GRAND DÉBAT / Taxes sur l'automobile : la stratégie de Donald Trump
« Le récap » par Bruno Donnet
Donald Trump continue sa guerre commerciale en s'attaquant aux industries automobiles étrangères. Le 27 mars 2025, le président américain annonce imposer des droits de douane de 25% sur les voitures fabriquées hors des États-Unis. Cette annonce a secoué les constructeurs automobiles du monde entier. Bien que Donald Trump souhaite protéger l'industrie automobile américaine et reconstruire une chaîne de production automobile aux États-Unis, les consommateurs américains risquent d'être les premières victimes de ces tarifs douaniers. En effet, adepte du libre-échange, le secteur automobile mondial a organisé sa chaîne de production à l'échelle de la planète, faisant fi des frontières entre pays. Résultat de cette organisation, aucune voiture - même américaine - n'est produite à 100% dans un même pays. Ainsi, les pièces détachées d'une voiture américaine tomberont sous le joug de ces taxes ce qui augmentera le prix final de la voiture. Donald Trump reviendra-t-il sur sa décision comme l'espère Emmanuel Macron ?
Invités :
- Chloé Ridel, eurodéputée socialiste,
- Anne-Sophie Alsif, cheffe économiste au cabinet de conseil BDO France,
- Fanny Guinochet, journaliste économique à « La Tribune » et « France Info »,
- En visioconférence : Paul Maurice, secrétaire général du comité d'études des relations franco-allemandes à L'IFRI.
GRAND ENTRETIEN / Roland Lescure : la fin du rêve américain pour les Français expatriés ?
Roland Lescure, député des Français établis hors de France, revient d'un voyage à Washington et au Canada, où il est allé à la rencontre de ses électeurs. Parallèlement, 9 098 Français vivant en Amérique du Nord ont répondu à une large enquête qu'il a lancée. Celle-ci visait à connaître leur état d'esprit face au climat politique et économique depuis l'élection de Donald Trump. Les résultats sont sans appel : près de 88 % des Français résidant aux États-Unis se disent pessimistes quant à leur avenir. Ce chiffre grimpe encore pour certaines catégories professionnelles : 92 % chez les chercheurs, 97 % chez les diplomates, et même 100 % chez les étudiants. Parmi les principales sources d'inquiétude figurent la remise en cause de la démocratie (73 %), l'augmentation du coût de la vie (62 %) et les obstacles croissants à la recherche scientifique (58 %). Quelles décisions politiques pourraient rassurer les franco-américains ?
Grand invité : Roland Lescure, député « Ensemble Pour la République » des Français d'Amérique du Nord, ancien Ministre de l'industrie
GRAND ANGLE / Marine Le Pen : un avenir qui se joue au tribunal
Invités :
- Bertrand Périer, avocat,
- Elsa Mondin-Gava, journaliste LCP,
- Charles Sapin, journaliste politique au magazine « Le Point ».
Ça vous regarde, votre rendez-vous quotidien qui prend le pouls de la société : un débat, animé par Myriam Encaoua, en prise directe avec l'actualité politique, parlementaire, socia
« Le récap » par Bruno Donnet
Donald Trump continue sa guerre commerciale en s'attaquant aux industries automobiles étrangères. Le 27 mars 2025, le président américain annonce imposer des droits de douane de 25% sur les voitures fabriquées hors des États-Unis. Cette annonce a secoué les constructeurs automobiles du monde entier. Bien que Donald Trump souhaite protéger l'industrie automobile américaine et reconstruire une chaîne de production automobile aux États-Unis, les consommateurs américains risquent d'être les premières victimes de ces tarifs douaniers. En effet, adepte du libre-échange, le secteur automobile mondial a organisé sa chaîne de production à l'échelle de la planète, faisant fi des frontières entre pays. Résultat de cette organisation, aucune voiture - même américaine - n'est produite à 100% dans un même pays. Ainsi, les pièces détachées d'une voiture américaine tomberont sous le joug de ces taxes ce qui augmentera le prix final de la voiture. Donald Trump reviendra-t-il sur sa décision comme l'espère Emmanuel Macron ?
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- Anne-Sophie Alsif, cheffe économiste au cabinet de conseil BDO France,
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- Elsa Mondin-Gava, journaliste LCP,
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00:00Bonsoir et bienvenue dans ça vous regarde ravi de vous retrouver avec à mes côtés ce soir
00:10Roland Lescure bonsoir bonsoir et merci d'être mon grand témoin ce soir on va parler des français
00:16d'amérique du nord que vous connaissez bien puisque vous êtes leur député vous revenez d'une tournée
00:21aux états unis et au canada où vous avez pu mesurer en quête à l'appui leur inquiétude et
00:26même leur angoisse depuis l'arrivée de donald trump au pouvoir beaucoup veulent rentrer en
00:31france la fin du rêve américain on s'y arrête dans le détail tout à l'heure dans la deuxième
00:36partie mais d'abord le choc du secteur automobile mondial donald trump met sa menace à exécution
00:43plus 25% de taxes sur toutes les voitures importées aux états unis le bras de fer se durcit donc
00:49entre donald trump et l'europe alors jusqu'où doivent aller les représailles les 27 peuvent-ils
00:57rester unis et qui a le plus à perdre grand débat dans un instant sur ce plateau avec mes invités
01:03enfin grand angle ce soir sur le jugement très très attendu lundi de marine le pen la patronne
01:11du rn sera fixée sur son sort dans l'affaire des assistants parlementaires à bruxelles une
01:15condamnation avec exécution provisoire pourrait l'empêcher de se présenter en 2027 voilà donc
01:21pour le sommaire installez vous ça vous regarde on y va roland lescure allez c'est parti
01:25c'est un séisme pour le secteur automobile dans le monde de tokyo à munich l'industrie
01:43s'est réveillé hier dans la stupeur donald trump a donc opté pour le scénario du pire une hausse
01:49des droits de douane de 25% sur les importations de toutes les voitures mais aussi de toutes les
01:54pièces détachées les moteurs les batteries et tous les composants quelles que soient leurs
01:58provenances alors quels seront les principales victimes de cette mesure quels constructeurs
02:03souffriront le plus et comment les européens doivent riposter bonsoir chloé ridel bonsoir
02:08et bienvenue sur ce plateau vous êtes eurodéputé socialiste au parlement de bruxelles et porte
02:13parole du parti socialiste bonsoir anne-sophie el-sif bienvenue chef économiste au cabinet de
02:19conseil bdo france et bonsoir fanny guinochet ravi de vous retrouver journaliste économique
02:24à la tribune et à france info inutile de préciser roland lescure que ce débat il est un peu fait
02:28pour vous l'ancien ministre de l'industrie qui revient des états unis un débat qui commence
02:34avec le récap de bruno donnais qu'on accueille tout de suite retourné bonsoir bruno bonsoir
02:48myriam bonsoir à tous dans votre récap ce soir la guerre commerciale est déclarée absolument et
02:53sur les chapeaux de roue myriam un donald trump l'a annoncé hier les droits de douane sur les
02:58automobiles fabriqués hors des états unis vont augmenter et pas qu'un peu nous allons
03:03effectivement appliquer une taxe douanière de 25% mais si vous construisez votre voiture aux états
03:07unis il n'y a pas de droit de douane 25% de plus qui seront mis en place dès mercredi prochain
03:14alors concrètement c'est une menace pour un marché colossal regardez donc en 2024 une voiture sur deux
03:21vendues aux états unis provenait de l'étranger économiquement ça représente 474 milliards de
03:27dollars et le prix des véhicules étrangers pourraient donc augmenter en moyenne de 6250
03:33dollars quant aux pays les plus impactés et bien ce sont ceux dont l'industrie automobile est
03:38centrale pour l'économie c'est à dire le japon la corée du sud et l'allemagne le mexique et le
03:44canada sont très inquiets aussi oui ils sont préoccupés myriam parce qu'ils sont dans le
03:48collimateur de donald trump qui répètent depuis des mois qu'il en a racheté qui est de les
03:53subventionner nous subventionnons le canada à hauteur de 100 milliards de dollars par an nous
04:00subventionnons le mexique à hauteur de près de 300 milliards de dollars pourquoi subventionnons
04:07nous ces pays alors pour faire simple le mexique et le canada parce qu'ils sont géographiquement
04:13proches des états unis ont été choisis par de nombreux industriels pour abriter des usines de
04:18pièces détachées on fabrique donc dans ces deux pays là les moteurs les transmissions mais
04:23également les composants électriques voilà pourquoi le premier ministre canadien est extrêmement
04:28mécontent et dénonce même une stratégie totalement manœuvrière je rejette toute tentative visant à
04:36affaiblir le canada à nous épuiser à nous briser pour que l'amérique puisse s'emparer de nous est ce
04:43qu'on est sûr qu'il va les mettre en oeuvre ces menaces absolument pas absolument pas myriam
04:49d'abord parce que le président américain nous a habitué aux pétards mouillés et puis parce que
04:53comme l'expliquait très bien ce matin nos confrères de libération le calcul des droits de douane dans
04:58le secteur des pièces détachées est une usine à gaz dont la modification pourrait prendre une
05:02éternité c'est d'ailleurs aussi un ce qu'espère emmanuel macron très critique à l'égard des
05:07annonces américaines ça n'est pas une décision qui permet d'améliorer le progrès la prospérité
05:14dans nos sociétés et donc j'espère que peut-être après des annonces qui viendront le président
05:20trump les revisitera et pourra revenir sur cette décision alors augmentera augmentera pas on ne
05:26sait pas mais après la paix en ukraine l'annexion du canada ou le rachat du groenland donald trump
05:33n'en finit plus de saturer l'espace diplomatique et de soulever des interrogations vertigineuses
05:38merci beaucoup bruno donnais roland l'escur comment vous la lisez cette stratégie de donald
05:45trump c'est pas la première fois qu'il menace sur les automobiles sauf que pendant le premier
