Jeudi 27 mars 2025, retrouvez Fabrice Cousté (Journaliste, B SMART), Laurent Fevre (Directeur, SNCF Immobilier Centre Ouest), nicolas maddin (iris conseil), Justine Marcotte (Directrice générale adjointe Développement territorial, Ville de Lège Cap-Ferret) et Mathieu Raducanu (Directeur général, Lean Nov) dans SMART IMMO, une émission présentée par Fabrice Cousté.
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00:00Bonjour, bienvenue dans Smartimo, je suis ravi de vous retrouver pour cette édition spéciale depuis le Forum des projets urbains à Nantes.
00:16Dans un instant, on va s'intéresser aux enjeux de SNCF Immobilier, le saviez-vous ? C'est tout simplement le premier propriétaire foncier derrière l'État.
00:24On verra ensuite comment, dans notre débat, lutter contre l'érosion du littoral, quels sont les enjeux et comment on fait.
00:31Et puis enfin, comment le Lean Management est utilisé, notamment pour mieux maîtriser ces projets de transformation urbaine.
00:39Smartimo, c'est parti !
00:45Et dans Smartimo, on se pose cette question, où sont les réserves de fonciers en France ?
00:48On va parler avec un des plus grands propriétaires fonciers de notre pays, c'est tout simplement SNCF Immobilier. On est ravi d'accueillir Laurent Fèvre.
00:57Laurent, bonjour !
00:58Bonjour, Paris !
00:59Vous êtes directeur à SNCF Immobilier pour Centre-Ouest. Est-ce que vous pouvez nous décrire votre périmètre ?
01:04Alors oui, SNCF Immobilier, tout le monde connaît ce que fait la SNCF.
01:09Évidemment, pour accompagner les 150 000 cheminots qu'il y a sur tout le territoire, il faut de l'immobilier.
01:14Il faut un certain nombre de bâtiments dans lesquels on va faire l'entretien de notre patrimoine, dans lesquels on va loger, du tertiaire,
01:20dans lesquels on va faire toutes les activités qui permettent de faire fonctionner les trains.
01:24Sur notre territoire, Bretagne, Pays de la Loire, Centre-Val de Loire, c'est 900 000 m² qui sont justement à disposition des cheminots et de notre activité.
01:34Donc ça peut aller de technicentre industriel, comme on a sur Saint-Pierre-des-Corps, qui sont des cathédrales du rail sur 25 hectares,
01:42avec une usine dans laquelle travaillent 1000 personnes, qui voient entrer des trains en opération de mi-vie et qui ressortent après plusieurs dizaines de millions d'investissements,
01:53quasiment comme neuf, par des locaux dans lesquels on va loger les collaborateurs qui prennent leur service pour aller faire l'entretien des voies, des rails, des caténaires,
02:05et puis évidemment le tertiaire.
02:07Et puis on a plein d'autres patrimoines qui sont souvent méconnus.
02:11On a nos propres restaurants d'entreprise, nos centres de loisirs, nos activités médicales et sociales.
02:19Et donc sur l'ensemble de nos 900 000 m², on loge toutes ces activités-là.
02:26On est le deuxième propriétaire, après l'État, de fonciers.
02:31On a 3500 hectares de fonciers sur le territoire centré ouest et puis 900 000 m² de bâtiments.
02:37Alors justement, deuxième propriétaire foncier derrière l'État, c'est énorme, surtout à l'heure du ZAN, du zéro artificialisation net,
02:44où on se bat pour avoir ce foncier, qui est réhabilité.
02:48Et il y a un formidable exemple ici même, sur l'île de Nantes, où nous nous trouvons aujourd'hui au Forum des projets urbains.
02:53Expliquez-nous, qu'est-ce que vous aviez à l'époque et comment ça s'est transformé ?
02:58C'est en effet un lieu emblématique pour nous.
03:01Sur l'Azac de l'île de Nantes, il y a une vingtaine d'années, c'était à près 35 hectares.
03:08Et il y a une dizaine d'années, 25 hectares qu'on avait en fait sur ce secteur, que l'on a remis au pot,
03:14excusez-moi l'expression, auprès de la Samoa et évidemment de la métropole, pour pouvoir y construire ce qu'on voit autour de nous.
