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REPLAY - Déconfinement, chômage partiel : la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, répond à vos questions et à Rémy Buisine

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00:00Muriel Pénicaud, ministre du Travail en direct sur Brut, elle va répondre à mes questions mais aussi les vôtres dans les commentaires, n'hésitez pas à réagir, à poser vos questions, à partager ce direct, l'idée c'est que celui-ci soit le plus interactif possible avec vos questions sur la vie quotidienne.
00:17Bonjour à vous Muriel Pénicaud, pas mal de questions dans les commentaires qui sont déjà remontées de par les topiques qu'on a pu poster auparavant mais aussi pas mal de réactions liées à cette crise sanitaire, la reconnaissance de ce qu'on appelle un peu les premiers de cordée, toutes ces professions parfois ignorées, parfois même méprisées par certains, on les a vues, les caissières, les routiers, les éboueurs, tant d'autres, on pourrait en citer des dizaines, où les rémunérations sont faibles, les conditions de travail difficiles, est-ce qu'aujourd'hui finalement le devoir de la nation ce n'est pas de les valoriser,
00:46pas simplement en termes d'estime, d'image mais aussi en termes de valorisation salariale, comment faire justement quand on sait que c'est dans le privé, comment réussir à entraîner un élan de ce côté-là ?
00:57Alors oui je crois que c'est une question importante, en fait c'est quasiment une question de société, parce que les caissières, les manutentionnaires, les chauffeurs-livreurs, les éboueurs sont souvent des métiers qui sont peu considérés, mal rémunérés, je vais y revenir mais peu considérés,
01:13et je crois que la première reconnaissance c'est déjà la considération de tout le monde, ça ne suffit pas, on va parler ensuite des aspects de rémunération, mais moi j'ai rencontré aussi beaucoup de gens qui ont dit
01:22mais pour la première fois mon métier je me sens utile et on me dit merci, alors que d'habitude je suis limite méprisée, donc je crois que déjà cette considération de tous, elle compte.
01:32Après il y a un deuxième aspect qui est la reconnaissance de l'effort qu'il et elle, parce qu'il y a beaucoup de femmes, ont fait depuis deux mois, en pleine période de confinement, pour aller physiquement au travail,
01:45et finalement pour assurer ce qui est essentiel pour le pays, toute la filière agricole et agroalimentaire, les supermarchés ou les commerces, le nettoyage des ordures ménagères,
01:58tous ces métiers-là ont eu un rôle essentiel pour que la vie continue dans ce qu'elle a de plus essentiel au quotidien, et donc c'est pour ça qu'au niveau du gouvernement,
02:07nous avons permis aux entreprises de verser une prime à cela, à la première ligne, une prime qui soit sans charge sociale et sans impôts, et pour le salarié et pour l'employeur jusqu'à 1000 euros,
02:20et même jusqu'à 2000 euros s'il y a un accord d'intéressement. Alors je vois que dans la grande distribution, il y en a beaucoup qui vont le faire, j'espère pas de façon trop restrictive,
02:28en tout cas moi je les invite à le faire fortement, parce que la distribution alimentaire a été vraiment au front, et pas que la grande distribution d'ailleurs, et qu'il soit des chaînes intégrées ou franchisées,
02:40je crois qu'il faut que vraiment tout le monde le fasse, et puis il y a cette prime possible, et puis après il y a la question de plus long terme, il y a beaucoup de femmes dans ces salariés,
02:49que ce soit pour les femmes ou les hommes, quand on a mis en place l'index égalité pro, c'était déjà pour voir comment on pouvait donner plus de perspectives de carrière et de rémunération
02:59à différents métiers, dont ces métiers là, donc moi c'est un sujet, j'ai annoncé aux partenaires sociaux qu'on allait y travailler, on va y travailler avec les branches professionnelles,
03:07où il y a les partenaires sociaux, qui couvrent tous ces métiers, pour voir comment en termes de perspectives de carrière et de rémunération, et bien on peut améliorer les choses,
03:15ça c'est plus long terme, à court terme c'est la considération et la prime, et à moyen terme, pas trop long, on va y travailler dès les semaines qui viennent.
03:23Parce que c'est ça la question qui se pose énormément, les gens disent bon les primes c'est bien, mais c'est une solution à court terme, on est content sur l'instant,
03:30mais l'idée c'est d'avoir des perspectives de vie, des perspectives de construction de carrière, et même au-delà de ces carrières, de ces rémunérations,
03:37parce que parfois il n'y a pas forcément l'opportunité de toujours pouvoir évoluer, mais au moins de pouvoir évoluer d'un point de vue salarial.
03:42Alors je crois qu'il y a les perspectives de carrière et de salaire, d'évolution, c'est souvent lié quand même, parce que plus on a une qualification,
03:50plus on a des chances de pouvoir évoluer dans la carrière et donc avoir une meilleure rémunération, c'est pour ça qu'au moment de la mise en place de mon compte formation,
03:59le compte personnel de formation qu'on a lancé en novembre dernier, on a donné des droits, y compris quand on travaille à temps partiel, à mi-temps,
04:07on a les mêmes droits à la formation qu'à temps place, et c'est très important parce qu'il y a beaucoup de femmes, notamment dans la distribution,
04:12qui travaillent à temps partiel et qui souvent n'ont pas les mêmes droits. Donc si vous ne pouvez pas vous former, vous ne pouvez pas évoluer dans la carrière,
04:18c'est un cercle vicieux, vous restez au bas salaire. Donc il y a un sujet salaire, un sujet carrière, c'est ça qu'on va traiter avec les partenaires sociaux,
04:25parce que c'est le secteur privé, ce n'est pas l'État qui décide des salaires, mais je peux vous dire que je ne vais pas les lâcher là-dessus,
04:30parce que je crois que c'est un sujet très important et ils en sont d'accord.
04:33Donc à quelle échéance il y aura peut-être des mouvements ?
04:35Alors la prime, ça doit être fait avant fin août, donc certaines entreprises l'ont déjà annoncé, d'autres pas encore, moi je les invite à le faire vite,
04:42parce que là c'est la reprise et ceux qui depuis deux mois sont au front, ils attendent un signe de reconnaissance immédiat.
04:49Et puis ce sujet des rémunérations plus long terme, là c'est d'ici l'été, il faut qu'on ait avancé sur des perspectives.
04:55Combien de personnes sont aujourd'hui au chômage partiel en France ?
04:58Alors les demandes des entreprises concernent 12 millions de salariés.
05:0412 millions c'est énorme, on est 65 millions d'habitants, il y a 12 millions de personnes au chômage partiel, et c'est 6 salariés sur 10 du secteur privé.
05:13Donc c'est énorme, mais je crois qu'on peut être très fiers en France d'avoir mis en place ce chômage partiel universel et massif.
05:21Pourquoi je dis universel ? Parce qu'avant il y avait des tas de catégories qui n'y avaient pas droit.
05:25Employés à domicile, assistantes maternelles, marins-pêcheurs, ceux qui travaillent au forfait jour, le personnel navigant, les VRP, enfin je vous passe la liste.
05:34Donc on a élargi à tout le monde.
05:36Et deuxièmement on a mis en place un système qui est effectivement protecteur, puisque au SMIC on a 100% de son salaire et au-dessus 84% de son salaire net.
05:45Et on rembourse intégralement les entreprises.
05:47C'est ce qui nous a permis d'éviter des vagues de licenciements massifs depuis trois mois, qui malheureusement deux mois auraient déjà existé.
05:54On voit bien la différence entre les pays qui ont un chômage partiel intensif ou pas.
05:59Par exemple les Etats-Unis en un mois ils ont perdu 30 millions d'emplois.
06:0330 millions d'emplois.
06:04Donc on a eu raison de le faire.
06:06C'est protecteur.
06:08Après moi ce que j'attends maintenant c'est une décrue.
06:11C'est-à-dire que quelque part on a atteint le pic ?
06:14Je crois qu'on est au palier, on est au pic.
06:17Alors maintenant ça c'est les demandes des entreprises.
06:20Après elles vont nous confirmer si elles ont mis tout le monde au chômage partiel ou pas.
06:24Parce que c'est après qu'elles déclarent.
06:26Là on va voir je pense une décrue.
