• il y a 3 jours
Avec Le Jarl, directeur d'un établissement de nuit à Rennes, co-auteur de "Ça va mal finir" éd. Nimrod

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##LE_FACE_A_FACE-2025-03-25##

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Transcription
00:00Sud Radio Bercov, dans tous ses états, le face-à-face.
00:06Eh bien le face-à-face aujourd'hui, je vais le commencer par un exergue,
00:12par un exergue qui est dit à la fin d'un livre,
00:16à la fin d'un ouvrage vraiment que je vous recommande,
00:19parce que c'est un ouvrage qui explique la France d'aujourd'hui,
00:23comme très très très peu d'ouvrages le disent.
00:27Pourquoi ? Pour une raison très simple, ce n'est pas un ouvrage de sociologue,
00:30ce n'est pas un ouvrage de philosophe,
00:35ce n'est pas un ouvrage de quelqu'un qui est loin du réel,
00:39c'est quelqu'un qui a vécu un réel, un réel d'une certaine France,
00:43d'une certaine France qui est quotidienne,
00:46parce que la France c'est bien des discothèques, des dancing,
00:50la France de la nuit, la France, pas à Paris justement,
00:54mais à Rennes et ailleurs.
00:57Et je voudrais commencer par cet exergue magnifique,
01:00et ça vous rappellera une certaine phrase d'un ancien ministre de la Justice,
01:04Éric Dupond-Moretti.
01:06Écoutez ceci,
01:08sur la question de l'éclairage,
01:11M. Brossard, conseiller municipal et élu de quartier,
01:15précise qu'il faut distinguer le sentiment d'insécurité
01:19que peut générer l'obscurité,
01:21et l'insécurité réelle.
01:23Il considère que les piétons peuvent aujourd'hui s'équiper de lampes.
01:27Vous avez entendu, je répète, parce que c'est vraiment intéressant.
01:31Sur la question de l'éclairage, M. Brossard,
01:33précise qu'il faut distinguer le sentiment d'insécurité
01:37que peut générer l'obscurité et l'insécurité réelle,
01:39donc les piétons peuvent aujourd'hui s'équiper de lampes.
01:41Alors c'est quoi ?
01:43Et bien c'est Léonick Briot,
01:45adjointe à la maire de Rennes, adjointe déléguée à la sécurité,
01:49qui fait le point sur l'avancement de la stratégie territoriale de sécurité
01:53et prévention de la délinquance 2021-2026.
01:57Nous sommes, je le rappelle, en 2025, en mars 2025.
02:01Et voilà, et ça vous rappelle un certain sentiment d'insécurité.
02:05C'était le ministre de la Justice,
02:07Éric Pomoretti, n'est-ce pas ?
02:08Il n'y a pas d'insécurité, il y a un sentiment d'insécurité.
02:11Et alors ce livre, signé Le Yarl,
02:15ça va mal finir.
02:17C'est un livre qui est paru aux éditions Nimrod.
02:20Nimrod, c'est bien ça.
02:22Je vais vous dire en quoi c'est un livre qui m'a beaucoup touché.
02:26Je sais que je ne suis pas le seul.
02:29C'est parce que, vous savez, il y a une dizaine d'années,
02:31un livre avait fait pratiquement un million d'exemplaires,
02:34avait fait vraiment fureur chaque plus de dix ans,
02:37qui s'appelle La France orange mécanique.
02:39L'auteur, Laurent Oberthon,
02:41avait simplement compulsé
02:44une série de cinquante journaux régionaux
02:47pendant deux jours,
02:49et en pointant les incivilités,
02:52les actes de violence, les histoires,
02:55et ça éclatait à la tête de beaucoup de gens
02:58qui disaient « Ah bon, ça se passe comme ça en France ? »
03:00Parce que, évidemment, si on est dans tel ou tel quartier,
03:02on ne voit rien, ou presque rien.
03:03« Ah ben, ça n'est même pas arrivé à moi, donc ça va. »
03:05Et là, ce livre, ça va mal finir, du Yarl.
03:09Ce qui est intéressant, c'est que c'est La France orange mécanique,
03:13mais vécue de l'intérieur.
03:15Donc, c'est-à-dire que c'est quelqu'un, le Yarl,
03:17et on va en parler avec lui,
03:19qui a vécu quotidiennement
03:21dans les divers établissements dont il s'est occupé.
03:24Le dernier étant un établissement rue Arène,
03:28le 164-28, le Life Club de Rennes.
03:32Et ça se raconte,
03:35et c'est pour ça que c'est un livre unique,
03:37enfin, à mon sens,
03:38qui se raconte de l'intérieur, ce qui se passe.
03:41Et puis, il prend le temps de réfléchir là-dessus.
03:43Bonjour.
03:44Bonjour, merci pour l'invitation.
03:46Dites-moi, alors, juste rapidement,
03:49vous avez dû vous poser la question cent mille fois.
03:51Alors, le Yarl, si j'ai bien compris,
03:53c'est un chef de guerre viking.
03:56C'est bien ça ?
03:57Chef de guerre, chef de clan viking.
03:59C'est comme ça qu'on appelait les chefs de clan,
04:01à l'époque, vikings.
04:03C'est scandinave.
04:04C'est ça, c'est scandinave.
04:05Et donc, vous avez pris, évidemment,
04:07ce pseudo, enfin, cette étiquette,
04:11qui est devenue très forte,
04:12parce que, ce qui est intéressant aussi,
04:14je le dis d'emblée,
04:15c'est que vous avez été très connu,
04:17au départ, par les réseaux sociaux.
04:19Enfin, vous vous êtes mis aux réseaux sociaux très vite.
04:21Et alors, je voudrais justement qu'on parle
04:23un tout petit peu de votre parcours.
04:25Qu'est-ce qui a fait que vous êtes venu, d'abord,
04:27aux arts martiaux, aux MMA,
04:29à ce que vous racontez ?
04:30On ne va pas s'aposentir là-dessus,
04:32parce que ce qui est très important,
04:34c'est l'expérience, justement, de cette France
04:36« ensauvagée »,
04:38mais cette France aussi,
04:40qui existe et où il y a des points très positifs.
04:42Alors, qu'est-ce qui vous a fait arriver
04:44aux arts martiaux et à la vie que vous avez menée ?
04:46Alors, qu'est-ce qui m'a fait arriver aux arts martiaux ?
04:48Je l'explique dans les premières pages du livre.
04:50Une enfance un peu compliquée,
04:52avec un beau papa brutal et alcoolique.
04:54Et dans ma façon de me protéger,
04:57j'ai très vite compris que ça passait d'abord
04:59par un moyen de défense personnel.
05:01Donc, je me suis lancé dans les arts martiaux très jeune,
05:03en me disant que peut-être qu'un jour
05:05ça pourrait me servir.
05:07Et puis, ça m'a même réfugié, c'était une bulle.
05:09J'allais vraiment m'entraîner,
05:11j'allais dans mes cours, tranquillement.
05:13Très tôt ? Vous avez commencé très tôt ?
05:15Très tôt, oui. Je devais avoir 8 ou 9 ans.
05:17Et puis, je n'ai jamais arrêté.
05:19Je me suis entraîné toute ma vie.
05:21C'est ce qui me permet de sortir de mon quotidien
05:23et d'être bien, en fait.
05:25Et vous continuez à le faire ?
05:27Toujours. Tous les matins, je fais du sport.
05:29Et alors, vous avez vécu un certain nombre de choses.
05:31Dans votre livre, vous le racontez très bien.
05:33Un certain nombre d'affaires, de fitness, etc.
05:35que vous avez eues,
05:37avec votre compagne,
05:39avec un certain nombre de gens.
05:41Et très vite,
05:43vous le racontez aussi, vous avez eu
05:45un esprit de nécessité
05:47de l'équipe autour.