03:20Et donc un site qui est sorti de terre, le CHU, qui va également bientôt être construit.
03:29Donc c'est une participation de SNCF pour reconstruire la ville sur des friches industrielles.
03:35On a énormément d'exemples en France de ce type de restructuration.
03:42Mais ici sur l'île de Nantes, c'est vraiment un projet pour nous extrêmement important.
03:46Oui, on explique, c'est vrai que finalement c'est du terrain qui est vendu par SNCF Immobilier à l'aménageur de la ville,
03:53qui lui-même va le revendre au promoteur.
03:55Et c'est vrai que c'est souvent extrêmement bien placé, puisque là on est vraiment sur cette île de Nantes, au cœur de la ville.
04:01Oui, on avait ici même une gare de Nanteta, qui pendant des dizaines d'années a vu des flux de voyageurs et de marchandises.
04:11On était vraiment sur ici un site plutôt de marchandises, avec les anciens dépôts de la Cernam.
04:18Cette activité aujourd'hui étant en baisse, et évidemment on se retrouve rattrapé par le centre-ville.
04:26Aujourd'hui, finalement, l'île de Nantes, c'est le centre-ville de Nantes.
04:29C'est le cas sur Nantes, c'est le cas sur Rennes, c'est le cas sur la plupart des métropoles.
04:34En fait, la SNCF est propriétaire de fonciers extrêmement bien passés en ce centre-ville.
04:39Et donc on est souvent des grands partenaires des collectivités pour réinstruire la place de ces grandes friches dans les centres-villes,
04:48dans la continuité des centres existants et souvent de la proximité de la gare.
04:53Est-ce que vous êtes associé ensuite aux projets qui vont sortir ? Vous continuez à suivre dans le temps cet espace foncier ?
05:00Parfois, oui. Ici, pas forcément. Mais par exemple, on a des sites sur lesquels nous, derrière, nous allons être locataires.
05:06C'est-à-dire qu'en ce moment, par exemple, sur Nantes-Moutonnerie, nous sommes en cours de réflexion sur des sites qui sont encore aujourd'hui ferroviaires,
05:15sur une transformation de ces sites pour pouvoir, à l'avenir peut-être, nous être locataires et aller y loger des activités de la SNCF.
05:23Très bien. Un autre site sur lequel vous travaillez, ici sur Nantes ou l'agglomération ?
05:27Alors, il va être présenté aujourd'hui un certain nombre de sites lors du projet Forme Urbain.
05:35Sur Nantes-Gouart, en fait, c'est un site SNCF qui va être également vendu.
05:42Sur Rennes également, il y a un projet qui va être présenté aujourd'hui, Rennes-Solferino, en grande proximité de la gare,
05:49sur lequel un bâtiment vient d'être livré par Adim. Il est construit, en tout cas, et va être livré dans les jours à venir.
05:57Voilà la SNCF, SNCF Immobilier, en tout cas sur tous les fronts et à peu près dans toutes les grandes métropoles de France avec cette énorme réserve de fonciers en transformation.
06:07Merci Laurent Ferrer. Je rappelle que vous êtes directeur SNCF Immobilier pour le centre-ouest et à très bientôt sur Bismarck.
06:13Merci, bonne journée, au revoir.
06:19On se pose la question tout de suite dans ce parti mot, comment lutter contre l'érosion du littoral ?
06:23On part du côté de l'Ège-Cap-Ferré, alors on va étudier le cas justement de cette ville avec une spécialiste, c'est Justine Marcotte.
06:30Bonjour Justine.
06:31Bonjour.
06:32Vous êtes directrice générale adjointe développement territorial dans cette ville, Bismarck-Ège-Cap-Ferré, et vous êtes venue en compagnie de Nicolas Madine.
06:38Bonjour Nicolas.
06:39Bonjour.
06:40Vous êtes ingénieur en aménagement urbain et paysagiste de Iris Conseil, Iris Conseil qui conseille justement sur cette épineuse question du retrait de côte.
06:48Est-ce que vous pouvez nous dire déjà un mot de Iris Conseil ?
06:51Alors Iris Conseil, c'est un bureau d'études d'ingénierie généraliste.
06:59On est 140 collaborateurs sur 7 sites en France, Metz, Lille, Saint-Quentin, Chartres, Bordeaux, Marseille, il y a une agence à Rabat également.