05:48mandat il n'a pas mis à exécution sa menace 25% c'est énorme pourquoi maintenant et et quel est
05:57son son réel objectif mais son objectif il l'a dit pendant la campagne son mot favori dans la
06:04langue anglaise c'est les tarifs douaniers c'est un objectif avant tout politique asseoir
06:09l'autorité des états unis sur le monde et rapatrier des usines en amérique c'est ça attirer un maximum
06:17oui mais la réalité c'est que ça fonctionne pas comme ça ça a été très très bien dit la chaîne
06:21de production aujourd'hui notamment entre les états unis et le canada est très intégrée donc
06:24une entre une une automobile par donc fabriqué à détroit aujourd'hui aux états unis il ya 30 40
06:30% des pièces détachées qui la compose qui viennent de l'autre côté de la frontière au canada donc si
06:34vous augmentez de 25 % les prix des pièces détachées ce sera d'autant plus cher pour les
06:39automobiles américaine pour vous la guerre commerciale c'est perdant perdant ça veut pas
06:46dire qu'il faut pas réagir on y reviendra sans doute parce qu'il faut être extrêmement ferme
06:49face à quelqu'un qui aime bien jouer au bras de fer il vaut mieux montrer les muscles que que
06:53s'incliner mais oui c'est une stratégie économique perdant perdant il a lui même reconnu il a dit
06:59va y avoir une période de transition un peu difficile vous inquiétez pas après tout ira
07:03bien ce sera l'eldorado la réalité aujourd'hui c'est qu'il a une stratégie on appelle ça le
07:08mercantilisme en économie un peu derrière garde qui fonctionnait dans une économie plutôt fermée
07:13qu'il est en train lui même de refermer mais qui risque de se traduire par des pertes d'impôt des
07:19pertes d'emploi pardon importante à la fois aux états unis ailleurs alors on va venir sur les
07:23conséquences et sur la riposte un chloé riddell dans un instant mais votre lecture m'intéresse
07:28également comme député européenne on a l'impression qu'elle est un peu sans limite cette
07:33guerre commerciale de trump aujourd'hui c'est les voitures mais jeudi prochain il nous promet une
07:38annonce de sans doute 25% mais sur l'ensemble des biens tous les biens qui rentrent aux états unis
07:44qu'est ce qu'il cherche qu'est ce qu'il veut selon vous il cherche à reconfigurer l'ordre mondial en
07:51matière de commerce parce qu'il pense que celui ci ne fonctionne plus pour les états unis je
07:56reviens ce matin même de washington où j'ai beaucoup discuté de ces sujets avec des
08:00interlocuteurs dans la capitale américaine ils considèrent qu'ils sont défavorisés et ils ont
08:06une stratégie où ils veulent recréer l'industrie aux états unis en à la fois augmentant les droits
08:13de douane et en baissant drastiquement les impôts pour les raisons qu'a évoqué le roland lescure
08:18c'est un choix qui s'annonce un peu perdant parce que pour l'instant la conséquence c'est plus
08:23d'inflation pour les américains c'est moins de croissance et à long terme les chaînes de
08:28valeurs sont tellement intégrées que ça ne se fait pas comme ça les chaînes de valeurs c'est
08:32tout l'avocat et de la chaîne de production on peut bien se rendre compte que donald trump
08:37y réaugmente les droits de douane il est remis à leur niveau de 1930 des années 30 à l'époque où
08:43la mondialisation n'était pas celle qu'elle était l'intégration des chaînes de valeurs n'était
08:46pas celle qu'elle était donc c'est pas automatiquement les mauvaises lunettes je pense
08:51moi attention je pense que ça n'est pas un gros mot de protéger son marché de protéger ses
08:56industries de protéger ses emplois je pense que l'union européenne on devrait davantage y
09:01réfléchir mais cette tactique unilatérale n'est pas la bonne pour y parvenir il faut je pense
09:07davantage de concertation et en tout cas il faut que l'europe prépare sa défense pour l'instant
09:12on a l'impression que il y a cette intention de répondre il pourrait dans pour dans il ya
09:17une première liste voilà la réplique d'une réplique on va en parler aux annonces de donald
09:22trump et c'est trop faible pour rappeler qu'elles sont pas centrées directement sur sur l'europe ou
09:27spécifiquement sur l'europe ça concerne l'ensemble des pays du monde alors les prix les prix des
09:32voitures anne-sophie alcif vont sans doute exploser une voiture neuve acheté aux états
09:38unis sur deux est importée sans compter donc on l'a dit toutes les pièces détachées est ce qu'on a
09:44une idée de l'augmentation des prix ça va se chiffrer en quoi en dizaines de milliers de
09:49dollars par véhicule alors peut-être mais là aussi c'est très compliqué puisque comme vous l'avez
09:53très justement dit on a eu le débat en europe et notamment sur les fameux véhicules chinois là
09:57vous l'avez très justement dit ce sont tous les véhicules qui sont concernés donc pas seulement
10:01européens vous avez parlé du japon de la corée du sud mais également de la chine et là en effet
10:05vous avez des pays qui fonctionnent très différemment bien sûr pour ne pas citer la chine
10:09qui a une économie qui est massivement subventionné et on se vient par exemple en europe on disait très
10:13bien on va augmenter les droits de douane même avec une hausse de 20-30% c'était déjà aspiré dans
10:18le prix de revente de la voiture chinoise qui restait bien inférieur aux constructeurs européens
10:22donc il y a une inégalité des constructeurs par rapport au prix et leur capacité à pouvoir
10:27absorber ces droits de douane. On peut déjà dire qui sera le plus pénalisé parmi les constructeurs ?
10:32Ce qui sera moins pénalisé mais en effet ceux qui seront le plus ce seront souvent les allemands et sûrement en effet les
10:36japonais puisque en termes de volume. On va y venir aux allemands dans un instant. Sur les prix par
10:42exemple les pick-up fanny guinochet sont ultra prisés. Ces voitures on va en voir une photo avec
10:48un grand coffre ouvert à l'arrière. On dit qu'un américain sur deux à peu près roule en
10:54pick-up aux états unis. Ils étaient déjà taxés 25% et donc là ça va faire 50%.
10:59Exactement et là où ça va être compliqué c'est qu'en fait les américains les prix vont forcément
11:05augmenter puisque donc alors ça dépend des marques mais quand même le prix des pick-up va
11:11augmenter en tout cas ceux qui sont importés mais il y a aussi les pièces détachées donc ça va
11:16s'appliquer aussi au marché de l'occasion. Vous voulez réparer votre pick-up vous allez devoir
11:21payer plus cher votre pièce. J'ai pu lire sur les pièces détachées que parfois il y a des passages de
11:25frontières entre les états unis. Voilà c'est l'intégration des chaînes dont parlait Roland
11:30Lescure et madame parce que effectivement c'est là où c'est pas figé donc la difficulté pour le
11:36consommateur américain ça va être quel choix je fais ? Le choix il se fait toujours en fonction
11:40du porte-monnaie. Il y a un patriotisme économique etc mais à la fin de la fin surtout face à de
11:49l'inflation en général et on a eu quand on regarde les voitures américaines sont souvent déjà plus
11:57chères que les voitures importées donc l'américain moyen entre guillemets il a plutôt tendance à
12:01s'acheter une voiture importée donc là forcément son prix va augmenter donc le choix il va y avoir
12:07une augmentation des prix pour le consommateur et puis il y a des gens qui vont des américains
12:11qui vont dire je change pas de voiture donc il y aura une baisse aussi de la production c'est ça
12:15le risque et au final bon bah aujourd'hui effectivement Donald Trump montre les gros
12:21bras mais demain quand il va y avoir et la voiture c'est vraiment le symbole d'aller à
12:27détroit vous parliez de détroit c'est ça fait vivre l'économie américaine mais demain quand
12:33vous allez avoir puis c'est la fierté américaine de changer de voiture d'avoir une voiture qui
12:37fonctionne d'avoir une grosse voiture etc et bien là quand demain les américains vont dire bah en
12:42fait c'est beaucoup plus cher j'ai mon pick-up j'ai pas pu acheter la pièce détachée parce qu'elle
12:47était quand même vraiment cher il reste au gars ça va poser quelques problèmes mais en attendant
12:51effectivement qu'est ce qu'on fait en europe qu'est ce qu'on fait surtout que on est dans
12:55une escalade avec des annonces la semaine prochaine de nouveaux produits de tous les
13:01produits importés donc là ça bouscule vous disiez au début de l'émission c'est un séisme
13:06on va voir ça sur les conséquences en europe et la riposte dans un instant je vais faire un
13:11détour aussi par par l'allemagne dans un instant mais je voudrais juste une question sur tesla on
13:15a pu s'interroger c'est bon c'est pas bon pour Elon Musk parce que d'un côté on se souvient on va
13:21voir les images Donald Trump qui posait derrière les véhicules tesla aux côtés d'Elon Musk pour
13:25essayer de lui dire allez il faut continuer à acheter parce que le cours de l'action s'est
13:29effondré on sait que les batteries sont fabriquées en chine mais que les usines sont assemblées aux
13:36états unis donc c'est plutôt un petit coup de pouce pour Elon Musk cette mesure non non d'abord
13:42vous l'avez dit le cours de la bourse s'est effondré les ventes se sont effondrées donc il
13:47va bientôt y avoir un problème ce qu'on appelle de cash flow de revenus chez tesla et tesla
13:51n'arrivera moi je vais le dire comme ça à survivre que s'ils sont capables de concevoir et de
13:55produire de nouveaux modèles donc il y a des besoins d'investissement chez tesla qui sont
13:59énormes aujourd'hui alors oui le présente comme un comme un coup de pouce parce qu'il y a des
14:03usines vous l'avez dit d'assemblage de tesla aux états unis il y a aussi des usines en europe qui
14:08elles vont souffrir il ya des usines en chine il ya beaucoup de véhicules tesla qui sont fabriqués
14:12en chine non je pense que c'est un coup de pouce pour personne. Et les voitures tesla
14:16elles sont construites avec de l'acier et de l'aluminium importé et là le prix va augmenter
14:21donc ça risque ça va se répercuter à un moment ou un autre sur le consommateur.