05:49On ne fait rien seul, mais on fait des choses
05:51avec des gens. Et c'est venu comment, ça aussi ?
05:53Je l'ai compris, pareil, aussi
05:55très tôt, très jeune.
05:57Alors, ça paraît incroyable, mais je l'ai compris
05:59en faisant ma carrière militaire,
06:01enfin, pas carrière, on appelle ça
06:03le service militaire, ça n'existe plus aujourd'hui.
06:05Je l'ai fait avec les CRS
06:07et j'ai compris très jeune
06:09qu'en étant en groupe,
06:11en étant suivi par un leader,
06:13quelqu'un qui nous donnait ce qu'il y avait à faire,
06:15je me suis rendu compte qu'on était beaucoup plus forts,
06:17ça entraînait un groupe, une équipe.
06:19Et c'est là que j'ai commencé à essayer de comprendre
06:21ce qui se passait chez les humains.
06:23Je me suis intéressé à tout ce qui est l'anthropologie humaine
06:25et je suis un passionné des humains.
06:27Donc, je l'explique aussi souvent dans le livre
06:29et tout ce que je fais n'a toujours eu qu'un rapport
06:31de compréhension.
06:33C'est-à-dire que dès que j'ai eu des soucis
06:35avec des individus en discothèque,
06:37dans des situations de rue,
06:39j'ai toujours fait en sorte
06:41de comprendre le comportement
06:43de la personne que j'avais en face de moi
06:45pour pouvoir y répondre.
06:47Et c'est ce que j'ai fait, c'est ce que j'explique
06:49dans le livre, en fait, c'est que je ne fais pas un constat
06:51bête et sans réflexion.
06:53J'essaye de comprendre vraiment comment sont les gens,
06:55pourquoi ils sont comme ça,
06:57pourquoi ils sont devenus comme ça, d'où ils viennent.
06:59C'est très important d'où on vient, d'où viennent nos grands-parents.
07:01C'est très important de connaître
07:03sa lignée génétique.
07:05Vous savez, c'est ce que disait
07:07un philosophe qu'on peut...
07:09Mais qui a dit des choses très bien,
07:11peut-être d'autres. Vous savez, c'était
07:13la définition de la liberté par Sartre.
07:15On lui demandait, Sartre, vous avez écrit 400 bouquins sur la liberté,
07:17mais c'est quoi la liberté ? Il dit la liberté
07:19c'est ce que vous faites de ce qu'on a fait de vous.
07:21Vous n'avez pas choisi vos parents, vous n'avez pas choisi votre éducation,
07:23mais après, c'est vous qui gérez
07:25et c'est vous qui faites.
07:27Vous, vous avez...
07:29J'en arrive à, effectivement,
07:31le fait que vous êtes copié
07:33d'établissements, d'établissements nocturnes.
07:35Je veux dire, il y a eu
07:37le Venom, je crois.
07:39C'était mon propre établissement.
07:41C'était votre propre établissement, et vous avez
07:43été patron de salle
07:45depuis
07:4747, je crois.
07:49Le premier club de MMA, c'était en 97.
07:51J'étais très jeune,
07:53mais c'était le premier club. On n'appelait pas ça MMA à l'époque,
07:55on appelait ça Free Fight.
07:57Juste rapidement, pour expliquer
07:59pour nos haters et spectateurs,
08:01c'est quoi ce MMA,
08:03Mixed Martial Arts,
08:05par rapport aux arts martiaux connus ?
08:07C'est un sport qui a défrayé la chronique
08:09pendant longtemps en France, parce qu'il a été très longtemps
08:11interdit en compétition, mais pas en pratique.
08:13Et c'est assez récemment,
08:15finalement, qu'on peut voir aujourd'hui
08:17des combats à la télé.
08:19Jusqu'en 2021, ce n'était pas possible.
08:21Ah oui, c'est très récent.
08:23Je l'explique aussi dans le livre, il y a un passage
08:25où on explique un peu l'évolution du MMA,
08:27et comment ça a changé beaucoup de choses
08:29pour les pratiquants de sport de combat.
08:31Et alors, ces Mixed Martial Arts
08:33que vous avez pratiqués,
08:35effectivement, vous ont
08:37brigadé pour choisir ce que vous avez choisi.
08:39C'est-à-dire, vous vous occupez, animé,
08:41des lieux,
08:43les lieux nocturnes, par essence,
08:45bien sûr que ça se passe au fil de la journée,
08:47mais par essence, il y a un certain
08:49nombre de choses qui s'exacerbent, notamment
08:51certaines violences, etc.
08:53Et ce qui est vraiment très intéressant
08:55dans votre livre, c'est que vous faites
08:57une espèce de topographie
08:59de ce qu'il faut faire, par exemple,
09:01quand vous parlez de vos territoires,
09:03je parle de la Dalle du Colombier, bien sûr,
09:05à Rennes, vous dites, il y a trois choses,
09:07expulser les dealers,
09:09la choix de la clientèle à l'entrée,
09:11gérer la sécurité des clients à la sortie,
09:13et ce que font
09:15les placeurs, les portiers, etc.
09:17En fait, ce que vous tracez,
09:19c'est une véritable
09:21stratégie de la sécurité,
09:23stratégie de l'espace, stratégie
09:25du temps, et je voudrais que vous l'expliquiez un peu,
09:27parce que voilà, la réalité de la nuit,
09:29la réalité de la nuit, dans un certain nombre
09:31d'endroits en France, qui sont
09:33effectivement ceux qu'on peut connaître,
09:35et il y a effectivement
09:37une pédagogie, vous dites vous-même que
09:39quand vous êtes arrivé, notamment
09:41au 88,
09:43c'était un état
09:45de déliquescence assez total.
09:47Alors, c'est les grandes places
09:49rennaises, ce n'est pas spécialement devant cet établissement,
09:51mais les grandes places, de grands passages à Rennes,
09:53sont des endroits très
09:55compliqués aujourd'hui, malheureusement,
09:57l'après-Covid a changé beaucoup de choses, sur le visage
09:59rennais, et beaucoup
10:01de MNA, beaucoup de dealers,
10:03les MNA, pour les gens qui sont
10:05mineurs non accompagnés,
10:07dans les MNA, ils ne le sont pas
10:09tous, mais beaucoup sont malheureusement voleurs,
10:11agressent dans des situations
10:13compliquées, et donc la dalle du
10:15Colombier était un lieu important pour eux de passage,
10:17puisqu'il y a trois établissements de nuit à cet endroit-là,
10:19autour de ce lieu-là.
10:21Donc, trois établissements, vous imaginez bien
10:23que c'est plusieurs milliers de personnes qui passent
10:25au même moment, au même endroit, la nuit.
10:27Et donc, les dealers,
10:29parce que ça ne l'est plus, mais
10:31c'était un des meilleurs endroits stratégiques
10:33pour pouvoir faire leur business. Et puis,
10:35les MNA, encore plus facile, plus il y a de passages,
10:37plus ils ont des victimes potentielles.
10:39C'est ça, parce que vous dites, dans les MNA,
10:41effectivement, il y a
10:43les violents, il y a les zonards,
10:45il y a diverses catégories.
10:47Il y a diverses catégories.
10:49Et effectivement,
10:51il faut les gérer, il faut voir ça.
10:53On va en parler, juste après cette petite
10:55pause, je voudrais que vous nous racontiez
10:57cette rencontre que vous avez eue
10:59avec cette France
11:01de l'insécurité et de la violence.
11:03Il n'y a pas que ça, bien sûr.
11:05Et surtout, les humains, hommes,
11:07femmes, jeunes, vieux.
11:09Et puis, la police, évidemment, derrière
11:11et la justice derrière.