07:07140 collaborateurs, 12 millions de chiffres d'affaires et 5 activités sur lesquelles nous travaillons, les infrastructures de transport, l'aménagement urbain, le paysage, l'environnement et la mobilité douce.
07:24Très bien. Et justement, vous avez été sollicité par l'agglomération. Quel était le projet ?
07:30Alors le projet, on a répondu à un appel d'offre. Le projet qui consistait à répondre face au recul du trait de côte, c'était la relocalisation des équipements sur la dune et le réaménagement de l'avenue de l'Océan.
07:48C'était travailler sur un trait d'union entre cette plage et la ville pour réaménager l'accès à la plage et relocaliser ces équipements qui allaient être grignotés par la mer qui avançait de manière inéluctable sur la dune.
08:06C'est vrai qu'on voit ce problème du trait de côte qui évolue, l'océan qui grignote du terrain. C'est une préoccupation. Depuis quand vous avez lancé ce grand projet ?
08:18En fait, on a lancé en 2014, on a adhéré à une stratégie locale de gestion du trait de côte qui englobe plusieurs communes dont la nôtre et qui finalement aide à la préservation des biens et des personnes sur les communes littorales concernées par le risque d'érosion.
08:35La relocalisation faisait partie des actions potentielles de cette stratégie locale. Le fait de commencer par la plage de l'Horizon qui est une plage surveillée au Cap-Ferret, très fréquentée et pour laquelle il existait des équipements publics touristiques qui nécessitaient une relocalisation, c'était plutôt une évidence.
08:58On a commencé à y réfléchir il y a 6 ans à peu près et l'idée finalement d'englober la partie urbaine avec est arrivée un ou deux ans après.
09:10Sur votre commune, c'est vrai qu'il y a deux aménagements en un. On explique, il y a côté plage et côté ville.
09:15Exactement. Lorsqu'on s'est intéressé à ce sujet de relocalisation, on s'est rendu compte que c'était la plage la plus fréquentée du Cap-Ferret puisque plage surveillée et que l'accès à cette plage était complètement dépassé, plus du tout adapté à l'usage qui en était fait.
09:34On avait énormément de vélos qui se stationnaient de manière un peu anarchique partout. L'espace était partagé entre le stationnement, la voirie où les véhicules circulaient au milieu des vélos. Les piétons se débrouillaient à se trouver une place là-dedans.
09:48On s'est dit quitte à relocaliser et à réménager tout cet espace d'une aire, pourquoi ne pas en profiter pour aussi s'occuper de la partie urbaine qui finalement amène jusqu'à cette plage.
09:58Avec l'idée de presque faire descendre la plage sur la partie urbaine pour envisager les choses en désimperméabilisant cet espace-là et créer du liant entre l'espace d'une air et l'espace urbain.
10:10Alors désimperméabiliser à 80% vous avez souhaité le faire, c'était très ambitieux ?
10:15C'était très ambitieux, c'était une vraie volonté politique de l'équipe municipale en place. La volonté c'était leur slogan et qu'il est toujours c'est ville nature.
10:23Donc voilà cette idée de désimperméabiliser à tout prix, de retrouver cette place-là de la nature et sous la forme d'un laboratoire où on allait tester des revêtements différents.
10:38Quel type de revêtements ? Parce qu'on se dit pour enlever 80% de routes de béton finalement, qu'est-ce qu'on met à la place ?
10:45Sur la technicité je passerai plutôt la parole à Nicolas, mais l'idée c'était d'avoir des choses qui soient très très perméables.
10:54Un mélange de sable, de terre, de grépin, de tout ce qu'on avait chez nous et après des revêtements plus durs pour la voirie et la circulation des véhicules.
11:03Mais je crois que Nicolas en parlera bien mieux que moi.
11:05Alors justement chéri, ce conseil, vous n'êtes pas à votre coup d'essai sur cette thématique. Vous avez déjà travaillé sur d'autres plages, notamment Andaï-Sous-Lac-Mémisans.
11:15Comment ça s'est organisé pour ce projet à l'Âge Cap-Ferré ?
11:20C'est vrai qu'on avait une expérience sur l'aménagement de fronts de mer, soit dans les sites urbains comme au Sape d'Olonne.