14:25Surtout que c'est vraiment en effet de relocaliser la production et qui est plus en effet de production
14:30et de made in USA mais là on voit que ça sera sûrement l'inverse et que ça pourrait au contraire
14:35et bien stimuler les ventes notamment des véhicules chinois qui eux on l'a dit étant
14:39très subventionnés pourront beaucoup plus absorber le prix donc ça pourrait vraiment avoir un effet
14:43inverse. D'ailleurs Musk l'a dit il l'a tweeté tesla n'est pas épargné par cette situation l'impact
14:48des droits de douane reste significatif. La France on est on est épargné. Sur les voitures
14:53alors il y a quelques voitures tesla mais globalement on est on est épargné par rapport
14:58à nos voisins allemands qui ont construit leur modèle économique sur les exportations et notamment
15:03les exportations vers les Etats-Unis. Il y a d'autres pays la Slovénie qui est la Slovaquie
15:09pardon qui est aussi impactée la Pologne mais globalement la France sur les voitures on s'en
15:13sort. Après on a d'autres produits nous en jeu nos spiritueux notre cognac là on fait moins les
15:19malins. Et les pièces détachées parce qu'on a de très grandes entreprises françaises qui
15:22travaillent pour les constructeurs Forestia, Plastique Omnium etc donc on a quand même un
15:27impact indirect qui risque d'être très fort plus les autres secteurs vous l'avez dit vins
15:31spiritueux, produits de luxe évidemment qui sont extrêmement vendus et la pharmacie. Les
15:37allemands les allemands ont manifestement le plus à perdre en Europe puisque les constructeurs
15:42automobiles allemands représentent deux tiers des exportations européennes BMW, Mercedes,
15:48Volkswagen. Peuvent-ils se passer du marché américain ? Il demande réponse Hélène Bonduelle.
15:52L'augmentation des droits de douane automobile annoncée par Donald Trump vient bousculer un
16:03secteur industriel crucial de l'Allemagne, un symbole du pays. BMW, Mercedes, Volkswagen les
16:12constructeurs allemands possèdent des usines outre-atlantique mais la plupart des modèles
16:16haut de gamme sont exportés depuis l'Allemagne. 445 000 véhicules ont ainsi transité vers les
16:22Etats-Unis l'an dernier, 13% des exportations de voitures allemandes. Les Etats-Unis sont le
16:29premier marché des marques allemandes et la fédération industrielle automobile du pays
16:33s'inquiète. L'annonce de droits de douane sur les voitures ou ses composants venant d'Europe
16:38vers les Etats-Unis est un sérieux revers pour le libre-échange et ses règles qui aura des
16:43conséquences significatives des deux côtés de l'Atlantique en termes de croissance, d'emploi,
16:48de prospérité et de travail. Car ces nouveaux droits de douane s'ajoutent à un secteur déjà en
16:54pleine crise et des suppressions de postes qui se multiplient. Alors le ministre allemand de
17:00l'économie en appelle à l'Europe. Ce qui compte maintenant c'est d'avoir une réponse ferme de
17:04l'Union européenne à ces droits de douane. Il doit être clair que nous ne nous laisserons pas
17:09faire. La présidente allemande de la commission européenne Ursula von der Leyen regrette
17:14également la décision américaine. Les droits de douane sont mauvais pour les entreprises,
17:19pire pour les consommateurs. L'Union européenne continuera à rechercher des solutions négociées
17:25tout en protégeant ses intérêts économiques. Et les enjeux économiques Outre-Rhin sont
17:30importants. Près d'un emploi sur sept en Allemagne est lié à l'automobile.
17:35Bonsoir Paul-Maurice et merci d'être à distance avec nous ce soir. Vous êtes chercheur à l'IFRI,
17:41spécialiste des relations franco-allemandes. Comment réagit-on en Allemagne et comment réagit
17:45le nouveau chancelier Friedrich Merz ? Bonsoir. Alors Friedrich Merz n'est pas encore chancelier.
17:52Il est en train de négocier avec les sociodémocrates pour devenir chancelier
17:56éventuellement comme il l'avait espéré à Pâques. Alors dans son programme économique,
18:01Friedrich Merz avait un programme de relance qui était ce que j'appelle un pansement géant sur
18:06l'économie allemande, c'est-à-dire des mesures de libéralisation mais pas de réflexion sur le
18:10modèle économique lui-même et qui repose, comme ça vient d'être dit, sur l'industrie et notamment
18:15automobile et tout ce qui en découle. L'Allemagne est devenue le premier partenaire commercial des
18:22États-Unis en 2024, on l'a vu dans les chiffres du début d'année, et donc ces tarifs douaniers et
18:28la menace qui pesaient sur les exportations allemandes sont un vrai coup d'arrêt sur les
18:34programmes de relance de l'économie allemande qui seront l'un des critères de réussite de ce
18:39gouvernement qui pourrait être dirigé par Friedrich Merz. Donc il y a une vraie crainte en Allemagne
18:44et en même temps on l'a vu des responsables politiques qui réagissent de manière paradoxale.
18:49Vous avez montré dans le reportage Robert Abbeck qui prône des réponses européennes fortes, c'est
18:55un écologiste qui a longtemps défendu une réforme de l'industrie allemande et notamment de
19:01l'industrie de l'automobile électrique. Alors justement, quelle riposte possible ? Est-ce que
19:06les Allemands ont un levier de pression directement ? Je pense peut-être au gaz non liquéfié américain
19:11dont ils ont besoin puisqu'ils se sont passés largement du gaz russe. Est-ce qu'au contraire
19:17ils attendent de la Commission européenne une riposte collective où le chacun pour soi peut
19:23l'emporter ? C'est toute la question mais cette question se pose à d'autres pays qu'à l'Allemagne,
19:29c'est-à-dire est-ce qu'on va être dans une logique trumpienne transactionnelle où il va réussir à
19:34convaincre les uns et les autres de négocier directement et c'est une crainte qu'on a eu
19:38pour l'Allemagne d'une réponse très angoissée sur son industrie. Néanmoins les premiers messages
19:44passés par Friedrich Merz, son déplacement à Paris, sa rencontre avec le président de la
19:48République à Berlin, montrent qu'il a une volonté de réagir en franco-allemand puis en européen.
19:54Est-ce que ce sera suffisant pour sauver, si j'ose dire, l'industrie automobile allemande ? Il faudra
20:00voir sur le long terme. En tout cas la demande européenne est forte et la France et l'Allemagne
20:04doivent en être vraiment les pays porteurs. Merci, merci pour cet éclairage monsieur Maurice
20:11Chloé Rydel. La riposte européenne, peut-être pour ceux qui nous regardent parce que c'est pas
20:15forcément une évidence, réexpliquer que la compétence commerciale, c'est à 27 elle se joue,
20:21au niveau de la commission européenne, c'est ça ? C'est exactement ça et le problème de la
20:28politique commerciale européenne depuis des décennies c'est qu'elle a été centrée sur
20:32l'objectif de garantir les prix les plus bas pour le consommateur, ça c'était l'objectif premier,
20:36quitte à accepter la délocalisation de beaucoup de nos industries en Chine pourvu qu'à la fin le
20:43prix pour le consommateur soit plus bas. Mais ça c'est oublier que le consommateur c'est aussi un
20:48citoyen qui tient à ses emplois, qui tient à sa souveraineté. Quand 90% des principes actifs de
20:54nos médicaments sont produits en Inde et en Chine, même s'ils sont moins chers, on voit bien que ça
20:59nous pose un problème de sécurité. Et pour le coup ça c'est un aspect sur lequel l'Europe ferait
21:05bien de s'inspirer des Etats-Unis qui ne cessent eux de revendiquer, par exemple sur les taxes
21:10récemment mises sur l'aluminium et l'acier, la question de la souveraineté et de la sécurité
21:17nationale. Il y a un commissaire dont j'ai découvert l'existence, puisque je suis moins
21:23familière que vous, des questions européennes qui s'appelle Seljkovic, c'est un Slovaque. C'est
21:29quoi son job exactement aujourd'hui face à une telle guerre commerciale ? Il était d'ailleurs
21:33cette semaine à Washington pour essayer de négocier avec les Américains et de faire en sorte par
21:38exemple qu'il n'y ait pas de répliques dévastatrices sur nos vins ou sur nos champagnes. Mais moi ce
21:45que je veux dire... C'est lui qui décide au fond de la liste des produits ? Non, il consulte avec les Etats-membres.
21:50Donc c'est démocratiquement validé par les 27 ? C'est consulté sans arrêt avec le Conseil
21:56européen et il y a un devoir, enfin un contrôle du Parlement européen, mais pas suffisant évidemment
22:02à mon sens. En fait l'approche de la Commission européenne pour l'instant c'est d'essayer d'empêcher
22:09Donald Trump de le dissuader d'appliquer ses droits de douane. Mais je pense qu'il ne faut pas partir
22:14du principe que M. Trump va reculer. Il faut d'abord chercher à protéger nos industries européennes,
22:21nos emplois européens. Et moi je constate sans arrêt qu'il y a une forme de peur en Europe, notamment
22:27vis-à-vis des Etats-Unis, qui ont toujours été le grand frère, etc. Une forme de déni qui se poursuit,
22:32de dire non non mais s'il vous plaît revenez sur votre décision, ah d'accord on va renoncer à
22:38l'application de notre loi sur la régulation des réseaux sociaux, on va renoncer à notre taxe sur
22:45les GAFAM que les Américains nous menacent. Il ne faut pas faiblir, il ne faut pas se laisser intimider.
22:52Et moi je pense qu'on a beaucoup à apprendre dans l'occurrence de la réaction canadienne, je suis
22:56désolée, mais la force et la dignité de leur réaction en disant la conscience elle est rompue, et ils ont
23:01quand même des raisons de le dire, parce qu'on a quand même un président américain qui parle de
23:05les annexer, et qui disent voilà on est unis, fermes, et on ripostera aussi longtemps que nécessaire.