11:13Ce qui est intéressant, c'est que
11:15je dirais presque que ce que vous avez
11:17vécu, ces lieux, ce sont
11:19des pavés dans la mare et ce qui se fait
11:21autour, c'est tout. C'est la société
11:23française dans son ensemble
11:25et c'est pour ça que votre livre me paraît très
11:27intéressant de ce point de vue-là.
11:29On se retrouve tout de suite avec Le Yard,
11:31après une petite pause.
11:33Sud Radio.
11:35Sud Radio Bercoff, dans tous ses états,
11:37midi 14h. André Bercoff.
11:39Le Yard,
11:41ça va mal finir aux éditions
11:43Nemrod.
11:45Justement, je voudrais que vous me parliez
11:47de cette réalité-là, de ces réalités
11:49de la France
11:51que vous avez vécues, notamment à Rennes et ailleurs,
11:53bien sûr. Mais,
11:55vous parlez, c'est très intéressant,
11:57comment s'organise
11:59vraiment
12:01une boîte de nuit,
12:03des dancings, des discothèques
12:05où il y a à la fois des gens qui viennent
12:07et beaucoup, tout simplement,
12:09pour s'amuser, pour passer un bon temps,
12:11pour jusqu'au bout de la nuit,
12:13comme on dit, comme dit la chanson,
12:15et d'autres qui viennent
12:17pour d'autres motifs,
12:19quelquefois à Castanier, quelquefois
12:21à Dillais, puis autres, etc. Et vous êtes obligés
12:23de faire, vous, vous êtes chargé
12:25avec une dizaine
12:27de personnes, ou plusieurs dizaines de personnes,
12:29de faire en sorte qu'il y ait
12:31le moins de dégâts possibles et que les gens
12:33arrivent ici, passent un bon moment et sortent en sécurité.
12:35Comment ça se passe ? Comment on s'organise
12:37là-dessus ?
12:39C'est toujours pareil, on regarde ce qui
12:41se passe, on analyse la situation
12:43parce que la situation en 30 ans a énormément
12:45évolué. Ce que je faisais
12:47à l'entrée des boîtes dans les
12:49années, on va dire 2000,
12:51même 95, ça n'a absolument
12:53rien à voir avec ce qu'on fait aujourd'hui.
12:55Alors, en quoi ça a évolué, justement ?
12:57Très simple. Dans les années 2000,
12:59j'avais une histoire de dingue à raconter
13:01par an. Quand je dis une histoire de dingue,
13:03c'est une agression au couteau, une attaque avec un fusil
13:05de chasse, voilà, une histoire de dingue par an.
13:07Et d'ailleurs, le livre
13:09le démontre bien, parce que quand je donne des exemples,
13:11sur les premières années, j'ai eu une, deux
13:13histoires à raconter par an.
13:15En 2025, j'ai à peu près trois
13:17histoires de dingue à raconter par week-end.
13:19Voilà l'évolution.
13:21Et d'ailleurs, le livre aussi le montre, puisque
13:23toute la moitié du livre passe
13:25d'expérience en expérience de terrain
13:27qui sont toutes plus dingues
13:29les unes que les autres. Et c'est ça qui
13:31surprend les gens et qui choque, c'est que la réalité aujourd'hui
13:33est choquante. Et malheureusement, c'est ce que
13:35vivent aujourd'hui une grande partie des gens qui sont
13:37dans les établissements de nuit et qui y travaillent.
13:39Mais, malheureusement, il n'y a pas que les établissements
13:41de nuit. C'est la réalité aujourd'hui devenue des gens
13:43et l'actualité le montre en permanence.
13:45Il y a la rue, le métro...
13:47Partout, c'est ça.
13:49Le dernier
13:51en date ce week-end en Ille-et-Vilaine,
13:53Val-d'Isée,
13:55pas très loin de Rennes, à côté de Vitrée, il y a encore
13:57eu une attaque. De jeunes qui sont venus
13:59à une soirée privée de sportifs,
14:01des basketteurs, ça c'était samedi nuit,
14:03et ils sont arrivés avec des couteaux. Les premiers témoins
14:05disent qu'ils sont venus avec des couteaux. Il y a un papa qui est blessé
14:07au niveau du crâne.
14:09Quand je viens de lire
14:11les articles tout à l'heure dans le train, on n'est pas loin
14:13d'un crépaule raté, là. Donc c'est
14:15dramatique, quoi. C'est-à-dire qu'en fait, c'est partout.
14:17Un établissement de nuit,
14:19j'ai surpris quand j'ai fait mes
14:21premières vidéos là-dessus en expliquant ça.
14:23C'est comme un pays, en fait.
14:25L'intérieur de la boîte de nuit, n'importe laquelle,
14:27c'est comme un pays. On fait du multiculturel.
14:29Parce qu'en réalité, on fait rentrer énormément de gens.
14:31Il y a les frontières qui sont la porte.
14:33Exactement. Les frontières, c'est la porte.
14:35Les gens qui sont devant, donc les portiers
14:37et les physios, sont là normalement
14:39censés comme des douaniers, censés surveiller
14:41ce qui va rentrer dans l'établissement de nuit.
14:43Et l'objectif, très simple,
14:45c'est pour réunir plein d'individus
14:47différents dans le même endroit,
14:49on doit quand même trouver quelque chose
14:51qui va tous les rassembler,
14:53qui va faire qu'ils ne vont pas se taper dessus.
14:55Et c'est ça la difficulté.
14:57Oui, c'est déjà, justement,
14:59les gens qui sont venus
15:01dans les 30 ans que vous avez fait,
15:03et pas que de
15:05Le Dernier Rennes,
15:07ils venaient de partout.
15:09Est-ce qu'il y avait une véritable mixité ou pas ?
15:11Ça a toujours été comme ça.
15:13La mixité a toujours existé.
15:15En revanche, évidemment, il faut le dire, c'est qu'aujourd'hui,
15:17il y a encore plus de mixité qu'avant.
15:19C'est-à-dire qu'avant, quand on ouvrait une boîte,
15:21je dis n'importe quoi, mais dans les années 2000, par exemple,
15:23on va parler du maximum, puisque
15:25j'ai été au maximum pendant très très longtemps,
15:27de nombreuses années.
15:29Allez, on va dire que, moi je parle toujours
15:31d'origine et tout ça, moi je suis
15:33d'origine croate, mon papa est croate,
15:35j'ai aucun problème avec ça.
15:37Et évidemment,
15:39quand on faisait, c'était une grosse clientèle aussi,
15:41on faisait 1000 entrées, quand on avait
15:43900 personnes,
15:45on avait sur 1000, on avait 900 personnes
15:47qui étaient vraiment, je dis souvent, on avait des Frédéric,
15:49des Lucien, enfin voilà,
15:51et puis on pouvait avoir une centaine de personnes
15:53qui arrivaient avec des pays d'origine extérieure à la France.
15:55Et avec ça,
15:57on organisait nos soirées.
15:59Aujourd'hui, c'est plus le cas, en fait. Aujourd'hui, ça a vraiment
16:01changé, parce que la France a aussi changé.
16:03C'est-à-dire que l'immigration a pris une telle ampleur
16:05que, automatiquement, dans l'entrée
16:07des établissements de nuit, mais partout dans
16:09tout le pays, l'adaptation
16:11à ces vagues migratoires
16:13même de parents, de grands-parents,
16:15moi c'est mon père qui est arrivé en France,
16:17elle a explosé.
16:19Les établissements de nuit
16:21représentent ce que le pays est.
16:23Aujourd'hui, dans les établissements de nuit,
16:25effectivement, le multiculturel est très
16:27vaste, très varié,
16:29bien plus qu'il y a 20 ans, 25 ans.
16:31Et donc, on doit faire avec ça.
16:33Et c'est très difficile, parce que parfois,
16:35dans le même endroit, les gens peuvent se haïr.
16:37Parce qu'en fonction des styles musicals
16:39qu'on va passer, on a des gens différents.
