Avec Thomas Guénolé, éditorialiste Sud Radio et Gil Mihaely, directeur de la publication de Causeur
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##LA_VERITE_EN_FACE-2025-02-26##
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00:009h10, Sud Radio. La vérité en face, Patrick Roger.
00:05Comment faire avec l'Algérie ?
00:07Il y a la nécessité d'enclencher une négociation, un dialogue.
00:11Pourquoi est-ce que la France fait preuve d'une aussi grande faiblesse ?
00:15Ce n'est pas à M. Rotaillot, ministre de l'Intérieur, de traiter de ces sujets.
00:18Il se prend pour qui, M. Rotaillot ?
00:19On a été, si j'ose dire, assez gentils. On a tendu la main à l'Algérie.
00:22Qu'a-t-on eu en retour ? Donc il faut, aujourd'hui, ce rapport de force.
00:26Il est 9h24. Comme le dit le journal Le Parisien, aujourd'hui en France, ce matin,
00:31est-ce qu'on est à un acte de divorce entre la France et l'Algérie ?
00:37Après, déjà, beaucoup de feuilleton, évidemment, ces derniers jours.
00:43Et aujourd'hui, un conseil interministériel qui, initialement, était prévu sur l'immigration,
00:49qui, après aussi l'attentat de Mulhouse, s'est recentré beaucoup plus sur toutes ces questions de visa,
00:57et notamment directement de l'Algérie, puisque, vous le savez, je ne vais pas rappeler toutes les tensions,
01:02mais il y en a énormément, évidemment, sur l'application des OQTF et les OQTF qui sont renvoyés par l'Algérie.
01:10L'auteur de l'attentat de Mulhouse, par exemple, a été renvoyé dix fois.
01:14Il y a eu d'autres histoires.
01:16Et aujourd'hui, il y a une question des visas.
01:18C'est ce que l'on a dit, en fait, ce matin, qui pourrait être évoqué cet après-midi,
01:22des visas qui ne seraient pas donnés à des hauts dignitaires algériens.
01:27Ça pose énormément, évidemment, de questions autour de l'Algérie et de la France.
01:31Thomas Guénolé, comme chaque mercredi matin, est avec nous.
01:34Bonjour, Thomas.
01:35– Bonjour.
01:36– Et Guyle Mieli, qui est directeur de la publication de Causeur,
01:39qui est remplacé au pied levé, si je puis dire.
01:42Élisabeth Lévy, merci d'être avec nous.
01:44– Bonjour.
01:45– Alors, est-ce que la France doit hausser le ton ?
01:48C'est la question, en fait, que l'on se pose aujourd'hui,
01:52puisqu'il y a un conseil ministériel, face à l'Algérie.
01:56Thomas Guénolé.
01:58– Alors, moi, ce que je dirais, c'est que d'abord,
02:01on a un problème posé par M. Retailleau,
02:03qui commet une faute lourde en tant que ministre,
02:06c'est-à-dire qu'il fait de la diplomatie alors qu'il est ministre de l'Intérieur.
02:09– Oui.
02:10– Non mais, on ne va pas balayer ça d'arrière de la main, c'est un vrai problème.
02:13Jean-Noël Barrault, en fait, l'a dit.
02:15– Non mais, on a un ministre des Affaires étrangères,
02:17il s'appelle Barrault, effectivement, et ce que je veux dire,
02:19c'est qu'il faut bien comprendre que M. Retailleau, ce dit patriote,
02:22je suis tout à fait prêt à l'admettre,
02:24mais quand on est ministre de l'Intérieur et qu'on est sérieux dans son patriotisme,
02:27on ne fait pas de la diplomatie alors qu'on est ministre de l'Intérieur.
02:29Ce n'est pas son travail, il nuit à la diplomatie française.
02:32Il y a toute une organisation de la diplomatie française,
02:36ça s'appelle le Quai d'Orsay, et en fait,
02:39le fait qu'il prenne des positions encore et encore
02:43sur les relations diplomatiques franco-algériennes,
02:46M. Retailleau a parfaitement le droit d'avoir ces convictions,
02:49j'ai absolument aucun problème avec ça,
02:51mais il est évident qu'il a, me semble-t-il,
02:53et il devrait le savoir en réalité, je suis stupéfait,
02:56il devrait savoir, M. Retailleau, qu'en fait,
02:58il a, dans l'exercice de ses fonctions gouvernementales,
03:01un certain périmètre dont il n'est pas censé sortir.
03:03– Lui, c'est la sécurité du territoire.
03:05– Il parasite la diplomatie française.
03:09– Non mais, on commence sur ce sujet,
03:11même si ce n'est pas le problème de fond.