23:11C'est comme ça que l'Europe doit réagir. L'unité c'est plus facile quand on est une grande nation et un seul
23:17pays. L'unité à 27 face à une telle guerre commerciale est-elle possible ? C'est possible puisque comme
23:21on l'a très bien dit c'est une compétence de l'Union Européenne. Je rappelle concernant les Allemands
23:25que le premier marché, le premier client, c'est le marché européen, et que par rapport aux Etats-Unis on a une
23:31balance commerciale excédentaire. Donc on est le premier marché, les premiers clients par rapport aux Allemands
23:36c'est l'Europe, c'est pas les Etats-Unis, c'est après, et ensuite on est en capacité d'excédent par rapport aux
23:42Etats-Unis. Et malgré, on va dire, ces faits économiques, on est, et on répond en disant attention, s'il vous plaît
23:49on est fait arrêter, il faut qu'on change notre politique...
23:52Donc vous dites, on répond, c'est la Commission Européenne ou c'est chaque Etat qui va à Washington en suppliant Trump de ne pas agir ?
23:58Et les Allemands, rappelons-nous, depuis Trump 1, le lendemain que les 25 droits d'honneur, parce qu'il avait déjà fait le coup
24:04la première fois, a été annoncé sur l'automobile, Angela Merkel seule était à Washington pour dire attention, s'il vous plaît,
24:11ne taxez pas nos automobiles. Donc c'est vrai que là de dire on passe par le franco-allemand etc, c'est assez risible quand on connaît
24:17l'histoire de l'Europe, puisque à ce moment-là, il y avait déjà eu l'interrogation de dire attention, il y a des dépendances
24:22et ça peut continuer si Donald Trump revient, et on avait eu les mêmes problématiques sur l'Europe de l'énergie notamment,
24:28où en effet l'Allemagne était souvent taxée...
24:30Fanny Guinochère, Roland Escure.
24:32Là, il y a peut-être un changement, c'est qu'aujourd'hui, du côté de l'Allemagne, le choc est tel, il y a eu depuis quand même la guerre en Ukraine,
24:42tous les fondamentaux allemands sont en train quand même de s'écrouler, pour faire simple.
24:47Et effectivement, du côté des Allemands, avant ils se sentaient extrêmement puissants, c'étaient les meilleurs élèves de l'Europe,
24:56ils pouvaient aller tout seuls dans leurs coins, négocier leurs petites affaires, sauver leurs voitures.
25:01Là, ils ont pris quand même un coup sur la tête, évidemment, avec le désengagement de Trump sur l'Ukraine et l'OTAN.
25:10Effectivement, ils sont en train de regarder un peu plus du côté de la France.
25:12C'est un élément, bon, il va falloir voir, mais je pense que c'est un élément d'optimisme que l'on peut avoir sur la façon dont on peut trouver,
25:20éviter que l'Europe ne se divise, en tout cas que le socle franco-allemand retrouve un peu et fasse poids face aux Etats-Unis
25:29et qu'on n'aille pas dire, bon, taxez moins les voitures, tant pis pour le champagne, mais allez-y pour les voitures.
25:33C'est-à-dire qu'il ne faut pas faire de bilatéral, c'est ça ?
25:35Ou chaque pays part à Washington en essayant de négocier son intérêt personnel.
25:40Il est en train de changer fondamentalement. Enfin, moi, je pense que le changement, il est beaucoup plus profond encore que ce que vous avez mentionné.
25:45Ce que vous dites est vrai de Trump 1, où il a divisé pour Muranié. Vous vous souvenez qu'il taxe le vin français et espagnol et pas le vin italien ?
25:52Là, c'est terminé, il taxe tout le monde.
25:54Oui, c'est ça, il fonctionne davantage par secteur, même mondial, plutôt que par pays.
25:58Parce que l'Europe, elle aussi, répond de plus en plus rassemblée. Le changement fondamental du champs-solier allemand.
26:04Robert Abec, moi, je le connais bien, c'était mon alter-ego quand j'étais à l'industrie.
26:08Ils étaient pas du tout sur ce qu'il vient de dire là.
26:10Ils vont réagir ensemble en Europe 1.
26:12Parce que quand vous faites le PIB, le Produit Intérieur Brut européen, anglais et canadien,
26:18qui sont aujourd'hui les trois grandes zones occidentales concernées,
26:22vous êtes kiff-kiff avec les Etats-Unis.
26:24Donc ensemble, on est aussi fort.
26:26Alors que séparément, on représente tous...
26:28Et ça, c'est ancré. Il n'y aura pas de fissure dans ce mur d'unité.
26:31Je ne pense pas, parce que d'abord, il y a des enjeux politiques qui dépassent même les enjeux économiques aujourd'hui.
26:37On ne parlera pas de l'Ukraine aujourd'hui, mais évidemment, c'est fondamental.
26:39Les valeurs de la démocratie, on en parlera peut-être tout à l'heure, y compris sur la liberté de la recherche.
26:45Là, c'est une Amérique qui est en train de changer en profondeur.
26:47Alors que le Canada, le Royaume-Uni et l'Europe, je pense, sont attachés à leur modèle.
26:53Alors, soyons plus précis et concrets.
26:55Il y a eu une première liste.
26:57Il y avait le problème du bourbon dans cette liste.
27:01Et donc, on a eu une première série de représailles sur le champagne des spiritueux français.
27:05Mais au-delà de cette liste, dans la riposte graduée, il y a un coup de bazooka possible, c'est les services.
27:11C'est les big tech, les GAFA.
27:13Où on en est, vous qui siégez à Bruxelles, Chloé Rydal ?
27:17Est-ce que ce n'est pas maintenant qu'il faut agir en menaçant de taxer Netflix ou Facebook ?
27:19Ça, c'est effectivement ce que la Commission nous présente comme leur dernier acte,
27:23le bazooka européen des taxes sur les services numériques américains.
27:27Parce que les Américains, en fait, nous exportent 40 % de biens et 60 % de services.
27:33On peut le faire, ça, en Europe ?
27:35Bien sûr qu'on peut le faire.
27:37Après, est-ce qu'on en aura le courage ?
27:39Moi, c'est la question que je pose.
27:41Est-ce que vous, vous le souhaitez ?
27:43Bien sûr que je le souhaite.
27:45Si c'est nécessaire pour défendre les intérêts qui sont les nôtres, je le souhaite.
27:47Et je souhaite que les Etats-Unis arrêtent de nous dire
27:49qu'eux, ils ont le droit, au nom de leur sécurité nationale,
27:51de mettre tous les droits de douane qu'ils veulent.
27:53Mais quand nous, on va mettre une taxe sur les GAFA,
27:55parce que ça pose aussi des problèmes de sécurité, je suis désolée,
27:57ils nous disent non, non, ça c'est contraire aux lois de l'OMC.
28:01L'organisation mondiale du commerce.
28:03Et ils nous font la leçon, comme ça.
28:05Ce serait dissuasif, ça, cette menace-là ?
28:07Ça redescendrait la température ?
28:09Je pense qu'en tout cas, ce serait de nature à impacter leur économie
28:13et à faire comprendre que l'Europe est prête à défendre ses intérêts.
28:17Et pourquoi personne n'en parle ?
28:19Au moins, dans le débat public, pour l'instant, c'est quand même assez absent.
28:23Comme vous l'avez dit, c'est vrai que politiquement, c'est un peu la dernière des réponses.
28:27Donc l'idée à voir, en termes de négociation,
28:29parce qu'il annonce toujours des chiffres énormes,
28:31c'est de dire, est-ce qu'on peut négocier pour peut-être pas en arriver là ?
28:33Parce que là, normalement, c'est le 2 avril, la mise en oeuvre sur les voitures.
28:37C'est demain, donc en gros, qu'est-ce qu'on fait d'ici, là ?
28:39Mais il peut faire, il peut l'annoncer, il peut retirer, il peut baisser le taux.
28:43Vous avez vu que sur le Canada, il avait commencé à annoncer des tarifs en février,
28:46il a donné un mois de délai.
28:48Faut pas se leurrer.
28:49La raison pour laquelle il est sorti hier là-dessus,
28:52c'est tout simplement pour divertir l'attention
28:54de la polémique sur la fameuse boucle Sinal,
28:57où les responsables de la défense américaine
29:00avaient fait entrer par erreur...
29:02Un journaliste.
29:03Un journaliste.
29:04Depuis Atlantique.
29:05Ça prenait toutes les nouvelles,
29:06et hop, le lendemain, on fait une nouvelle,
29:08et vous le voyez, elle a un impact mondial,
29:10qui a tendance...
29:11Pour vous, c'est une diversion, mais qui ne mettra pas forcément en oeuvre.
29:14Le président de la République l'a dit tout à l'heure.
29:16On doit, nous, faire des annonces de riposte, cette semaine.
29:19Mais lesquelles, alors, concrètement ?
29:21Moi, je pense que sur les services,
29:23il y a deux services sur lesquels les Américains
29:25font des fortunes dans le monde entier,
29:27c'est les services financiers et les services de technologie.
29:30Les services financiers, exemple ?
29:31Les banques.
29:32Les banques qui, aujourd'hui, sont très présentes en Europe.
29:34Systèmes d'échange internationaux ?
29:35Les banques qui investissent en Europe,
29:37qui font des transactions financières en Europe,
29:39qui sont présentes à Londres,
29:41mais qui interviennent partout en Europe.
29:43Et les services financiers,
29:44Chloé Ridel l'a très bien dit.
29:45Les numériques, vous voulez dire ?
29:46Pardon, les services numériques, vous l'avez bien dit,
29:48qui sont aujourd'hui, mais qui gagnent énormément d'argent en Europe,
29:51et qui, accessoirement, n'y payent aucun impôt.
29:54Vous savez que la France a mis en place un impôt
29:56sur les services numériques.
29:58Et il faut aller au-delà et menacer,
30:01je ne dis pas qu'on le fera,
30:03mais face à quelqu'un qui est dans le bras de fer...