16:41Et donc, comme dans
16:43un pays, parfois, malheureusement, les gens peuvent se haïr.
16:45Alors, ils ne savent souvent pas pourquoi, d'ailleurs,
16:47c'est assez drôle. Moi, je vous le dis tout le temps,
16:49mais j'aime l'anthropologie, j'aime les humains
16:51de tous les horizons. Ce qui m'intéresse, c'est de
16:53comprendre pourquoi ils sont comme ça, et pourquoi
16:55certains peuples détestent d'autres peuples. C'est intéressant
16:57de comprendre ce qui s'est passé, en fait.
16:59Les discothèques, c'est pareil. Et donc, on doit faire
17:01avec, et les physios de toute la
17:03France doivent être très vigilants, et faire en sorte que
17:05dans le multiculturel, on doit aussi
17:07être très vigilants sur les gens qu'on va faire rentrer, pour pas
17:09qu'à l'intérieur de la boîte, ils se fracassent parce qu'ils se détestent.
17:11Oui, alors, ce qui est
17:13d'ailleurs très intéressant, dans vos recommandations
17:15que vous avez données
17:17à la personne du
17:19ministère, quand vous avez appris que vous avez
17:21rencontré Eurotaïo, mais on va en reparler,
17:23c'est que vous dites, par exemple, au-delà
17:25des tasers,
17:27des bombes lacrymogènes,
17:29vous dites,
17:31on n'a pas le droit de mettre
17:33des caméras
17:35à 50 mètres de l'établissement,
17:37alors que c'est là où on voit les gens arriver,
17:39etc. Et en fait, c'est intéressant
17:41parce qu'il y a déjà, c'est
17:43évidemment la France de haute trois vitesses,
17:45évidemment les gens qui vont dans des petits
17:47discothèques privés ne comprendront pas ça,
17:49parce que les discothèques privés font,
17:51vous c'était privé, mais en même temps
17:53c'était les
17:55grandes dancing de foule,
17:57c'est pas les petits dancing
17:59à la Castel ou à la Régine parisienne,
18:01où il y a 200 personnes au maximum,
18:03c'est une autre échelle,
18:05on a toujours été
18:07avec ma femme dans des établissements accueillant au minimum
18:091000 personnes, le maximum c'était 1500,
18:11c'est des grosses
18:13vagues. Et c'est pour ça que c'est très intéressant,
18:15alors expliquez-nous comment on fait,
18:17alors justement, comment on fait
18:19pour mesurer
18:21le potentiel, les gens
18:23arrivent, vous ne savez pas qui ils sont,
18:25etc. Bon, il y a la tenue, etc.
18:27Comment on fait pour mesurer
18:29le potentiel éventuel de danger
18:31ou de violence de certains et pas du tout
18:33d'autres ? Alors en fait,
18:35il y a plusieurs étapes. La première étape,
18:37j'en parle constamment, c'est le
18:39langage non-verbal. Le langage
18:41non-verbal, c'est comment, là où les
18:43personnes vont se présenter dans une
18:45file d'attente et vont avancer dans cette file
18:47d'attente. Des fois, les files d'attente
18:49vont faire 20 mètres, 30 mètres, 40 mètres,
18:51en fonction du nombre qu'on a, et donc on a
18:53quelques secondes pour se rendre compte des
18:55individus à qui on va avoir affaire.
18:57Ici, 50% du filtre est déjà
18:59fait, la moitié du filtre, c'est-à-dire que dans le
19:01comportement non-verbal, on va voir si
19:03des individus vont ou ne vont
19:05pas s'entendre avec le groupe. Moi, je parle
19:07toujours de groupe, de clan, parce que les humains
19:09ont toujours fonctionné comme ça.
19:11Et donc,
19:13à partir de là, le premier filtre se fait.
19:15Le second filtre, évidemment, ça va être la
19:17tenue vestimentaire. Ça paraît incroyable, mais
19:19moi, j'appelle ça dans le livre, les armures.
19:21Nous avons tous des armures, et ça fait
19:2370 000 ans que nous avons des armures. On a
19:25toujours protégé notre tête avec des casques
19:27ou des chapeaux, parce qu'en 2025, on n'a plus besoin
19:29d'une casque. Les chaussures, les vêtements,
19:31le manteau, tout compte.
19:33Chaque personne, même autour de ce
19:35plateau-là, vous avez votre propre
19:37armure. Et moi, j'analyse ça en permanence.
19:39Je regarde. Quand je rentre
19:41quelque part, je regarde comment les gens vont.
19:43Et puis, évidemment,
19:45dans une file d'attente d'établissement de nuit, c'est une des
19:47premières choses que mes physios doivent faire, et je les
19:49ai tous formés là-dessus. Et vous disiez 50%
19:51du boulot qui est déjà fait en regardant ça.
19:53On voit déjà le premier comportement des gens
19:55sur leur langage non-verbal.
19:57Comment ils vont regarder les gens, comment ils vont parler
19:59avec les gens, comment ils vont avoir les termes
20:01du bas du visage, c'est-à-dire le sourire, pas de sourire.
20:03Les mains sont
20:05un facteur très important de langage.
20:07Et la façon dont ils vont
20:09tourner autour des gens, comment ils vont se déplacer
20:11dans la foule et dans
20:13leur comportement non-verbal.
20:15Et ensuite, je vous ai dit les vêtements,
20:17l'armure, parce que l'armure, on sait
20:19d'où les gens viennent. Par exemple, les gars des quartiers
20:21ont des armures. On est capable très
20:23vite de fixer, de dire quels quartiers ils sont,
20:25ils font quoi dans leur vie. Je suis capable de vous
20:27dire très rapidement, rien qu'en regardant
20:29des vêtements, d'où viennent les gens.
20:31C'est pas 100%.
20:33Il y a toujours une marge d'erreur.
20:35Je ne dis jamais à 100%, mais il y a une grande partie
20:37qui fonctionne parfaitement. Et puis la troisième chose,
20:39ça va être le langage verbal
20:41et corporel direct, ce que j'appelle la prise
20:43de contact. Quand on a le moindre doute,
20:45on va donc prendre contact.
20:47C'est-à-dire, bonsoir monsieur,
20:49comment allez-vous ? Vous allez vers lui ?
20:51Bien sûr, il y a une prise de contact.
20:53La prise de contact, en fonction
20:55des réponses à nos questions
20:57déjà bien établies, on sait
20:59si ça va être jouable ou pas dans la foule,
21:01dans le groupe, dans le clan.
21:03C'est-à-dire qu'est-ce que la personne, en fonction de ses réponses,
21:05va être capable de se dire, ça ne va pas le faire,
21:07ils ne vont pas s'entendre en groupe.
21:09Oui, à l'intérieur, en fonction de l'intérieur.
21:11C'est-à-dire, quel comportement
21:13va avoir l'individu ou les individus ?
21:15Est-ce que ça va
21:17correspondre avec plein de gens
21:19qui sont au même endroit, serrés,
21:21comme un pays, en fait.
21:23Ils sont au même endroit, tous ensemble. Est-ce que leur comportement
21:25va correspondre avec ceux qui sont déjà dedans ?
21:27Et c'est ça les vraies questions.
21:29Je ne vais pas faire toutes les questions ici,
21:31parce qu'en plus on en parle dans le livre,
21:33donc les gens vont s'y intéresser.
21:35Mais là, une des premières choses,
21:37c'est souvent, vous arrivez d'où ?
21:39C'est intéressant de se renseigner. Comme on ne connaît pas les gens,
21:41on demande, bonsoir, vous arrivez d'où ? De quelle ville ?
21:43Est-ce que vous êtes de loin ? Pas loin ? C'est ça qui est intéressant.
21:45Est-ce que vous êtes du coin ? Pas du coin.
