Jean-Luc Mélenchon, état de la gauche, cannabis… Brut a posé vos questions à la candidate à la présidentielle 2022, Anne Hidalgo. Voici ses réponses.
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00:00À 1,5% dans les sondages, pourquoi continuer ?
00:03Parce que moi, les sondages, je vais vous dire, j'en ai rien à foutre.
00:06Ce qui m'intéresse, c'est les convictions, le projet que je porte.
00:09Vous savez, je suis dans cette grande famille de pensée qui est cette famille de gauche
00:14qui a toujours vraiment fait changer la vie des Français en apportant des améliorations.
00:20Toutes les grandes conquêtes sociales, sociétales, nous les avons portées.
00:24Cette gauche-là ne mourra jamais.
00:26Elle est certes à la peine aujourd'hui, mais moi, ce n'est pas le conditionnement des sondages
00:31qui fera que je n'aurai plus les convictions que j'ai.
00:35Et soyez libres, voilà, ne laissez pas prendre le cerveau par tout ce qui se raconte.
00:40Et soyez libres, votez pour qui vous voulez et je pense que la société ira beaucoup mieux.
00:46La crainte aujourd'hui pour le Parti socialiste, c'est de ne pas arriver
00:48aux 5% nécessaires pour les remboursements de frais de campagne.
00:51On rappelle que quand on a au-dessus de 5%, c'est 47,5% qui sont remboursés,
00:554,75% quand c'est en-dessous, il y a une crainte de disparition du Parti.
00:59Non, absolument pas.
01:00Vous savez, d'abord parce qu'on autofinance notre campagne,
01:03parce qu'on sait que la situation est difficile depuis longtemps,
01:08ça fait plus de 5 ans que ça dure, en tout cas 5 ans clairement.
01:12Et donc le sujet, non, la crainte pour nous, c'est quoi ?
01:15C'est l'État de la France, c'est ce qui se passe le jour d'après de l'élection,
01:18pas pour le Parti socialiste, mais pour le pays.
01:21Vous imaginez la situation ? Un Emmanuel Macron réélu avec 5 ans d'un programme
01:28ultra libéral, ultra violent socialement, qui a tourné le dos aux questions d'écologie.
01:34Vous imaginez 5 ans avec un projet de retraite à 65 ans qui va encore taper sur ceux qui triment,
01:41c'est-à-dire les classes moyennes, les gens qui sont dans des emplois pénibles.
01:45Vous imaginez 5 ans avec Macron, avec les universités privatisées,
01:50avec une école qui sera démantelée et les classes moyennes n'auront pas d'autre choix
01:55que de se saigner pour mettre leurs enfants ou dans le privé.
01:595 ans de plus avec un hôpital complètement dénaturé et démantelé.
02:05Ou alors, parce que c'est comme ça que les choses sont aujourd'hui campées,
02:09avec l'extrême droite, avec qui ça serait le chaos ?
02:12Vous avez le choix, vous avez le choix, vous n'êtes pas condamnés à ce choix mortifère
02:16tous les 5 ans de devoir choisir entre l'ultralibéralisme et l'extrême droite.
02:21Donc le choix, vous l'avez, c'est votre bulletin de vote, votre bulletin de vote.
02:24Si vous voulez un jour que la gauche, c'est-à-dire des gens humanistes,
02:28qui sont conscients des réalités mais qui ont une boussole
02:32et qui savent vraiment aussi que notre avenir se joue aussi en Europe,
02:36si vous voulez que votre vie change, c'est par là que ça passe.
02:40Le vote pour moi, pour ceux qui me voient agir à Paris, vous savez très bien
02:45que mes actes et mes mots sont en accord, en harmonie,
02:49et que je ne laisse personne sur le bord du chemin.
02:51Cette gauche-là, elle peut vivre, elle dépend juste de votre vote.
02:54Les sondages n'ont rien à voir là-dedans, c'est juste votre vote.
02:57– Il y a quand même une question de critique du Parti Socialiste aussi, quelque part.
03:00Aujourd'hui, quel constat vous fait de vous dire, sur ça, on a été à la ramasse,
03:05on n'arrive pas peut-être de cette situation 2012 à 2022 sans qu'il se passe autrefois ?
03:09– Alors, il y a des sujets, vous avez raison, il faut toujours bien sûr faire de l'introspection,
03:13mais dans cette introspection, il y a des choses très positives qui ont été faites.
