• il y a 12 heures
Avec Chloé Ridel, porte-parole du Parti Socialiste

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00:00— Le Grand Matin Sud Radio, 7h-9h, Jean-Jacques Bourdin.
00:04— Il est 7h40, 8h moins 20. Chloé Riddell est avec nous. Bonjour. — Bonjour.
00:09— Merci d'être avec nous. Vous êtes porte-parole du Parti socialiste. C'est bien ça, hein.
00:14— Députée européenne, aussi. — Et députée européenne. Bien. Alors députée européenne, c'est très intéressant, évidemment.
00:20Et c'est pour ça que vous êtes là, parce que je vais vous parler de l'Ukraine. Je vais vous parler de l'accord, d'ailleurs,
00:25entre Zelensky et Trump. On n'a pas encore les détails de cet accord sur les richesses ukrainiennes.
00:31En fait, les États-Unis sont peut-être en train de piller l'Ukraine. Vous allez me dire ce que vous en pensez.
00:36Mais à propos de Trump, juste une petite... C'est pas une anecdote, d'ailleurs. C'est une information.
00:43Les États-Unis vont commercialiser des titres de résidence à 5 millions de dollars. C'est-à-dire si je possède
00:505 millions de dollars, je vais pouvoir m'installer aux États-Unis, immigrer aux États-Unis. Je recevrai une carte dorée,
00:59une gold card, en quelque sorte comme une green card. J'aurai le droit de... Mais qu'en pensez-vous ?
01:05— Il achète l'immigration. — Voilà. Il achète la citoyenneté. Il achète le droit de résidence.
01:11C'est conforme à la vision du monde qui est celle de Trump. C'est-à-dire que le monde est un vaste monopoli.
01:18Tout s'achète, tout se vend. Et donc c'est une conception totalement opposée à celle qui est la nôtre par société.
01:24— C'est ce qui se passe dans les négociations autour de la fin de la guerre entre l'Ukraine et la Russie,
01:29c'est-à-dire que Trump est en train d'acheter la paix. — Mais il achète rien du tout, en l'occurrence. Rien du tout.
01:36Il cède. Ce qu'il fait, c'est qu'il cède à Vladimir Poutine. Ce monsieur est soi-disant l'art négociateur,
01:44le chef négociateur. Et avant même de commencer la négociation, il avait déjà tout cédé au tyran Poutine.
01:50Il avait autorisé Poutine à annexer plus de 20% illégalement du territoire ukrainien. Et puis il lui avait concédé
01:57aussi la non-entrée de l'Ukraine dans l'OTAN. Donc ce qui se déroule sous nos yeux, c'est l'alliance de deux oligarchies,
02:02l'une russe, l'autre hélas américaine, contre l'Ukraine et contre l'Europe. Et on le voit bien, il y a aussi eu
02:10une tentative d'escroquerie de l'Ukraine par les États-Unis, qui ne se sont pas contentés de trahir l'Ukraine,
02:16mais qui ajoutent à l'impérialisme russe un autre impérialisme, le leur, en demandant 500 milliards des ressources
02:22lumières de tous ceux ukrainiens. Voilà. M. Zelensky a résisté à cet accord. Et il a pu résister aussi parce que derrière,
02:30il y a un début de sursaut européen. — Mais il a été appuyé quand même et par Emmanuel Macron et par tous les dirigeants
02:37européens, Zelensky, quand même, dans sa résistance face à Trump. — Absolument. Et c'est ce qui l'a aidé, je crois,
02:43à conclure un accord qui n'était pas souhaitable. Je ne vais pas dire le contraire. L'accord sur les minerais, Zelensky l'a conclu
02:50le couteau sous la gorge. — Il est trouvé, l'accord. — Mais l'accord est trouvé. Et l'accord est semble-t-il meilleur
02:57que ce qui était prévu. Ce sera un fonds qui investira en Ukraine. Mais ce sera quand même au bénéfice de Trump
03:03et de son oligarchie. — Voilà. D'après ce que l'on sait sur cet accord trouvé hier soir, cette nuit, entre Trump et Zelensky,
03:10c'est pas compliqué. Sur les terres rares, les minerais ukrainiens, il y aura un fonds. Et ce fonds, l'argent viendra évidemment
03:19de ces minerais, de ces terres rares. 50% de cet argent ira à des investissements en Ukraine. Et le reste, je pense,
03:28dans la poche des Américains. Enfin on en saura plus vendredi. — C'est ce qu'on peut craindre. Et si on en est arrivés, là,
03:33si on en est arrivés à ce que Zelensky soit obligé de céder à Trump, même s'il a résisté autant qu'il a pu, c'est parce que
03:40les Européens n'étaient pas prêts à remplacer les États-Unis au chevet de l'Ukraine. C'est ça, la vérité. Alors qu'il est possible
03:46de le faire. — Mais oui. Mais comment remplacer les États-Unis ? — Je suis désolée. 60% de l'aide à l'Ukraine depuis 3 ans,
03:52elle est européenne. L'aide militaire et financière américaine, c'est 114 milliards depuis 3 ans. C'est 0,10% du PIB européen.