30:05Vous trouvez qu'ils sont menaçants, aujourd'hui,
30:07les Européens, là-dessus ?
30:08Oui.
30:09Vous la trouvez à la hauteur ?
30:10Là où il faut faire attention, juste là-dessus, je finis,
30:12c'est que Donald Trump adore les effets de manche.
30:15Et qu'à mon avis, il vaut mieux le traiter au téléphone qu'à la télé.
30:19C'est-à-dire que je pense qu'il faut faire passer des messages
30:22via l'administration américaine, qui l'écoute encore un peu,
30:24sur ce qu'on est prêt à faire.
30:26Et je pense qu'il y aura des annonces, on verra cette semaine,
30:28pour répondre, ou en tout cas préparer la riposte.
30:30Fanny Guinochelle, le mot de la fin.
30:32Peut-être la dernière chance, j'ai envie de dire,
30:34arme, je ne sais pas comment il faut le présenter,
30:36c'est les marchés financiers, c'est les marchés boursiers.
30:39C'est-à-dire que le logiciel de Donald Trump,
30:43c'est aussi la bourse américaine.
30:45L'annonce des droits de douane, ça a fait baisser les valeurs
30:48des constructeurs américains.
30:53Demain, si l'Europe annonce des menaces concernant,
30:59je n'en sais rien, des Netflix, des Amazon, des Microsoft,
31:02ces entreprises, elles vont perdre en bourse.
31:05Donc les marchés, c'est sa seule boussole.
31:07Et puis ça va toucher son électorat directement aux Etats-Unis.
31:12Les Américains ont beaucoup d'argent en bourse.
31:14Leurs retraites sont indexées sur la bourse.
31:17Donc il y a un moment, c'est aussi peut-être là-dessus.
31:20Et on peut se dire que derrière les discours politiques
31:22dont Donald Trump finalement n'a que faire,
31:25finalement, si vous avez des baisses régulières de la bourse,
31:28il pourra peut-être revoir sa position.
31:31Pour finir, je ferais attention à ce point de vue
31:33qui est des fois un peu trop européen
31:35dans la rationalité économique, l'impact que ça a.
31:38On voit lors de Trump 1, il avait commencé à faire ça
31:41sur son électorat, ces 3 000 dollars en moins par an
31:44pour la majorité des gens qui ont voté pour lui
31:47et ces gens ont massivement revoté pour lui
31:49pendant la campagne des annonces.
31:51Donc faisons aussi attention.
31:52On voit qu'on n'est pas du tout dans une politique
31:54de rationalité économique,
31:55qu'on n'est pas du tout dans une politique rationnelle
31:57où le but, c'est du gagnant-gagnant.
31:58On est vraiment sur de la politique spectacle
32:00et ça plaît à beaucoup d'Américains.
32:02En tout cas, merci, parce que vous nous avez quand même aidés
32:04à lire l'indéchiffrable Trumpisme en matière commerciale.
32:08Merci d'avoir accepté ce débat sur LCP.
32:11Vous restez avec moi ?
32:12Avec plaisir.
32:13Roland Lescure, on va continuer à parler des Etats-Unis.
32:16Vous avez réalisé une vaste enquête auprès des Français qui y vivent
32:19et l'impression qu'on avait tous se confirme chiffre à l'appui.
32:23Ils pâtissent déjà de l'élection de Trump,
32:25la fin du rêve américain.
32:26Regardez, c'est dans l'invitation de Baptiste Gargi-Chartier.
32:29Interview juste après.
32:33Si on vous invite, Laurent Lescure,
32:34c'est suite à la publication de votre dernière étude.
32:37Un questionnaire envoyé aux Français expatriés en Amérique du Nord
32:40depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche.
32:43Je voyais les inquiétudes sourdes qui pointaient dès l'automne,
32:47dès l'élection, se transformer en stupéfaction après l'investiture.
32:52Roland Lescure, vous êtes économiste,
32:54ancien ministre chargé de l'industrie de l'énergie
32:56et actuellement député des Français établis hors de France.
32:59D'où cette enquête menée il y a seulement quelques jours
33:02et à en croire les chiffres, pas d'équivoque.
33:05Plus de 64% des sondés disaient être inquiets de la situation,
33:0826% disent que l'état actuel des relations entre la France et les Etats-Unis
33:13pourrait avoir un impact sur leur activité professionnelle.
33:16Enfin, 11% des sondés environ craignent de perdre leur emploi à court terme.
33:219000 expatriés, toutes catégories sociales, ont répondu à votre enquête.
33:25Là-bas, plus d'un tiers des fonctionnaires et un quart des chercheurs
33:29pourraient guider le pays à en croire les résultats du questionnaire.
33:32Ces Français rêvés de liberté, dites-vous, avec la volonté d'entreprendre.
33:36Mais depuis, le contexte politique semble avoir bien changé.
33:40Alors, Roland Lescure, le retour de Donald Trump au pouvoir,
33:43acte-t-il la fin du rêve américain ?
33:47Roland Lescure, c'est bien plus que de la peur
33:50que ressentent les Français qui vivent aux Etats-Unis et que vous avez rencontrés.
33:54C'est quoi ? C'est une forme de vraie, vraie angoisse existentielle ?
33:59Il y a d'abord de la stupéfaction par la kériale d'annonces qui ont été faites
34:03et puis la réalité, la réalisation que ça les impacte directement, très concrètement.
34:09Donc là, je reçois, depuis que cette enquête a été publiée,
34:12des tonnes de courriels de gens qui ont été arrêtés à la frontière,
34:15dont la valise a été fouillée, donc les frontières sont en train de se refermer.
34:19Vous avez peut-être vu que les vols en provenance du Canada
34:21ont baissé de 70 % depuis le début de l'année.
34:24Et quand vous demandez aux Françaises et aux Français leurs inquiétudes,
34:28de manière un peu surprenante, aux Etats-Unis,
34:31elles sont avant tout d'abord politiques sur les enjeux des valeurs, des discriminations,
34:35de la liberté et de la recherche, puis très vite économiques,
34:38sur le pouvoir d'achat, sur leur job.
34:41Et moi, ce qui m'a surpris le plus, parce que les gens qui vont aux Etats-Unis,
34:45en général, ils y vont pour la liberté.
34:48Le land of the free and the home of the brave.
34:51Ça, c'est l'hymne national, le pays des libertés et le foyer des courageux.
34:55Aujourd'hui, la liberté d'entreprendre reste présente,
34:58la liberté de chercher, c'est plus le cas,
35:00la liberté d'opinion, on l'a vu avec un certain nombre de gens
35:03qui sont attaqués, voire arrêtés, mis en prison pour des opinions qu'ils ont eues.
35:07La liberté de mobilité...
35:08Alors, on parle de la liberté de rechercher, parce que ça, c'est fondamental,
35:11et il y a beaucoup de chercheurs français aux Etats-Unis.
35:14Racontez-nous, vous les avez rencontrés, cette crainte d'être viré du jour au lendemain,
35:18d'être arrêté à l'aéroport, vous avez commencé à en parler,
35:20concrètement, il y a des interrogatoires plus musclés,
35:23de quel type, quand vous voulez revenir aux Etats-Unis ?
35:26Alors, d'abord, quand vous y êtes, il y a le fameux e-mail d'Elon Musk,
35:29les cinq bullet points, les cinq points que vous devez envoyer une fois par semaine
35:34en disant ce que vous avez fait de votre semaine.
35:36C'est une réalité, donc il y a des milliers d'e-mails qui sont envoyés,
35:38évidemment, ce n'est pas Elon Musk qui les lit le vendredi soir auprès du feu,
35:42c'est de l'intelligence artificielle qui les traite,
35:45et les chercheurs présents s'interdisent de mettre dans cette bullet point
35:49un certain nombre de termes.
35:51Chauffement climatique, genre, génome, embryon,
35:56pour ne pas donner l'impression à l'intelligence artificielle
35:59qui fait ça, contrairement à ce que son nom l'indique,
36:01de manière un peu bête et méchante,
36:03qu'ils sont en train de faire des recherches qu'on pourrait qualifier de woke
36:06sur des sujets qui ne lui plaisent pas à lui.
36:09Donc il y a déjà une peur de l'expression.
36:12Donc il y a une forme d'autocensure déjà qui est installée à tous les étages.
36:15Il y a de l'autocensure mais qui est présente,
36:17à tel point que les chercheurs que j'ai rencontrés m'ont dit
36:19qu'ils discutaient avec nous, mais nous ne nous citaient pas.
36:21Les témoignages sont anonymes.
36:23Deuxième point, les budgets.
36:25Beaucoup de budgets ont été coupés.
36:27J'ai rencontré des chercheurs dont la carte de crédit professionnelle,
36:30qui leur permettait de voyager pour aller à des congrès,
36:32complètement arrêtée.
36:34Vous avez le droit de recruter un chercheur nouveau dans votre laboratoire.
36:39Mais si vous le faites, il faut en licencier quatre.
36:42Avant, on est loin du non-replacement d'un recruteur sur deux
36:46qu'on avait connu à l'époque.
36:48Et tout ça en toute légalité ?
36:50Quand, par exemple, vous racontez que les douaniers à l'aéroport
36:52regardent les ordinateurs, les téléphones...
36:54Il y a eu un chercheur qui a d'ailleurs été refoulé
36:56parce que dans son téléphone, il y avait des messages
36:59qui n'étaient pas très pro-Trump, pour le dire rapidement.
37:01Tout ça, c'est légal ?
37:03Sur ce chercheur-là, il y a deux versions
37:06qui s'opposent entre la version des autorités américaines
37:09et la version des autorités françaises, mais peu importe.
37:11Quand vous arrivez à la frontière américaine
37:13et que vous parlez à un douanier face à vous,
37:15vous n'êtes pas encore aux Etats-Unis.
37:17Vous n'êtes plus en France.
37:19Et il a tous les droits.
37:21Si vous êtes américain, il y a beaucoup de franco-américains aux Etats-Unis,
37:23il ne peut pas vous empêcher de rentrer.