03:17Pour moi, les deux choses… – Qu'est-ce qui n'a pas marché ?
03:19– La chose qui a été, je crois, la plus difficile à admettre du point de vue d'une partie de la gauche,
03:26ça a été sans doute la loi travail, d'ailleurs très inspirée par Emmanuel Macron.
03:30Et pour autant, une fois qu'on a dit ça, il y a des choses très positives
03:34dans le quinquennat de 2012 à 2017 de François Hollande.
03:39Je pense notamment à l'accord sur le climat, je pense à l'engagement aussi, par exemple,
03:44le mariage pour tous, c'est nous qui l'avons fait.
03:47Et donc, il y a des choses très positives, mais surtout, il y a cinq ans,
03:51pendant ce bilan de notamment Emmanuel Macron, pendant lesquels, c'est vrai,
03:57une partie du travail n'a pas été faite par la gauche pour se rassembler.
04:02– La question suivante.
04:04– Domi aurait, Madame A.H., en cinq mots, vos cinq priorités,
04:08sans blabla ni explication, juste cinq mots.
04:11Éducation, santé, écologie, travail, jeunesse.
04:18– La question suivante, je vous laisse défiler avec la tablette.
04:22– Chiber Jean-Christophe, avec la décentralisation et la mondialisation,
04:28la disparition des métiers à la chaîne répétitif, les robots ont remplacé les hommes,
04:32le chômage, le mépris de nos élus face aux revendications légitimes de toutes et de tous,
04:37ça veut dire quoi, aujourd'hui, le socialisme ?
04:39Ça veut dire la justice, ça veut dire une grande ambition aussi pour l'avenir,
04:44ça veut dire un monde plus humain, ça veut dire retrouver, bien sûr, du travail,
04:49réindustrialiser notre pays en tenant compte, bien sûr, de la question de l'écologie,
04:54mais ça veut dire de la justice et ça veut dire croire aussi
04:57dans ces grands services publics qui font qu'une société peut être apaisée,
05:01je pense à l'école et à la santé.
05:03– La question suivante.
05:05– Alors, Nima PMMR, concernant la cause animale,
05:10est-ce que vous allez améliorer les conditions d'abattage,
05:13lutter contre la maltraitance animale ?
05:15Oui, je suis très engagée sur les droits des animaux,
05:17il faut bien sûr, bien sûr, améliorer les conditions de l'abattage
05:22pour qu'il n'y ait pas de souffrance animale,
05:24et puis, moi, je me suis battue, d'ailleurs, avec d'autres,
05:29pour que les animaux aient la reconnaissance
05:31d'une personnalité juridique à part entière,
05:34voilà, c'est pour moi un sujet très important,
05:36notre humanisme, notre humanité,
05:38passe par la façon dont on traite aussi les animaux.
05:41– Ce serait quoi comme mesure concrète ?
05:43– Beaucoup de mesures, on l'a dit, sur l'abattage,
05:46bon, ça a été heureusement fait,
05:49mais sur les poussins broyés dans l'alimentation,
05:55c'est aussi dans les formes d'élevage,
05:58voilà, toutes ces façons,
06:00et puis pour nos animaux, les animaux domestiques,
06:02j'ai pris des mesures en tant que maire de Paris aussi,
06:05une des premières à les prendre,
06:07notamment sur la question de l'interdiction des animaux sauvages dans les cirques,
06:13bref, je continuerai, et je m'appuierai bien sûr
06:15sur toutes les associations qui font un énorme travail
06:18pour la reconnaissance des droits des animaux.
06:20– Quand on parle des animaux, il y a aussi la chasse,
06:22est-ce que vous êtes pour ou contre son interdiction ?
06:24– Je ne suis pas pour l'interdiction de la chasse purement et simplement,
06:27parce qu'il y a aussi besoin de régulation des espèces,
06:30et on le voit dans beaucoup d'endroits,
06:32mais bien sûr qu'il y a des formes de chasse qui sont,
06:36la chasse à cours, toutes ces chasses qui sont terribles,
06:40voilà, moi je n'ai jamais pratiqué la chasse,
06:42mais je pense qu'elle est nécessaire pour la régulation,
06:45mais aussi réguler elle-même, encadrer,
06:48et avec des règles très claires pour ne pas aller vers ces accidents
06:54que l'on voit et qui empêchent aussi beaucoup de nos concitoyens
06:58de se promener tranquillement dans la campagne.