21:47Si la personne, directement, nous répond, qu'est-ce que ça peut te faire ?
21:49Déjà, ça pose un problème.
21:51S'il ne veut même pas nous dire d'où ils viennent,
21:53on se dit que ça va être compliqué, dans un établissement de nuit,
21:55où les gens se parlent, où ils sont un peu alcoolisés,
21:57ça va être conflictuel, direct.
21:59Ça peut être déjà un premier filtre, de se dire que la personne ne veut pas répondre.
22:01On n'est pas des policiers,
22:03mais on s'intéresse. On veut apprendre à connaître.
22:05C'est toute la psychologie du contact.
22:07Exactement.
22:09On va continuer à en parler, Le Yarl,
22:11parce que c'est absolument...
22:13En fait, c'est toute la psychologie collective,
22:15la psychologie de groupe.
22:17Mais, en fait, vous êtes un miroir
22:19qui réfléchit, par rapport
22:21au problème d'une société.
22:23C'est très important.
22:25Si je peux rajouter quelque chose, qui peut intéresser
22:27les gens rapidement, c'est le contact
22:29touché. C'est très important.
22:31C'est-à-dire qu'il y contribue.
22:33Quand on voit qu'on a encore des doutes, et que même dans les réponses,
22:35on doute encore,
22:37on va aller jusqu'à chercher un contact.
22:39C'est-à-dire, on peut toucher l'avant-bras, par exemple,
22:41ou juste l'épaule. Si direct, il se repousse,
22:43il va dire, tu ne me touches pas.
22:45Là, par exemple, c'est un autre comportement.
22:47On va dire, ce n'est même pas la peine. En discothèque,
22:49ils vont se toucher, ils vont se rapprocher,
22:51il y a embrouille. On ne peut pas faire ça.
22:53On continue à parler de tout cela.
22:55Ça va mal finir avec Le Yarl.
22:57A tout de suite.
22:59Restez avec nous.
23:01Sud Radio Bercov,
23:03dans tous ses états,
23:05le face-à-face.
23:07Nous sommes toujours et plus que jamais avec
23:09Le Yarl, pour ce livre
23:11qu'il faut lire, parce qu'il raconte
23:13beaucoup de choses. Et qu'il raconte
23:15beaucoup de choses de nous, de notre pays,
23:17de notre territoire.
23:19Ça va mal finir. Alors justement,
23:21c'est intéressant parce que c'est pratiquement
23:23le même titre d'un livre qui vient de
23:25paraître de Kamel Daoud, l'écrivain algérien,
23:27franco-algérien. Et donc,
23:29il y a vraiment le problème,
23:31comme dit l'autre, il est minuit, Dr Schweitzer,
23:33Dieu a décroché son téléphone
23:35et le temps presse, comme disait
23:37je ne sais plus qui, un grand écrivain.
23:39Le Yarl,
23:41justement, continuons à parler
23:43de cet univers que vous avez connu,
23:45que vous avez pratiqué, vécu, pendant
23:47trente ans, des dizaines
23:49des décennies.
23:51Et fautument,
23:53il faut parler de quand ça se passe
23:55et c'est très intéressant,
23:57dans votre livre, par exemple, vous dites, à un moment donné,
23:59vous êtes obligé, comme n'importe quelle politique,
24:01au bon sens du terme,
24:03et stratégie à un bon sens du terme, vous êtes obligé
24:05par exemple, de faire,
24:07non pas alliance, mais de faire
24:09pacte dans l'agression avec un certain
24:11nombre de petits dealers de la DAL,
24:13de Colombier, pour vous protéger
24:15des grands prédateurs qui, eux,
24:17étaient en train de complètement tuer
24:19le quartier.
24:21Et c'est l'alliance
24:23entre Staline et Hitler, le moins pire
24:25ou le mieux pire, vous le racontez très bien
24:27dans votre livre, mais j'aimerais que vous en parliez, parce que
24:29là, on a parlé de la psychologie,
24:31effectivement, du geste,
24:33de la tiraille,
24:35de l'armure,
24:37et oui, et d'abord, avant cela,
24:39justement, à l'intérieur,
24:41ça se passe comment, en général, à l'intérieur ?
24:43Ca se passe bien, car les gens sont dans les discothèques
24:45ou la discothèque ? Dans les discothèques
24:47de France, aujourd'hui, on le voit par
24:49l'actualité,
24:51c'est très rare de voir que dans les
24:53établissements de nuit, il se passe des drames. Dans,
24:55je parle bien dedans, aujourd'hui, c'est sur les extérieurs,
24:57parce que les physios font un boulot
24:59formidable, les agents de sécurité en salle,
25:01c'est national, font un boulot
25:03de dingue, ça a énormément évolué,
25:05et donc, quand les gars, à l'entrée,
25:07font un très bon travail de filtrage,
25:09à l'intérieur, ça se passe bien,
25:11et aujourd'hui, l'actualité le montre, on a
25:13connu des époques, il y a 20 ans, où les discothèques faisaient
25:15parler d'elles dans les boîtes de nuit,
25:17c'était quasiment, maintenant, on n'entend quasiment
25:19plus rien. C'est déjà pas mal, c'est une bonne chose.
25:21Et alors, on va parler, aujourd'hui,
25:23il reste la sortie. La sortie et l'arrivée.
25:25En fait, le trajet pour y aller,
25:27le trajet pour y aller et le trajet pour repartir
25:29chez soi, c'est ça qu'il craint aujourd'hui. Et le trajet pour
25:31repartir chez soi est presque plus grave,
25:33plus difficile que le trajet pour arriver.
25:35Oui, parce que, tout simplement,
25:37on est des victimes encore plus faciles.
25:39C'est-à-dire que, quand on arrive, on est dans un état
25:41normalement normal, si on n'a pas trop consommé
25:43avant et des drogues et de l'alcool,
25:45le départ est totalement
25:47différent, puisque les clients, en
25:49établissement de nuit, automatiquement
25:51boivent, de toute façon, pour la plupart.
25:53Et donc, en ressortant, il ne faut jamais
25:55oublier que les prédateurs ne vont chercher
25:57que les victimes faciles. S'ils prennent
25:59des risques, ils n'y vont pas.
26:01J'explique ça aussi dans le livre,
26:03le choix du prédateur.
26:05Et donc, en sortant, on est évidemment plus
26:07facilement attrapable.
26:09Oui, parce qu'on est désarmé,
26:11on a bu...
26:13Je donne des exemples des filles qui ont
26:15confailli, d'ailleurs, dans nos histoires, des filles
26:17qui ont failli se faire embarquer par des prédateurs qui
26:19attendaient que ça à la sortie de la boîte, et on est allé les sauver.
26:21Et alors, c'est intéressant, parce que
26:23vous racontez dans le livre
26:25que, justement, une partie
26:27de vos portiers ou de votre personnel,
26:29de vos collaborateurs qui travaillent avec vous,
26:31raccompagnent.
26:33Qu'est-ce que ça veut dire ? Ils raccompagnent
26:35jusqu'à leur voiture, jusqu'à... C'est ça ?
26:37C'est un choix stratégique où on s'est rendu
26:39compte que, parfois même, en allant juste à leur voiture,
26:41c'est-à-dire faire 150 mètres ou 200 mètres,
26:43il y avait aussi des agressions sur les abords
26:45de l'établissement. Et donc, on avait pris le choix
26:47de dire, ben voilà, toutes les demoiselles
26:49et tous les garçons qui préféraient se faire accompagner,
26:51dans les membres de mon équipe,
26:53il y avait du monde qui les raccompagnait
26:55systématiquement à leur véhicule. Et on faisait pareil pour
26:57les taxis. C'est-à-dire que, quand elles appelaient
26:59des taxis où ils appelaient, on leur demandait d'attendre dans l'entrée.
27:01Quand le taxi arrivait, on les amenait à leur taxi.
