C'est la plus grande communauté urbaine d'Europe à avoir adopté la gratuité des transports pour tous. Et les résultats sont là.
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00:00Avant c'était que mes parents me conduisaient, là je le prends tout le temps, parce que c'est gratuit donc c'est beaucoup mieux.
00:05Ça me permet de sortir, avant j'étais bloqué, tous les week-ends j'étais chez moi, je faisais des appels, là je peux voir mes potes quand je veux.
00:11Pendant ce temps-là, à Dunkerque, tous les bus sont gratuits.
00:16Depuis la mise en place de la gratuité en septembre 2018, la fréquentation des bus a augmenté de 65% en semaine et de 125% le week-end.
00:26Quand c'était pay-off, je prenais toujours la voiture, mais maintenant que c'est gratuit, je ne prends plus la voiture, je ne prends que le bus.
00:33Un nouvel usager sur deux déclare ne plus utiliser sa voiture pour se déplacer dans l'agglomération.
00:39Il n'y a plus de contrôleurs du tout, après il y a toujours des contrôleurs qui sont d'intervention sur le réseau pour notre sécurité à nous,
00:46mais ils ne sont plus là pour contrôler les gens, et c'est ça aussi que les gens sont beaucoup plus agréables maintenant, forcément.
00:53200 000 habitants, Dunkerque est la plus grosse communauté urbaine d'Europe à miser sur la gratuité totale des transports et pour tout le monde.
01:00Toute la circulation est organisée autour des 17 lignes de bus.
01:04Là, on va arriver au feu tricolore, la voie est faite spécialement pour nous,
01:09donc comme vous pouvez le voir, le feu va se mettre au rouge pour les voitures, et c'est fait que pour nous, pour qu'on puisse passer devant tout le monde.
01:16Ici, la ville encourage à prendre le bus avec un réseau modernisé.
01:20Tous sont équipés du wifi gratuit, de prise électrique pour recharger son smartphone, et même sur certaines lignes de bornes d'arcade.
01:27C'est super, on est rapide, on est tranquille, il n'y a plus d'embouteillage, c'est rapide.
01:34L'idée est née de cette envie de répondre aux nouveaux enjeux, notamment environnementaux du XXIe siècle,
01:41c'est-à-dire développer les transports collectifs dans une ville très dépendante de la voiture.
01:45L'idée, c'était de mettre le paquet, déjà en faisant évoluer le réseau de transport pour qu'il soit performant,
01:52et ensuite d'aller chercher la gratuité comme une forme de choc psychologique, de produit d'appel vers le transport collectif,
01:59pour faire parler du transport collectif.
02:02Sur le plan théorique, bien entendu, on a une diminution de la pollution liée à la voiture,
02:07puisque la moitié des nouveaux usagers faisaient avant les déplacements en voiture ce qu'ils font en transport collectif aujourd'hui.
02:13Les collectivités en sont capables, mais bien entendu, si elles font la gratuité du transport public,
02:17elles ne peuvent pas faire d'autres projets.
02:19Donc c'est une question d'arbitrage et de choix politique.
02:21Pourquoi ce n'est pas davantage appliqué ?
02:24Pour plusieurs raisons.
02:25D'abord parce que dans un certain nombre d'agglomérations, et notamment des grandes métropoles,
02:30la part de la biétique représente une part importante du financement du transport collectif.
02:34A Dunkerque, c'était seulement 10% du coût total du réseau.
02:38Dans certaines agglomérations, ça dépasse les 30%.
02:40Et donc forcément, l'argent pour compenser les biétiques, ne serait-ce que pour compenser la biétique,
02:46ça représente une somme importante qui n'est pas possible d'avoir tout de suite.
02:52Autre problème pour un certain nombre de grandes métropoles, c'est la saturation du réseau.
02:58Si vous allez à Paris aujourd'hui, l'enjeu, ce n'est pas forcément la demande,
03:02ce n'est pas forcément que les gens n'aient pas envie de prendre le transport collectif,
03:05c'est que les transports collectifs sont saturés.
03:07Et donc forcément, si vous rajoutez la gratuité du transport public dans un réseau de transport qui est déjà saturé,
03:13vous allez augmenter encore la demande, mais vous n'allez pas régler le problème de l'offre.
03:18Aujourd'hui, 28 agglomérations de moins de 120 000 habitants proposent la gratuité des transports,
03:23comme Châteauroux depuis 18 ans, ou depuis quelques mois, des villes comme Cahors, Calais ou Libourne.
03:29Je suis étudiant, donc c'est beaucoup plus simple pour moi d'aller sur Libourne,
03:32parce que c'est beaucoup plus rapide déjà, comparé à avant où c'était un peu plus compliqué, et c'est gratuit.
03:36Donc forcément, c'est plus pratique pour nous qui n'avons pas forcément beaucoup d'argent.
03:41L'objectif est de réduire les embouteillages, faciliter la mobilité de tous, limiter la pollution.
03:46C'est assumé par les entreprises, c'est également assuré par l'imposition des ménages,
03:51mais c'est aussi finalement une attractivité offerte pour le territoire.
03:56C'est à Compiègne, en 1975, que le maire de l'époque, Jean Legendre, a créé la première ligne de bus entièrement gratuite en France.
04:04Personnellement, je trouve ça très bien, parce qu'on avait l'impression d'être isolés.
04:08Vous êtes parti du centre, alors à chaque fois, il fallait aller dans Compiègne, il fallait payer, il nécessitait quand même.
04:15A l'approche des élections municipales en mars, la gratuité des transports est devenue un thème de campagne récurrent.
04:21Comme il faut bien les payer, ces mobilités gratuites, si on les fait payer par l'impôt,
04:25tout le monde paiera les transports gratuits, même ceux qui ne les empruntent pas.
04:2980% des Français sont favorables à la gratuité des transports,
04:33mais cette question n'arrive qu'à la 7ème place des thèmes qui préoccupent le plus les Français,
04:37avant les élections municipales, bien après le poids des impôts locaux.