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Jeudi 27 mars 2025, retrouvez Mirabelle Lamoureux (directrice générale, Keeep), Lionel Moldes (Directeur de Stratégie, TERSEA), Laurent Odinot (Cofondateur, EURECO) et Thomas Parouty (fondateur, agence Mieux) dans SMART IMPACT, une émission présentée par Thomas Hugues.

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00:00Générique
00:08Bonjour à toutes et à tous, bienvenue, c'est Smart Impact, l'émission des entreprises à impact positif, et voici notre sommaire du jour.
00:14Mon invité, c'est Lionel Moldes, directeur de stratégie chez Tercea, entreprise spécialisée dans la relation client-externalisé.
00:22On va voir en quoi consiste une politique RSE dans une entreprise comme celle-ci.
00:26Si notre débat, il portera sur la place du VRAC, dans notre consommation quotidienne, avec un objectif de réduire nos déchets en France,
00:33on en accumule 31 millions de tonnes par an.
00:37Et puis dans notre rubrique start-up, vous découvrirez KEEP, avec 3 E, plateforme d'achat de matériel informatique reconditionné à destination des entreprises et des services publics.
00:48Trois thèmes, 30 minutes pour les développer. C'est parti.
00:50Générique
00:57L'invité de ce Smart Impact, c'est Lionel Moldes. Bonjour.
01:00Bonjour.
01:00Bienvenue. Vous êtes directeur de stratégie chez Tercea. On va parler de votre politique RSE.
01:05Mais je veux bien, pour commencer, que vous nous présentiez Tercea. Votre métier, c'est quoi ? La relation client, c'est ça ?
01:09Alors effectivement, on est une société d'externalisation de la relation client.
01:13Donc, on accompagne les marques dans leur parcours client, le parcours client de leurs clients, notamment sur que ce soit de l'acquisition, de l'avant-vente, du service client, de la rétention et jusqu'au service après-vente.
01:29Tercea, c'est une entreprise française. Je crois qu'elle a près de 1 500 salariés, c'est ça ?
01:33Effectivement, 1 400 salariés. On est présent sur 3 pays. On est présent en France, au Maroc, au Sénégal. Et on va bientôt ouvrir un nouveau site à Madagascar.
01:44C'est des centres d'appel, en fait ?
01:45C'est exactement ça. C'est des centres d'appel qui sont mis à disposition, effectivement, des marques qui nous font confiance et à qui on travaille.
01:55On ne va pas forcément citer les entreprises, mais qui sont vos clients ? La taille, les secteurs, c'est un peu partout. C'est plutôt des grandes entreprises ?
02:03C'est plutôt multispécialiste. Forcément, on n'est pas sur l'ensemble des activités, mais on essaie d'être spécialisé sur des verticals métiers bien spécifiques.
02:11Donc, on est assez spécialisé dans le monde de l'automobile, par exemple, dans le monde des télécoms, dans la pharma, dans le retail.
02:19Pourquoi c'est important d'avoir une multispécialité ? Parce qu'on ne répond pas de la même façon en fonction du secteur dans lequel on travaille.
02:24Chaque client est vraiment très spécifique avec des besoins très spécifiques. On est obligé d'être vraiment spécialisé dans les métiers sur lesquels on travaille pour nos clients.
02:35Et donc, ça veut dire que des salariés qui travaillent sur la verticale automobile, ils ne vont pas forcément travailler sur une autre ?
02:41Ils peuvent travailler, mais ça demande effectivement de les accompagner, de les transformer, de les accompagner, de les former à ces nouveaux métiers.
02:51Effectivement, oui, non, ils ne sont pas interchangeables d'un métier à un autre.
02:55Début février, vous annonciez avoir décroché la médaille d'or ECOVADIS pour votre politique RSE.
03:01Alors déjà, on va rentrer un peu dans le détail environnemental, social, etc.
03:07C'est des années de travail pour obtenir la médaille d'or ? Est-ce que c'était un objectif de l'entreprise ?
03:12Alors la médaille d'or en tant que telle, non, pas forcément. Mais en fait, effectivement, c'est des années de travail.
03:16En définitive, ce n'est pas un an de travail pour avoir cette médaille.
03:20En fait, c'est quelque part, c'est 18 ans, puisqu'on a créé il y a maintenant quasiment 18 ans.
03:24On va fêter notre 18e anniversaire prochainement.