03:13– Si, si, c'est un des problèmes de fond dans la séquence actuelle.
03:16– Attendez, ne mélangez pas tout, Thomas Guénolé,
03:19c'est une parenthèse dans un conflit qui est beaucoup plus grand.
03:23– Non, ce n'est pas une parenthèse, j'insiste là-dessus.
03:25– Moi, je suis de l'avis contraire, parce que le problème avec l'Algérie,
03:28c'est justement que ce n'est pas uniquement un sujet des politiques étrangères.
03:32Nos relations avec l'Algérie ne sont pas comme nos relations
03:35avec l'Afrique du Sud ou avec l'Argentine.
03:39Il y a une grosse immigration.
03:42Je ne parle pas de l'histoire, je parle de présent.
03:45Il y a beaucoup, beaucoup de franco-algériens.
03:48Il y a beaucoup, beaucoup d'algériens qui ne sont pas franco
03:51et peut-être pas toujours franc,
03:54et qui sont là, légalement ou pas légalement,
03:58et qui font partie de la question de dossiers algériens.
04:02Je rappelle que si on en parle aujourd'hui, c'est entre autres,
04:06parce qu'il y avait certains influenceurs qui étaient là
04:09avec ou sans l'accord de l'État français,
04:13et qui ont dit un certain nombre de choses
04:16qui ont fait remonter la température.
04:19Pour la stratégie française vis-à-vis de l'Algérie,
04:23les choses les plus importantes ont été déjà actées,
04:26c'est-à-dire le virage vers le Maroc.
04:29La France est en train de s'éloigner de l'Algérie.
04:33L'archer était à Sahara ces derniers jours.
04:37Il a même annoncé l'ouverture des services consulaires.
04:40Je rappelle que si Boalem Sancel, maintenant,
04:43est kidnappé par l'État algérien, c'est parce qu'il a eu des propos
04:47qui mettaient en cause l'appartenance de l'ouest de l'Algérie,
04:51la région orangnaise à l'Algérie,
04:54c'est d'origine marocaine.
04:57On voit quels sont les points faibles,
05:00les points qui touchent le plus les Algériens.
05:03On voit que la France tape systématiquement sur ces poids-là,
05:07et c'est très bien.
05:10Je rappelle juste un mot que tous ceux qui fantasment
05:13sourds d'une pression économique,
05:16au-delà du cirque qui sert les deux côtés,
05:19la France est un client de l'énergie, de gaz algérien.
05:23On n'a pas d'alternative.
05:26— On a toujours un petit peu du russe indirectement qui arrive.
05:30— Non, on n'a pas d'alternative.
05:33L'Algérie n'est pas la source unique,
05:36mais le marché du gaz GNL est tellement compliqué aujourd'hui
05:42qu'on ne peut pas rénoncer à ça.
05:45Par ailleurs, au niveau des échanges de renseignements et sécurité,
05:49les relations sont toujours bonnes.
05:52Donc tout ce que la France peut faire,
05:55c'est continuer avec le Maroc.
05:58Je pense que c'est un bon choix.
06:01Le Maroc, c'est un pays dynamique d'avenir,
06:04tandis que l'Algérie est englouée dans un passé
06:07qui est un pilier identitaire.
06:10— Oui, mais Guy, Maëli, vous l'avez dit,
06:13c'est vrai qu'il y a quand même des relations historiques
06:16et qu'il y a plusieurs millions d'Algériens en France.
06:19Ça remonte à plusieurs générations, y compris d'ailleurs des Kabyles.
06:23On avait un représentant des Kabyles qui disait
06:26qu'ils étaient deux millions, en fait, ici.
06:29La Kabylie qui, au passage, réclame son indépendance,
06:32son autonomie aussi.
06:34Thomas Guénolé, ce que vient de dire Guy Maëli,
06:37qui dit que c'est le soutien affiché par la France
06:40au plan d'autonomie au Sahara occidental et donc au Maroc.
06:43— C'est le choix du Maroc, le choix stratégique du Maroc.
06:46— Ça fait partie des sujets, je suis d'accord.
06:49C'est-à-dire que j'ai commencé par parler de l'enjeu
06:52d'être sérieux dans une approche diplomatique.
06:55— Oui, par rapport à Retailleau.
06:57— Parce qu'il me semble que ce qui est nécessaire
07:00entre la France et l'Algérie, au stade de gravité de la crise
07:03auquel on est rendu, c'est d'avoir un accord global
07:06qui parvienne à concilier les intérêts de la France
07:09et les intérêts de l'Algérie. C'est ça qu'on fait quand on est sérieux.
