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Après 20 ans de carrière, Ramzy Bedia est un acteur et humoriste à succès. Mais pourtant, il a connu certains échecs… Pour Brut, il raconte.
Transcription
00:00Tous les échecs que j'ai eus, quand je les analyse après, je les comprends très bien en fait.
00:06Mais c'est fou de ne pas pouvoir les voir avant.
00:08Mais une fois que tu tapes l'échec, tu analyses et tu comprends pourquoi tu t'es tapé l'échec.
00:13Donc ça m'apprendra à réfléchir plus encore avant d'y aller.
00:21Quel rapport vous entretenez avec l'échec ?
00:24C'est dur.
00:26Ça dépend de l'implication qu'on a mis dans le projet.
00:29Quand on n'est qu'acteur, à la limite dans un film, on arrive vite à s'en détacher un peu d'un échec.
00:34Mais quand on a monté le projet soi-même, quand on l'a écrit et porté, là c'est vraiment très dur.
00:40Quand on consacre 2-3 ans de sa vie à un projet et que quand on le sort, ça n'intéresse personne,
00:47c'est dur quoi.
00:51Ça doit être comme un cuisinier dans sa cuisine, il sert les plats
00:54et après le service, les assiettes reviennent toutes aussi pleines.
00:58Ça doit être dur quoi.
01:00Vous parlez d'œil bout ?
01:01Notamment, oui. Je parle d'œil bout et j'en ai eu d'autres, des échecs.
01:04Mais c'est dur, oui. Quand c'est toi qui as tout cuisiné, c'est dur.
01:07Les gens ne goûtent même pas.
01:09Je m'attendais à autre chose, mais après je comprends l'échec avec le recul, je sais comment j'aurais pu éviter cet échec.
01:13J'en parlais avec Luc Besson, qui est un monsieur que je respecte beaucoup,
01:19et qui me dit, il me fait, mais c'est fou, tu sors ton premier film, tu ne mets même pas ta tête sur l'affiche.
01:23Il m'a dit, l'affiche est catastrophique, rien que l'affiche.
01:26Il n'y a pas ta tête, c'est ton film. Rien que ça, je n'avais pas vu.
01:29Après, il doit y avoir d'autres choses, la qualité du film, je ne sais quoi,
01:33mais en tout cas, rien que ça, quand Luc me l'a balancé dans la tête,
01:37j'ai trouvé tellement juste ce qu'il a dit.
01:40Voilà, ça se joue à des détails parfois.
01:43Et vous le comprenez tout de suite, dès le premier jour où le film sort, que ça ne va pas marcher ?
01:47Oui, le cinéma, à 14 heures, tu es au courant.
01:51C'est ça qui est horrible.
01:54Et à 14 heures, on dit au revoir.
01:56Je ne crois pas avoir vécu d'échecs cuisants comme celui-ci.
02:01Peut-être, mais je ne crois pas.
02:04Dans Youssef Salem et du succès, vous incarnez un looser qui, tout d'un coup, réussit.
02:09Ce qu'on découvre aussi, sans trop spoiler, c'est que le succès, ce n'est pas forcément ça qui rend heureux.
02:14Complètement, complètement, oui.
02:17C'est vrai, c'est ça, oui, vous avez raison.
02:19Chaque échec a sa raison.
02:21Pour moi, tous mes échecs avaient des raisons.
02:23Avec le recul, je me dis que si j'avais pris ça plus au sérieux, ça n'aurait pas...
02:27J'ai l'impression, non ?
02:29Tout ce qu'on rate, c'est nous qui le ratons.
02:32Ce ne sont pas les autres qui ratent pour nous.
02:34Il faut rater pour réussir.
02:36Sinon, tu ne te rends pas compte que tu as réussi.
02:39Il faut rater.
02:41Le pire, c'est de...
02:43Le pire, c'est ce que j'apprends à mes enfants, rater, ce n'est pas grave, c'est de ne pas y retourner, qui est gravissime.
02:47Moi, quand mes enfants, ils ratent quelque chose, je ne suis pas dégoûté pour eux.
02:50Mais si je vois qu'ils se lamentent, qu'ils disent, non, je ne veux plus recommencer, là, je m'énerve.
02:53Je fais, on recommence.
02:56Ça, c'est grave.
02:57Ça, ça m'énerve.
02:58De ne pas recommencer.
02:59De ne pas y retourner.
03:00Ça, c'est grave.
03:01Tomber, ce n'est pas grave.

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