07:00– Justement au niveau des accidents, c'est la cohabitation dans l'espace public,
07:03comment garantir demain qu'on puisse aller se balader en forêt
07:06en évitant tout type d'accident ?
07:08– Je pense que c'est vraiment à l'échelle locale,
07:10voilà, ce n'est pas au Président de la République de dire comment…
07:13– Mais ce qu'il faut dire le week-end.
07:15– Je pense que c'est au niveau local qu'on doit trouver ces règles-là,
07:18vous savez quand au niveau national et un Président se mêlent de tout,
07:22ça ne marche pas, voilà, donc moi je m'appuierais sur les maires
07:25qui eux sont avec les citoyens capables de trouver les compromis
07:29pour qu'on puisse se balader et qu'on puisse se balader en toute sécurité
07:33et qu'il puisse y avoir aussi l'exercice de la chasse
07:37comme tradition et comme outil de régulation.
07:41Mais ce n'est pas au Président de la République de s'en mêler
07:43et là il faut arrêter ce genre de délire dans ce pays ultra centralisé qu'est la France.
07:49Je pense qu'il y a des intelligences et des gens capables
07:51de trouver les bonnes solutions à l'échelle locale
07:53parce qu'ils connaissent les réalités.
07:55– Je vous laisse lire la question suivante.
07:57– Bonjour Anne Hidalgo, vous avez indiqué dans votre programme
07:59être favorable au droit de vote à 16 ans, pourquoi ? Merci de votre réponse.
08:03– Alors pourquoi être favorable au droit de vote à 16 ans ?
08:05D'abord parce que je pense que c'est très important
08:07que les jeunes se frottent à la démocratie le plus tôt possible.
08:11Je sais que beaucoup d'entre eux ne sont pas d'accord avec ça.
08:13Parmi les jeunes de 16 ans on me dit
08:15mais non on ne sera pas capable, mais si vous serez capable.
08:17Bien sûr ça passe aussi par une éducation, une pédagogie,
08:21par un monde moins dépolitisé.
08:25Politiser ça ne veut pas dire être membre d'un parti
08:27ou être dans quelque chose de partisan.
08:29Mais la politique est absolument indispensable à nos vies.
08:33C'est ce qui permet qu'on régule toutes nos contradictions
08:35par une façon très pacifique, c'est par le vote.
08:39Et je pense que c'est très important.
08:41Les jeunes, si vous ne portez pas vos aspirations pour l'avenir,
08:47eh bien vous ne serez pas écoutés.
08:49J'entends encore trop de politiciens dire
08:51de toute façon les jeunes on s'en fout parce qu'ils ne votent pas.
08:53Donc arrêtons avec ça et soyez impliqués.
08:55Et le pouvoir ça passe par le vote.
08:57Et vous aurez le même pouvoir que le Président de la République.
09:01– Bien joué.
09:03– Alors, USER, je ne dis pas les chiffres, ils sont trop nombreux.
09:07Quelles seront les mesures prises en termes de finances
09:09pour l'accès au permis de conduire
09:11qui est aujourd'hui très difficile pour nous les jeunes ?
09:13Eh bien par exemple, dans la dotation de 5 000 euros
09:17que je veux pour tous les jeunes à partir de 18 ans,
09:19ils pourront bien sûr prendre en charge les frais de permis de conduire
09:25parce que c'est nécessaire pour notamment tous les jeunes
09:28qui habitent en secteur, en milieu rural
09:31et qui ont besoin de la voiture pour leur autonomie,
09:34pour pouvoir se déplacer.
09:37Allez-vous légaliser le cannabis ?
09:40Je vais faire sur le cannabis une conférence de consensus.
09:45C'est un sujet clivant, c'est un sujet sur lequel
09:47je ne veux pas qu'il y ait des affrontements des Français.
09:49Mon point de vue, il est clair, on ne peut pas être sur le statu quo.
09:52Le statu quo ne marche pas.
09:54Mais je ne veux pas qu'on rentre dans ce sujet-là
09:56sans se poser aussi des questions de santé et de prévention.
09:59Je trouve que ce qui a été fait en Allemagne
10:01par la coalition qui dirige aujourd'hui l'Allemagne est très intéressant.