07:12Et donc il y a quelques sujets précis sur lesquels
07:15il faut avoir une négociation globale par des diplomates professionnels
07:18et mandatés pour ça. Et donc il y a la reconnaissance
07:21par la France du génocide algérien. On parle quand même d'un million
07:24de morts au XIXe siècle. Il y a la question de se mettre d'accord
07:27entre la France et l'Algérie parce que c'est important
07:30sur un récit historique de ce qu'on a eu en commun.
07:33Il y a en clair la colonisation et la décolonisation.
07:36Il y a la question de la coopération franco-algérienne
07:39contre les organisations islamistes armées dans le Sahel.
07:42Vous l'évoquiez et je n'ai rien à redire
07:45à tout ce que vous venez de dire sur ce sujet. L'approvisionnement français
07:48en gaz et en pétrole algérien parce que c'est un besoin.
07:51Il y a la gestion des flux migratoires qu'il s'agisse des flux
07:54légaux, illégaux ou des expulsions
07:57reconduites à la frontière. Ce sont trois sujets distincts.
08:00Il y a le sort du franco-algérien Boalem-Sensal.
08:03Absolument, vous avez raison de l'évoquer. Et il y a le sort
08:06du Sahara occidental. Et donc
08:09soit on est sérieux
08:12et donc on doit avoir une négociation franco-algérienne
08:15sur ce paquet de sujets. Soit on est dans la gesticulation
08:18ou alors on essaye, je ne sais pas, de rejouer la guerre d'Algérie
08:21ou d'avoir une vision des choses
08:24où on pourrait saucissonner les sujets en quelque sorte
08:27et les traiter un par un comme s'il n'y avait pas une relation diplomatique d'ensemble
08:30entre deux Etats souverains. Vous me suivez ? C'est ça le sujet.
08:33Bon, allez, on va poursuivre dans un instant sur Sud Radio
08:36avec vous, Gilles Miaeli, directeur de la publication
08:39de Causeur et Thomas Guénolé, éditorialiste
08:42à Sud Radio, justement. Vous nous appelez
08:450826-300-300 si vous voulez réagir aussi.
08:48Qu'en pensez-vous ? Est-ce qu'il faut vraiment hausser le ton ?
08:51Quelles mesures faudrait-il prendre ?
08:54Est-ce qu'il faut revenir en permanence sur les différents
08:57mémoriels et culturels comme c'est évoqué par
09:00Thomas Guénolé, sachant qu'il y a déjà eu une reconnaissance
09:03des torts coloniaux ? Ça revient tout le temps.
09:06Mais à un moment donné, est-ce qu'on avance ? Mais c'est parce que c'est pas soldé.
09:09On n'a toujours pas reconnu le génocide.
09:12Je pense que c'est impossible de le solder aujourd'hui. La France n'a toujours pas reconnu
09:15le génocide d'Algérie. Je peux dire un mot là-dessus ?
09:18Juste après la pause.
09:219h10, Sud Radio.
09:24La vérité en face. Patrick Roger.
09:27La vérité en face autour de la France et l'Algérie.
09:30Paris et Alger, bien sûr, avec ses tensions.
09:33Et un conseil interministériel qui va avoir lieu
09:36cet après-midi, autour avant tout
09:39de l'immigration et cette question algérienne
09:42qui revient sur le devant de la scène à la lecture
09:45de tout ce qui s'est passé depuis quelques semaines, voire quelques mois
09:48avec les influenceurs algériens,
09:51avec un différent avec Boalem Sansal,
09:54avec des relations extrêmement compliquées d'un point de vue diplomatique
09:57et pas seulement. Parce qu'en plus, comme le disait
10:00Thomas Guénolé et vous, Guilhelme Mihaly,
10:03directeur de la publication de Causer,
10:06c'est vrai qu'il y a un certain nombre de problèmes.
10:09On les a listés tout à l'heure. La question des visas
10:12le Sahara occidental, l'accord franco-algérien de 68
10:15encore qui permettait la circulation aussi plus facilement
10:18en fait des familles. Et puis il y a toujours
10:21ce qui revient dans les discussions
10:24les différents mémoriaux et culturels
10:27parce qu'il y a la colonisation
10:30et certains disent qu'on n'a pas suffisamment reconnu les torts de la part de la France.
10:33Vous vouliez réagir à ce que disait Thomas Guénolé, Guilhelme Mihaly ?
10:36Oui, je voulais dire que c'est un problème qu'on ne peut pas solder.
10:39Même si on fait tout ce que Thomas vient de
10:42lister, ça ne va rien changer. Pourquoi ?
10:45Côté français, sur 9 français sur 10,
10:48si on met des côtés certains franco-algériens et les pieds noirs,
10:51les sujets sont morts, enterrés,
10:54c'est froid, c'est comme la guerre des 30 ans.
