Bruno Retailleau, ministre de l’Intérieur et candidat à la présidence LR, était l’invité de #LaGrandeInterview de Sonia Mabrouk dans #LaMatinale sur CNEWS, en partenariat avec Europe 1.
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00:00Bonjour Bruno Rotailleau.
00:01Bonjour Sonia Mabrouk.
00:02Et bienvenue à la grande interview sur CNews Europe 1.
00:04Vous êtes le ministre de l'Intérieur.
00:05Il y a beaucoup de sujets à aborder avec vous ce matin.
00:07Monsieur le ministre, des sujets qui ont trait bien sûr à la sécurité des Français,
00:11à votre action également au sein de ce ministère.
00:14Et tout d'abord, cette rixe mortelle devant un lycée à Yerres en Essonne,
00:17un adolescent de 17 ans a été poignardé, semble-t-il,
00:20au cours d'un règlement de compte entre bandes rivales.
00:23Les habitants et les parents d'élèves, et on peut les comprendre,
00:25craignent des représailles.
00:27Vous appelez, d'abord vous dénoncez un ensauvagement,
00:30et vous appelez une réforme de la justice des mineurs.
00:32Est-ce que vous considérez, Bruno Rotailleau,
00:34lorsqu'un mineur tue comme un adulte, il doit être jugé comme un adulte ?
00:39Je l'ai toujours considéré.
00:40Je pense qu'aujourd'hui on a un problème majeur.
00:43Je suis bien placé comme ministre de l'Intérieur pour le savoir.
00:45Une grande partie de la délinquance, y compris la délinquance la plus violente,
00:49est le fait de mineurs.
00:51Et ces mineurs, malheureusement, ont un sentiment d'impunité.
00:54Pourquoi ont-ils un sentiment d'impunité ?
00:56Parce que notre politique pénale, la loi qui régit, qui encadre la justice des mineurs,
01:02n'est plus du tout, du tout adaptée.
01:04Parce qu'on enferme, en réalité, les mineurs dans un long parcours de délinquance.
01:09La plupart de ceux qu'ils tuent, on se rend compte qu'ils ont des centécédents judiciaires.
01:14Cinq, dix, quinze, vingt, trente, qui n'ont jamais été condamnés à la prison.
01:18Donc moi je pense qu'il faut réformer profondément la justice des mineurs.
01:23Un, avec des courtes peines de prison, de quelques semaines,
01:26dans des établissements différenciés qui sont prévus à cet effet,
01:30comme le font, par exemple, les Pays-Bas.
01:33C'est une semaine, deux semaines, trois semaines, voilà.
01:36Deux, il n'y a pas d'excuse pour ceux qui tuent, ceux qui blessent grièvement,
01:40y compris pour la minorité.
01:42Il faut transformer les choses.
01:43C'est-à-dire qu'aujourd'hui, l'excuse de minorité est la règle.
01:47Demain, elle doit devenir l'exception.
01:49La comparution immédiate.
01:51Une vraie réforme.
01:52Mais tout ça a été détricoté.
01:53Quelle politique on paye aujourd'hui, finalement ?
01:55Oh, c'est une politique soixante-huitard,
01:57une politique très gauchisante qui a considéré que la sanction, la prison,
02:01c'était une mauvaise chose, qu'il fallait rééduquer,
02:03qu'il fallait avoir de la pédagogie.
02:06Ces gens ont simplement oublié ce que l'on sait pour nos propres enfants.
02:10C'est que la sanction fait partie de l'éducation et de la prévention.
02:15Pourquoi est-ce que, interrogez-vous sur le narcotrafic,
02:18pourquoi les narcotrafiquants utilisent-ils de plus en plus des jeunes mineurs ?
02:22Très jeunes, 14 ou 15 ans.
02:24Parce qu'ils connaissent très bien notre politique pénale.
02:27Exactement.
02:28Gabriel Tal avait déposé un texte qui est au Sénat,
02:32qui, je trouve, a été trop affaibli.
02:34J'espère qu'en séance, nos amis sénateurs vont le durcir.
02:38C'est fondamental.
02:39Un mot quand même sur la famille.
02:41Parce que c'est jeunes, de plus en plus jeunes,
02:44qui tuent et donc qui sont tués aussi.
02:46Il y a un problème familial.
02:48Alors il faut agir sur les allocations familiales,
02:50puisque les milieux eux-mêmes, ces milieux familiaux, sont violents.
02:53Je le pense, mais il faut simplement appliquer la loi qui existe déjà.
02:57Vous avez dans le Code pénal un article L227-17,
03:03qui peut condamner un père, une mère,
03:05dès lors qu'il y a une défaillance manifeste dans l'éducation.
03:09Les familles reçoivent à coup d'argent public des allocations familiales, etc.
03:13Elles doivent rendre compte.
03:15Certaines peuvent être dépassées.
03:17Mais quand il y a une insuffisance manifeste dans le cadrement du jeune,
03:21alors la famille doit être appelée en responsabilité.
03:24Et je pense que tant qu'on n'agira pas sur ces deux leviers,
03:28en amont la parentalité, la responsabilité familiale,
03:32et en aval une réforme totale de la justice immineure,
03:36je pense qu'on n'aboutira à aucun résultat.
03:39Alors que la liste des victimes mineures s'allonge.
03:41Mais bien sûr, notamment sur le narcotrafic,
03:45il y a un épouvantable rajeunissement de ceux qui tuent et de ceux qui sont tués.