04:02Évidemment que nous pouvons le faire. Après, c'est un défi logistique pour nous et puis un défi militaire, parce que notre aide
04:09européenne a été essentiellement financière et non pas militaire. Et donc il faut qu'on se renforce sur la question
04:14des industries de défense. Et je crois qu'il y a une vraie prise de conscience en ce moment. Même les Allemands qui disaient
04:19il y a 4 ans que l'Europe de la défense, c'était une idée farfelue, aujourd'hui se rallient à cette vieille idée française et socialiste.
04:29— Oui. Et socialiste, française, mais bien reprise par Emmanuel Macron. Vous êtes obligés d'en convenir.
04:36Est-ce qu'il a réussi son voyage ? C'est pas le sujet, d'ailleurs, mais on peut s'habituer... — C'est pas le sujet. Moi, je pense
04:40qu'il était dans son rôle, parce que... — Il a été le porte-parole des Européens. — Voilà. Au moment où les États-Unis nous disent
04:48« Je ne veux plus m'occuper de la sécurité européenne, je ne veux plus fournir de parapluies nucléaires à l'Allemagne, à la Pologne, aux États-Baltes,
04:56aux pays d'Europe centrale », c'est la place de la France et c'est la place du Royaume-Uni, qui sont les deux puissances nucléaires
05:02en Europe, de montrer leur volonté de les remplacer. — C'est la raison pour laquelle Trump a reçu et Macron et Starrmer dans la semaine,
05:10parce que ce sont les deux seules puissances nucléaires en Europe. Que les choses soient claires, Trump ne connaît que la force
05:16et les rapports de force. Chloé Riedel. Donc construction d'une défense européenne. On est bien d'accord.
05:21Est-ce qu'il faut mettre... J'ai vu les déclarations du futur chancelier allemand. Merde, ce qu'il dit. Moi, je ne suis pas contre
05:29la protection nucléaire française et britannique. Est-ce qu'il faut mettre notre force nucléaire au service d'une nouvelle construction
05:39de défense européenne ? — Bien sûr, je le crois, parce que cette vieille idée qu'est l'Europe de la défense, une défense européenne
05:44autonome, débarrassée de ses dépendances aux États-Unis, elle a toujours à choper sur un point, qui était que les pays d'Europe centrale
05:51et orientale, la Pologne, l'Allemagne, nous disaient que l'Europe de la défense, c'est bien gentil, mais à la fin, mon parapluie nucléaire,
05:56il est américain dans l'OTAN. Donc je refuse l'Europe de la défense. Donc il n'y a qu'une façon de construire une défense européenne autonome.
06:03C'est de faire en sorte que le partage nucléaire soit européen et non plus américain dans le cadre de l'OTAN. Si vous voulez plus de l'OTAN
06:13et de la dépendance aux États-Unis, il faut ce partage nucléaire français et anglais avec toute l'Europe. Et ça, ce serait quelque chose
06:22de symboliquement aussi important que le fût la mise en commun du charbon et de l'acier dans les années 50, au début de la construction européenne.
06:28— Donc on crée une sorte de... — Une nouvelle étape. — Une nouvelle OTAN, mais... — Mais européen. — Mais européen. — Mais européen,
06:35parce qu'on ne peut plus se reposer sur les États-Unis et parce que nous n'avons plus les mêmes intérêts que les États-Unis dans le monde
06:42qui vient. Nous sommes tournés naturellement vers le Moyen-Orient, vers l'Afrique, moins vers l'Asie, ce qui est l'obsession américaine.
06:51Nous n'avons pas les mêmes valeurs. Nous n'avons pas le même modèle. Nous sommes amis. Et nous le resterons. Quand Trump partira dans 4 ans,
06:58ce sera plus facile. Mais il est temps aujourd'hui pour l'Europe d'affirmer sa voix singulière à travers le monde. Et je crois qu'elle est attendue
07:04notamment par tous les pays qui sont brutalisés par Trump. Je pense par exemple au Canada ou au Mexique.
07:09— Bien. Chloé Riddell, merci. Mais c'est très très intéressant, parce que le débat s'ouvre. Faut-il... Le débat est en train de s'ouvrir,
07:17en Europe et en France, d'ailleurs. Faut-il créer une sorte d'alliance militaire de défense en Europe qui serait loin de l'OTAN
07:27et qui bénéficierait du parapluie nucléaire franco-britannique ? C'est la grande question. Merci, Chloé Riddell, d'être venue
07:35pour la poser, cette question, et pour l'avancer. Il est 7 h 48. Vous êtes sur l'antenne de Sud Radio. Fabien Roussel sera avec moi
07:42à 8 h 30. Je lui poserai la question. Je ne sais pas... Je suis pas certain qu'il soit totalement d'accord avec cette idée. Mais enfin,
07:48vos alliés... — C'est ça qui explique comment on fait la sécurité européenne dans ce cas-là. Je lui demanderai. C'est soit l'OTAN,
07:53soit l'Europe de la défense. Et pour construire l'Europe de la défense, il faut ce parapluie. — Bien. Merci, Chloé Riddell, d'être venue nous voir.

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