11:26Mais effectivement quand vous le citiez sur Andaï, sur Mémisans, c'est l'aménagement d'une place.
11:31Évidemment, le contexte n'est pas exactement similaire.
11:34Mais en tout cas, on a pu, avec cette expérience-là d'ensablement, de savoir comment on pouvait rendre un espace résilient.
11:41Et sur d'autres exemples d'aménagement urbain, où aujourd'hui c'est les grands enjeux de désimperméabiliser,
11:50on a pu thésauriser un peu toute cette expérience-là et proposer dans cet aménagement-là des matériaux spécifiques
11:59et locaux pour essayer de coller le plus possible au territoire.
12:03Parce que bien sûr, on le disait à l'instant, il ne faut pas que ça empêche la mobilité.
12:06Il y a des flux énormes, notamment en été, bien évidemment.
12:08Ça a été un des enjeux de ce projet.
12:10C'est-à-dire qu'en fonction des différentes contraintes, maintenir une circulation tout en la contrôlant l'été
12:17pour éviter qu'il y ait un afflux massif de véhicules, maintenir un accès et favoriser les circulations douces,
12:25notamment les vélos, les piétons, puisqu'avec la pression touristique,
12:29on voit qu'il y a énormément de monde qui vient sur cette plage l'été.
12:32Maintenir évidemment les infrastructures ferroviaires.
12:35Puis il y a ce train touristique qui part du bassin et qui monte sur la dune.
12:41Donc évidemment, c'est très normé tout ça, donc il faut absolument respecter tout ça.
12:46Donc on a proposé avec notre partenaire un nouveau type d'aménagement avec une commande de la ville
12:52qui était surtout ne nous faites pas une rue.
12:55L'innovation a été de créer un aménagement qui ne ressemble pas à un aménagement qu'on a l'habitude de voir.
13:02Donc on évite les bordures, on évite tous les éléments qui peuvent faire penser à une rue classique.
13:07Très bien. Dans ce genre de projet, Justine Mercotte, c'est vrai que la vie des habitants est très importante.
13:13Est-ce que vous avez travaillé en concertation, en co-construction ?
13:16Vous avez tenu les habitants au courant des phases du projet ?
13:19Alors oui. D'abord, l'avantage, c'est que les résidents à l'année, ils sont là tout le temps.
13:23Et nous, on avait une facilité de discuter avec eux, en tout cas les élus.
13:26Ensuite, on a aussi fait des réunions d'informations, évidemment, et de discussions avec eux,
13:31parce qu'il y a eu un enjeu de stationnement aujourd'hui.
13:33Enfin, c'était des gens qui stationnaient dans la rue, finalement, parce que le Cap Ferré, c'est beaucoup de monde l'été.
13:38Mais l'hiver, ce n'est vraiment pas grand monde.
13:40Donc il est très facile de stationner devant chez soi plutôt que de rentrer son véhicule chez lui.
13:44Donc, il y avait toute cette acculturation à avoir en expliquant qu'ils n'allaient plus pouvoir se stationner en dehors de chez eux.
13:50Et on avait quand même aussi deux commerçants, un à l'entrée de l'avenue de l'Océan et un autre plutôt côté d'une,
13:57avec qui on a essayé de trouver des accords pour qu'ils puissent faire perdurer leur activité au mieux pendant la période des travaux.
14:08Oui, on explique. C'est vrai qu'au niveau des commerçants, c'est contre-intuitif.
14:12Mais souvent, le commerçant se dit, s'il n'y a plus le flux de véhicules qui passent devant mon magasin, peut-être que je vais faire moins de business.
14:18Or, on s'aperçoit qu'une rue piétonne, finalement, ça fait autant, voire plus de business au final.
14:23Alors ça, vous leur demanderez. Mais en tout cas, ce qui est sûr, c'est que je crois qu'après un été de vie de cet aménagement, tout le monde est très content.
14:30La mission est plutôt remplie. Quels sont les freins, les obstacles principaux du côté d'Iris que vous avez observé peut-être ?
14:37On n'a pas constaté vraiment de freins. En fait, c'était plutôt prendre en compte l'ensemble des paramètres et des différentes contraintes
14:46pour composer un espace qui puisse être fonctionnel, amène et qui puisse être pérenne également.