06:28En tout cas j'attends la décrue effectivement.
06:30Parce que être au chômage partiel c'est...
06:34Franchement dans une crise comme ça, c'est ce qu'il fallait faire.
06:37Parce que ça permet aux salariés de garder son contrat de travail.
06:40Il est juste suspendu.
06:41Simplement c'est l'Etat qui paye votre salaire.
06:43Et donc l'Etat ne peut pas indéfiniment payer les salaires de 6 salariés sur 10 du secteur privé.
06:48Il faut que l'activité reprenne.
06:50Elle est en train de reprendre.
06:51Et au fur et à mesure on va l'accompagner avec le chômage partiel.
06:53De façon progressive pour que la reprise soit complète.
06:57Parce que justement cette question qui se pose beaucoup c'est ce chômage partiel jusqu'à quand ?
07:01Aujourd'hui on voit qu'on est dans une première étape de déconfinement progressif.
07:04Mais il y a encore beaucoup de commerces, de lieux de vie qui sont encore fermés.
07:08Donc ce chômage partiel là sous cette forme là il est assuré minimum jusqu'à quand ?
07:12Alors d'abord pour tous les secteurs qui sont encore fermés.
07:15Je pense aux bars, aux cafés, aux restaurants, à une grande partie de l'événementiel ou du tourisme ou de la culture.
07:23Tout ce qui est fermé.
07:24On continue le chômage partiel tel qu'il est aujourd'hui le temps qu'il faudra.
07:28Parce que si c'est fermé les employeurs n'ont pas de quoi avoir une activité et donc payer les salaires.
07:34Donc ça ne change pas jusqu'à nouvel ordre.
07:36Et aujourd'hui il est trop tôt pour savoir quand ils pourront rouvrir.
07:38Pour les autres secteurs on continue quand même le chômage partiel mais de façon dégressive.
07:43Je vais prendre un exemple.
07:44Si il y a une entreprise qui a 50 salariés et que l'activité reprend progressivement.
07:52Qu'il y en a 10 qui arrivent parce qu'il y a du marché de l'activité pour 10.
07:56Les 40 autres peuvent être encore en chômage partiel.
07:58Puis deux semaines après ça sera peut-être moitié-moitié.
08:00Et au bout d'un mois ça sera peut-être l'intégralité qui sera revenue en contrat de travail normal entre guillemets.
08:06Et payée par l'employeur.
08:09Donc on va le faire de façon progressive pour bien accompagner la reprise.
08:13Mais évidemment le but c'est la reprise.
08:15C'est ce qui protégera le mieux l'emploi à terme.
08:17A court terme c'était le chômage partiel qui protégeait l'emploi.
08:20A long terme c'est la reprise de l'activité qui protège l'emploi.
08:23C'est-à-dire que concrètement ce chômage partiel, la part de prise en charge de l'Etat va diminuer progressivement à partir du début juin ?
08:28Oui, avec le Premier ministre nous avons annoncé que le remboursement à l'entreprise commencerait à baisser à partir du 1er juin.
08:35Sauf les secteurs bien sûr qui sont fermés comme les restaurants, les hôtels ou les bars.
08:40On a un pourcentage ?
08:42On ne l'a pas encore fixé, on le fixera d'ici quelques jours.
08:45Ce sera des proportions raisonnables.
08:48Encore une fois, je souhaite faire un système progressif et sans à-coups pour ne pas casser la dynamique de l'emploi.
08:57L'idée ce serait chaque mois une diminution progressive ?
09:00Oui, tous les 1 ou 2 mois une diminution progressive.
09:02Toujours cette prise en charge pour tous les secteurs qui resteront fermés au-delà du 1er juin ?
09:08Oui, ils resteront à 100% de remboursement tant qu'ils sont fermés bien sûr.
09:11Après il y a cette crainte justement dans certains secteurs dans cette reprise, c'est que la consommation ne le suive pas.
09:16On pense par exemple à certains cafés, certains restaurants, quand ils vont pouvoir ouvrir, peut-être que l'activité ne le permettra pas de pouvoir reprendre en salariés toutes les personnes.
09:25La crainte justement que l'entreprise ne puisse pas suivre la part à prendre en chômage partiel et qu'il y ait des licenciements ou des personnes qui se retrouvent du coup au chômage tout simplement.
09:35Comment éviter ça concrètement ?
09:36Il y a des secteurs qui sont touchés plus profondément par la crise et peut-être de façon plus durable.
09:43Je pense par exemple à l'aéronautique.
09:45On voit bien que l'activité aéronautique demain ne sera pas comme hier.
09:49Et donc ça c'est un secteur qui peut toucher.
09:53L'automobile, on espère pouvoir faire en sorte qu'il reparte.
09:57Mais est-ce qu'il repart dans la même ampleur ?
09:59Au passage, si vous faites partie des Français qui ont fait de l'épargne pendant le confinement, à faute de pouvoir dépenser comme d'habitude, aujourd'hui l'épargne a augmenté de 50% en deux mois.
10:12C'est bien aussi de reconsommer pour consommer français, ça va faire repartir l'emploi.
10:18Je fais un appel au passage, parce que pour avoir de l'emploi, il faut des marchés.
10:22Et pour des marchés, il faut des consommateurs, il faut des clients.
10:25Donc ça fait partie quand même de la reprise, d'avoir confiance aussi pour repartir.
10:30On va voir un premier indicateur dans les semaines qui viennent.
10:32Puisque depuis ce matin, les 400 000 commerces non alimentaires ont le droit de réouvrir.
10:37On va voir ce qui se passe.
10:39Donc j'espère que la dynamique repartira.
10:41Ce qui est certain, c'est qu'il y a des secteurs qui seront quand même en difficulté à la sortie de la crise.
10:46Là, on va faire un plan d'accompagnement de ces secteurs en particulier.
10:48Mais ça, c'est l'étape d'après.
10:50Il y avait le confinement, le déconfinement.
10:52Et puis après, il va y avoir l'étape de la relance.
10:54Et notamment de la relance dans des secteurs en difficulté.
10:57Par exemple, sur la culture, le Président de la République a déjà annoncé un plan pour la culture.
11:01Parce que là, c'est sûr que les spectacles, les événements ne peuvent pas avoir lieu pendant une longue durée.
11:06Et donc là, il y a un plan spécifique.
11:08Donc il y aura d'autres plans spécifiques pour certains secteurs.
11:10Voilà, parce que j'imagine que dans ce Facebook, il y a beaucoup de personnes qui nous regardent.
11:13Je vois dans les commentaires qu'ils peuvent être des restaurateurs.
11:16Des gens qui travaillent notamment dans les bars ou autres.
11:18Et c'est cette crainte, justement, des licenciements si l'aide ne continue pas après.
11:23Elle continue.
11:24Elle continuera même après la réouverture.
11:27Il y aura aussi une période progressive.
11:30Encore une fois, je pense qu'il ne faut pas faire les choses du jour au lendemain.
11:34Il ne faut pas faire d'un coup.
11:36Le moteur économique, il a pris un sacré coup.
11:39Et moi, mon but, c'est de préserver le plus possible l'emploi.
11:41Et donc pour ça, il faut y aller progressivement.
11:43Comment on évite les faillites, justement ?
11:45C'est-à-dire qu'il y aura sûrement certaines entreprises qui vont dire, moi, je ne peux plus.
11:48Même par rapport à ce que vous proposez, le fait de prendre une prise en charge partielle décrétie.
11:52Moi, je ne peux pas.
11:53Est-ce qu'il y aura du cas par cas, quand il y aura des situations de faillite,
11:56quelle que soit la société, parce que ça peut arriver.
11:58On sait que certains l'évoquent déjà.
12:00Alors en fait, pour éviter les faillites d'entreprises et donc les pertes d'emplois aussi,
12:04on a fait plusieurs choses.
12:06On a fait le chômage partiel.
12:07On a fait un fonds de solidarité pour les entrepreneurs, pour les indépendants,
12:13des prêts garantis par l'État et un report des charges sociales.
12:17Donc on a mis en place, j'allais dire, un arsenal pour soutenir les entreprises
12:22et donc l'emploi dans cette circonstance de crise épidémique qui est tombée dessus sur tout le monde
12:27et qui est arrivée très brutalement.