03:27Et en fait, cette médaille-là, elle s'est construite sur ces 18 années où, depuis le départ, dans le code génétique de la structure,
03:34on a souhaité effectivement être responsable de manière sociétale et environnementale.
03:40Et donc, on a mis en place un certain nombre de choses.
03:43Alors, on va rentrer dans le détail. Tiens, sur les enjeux environnementaux, vous vous êtes donné quoi ?
03:49Des objectifs quantitatifs ? Vous avez d'abord fait un audit.
03:52Identifiez là où vous consommiez le plus en énergie, en ressources, etc.
04:00Effectivement, on a commencé par faire un bilan carbone, en fait. C'était la première étape de notre...
04:05C'était il y a combien de temps, ça ?
04:06Alors, le bilan carbone a été fait il y a maintenant 6 mois, en définitive.
04:10Et ça a été assez intéressant, parce qu'on s'est rendu compte, justement, qu'on pouvait avoir des divisions un peu différentes de la réalité.
04:17Et on s'est rendu compte, justement, via ce bilan carbone, qu'en définitive, c'était pas forcément...
04:21Les émissions de gaz n'étaient pas forcément liées à notre production propre, puisque ça représentait environ 20% de nos émissions.
04:32Mais qu'en fait, le plus gros se faisait via les transports de nos salariés entre le domicile et le travail.
04:40D'accord. Donc ça, c'est un premier constat un peu surprenant, j'imagine ?
04:44Exactement. On a été totalement surpris par...
04:45Ok. Donc, ça veut dire... Alors, c'était il y a 6 mois, donc peut-être que vous n'avez pas tout mis en place.
04:49Mais ça veut dire que vous réfléchissez à une politique... Alors, je ne sais pas ce qu'on peut imaginer, du covoiturage des navettes...
04:55C'est exactement ça. En fait, on avait déjà mis en place ces choses-là, mais on n'avait pas intégré que c'est l'importance que ça pouvait avoir.
05:00Et effectivement, on a mis en place un certain nombre de choses. Donc, on essaie effectivement de faire en sorte que nos salariés prennent les transports en commun quand c'est possible.
05:08Bien évidemment, on met en place des applis de covoiturage pour les aider, justement, à pouvoir covoiturer de manière la plus facile.
05:17On met en place, dans les zones où c'est possible, des bornes de recharge électrique pour ceux qui ont des véhicules électriques.
05:25Mais plutôt en France, parce qu'on s'est rendu compte aussi que les bornes électriques, par exemple, lorsqu'on les met dans d'autres pays comme au Maroc ou au Sénégal,
05:31ça n'a aucun sens écologique, puisqu'en fait, l'électricité est produite dans ces pays-là majoritairement sur du pétrole et du charbon.
05:38Et donc, ça n'a aucun sens de mettre des bornes électriques et d'offrir ces produits-là dans ces pays-là.
05:44— Et justement, sur le sourcing de l'énergie, alors c'est pas possible partout. Mais en France, ça veut dire que vous essayez de privilégier une énergie décarbonée...
05:54— Exactement. Exactement. — ...en forçant une énergie renouvelable ?
05:56— Exactement. Alors déjà, on a des sites qui sont déjà, justement, sur lesquels on a déjà sourcé des énergies vertes pour l'électricité.
06:05Et on a justement la vocation, d'ici la fin de l'année prochaine, d'être à 100% en France en tout cas en énergie verte, sachant que dans les autres pays,
06:13c'est toujours un petit peu plus compliqué. On n'a pas forcément des offres qui nous permettent de le faire.
06:18— Alors justement, sur la partie, on va dire, sociale et droits humains, quand on a des salariés en France, au Maroc, au Sénégal,
06:26comment on a une politique RSE qui est cohérente, finalement ? — En définitive, nous, on fait pas de différence entre nos salariés,
06:33quel que soit le pays dans lequel ils sont. Généralement, les investissements qu'on fait sont les mêmes. Et tout ce qu'on met en place, on le met en place...
06:42— Oui mais il n'y a pas forcément le même droit social. Il n'y a pas le même niveau de salaire, etc., etc.
06:47— Bien évidemment. On suit, je dirais, les droits sociaux de chaque pays. Mais à côté de ça, il y a le droit social du pays.
