lequel la France est en train de sombrer
07:07avec l'irruption effectivement d'un racisme anti-blanc
07:11de plus en plus prégnant dans certains endroits de la société
07:15jusque dans nos campagnes.
07:17Et ça, pour beaucoup, c'est insupportable.
07:19Il faudrait pouvoir le taire.
07:20Il faudrait pouvoir le minimiser.