12:29Après, on ne peut jamais dire qu'il y aura 100 % d'évitement des faillances.
12:35Ce serait pas honnête de le dire.
12:37Je pense qu'on a évité le maximum.
12:39Il y en aura forcément.
12:40Et donc ce qu'il faudra, c'est permettre à chacun de se reconvertir là où ce n'est pas possible.
12:44On ne pourra pas soutenir indéfiniment l'économie en payant finalement l'économie.
12:54Aujourd'hui, on a 61 % du PIB, la richesse que nous produisons tous ensemble en travaillant,
13:02qui part aux dépenses publiques.
13:04C'est sûr que ce n'est pas tenable dans la durée.
13:06Mais encore une fois, on va avoir des plans.
13:08C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on voit cette perspective où on ne sait pas quand tel commerce va rouvrir.
13:13On a même la crainte aussi d'un point de vue sanitaire d'une seconde vague,
13:16maintenant, plus tard, peut-être jamais, on l'espère.
13:18Mais il y a cette crainte que cette crise sanitaire nous suive pendant très longtemps.
13:22Est-ce qu'aujourd'hui, on peut garantir d'un point de vue de l'État
13:24que si on a une seconde vague très forte à nouveau,
13:28on ait les reins assez solides pour pouvoir tenir encore,
13:31comme on l'a fait là, sur le chômage partiel, sur ces mesures qui ont été mises en place,
13:35même, par exemple, imaginons, jusqu'à la fin d'année ?
13:37On a pris, je crois, une attitude qui est responsable, c'est de se dire,
13:41on sait qu'on ne sait pas, au sens, il y a une incertitude sanitaire.
13:46Et donc, il faut qu'on ait des dispositifs souples pour pouvoir s'adapter en fonction de ce qui va se passer.
13:51Oui, aujourd'hui, on ne peut pas dire s'il y aura une seconde vague épidémique.
13:54On ne saurait pas dire quand il y aura un vaccin et un traitement.
13:56C'est la réalité dans laquelle nous sommes dans le monde entier.
13:59Et ça, il ne se fait pas de décider.
14:03Aujourd'hui, on n'a pas de certitude là-dessus.
14:05Donc, on a mis en place des mécanismes souples.
14:07Par exemple, sur le chômage partiel, j'ai fait en sorte qu'on change les textes
14:11pour qu'on puisse avoir du chômage partiel individuel.
14:14Un coiffeur, par exemple, lui, il va retrouver ses clients.
14:17Il y en a beaucoup qui attendent, d'ailleurs.
14:20La Fédération des coiffures m'a dit qu'ils ont trois semaines d'attente.
14:23Maintenant, pour prendre les rendez-vous, c'est dans trois semaines.
14:25Mais dans certains métiers, on peut avoir moins d'activité.
14:28Mais pour repartir, on a besoin que quelques salariés reviennent
14:31pour remettre en place l'activité.
14:33À ce moment-là, on pourra faire venir quelques salariés,
14:35puis après, les autres.
14:37Et inversement, si ça va mal, on peut repartir,
14:40faire un peu plus de chômage partiel.
14:42Donc, on fait quelque chose de souple pour essayer de coller auprès du terrain,
14:45ne pas gâcher l'argent public.
14:47C'est notre argent à tous.
14:49Bien l'investir, mais l'investir pour que les entreprises gardent les compétences
14:53dont elles ont besoin pour demain.
14:55Parce que si vous n'avez plus les compétences, vous ne repartez jamais.
14:58Et que les salariés aient le maximum de protection possible.
15:02Ça ne peut jamais être à 100%, mais je pense qu'on évite aujourd'hui
15:05par ce système de protection qui est franchement extrêmement élevé.
15:09C'est 26 milliards d'euros rien que pour le chômage partiel,
15:12ce qu'on a prévu.
15:13On se donne les moyens de protéger, d'être le plus souple possible.
15:16Et puis après, on aidera les reconversions là où il le faut.
15:19Il y a certains secteurs où ça sera quand même difficile.
15:22Il faudra permettre massivement par la formation, par l'aide à l'emploi,
15:26à certains salariés de changer de métier s'il le faut.
15:29Mais mon but, c'est que tout le monde puisse retrouver un travail.
15:32Est-ce qu'aujourd'hui on a vu des dynamiques s'inverser en termes de chômage,
15:35même tout simplement ?
15:36On sait que le chômage baissait avant cette crise.
15:38Là aujourd'hui, vous avez constaté une augmentation par rapport au dernier relevé ?
15:42Alors il y a trois mois, presque jour pour jour, c'était le 12 mai,
15:46j'annonçais et je commentais les très bons chiffres en termes de baisse du chômage.
15:51On est à 8,1% de taux de chômage pour la France, 7,9% en métropole.
15:56C'était l'explosion positive de l'apprentissage.
16:00C'était il y a trois mois.
16:02Pour vous, je ne sais pas, mais moi, ça me paraît loin,
16:04tellement ce qu'on a vécu depuis trois mois, c'est autre chose et qui est très dense.
16:08Et donc oui, aujourd'hui, on peut craindre une remontée du chômage.
16:14Alors en fait, ce qu'on constate pour l'instant, ce n'est pas des licenciements.
16:19Grâce au chômage partiel, il n'y a pas de vague de licenciements massives
16:22comme on aurait pu l'avoir.
16:23Mais par contre, ce qu'on a, c'est la chute des recrutements.
16:25Pendant le confinement, on a eu 40% de moins de recrutement.
16:28Donc la hausse du chômage qu'on a déjà constatée,
16:32puisque c'est plus de 140 000 demandeurs d'emploi sur le mois de mars,
16:38ça n'est pas lié à des licenciements, c'est lié à des manques de recrutement,
16:42donc des gens qui arrivaient sur le marché du travail
16:44ou qui avaient eu un CDD, un intérim et qui n'avaient pas de renouvellement
16:48et qui se retrouvaient donc sans emploi.
16:50Donc aujourd'hui, dans les plans qu'on va faire d'accompagnement,
16:54une de mes priorités, ce sera quand même les jeunes
16:56et tous ceux qui ont des contrats précaires,
16:58parce que c'est là où ils risquent d'avoir le plus de remontées de chômage.
17:01Avec les partenaires sociaux, nous avons déjà décidé d'y travailler
17:04pour voir comment on peut accompagner ça pour éviter au maximum.
17:07Dans l'immédiat, la semaine dernière, j'ai proposé une ordonnance
17:10qui va être dans le projet de loi de la semaine prochaine
17:14et qui va permettre de prolonger des CDD ou des intérims existants
17:18s'il y a un accord dans l'entreprise,
17:20pour que les personnes qui sont en CDD ne se retrouvent pas embutées
17:23sans rien dans quelques semaines.
17:25On essaie d'être très pragmatiques, de faire tout ce qu'on peut
17:28pour donner des instruments aux entreprises,
17:31pour garder au maximum leur emploi, leurs compétences
17:33et qu'il y ait le moins de chômage possible.
17:35Mais oui, ça va être un des soucis des mois qui viennent.
17:37On voit que cette crise sanitaire a aussi accentué les inégalités sociales,
17:41la précarité, et on a notamment cette question dans les commentaires
17:44très directs d'Angelo qui dit
17:46« Comment vont faire les gens qui, je cite, travaillent au Black,
17:48des gens qui ne sont pas déclarés par leur employeur ? »
17:51C'est vrai que concrètement, on a vu beaucoup de personnes
17:53qui ne sont pas déclarées, qui du coup n'ont pas pu
17:56avoir les mesures de chômage partiel, etc.
17:59Mais ce sont des personnes qui, du coup, se retrouvent.
18:02Elles sont peut-être dans l'inégalité à la base,
18:04mais aujourd'hui, ne peuvent pas accéder aux différentes mesures
18:07proposées par les systèmes mis en place.
18:10Il y a des pays plus touchés que la France.
18:13Il y a des pays où il y a énormément de travail informel,
18:16comme on dit publiquement, c'est-à-dire travail au noir.
18:19C'est une catastrophe sociale.
18:21Il y en a en France, trop.