27:03Oui. Parce que c'est vrai que, là aussi,
27:05le danger est peut-être plus accru.
27:07Ben, en fait, les rues
27:09sont devenues compliquées, malheureusement, dans certaines
27:11villes de France. Voilà. Et on s'adapte.
27:13Et alors, j'arrive à... Effectivement, la question...
27:15Moi, je suis assez frappé...
27:17Je fais le parallèle, hein.
27:19C'est un titre tout à fait personnel.
27:21Mais je suis frappé du fait
27:23que vous racontez très, très bien
27:25qu'à un moment donné, il faut choisir
27:27quel est l'ennemi principal et l'ennemi secondaire.
27:29Je voudrais que vous parliez de
27:31cette espèce, non pas d'alliance, bien sûr,
27:33mais de l'agression,
27:35disons, avec un certain nombre de dealers
27:37par rapport à d'autres
27:39prédateurs ou zonards très violents.
27:41Alors, effectivement, dans le livre, ça se passe en trois phases.
27:43Où je donne, d'ailleurs, l'évolution des années.
27:45Et là, vous parlez
27:47de la deuxième phase. C'est-à-dire qu'il y a une première phase,
27:49d'abord, où on essaye de faire partir
27:51tout le monde. On appelle la police. La police vient,
27:53on a des interpellations, que ce soit MNA ou dealers.
27:55Et puis, on se rend compte très rapidement
27:57que c'est compliqué parce que dès le lendemain,
27:59ils sont tous représents sur la dalle.
28:01On entend ça dans toute la France, tout le temps.
28:03Je dis constamment, ils nous les laissent tous dehors.
28:05Donc, en fait, voilà.
28:07Et la deuxième phase dont vous parlez,
28:09c'est que je me suis rendu compte, comme je vous dis,
28:11j'analyse toujours le territoire, les comportements des gens.
28:13Et je me suis rendu compte
28:15que les dealers étaient très emmerdés également
28:17par les MNA.
28:19Les MNA étant agressifs
28:21et violents quand on refuse de donner le portable
28:23ou le portefeuille, donnent des coups
28:25et mettent des gens très en danger.
28:27Les dealers, eux, à l'inverse, ne font pas ça.
28:29Eux, ils veulent du business. Ils veulent que ça se passe bien
28:31sur leur territoire à eux
28:33pour pouvoir vendre tranquillement
28:35et qu'il n'y ait pas de problème.
28:37Et puis, je me suis dit, puisque
28:39la justice nous les laisse tous dehors
28:41et qu'on doit s'adapter avec, on va changer de méthode.
28:43Je suis allé voir les dealers,
28:45dont certains gérants.
28:47Il y a les gérants, ce qu'ils appellent les petits. Les petits, c'est ceux qui placent.
28:49Les gérants, ce sont ceux qui viennent relever les caisses le matin.
28:51C'est important. Ça fonctionne comme une entreprise.
28:53Vous voulez dire les petits, ce sont ceux qui...
28:55Ce sont ceux qui dealent sur place.
28:57Les gérants, eux... Les gérants viennent ramasser le...
28:59Bien sûr. Les gérants, c'est les plus...
29:01Ils sont plus haut gradés. On parle en termes de grade.
29:03Ils ont tous leur yard.
29:05En fait, ça fonctionne. C'est toujours...
29:07La hiérarchie.
29:09Depuis la nuit des temps, tout est question de territoire.
29:11Bien sûr.
29:13Et donc, je me suis entendu, entre guillemets,
29:15avec des gérants pour dire, on va faire simple,
29:17on n'est plus en guerre.
29:19Entre nous, on vous laisse, on va dire,
29:21trois places. C'était trois places, exactement.
29:23Trois endroits stratégiques pour vous.
29:25La seule différence, c'est qu'on vous demande de nous empêcher
29:27de venir tous les MNA, parce que les MNA sont violents
29:29avec nos clients.
29:31Et les gens de passage, parce qu'il n'y avait pas que nos clients.
29:33Il y avait ceux qui allaient aussi dans les autres établissements.
29:35Et ça, ça a fonctionné pendant à peu près un an.
29:37Ça marchait plutôt pas mal, parce qu'ils faisaient ce qu'on n'avait
29:39plus besoin de faire. C'est-à-dire que dès qu'il y avait des MNA
29:41qui volaient sur la dalle,
29:43les dealers faisaient le travail à notre place.
29:45Et pourquoi ça ne durait qu'un an ?
29:47Parce qu'ensuite, Rennes a encore évolué
29:49dans les folies
29:51de violences entre dealers.
29:53Et on a eu les fameux
29:55tirs à coups de calage dans la ville.
29:57On a eu énormément d'assassinats,
29:59parce qu'il y a eu des coups de couteau mortels.
30:01Et alors là, on s'est rendu compte
30:03qu'entre dealers, ils s'entretuaient
30:05même devant la dalle, où on s'est retrouvé
30:07un soir à soigner des dealers.
30:09C'est-à-dire qu'ils avaient des coupures de coups de couteau
30:11au niveau des bras et du corps.
30:13Et là, je me suis dit, ça se complique encore une fois.
30:15C'est la troisième phase, je l'explique dans mon livre.
30:17Là, il n'y a plus le choix, je suis obligé
30:19de regérer les gérants et dire
30:21vous ne pouvez plus venir là, parce qu'on est même
30:23obligé, nous, de vous soigner.
30:25C'est-à-dire que là, ce n'est plus possible.
30:27Donc une situation qui s'aggrave à chaque fois.
30:29Qui monte d'un cran, qui monte d'un cran.
30:31Elle était montée dans un cran énorme
30:33à Rennes. Qui aurait imaginé, il y a encore 5 ans,
30:35que des types se seraient tirés dessus
30:37dans la ville ? Personne.
30:39Comment ça se fait ?
30:41C'est l'exercice d'un chapitre de votre livre
30:43qui me dit, le sentiment d'insécurité,
30:45il n'y a aucun problème. Il faut que les piétons
30:47aient des lampes.
30:49Comment on arrive là ?
30:51Comment on en arrive là ?
30:53Comment on en arrive là ? En fait, c'est à force
30:55de gérer tous les problèmes avec des fleurs.
30:57On en arrive à ce que
30:59ceux qui sont violents
31:01le sont de plus en plus.
31:03Et ceux qui sont censés nous protéger de cette violence
31:05sont de plus en plus dociles.
31:07Il y a quelque chose qui ne fonctionne plus dans notre système.
31:09Alors évidemment, l'utilisation de la violence est toujours à proscrire.
31:11Je le dis sans arrêt.
31:13Ce n'est jamais la meilleure des solutions.
31:15Mais qu'à un moment donné, on voit bien qu'aujourd'hui,
31:17tout ce qu'on fait depuis 30 ans ne fonctionne plus.
31:19Et qu'eux deviennent de plus en plus violents
31:21et brutaux avec les gens
31:23normaux.
31:25Et puis,
31:27notre police n'a plus grand moyen
31:29d'action réelle. C'est compliqué.
31:31Tout le problème, juste pour parler
31:33de Rennes, en 2023, Rennes a recensé
31:35un total de 16 964 crimes.
31:37Pardon, de 16 964 crimes
31:39et délits pour une population
31:41de 225 041 habitants.
31:43La ville affiche ainsi un taux
31:45de criminalité de 75,4
31:47pour 1000 habitants.
31:49C'est énorme.
31:51La ville de Rennes, c'est énorme.
31:53Donc voilà.
31:55Notre vrai problème aujourd'hui, et c'est ce que j'essaye
31:57tout au long du livre, de l'expliquer,
31:59c'est que la réponse n'est plus
32:01adaptée aujourd'hui à ce qui nous arrive.
32:03Et il faut vite changer les choses.
32:05C'est de pire en pire pour les gens.