10:05Il rentre dans cette question de la légalisation
10:08par notamment les questions de santé publique.
10:10Moi, j'y rentrerai par une conférence de consensus.
10:12Pas pour aboutir à rien, parce que c'est vrai,
10:14quand on voit les conférences de consensus à la Macron,
10:17on s'aperçoit que finalement, ça ne sert à rien
10:19ou juste à amuser un peu la galerie.
10:21Ce n'est pas mon état d'esprit.
10:23Je veux qu'on sorte de cette situation,
10:25parce que le statu quo n'est pas possible,
10:27mais qu'on y rentre après un débat d'un an, pas plus,
10:30organisé partout en France.
10:32Je demanderai au maire de l'organiser aussi avec moi
10:35pour trouver ce chemin dans lequel il y aura tout un travail
10:40sur la prévention et sur les questions de santé.
10:42Et dans ce débat, vous, ce sera quoi votre position ?
10:45Ma position, ce n'est pas de statu quo.
10:47Plutôt oui, mais s'il y a vraiment tout ce travail
10:50de prévention et de santé publique,
10:53parce que le cannabis reste dangereux
10:56pour notamment les plus jeunes,
10:58et il faut aussi en avoir conscience.
11:02Vigo Kiné.
11:04Bonjour Madame Hidalgo.
11:06Quelle est votre opinion sur la GPA ?
11:08Voudriez-vous la légaliser ?
11:10Non, je ne veux pas légaliser la GPA.
11:12Je considère qu'il s'agit de marchandisation du corps des femmes.
11:15Je suis opposée à cela.
11:17Je l'ai dit depuis longtemps.
11:19Et je pense, même si certains pays,
11:22je pense aux Etats-Unis,
11:24ont une pratique de la GPA
11:26qui correspond peut-être aussi à leurs droits
11:28et à leur culture,
11:30je n'y suis pas favorable dans notre pays.
11:33Mais je suis favorable, bien sûr,
11:36à la légalisation, en tous les cas à l'inscription
11:39des enfants nés de GPA à l'étranger,
11:42dans, bien sûr, notre communauté nationale
11:45et dans l'État civil français.
11:47Qu'on les reconnaisse, bien sûr.
11:49Raphaël Blanco.
11:51Que comptez-vous faire contre la pédocriminalité ?
11:54C'est un sujet très, très important.
11:56Là-dessus, il faut à la fois lutter
11:58contre tous ces réseaux,
12:00qui opèrent aussi sur les réseaux Internet.
12:03Donc il faut renforcer les moyens
12:05de lutte contre cette cyberpédocriminalité.
12:08Et puis là aussi, de la prévention,
12:10de l'accompagnement,
12:12la parole des enfants,
12:14la parole des victimes mieux entendue,
12:16mieux accompagnée,
12:18pour justement ne pas faire de ce sujet
12:21qui touche beaucoup, beaucoup de nos concitoyens,
12:24qui brise des vies,
12:26un sujet qu'on mettrait pudiquement sous un voile.
12:31Il faut absolument que ce sujet-là
12:33soit un sujet sur lequel
12:35les pouvoirs publics,
12:37les médias, l'école,
12:39fassent aussi son travail
12:41de pédagogie, d'information
12:43et d'accompagnement des victimes.
12:45Moi, je mettrais les moyens de la justice
12:47pour que notre pays redevienne
12:49un grand pays du point de vue
12:51du traitement de sa justice,
12:53notamment des greffiers et des magistrats
12:56– Quand on parle des moyens de la justice,
12:58on pense aussi aux moyens de la police
13:00pour lutter notamment contre les féminicides.
13:02Qu'est-ce qu'on fait concrètement aujourd'hui
13:04pour que ça n'arrive plus ?
13:06– Alors d'abord les moyens, vous l'avez dit,
13:08police, justice, mais aussi une loi,
13:10une vraie loi
13:12qui se donne les moyens
13:14de lutter contre ces féminicides.
13:16La loi espagnole est un exemple
13:18dans le monde entier
13:20et a permis des résultats.
13:22Ça veut dire quoi ?
13:23Une loi qui permette d'abord
13:25de prendre la parole des victimes
13:27et pas de la reléguer au second plan
13:29ou de tarder
13:31dans le fait qu'on reconnaisse
13:33qu'une femme a été victime de violences.