18:23Et on voit bien que le travail illégal,
18:25puisque c'est du travail illégal, ça ne protège jamais.
18:27Donc d'abord, je voudrais dire à tout le monde,
18:29n'acceptez jamais un travail illégal.
18:31C'est vraiment le truc où vous ne serez jamais protégé.
18:34Vous cotisez pas pour la retraite,
18:36vous ne cotisez pas pour l'assurance chômage.
18:38En cas de coup dur, il n'y a rien.
18:40Et du côté des employeurs, c'est pénal.
18:43C'est une incitation à ne pas utiliser le travail illégal,
18:47qui est vraiment une fragilisation très forte des personnes.
18:51Aujourd'hui, effectivement, le chômage partiel,
18:54c'est sur la base d'une feuille de paie.
18:56Quelqu'un qui n'a jamais été déclaré
18:58ne peut pas avoir le chômage partiel,
19:00ça veut dire qu'il se retrouvera au RSA.
19:02Heureusement, on a un filet de sécurité en France,
19:04mais c'est quand même pas pareil que le chômage partiel.
19:07La solution possible, c'est le RSA ?
19:09Oui, c'est ça la solution.
19:11Pour les jeunes qui n'ont pas droit au RSA,
19:13on a fait une aide de 200 euros qui va être donnée mi-juin
19:18et qui va permettre pour des jeunes
19:21qui ont perdu leur emploi ou leur stage,
19:24ou qui sont à l'appel des revenus très précaires,
19:27d'avoir un petit coup de pouce.
19:29On a fait une aide aussi aux familles les plus vulnérables.
19:32Là, c'est allé verser le 15 mai.
19:35150 euros par famille et 100 euros supplémentaires par enfant
19:39pour pouvoir avoir de quoi tenir le choc à court terme.
19:43On a aussi les plus vulnérables.
19:45Quand on travaille, il faut être déclaré, il n'y a pas de doute.
19:48C'est ce qui protège le mieux dans le futur.
19:50Il y a cette question qui rebondit un peu à ce qu'on évoquait précédemment.
19:53Beaucoup de demandeurs nous disent que les entreprises,
19:56notamment les agences intérimes, ne veulent pas réembaucher.
19:59Comment expliquez-vous la crainte autour des embauches aujourd'hui ?
20:02Ce qu'on constate, effectivement, c'est que les clients,
20:05les entreprises qui s'adressent à Pôle emploi
20:08ou à une agence d'intérim et à Pôle emploi,
20:11ont chuté leur recrutement de 40 %.
20:13Mais pendant le confinement.
20:15Pendant le confinement, il y avait beaucoup moins d'activité économique.
20:18Même si les entreprises, sauf les bars et les restaurants,
20:21avaient le droit de continuer.
20:23Mais dans la pratique, beaucoup ont ralenti énormément leur activité.
20:26Maintenant, ça repart quand même.
20:28On va voir, les agences Pôle emploi, depuis ce matin,
20:31sont en train de s'organiser pour réaccueillir les gens.
20:34Elles n'ont pas arrêté de fonctionner pendant les deux mois.
20:37Tout le monde a eu ses indemnisations chômage.
20:40On pouvait avoir des rendez-vous d'érecrutement, même par vidéoconférence.
20:43Je salue les agences Pôle emploi qui ont donné le maximum,
20:47même pendant la période de confinement.
20:49Maintenant, on va retrouver cette dynamique.
20:51Quelle va être l'ampleur d'érecrutement ? Je ne sais pas.
20:53Je pense qu'il est réaliste de dire que ce sera moins qu'avant.
20:56Mais il y aura quand même des recrutements qui vont se relancer.
20:59Je vais avoir le point dans quelques jours avec Pôle emploi
21:02pour savoir quelle est la demande qu'ils ont.
21:04Il y a quand même des métiers en tension dès aujourd'hui.
21:06Je peux vous dire que dans les services aux personnes,
21:08dans le transport, dans la logistique, dans l'agroalimentaire
21:11et dans l'agriculture, on cherche du monde déjà.
21:13Il y a déjà plusieurs centaines de milliers d'offres d'emploi
21:16sur le site de Pôle emploi.
21:17Il ne faut pas non plus se dire que tout est fermé.
21:19C'est plus difficile qu'il y a trois mois.
21:21La situation économique, c'est même difficile.
21:23Mais il y a quand même des créations d'emplois.
21:25Il y a des embauches. Il ne faut pas hésiter à y aller.
21:28Sur la relance économique, il y a eu beaucoup de propositions
21:30qui ont été faites, dont certaines qui ont fait beaucoup réagir,
21:33notamment en venant du MEDEF ou de l'Institut Montaigne,
21:35parlant de l'idée de sortir des 35 heures,
21:37de supprimer des périodes de congés payées,
21:40de travailler plus tout simplement.
21:42Concrètement, c'est ce vers quoi on va aller
21:44ou on peut vraiment l'exclure totalement ?
21:46Ma priorité, je vais vous dire, c'est simple,
21:48c'est que tout le monde ait un travail.
21:50Que tous les 12 millions au chômage partiel
21:53retrouvent bien leur travail.
21:55Et que les jeunes qui vont arriver sur le marché du travail à l'automne,
21:58ils aient aussi un espoir de retrouver de bon travail.
22:01Donc moi, je ne commande pas aujourd'hui
22:03les idées de Pierre-Paul Jacques pour le futur.
22:05Quand on va faire le plan de relance, on dira le plan de relance,
22:07c'est assez trop tôt.
22:09Aujourd'hui, c'est le jour des deux confinements.
22:11Mais ce que je veux dire, c'est qu'aujourd'hui,
22:13dans une entreprise, par négociation, par accord,
22:16on peut déjà décider de travailler plus ou moins.
22:18Beaucoup d'entreprises sont en sous-activité.
22:20Donc le sujet n'est pas là.
22:22Le sujet, c'est que tout le monde revienne au travail,
22:24que tout le monde ait son travail,
22:26et donc qu'il y ait du travail pour tous.
22:28Et puis, il y a quelques entreprises
22:30où ça va repartir très, très fort,
22:32avec des carnets de commandes qui étaient en retard depuis longtemps.
22:35Et là, s'il y a un accord social,
22:37ça existe déjà dans le droit.
22:39On peut faire des heures supplémentaires
22:41qui sont payées plus, évidemment,
22:43jusqu'à 200 heures sans charge sociale.
22:46On peut déjà annualiser le temps de travail.
22:48Donc on peut déjà négocier dans l'entreprise
22:50du travail et plus,
22:52si l'employeur et les syndicats estiment que c'est nécessaire.
22:54Il y a des entreprises où ça se fait déjà.
22:56Mais je crois que c'est bien de donner la chance
22:58et la primauté au dialogue social.
23:00Ça ne se décrète pas d'en haut dans mon bureau.
23:02Ça, ça se décrit sur le terrain,
23:04dans l'entreprise, par le dialogue social.
23:06Donc, clairement, ces propositions-là,
23:08c'est quand même important, je pense, d'être clair aussi
23:10sur ce monde d'après, c'est de se dire
23:12ça s'est exclu totalement.
23:14Non, ce n'est pas ce que je dis.
23:16Je dis que ce n'est pas le sujet du jour.
23:18Dans l'entreprise, il faut être concentré sur chaque « et ».
23:20C'est une course de « et ».
23:22D'abord, le confinement. Maintenant, il faut réussir ce déconfinement.
23:24Réussir le déconfinement, ça veut dire
23:26reprendre l'activité, reprendre le travail
23:28en protégeant pleinement et totalement
23:30les salariés sans exception.
23:32Mais donc, on entend bien que ce n'est pas exclu.
23:34Et puis, après, il y aura le temps de la relance.
23:36Encore une fois, dans la relance,
23:38la priorité, ça va être que tout le monde
23:40retrouve un emploi ou trouve un emploi.
23:42Après, est-ce qu'il y a des cas où il faut aller plus loin ?
23:44On verra. Mais là, ce n'est pas le sujet.
23:46Ces thèses-là, clairement, elles sont possibles.
23:48Moi, je n'exclus jamais à l'avance,
23:50mais je ne retiens jamais à l'avance
23:52quand ce n'est pas le moment.