37:25Mais il peut, pour autant, vous interroger,
37:27fouiller votre valise, j'ai des exemples très concrets
37:29de gens dont la valise a été fouillée,
37:31pour s'assurer qu'on n'est pas en train d'importer
37:33des produits détaxés, etc.
37:35Si vous n'êtes pas américain,
37:37que vous êtes touriste, que vous avez une résidence,
37:39voire même une résidence permanente,
37:41la fameuse carte verte,
37:43il a tous les droits.
37:45Si un douanier, en fonction d'un certain nombre de suspicions qu'il a,
37:47sans même devoir se justifier,
37:49décide que vous n'entrez pas,
37:51vous n'entrez pas.
37:53C'était déjà le cas avant.
37:55Et on a tous des exemples de gens dont on sait qu'ils ont été refoulés
37:57ou embêtés à la France.
37:59Mais là, on change de dimension.
38:01A tel point qu'aujourd'hui, on a même des Américains
38:03qui commencent à demander la nationalité française.
38:05On a des exemples...
38:07Dans quelle proportion, vous allez ?
38:09J'ai échangé avec des consuls généraux que j'ai vus la semaine dernière,
38:11ça reste anecdotique,
38:13mais plus que d'habitude.
38:15Donc il y a eu un afflux de demandes,
38:17de quelques dizaines, quelques centaines
38:19de demandes de nationalité,
38:21de renseignements, et des Américains.
38:23Et les Français, alors, ils veulent rentrer ?
38:25Alors, pas tous, évidemment.
38:27Est-ce qu'on peut le mesurer ?
38:29Vous voyez, par exemple, les retraités,
38:31il y a 80-90 % d'entre eux qui sont inquiets.
38:33Mais ils ne veulent pas rentrer, parce que leur vie est là-bas.
38:35En revanche,
38:37vous avez au Canada,
38:395-6 % des Français qui envisagent de rentrer.
38:41Aux Etats-Unis,
38:43maintenant, c'est 20 %, donc c'est trois fois plus.
38:45Et ça, c'est inédit.
38:47Des Françaises et des Français
38:49aux Etats-Unis qui veulent rentrer,
38:515-6 %, c'est normal,
38:53parce qu'il y a un taux de rotation normal.
38:55Mais qu'on en arrive à 20 %,
38:5725 % pour les chercheurs,
38:59ça, c'est totalement inédit.
39:01Sur les chercheurs en particulier,
39:03cette espèce de chasse aux sorcières,
39:05il y a un parfum un peu de McCarthy,
39:07certains observateurs ont pu l'écrire.
39:09C'est ce moment-là,
39:11on parle d'un moment Orwellien,
39:13certains parlent même de dérive autoritaire,
39:15voire totalitaire.
39:17Quel mot pour qualifier ce basculement ?
39:19Je dirais d'abord que la réalité dépasse la fiction.
39:21Si George Orwell était de retour
39:23et qu'il voyait
39:25là où on est l'Amérique après 65 jours,
39:27parce qu'il n'est pas là depuis très longtemps,
39:29je pense qu'il écrirait le tome 2
39:31et il ne manquerait pas de réalité
39:33pour nourrir sa fiction.
39:35Mais ça reste une démocratie, honnêtement,
39:37quand même.
39:39La démocratie, ce sont des valeurs.
39:41C'est une démocratie qui est testée.
39:43Même les contre-pouvoirs dont vous mentionnez,
39:45ils les testent.
39:47Il y a aujourd'hui des décisions judiciaires
39:49de juges, qui eux aussi sont élus,
39:51qui s'opposent à ces décisions.
39:53On va voir s'ils passent outre ou pas,
39:55parce que la démocratie américaine
39:57tient beaucoup sur des habitus,
39:59c'est-à-dire sur un certain nombre de règles
40:01inscrites dans la Constitution
40:03et beaucoup de jurisprudence.
40:05On va voir s'ils questionnent ça.
40:07Et puis, des gouverneurs qui résistent.
40:09Vous la voyez, la résistance ?
40:11Vous en revenez ? Pourquoi c'est si prudent ?
40:13Où sont les démocrates ?
40:15Où sont les grandes manifestations ?
40:17D'abord, c'est une démocratie.
40:19Il a été élu, il a eu la majorité absolue,
40:21le Congrès, etc.
40:23Ensuite, son camp, il le gouverne
40:25complètement par la peur.
40:27Si un député ou un sénateur républicain
40:29envisage de s'opposer à ce qu'il dit,
40:31il va lui envoyer quelqu'un en primaire
40:33pour le battre aux prochaines élections.
40:35Les démocrates, ils étaient sonnés,
40:37complètement sonnés par l'élection,
40:39qu'ils ne pensaient pas perdre.
40:41Ça fait deux fois, parce qu'en 2016,
40:43c'était la même chose.
40:45Là, ils sont un peu groguillés,
40:47en train de se relever.
40:49Mais ça va prendre un peu de temps.
40:51Qu'est-ce que vous leur dites
40:53aux expatriés français ?
40:55Restez ou rentrez ?
40:57D'abord, je me garderais bien
40:59de leur donner des conseils.
41:01Il y a un risque que vous soyez refoulés
41:03ou ennuyés à la frontière,
41:05donc soyez prudents.
41:07J'ai des parents qui m'ont écrit
41:09en disant qu'ils avaient une fête
41:11de famille en Europe,
41:13qu'ils avaient prévu de rentrer
41:15tous les deux une semaine.
41:17Qu'est-ce que vous pensez ?
41:19Prenez votre décision,
41:21mais faites attention.
41:23La probabilité que vous soyez refoulés
41:25est très faible, heureusement,
41:27mais elle existe.
41:29On se retrouve tous seuls à Houston,
41:31Washington ou Chicago.
41:33Est-ce qu'il y a une idéologie
41:35à la Maison Blanche ?
41:37On parle de vague conservatrice,
41:39blanche, chrétienne,
41:41persuadée d'une forme de décadence
41:43de la civilisation européenne
41:45et de la démocratie.
41:47Vous êtes d'accord ?
41:49Je ne suis pas d'accord avec ça.
41:51Vous êtes d'accord pour dire que ça correspond à ça ?
41:53Il y a plusieurs lignes idéologiques
41:55qui se complètent
41:57dans l'entourage de Donald Trump.
41:59Il y a une ligne très libertarienne,
42:01presque anarchiste, portée par Elon Musk
42:03et derrière lui, quelqu'un de très important,
42:05Peter Thiel,
42:07son associé dans PayPal,
42:09un Sud-africain, très conservateur
42:11mais très libertarien.
42:13Anti-Etat.
42:15On coupe l'Etat. L'Etat est trop gros.
42:17L'Etat, c'est 2 %, les fonctionnaires
42:19de la masse salariale totale.
42:21On ne peut pas dire qu'il soit gigantesque.
42:23Ce n'est pas un mammouth.
42:25Il y a une tendance
42:27personnifiée par
42:29J.D. Evans, son vice-président,
42:31extrêmement conservatrice,
42:33nationaliste,
42:35arrogante, et qui souhaite
42:37refermer l'Amérique en gros en disant
42:39entre nous,
42:41on ira mieux.
42:43Ce qui va complètement à l'encontre
42:45des 250 ans d'histoire
42:47de l'Amérique, qui s'est construite sur l'immigration,
42:49qui s'est construite sur la liberté d'entreprendre
42:51et qui s'est construite aussi
42:53sur la liberté d'expression et les contre-pouvoirs
42:55qui sont en train de flageoler.
42:57Les grands médias
42:59aujourd'hui, pour certains d'entre eux
43:01en tout cas, ont baissé les genoux.
43:03Alors, ce n'est pas la fin du monde.
43:05Est-ce que le rêve américain est terminé ?
43:07Il a pris un sacré coup
43:09sur la caboche, mais
43:11par exemple dans l'enquête, les Français
43:13sont encore extrêmement sensibles à cette relation
43:15transatlantique qu'ils veulent qu'elle soit préservée.
43:17Les entreprises doivent jouer
43:19un rôle important.
43:21C'est un problème que les Etats-Unis sont devenus un adversaire.
43:23Et vous restez sur la ligne du président
43:25de la République en disant qu'ils restent
43:27nos alliés. Je voulais avoir...
43:29Non ?
43:31C'est pas encore des adversaires.
43:33C'est quoi, le mot, alors ?
43:35C'est entre les deux, et j'espère que
43:37par l'engagement,
43:39et vous l'avez dit, le président de la République...
43:41Ce ne sont plus nos alliés ?
43:43Non, sur un certain nombre de sujets.
43:45L'Ukraine est un sujet évident
43:47sur lequel il souhaite traiter le sujet tout seul
43:49en se rendant compte assez vite
43:51qu'il a besoin des Européens qui, eux, ont mis en place
43:53un certain nombre de sanctions.
43:55Mais on n'est plus tout à fait avec un allié.
43:57Vous parliez tout à l'heure de cette fuite
43:59dans la presse d'Atlantique
44:01à la faveur d'une erreur
44:03colossale de cette boucle signal
44:05avec notamment J. Davens et tout ce que comptent
44:07les Etats-Unis de représentants en matière de sécurité
44:09et de défense. Ca dit quoi, de ce pouvoir ?
44:11Comment on peut le qualifier ?
44:13Boulette ? Erreur fatale ?
44:15Ca dit quoi ? C'est des amateurs ?
44:17Ca dit déjà
44:19qu'ils utilisent des boucles signal
44:21pour échanger
44:23de l'information
44:25ultra-confidentielle sur la stratégie
44:27militaire opérationnelle américaine.
44:29Ca ressemble plus, je dirais,
44:31à une bande
44:33qu'à une organisation extrêmement structurée
44:35d'un Etat souverain.
44:37On fait souvent la comparaison avec Vladimir Poutine.
44:39Vladimir Poutine, il s'appuie sur l'Etat.
44:41Extrêmement structuré.
44:43Complètement à sa botte.
44:45Alors que Donald Trump, là, on a l'impression
44:47d'une bande qui est en train de gérer un sujet entre eux.