06:55Mais il y a tout ce que, nous, on peut apporter à nos salariés. — Ça veut dire que vous essayez d'être mieux-disant par rapport aux droits locaux, c'est ça ?
07:02— Exactement. Tout à fait. On est toujours mieux-disant par rapport aux droits locaux. Et on fait en sorte justement que les avantages
07:07que l'on donne à nos salariés par exemple en France soient les mêmes qu'à nos salariés dans les autres pays. C'est-à-dire que les conditions de travail
07:15sont les mêmes. On essaye d'avoir des locaux de très bonne qualité, d'avoir des bureaux qui aient une capacité à pouvoir travailler
07:28dans de très bonnes conditions. Et on essaye en tout cas que vous soyez en France ou dans un autre pays. Finalement, les conditions sont les mêmes.
07:34— Et alors on doit vous poser la question très souvent. Mais en termes de coût, évidemment, si on délocalise des centres d'appel, c'est pas pour rien.
07:41Il y a une différence de quel niveau entre un centre d'appel en France et un centre d'appel au Sénégal ou alors à Madagascar,
07:49puisque vous allez ouvrir là-bas ? C'est de 1 à 2, à 3 à 4 ? C'est quoi, la différence ?
07:53— Alors les coûts d'infrastructure sont souvent assez proches, en définitive, parce qu'on a toujours la sensation. Mais le coût de l'immobilier,
08:00le coût de tous les actifs qui sont toujours les mêmes, c'est plutôt sur la masse salariale, effectivement, qu'on a des différences de rémunération
08:10qui peuvent être assez importantes. Mais ça dépend justement des zones dans lesquelles nous sommes.
08:15— Oui, effectivement. Sur l'aspect éthique, je disais en préparant l'émission que l'entreprise s'engage sur des questions de sécurité de l'information.
08:23Je veux bien que vous m'expliquiez ce que ça veut dire. Je l'imagine. Je crois le comprendre. Mais notamment vis-à-vis de vos clients.
08:30— Alors vis-à-vis de nos clients, c'est un élément déterminant, puisque la sécurité de l'information, bien évidemment, en se contrôlant avec un client,
08:36c'est primordial. Et donc ça amène surtout à travailler sur la mise en place d'un certain nombre d'architectures et de sécurité informatique très fortes.
08:50On est audité par nos clients tous les ans. On a aussi nos assureurs qui nous demandent d'être à la pointe, justement, des technologies.
08:59Et donc tous les ans, on est amené à faire évoluer notre sécurité et faire en sorte qu'effectivement, il n'y ait pas de problématiques à ce niveau-là.
09:09Mais ça passe pas que par rapport à la sécurité informatique. Ça passe aussi par les process, par la formation de nos salariés.
09:15— Alors justement, j'allais vous poser la question. C'est une question de curieux, une sorte de devoir de réserve pour les salariés des centres d'appel,
09:21parce qu'on peut être confronté à un scandale ou une critique majeure venant des clients, de vos clients.
09:29— Oui, bien sûr. Le devoir de réserve, bien évidemment, on l'a. C'est une obligation. Et justement, ça fait partie de l'éthique qu'on doit avoir.
09:37Et la loyauté par rapport à nos clients, ça, c'est très important. Et on a... Effectivement, justement, on a des formations, on a des process.
09:46On essaie d'accompagner nos salariés pour justement leur expliquer toutes ces problématiques-là et pourquoi, justement, on se doit d'être précis.
09:57— Dernière question. C'est des métiers durs, parce que souvent, on a en face, au bout du fil, des clients qui sont pas contents.
10:02— Oui, c'est des métiers exigeants, on va dire, plus que durs, mais qui sont justement très intéressants, parce que ça permet de rentrer vraiment
10:12dans les problématiques. Mais ça permet aussi de régler un certain nombre de problèmes pour des clients qui, justement, lorsqu'ils arrivent, peuvent être
10:19un peu énervés et agacés. Et lorsque, justement, ça se passe bien, c'est hyper enrichissant.
10:25— On se fait pas seulement engueuler, quoi. C'est ce que je comprends de temps en temps.
10:29— Voilà, exactement. Et on arrive justement pour trouver des solutions. — Oui, il y a les gratifications. Merci beaucoup, Lionel Moldes.
10:33— Merci. Merci beaucoup. — Et à bientôt sur BeSmart for Change. On passe à notre débat. C'est le mois du vrac et du réemploi.
