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L'Orchestre Philharmonique de Radio France joue la Symphonie n°6 en ré majeur, op. 60 de Dvořák sous la direction de John Eliot Gardiner. Extrait du concert enregistré le 21 mars 2025 à l'Auditorium de la Maison de la Radio et de la Musique.

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Longtemps prise à tort pour sa première symphonie, parce qu’elle avait été la première éditée, la Symphonie n°6 de Dvořák est assurément l’une de ses plus majestueuses. Romantique et profondément slave par son intégration du folklore tchèque, elle est aussi d’une assurance dans l’écriture et d’une fraîcheur d’inspiration qui en font une page très attachante. En l’écrivant, Dvořák est porté par le succès de sa Rhapsodie slave n°3, donnée l’année précédente par le chef Hans Richter, qui dirige régulièrement la Philharmonie de Vienne. « Pendant que nous saluions sur scène, a raconté Dvořák, j’ai dû promettre que j’écrirais une symphonie pour la saison suivante. Le lendemain du concert, Richter donna en mon honneur un banquet chez lui, auquel il avait invité tous les membres tchèques de l’orchestre. Ce fut une soirée mémorable que je ne suis pas près d’oublier. » Figure importante de la vie musicale, proche de Wagner, Richter avait dirigé le premier Ring à Bayreuth.

La Sixième Symphonie, en ré majeur, s’ouvre avec majesté sur un Allegro non tanto qui tire son inspiration d’une mélodie populaire tchèque. Il se déploie dans un balancement à ¾, qui passe du majeur au mineur et fait usage de la syncope. L’infl uence de Brahms, qui sera présente tout au long de la partition, s’impose d’emblée dans le thème initial noté grandioso. L’Adagio, long mouvement d’un profond lyrisme et d’une grande beauté, porte à nouveau l’héritage de Brahms, mais aussi celui de Beethoven : par les bois des délicates mesures introductives, il fait écho au mouvement lent de la Neuvième. Pour le Scherzo, ouvertement nationaliste, Dvořák recourt au furiant. C’est la première apparition dans une symphonie de cette danse populaire tchèque trépidante qui alterne des rythmes binaires et ternaires. Au milieu du Scherzo, le trio, délicat, pastoral, fait entendre le piccolo, dont c’est la seule apparition dans la symphonie. Dvořák emprunte le matériau thématique de son Finale à la Deuxième Symphonie de Brahms, hommage loin de tout plagiat, tant l’atmosphère d’ensemble de cet Allegro con spirito est personnelle. Le mouvement se conclut en apothéose.

Contrairement à ce qui avait été prévu, la Symphonie n°6 ne fut pas créée à Vienne sous la direction de Richter, mais à Prague en janvier 1881. Dans un contexte d’affi rmation forte des nationalités au sein de l’Empire des Habsbourg, la Philharmonie de Vienne aurait refusé d’assurer, deux années de suite, la première audition de l’œuvre d’un compositeur tchèque. À la création, à Prague, le Scherzo fut bissé, l’œuvre rencontrant ensuite rapidement un grand succès à travers le monde. Y compris à la Philharmonie de Vienne, qui la joua enfi n pour la première fois en 1883.

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