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REPLAY - Nicolas Hulot sur Brut. Rémy Buisine pose vos questions au ministre de l'Écologie

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Transcription
00:00Est-ce qu'à un moment donné, vous avez pensé à démissionner suite à vos événements ?
00:03Non, mais ça, je l'ai dit ce matin, c'est vraiment un fantasme médiatique qui me colle à la peau,
00:08qui voudrait dire que dès que quelque chose ne va pas assez vite, je poserai ma démission.
00:14Enfin, ça serait insupportable et j'espère que si ça avait été le cas, on m'aurait remis à ma place depuis longtemps.
00:18C'est pas comme ça que je fonctionne. Je suis exigeant sur un certain nombre de choses.
00:22Souvent, je pousse les choses dans leur retranchement parce que je veux qu'on soit clair,
00:26je veux pas qu'on soit confus, je veux qu'on soit cohérents parce que les sujets que je porte ne sont pas des sujets accessoires.
00:31Ce sont des sujets essentiels qui touchent à l'avenir de l'humanité, qui touchent à la santé, qui touchent à l'état de notre planète.
00:38Et comme ce sont des sujets sur lesquels on a souvent ajourné, on a souvent repoussé,
00:42on a souvent fait des promesses qu'on n'était pas en situation de tenir,
00:47moi, j'essaie simplement, encore une fois, d'être excessivement exigeant pour être sûr que ce que l'on veut,
00:53qu'on soit en capacité et que tout le monde est bien compris et qu'on soit phasé.
00:56Moi, je suis un accélérateur de dialogue et un accélérateur de transition.
01:02Qu'est-ce que vous pouvez répondre à ceux qui, justement, pointent une contradiction entre vos positions personnelles et le fait d'avoir plusieurs véhicules ?
01:08Les contradictions, j'en ai eues, j'en aurais, j'en ai encore, je pourrais les assumer, sauf quand elles ne sont pas exactes.
01:15Que il y a six véhicules dans mon patrimoine, c'est la stricte vérité.
01:19D'abord, dans la maison, dans ma famille, c'est le patrimoine de la famille,
01:23donc nous sommes déjà trois membres de la famille à utiliser ces véhicules.
01:28Par ailleurs, il se trouve que j'ai deux lieux de vie,
01:30donc il y a des véhicules qui servent à un gardien dans une maison que j'ai dans la montagne en Corse et qui ne servent qu'à son usage.
01:37Vous m'auriez posé cette question il y a 10 ou 15 ans, je ne suis pas sûr que j'aurais eu la même réponse.
01:4690% de mes déplacements se font en véhicules électriques, et pas depuis que je suis ministre.
01:53On met un scooter électrique à Paris, ça fait plus de 10 ans, peut-être 15 ans que j'ai un scooter électrique.
01:59Le véhicule électrique, c'est mon deuxième véhicule électrique, je ne l'ai pas acheté simplement pour faire mien.
02:04Simplement, la seule chose, c'est que pour les déplacements familiaux, au jour d'aujourd'hui,
02:09quand on veut vraiment partir en vacances en famille, je n'ai pas de véhicule électrique parce qu'il n'y a pas assez d'autonomie.
02:15Le jour où je pourrais avoir un véhicule électrique qui nous permettra d'avoir un seul véhicule à la place de deux.
02:20Donc si vous divisez par le membre de la famille et par les deux lieux de vie et le gardien, pour finir tout ça...
02:27La seule chose, c'est que les gens ne comprennent pas pourquoi j'ai une 2 chevaux.
02:30Parce que j'ai gardé une affection pour cette 2 chevaux, je n'ai pas envie de la vendre, je l'ai depuis plus de 25 ans.
02:34Elle est dans un garage et une fois par an, elle sort, je fais ma petite sortie en 2 chevaux et je l'assume.
02:40Je dis simplement à ceux qui jugent, si vous faites 90% de vos déplacements électriques, alors venez me juger.
02:46Si on continue à l'échelle du monde, dans beaucoup de secteurs, le rythme de production, le rythme de consommation qui est le nôtre,
02:54on va épuiser la plupart des ressources naturelles ou des matières premières.
02:58On a basculé dans le monde de la rareté.
03:01Pendant des années, on a entretenu une illusion que l'abondance était la norme.
03:07L'abondance, c'est l'exception.
03:09Et la norme, c'est la rareté.
03:11C'est pour ça que la norme économique demain, elle doit devenir l'économie circulaire.
03:16C'est-à-dire faire en sorte qu'on sorte de ce modèle qui a été un modèle dominant,
03:21on extrait des matériaux avec des gros dommages sur l'environnement, avec une grosse consommation énergétique,
03:26on les transforme, on les utilise une fois et on les jette.
03:30Ce temps est révolu.
03:32A terme, il n'y aura plus de déchets.
03:34Les déchets seront de nouveau des matières premières.
03:37Les grandes entreprises s'y mettent.
03:39On est dans une révolution magnifique.
03:41Il faut la structurer. Il faut l'organiser.
03:43Il faut l'accueillir. Il faut l'aider.
03:45C'est le boulot qu'on est en train de faire ici.
03:47On ne le fait pas tout seul au ministère de la Transition écologique et solidaire.
03:50On le fait avec l'ensemble des collègues du gouvernement.
03:52Et puis, il faut le faire avec la compréhension et l'adhésion des citoyens.
03:56Il faut nous aider aussi à le construire.
03:58Parce que nous avons tous, moi le premier, nos propres contradictions.
04:02On veut les choses, mais pas chez soi.
04:04Je pense notamment à la transition énergétique.
04:06Il va falloir qu'on s'ouvre aux énergies renouvelables.
04:08Et qu'on accepte, notamment dans notre paysage, d'avoir des éoliennes,
04:12d'avoir des panneaux solaires, d'avoir de temps en temps un méthanisateur
04:15à proximité de chez soi.
04:17Pas céder à la folie des grandeurs, pas faire les choses n'importe comment.
04:20Mais on est à l'aune d'une révolution.
04:22Vous savez, Victor Hugo disait que le progrès, c'est la révolution faite à l'amiable.
04:26Moi, je veux faire la révolution à l'amiable.

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