• il y a 3 jours
"Le prince charmant, c’est vous !", c’est le message pour les femmes du roman d'Isabelle Saporta.
Pour ne plus culpabiliser de jongler avec une vie professionnelle harassante, les corvées qui s’accumulent et l’impression de ne jamais en faire assez.
Transcription
00:00Nous les femmes, est-ce qu'on serait pas un peu les cocus de cette révolution sexuelle merveilleuse
00:04qui nous a vendu qu'on allait devenir des hommes comme les autres,
00:06qu'on aurait le droit de travailler comme les hommes,
00:08bon, tout en étant payés comme des femmes quand même, faut pas déconner.
00:11On n'avait pas dit, à la base dans le deal, qu'on allait rester des femmes
00:30avec tous les emmerdes qui vont avec le fait d'être une femme.
00:34Il y a un truc, une espèce de chose qui se crée à partir du moment où,
00:38un, vous êtes en couple, deux, vous faites des enfants,
00:40c'est qu'effectivement, la femme se retrouve quand même à la tête de toutes les corvées
00:46qui vont être liées aux enfants, à la vie à deux, etc.
00:50De savoir quand est-ce qu'il y a un rappel de vaccin.
00:52Le rappel de vaccin, c'est féminin, c'est pas masculin forcément.
00:55Sachez que la chasse au pouce sur les enfants est éminemment féminine aussi.
00:59C'est-à-dire que pourquoi on considère que de mettre, vous savez,
01:03cette espèce de produit qui colle sur les cheveux,
01:05puis d'être plie en deux pour essayer avec le poignet à pour avoir les lentes, c'est féminin ?
01:08Et bien, vous remarquerez, c'est féminin.
01:10On est toujours en train de se ronger par la culpabilité.
01:16Alors, je pourrais vous dire, ça c'est féminin, c'est un trait féminin,
01:19mais je crois qu'il y a la société aussi qui nous renvoie beaucoup ça.
01:21Moi, je sais pas, mais par exemple, moi qui ai beaucoup sillonné la France
01:25pour mes enquêtes de terrain, je veux dire, moi, à chaque fois, on me disait,
01:30tu laisses tes filles, les pauvres, mais tu crois qu'elles vont bien quand même ?
01:36Et là, t'es là, tu dis, ben, j'espère, elles commencent à te nouer,
01:39et c'est pas trop dur pour elles ?
01:42Ben, j'espère que c'est pas trop dur pour elles.
01:44Et pour ton mari, ça va ton mari ?
01:46Qu'est-ce qu'il est gentil, ton mari, quand même ?
01:47Qu'est-ce qu'il est bien ? Qu'est-ce qu'il est adorable ?
01:49Alors, de fait, le mari est bien, gentil, adorable, génial,
01:52mais ce qu'il y a, c'est que les trois quarts du temps, c'est vous qui faites toutes les corvées, quoi.
01:55Et à ce moment-là, on vous dit pas, mais qu'est-ce que t'es gentil, bien, adorable, génial.
01:58On te le dit pas, parce que ça, c'est normal.
02:00Tu dis pas un cadre supérieur homme,
02:02et tu penses toujours à lui faire des gâteaux pour son anniversaire ?
02:05Et tu fais toujours les sorties scolaires ?
02:08Pourquoi on leur dit pas à eux, et pourquoi on nous le dit à nous ?
02:13Est-ce que je me considère comme féministe ?
02:14Je me considère comme femme.
02:15Je me considère comme une femme qui bosse.
02:17Je me considère comme une femme qui se bat pour ses convictions.
02:19Est-ce que ça, c'est être féministe ?
02:21Dans ces cas-là, je suis féministe.
02:22Pour autant, moi, j'adore les hommes.
02:24Je vais vous dire un truc, j'aime les hommes.
02:25Je trouve qu'on est dans une période, en ce moment,
02:28où on n'a plus le droit de dire son amour des hommes.
02:29J'aime les hommes, j'aime les hommes dans leurs défauts.
02:31Je suis une femme, j'ai mes défauts.

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