44:49Une bande de quoi ?
44:51Je vous laisse trouver la suite.
44:53En tout cas, ça fait pas très homme d'Etat
44:55et ça fait pas très Etat souverain
44:57organisé et rigoureux.
44:59C'est ma dernière question. Les chercheurs,
45:01les chercheurs américains, il faut les accueillir.
45:03Il faut un grand plan national
45:05au-delà de ce qui a déjà été fait
45:07au niveau de quelques universités.
45:09Je dirais que les universités doivent faire le travail
45:11parce que c'est là que ça se passe.
45:13Je pense que l'Europe a un rôle à jouer
45:15pour attirer de manière globale sur les sujets importants,
45:17la biomédecine, le réchauffement climatique,
45:19des chercheurs qui aujourd'hui, j'allais dire,
45:21ne peuvent plus chercher ailleurs et singulièrement aux Etats-Unis.
45:23Merci. Vous restez avec moi,
45:25Roland Lescure, parce que c'est l'heure
45:27du Grand Angle du vendredi, vous allez le voir.
45:29On va parler d'une future
45:31candidate ou pas à l'élection présidentielle.
45:33Et on accueille, pour ce Grand Angle du vendredi,
45:43Bertrand Perrier. Bonjour.
45:45Bonjour et bonsoir. Bertrand, avocat
45:47après la Cour de cassation, grand spécialiste
45:49des arts de la parole.
45:51Bonsoir, Elsa Mondingava.
45:53Bienvenue. Journaliste LCP.
45:55Bonsoir, Charles Sapin. Bonsoir.
45:57Journaliste au service politique du Point, en charge des droites.
45:59On parle donc de Marine Le Pen ce soir.
46:01C'est peu dire que la date du 31 mars,
46:03c'est-à-dire lundi prochain, est attendue.
46:05Le tribunal correctionnel de Paris
46:07va statuer sur son sort.
46:09Marco Pommier.
46:11L'avenir de Marine Le Pen, suspendue
46:13à une décision de justice.
46:15Lundi, le tribunal correctionnel
46:17de Paris rendra son verdict
46:19dans l'affaire des assistants
46:21d'eurodéputés du Front National.
46:23Le parquet requiert
46:255 ans de prison, dont 2 fermes,
46:27contre la patronne des députés
46:29de l'Assemblée nationale.
46:31Et surtout, une peine de 5 ans d'inéligibilité
46:33avec exécution provisoire.
46:35Ce qui l'empêcherait
46:37de se présenter à la présidentielle
46:39de 2027, même en cas d'appel,
46:41un réquisitoire révoltant
46:43selon l'intéressé.
46:45Il est révoltant car il est profondément
46:47outrancier, parce que
46:49il réclame des condamnations
46:51qui sont sans
46:53commune mesure
46:55avec le moindre
46:57réquisitoire de même type,
46:59allant jusqu'à
47:01demander
47:03la peine de mort politique
47:05avec exécution provisoire
47:07contre moi.
47:09Marine Le Pen et une vingtaine de personnalités
47:11sont accusées de détournement
47:13de fonds publics. La justice
47:15leur reproche d'avoir utilisé les enveloppes
47:17financières allouées par Bruxelles
47:19pour rémunérer des salariés
47:21du Front National, argent censé
47:23payer les assistants parlementaires
47:25des eurodéputés du parti.
47:27Entre 2004 et 2016,
47:29le Parlement européen évalue
47:31le préjudice à près de 7 millions
47:33d'euros, des accusations
47:35rejetées par l'ERN.
47:37Nous nous considérons que nous avons fait la démonstration
47:39de l'innocence de Marine Le Pen.
47:41Il n'y a pas de raison que Marine Le Pen
47:43soit condamnée. L'ERN,
47:45attentif aujourd'hui à une décision
47:47du Conseil constitutionnel,
47:49hasard du calendrier,
47:51les Sages ont confirmé la peine d'inéligibilité
47:53immédiate d'un élu
47:55maorais, le cas d'un mandat local
47:57et non national, ce qui
47:59ne devrait pas avoir d'impact sur le
48:01jugement de lundi.
48:03On va commencer avec vous, Bertrand Perrier.
48:05Déjà, le caractère exécutoire
48:07ou plutôt l'exécution provisoire
48:09de cette décision est crucial.
48:11Si c'est prononcé, pourquoi ?
48:13C'est la grande question, parce que s'il y a
48:15exécution provisoire, par exception
48:17au principe de l'effet suspensif de l'appel,
48:19Marine Le Pen aurait beau
48:21faire appel, la décision de première instance
48:23s'appliquerait tout de même.
48:25Et c'est là qu'entre en jeu la décision
48:27qui a été rendue ce matin par le
48:29Conseil constitutionnel sur un tout autre dossier.
48:31C'est un élu maorais qui avait été
48:33condamné, mais lui aussi, il avait
48:35été condamné à l'inéligibilité
48:37avec exécution provisoire.
48:39Et donc, il avait été démis de ses fonctions
48:41par le préfet. Et le Conseil constitutionnel
48:43avait donc en balance
48:45deux exigences. D'un côté,
48:47l'ordre public, qui suppose aussi
48:49la probité, l'exemplarité
48:51des élus, la confiance des électeurs
48:53dans les élus, c'est une chose.
48:55Et puis, le droit d'éligibilité,
48:57parce que la déclaration des droits
48:59de l'homme donne à chacun de nous un droit
49:01d'éligibilité. Donc, il fallait
49:03qu'elle fasse, que le Conseil constitutionnel fasse
49:05l'équilibre entre la confiance dans les élus
49:07d'un côté, l'ordre public, et de l'autre, ce droit
49:09d'éligibilité. Et il a introduit
49:11une nuance nouvelle, qui va
49:13devoir être prise en compte si
49:15lundi, le tribunal correctionnel
49:17décide de prononcer l'exécution provisoire,
49:19puisque, dit le
49:21Conseil constitutionnel ce matin, s'il le fait,
49:23et il peut le faire, mais
49:25le juge doit spécialement
49:27motiver sa décision, dit-il,
49:29il lui revient d'apprécier
49:31le caractère proportionné
49:33de l'atteinte que l'inéligibilité
49:35avec exécution provisoire est
49:37susceptible de porter à la
49:39préservation de la liberté
49:41des électeurs. Et donc,
49:43le juge est supposé
49:45prendre en compte
49:47et expliquer à l'écrit
49:49comment cette
49:51inéligibilité préserve
49:53le droit et la liberté
49:55de l'électeur. C'est très clair. Donc,
49:57ça peut être assez favorable ou un peu
49:59favorable à Marine Le Pen. C'est un peu favorable. En réalité,
50:01s'ils veulent le faire,
50:03il s'impose à eux depuis ce matin
50:05une exigence supplémentaire de motivation.
50:07Elsa, merci.
50:09C'était parfaitement clair. Merci pour ça, parce que c'était
50:11un défi. Qu'est-ce qu'on va scruter lundi,
50:13précisément ? Alors, on va regarder si Marine Le Pen
50:15est condamnée ou non. Et si
50:17elle est condamnée, on va regarder, évidemment, l'amende.
50:19Mais ce qui compte le plus, c'est si elle est condamnée
50:21aussi à une peine d'inéligibilité.
50:23Et si cette peine d'inéligibilité,
50:25pardon, on regardera, eh bien,
50:27le temps d'inéligibilité et, évidemment,
50:29s'il y a exécution provisoire. Donc, il y aura
50:31plusieurs degrés de lecture lundi.
50:33Tout le monde rappelle, attention, on focalise
50:35aussi l'exécution provisoire.
50:37Regardons aussi, quand même, si elle est condamnée ou pas. C'est quand même
50:39important pour une femme politique. Ça, il fait peu de doutes
50:41qu'elle soit condamnée, non ? Pour ceux qui ont suivi
50:43le procès, a priori, ça fait quand même
50:45peu de doutes. Donc, effectivement, il y a condamnation
50:47ou non, et ensuite, sa capacité
50:49ou non à être candidate dans les élections futures.
50:51Et si elle fera appel ou pas de la décision,
50:53ça sera très important aussi de
50:55le savoir après, en fonction de la...
50:57Voilà, l'appel, c'est évidemment
50:59quand on considère que la décision n'est pas juste,
51:01mais c'est aussi un risque, parce qu'en appel,
51:03on peut être condamné encore plus fermement.
51:05Alors, comment ils sont
51:07au Rassemblement national ?
51:09Est-ce qu'on a les chocottes ? Est-ce que c'est le sujet tabou ?
51:11Comment on en parle ?
51:13C'est assez intéressant, parce que quand on en discute
51:15avec eux, tout va bien, ils sont très sereins.
51:17En fait, ils sont très perplexes.
51:19On a l'habitude de dire que
51:21on se prépare au pire
51:23et on espère le meilleur. Ben non, au Rassemblement national,
51:25on se prépare au meilleur et on fait
51:27un énorme déni sur ce que
51:29serait, en fait, la situation du pire.
51:31Quand on pose la question à Jordan Bardella,
51:33par exemple, s'il se prépare à...
51:35s'il y a une exécution provisoire et qu'en effet
51:37Marine Le Pen ne peut pas se présenter à la prochaine élection
51:39présidentielle, est-ce qu'il se prépare à être peut-être candidat ?
51:41Il dit non, non, non,
51:43crime de lèse-majesté, je ne me mets
51:45pas du tout dans ce scénario-là.
51:47Et Marine Le Pen, c'est à peu près
51:49la même chose. Ses proches,
51:51même en privé, disent ne pas oser lui en parler.
51:53Donc, c'est vraiment un cas de figure. Cet empêchement
51:55de Marine Le Pen est
51:57quelque chose qui n'est
51:59pas anticipé volontairement par le Rassemblement
52:01national. Ils sont là. C'est tellement un scénario
52:03catastrophe, cataclysmique, si vous voulez,
52:05pour eux, que...
52:07Elle, elle évoque le sujet
52:09ou jamais avec les journalistes ?