10:57Ce n'est pas un sujet qui fait éclater un repas de famille en dimanche.
11:00Contre moi, Israël, Palestine,
11:03la Russie, etc.
11:06C'est un sujet froid.
11:09Ça ne suscite pas les passions. On s'en fout en fait.
11:12Tandis qu'en Algérie, c'est un sujet identitaire.
11:15Pourquoi ? L'esprit algérien
11:18est dans une sorte de confusion.
11:21Il y a un rapport avec la France des haines et des désirs.
11:24D'infériorité qui se transforme
11:27en sentiment de supériorité.
11:30Je vous recommande
11:33les livres extraordinaires
11:36de Majid Sherfi, le chanteur de Zebda.
11:39Ma part des Gaulois, qu'est-ce qu'il raconte ?
11:42Il raconte une enfance à Toulouse
11:45dans les années 60-70.
11:48Les parents des autres enfants de mon âge
11:51s'en foutaient royalement de l'école.
11:54Sa mère était la seule à s'intéresser à ses études.
11:57Il a été traité de PD parce qu'il était bon à l'école
12:00et parce qu'il s'intéressait à l'étude.
12:03Il avait honte de faire venir ses copains
12:06« gaulois » chez lui dans le quartier.
12:09Pas parce qu'il ne voulait pas exposer
12:12une condition de vie, mais parce qu'il allait
12:15être passé au tabac par ses petits camarades.
12:18Et quel était l'esprit ?
12:21« On est là pour s'évanger des Français. On profite d'eux.
12:24On va rentrer chez nous. »
12:27– Il le raconte ça dans son livre ? – Dans son livre.
12:30Je recommande tout le monde la lecture de ces premières pages
12:33avant qu'à l'adolescence, quand il a 17-18 ans,
12:36il commence à sortir en boîte et là il devient beurre.
12:39Mais bien avant, ce qu'il décrit, c'est terrible.
12:42Avant même 74, avant Vaux-et-Velan.
12:45On voit déjà des gens qui n'ont pas envie de s'intégrer,
12:51qui n'utilisent pas l'école comme un véhicule d'ascension,
12:55ne serait-ce que social.
12:58Et qui sont en train d'exprimer ce genre de perversité.
13:02Ils sont dans les pays de l'ennemi.
13:05Qu'est-ce que vous foutez là ?
13:07Aujourd'hui, vous l'avez dit, c'est davantage exploité
13:10par le pouvoir politique en Algérie.
13:13Qui n'est pas toujours d'ailleurs en résonance
13:16avec ce que réclame le peuple algérien aujourd'hui.
13:20Quand vous discutez avec certains jeunes,
13:22eux ils voudraient passer à autre chose.
13:24– Aussi longtemps que le mythe sur lequel repose la légitimité du régime,
13:29c'est que la guerre d'Algérie n'a pas été terminée.
13:32Et la guerre d'Algérie ne pourrait jamais être terminée.
13:35C'est toujours FLN, c'est toujours la France.
13:38Ils ne peuvent pas couper les cordons.
13:41Et on a parlé des divorces tout à l'heure.
13:43Les divorces ont eu lieu, c'est bientôt 63 ans,
13:46mois de mars 62.
13:48Depuis, on avait la garde partagée de certains enfants.
13:52On ne parle pas des divorces aujourd'hui.
13:54Les enfants ont 63 ans.
13:56Il est temps qu'ils assument leurs responsabilités.
14:00– Thomas Guénolé, à ce raisonnement
14:02et cette argumentation de Guil…
14:06– Qu'est-ce que ?
14:07– Pardon, Guil.
14:08– Appelez-moi Guil.
14:09– Non mais Guil.
14:10– C'est bon pour mon intégration.
14:11– Ça s'écrit G.I.L.
14:12– Oui, non mais c'est très bien.
14:14Appelez-moi Guil.
14:16– Donc Thomas.
14:19– Je ne pense pas que le génocide algérien
14:23soit un sujet dont on se fout.
14:26En tout cas, ce n'est pas mon cas.
14:29Quand je dis génocide algérien,
14:31c'est qu'on parle d'un million de morts au XIXe siècle
14:33sur une population de 3 millions d'habitants.
14:35Je ne sais pas si les gens qui nous écoutent se rendent bien compte.
14:38Et d'ailleurs, c'est en soi une preuve
14:40qu'il y a un problème de mémoire là-dessus.
14:42C'est que là, je vous dis ça,
14:44et il y a un certain nombre d'auditeurs
14:46qui l'apprennent au moment où je vous le dis.