13:35Deuxièmement, une femme,
13:37quand elle est victime de violences,
13:39quand elle a des enfants, son premier sujet
13:41c'est où je vais, comment je vais,
13:43je ne vais pas me retrouver à la rue,
13:45je veux protéger mes enfants.
13:47Donc des lieux d'hébergement,
13:49d'ailleurs des lieux d'hébergement d'urgence
13:51et où tout est sur place.
13:53Les médecins,
13:55les policiers,
13:57les assistantes sociales,
13:59tout l'accompagnement pour lui permettre de rebondir.
14:01C'est aussi l'accompagner vers son autonomie
14:03et vers l'emploi
14:05pour qu'elle puisse être autonome
14:07et prendre sa liberté
14:09par rapport à l'emprise de son conjoint.
14:11Et puis c'est aussi une loi
14:13dans laquelle on condamne plus sévèrement
14:15les conjoints violents,
14:17on les conduit aussi
14:19à faire tout le travail
14:21pour qu'ils sortent
14:23de cette violence-là.
14:25Et une condamnation c'est quoi ?
14:27C'est à la fois une condamnation pénale
14:29qui soit forte, qu'il n'y ait pas de circonstances
14:31atténuantes dans ce genre de situation,
14:33que par ailleurs les femmes soient
14:35aussi protégées par rapport
14:37au fait que ce conjoint
14:39violent va pouvoir les rechercher,
14:41essayer de s'approcher d'elles,
14:43donc c'est les téléphones grand danger,
14:45mais pas à dose homéopathique,
14:47Marlène Schiappa s'est moquée du monde
14:49et des associations,
14:51c'était vraiment homéopathique
14:53ce qui a été fait en France, il faut le faire
14:55à grande échelle, et puis il faut aussi,
14:57et ça, ça concerne tout le monde,
14:59un monde dans lequel nos médias
15:01ne véhiculent pas
15:03ces images sexistes,
15:05dégradantes sur les femmes
15:07où tous ces propos qui sont
15:09tenus à l'égard des femmes
15:11conduisent aussi à un moment donné
15:13au fait qu'on ne les respecte pas
15:15et que la violence
15:17des mots et la violence des actes
15:19soit
15:21quelque chose que l'on constate
15:23avec ces féminicides et ces violences
15:25qui font des femmes des victimes
15:27et je pense que là,
15:29c'est l'affaire de tous là aussi,
15:31c'est l'affaire de tous et de toutes.
15:33– Il y a la question des moyens, les associations estiment
15:35que c'est environ 1 milliard d'euros qu'il faudrait mettre sur la table,
15:37est-ce que vous partagez ce compte ?
15:39– Je partage, et d'ailleurs je le dis dans mon programme,
15:41ce sera 1 milliard d'euros pour qu'elles puissent
15:43effectivement faire aussi ce travail
15:45et je le dis, sans les associations,
15:47vraiment, la situation serait encore
15:49beaucoup plus catastrophique qu'elle ne l'est.
15:51– Est-ce que vous êtes pour ou contre la reconnaissance du vote blanc ?
15:53– Pour, totalement pour,
15:55c'est très important, donner
15:57cette possibilité en démocratie.
15:59– L'augmentation du SMIC
16:01et des salaires, ce serait à combien ?
16:03– 15% pour le SMIC,
16:05ça veut dire 200 euros bruts par mois
16:07et puis une augmentation des salaires
16:09par négociation,
16:11augmentation des pensions retraites de 3%
16:13et augmentation du point d'indice
16:15des fonctionnaires de 3% pour
16:17compenser aussi
16:19la montée de l'inflation.
16:21– La question que se pose souvent les gens, c'est en net,
16:23combien ça fait au niveau du SMIC ?
16:25– 200 euros nets de plus par mois,
16:27ça veut dire 1469 euros
16:29le SMIC par mois, net.
16:31– La question par rapport aux produits de première nécessité,
16:33on voit aujourd'hui la hausse des produits,
16:35l'inflation,
16:37qu'est-ce que vous faites ?
16:39– Je propose déjà depuis des mois
16:41la baisse de la TVA sur l'essence
16:43à 5,5%,
16:45aujourd'hui c'est 20%.