52:11Non, elle n'évoque pas vraiment le sujet. Alors, elle l'évoque un peu
52:13de travers, c'est-à-dire qu'elle
52:15met en avant le fait qu'elle ait
52:17choisi Jordane Bardella
52:19et finalement, elle l'a fait monter
52:21en le cooptant, en le poussant,
52:23en quelques années,
52:25en fait, grâce à son soutien,
52:27Jordane Bardella, en 5-6 ans, est passé
52:29de militant inconnu du Front
52:31national à numéro 2,
52:33puis président du principal parti d'opposition.
52:35Mais personne n'est dupe, c'est bien sa vie
52:37ou sa mort politique qui se joue lundi.
52:39Totalement, parce que si jamais Marine Le Pen
52:41est empêchée, puisqu'il y a
52:43cette exécution provisoire,
52:45elle a d'ores et déjà prévenu que ce serait sa dernière
52:47candidature à la présidentielle,
52:49ça repousserait dans 5 ans, on la voit mal
52:51comment elle reviendrait pour une autre présidentielle,
52:53et puis surtout, au-delà d'elle, ça mettrait son
52:55camp vraiment en difficulté. Imaginons,
52:57nous, que ce soit Jordane Bardella, en effet, qui soit
52:59candidat à la présidentielle. Le problème, c'est que
53:01ça met l'ORN dans une situation
53:03de possible fragmentation électorale
53:05très importante, par le haut, par le bas.
53:07Parce qu'il y a plein de gens qui vont se dire, Jordane Bardella
53:09est un adversaire beaucoup plus facile
53:11que Marine Le Pen, donc vous allez avoir
53:13plein d'ambitions. Dans leur rang nationaliste,
53:15c'est Éric Zemmour, c'est Sarah Knafo,
53:17il va y avoir Bruno Retailleau, Laurent Wauquiez,
53:19Jean Paz, Gérald Darmanin, tout le monde va se dire
53:21on peut avoir l'électorat du Rassemblement national
53:23désormais. Et puis, par le bas,
53:25vous avez toute une partie de l'électorat traditionnel
53:27du Rassemblement national, un électorat
53:29populaire et un peu populiste,
53:31qui va se dire, finalement, on ne peut jamais gagner.
53:33Le système, là, on allait peut-être
53:35gagner cette présidentielle, le système a empêché
53:37notre candidate, donc on va se
53:39mettre en rupture avec les urnes
53:41et, en fait, c'est des gens
53:43qui... Donc, l'ORN va évidemment regarder ça
53:45de façon extrêmement précise.
53:47Les électeurs aussi, ça compte
53:49l'opinion dans cette affaire-là, et les juges.
53:51Quel poids ? Mais quel poids, Bertrand Perrier,
53:53sur les juges, le collège
53:55de juges qui vont décider ? Oui, bien sûr,
53:57il y a un poids sur les trois juges, mais je voudrais
53:59préciser une chose, parce que la situation,
54:01même en cas d'exécution provisoire, n'est pas
54:03exactement la même pour les mandats locaux
54:05et les mandats nationaux. Si,
54:07exécution provisoire, il y avait pour Marine Le Pen,
54:09elle resterait députée. Simplement, elle ne
54:11pourrait pas se présenter à l'élection présidentielle
54:13si l'individualité est de plus de
54:15deux ans. Mais, pour les élus
54:17locaux, je pense à Louis Alliot,
54:19par exemple, eh bien, là, ça aurait un effet
54:21immédiat. C'est-à-dire qu'il y a
54:23deux lois en fonction si on est député
54:25ou élu local. Et donc, Louis Alliot,
54:27dans trois jours, peut ne plus être
54:29maire de Perpignan. Ce qui est... Enfin, après,
54:31il faut qu'il soit démis, il faut qu'il... Mais,
54:33vous voyez qu'il y a quand même une géométrie variable
54:35entre les élus nationaux
54:37pour lesquels ils gardent leur mandat
54:39et les élus locaux qui le perdraient tout de suite.
54:41Le risque politique... Pardon, Louis Alliot,
54:43lui, s'est préparé à ce scénario, c'est-à-dire
54:45qu'il a déjà convoqué ses proches à la mairie
54:47de Perpignan, il a désigné quelqu'un
54:49qui assurerait l'intérim d'ici les prochaines
54:51élections municipales si jamais il était
54:53contraint de démissionner. Est-ce que le risque politique,
54:55c'est quelque chose que doit prendre en
54:57considération le juge ?
54:59Normalement, le juge est l'application de la loi
55:01et dans toute sa rigueur, il
55:03doit motiver sa décision. Mais
55:05le juge n'est pas dans une Thébaïde,
55:07il n'est pas dans une Tour d'Ivoire
55:09qui serait étrangère au mouvement du monde.
55:11Il ne peut pas lui échapper que 11 millions de personnes
55:13ont voté pour
55:15la prévenue qui est face à eux.
55:17Malgré tout, la règle
55:19maintenant est devenue l'exécution
55:21de ce qui était, l'exception est devenue la règle.
55:23Très franchement,
55:25peut-être que...
55:27Vous avez un sentiment, vous êtes un expert du doigt.
55:29Moi je crois qu'ils n'iront pas, ou en tout cas,
55:31s'ils y vont, ils iront pour une
55:33durée qui permettra néanmoins à Marine Le Pen
55:35de se présenter, parce qu'ils peuvent moduler aussi
55:37la durée de l'inéligibilité.
55:39Je ne conçois pas, mais peut-être que lundi
55:41j'aurai vraiment l'air idiot parce que ce sera
55:43le cas, mais je ne crois
55:45pas qu'ils iront jusqu'à une éligibilité
55:47qui interdirait à Marine Le Pen
55:49de se présenter en 2027. C'est une responsabilité
55:51d'une telle lourdeur, et même pour l'institution judiciaire.
55:53Une incursion
55:55du judiciaire dans le politique
55:57qui serait, à mon sens, excessive.
55:59Et injustifiée, parce que l'exécution provisoire
56:01c'est quand il y a une menace sur l'exécution de la peine.
56:03Une forme de risque de récidive.
56:05Quelle menace y a-t-il ? Il n'y a pas vraiment de menace.
56:07Ce n'est pas quelqu'un qui va partir à l'étranger et qu'on ne reverra pas.
56:09Il n'y a pas vraiment de menace
56:11sur l'exécution de la peine.
56:13D'autant que les caisses du RN aujourd'hui sont pleines.
56:15Il n'y a pas de risque de financement
56:17qui aurait pu se poser.
56:19Elle ne va pas récidiver entre la première instance et l'appel.
56:21Elsa Mondingava,
56:23comment réagit-on à l'Assemblée
56:25dans les autres camps politiques ? C'est vrai que François Bayrou
56:27et Jean-Luc Mélenchon, à des degrés divers,
56:29ont été aussi confrontés à cette question
56:31des assistants
56:33présumés fictifs
56:35à Bruxelles. Ils ont tous les deux soutenus,
56:37alors non pas Marine Le Pen,
56:39mais dit que si elle était empêchée de se présenter,
56:41pour François Bayrou ce serait très dérangeant,
56:43pour Gérald Darmanin ce serait profondément choquant
56:45et pour Jean-Luc Mélenchon aussi.
56:47Et ça, les députés RN qu'on interroge
56:49ne cessent de nous le répéter.
56:51Première chose, on n'est pas inquiets parce qu'elle est innocente,
56:53comme si penser à la suite, ce serait même un aveu de culpabilité.
56:55Puis ensuite, ils disent
56:57que l'opinion ne le comprenait pas
56:59et la classe politique s'en offusquerait aussi.
57:01Parmi les autres partis politiques,
57:03on dit qu'effectivement,
57:05cette décision-là, si elle empêche Marine Le Pen
57:07d'être candidate, c'est évidemment
57:09un séisme politique.
57:11On a du mal à appréhender les secousses,
57:13ce qui peut se passer dans l'opinion,
57:15comment l'opinion peut réagir, mais en tout cas,
57:17on sait que c'est une décision qui compte
57:19pas seulement politiquement sur son avenir personnel
57:21mais sur ce qui va se passer dans les prochains mois
57:23dans la vie politique.
57:25Vous aurez le mot de la fin, comment vous regardez
57:27ce dossier-là ?
57:29Vous pariez sur quels scénarios ?
57:31Je ne me permettrai ni de parier ni de juger
57:33des décisions de justice qui sont en cours,
57:35elles sont extrêmement lourdes et je fais confiance
57:37aux juges pour prendre la bonne décision,
57:39je fais aussi confiance
57:41au Conseil constitutionnel
57:43pour prendre les bonnes.
57:45Moi, ce qui me frappe et ce qui m'inquiète,
57:47c'est l'éventuelle instrumentalisation politique
57:49de ces décisions. On l'a vu, un certain nombre
57:51de déclarations, moi, elles me gênent personnellement,
57:53de responsables politiques
57:55qui se prononcent en avant sur ce que devraient faire
57:57les juges ou pas, y compris certains de mon camp,
57:59je le regrette, et ensuite,
58:01on sait bien, parce qu'on l'a vu en décembre déjà,
58:03lors du réquisitoire,
58:05que ça va avoir des conséquences très concrètes
58:07sur le calendrier politique parce qu'elle va
58:09instrumentaliser cette décision
58:11à son service
58:13pour un agenda politique, on parle de censure, etc.
58:15Attendez, là, il ne faut pas présumer de la décision.
58:17En tout cas, vous appelez à un respect
58:19de la décision de justice, séparation
58:21des pouvoirs oblige, quelle qu'elle soit.
58:23Merci, c'était passionnant et c'était
58:25d'une clarté limpide.
58:27Merci beaucoup pour ce grand angle
58:29du vendredi et merci à vous, Laurent Lanscure,
58:31de nous avoir accompagné dans le fauteuil
58:33du grand témoin, tant ça vous regarde
58:35ce soir. Très bon week-end,
58:37profitez bien, à la semaine prochaine.