14:48C'est-à-dire que le niveau…
14:50– Oui, c'est ce que disait Guil tout à l'heure.
14:52C'est une question froide qu'on aborde.
14:56– Le fait que ça soit produit au XIXe siècle
14:59n'en fait pas un sujet anecdotique.
15:01Il y a ça dans l'histoire de France,
15:03et c'est il n'y a pas très longtemps.
15:05Et le fait de reconnaître l'existence du génocide algérien
15:10par la France, je vais dire,
15:13pour moi, est un sujet même moralement très important.
15:17Après, il y a une autre question que je trouve…
15:21Alors là, pour le coup, c'est une question que je trouve consternante.
15:23C'est quand j'entends un certain nombre de gens de la classe politique française
15:26expliquer à l'emporte-pièce,
15:28comme si c'était aussi simple que de commander un café,
15:30qu'il faudrait dénoncer l'accord franco-algérien sur l'immigration…
15:33– De 68.
15:35– C'est ça, oui, tout à fait.
15:37– Il dit que certains rappellent à sa renégociation, à sa révision.
15:42– Non, mais ils sont mignons.
15:44En fait, ce n'est pas très professionnel de parler en ces termes-là.
15:47Vous savez, oui, on va faire un rapport de force, etc.
15:50Si demain, vous expliquez qu'il va falloir envoyer bouler
15:54l'accord franco-algérien sur l'immigration,
15:56après-demain, l'Algérie va vous expliquer qu'elle va aller vendre son gaz ailleurs.
16:00Et engager un rapport de force, mais il faut réfléchir un peu.
16:04Le rapport de force, il existe déjà de base.
16:07Dès que vous avez deux États qui ont des relations,
16:10ces relations incluent l'existence, l'existence, qu'on le veuille ou non,
16:14d'un rapport de force.
16:15Et dans ce rapport de force, aujourd'hui, la France, elle a besoin,
16:19vous l'évoquiez tout à l'heure, elle a besoin de manière vitale
16:22d'un provisionnement énergétique en provenance de l'Algérie.
16:25Et pendant ce temps-là, l'Algérie, ce qu'elle achète à la France,
16:28elle peut beaucoup plus facilement l'acheter ailleurs.
16:30– Attendez, parce que si je suis votre raisonnement,
16:32jamais il n'aurait fallu entrer en guerre aussi avec la Russie
16:36qui a envahi l'Ukraine parce qu'on avait besoin de cet accord,
16:39en fait, du gaz, quoi.
16:40– Si vous voulez, nous ne sommes pas en guerre avec la Russie.
16:46Mais, je veux dire, on soutient l'Ukraine.
16:48– Oui.
16:49– Et normalement, on ne prend plus de gaz directement de la Russie.
16:53Je dis directement parce qu'on sait qu'il revient directement par ailleurs.
16:56– Alors, vous élargissez le sujet.
16:58– Je n'élargis pas.
16:59– Mais ce n'est pas un reproche.
17:01C'est très intéressant, je trouve, au contraire,
17:03d'élargir le sujet de cette façon-là.
17:05Et donc, pour compléter mon propos, je fais effectivement partie des gens
17:11qui pensent qu'a fortiori dans un contexte d'isolationnisme américain
17:17du fait du retour de Donald Trump à la Maison-Blanche,
17:20il est temps que l'Europe et la Russie arrivent à négocier
17:25le retour à un fonctionnement normal, y compris dans leurs relations économiques,
17:29dans leurs échanges de biens et de services,
17:31et dans le fait de négocier, j'allais dire, une grande paix européenne.
17:36C'est-à-dire qu'en fait, la Russie, au début des années 2000,
17:39avait fait une offre extrêmement claire et extrêmement poussée
17:44de relations économiques, commerciales, scientifiques, culturelles,
17:50tout ce que vous voulez.
17:51En fait, c'était open bar.
17:52La Russie voulait devenir un pays ami de l'Europe.
17:54On a refusé cette entente, c'était une gigantesque paix.
17:56– On reviendra demain.
17:58– Oui, bien sûr, absolument.
18:00– Il n'est pas trop tard pour bien faire.
18:02– Non, je le disais, c'était par rapport à votre raccourci
18:04qui était fait sur le gaz algérien.
18:07– C'est sûr qu'aujourd'hui, si la situation est résolue avec la Russie,
18:12on n'a plus besoin de gaz algérien, c'est vrai.
18:14– La France a déjà identifié le point faible de l'Algérie, c'est les Marocs.
18:20Et depuis 6 mois ou 8 mois, depuis le changement public d'orientation,
18:25la France est en train d'appliquer un rapport de force avec l'Algérie,
18:29là où la France a un marge des manœuvres.