14:52Parce que l'idée, c'était de proposer un aménagement qui puisse durer dans le temps.
14:58Évidemment, c'est un aménagement qui est quelque part un aménagement qui est mal conçu. Il vit mal et il devient très rapidement obsolète.
15:05Donc la contrainte, mis à part les différentes contraintes que j'évoquais tout à l'heure, qui sont des contraintes très techniques, mais qui sont néanmoins importantes.
15:13La gestion d'une eau pluviale, si elle est mal gérée, ça peut créer vraiment de gros désordres et voire même gêner tous les riverains, les habitants.
15:22Donc, à part toutes ces différentes contraintes techniques qu'on a l'habitude de travailler, mais qu'on a dû adapter au contexte local,
15:28comme en tant qu'ingénieur, c'est un peu notre quotidien.
15:32Est-ce qu'il y aura une phase 2 au projet ou quels sont les prochains développements sur votre commune ?
15:37L'idée, effectivement, des élus, c'était que cet aménagement-là soit le début d'autres et d'autres avec cette idée de réversibilité.
15:46C'est-à-dire que ce sont des aménagements qui, parce qu'ils sont très fréquentés l'été, doivent vivre très bien l'été, mais doivent aussi vivre très bien l'hiver et pour les habitants à l'année.
15:54Donc, on a en fait cet espace urbain qui arrive jusqu'à la dune et le prolongement d'une artère un peu principale qui va directement jusqu'au bassin.
16:04Ça sera peut-être l'occasion de la prolonger, effectivement.
16:08En tout cas, ça donne envie d'aller voir ces aménagements, d'aller voir la transformation de la ville.
16:13Bien évidemment, du côté d'Iris, on a encore un grand jeu de l'expérience avec un tel projet.
16:18Est-ce qu'il y a d'autres communes qui sont face à cette problématique du retrait du trait de cote et qui vous sollicitent en ce moment ?
16:25Pour l'instant, il n'y a pas d'appel d'offres qui sortent avec cette problématique-là.
16:31On sait qu'il y a différentes communes qui font face à ce recul du trait de cote et à des risques de submersion.
16:39C'est un des enjeux qui vont arriver dans ces prochaines années.
16:43Évidemment, nous, avec toute cette expérience-là, on est prêt à répondre à tous les appels d'offres possibles.
16:49C'est un enjeu colossal parce que c'est vrai que ce sont des habitations qui peuvent disparaître, ce sont des commerces.
16:55Il y a un enjeu de sécurité aussi.
16:58Exactement, et je voulais ajouter que dans notre malheur en commune littorale, on a une chance inouïe.
17:03C'est qu'on est beaucoup accompagné par le GIP littoral qui est un groupement d'intérêts publics et qui nous aiguille énormément,
17:09notamment dans les appels d'offres, dans la définition et l'écriture même des marchés.
17:14C'est un partenaire essentiel pour nous, pareil sur la recherche de financement,
17:18parce que ce sont des travaux très ambitieux, souvent très onéreux.
17:23Pour une petite commune comme la nôtre, c'est une chance de pouvoir être accompagné par le GIP littoral.
17:28Il y a l'argent et l'ingénierie qu'il faut, c'est-à-dire être bien accompagné, pouvoir faire le projet dans les différentes phases.
17:36Tiens, un petit clin d'œil Média, puisque vous avez été suivi dans cette aventure par une équipe, nos confrères de TF1.
17:43Je crois qu'on verra le sujet bientôt. C'était quelque chose de travailler sous l'œil des caméras.
17:48Cela vous a motivé chez RIS Conseil ?
17:50Pour être très clair, je n'ai pas participé à ce tournage-là, puisqu'il y a eu quelques jours de tournage qui ont été faits.
17:57Un de mes responsables, Xavier Filliatre, a pu y participer.
18:01Je vais dire qu'on travaille sous l'œil d'une caméra, ça ne nous change pas grand-chose.
18:06Ce qu'on essaie de faire, de toute façon, c'est de l'excellence, quelle que soit la pression retenue.
18:10Le premier regard, c'est un peu celui du maître d'ouvrage. C'est celui qu'on a envie de satisfaire, évidemment.
18:15Donc, pas vraiment les contraintes.