32:07Vous vous rendez compte, quand on est à un point où on donne des sifflets
32:09à des femmes pour aller dans la rue, pour se défendre.
32:11Des sifflets pour se défendre. Rien que quand je le dis,
32:13c'est juste hallucinant.
32:15Oui, parce que vous avez expliqué que
32:17les bombes lacrymogènes
32:19sont interdites.
32:21C'est une des seules choses...
32:23Alors, elle est non létale.
32:25C'est une des seules choses qui est très efficace
32:27pour que les demoiselles puissent... Je dis demoiselles et hommes,
32:29parce qu'aujourd'hui, les hommes ne sont pas épargnés.
32:31Les demoiselles puissent se défendre
32:33en cas d'agression.
32:35Et même ça, on leur a enlevé.
32:37Même ça, quoi. On laisse quoi aujourd'hui ?
32:39On leur donne des sifflets. Et je le dis sans arrêt partout,
32:41mais les filles, surtout, ne sifflez pas
32:43dans un sifflet pour faire fuir des agresseurs.
32:45Au moment où vous allez siffler,
32:47l'agresseur va vous frapper pour vous faire arrêter de siffler.
32:49Il va atteindre directement le contact violent.
32:51Et vous dites,
32:53Jovan, à large,
32:55quand vous aviez 15 ans, vous le dites dans votre livre,
32:57je trouvais une phrase,
32:59au curé du village qui ne prendra pas pour me confier,
33:01un peu bagarré, à l'époque,
33:03pour des raisons légitimes que vous racontez,
33:05Jovan,
33:07vous et le curé,
33:09c'est votre nom,
33:11sache que la violence ne fait qu'engendrer la violence,
33:13je répondrai,
33:15non, monsieur le curé, la violence peut également
33:17arrêter la violence.
33:19Et ça, c'est presque une phrase taboue,
33:21qu'enfin, dans la doxa
33:23du politiquement correct,
33:25on ne peut plus dire.
33:27On ne peut plus le dire, et pourtant,
33:29quand on aime l'histoire,
33:31quand on aime l'anthropologie, quand on aime ce qui s'est passé
33:33avec les histoires humaines, comment on a arrêté les Allemands
33:35quand ils ont décidé de tout prendre ?
33:37On les a arrêtés avec des fleurs ?
33:39Ben non, en fait, les Américains, les Alliés,
33:41sont devenus sur le territoire encore plus violents,
33:43ça a été violent pour pouvoir les faire partir,
33:45très très violent.
33:47Ça part de là, c'est-à-dire que je me suis rendu compte
33:49assez rapidement que,
33:51et ce n'est pas ce que je conseille aux gens,
33:53je le dis, parce que, d'une part,
33:55c'est interdit, mais j'explique qu'à un moment donné,
33:57une certaine violence, quand elle arrive à un point,
33:59pour l'arrêter,
34:01il n'y a pas 50 solutions.
34:03Si on n'est pas plus violent que les gens,
34:05il y a un très bon exemple dernièrement,
34:07j'aime bien me servir d'exemple, j'aime le terrain.
34:09Il y a une vidéo qui a circulé ce week-end,
34:11un footlocker,
34:13où un jeune,
34:1520-25 ans,
34:17il vient dans le footlocker,
34:19c'est un magasin
34:21de vente de chaussures.
34:23C'est ça.
34:25Il rentre dedans,
34:27il essaie de voler,
34:29s'interpose des vendeurs,
34:31l'individu essaie de devenir brutal
34:33avec un des vendeurs, et le vendeur fait quoi ?
34:35Pour se sortir de l'affaire, il devient plus violent.
34:37Il se passe quoi ?
34:39Le voleur s'en va.
34:41Est-ce que c'est grave de le dire ?
34:43Non, c'est ce qui s'est passé, ça a fonctionné.
34:45On voit le vendeur se défendre,
34:47et il finit même par prendre la barre,
34:49on le voit sur la vidéo, une barre métallique,
34:51et il court après le voleur.
34:53Dans ces cas-là, souvent, il faut le dire,
34:55la police a arrêté qui ? Le vendeur.
34:57On voit le fait.
34:59Vous prêchez un convaincu,
35:01je le sais, c'est toute ma vie.
35:03Vous connaissez ça, on l'a vu,
35:05on va continuer d'en parler.
35:07Et si, je dis ça,
35:090826-300-300,
35:11si vous voulez intervenir avec le Yarl,
35:13n'hésitez pas.
35:15On se retrouve juste
35:17après cette petite pause.
35:20Sud Radio Bercoff,
35:22dans tous ses états, midi 14h.
35:24André Bercoff.
35:26Vous avez deux appels, André, en attente.
35:28D'abord Emmanuel, qui appelle de Pessac.
35:30Bonjour Emmanuel.
35:32Bonjour André, ça faisait longtemps, vous m'entendez bien ?
35:34Très bien, très bien Emmanuel.
35:36Alors bonjour à vous, et bonjour au Yarl,
35:38puisque je ne connais pas son prénom,
35:40mais bon, je l'appelle comme ça parce que je le suis aussi.
35:42Moi j'ai vécu à Saint-Herblain,
35:44ça a été exactement la même chose qu'à Rennes,
35:46et si je vis à Bordeaux aujourd'hui,
35:48c'est exactement la même chose.
35:50Il y a un ensauvagement complet, et surtout un laxisme total,
35:52et moi je discute beaucoup
35:54avec des gens qui sont sur les marchés,
35:56soit commerçants,
35:58soit tout simplement, comme moi, des citoyens,
36:00et en fait on a le sentiment
36:02réel, c'est qu'en fait la loi
36:04s'applique à ceux qui la respectent.
36:06On n'a plus du tout
36:08de garde-fous
36:10par rapport à ceux qui s'en foutent,
36:12et nous, on est par contre
36:14matraqués de normes, de lois,
36:16alors nous on fait, regardez,
36:18on en avait discuté il y a quelques mois,
36:20la personne qui avait arrêté
36:22les voleurs qui étaient chez lui,
36:24avec sa femme, sa fille,
36:26qui en avait maîtrisé un des deux,
36:28il a pris plus cher que le voleur parce qu'on l'a accusé de séquestration.
36:30Alors si ce n'est pas une volonté
36:32derrière, je ne sais pas comment ça s'appelle,
36:34parce que là, dans la logique
36:36cartédienne, ce n'est juste pas possible.
36:38C'est vrai. Emmanuel,
36:40le Yarl, qu'est-ce que
36:42vous réagissez ?
36:44J'entends bien exactement
36:46ces propos-là. On est arrivé à un tel point
36:48que je pense que même au plus haut de l'échelle,
36:50les décideurs
36:52essayent de mettre tout en place pour atténuer
36:54le plus de choses possibles. Ils veulent quoi
36:56aujourd'hui ? Ce qui les inquiète le plus, c'est que le
36:58peuple, je pense, c'est-à-dire que le clan qui doit être censé
37:00protéger normalement par l'État,
37:02ne se débrouille pas par soi-même.
37:04Toute l'histoire
37:06humaine et partout dans tous les peuples du monde
37:08ont toujours fonctionné comme ça. Si
37:10le peuple a l'impression, moi je parle de
37:12le clan toujours, mais le clan a l'impression
37:14qu'il n'est plus protégé, mais c'est le peuple,
37:16alors c'est incroyable
37:18mais il décide de se défendre tout seul.
37:20Ça a toujours fonctionné comme ça et c'est un peu ce qui est en train
37:22de se passer progressivement et petit à petit en France.
37:24On s'en rend compte et je pense que
37:26très très haut dans ceux qui décident,
37:28que ce soit les préfets, les ministres,
37:30prennent toujours des décisions
37:32qui font qu'ils vont limiter cette possibilité
37:34de nous défendre nous-mêmes. Mais ça
37:36occulte une chose essentielle. Comment ça se fait
37:38qu'on se retrouve à être obligé de se défendre
37:40nous-mêmes ? C'est ça la vraie question.
