Richard Ramos : «Ce qui me gêne, c'est qu'on est en train d'avoir de la défiance sur les gens qui nous jugent. » J'avais vu dans les réquisitions des procureurs une haine politique plus forte qu'un palais de justice. [...] On est en train de faire une chasse à l'homme.»
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00:00Il y a plusieurs choses qui me gênent.
00:01Je suis pas dans le procès à savoir s'il est coupable ou pas.
00:05A priori, il n'y a aucune preuve.
00:07Ce qui me gêne, c'est qu'on est en train
00:09d'avoir de la défiance sur les gens qui nous jugent.
00:12C'est ça, ce qui me fait peur.
00:15Ce qui me fait peur, c'est que quand j'ai écouté,
00:18et vous le savez,
00:19ça m'a valu des ennuis ici, sur ce plateau,
00:22puisque je disais que j'espère que Mme Le Pen
00:25pourra concourir à la présidentielle
00:26et qu'on la battra dans les urnes.
00:29J'avais vu dans les réquisitions des procureurs
00:31une haine politique plus forte
00:34que ce qu'on appelle un palais de justice où on rend le juste.
00:38C'est pas sûr qu'ils rendent le droit dans l'affaire Sarkozy.
00:41Puisque, en droit, ça devrait être à eux
00:44de prouver la culpabilité de M. Sarkozy.
00:46Quand on voit aussi qu'on avait des juges, à un moment donné,
00:50dans une campagne présidentielle,
00:53qui se sont prononcés pour que M. Sarkozy perde,
00:57et une fois que M. Sarkozy a perdu,
00:59qui se sont publiquement réjouis de sa défaite,
01:03ça veut dire que là, on a quelque chose
01:06qui est l'éloignement, et comme en politique,
01:08comme dans la justice, on doit avoir confiance.
01:11Et moi, ça me gêne.
01:13Ça me gêne parce que j'ai l'impression
01:15qu'on est en train de faire une chasse à l'homme
01:18d'un homme politique.
01:19Je n'aime pas Sarkozy, donc je suis très à l'aise,
01:22mais je trouve qu'il y a quelque chose
01:25d'injuste et, en tout cas,
01:27qui fait un doute dans la démocratie,
01:30et où les juges, parce que peut-être
01:32il n'y a pas d'autorité au-dessus,
01:34et que M. Sarkozy, à un moment donné,
01:36dans ce qu'il avait dit en tant que président de la République,
01:39il disait qu'il faudrait des juges qui jugent les juges.
01:42Peut-être que ça n'a pas plu.
01:44Je ne sais pas, je ne suis pas dans le dossier,
01:46ça, ça me gêne.
01:47Et surtout, également, dans le procès,
01:50quand, pendant le procès,
01:52la juge qui était là dit,
01:55mais elle le reprend, elle lui dit,
01:58mais on n'est pas obligés d'avoir des preuves.
02:00Un faisceau de preuves suffit.
02:03D'indices.
02:04Pendant le procès.
02:06Et là, je me dis, est-ce que finalement,
02:08alors que le procès ne s'est pas déroulé,
02:10que la contradiction n'a pas eu lieu,
02:12il n'est pas jugé par avance ?
02:13Et donc, ce doute-là, on ne devrait pas l'avoir.
02:16Et ce qui me gêne, moi, c'est qu'aujourd'hui,
02:19quand on est un homme ou une femme politique,
02:20quel que soit son bord,
02:22on pourrait avoir l'impression
02:24que cette justice, elle s'est politisée
02:26et qu'elle est plus sereine.