23:54On n'en a pas discuté avec les partenaires sociaux.
23:56On n'est pas dans ce temps-là.
23:58On est le jour du déconfinement.
24:00Je pense qu'aujourd'hui, la question qui se pose, c'est
24:02« est-ce que je vais avoir un transport ? »
24:04« Est-ce que ça va être sécur dans le transport ? »
24:06« Est-ce que je vais être sécurisée sur le plan sanitaire
24:08dans mon travail ? » Je vais revoir mes collègues.
24:10Je ne les ai pas vus depuis deux mois.
24:12J'ai envie de les voir. J'ai envie de travailler.
24:14Mais en même temps, c'est ça les questions d'aujourd'hui.
24:16Ce n'est pas ce qu'on fera dans deux ou trois mois.
24:18Clairement, des interventions comme celle du MEDEF
24:20ou de l'Institut Montaigne, c'est inadapté.
24:22Ils font ce qu'ils veulent.
24:24Chacun dit ce qu'il veut.
24:26Pour le gouvernement, ce n'est pas le moment de ça.
24:28Ce sera le moment plus tard de parler de la relance.
24:30Aujourd'hui, la clé, c'est de réussir le déconfinement.
24:32Réussir le déconfinement,
24:34c'est arriver à reprendre une activité économique
24:36beaucoup plus forte
24:38tout en protégeant les salariés
24:40et en protégeant les citoyens, c'est-à-dire en recréant
24:42pas une deuxième vague épidémique.
24:44Je peux vous dire que c'est la responsabilité de tous.
24:46Ça nous engage tous.
24:48C'est vraiment le sujet du jour.
24:50Les autres sujets, ça sera plus tard.
24:52Ça sera évoqué quand, pour vous,
24:54quand on aura évacué totalement
24:56la crise sanitaire ?
24:58Je voudrais déjà qu'on puisse constater à la fin du mois,
25:00comme l'a demandé le Premier ministre,
25:02qu'on peut continuer à ouvrir plus loin,
25:04que les régions ou les départements rouges,
25:06il y en a beaucoup qui passent en vert,
25:08et qu'on puisse ouvrir
25:10les secteurs qui sont fermés encore aujourd'hui
25:12par précaution.
25:14C'est ça, les sujets du jour.
25:16C'est ça, les sujets des semaines qui viennent.
25:18Cette date du 1er juin, elle est aussi évoquée
25:20dans un temps scolaire. On sait qu'aujourd'hui,
25:22le retour des élèves à l'école est évoqué sur le volontariat.
25:24Il y a l'idée
25:26qu'à partir du 1er juin,
25:28ceux qui
25:30ont la possibilité de mettre leurs enfants à l'école,
25:32le fassent, sinon ils ne pourront plus accéder au chômage partiel.
25:34Concrètement, il leur faudrait une attestation de leur école
25:36en disant, je n'ai pas la possibilité
25:38d'accueillir votre enfant aujourd'hui,
25:40donc vous pouvez être en chômage partiel.
25:42Concrètement, est-ce que ça ne voudra pas dire que les élèves
25:44qui aujourd'hui
25:46y vont sur la base du volontariat le seront obligés
25:48pour des raisons économiques, finalement ?
25:50Le choix du gouvernement, notre choix,
25:52ça a été que le retour à l'école
25:54puisse être sur une base volontaire des parents.
25:56Je crois que c'est un sujet
25:58de confiance. Quand les parents
26:00vont voir que les premiers élèves
26:02qui arrivent pour l'essentiel
26:04mercredi, jeudi, parce qu'aujourd'hui, c'est plutôt
26:06le temps des professeurs,
26:08je pense que ça va rassurer
26:10beaucoup de parents. Il y a beaucoup de parents
26:12qui sont inquiets en disant comment ça va se passer
26:14et qui hésitent aujourd'hui.
26:16Je pense que quand ils vont voir que les premières vagues d'élèves
26:18sont là, sont heureux d'être
26:20à l'école, que ça se fasse bien, il y aura plus
26:22d'enfants à l'école et c'est une bonne chose
26:24puisque
26:26ce n'est pas pour rien que l'école républicaine
26:28gratuite laïque et obligatoire a été créée.
26:30Pour le développement des enfants,
26:32c'est très important. Alors, qu'est-ce qu'on fera sur le chômage
26:34partiel ? C'est votre question ?
26:36Sur le 1er
26:38juin, sachant qu'aujourd'hui, effectivement,
26:40si vous êtes parent et que vous êtes
26:42au chômage partiel
26:44ou que vous ne voulez pas mettre votre enfant
26:46à l'école, vous ne pouvez pas, parce qu'il n'y a pas
26:48de la place où vous ne voulez pas,
26:50vous avez le droit au chômage partiel.
26:52Si vous n'êtes pas en télétravail. Si vous êtes en télétravail,
26:54vous télétravaillez un peu sportivement
26:56avec vos enfants à la maison, mais sinon,
26:58vous avez le droit au chômage partiel. Qu'est-ce qu'on fera
27:00début juin ? Eh bien, logiquement,
27:02l'école aura plus repris.
27:04Donc, on verra à ce moment-là s'il faut
27:06une attestation, effectivement, de l'école.
27:08Mais encore une fois, c'est une décision qu'on prendra définitivement
27:10en fin
27:12mai, parce que ça dépend quand même
27:14où on en est sur l'épidémie, où on en est
27:16de la reprise scolaire. Donc, là aussi, on y va
27:18un peu trois semaines par trois semaines. Parce qu'il y a la crainte, justement,
27:20des parents, je pense qu'il y en a beaucoup qui nous regardent, qui se disent
27:22j'ai peur, justement, d'être dans une situation
27:24où je dois remettre obligatoirement mon enfant
27:26à l'école, parce que je n'ai pas le choix financièrement.
27:28Je comprends la question.
27:30Mais je dis que dans trois semaines, vous voyez,
27:32il y a trois semaines, on était dans d'autres questions.
27:34Dans trois semaines, on saura soit on a réussi
27:36à contenir encore mieux le risque épidémique
27:38et du coup,
27:40la confiance pour remettre les enfants à l'école
27:42sera beaucoup plus grande.
27:44Mais les enfants...
27:45Ça ne sera pas total.
27:46Oui, sauf que les enfants à l'école, ils ne sont pas en danger du tout.
27:48Et ça, tous les pédiatres le disent,
27:50c'est même mieux pour eux.
27:52Soit on sera dans une situation
27:54où toutes les écoles sont ouvertes,
27:56où toutes les classes, tous les niveaux sont ouverts,
27:58soit on n'y sera pas encore
28:00et ça posera la question différemment.
28:02Donc on évaluera à ce moment-là.
28:03Mais encore une fois, on ne laisse tomber personne.
28:05Parce qu'il y a cette situation, c'est-à-dire que le virus,
28:07on nous le dit, même le gouvernement nous le dit.
28:09On doit apprendre à vivre avec ce virus.
28:11Pour certains, il y a justement cette crainte,
28:13le retour à la vie active, en entreprise,
28:15le retour des enfants à l'école.
28:16On en a parlé vendredi dernier avec Jean-Michel Blanquer,
28:18ministre de l'Éducation nationale.
28:20C'est cette crainte quand même de se dire,
28:21est-ce qu'on peut encore avoir le choix
28:23à ce que notre entreprise ne nous force pas,
28:25entre guillemets, à revenir,
28:28si on a une santé fragile
28:30ou si on sent que les conditions ne sont pas réunies pour revenir.
28:32Il y a le cas des personnes fragiles,
28:34ce qui est encore autre chose,
28:35qui sont aussi au chômage partiel
28:37parce qu'elles ont une maladie chronique
28:39ou importante
28:41qui fait que ça pourrait être dangereux
28:43de trop circuler.
28:45C'est un autre sujet que les enfants.
28:47Parce que les enfants ne sont pas en danger.
28:49Donc ça, comme je le disais,
28:51on verra à la fin du mois.
28:53Je voudrais dire que la confiance,
28:55qui me paraît indispensable,
28:57elle est très liée aux conditions de sécurité.
28:59Et c'est pareil pour les salariés
29:01ou les indépendants
29:03qui reviennent au travail depuis quelques semaines
29:05ou aujourd'hui un peu plus.