16:47Je propose aussi le blocage
16:49des prix
16:51sur carburant, essence,
16:53énergie et sur des produits
16:55de première nécessité parce que la crise
16:57en Ukraine aggrave la situation,
16:59le pouvoir d'achat,
17:01notamment des classes moyennes et des catégories populaires.
17:03– L'essence, on la bloque à combien ?
17:05– L'essence, moi je serais
17:07pour la bloquer, si par exemple
17:09elle est à 2 euros le litre,
17:11une baisse à 5,5%
17:13de la TVA la ramènerait à
17:151,76 euros et donc
17:17je la bloquerais à ce niveau-là, à la pompe bien sûr,
17:19s'il ne s'agit pas pour les
17:21pétroliers d'utiliser cette baisse
17:23de la TVA pour faire d'autres profits.
17:25– L'âge de la retraite ?
17:27– L'âge de la retraite, 62 ans, pas un de plus,
17:2965 ans c'est totalement
17:31injuste et puis avant 62 ans,
17:33pour les gens qui ont eu des métiers
17:35pénibles, par exemple,
17:37travailler derrière un marteau-piqueur,
17:39porter des charges lourdes,
17:41être dans des ambiances de travail
17:43où il y a des produits chimiques,
17:45on pourra partir à 59, 60 ou 61 ans
17:47pour ces personnes-là.
17:49– Les produits de première nécessité, on fait quoi ?
17:51– On baisse d'abord la TVA
17:53sur les produits de première nécessité
17:55mais je pense bien sûr à l'essence, à 5,5%
17:57et sur
17:59les denrées les plus
18:01utiles pour tous les Français,
18:03le blocage des prix pour une période
18:05exceptionnelle
18:07parce que la situation est exceptionnelle.
18:09– Le revenu universel pour les jeunes,
18:11est-ce que vous êtes pour ou contre ?
18:13– Je suis pour, c'est important, à 564 euros par mois
18:15un revenu minimum jeunesse
18:17sous condition de ressources
18:19pour aider les jeunes qui ne peuvent pas être
18:21dans cette précarité.
18:23– Et dans votre programme, j'ai vu aussi que vous évoquiez 5000 euros
18:25quand on a 18 ans pour tous les jeunes, c'est ça ?
18:27– 5000 euros, c'est une donation
18:29pour tous les jeunes à partir de 18 ans
18:31et ils en feront quoi ?
18:33Par exemple un projet de partir à l'étranger
18:35apprendre une langue vivante
18:37passer son permis de conduire
18:39monter sa boîte
18:41faire sa boîte qui peut être aussi
18:43je ne sais pas, dans l'artisanat
18:45en tous les cas amorcer
18:47un projet de vie
18:49qui permette de faire
18:51quelque chose qui leur tienne à cœur.
18:53– Dans votre programme, je lisais également
18:55l'écart salarial en entreprise
18:57qui est simplement un écart de 1 à 20
18:59comment vous faites concrètement ?
19:01– Un écart de 1 à 20, c'est déjà
19:03faire monter les bas salaires
19:05et puis c'est faire en sorte que tous les salaires
19:07supérieurs à cet écart
19:09ne soient pas déduits
19:11de l'impôt sur les sociétés
19:13donc c'est une mesure
19:15très facile à mettre en œuvre.
19:17– Question de l'hôpital public, on recrute combien de soignants ?
19:19– L'hôpital public
19:21d'abord ne sera plus une entreprise
19:23et on va recruter 15 000 médecins
19:25par an dont on a besoin dans tout le pays
19:27pas simplement sur l'hôpital
19:2925 000 infirmières
19:311250 sages-femmes
19:33et puis environ
19:355 000 personnels
19:37qui sont des personnels pour la logistique
19:39dont l'hôpital et notre système
19:41de santé a besoin. On revient à un système
19:43où ce sont les gens avant l'argent.
19:45– On va passer à la question suivante.
19:47– Alors, en cas
19:49d'échec à la présidentielle, vous retirerez-vous
19:51de la vie politique nationale et locale ?