37:42Et la question de l'autodéfense, elle est posée
37:44et de la légitime défense, encore autre chose,
37:46elle est posée aussi. Je crois que nous avons aussi
37:48un deuxième appel de Richard de Toulouse.
37:50Richard, bonjour. Bonjour à vous.
37:52Bonjour Richard. Oui, juste
37:54déjà, moi qui suis plutôt
37:56outdoor, je suis toujours sorti
37:58il y a deux semaines, on était
38:00pour ne pas le citer, au Planète Rock à Toulouse
38:02et en fait, elle m'accompagne,
38:04on sortait beaucoup et on tient à remercier
38:06les gens qui gèrent nos soirées.
38:08Je pense qu'il n'y a pas
38:10grand monde capable de faire ça et ça demande des compétences
38:12énormes.
38:14Donc,
38:16outre ça, j'avais
38:18une question, mon frère connait
38:20un commissaire de police à Toulouse
38:22et il lui a dit, il y a 70 000 personnes
38:24qui devraient être en prison aujourd'hui qui sont dehors.
38:26Donc,
38:28ça augmente énormément
38:30la délinquance
38:32on va dire, de moyenne
38:34criminalité. On n'a pas de place
38:36de prison, donc ils sont dehors,
38:38donc on les relâche au bout de quelques jours, etc.
38:40Et donc, la question
38:42c'est pourquoi ça ? Mais en fait, je pense
38:44que si on veut cacher
38:46la déliquescence, parce que
38:48le nombre de personnes en prison, c'est vrai que
38:50le thermomètre de la sécurité
38:52et de la dégradation
38:54de notre société,
38:56si on passe de ce 80 000 à
38:58130 000, 140 000,
39:00c'est pas pareil.
39:02Alors, la prison, les prisons,
39:04le fait, vous dites,
39:06on nous les laisse tous
39:08dehors, vous le dites, le Yard.
39:10On nous les laisse tous dehors, je le répète sans cesse,
39:12et encore une fois, toute l'actualité,
39:14il n'y a pas une semaine, on ne s'en rend pas compte, il n'y a pas très
39:16longtemps à Rennes, un coup de couteau, encore
39:18une fois, parce qu'il y en a quasiment toutes les semaines
39:20maintenant à Rennes,
39:22un coup de couteau sur une terrasse d'un bar,
39:24un samedi soir ou un vendredi soir, je n'ai plus le
39:26moment exact, on découvre que
39:28l'individu a 33 condamnations,
39:30pour la plupart, pour de la violence. 33 condamnations ?
39:32Si là encore, on nous les laisse tous dehors,
39:34comment ça se fait qu'il est dehors ?
39:36On m'a donné la réponse, à chaque fois, il est considéré comme
39:38un peu fou, donc il fait un stage
39:40déséquilibré dans un hôpital
39:42et puis il ressort quelques jours après,
39:44donc il est toujours dehors.
39:46Tout par-delà, encore une fois,
39:48on ne protège plus le clan, on ne protège
39:50plus le groupe, plus le peuple.
39:52Et c'est là que ça devient très inquiétant,
39:54c'est jusqu'où on va accepter ça ?
39:56J'entends bien, il n'y a plus de place en prison.
39:58De toute façon, les rares places
40:00en prison qu'il y a, je peux vous dire que moi,
40:02les gens qui sont en prison, mon métier
40:04fait que je les côtoie, d'accord ? Parce que, évidemment,
40:06le métier de la nuit, les gens, quand ils sortent, ils sortent où ?
40:08Ils vont aussi dans les établissements de nuit.
40:10Les prisons, vous savez, si je vous montre
40:12le nombre de stabs que je reçois de gens qui, finalement,
40:14vont en prison, sont parfois de gros délinquants,
40:16mais même bien quand même, parce que finalement, ils trouvent que j'ai raison,
40:18c'est ça qui est assez drôle,
40:20je l'explique dans mon livre.
40:22En fait, la prison,
40:24c'est cool, c'est encore mieux que leur appartement,
40:26donc ils ont absolument tout, tout va bien,
40:28ils continuent leur business en prison, tout est nickel,
40:30ils ont absolument tout,
40:32tout va bien, donc aller en prison n'est pas un lieu
40:34qui les inquiète, en fait, c'est plus ça,
40:36et alors que la punition la plus sévère
40:38devrait être la prison
40:40en France, mais ça n'est plus le cas,
40:42ce n'est pas une punition sévère.
40:44Mal enleuillard,
40:46on arrive enfin à des missions,
40:48on pourra en parler, on en reparlera aussi, bien sûr.
40:50Alors, vous dites, ça va mal finir,
40:52c'est le titre de votre livre,
40:54mais ça va mal finir, et où ça va finir
40:56vraiment, parce que les gens vont se dire
40:58bon, autodéfense, puisque
41:00la police est là
41:02ou l'armée est là pour défendre le citoyen,
41:04c'est la fonction régalienne, ils ont
41:06le légitime pouvoir
41:08de prendre des armes, est-ce qu'un jour
41:10on va en arriver là ?
41:12Si le prochain
41:14gouvernant, le prochain président
41:16ne change pas tout ça en urgence,
41:18vraiment, sans passer par
41:20tout un tas d'étapes qui à chaque fois tout sautent,
41:22ça va mal finir. L'histoire
41:24a toujours prouvé, on peut
41:26repartir des mille ans en arrière,
41:28si on veut, deux mille ans, trois mille ans,
41:30on regarde toutes les histoires humaines, quand le peuple,
41:32n'importe quel peuple, je parle
41:34bien de n'importe quel peuple, se trouve
41:36en danger et ne peut plus
41:38avoir son territoire protégé,
41:40quand je dis territoire, je l'explique dans mon livre,
41:42la chambre de l'enfant,
41:44la maison, le village ou la ville,
41:46la région, le pays,
41:48là, on en est rendu jusqu'à
41:50la maison, c'est-à-dire qu'on ne se sent plus
41:52protégé jusqu'à chez nous.
41:54En fait, quand on ne protège pas toutes nos frontières,
41:56quelles qu'elles soient, intimes,
41:58familiales,
42:00de quartiers...
42:02Le territoire a plusieurs étapes, et ça a toujours
42:04été comme ça dans l'histoire humaine. Avant, on avait
42:06le clan dans le village,
42:08le village d'en face, il était à 200 mètres,
42:10et puis voilà, il n'y avait pas les pays comme c'était aujourd'hui,
42:12il n'y avait pas des limites. Aujourd'hui, ça a juste
42:14changé de taille, mais le comportement
42:16humain est exactement le même. Je le rappelle,
42:18nous n'avons que 70 000 ans, nous ne sommes pas humaines,
42:20notre comportement intérieur est
42:22exactement le même.
42:24Donc, on ne change pas ça ?
42:26Si le prochain président ne met pas un gros
42:28coup de pied dans absolument tout le système,
42:30il ne décide pas de dire
42:32les Français, dites-moi ce que vous voulez
42:34sur à peu près 10 thèmes
42:36clairs.
42:38Allons-y, faisons ce qu'il y a à faire,
42:40ça va péter, les gens en ont vraiment marre.
42:42Eh bien ça, ça demande une colonne vertébrale,
42:44espérons que le produit est toujours
42:46en vente en France ou sur le marché,
42:48on le saura.
42:50Merci Léa, je rappelle votre livre,
42:52et je le recommande encore une fois,
42:54ça va mal finir aux éditions Nemrod.
42:56Lisez-le. Lisez-le
42:58parce que, eh bien,
43:00un homme averti en vaut 2,
43:02mais un peuple averti
43:04en vaut 100 000.

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