29:07Je crois que cette confiance,
29:09elle est essentielle.
29:11Elle est liée au fait qu'on met des protections sanitaires,
29:13des règles sanitaires, qu'elles soient respectées par tous.
29:15Parce que ça, par contre, c'est vraiment important.
29:17C'est vraiment important qu'on aille au travail
29:19en étant protégé.
29:21Et ça, moi je suis intransigeante là-dessus.
29:23On ne baissera pas la garde là-dessus.
29:25Il n'est pas question que la santé
29:27soit une variable d'ajustement.
29:29Et donc ça, ça va être quand même
29:31ce qui décide de tout.
29:33Et justement, est-ce qu'on peut, par exemple,
29:35décider, c'est-à-dire, un droit de retraite
29:37n'est pas forcément le bon terme,
29:39de dire, moi j'arrive sur le lieu de mon travail le matin,
29:41je vois que les distanciations sociales
29:43qui sont imposées aujourd'hui,
29:45qui sont la norme, ne sont pas appliquées
29:47ou applicables.
29:49Est-ce que j'ai le droit de dire, moi je refuse
29:51de travailler ce matin, est-ce que je suis protégé de prendre
29:53ces décisions ? Alors moi, ce que je vous conseille
29:55pour tous les salariés et évidemment les employeurs,
29:57c'est d'abord de regarder
29:59sur le site du ministère du Travail le protocole
30:01de déconfinement qui dit exactement
30:03comment ça doit être organisé
30:05sur le lieu de travail et les guides
30:07par métier. Donc il y a 60 guides
30:09aujourd'hui qui sont publiés. Il y en a
30:11dans la coiffure, il y en a dans le commerce
30:13alimentaire et non alimentaire,
30:15il y en a pour le BTP, il y en a
30:17pour l'industrie, il y en a dans tous les secteurs
30:19et qui permettent de dire exactement
30:21comment on fait les gestes barrières et la distanciation
30:23dans tel ou tel métier,
30:25puisqu'on se doute bien que pour, quand on est
30:27caissière ou égoueur ou
30:29sur un chantier du bâtiment
30:31ou auxiliaire de vie,
30:33c'est pas la même façon qu'on peut faire les gestes barrières.
30:35Les gestes barrières, la distanciation,
30:37c'est nécessaire partout, mais ça s'organise
30:39de façon différente. Donc si
30:41vous, votre entreprise,
30:43elle respecte ce
30:45protocole de déconfinement et ses
30:47guides métiers qui ont été
30:49validés par le
30:51ministère du Travail, qui les élabore avec les professionnels
30:53et les partenaires sociaux et validés
30:55par le ministre de la Santé,
30:57vous pouvez être tranquille que les
30:59conditions sont réunies. Si votre
31:01entreprise ne les respecte pas,
31:03je pense que d'abord l'entreprise, elle se met
31:05en défaut et elle prend un risque qu'elle ne doit pas prendre
31:07et donc le mieux, c'est de
31:09immédiatement prévenir
31:11votre manager, RH,
31:13le syndicat, pour que ça soit
31:15mis en place.
31:17Je serais très surprise,
31:19ça doit arriver assez rarement,
31:21parce que la plupart des entreprises aujourd'hui, elles travaillent sur
31:23ces guides, sur ces protocoles,
31:25ça sécurise les salariés, ça les
31:27protège, ça protège aussi l'entreprise
31:29parce que ça lui dit ce qu'elle doit faire et
31:31on nous l'a beaucoup demandé. Parfois on nous dit que c'est contraignant,
31:33oui, d'accord, mais la santé
31:35par-dessus tout, on ne fera pas de
31:37compromis avec la santé des salariés.
31:39Si ce n'était pas contraignant, ça voudrait dire
31:41qu'on ne protège pas les salariés.
31:42Question concrète dans les commentaires, est-ce qu'on peut être obligé
31:44de télétravailler ou l'inverse, que l'employeur peut nous
31:46imposer une façon ou une autre
31:48d'être présent au travail ou en
31:50télétravail ? Oui, alors le droit prévoit
31:52que l'employeur peut
31:54imposer le télétravail en cas de
31:56pandémie, d'épidémie.
31:58On est dans ce cas-là.
32:00Et inversement... C'est lié à l'état
32:02d'urgence sanitaire, c'est ça ? Oui, c'est ça. Donc jusqu'au
32:0410 juillet, il y a cette... Oui.
32:06Et après,
32:08peut-être si l'épidémie dure,
32:10ça se discutera aussi. Et par
32:12contre, de l'autre côté,
32:14en tant que salarié, un salarié,
32:16depuis les ordonnances travail qu'on a prises en
32:182017, a le droit au télétravail.
32:20C'est-à-dire que si son métier peut être fait en
32:22télétravail, bien sûr, il peut
32:24exiger d'être en télétravail.
32:26Et là, ça sera l'employeur de prouver
32:28qu'il ne peut pas le faire, que pour des raisons de service,
32:30il a besoin de l'être. Moi, ce que je constate, c'est
32:32qu'il y avait des entreprises qui
32:34avaient déjà
32:36un accord ou une charte
32:38où il y avait déjà des règles du jeu pour le
32:40travail. Et simplement, en général, c'était
32:42quelques personnes, quelques salariés,
32:44plutôt pour des raisons personnelles,
32:46et un ou deux jours par semaine.
32:48Et tout d'un coup, c'est devenu
32:50tous les gens qui pouvaient,
32:52énormément de salariés et 5 jours par
32:54semaine. Donc c'est une nouvelle expérience.
32:56Parce qu'on ne communique pas de la même façon,
32:58on ne manage pas de la même façon,
33:00on a aussi plus d'autonomie.
33:02C'est une expérience de travail
33:04qui est très différente. Et puis,
33:06il y a les entreprises qui n'avaient pas
33:08télétravail avant et qui, tout d'un coup, se sont retrouvées
33:10en télétravail. C'est pour ça qu'on a
33:12sorti aussi dimanche
33:14un guide spécial
33:16télétravail qui rappelle
33:18les droits et les devoirs de chacun en matière de
33:20télétravail, parce que beaucoup d'entreprises ne savaient pas,
33:22et ça s'est organisé un petit peu sur l'aile.
33:24Bon, maintenant, comme ça dure,
33:26c'est bien que tout le monde connaisse les règles
33:28du jeu et qu'on aménage ça
33:30pour que le télétravail soit un vrai télétravail.
33:32C'est vrai que c'est très sportif et un peu dégradé
33:34quand, en même temps, on garde
33:36ses enfants, surtout s'ils sont jeunes.
33:38Mais ça, ils vont
33:40progressivement repartir à l'école.
33:42Mais je crois que c'est important d'avoir un télétravail
33:44de qualité. Et moi, ce qui me frappe, c'est que dans les sondages,
33:46on voit que 7 salariés sur 10
33:48qui l'ont expérimenté, finalement,
33:50auraient envie de le continuer après. Je crois que ça va
33:52changer des choses dans le rapport au travail,
33:54le mélange d'autonomie,
33:56d'auto-organisation,
33:58de passer moins de temps dans les
34:00transports. Après, ça n'empêche pas de faire
34:02du télétravail, en partie, et du
34:04présentiel, en partie. Je crois que c'est une voie d'avenir, ça.
34:06Question dans les commentaires.
34:08Bonjour. Un mot sur les intermittents du
34:10spectacle et cette année blanche.
34:12Oui. Le monde du spectacle, évidemment,
34:14fait partie des secteurs extrêmement touchés
34:16par la crise, parce que, par
34:18définition, les cinémas,
34:20les théâtres, les
34:22festivals, tous les lieux de spectacle
34:24sont fermés et sont fermés
34:26pendant un certain temps, puisque c'est, par définition,
34:28des lieux de convivialité où il faut
34:30être proche. C'est comme les
34:32bars et les restaurants. Et donc,
34:34ils n'ont pas d'activité et on sait qu'ils n'en auront
34:36quasiment pas cet été. On est obligé d'annuler
34:38les festivals. A chaque fois qu'il y a trop de
34:40recrutement de gens, ça serait
34:42prendre un risque épidémique terrible.