10:38— Le mois de mars, c'est le mois du vrac et du réemploi. Et on en parle tout de suite dans le débat de ce Smart Impact avec mes invités Laurent Oudinot.
10:52Bonjour. — Bonjour. — Bienvenue. Vous êtes le cofondateur d'Eureco. Thomas Parouty, bonjour, fondateur de l'agence Mieux, habituée de Smart Impact,
11:00agence Mieux, agence de communication RSE. Je veux bien que vous nous présentiez Eureco en quelques mots.
11:06— Oui. Alors Eureco, c'est une start-up industrielle qui est basée dans le sud de la France, à côté d'Arles. Et on a inventé une solution de distributeur
11:17de produits alimentaires en vrac à destination de la grande distribution et des circuits bio spécialisés.
11:22— Donc c'est quoi ? C'est... Pour qu'on imagine ce que c'est, c'est des contenants ? C'est... — Oui. Alors c'est... Exactement.
11:28Vous connaissez, si vous êtes acheteur en vrac, ces bacs dans lesquels on se sert. On a inventé un nouveau système qui est innovant,
11:37qui est un système de vrac à poche souple, sur lequel on pourra revenir un peu plus tard, qui garantit une hygiène, une sécurité alimentaire,
11:45une traçabilité, et donc qui est très rassurante pour le consommateur et qui est beaucoup plus simple d'utilisation également pour les magasins.
11:53— Oui. On va partir du constat et peut-être de l'objectif de la loi climat et résilience, objectif 2030, dédié au minimum 20% de surface au sol, au vrac,
12:03dans les magasins d'alimentation de plus de 400 m². Alors c'est là, hein. C'est dans 5 ans. On en est où, aujourd'hui ?
12:10— Alors on en est environ à 12, 13% aujourd'hui. C'est-à-dire que... — C'est pas si mal. Je m'attendais à pire.
12:17— C'est pas si mal. Mais le travail est encore long, est encore très important, parce que le vrac, c'est assez compliqué en termes de supply chain,
12:26en termes d'hygiène, de traçabilité, de logistique. — Oui. C'est pas si simple. C'est pas d'un claquement de doigt.
12:30On décide de passer ou d'augmenter la surface vrac. — Exactement. Donc il y a beaucoup de travail collaboratif entre différents acteurs
12:38qui permettent à la distribution de s'organiser pour tendre vers ces 20%. — Comment accélérer le mouvement, Thomas Parouty, et pourquoi c'est important ?
12:46— Alors dans cette loi climat et résilience, l'objectif, c'est évidemment de réduire les emballages, de les réemployer et de recycler les 3 R habituels.
12:56Le vrac est une solution, la consigne, etc. Donc il y a une pression réglementaire avec cet objectif de 20%. Mais on s'aperçoit aussi qu'il y a
13:04plein d'opportunités pour les distributeurs, parce que c'est une attente des consommateurs. Donc il y a du trafic supplémentaire
13:12quand on repasse du vrac. Les consommateurs en veulent. Alors ils ont encore quelques attentes qui sont pas totalement atteintes et auxquelles
13:21les marques répondent pas forcément. Mais les consommateurs en veulent, parce qu'ils veulent du prix. Et le vrac est 10% à 15% moins cher aujourd'hui,
13:29alors qu'il n'y a pas beaucoup de volume, et parce qu'ils veulent arrêter l'emballage et surtout les sur-emballages qu'on peut avoir
13:38dans pas mal de produits, qu'ils soient secs ou liquides. – Et pourtant ça coince encore un peu. Le mois du vrac, ça sert à quelque chose, Monsieur ?
13:47C'est toujours la question de vous inviter à mettre un coup de projecteur, ça d'accord ? – Non mais ça sert parce qu'en fait, aujourd'hui le rayon vrac
13:55il n'est pas traité comme les autres rayons. Vous rentrez dans un rayon classique, il y a des promos partout. Le rayon vrac il est assez austère.
14:03Il n'y a pas un corner où on dit, le distributeur pourrait dire, venez ici, vous allez faire des affaires, parce que c'est moins cher,
14:10parce que vous avez acheté la juste quantité aussi, parce qu'en fait une consommatrice elle n'a pas besoin peut-être d'acheter 1 kg de riz ou 1 kg de pâtes,
14:18ou 1 kg de noix de cajou ou de purée, le fameux truc qu'on trouve dans tous les rayons vrac. Donc en fait, ça répond à plein d'attentes des consommateurs.