18:18D'accord. Et pour vous, il y aura au moins une trace de ces travaux ambitieux ?
18:22Évidemment. En tout cas, c'est des images.
18:25C'est le mandataire du marché, aussi l'atelier du Périscope, avec qui RIS a travaillé,
18:30qui vont pouvoir représenter l'enjeu pharaonique que peut être la relocalisation de ces équipements.
18:38Voilà. En tout cas, à découvrir très bientôt chez nos confrères de la première chaîne nationale.
18:43En tout cas, un grand merci. On en sait un petit peu plus sur cette lutte contre l'érosion du littoral
18:48et les outils pour y remédier.
18:51Merci à Justine Marcotte, je rappelle que vous êtes Directrice Générale Adjointe Développement Territorial,
18:55Ville de Lèges-Cap-Ferret. Merci à vous.
18:57Et merci également à Nicolas Madine, ingénieur en aménagement urbain et paysagiste chez IRIS Conseil.
19:02Merci à vous et à très bientôt sur Bismarck.
19:09Connaissez-vous le Lean Management ? C'est ce qu'on va découvrir avec notre invité.
19:13C'est un expert, Mathieu Raducanu. Bonjour.
19:15Bonjour.
19:16Vous êtes Directeur Général de Leannov, en deux mots.
19:19Avec vous, on va découvrir comment cette méthode accompagne certains grands projets de transformation urbaine.
19:26Mais tout d'abord, est-ce que vous pouvez nous présenter votre société Leannov ?
19:29Oui. Leannov existe depuis quatre ans. Nous avons deux activités.
19:34Nous accompagnons les maîtres d'ouvrage sur des démarches de Lean Management,
19:38en conception et en réalisation de projets.
19:40Et nous accompagnons les acteurs de la construction dans le Lean Construction.
19:45C'est l'organisation interne de leur fonctionnement.
19:47Tout cela repose sur la même méthode. Le Lean, c'est un mot anglo-saxon.
19:52On parle de méthode agile pour le monde informatique. Le Lean, c'est quoi ?
19:57Le Lean vient de chez Toyota dans les années 60 pour l'industrie.
20:01C'est l'optimisation des processus de fonctionnement.
20:05On l'a adapté au monde du bâtiment, car nous ne nous intervenons que sur les métiers du bâtiment.
20:12C'est vrai que dans les années 70, Toyota a processisé une chaîne pour éviter le gaspillage de temps, pour optimiser.
20:21C'est de ça dont on se sert aujourd'hui ?
20:23De manière simple, le Lean, c'est s'améliorer en éliminant les gaspillages.
20:28Avec un processus d'amélioration continue ?
20:30C'est de l'amélioration continue. Pérenne dans le temps.
20:33Identifier les causes d'un problème et trouver des solutions qui vont permettre d'éliminer le problème.
20:39Comment cela se traduit dans certains grands projets de la fabrique urbaine ?
20:45Il y a plein de choses. On intervient en grande partie sur le pilotage de la gestion de projet,
20:53sur la qualité des livrables qui sont attendus et fournis par l'ensemble des acteurs qui interviennent sur un projet en phase conception.
21:02On travaille beaucoup sur la logistique et la gestion des flux des projets de construction.
21:08Derrière, on vient vérifier et animer le fait que ce soit réellement mis en œuvre sur le chantier.
21:14Ce qui est intéressant, c'est qu'on se dit que quand on lance des grands projets de transformation urbaine,
21:19il y a déjà un chef de projet. Pourquoi ils font appel à vous ?
21:23Pourquoi les agglomérations vous appellent ?
21:25Parce que nous sommes formateurs, coachs ou consultants sur l'efficacité opérationnelle.
21:33Nous utilisons des méthodes et des outils qui vont permettre d'améliorer l'efficacité de la gestion de projet.
21:41On part d'un exemple, si vous voulez bien.
21:43Je crois que vous avez des projets en bleu magnétique en ce moment un peu partout sur le littoral, la Rochelle, la Roche-sur-Yon.
21:49On va s'intéresser à la Rochelle, direction l'Azac de Bongrène, un écoquartier.
21:54Comment vous intervenez sur ce projet ?
21:56Sur ce projet-là, je suis missionné par la maîtrise d'ouvrage.