19:53– Non, je ne me retirerai pas
19:55et d'ailleurs je continuerai bien sûr
19:57à œuvrer à Paris, toujours
19:59parce que j'ai été élu
20:01en 2020 et jusqu'en 2026
20:03et puis aussi
20:05à l'échelle nationale parce que je pense qu'on doit
20:07reconstruire, qu'on doit justement
20:09redonner cette fierté
20:11qui doit être la nôtre
20:13pas une fierté béate,
20:15soyons clairs, je suis quelqu'un de très réaliste
20:17et très pragmatique, mais franchement
20:19je le redis, tous ceux qui
20:21voudraient qu'on ait le socialisme honteux
20:23et qu'on rase les murs, c'est juste
20:25qu'ils n'ont pas envie que les choses
20:27changent et quand ça ne change pas, c'est les
20:29puissants qui finalement
20:31en disposent le mieux.
20:33– Question suivante.
20:35– Alors, Théréal
20:37Boca, pourquoi la gauche ne s'unit pas
20:39derrière un seul candidat, je parle au masculin
20:41car le seul à pouvoir
20:43empêcher la rengaine Macron-Le Pen
20:45est un homme en l'occurrence ?
20:47Eh bien, je ne suis pas d'accord avec cela.
20:49D'abord, vous savez, on a
20:51cherché cette union de la gauche et j'y ai
20:53aussi contribué.
20:55Elle n'a pas été possible parce que justement
20:57Jean-Luc Mélenchon
20:59souhaitait qu'il n'y ait qu'une seule
21:01personne, lui et tout le monde derrière.
21:03Il y a des points sur lesquels je suis en désaccord.
21:05– Qu'est-ce qui vous différencie de Jean-Luc Mélenchon, par exemple ?
21:07– Sur la scène européenne et internationale,
21:09je suis en désaccord à peu près sur tout
21:11avec Jean-Luc Mélenchon. Et puis sur la
21:13scène nationale, il a théorisé
21:15quoi ? Le populisme,
21:17le fait qu'il n'était pas de gauche,
21:19regardez quand même ce qu'il a dit depuis
21:21cinq ans, il l'a théorisé.
21:23Et aujourd'hui, il voudrait qu'on soit là
21:25à venir lui apporter
21:27quoi ? Un soutien ? Non,
21:29je n'apporte pas ce soutien.
21:31J'ai beaucoup trop de points de différence.
21:33Et puis, il y a des choses aussi sur la laïcité,
21:35sur les questions
21:37républicaines avec lesquelles je ne suis pas
21:39en accord. Et je sais qu'une
21:41grande majorité de Français de gauche
21:43ne sont pas sur ces positions-là,
21:45sont plutôt sur des positions qui
21:47sont républicaines,
21:49européennes, et c'est cela que je veux retrouver.
21:51Qu'est-ce que vous répondez à ceux qui
21:53prennent l'exemple de 2017, où
21:55Jean-Luc Mélenchon était à peu près
21:57un point du second tour et qui avait reproché
21:59le fait que la candidature de Benoît Hamon s'était maintenue
22:01et de se dire aujourd'hui, peut-être le seul
22:03moyen d'éviter ce que vous déplorez
22:05aussi, un éventuel vote Macron-Leopède ?
22:07Je ne veux pas la France de Jean-Luc
22:09Mélenchon, enfin. Je vote pour
22:11mes idées, votez pour vos idées.
22:13Si vous ne voulez pas cette France-là, vous ne votez
22:15pas pour cela. Votez pour la France
22:17qui est celle qui continuera
22:19à porter nos valeurs, qui continuera
22:21à porter nos ambitions. Il y a
22:23une France de gauche dans notre pays,
22:25une France de gauche généreuse qui a
22:27envie d'un avenir qui soit un avenir
22:29aussi apaisé, qui a
22:31envie d'un avenir pour ses enfants.
22:33Vous savez, moi j'entends tous ces discours
22:35de Jean-Luc Mélenchon, mais je
22:37ne peux pas me reconnaître là-dedans.
22:39Je vois bien le désarroi de femmes
22:41et d'hommes de gauche qui se disent,
22:43finalement ça serait ça le vote utile.
22:45Mais il n'y a pas de vote utile, c'est une impasse.
22:47Le seul vote utile
22:49c'est le vote de vos convictions.
22:51Ne vous laissez pas enfermer dans un
22:53calcul d'arithmétique
22:55sondagière qui ne veut rien.
22:57Il n'y a que votre vote et votre
22:59décision qui compte. L'arithmétique
23:01des sondages, ça n'existe pas.
23:03C'est une vue de l'esprit pour vous conditionner.
23:05Donc soyez libre.
23:07Merci à vous, Anne Hidalgo.