14:28Le distributeur doit traiter ça un peu plus agressivement en promo. Donc le mois du vrac, ça met en avant ce segment de marché et ça devrait permettre de le développer dans les prochaines années.
14:40– Cette innovation dont vous parliez, c'est quoi ?
14:43– Alors le vrac à poche souple. Je vais vous expliquer comment cette idée est venue. En fait, avec le mois du vrac, il y a d'autres initiatives comme une qui s'appelle
14:54qui a réuni tous les industriels, les marques, les distributeurs et les apporteurs de solutions pour imaginer le vrac de demain.
15:02Tous ont convergé sur une innovation, un concept qui s'appelle le vrac à poche souple. Donc le principe, c'est le produit vrac qui est servi dans une poche de 10 litres.
15:16Imagine un gros sac de chips qui viendrait s'insérer dans un silo, dans un distributeur. L'avantage de cette solution, c'est que le produit n'est jamais touché,
15:26jamais transvasé, est à l'abri potentiellement d'insectes ou de mythes alimentaires comme ça peut malheureusement arriver.
15:34C'est hyper simple à fabriquer pour n'importe quel distributeur, n'importe quelle marque. Et ça offre une souplesse.
15:43– Mais ça ne crée pas un emballage supplémentaire ?
15:45– Non, alors c'est une bonne question parce que le vrac arrive en magasin aujourd'hui avec un emballage logistique.
15:51Aujourd'hui c'est cet emballage logistique qu'on transforme, qu'on adapte pour être un contenant alimentaire.
15:59Donc il n'y a pas de création. Au contraire, il y a des économies de nettoyage et des économies de transport sur de la reverse logistique.
16:07Il y a des économies de gaspillage parce que le produit est mieux conservé.
16:12Et opérationnellement, c'est beaucoup plus facile pour un magasin de s'approprier ce type de solution.
16:18– Thomas Parouty, est-ce que les géants de la grande distribution s'y sont vraiment mis ? Je rajoute vraiment.
16:26– En fait, dans les géants de la grande distribution, c'est plein de petits chefs d'entreprise, d'adhérents à Intermarché, Leclerc, etc.
16:33Et donc il y en a certains qui sont vachement en avance.
16:36– Donc c'est un peu disparate en fait, ça dépend du patron de grands magasins ?
16:40– Hier, avec Laurent, on s'est croisés sur le périphème D.
16:43Le périphème, c'est l'association des distributeurs justement sur tous ces sujets de VRAC, de RSE, de remploi, mais aussi de sécurité, etc.
16:52Et on s'aperçoit qu'il y a un intermarché à Dol qui fait vachement de choses.
16:57Et l'adhérente est très motivée sur le remploi, la consigne, etc.
17:03Et il y a des initiatives un peu partout comme ça.
17:05Dans les grands réseaux classiques comme Carrefour, ça progresse, il y a une sensibilité, il y a des tests un peu partout.
17:16Chez Franprix aussi, chez Système U, enfin voilà, il y a des initiatives un peu partout.
17:21Aujourd'hui, ce n'est pas massifié, c'est ça le problème.
17:23– Mais l'aiguillon réglementaire dont on parlait, il va pousser à le faire de toute façon.
17:27– Bien sûr, et globalement, dans 5 ans, il faudra y être.
17:31Donc c'est pour ça qu'il y a des initiatives.
17:33Alors ce qui est intéressant, c'est qu'il y en a sur le sec, avec des innovations comme ça.
17:36Mais il y en a aussi sur d'autres produits, notamment les produits liquides ou visqueux.
17:41C'est-à-dire typiquement, il y a une opération qui est en train de se monter qui s'appelle le défivrac.
17:46Où il y a des industriels comme Le Groupe Bell, Danone, Le Sueur,
17:52et les apiculteurs famille Michaud qui font l'Une de Miel qui est la marque la plus connue.
17:57Et donc là, on va arriver avec un contenant en verre, récupérer de la vache qui rit,
18:03ou du yaourt de velouté, ou de la compote materne, ou de l'huile ou du miel pour récupérer ça.
18:09Et après, il y aura un objet de consigne en verre qu'il faudra laver, ramener, etc.
18:13– À quel point c'est un défi logistique quand même ?