34:44Mais ça veut dire que, du coup,
34:46une grande partie du monde
34:48du spectacle, des industries créatives
34:50et culturelles, comme on dit,
34:52se trouve très touchée. Et donc,
34:54c'est pour ça que le président de la République
34:56a annoncé un plan auquel
34:58je travaillais avec Franck Riester,
35:00ministre de la Culture et Bruno Le Maire, ministre de l'Économie,
35:02pour prendre des mesures de soutien
35:04au monde culturel, qui
35:06représentent beaucoup d'emplois. C'est un million
35:08d'emplois en France. C'est un
35:10secteur très important
35:12et dont une particularité
35:14pour les intermittents du spectacle,
35:16qui n'existe qu'en France, qui ont un régime d'assurance
35:18chômage particulier.
35:20Et donc, le président
35:22de la République a annoncé que, pour les intermittents du spectacle,
35:24leur droit serait prolongé
35:26jusqu'au 31 août 2021.
35:28C'est-à-dire que ça enjambe
35:30toute l'année, puisque la plupart des droits
35:32se créent
35:34à l'été et à l'automne. Ça laisse
35:36le temps de la reprise de l'année prochaine.
35:38Et donc, ça donne une visibilité,
35:40une sécurité par rapport à l'assurance
35:42chômage. Si on n'en a pas besoin
35:44parce que ça reprend plus vite, tant mieux.
35:46Pour certains, je pense qu'il n'y aura pas besoin
35:48de tout ce délai-là. Et pour ceux qui
35:50auraient des difficultés dans la durée, ça les
35:52protège jusqu'à fin
35:54août 2021. Donc, on a une deuxième
35:56saison pour rattraper celle-là.
35:58Quand on parle justement des conditions de travail, du retour
36:00au travail, il y a eu cette action, notamment, de la
36:02CGT, qui a conduit au blocage
36:04de l'usine Renault de
36:06Sandouville. Il faut savoir que, pour contextualiser pour ceux qui nous regardent,
36:08c'est la CGT qui a saisi le tribunal
36:10judiciaire du Havre pour déplorer
36:12justement les conditions de travail qui ne respecteraient pas
36:14les consignes sanitaires. Et le
36:16tribunal judiciaire du Havre a condamné
36:18jeudi dernier, en référé Renault, à
36:20suspendre la reprise de la production, car
36:22celle-ci ne permet pas d'assurer la sécurité des
36:24travailleurs de l'usine face aux risques liés au
36:26Covid-19. On voit qu'il y a des actions au syndical. À l'encontre
36:28de ça, ça vous inspire quoi comme réaction ?
36:30Eh bien, je pense que c'est une vision...
36:32La vision exacte, ce n'est pas ça.
36:34Et je suis très choquée par ce qui s'est passé à
36:36Sandouville, en Seine-Maritime,
36:38pourquoi c'est... Il y a
36:40bien eu un respect du
36:42protocole sanitaire. Il a même été
36:44négocié, discuté et approuvé
36:46par trois syndicats.
36:48Donc, il y a eu un accord sur
36:50les conditions de reprise sanitaire.
36:52Le quatrième syndicat, la CGT,
36:54qui n'avait pas signé, a
36:56fait appel à la justice qui
36:58a fait une suspension provisoire du site.
37:00Ce matin, il y a 700 intérimaires
37:02qui devaient reprendre un emploi, donc
37:04qu'ils n'ont pas eu. Et il y a
37:06900 salariés qui devaient reprendre
37:08l'activité et donc qui n'ont pas pu
37:10reprendre l'activité. Eh bien, moi,
37:12je trouve que quand il y a... On ne respecte
37:14pas le dialogue social, puisqu'il y a eu dialogue social,
37:16il y a eu accord. On ne peut pas se targuer
37:18de défendre les salariés en menaçant l'emploi.
37:20Et moi, je suis très choquée par
37:22cette attitude, parce que...
37:24Je pense que ce que
37:26attendent les Français et les salariés de leurs
37:28organisations syndicales, c'est de les défendre.
37:30Ce n'est pas de menacer l'emploi, alors qu'il y a eu
37:32un accord social
37:34avec des conditions sanitaires qui étaient
37:36mises en place pour protéger les salariés.
37:38S'il n'y avait pas eu cet accord, c'est très différent.
37:40Mais il y a bien eu accord, donc il y a eu...
37:42Pourquoi c'est une menace sur l'emploi direct, à cause de...
37:44Je trouve que, oui,
37:46c'est une menace sur l'emploi, alors que
37:48dans une entreprise d'automobile,
37:50qui est, on le sait, fragile, en plus.
37:52Donc je pense que beaucoup de salariés
37:54de Renault, ils s'inquiètent déjà pour leur avenir.
37:56Et donc, utiliser un vise de
37:58forme pour ça, je pense que...
38:00Ce n'est pas un bon signe.
38:02Mais moi, je fais confiance
38:04au dialogue social partout. Et quand il y a
38:06un syndicat qui ne fait pas confiance au dialogue social,
38:08je trouve ça bizarre.
38:09Comment concilier les deux ? Justement, on l'a vu aussi, par exemple,
38:11du côté d'Amazon aussi, où il y a eu des
38:13actions entreprise, où c'est un peu
38:15une bataille parfois entre l'entreprise et
38:17les syndicats, de dire, nous, on met ce protocole-là...
38:19Mais Renault, ce n'était pas une bataille
38:21contre les syndicats. Trois syndicats
38:23ont signé l'accord, ils l'ont élaboré ensemble.
38:25En ce qui concerne Amazon, il y a eu
38:27deux temps. Il y avait un premier temps
38:29où il y a eu des alertes.
38:31Et le ministère du Travail, d'ailleurs, avait fait faire
38:33des contrôles sur 17 sites,
38:35sur 25, et
38:37il y en avait 6 sur lesquels les
38:39conditions sanitaires n'étaient pas
38:41complètement respectées.
38:43Ce n'était pas le cas des autres sites, qui ne posaient pas de problème,
38:45ni des sites où ça n'était pas.
38:47Là aussi, il y avait des actions
38:49corrections en cours. Moi, je ne commande pas
38:51des décisions de justice, mais je pense
38:53qu'encore une fois, la clé,
38:55avec les partenaires sociaux avec qui je discute,
38:57tous les deux jours, pendant une heure et demie, on est
38:59tous d'accord là-dessus.
39:01Comment on peut réussir le retour à l'emploi
39:03sans que les salariés soient
39:05inquiets, épeurs,
39:07et légitimement ?
39:09Il y a deux conditions. Un, c'est respecter
39:11les protocoles sanitaires,
39:13c'est-à-dire les conditions sanitaires
39:15pour protéger les salariés.
39:17Et deux, le faire dans le
39:19diadoxe social. Moi, la semaine
39:21dernière, j'étais chez Alcan. Alcan, c'est
39:23une entreprise de l'aéronautique
39:25qui est en
39:27région parisienne. Et donc,
39:29là, ils ont
39:31négocié, avec le Comité
39:33social et économique, toutes les conditions
39:35de reprise de l'activité.
39:37Dès le 7 mars, ils ont gardé une
39:39activité, ils ont négocié des conditions
39:41qui correspondent au protocole de déconfinement
39:43et qui fait que
39:45j'ai rencontré des salariés, des syndicalistes
39:47considérant que le débat avait été
39:49constructif et qu'ils étaient
39:51sécurisés. Parce que
39:53les conditions ont été mises en place et grâce
39:55au dialogue social. C'est ça la clé de la reprise.
39:57La reprise, c'est ça. Et c'est ça
39:59qui fera qu'on aura confiance, qu'on
40:01pourra repartir au travail sans avoir
40:03la peur au ventre. Et qu'en même temps,
40:05l'activité économique reprenant,
40:07elle protégera l'emploi à long terme.
40:09On a encore quelques questions dans les commentaires, si on peut arrêter qu'on puisse les prendre.
40:11On a Chris, par exemple, qui
40:13nous dit, bonjour, qu'allez-vous faire concernant
40:15les intermittents primo-entrants qui se retrouvent
40:17sans revenu ?
