• il y a 3 jours
Il y a quelques jours, Sali braquait sa banque à Beyrouth, pour récupérer son propre argent et soigner sa soeur. Un braquage parmi d'autres dans un Liban en crise. Depuis, des banques ont fermé, ses complices sont en prison et une manifestation pour leur libération est en cours. Pendant ce temps-là à Beyrouth.

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Transcription
00:00Nous sommes à Beyrouth devant la prison de Adliye où des manifestants se sont réunis
00:09pour soutenir Mohamed Abed qui a été arrêté après avoir pénétré dans la banque avec
00:15Salih pour l'aider à récupérer son argent et sauver sa soeur atteinte d'un cancer.
00:18Les manifestants sont descendus du Haqqar, une des régions les plus pauvres du Liban.
00:31Ils souffrent beaucoup du chômage, du manque d'eau, du manque d'électricité, du manque
00:35de nourriture et de nombreuses pénuries.
00:37Ils sont isolés au nord du pays et ils manifestent aujourd'hui au son des slogans de la révolution
00:42pour demander la libération de leurs amis.
00:48En ce moment on se rend à Adliye, une ville située à peu près à 20 minutes de Beyrouth
00:53qui a aussi connu des braquages, notamment un le même jour que celui de Salih, un déposant
00:59qui voulait retirer plusieurs milliers de dollars qui avait été gelé sur son compte
01:03depuis 2019.
01:04On est en ce moment à Adliye, il y a à peu près 20 minutes de Beyrouth, devant une banque
01:15qui a décidé de tirer le rideau de fer et de fermer comme à peu près toutes celles
01:18du pays.
01:19Depuis mercredi dernier, l'association des banques du Liban a décidé de fermer pendant
01:23trois jours toutes les banques du pays.
01:25L'action de Salih a débloqué quelque chose chez les Libanais.
01:28Plusieurs personnes ont justement essayé de prendre d'assaut leurs banques, de récupérer
01:32leur argent alors qu'ils sont soumis à des restrictions de 2 à 300 voire 400 dollars
01:37par mois depuis maintenant trois ans.
01:38Les sommes demandées vont entre 10 000 dollars et 100 000 dollars.
01:43On a vu également un agent des forces de sécurité intérieure aller dans son village,
01:47dans sa banque demander son argent avec une arme.
01:50Certains Libanais ramènent des bidons d'essence, menacent de brûler la banque, menacent de
01:54s'y moller par le feu.
01:55Pour l'instant la décision de l'association des banques du Liban est provisoire, la fermeture
01:59de trois jours ne va pas calmer les déposants en colère, mais elle permet au moins d'éviter
02:05d'autres incidents selon eux.
02:07Cependant, beaucoup de Libanais pensent déjà eux-mêmes ce qu'ils vont pouvoir tenter
02:11de faire dans leurs banques.
02:12Certains parlent à leurs avocats, certains essaient de préparer eux aussi leur coup
02:16d'éclat, eux aussi leur « braquage » pour essayer de récupérer leurs fonds.
02:21Difficile d'imaginer ce qui pourrait se passer dans les jours à venir.
02:24Aujourd'hui, les autorités sont face à un dilemme.
02:25D'un côté, imposer des sanctions dures contre les personnes qui essaient de braquer
02:29leur propre banque ou soutiennent les dépositaires qui rentrent armés dans leurs agences pour
02:34récupérer leurs fonds au risque d'énerver encore plus de Libanais et d'engendrer par
02:40la suite plus d'incidents.
02:41Les autorités peuvent également laisser faire en considérant que les dépositaires,
02:45les épargnants sont dans leur droit quand ils demandent leurs fonds au risque de voir
02:49le phénomène se multiplier dans les jours à venir.
02:52Aujourd'hui, en tout cas aux yeux de la justice libanaise, Sali est considérée comme
02:55en cavale.
02:56Elle n'a pas voulu prendre le risque de perdre son argent en se faisant arrêter.
03:00Elle a transmis comme information à son avocat qu'elle ne se rendrait pas tant qu'elle
03:03n'aurait pas reçu les 7000 dollars restant sur son compte pour payer le traitement de
03:07sa sœur et que les personnes qui avaient été arrêtées avec elle n'étaient pas libérées.

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