18:15À quel point ? Parce qu'on se dit, tous les directeurs d'hypermarché ou de supermarché
18:20ne s'y mettent pas parce que ce n'est pas si simple, on peut dire ça ?
18:25– Oui, alors il y a une complexité opérationnelle de lavage qui est très forte.
18:30Et c'est la raison pour laquelle cette solution de vrac à poche souple
18:33vient répondre à ces problématiques.
18:35Pour autant, ce système de vrac à poche souple a un inconvénient,
18:40c'est que les fabricants doivent harmoniser les poches souples avec des dimensions standardisées.
18:48– Il ne faut pas faire comme les recharges de téléphone
18:50où on s'est battu pendant des années, des décennies pour un recharge universel.
18:54– Exactement, la bonne nouvelle, c'est que tout le monde sait faire des poches souples,
18:57aux bonnes dimensions.
18:59– Mais ça veut dire que l'uniformisation, elle n'est pas encore gagnée, c'est ça ?
19:03– Elle est en train de se mettre en place.
19:05Thomas parlait de différents distributeurs.
19:07Hier, Thierry Cotillard, le patron des mousquetaires,
19:11annonçait justement le déploiement dans une trentaine de magasins intermarchés
19:16ce concept de poche souple.
19:19Il y a des industriels, des marques, notamment comme Panzani,
19:23et d'Acobello, et d'autres qui sont les à nature bio de Manon,
19:27qui sont en train de s'y mettre.
19:29Donc c'est tout un écosystème qui est en train de faire sa transition,
19:32ça met un petit peu de temps, on a jusqu'en 2030, les solutions sont prêtes.
19:37Maintenant, effectivement, il y a…
19:38– Est-ce que ça suppose des investissements importants de la part justement des…
19:44– Alors à court terme, non, parce qu'il y a des packers,
19:48c'est-à-dire des entreprises qui vont récupérer une tonne de café carte noire
19:52et qui vont mettre ça dans des poches.
19:54Après, à moyen terme, oui, il va falloir que les lignes s'adaptent,
19:57de la même façon que, par exemple, Coca qui relance la bouteille consignée en 1 litre
20:03a fait des gros investissements pour pouvoir proposer cette bouteille de Coca en verre
20:08sur de la consigne, donc il y aura des gros investissements.
20:10– À quel point l'impact environnemental est positif ?
20:14– Alors dans tous les calculs, globalement, ce que dit Citeo,
20:19c'est qu'il y a une économie d'emballage,
20:21il y a une économie de carbone, voilà, sur les sujets RSE,
20:25il y a une économie évidemment d'emballage final pour le consommateur,
20:29donc globalement, il y a des chiffres,
20:31il y avait un calcul qui avait été fait par Heureko, je crois,
20:34qui disait, habituellement, c'est 200 grammes de CO2 pour 5 kilos de cacahuètes,
20:42alors c'était peut-être pas des cacahuètes,
20:43et ils étaient passés à 22 grammes de CO2 sur l'emballage,
20:47donc ils divisent par 10, donc c'est un gros impact.
20:50– Vous parliez du prix, je lisais une étude,
20:53je crois que c'était un magazine d'associations de consommateurs,
20:57qui disait que les prix étaient plus abordables,
20:59sauf pour certains produits les plus courants,
21:01par exemple, ils avaient fait un test sur le riz, les lentilles, etc.,
21:04est-ce que c'est vrai ça ?
21:05– Alors, on a généralement 10 à 15% de prix inférieur sur le vrac, en général,
21:13après ça dépend des catégories, c'est beaucoup plus vrai sur le bio,
21:17les produits chers ont plutôt des écarts de 20 à 25%,
21:20sur les produits conventionnels moins chers,
21:22c'est plus difficile d'avoir cet écart-prix,
21:26généralement, il est de l'ordre de 5%, ça peut aller au-delà,
21:31mais effectivement, plus les prix sont bas, plus il est compliqué de s'aligner.
21:37– C'est aussi parce qu'il n'y a pas assez de volume,
21:39c'est-à-dire que demain, si Tanzanie déploie une stratégie vrac forte,
21:44ils vont avoir des prix plus accessibles pour le consommateur,
21:48et là, ça va pouvoir décoller, il y a une attente,
21:5154% des consommateurs français veulent plus de marques,
21:54veulent retrouver leurs marques, le problème du vrac aussi,
21:57c'est qu'on se retrouve face à un trémie, un silo, une poche avec des produits…
22:02– On ne sait pas forcément quelle marque on achète.