18:31Et ça fonctionne parce que les Algériens hurlent au massacre.
18:35Et parce qu'ils commettent des erreurs, comme kidnapper Boulême Saint-Sal.
18:40Qui est, à mon avis, une manifestation d'une perte de sang-froid.
18:46– Est-ce que ce n'était pas une forme d'ingérence aussi, de la part de la France,
18:50d'aller s'occuper du Sahara occidental et de prendre position pour le Maroc ?
18:55– Non, parce qu'en fait, c'est normal pour des États de se prononcer,
19:02de reconnaître ou pas que tel territoire fait partie ou pas du territoire de tel autre État.
19:08Vous confirmez, n'est-ce pas ? – Oui, bien sûr.
19:10– C'est totalement normal.
19:11– Bon, allez, est-ce qu'il faut prendre des mesures ?
19:13On n'a pas répondu à cette question.
19:15Vous êtes d'accord ou pas ?
19:16Et quel type de mesures dans ce rapport entre la France et l'Algérie aujourd'hui ?
19:20Avec, je le rappelle, ce conseil interministériel.
19:23Si vous avez, vous aussi, un avis sur la question, argumentez.
19:28Bien sûr, 0 826 300 300.
19:31J'aimerais vous entendre.
19:32Manu vous attend au Standard.
19:34– 9h-10h, Sud Radio.
19:37La vérité en face, Patrick Roger.
19:39– La vérité en face, c'est ce torchon qui brûle entre Paris et Alger.
19:44C'est une image, mais c'est une image qui correspond bien, quand même,
19:47à ce qui se passe actuellement.
19:48Nous en parlons dans ce débat avec Thomas Guénolé et Gilles Miailly,
19:53directeur de la publication de Causeur, qui a remplacé, je vous le disais,
19:56pour ceux qui n'étaient pas là tout à l'heure, Elisabeth Lévy au pied levé.
19:59Ça va aller, Elisabeth.
20:00On lui passe d'ailleurs un petit bonjour au passage.
20:02Dans un instant, on va se tourner vers le Standard, 0 826 300 300,
20:06parce qu'il y a des auditeurs qui appellent et qui veulent prendre la parole.
20:12Il y a un conseil interministériel cet après-midi.
20:16Quel type de mesures faut-il prendre ? Et est-ce qu'il faut en prendre ?
20:19Gilles Miailly.
20:20– Alors, moi je pense que c'est déjà en train d'être fait.
20:23Le fait que l'Archers a publiquement annoncé en Sahara marocain
20:29que la France allait ouvrir des services consulaires dans cette région,
20:34c'est déjà un message clair vers Alger,
20:38que la France a pris une décision stratégique,
20:41que l'orientation de la politique étrangère française
20:45en Afrique du Nord et en Afrique en général,
20:47parce que le Maroc est aujourd'hui la porte vers l'Afrique,
20:51a été prise et que la France n'a pas l'intention d'échanger,
20:53malgré les faits qu'ils ont pris un otage, Boalem Sansal et autres choses.
20:57Donc c'est ça qui fait le plus de mal aux Algériens
21:01et c'est là où la France continue à taper, taper, taper.
21:04Pour les autres choses, c'est un peu le cirque.
21:07– Le cirque autour des influenceurs, des OQTF.
21:11– Oui, disons que c'est très important pour l'opinion publique,
21:15c'est important en général, mais ce n'est pas stratégique.
21:19J'ai pas dit que ce n'est pas négligeable,
21:24mais ce n'est pas ça qui va résoudre le problème.
21:28Et je rappelle que, juste un mot pour la question de génocide au XIXe siècle,
21:34c'est un vrai anachronisme.
21:36Il ne faut pas utiliser ces termes à la légère comme ça.
21:38Et juste pour donner un exemple du contexte du XIXe siècle,
21:42Abdelkader qui a été pris prisonnier, après ces soi-disant génocides,
21:48il avait de très bonnes relations et avec Napoléon III et avec la France,
21:53que ce soit en Syrie ou ailleurs, il ne s'est pas comporté
21:56comme un rescapé des génocides.
21:58Donc ce sont des termes qui sont inappropriés pour le contexte du XIXe siècle.
22:02À l'époque d'ailleurs, le FLN ne parlait pas de génocide.
22:06Thomas Guénolé.
22:08Non mais vous avez le droit de ne pas être d'accord avec moi là-dessus.
22:12J'ai aucun problème avec ça.
22:14Non Thomas, c'est pas ça. Je suis factuel.
22:16Le FLN à l'époque ne parlait pas du tout de génocide.