40:19S'ils sont primo-entrants, ils ne sont pas encore
40:21intermittents. Mais ce qu'on a fait pour
40:23tous ceux qui sont entrés,
40:25qui depuis deux mois, pardon,
40:27arrivaient à échéance de leurs droits,
40:29dans le cadre du chômage partiel,
40:31on a prolongé leurs droits,
40:33pour qu'ils ne soient pas en... Pardon,
40:35de l'assurance chômage, on a prolongé leurs droits pour qu'ils n'arrivent
40:37pas en fin de droit. Donc, tous ceux
40:39qui arrivaient en fin de droit depuis
40:41le 17 mars, n'ont pas été mis en fin de droit.
40:43On a prolongé les périodes.
40:45Et puis, pour ceux qui, du coup, n'avaient
40:47pas leurs 507 heures, on a considéré
40:49que la période de confinement ne comptait pas
40:51dans le calcul des 507 heures, s'il leur donne
40:53un répit pour obtenir les 507 heures.
40:55Je sais que c'est un peu technique, mais les intermittents
40:57comprennent. Question de Sibylle
40:59dans les commentaires, qui a aussi un peu une réaction, qui dit, est-ce qu'on va
41:01le relocaliser
41:03en France ? Elle dit, ben voilà,
41:05ça ferait baisser le chômage et ça nous aurait peut-être aussi
41:07quelque part évité d'être en pénurie de masques
41:09ou d'autres outils très importants en
41:11santé sanitaire. Alors, la mondialisation
41:13a créé aussi des emplois en France. Elle en a
41:15détruit, elle en a créé, puisque on a
41:17grâce à ça, on a de l'export,
41:19c'est pas loin de 5 millions d'emplois.
41:21Pour la France, c'est des investissements étrangers
41:23et 2 millions d'emplois. Donc, il ne faut pas
41:25se dire qu'en fermant les frontières, on protège l'emploi.
41:27Il ne faut pas fermer les frontières, parce que
41:29ça permet aussi de créer des emplois.
41:31En revanche, il y a des secteurs stratégiques
41:33où on est persuadé qu'effectivement,
41:35il faut qu'on ait la production
41:37en France et en Europe. Notamment
41:39dans les domaines stratégiques comme la santé.
41:41Je pense que l'analyse qu'on fait, c'est
41:43qu'aujourd'hui, on est trop dépendant d'autres pays
41:45et qui ne sont même pas européens
41:47sur ces sujets-là. Donc, il y a des milliards...
41:49Je pense que oui, dans les sorties de crise,
41:51ça fait partie des sujets qu'on va regarder.
41:53Dernière question qui est revenue dans les commentaires.
41:55On a beaucoup parlé des bars, des restaurants, mais il y a le secteur du
41:57tourisme, des voyages, où là, on est peut-être même sur
41:59des perspectives beaucoup plus longues pour un retour
42:01à la normale. Par exemple,
42:03quelqu'un dans les commentaires disait que moi, je suis
42:05gérant d'une agence de tourisme. Qu'est-ce que
42:07je fais ? Est-ce que
42:09j'aurais un accompagnement de chômage
42:11partiel qui pourrait durer
42:13peut-être aussi longtemps que la crise touche
42:15ce secteur-là ? Et on peut peut-être imaginer qu'elle
42:17prolonge même en 2021.
42:19Pour les agences de tourisme,
42:21et de façon générale, les agences du tourisme,
42:23les activités de tourisme,
42:25c'est certain que c'est un secteur qui est extrêmement
42:27touché. Ça va dépendre
42:29pas mal de l'évolution épidémique, parce que si
42:31on peut rouvrir à plus de 100
42:33kilomètres, il y aura un tourisme d'été, beaucoup
42:35plus que si on ne peut pas.
42:37On ne sait pas encore la situation
42:39cet été. Il y aura beaucoup moins de
42:41tourisme international, très peu.
42:43Il y aura plus de tourisme français, potentiellement.
42:45Mais dans les secteurs
42:47où on pourrait continuer le chômage partiel plus longtemps,
42:49il y a clairement le tourisme. Donc ça,
42:51je m'y suis engagée. Il n'y a pas de crainte
42:53de fermeture, c'est ce qu'elle a dit dans les commentaires.
42:55Tant qu'on ne sait pas à quel moment
42:57on peut rouvrir
42:59l'activité et
43:01comment elle va fonctionner,
43:03le filet de protection, le filet de sécurité,
43:05l'amortisseur social, si je dirais, est complet.
43:07Et après, on verra avec la profession. Vous savez
43:09que le ministre de l'Économie et des Finances
43:11toutes les semaines, c'est d'ailleurs
43:13pour ça que je vous quitte, parce que c'est dans 5 minutes,
43:15toutes les semaines, on discute avec
43:17tous les secteurs professionnels. Et moi,
43:19tous les deux jours, avec tous les partenaires sociaux.
43:21Pour justement bien calibrer ça. Et évidemment,
43:23le secteur du tourisme, c'est un des
43:25éléments importants. D'abord, c'est une
43:27activité très importante en France. Il y a beaucoup d'emplois.
43:29Beaucoup d'activités économiques. Et évidemment,
43:31on va l'accompagner dans cette période.
43:33Pour l'instant, c'est du chômage partiel
43:35très largement. Cela permet de répondre à la question
43:37pour conclure donc, et donc de dire à toutes les personnes qui nous
43:39regardent que ce sera par secteur, clairement.
43:41Oui. Qu'il y aura un suivi, parce qu'on sait
43:43que tout le monde n'est pas égal dans cette reprise économique.
43:45Certains secteurs reprennent aujourd'hui, d'autres un peu plus tard.
43:47On vous remercie, Myriam Fénicaud, d'avoir répondu
43:49à mes questions, aussi seuls les internautes. Alors, on n'a pas pu
43:51toutes les prendre, bien évidemment, parce que
43:53vous étiez encore, une fois, plusieurs milliers.
43:55Je ne pourrais même pas dire combien il y a eu de commentaires, mais on est, je pense,
43:57à 4 ou 5 000. Donc, on s'excuse
43:59vis-à-vis des personnes qui n'ont pas répondu. Désolée.
44:01On n'a pas forcément
44:03pu répondre à l'heure d'attente. Mais on a essayé, en tout cas,
44:05de faire au maximum possible, de répondre au maximum de questions
44:07dans ce Facebook Live. Et puis,
44:09vous nous disiez, justement, sur le site internet
44:11du ministère, on peut retrouver peut-être quelques réponses.
44:13Voilà. Il y a le question-réponse
44:15sur le télétravail. Toutes les questions
44:17que vous posez sur le télétravail.
44:19Il y a les 60 guides métiers, le protocole de confinement
44:21pour bien voir si, en tant qu'employeur
44:23ou en tant que salarié, les mesures
44:25sont bien prises dans votre entreprise. Je pense que ça va
44:27donner de la sérénité à tout le monde.
44:29Merci à vous, Myriam et Nico.
44:31Et on se retrouve très, très vite sur Brut pour de nouvelles
44:33images en direct. L'occasion
44:35pour moi de remercier Gislain Marais,
44:37Hugo Georges, Arnaud Chrétien et aussi Charles Villat
44:39qui est à la caméra avec moi aujourd'hui.
44:41Voilà. Remercie tous ceux qui font qu'on puisse être
44:43en direct sur Brut au travers
44:45de cette crise sanitaire, d'être toujours
44:47présents sur le terrain pour vous proposer des interviews
44:49avec des ministres, des personnes en responsabilité
44:51ou aussi des médecins
44:53ou autres, ce qu'on fait depuis le début pour essayer de répondre
44:55le plus possible à vos interrogations,
44:57ce chamboulement de notre vie quotidienne et de tout
44:59ce qui se passe en ce moment. On essaie d'y répondre du mieux possible
45:01avec différentes interviews qu'on vous propose
45:03et qu'on va continuer à vous proposer.
45:05N'hésitez pas à activer les notifications pour les prochains
45:07directs, comme ça, dès qu'il y a un prochain live,
45:09vous avez la notif qui arrive sur votre téléphone et comme ça,
45:11on se retrouvera très, très vite sur Brut pour de nouvelles
45:13images en direct. Très bonne journée
45:15à tous et à très bientôt sur Brut. À bientôt.

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