22:04– En fait, les marques sont encore des repères forts,
22:07évidemment pour les consommateurs,
22:08et après, il y a une bascule culturelle à faire,
22:11évidemment, chez les distributeurs, ils sont en train de la faire,
22:13il y a vachement de motivation,
22:15il y a un sujet de rentabilité qui va arriver,
22:18après, pour les consommateurs, le problème aujourd'hui,
22:20c'est que le consommateur vrac,
22:22donc c'est à peu près 40% des français qui vont au moins une fois au vrac,
22:25mais la moyenne, c'est 6,5 achats par an, donc en fait, là, on n'y est pas,
22:31voilà, donc il y a une bascule culturelle, sujet que j'aime bien,
22:35c'est-à-dire comment on fait changer le comportement du consommateur
22:37pour l'amener vers une consommation plus récurrente.
22:40– Merci beaucoup à tous les deux,
22:41et à bientôt sur BeSmart for Change,
22:43on passe tout de suite à notre rubrique Start-up.
22:50– Smart Ideas avec Mirabelle Lamoureux, bonjour.
22:53– Bonjour.
22:54– Bienvenue, vous êtes la directrice générale de KEEP,
22:56avec 3E, entreprise créée en 2021, que vous avez reprise en 2023,
23:02c'est quoi le modèle de KEEP, racontez-moi ?
23:04– KEEP, c'est très simple en fait,
23:06l'idée c'est d'accompagner les entreprises et le secteur public
23:10dans leur transition écologique,
23:12en leur permettant de s'équiper avec du matériel informatique reconditionné.
23:15– D'accord, c'est quoi, c'est une plateforme,
23:18vous mettez en relation les uns avec les autres, c'est quoi le principe ?
23:22– Exactement, nous on aime bien dire qu'on est un peu l'agrégateur
23:24de tous les flux du reconditionné en France,
23:26l'idée c'est vraiment d'être la référence pour tout acteur professionnel
23:29qui aurait besoin d'acheter un smartphone, un ordinateur, un écran,
23:33s'il a envie d'acheter de la seconde main, il peut passer chez nous
23:35et on a toutes les références du marché français.
23:38– Il y a justement un marché du reconditionnement
23:40qui est suffisamment large, l'offre est importante ?
23:44– L'offre est très importante, c'est un marché qui représente
23:461 milliard d'euros en 2023 le reconditionné.
23:49– Sur le matériel informatique.
23:51– Sur le matériel informatique, exactement,
23:53et on a de très beaux acteurs en France,
23:55toute une filière qui est super active
23:57et qui est en plus très engagée pour l'insertion professionnelle.
24:00– Pourquoi vous l'avez racheté cette entreprise,
24:02qu'est-ce qui vous a intéressé ?
24:04– Je pense que comme beaucoup de gens, le Covid est un moment de réflexion,
24:09un moment de réflexion professionnelle et de se dire
24:11qu'est-ce que je fais dans la vie et comment je donne un petit peu de sens
24:13à ce que je fais, je fais une école de commerce
24:16et puis je cherchais quelque chose qui soit aligné avec mes valeurs,
24:19notamment au niveau de l'écologie.
24:22Le reconditionné, après je suis un peu tombée dedans quand j'étais petite.
24:25– Pourquoi ?
24:25– C'est un milieu que je connais bien,
24:27mon père à l'époque avait tenté au début des années 2000
24:30une boutique d'informatique de seconde main,
24:33je pense que c'était un moment où le public n'était pas encore prêt pour tout ça,
24:36il y a eu depuis beaucoup de discours et de vulgarisation autour de ces sujets-là
24:40et donc là c'est bien aussi de pouvoir un petit peu
24:42donner une seconde vie à cette aventure.
24:44– Donc ça veut dire que le modèle de Kip
24:47c'est de s'appuyer sur des reconditionneurs
24:48qui sont des reconditionneurs français ?
24:50– Exactement.
24:51– C'est-à-dire que vous ne faites pas venir de matériel de l'autre bout de la planète ?
24:54– Non, non, non.
24:55– Vous pourriez, ça fait partie du modèle d'autres entreprises.
24:59– Exactement, ça fait partie du modèle de beaucoup de revendeurs.