22:19Non mais je vous dis juste qu'à l'heure où je vous parle,
22:21la question du génocide et de l'Algérien, c'est quelque chose qui est débattu,
22:24qui est tout à fait traité par des historiens algériens, par des historiens français.
22:28Vous avez le droit d'avoir une opinion qui ne soit pas là-dessus.
22:31Je n'ai aucun problème avec ça.
22:33Non mais ce qui est factuel, c'est qu'il y a eu un million de morts sur une population de 3 millions d'habitants.
22:36Vous appelez ça comment ?
22:38Vous appelez pas ça un génocide ?
22:40Non mais alors si je vous propose d'entender,
22:42parce que sinon vous allez aller sur ce sujet sur la Vendée,
22:44vous allez me dire que ce n'est pas un génocide.
22:46Il y a combien de morts en fait en Vendée ?
22:48Sur une population de combien d'habitants ? C'est ça le critère.
22:50Moi je n'en sais rien.
22:52Vous choisissez vos combats.
22:54Je pourrais le redonner, je le redonnerai en fait tout à l'heure.
22:581 million sur 3 millions, si c'est pas un génocide, c'est ce que c'est.
23:000826-300-300.
23:02Vous avez la parole pour réagir.
23:04Est-ce qu'il faut des mesures ?
23:06C'est Samy qui est avec nous aujourd'hui au 0826-300-300.
23:10Samy.
23:12Bonjour Patrick.
23:13Bonjour, Samy.
23:14Alors, merci de me donner la parole.
23:16Oui, je vous en prie.
23:17Je voulais juste donc revenir sur ce que disait vos invités,
23:20qui parlent apparemment,
23:22qui reviennent sans tête sur le passé, sur la guerre d'Algérie.
23:26J'ai envie de dire qu'on ne parle que du côté négatif de ce qu'a fait la France.
23:31Mais alors ça c'est une guerre, il y a des conséquences.
23:34On ne peut pas oublier que la France a construit l'Algérie.
23:37Des milliers de kilomètres de routes, des ponts, des aéroports, des ports.
23:42La France a tout fait.
23:44Elle a fait les recharges de pétrole et du gaz.
23:46Donc maintenant il faudrait cesser d'accuser la France,
23:49de revenir sur le passé.
23:51L'Algérie doit grandir, doit prendre ses responsabilités,
23:55S'ils ne veulent pas reprendre, il faut une rupture ferme immédiate,
23:58réduire les visas,
24:00parce que c'est ce qui fait que l'Algérie en joue d'ailleurs.
24:03Donc s'ils ne veulent pas reprendre leurs QTF,
24:05il faut les expulser vers un pays tiers.
24:07Voilà, ce serait les Francs.
24:10Et puis au dernier cas,
24:12dans la corruption aussi, une mobilisation de l'Union Européenne.
24:15Pourquoi pas ?
24:16Parce que nous maintenant, les Français en France,
24:19on se sent en insécurité.
24:21Parce que des Algériens sous QTF
24:24peuvent nous tuer à n'importe quel moment.
24:26On peut se faire...
24:28Il y a un problème là.
24:30On a peur.
24:31Oui, c'est vrai.
24:32Il n'y a pas que les autres QTF d'ailleurs algériens,
24:34puisqu'il y en a d'autres également
24:36qui peuvent menacer la sécurité du territoire.
24:39Diane, avant de reprendre Thomas Guénolé et Guyl Miaeli,
24:43Diane de Perpignan veut aussi en fait réagir sur...
24:46Oui.
24:47Oui, bonjour Diane.
24:48Oui, bonjour à tout le monde.
24:50Je vais vous dire, là, il y en a marre.
24:52Il y en a marre.
24:53Le monsieur vient de le dire juste avant moi.
24:54Il y en a marre.
24:55Il y a des Français qui ont souffert.
24:56Il y a des familles françaises qui ont souffert.
24:58Parce que les Algériens ne sont pas blancs.
25:00Ils ne sont pas tout blancs.
25:01Et puis si on revient au 19ème siècle,
25:02on a qu'à revenir à l'homme de Cro-Magnon aussi.
25:04Il y en a marre de revenir en arrière.
25:06Il faut évoluer.
25:07S'ils ne savent pas évoluer,
25:08c'est leur problème, ce n'est plus le nôtre.
25:10Donc vous dites qu'il faut regarder devant en fait.
25:12C'est ce que vous voulez dire.
25:13Même s'il ne faut pas nier ce qui s'est passé.
25:15Bien sûr.
25:16On ne le nie pas.
25:17Mais eux, ils nient bien ce qu'ils nous ont fait aussi.
25:19Ils le nient bien.
25:20Parce qu'il y a des Français...