21:59Il y a trois maîtres d'ouvrage, CISN, OPH et AXANIS, pour travailler sur l'étude logistique du premier projet de l'Azac,
22:09qui va démarrer au mois de septembre.
22:11Très bien. Et comment ça se passe fonctionnellement ?
22:14Vous allez au contact, vous aurez passé du temps avec eux, vous étudiez le projet ?
22:19J'interviens avec les bureaux d'études, j'interviens avec l'architecte, le maître d'œuvre,
22:24pour identifier les flux qui vont avoir lieu sur le chantier, en termes de circulation piétonne, véhicule.
22:31Je réalise une étude logistique qui va permettre de réaliser un certain nombre de prescriptions
22:37dans le cahier des charges du projet pour faciliter les conditions de travail, améliorer la sécurité
22:45et optimiser la manutention et les approvisionnements.
22:49D'accord. Une question, c'est sûr, souvent quand on a des méthodes comme ça,
22:53certains les voient comme des méthodes imposées, hors structure, vous arrivez à votre casquette
22:58un petit peu de super consultant ou de super animateur, et on peut avoir de la résistance au changement.
23:03Comment vous faites pour embrasser justement cette résistance ?
23:08Effectivement, le Lean, c'est quelque chose qui est assez rigoureux, c'est très carré dans ses processus, dans son fonctionnement.
23:15Il faut aussi être assez rond, assez agile.
23:18C'est beaucoup d'adaptation en fonction des différents acteurs avec qui on intervient.
23:23Il va falloir s'adapter à leur manière de fonctionner, à leur manière de travailler,
23:28pour trouver le meilleur compromis entre les process qui sont très rigides et très rigoureux,
23:34et le terrain qui lui nécessite une certaine adaptation.
23:39D'autant que les participants doivent s'adapter et collaborer, co-construire.
23:44Ça demande une certaine participation.
23:47Qu'est-ce qu'on fait quand justement il y a des gens qui disent « non, ce n'est pas pour moi, ça ne m'intéresse pas ».
23:50L'amélioration continue, c'est trois leviers.
23:53C'est les outils, la méthode et l'état d'esprit.
23:57Le levier état d'esprit est hyper important dans cette démarche.
24:00On implique les équipes, on échange beaucoup avec elles,
24:04on fait en sorte de faire des ateliers collaboratifs où chacun a son mot à dire,
24:10et on travaille ensemble pour fournir la meilleure prestation possible, le meilleur livrable possible.
24:18D'autant que sur certains projets, c'est vrai qu'on a tendance, quand on est au sein de la société,
24:21à voir ce qui ne va pas, le verre à moitié vide.
24:23Vous vous dites de vous concentrer d'abord sur les process qui fonctionnent,
24:26pour pouvoir les répliquer, les dupliquer.
24:28Un des objectifs dans la démarche d'amélioration continue,
24:31c'est d'identifier les bonnes pratiques et de les standardiser,
24:34de faire en sorte de les reproduire sur d'autres projets.
24:38Effectivement, ça peut être un levier pour les réfractaires,
24:41de parler d'abord de ce qui se passe bien, de ce qui est bien fait,
24:45pour ensuite le standardiser et éventuellement, après, aller voir ce qui se passe moins bien.
24:50Vous avez vu, Mathieu, justement, des équipes où certains disaient
24:54« ça ne marchera jamais, ce n'est pas pour nous »,
24:56et qui finalement changeaient d'avis et commençaient à voir la transformation ?
25:00Quasiment toujours.
25:03C'est quelque chose qui est important dans le sens où c'est un sujet qui est assez peu connu
25:11et donc tout le monde a un petit peu peur au départ de cet aspect collaboratif.
25:16C'est un changement d'habitude de travail et effectivement,
25:20une fois qu'on a passé la première barrière derrière,
25:23une fois qu'on a l'implication des équipes, en général, tout se passe bien.
25:27La formation, ou plutôt la démarche Lean pour cette maîtrise des projets,
25:32à tester en tout cas, et on a l'impression que tester, c'est l'adopter.
25:36Merci en tout cas à notre expert du jour, Mathieu Raducanian.
25:39Je rappelle que vous êtes directeur général de Leannov et à très bientôt dans Spartimo.
25:42Merci.