25:02Nous, on ne le fait pas pour plusieurs raisons,
25:04évidemment pour une question de valeur,
25:06ça n'aurait pas de sens avec notre engagement écologique et social
25:10et en plus de façon pratique, sur les ordinateurs par exemple,
25:14avoir des claviers étrangers, c'est compliqué à gérer
25:16et pour nos consommateurs finaux, c'est un problème.
25:19Donc autant travailler avec des machines en France
25:21reconditionnées par des talents français.
25:22– Qui sont vos clients aujourd'hui ?
25:24– Nos clients en majorité, ça va être des TPE et des PME,
25:28donc des professionnels qui ont ces besoins d'IT
25:30mais qui ne sont pas accompagnés par des grands groupes sur ces questions-là
25:33et ça va être le secteur public, de plus en plus.
25:35Il y a une législation qui encourage la seconde main,
25:40qui encourage un numérique responsable,
25:41ça c'est une vraie opportunité pour nous
25:43et puis ça nous permet d'accompagner aussi la transition du secteur public.
25:46– Le secteur public qui va peut-être enfin commencer à donner l'exemple,
25:51c'est ça, en la matière ?
25:52– C'est un peu l'idée, je pense.
25:53Quand on regarde la loi AJEC pour une économie circulaire
25:57qui impose 20% d'achat de seconde main d'ici 2025,
26:01ça y est, on y est, il faut s'y mettre.
26:04Donc voilà, l'idée c'est de donner l'exemple
26:05et j'espère que les entreprises s'engageront de la même façon.
26:08– Est-ce qu'il y a des a priori encore importants autour du reconditionné
26:13dans ce secteur particulier du matériel informatique,
26:16des a priori que vous devez combattre ?
26:18– Bien sûr, je pense que le plus gros de notre travail c'est la réassurance.
26:21On a des acteurs sur le marché qui ont fait connaître le reconditionné
26:25et c'est très bien, mais qui ont aussi un petit peu terni son image
26:30parce qu'il n'y avait pas forcément le service, le SAV derrière.
26:33Donc aujourd'hui, nous, on rassure beaucoup sur ce côté-là,
26:36on s'adresse à des professionnels,
26:37on sait qu'ils ont besoin d'assurer la continuité de leur activité.
26:40S'il y a quoi que ce soit, comme ça arrive pour le neuf aussi,
26:43on a à peu près les mêmes taux d'erreur,
26:45c'est-à-dire c'est 5% d'erreur sur des machines,
26:48on met en place un modèle de remplacement,
26:51on est capable de réparer assez rapidement
26:53et de vous renvoyer votre appareil pour que vous ne perdiez pas de temps.
26:55– Oui, effectivement, et vous proposez, je crois,
26:58depuis cette année, une solution de leasing.
27:00Pourquoi vous avez mis en place cette offre ?
27:02– Parce qu'on sait qu'une des préoccupations des chefs d'entreprise,
27:06c'est la trésorerie.
27:07Déjà, on les accompagne avec du matériel de seconde main,
27:11ce qui fait que ça permet de libérer du budget pour des choses comme
27:14l'acquisition client, la recherche et le développement, etc.
27:17Et maintenant, proposer du leasing, ça nous permet aussi de leur éviter
27:21ce moment qui est un peu compliqué, d'acheter pour toutes ces équipes
27:23du matériel, mais de se dire, je peux étaler cette dépense dans le temps
27:27et je peux, encore une fois, libérer du budget pour ma croissance.
27:30– Dernier mot, tiens, sur les différences de prix
27:32entre le neuf et le reconditionné ?
27:34– C'est assez bluffant.
27:36Sur une entreprise, généralement, on divise le budget IT par deux
27:39et sur certains modèles, ça peut être jusqu'à 70% moins cher que le neuf.
27:43– Merci beaucoup, Mirabelle Laboureux, et bon vent à KEEP.
27:47Voilà, c'est la fin de ce Smart Impact.
27:49Je voudrais remercier l'équipe de programmation et de production,
27:52Marie-Billa, Alexis Mathieu et Juliette Milieri,
27:55et puis Théo Boscar, Romain Luc, j'avais deux réalisateurs pour le prix d'un,
27:59sauf que Romain Luc, il a aussi un peu fait le boulot de l'ingénieur du son,
28:02et je cite Saïd Mahmoud, qui était chargé de ce son.
28:05Salut.
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