25:21Moi, je parle d'une famille.
25:22Il y a des gens qui ont été faire la guerre là-bas.
25:24Vous voulez que je vous raconte
25:25quand ils ont vu leur soldat mourir
25:26avec leur couilleux dans la bouche ?
25:27Ils ont fait des massacres.
25:30Ils ont fait des massacres aussi.
25:32Et ça, ils ne veulent pas le reconnaître.
25:34Maintenant, il y en a marre.
25:35Nous, les familles,
25:36on veut notre reconnaissance aussi.
25:37Nous, on est fiers.
25:38On a perdu du monde de là-bas.
25:39Maintenant, il y en a marre.
25:44Et les souhaits.
25:45L'argent et les souhaits.
25:46On ne veut plus, eux, en France.
25:47On ne les veut plus.
25:48Il y en a marre.
25:49Il y en a marre.
25:50Voilà, Diane.
25:51C'est un coup de colère.
25:52Vous êtes évidemment sous le coup de l'émotion.
25:54Parce que c'est vrai qu'il y a,
25:55et Benjamin Stora le disait, le spécialiste,
25:57il y a 7 millions au total de personnes
26:00sur le territoire en France
26:01concernées, de près ou de loin,
26:03avec des gens qui étaient sur place,
26:04des familles, etc.
26:06Des Français, évidemment.
26:08Ça fait plus de 10% de les habitants.
26:10Oui, c'est énorme.
26:11C'est énorme.
26:12Donc, évidemment,
26:13qui nous ramène à cette question
26:16qui est extrêmement sensible.
26:18On n'est quand même pas sortis de l'auberge.
26:20N'est-ce pas ?
26:21Non, Thomas Guénolé ?
26:22Oui, c'est correct.
26:23Non, mais c'est surtout,
26:24ça ne vient pas du côté français.
26:26Je pense que...
26:28D'où vient la légitimité du régime algérien ?
26:33Gratter sans cesse les cicatrices
26:36des 130 ans de présence française en Algérie.
26:42C'est...
26:44Aussi longtemps qu'il y a un régime
26:46qui dépend de ça,
26:48qu'il faut que ça saigne,
26:50on ne peut pas le satisfaire.
26:51On ne peut pas le satisfaire.
26:52Oui, oui.
26:53Non, c'est vrai.
26:54Thomas Guénolé, mot de conclusion.
26:56Alors, vous parlez toujours du génocide, etc.
26:59Il faut toujours être prudent.
27:00C'est pas là-dessus que je voulais réagir.
27:02Je ne voulais pas,
27:03parce qu'on était en pleine discussion
27:04sur l'Algérie mêlée, en fait, à la Vendée, etc.
27:06Mais je crois que le rapport est à peu près identique.
27:08C'est 250 000 victimes à peu près.
27:10Sur 800 000 habitants.
27:12J'ai absolument aucun problème
27:13avec le fait qu'on en discute.
27:14Moi, je voulais juste compléter
27:15par rapport à ce que je disais tout à l'heure.
27:16C'est-à-dire que ça peut être intéressant
27:18pour avoir un rapport de force plus favorable
27:20de manière générale,
27:21quel que soit le sujet,
27:22vis-à-vis de l'Algérie,
27:24de pousser à une réconciliation eurorusse.
27:27Parce que dans ce cas-là,
27:28vous dépendez beaucoup moins
27:29des approvisionnements énergétiques
27:31vis-à-vis de l'Algérie.
27:32Ah oui.
27:33Je comprends bien que ce n'est pas le problème.
27:34C'est le balancier, oui.
27:35Et dans ce cas-là, il y a trois sujets.
27:37Il y a accord de stabilité des frontières.
27:40Accord de stabilité des sphères d'influence.
27:42Et surtout, accord de libre-échange eurorusse.
27:45Et dans ce cas-là, ça peut tenir debout.
27:47Bon, bah écoutez, oui.
27:48Ça fait beaucoup de sujets.
27:49C'est pas du tout sur la table.
27:50C'est pas du tout sur la table.
27:51Dans le monde.
27:53Vous avez raison.
27:54Partout.
27:55Et il y a du boulot.
27:56Merci à tous les deux.
27:57Si vous ne mettez même pas sur la table de négociation,
27:59on n'a pas pu sortir des ronds.
28:00Non, non, merci.
28:01Dans un instant,
28:02Valérie Expert, Gilles Gansman,
28:04tous les débats, bien sûr,
28:05mettez-vous d'accord.
28:06On se retrouve aussi demain.
28:08Et puis les vraies voix ce soir.
28:10Vous pourrez continuer de réagir.
28:120826 300 300.