03:49Le narcotrafic, ce sont des enfants soldats et des enfants victimes.
03:53C'est ça, aujourd'hui, la réalité.
03:55On va parler évidemment du narcotrafic.
03:57Bruno Rotailleau, on poursuit notre entretien.
03:59En parlant de la justice des mineurs, puisque l'agresseur du rabbin,
04:02Arie Engelberg, va passer devant la justice des enfants.
04:05Le communiqué de la procureure hier indique que cet individu est impliqué
04:08dans trois procédures judiciaires pour des faits de trafic de stupéfiants
04:12et de violences sur personnes dépossédées de l'autorité publique.
04:16À quel profil a-t-on affaire ici ?
04:19Mais c'est toujours la même chose.
04:21Alors là, vous ajoutez la dimension de l'antisémitisme.
04:24Mais vous voyez bien que ces jeunes sont enfermés dans des parcours de violences.
04:28Pourquoi est-ce que je dis ça ?
04:30Parce que comme ils ont un sentiment d'impunité,
04:32comme la sanction ne tombe pas dès le premier délit un peu grave,
04:36et bien ils continuent, ils continuent, ils continuent.
04:38Il n'y a pas de butée, on ne repose rien du tout.
04:41Et tout cela va jusqu'à des extrémités.
04:44Donc moi, je pense que vous avez en plus ici l'antisémitisme.
04:48Nous baignons aujourd'hui dans un antisémitisme d'atmosphère.
04:52Je citais il y a quelques minutes le cas d'un jeune collégien
04:56dans un collège qui est en Lessonne,
05:00qui a été retiré de sa classe, notamment en classe,
05:03parce qu'il profferait des insultes antisémites.
05:05Il est convoqué devant le chef d'établissement.
05:07Il va avoir quoi ? Un conseil de discipline ?
05:09Mais voilà, voilà.
05:10Mais ce que je veux dire, c'est que tout cela doit nous inciter
05:13à la plus grande rigueur, à la plus grande rigueur.
05:15Mais qu'est-ce que vous dites, monsieur le ministre de l'Intérieur ?
05:17Je dis simplement en posant un constat.
05:20Je veux rappeler à votre micro, je veux rappeler un chiffre,
05:23deux chiffres pour les rapprocher, qui sont terrifiants.
05:26Nos compatriotes français de confession juive
05:29représentent moins de 1% de la population.
05:32Et pour autant, ils sont victimes de près de 60%
05:35des actes racistes et anti-religieux.
05:381% d'un côté, près de 60% de l'autre.
05:42Donc vous avez un antisémitisme d'atmosphère
05:45qui aujourd'hui a un double visage.
05:48Hier, c'était l'extrême droite,
05:50qui est aujourd'hui cet antisémitisme d'extrême droite plutôt résiduel.
05:54Ce double visage, c'est l'islamisme.
05:56L'islamisme qui aujourd'hui, je le dis solennellement à votre micro,
06:01se comporte comme le fasciste d'hier.
06:04Le fascisme dans la mesure où c'est un catalyseur de haine antisémite.
06:08Et puis il y a un autre visage, l'extrême gauche.
06:11L'extrême gauche qui, sous le masque en réalité de l'antisionisme,
06:16attise les braises de l'antisémitisme,
06:19instrumentalise la cause palestinienne
06:22simplement pour draguer un vote communautariste.
06:26On entend votre condamnation, votre indignation.
06:29Les réactions politiques pleuvent.
06:31Mais au-delà, est-ce qu'il y a une forme d'impuissance aujourd'hui,
06:34Bruno Rotailleau, de l'État à agir, à tenter d'éradiquer
06:38ou en tous les cas de diminuer ce poison qui se distille ?
06:41Je pense qu'il faut que l'État soit ferme.
06:43Il ne l'est pas assez alors ?
06:45Si, je pense que c'est la question du voile qui est dans notre actualité.
06:50C'était l'actualité de la semaine dernière.
06:52C'est encore l'actualité de cette semaine après les propos de Teddy Rumer.
06:57Je pense que de ce point de vue-là, il faut être très ferme
07:00parce qu'on voit bien que ce sentiment, en tout cas cette haine antisémite,
07:04est propagée par l'islamisme.
07:06Et l'islamisme tient beaucoup au voile.
07:09Dans votre équation, il y a l'extrême gauche, la France insoumise,
07:13l'islamisme qui conduit à l'antisémitisme.
07:15Et où intervient l'État dans tout cela ?
07:18Est-ce que ce sont des discours dans la classe politique aujourd'hui ?
07:21Justement, l'État doit être ferme.
07:23Et nous devons être ferme sur ce qui constitue notre identité républicaine profonde.
07:28C'est-à-dire que la République, c'est en quelque sorte l'indifférence aux différences.
07:32C'est la République ou la France ?
07:33Eh bien, il y a la France.
07:35La République, bien sûr que c'est la France.
07:38La République est un régime.
07:40Simplement, ce que je veux dire, c'est que ce régime qui nous permet d'avoir un cadre commun,
07:44on doit être ferme, on ne doit pas reculer.
07:46Et ne pas reculer, c'est de faire en sorte que dans les compétitions sportives,
07:49on interdise le voile.
07:52Expliquez-nous pourquoi on arrive aujourd'hui...
07:54D'ailleurs, les chiffres des actes antisémites,
07:56est-ce que peut-être malheureusement qu'ils continuent d'augmenter ?
07:59Est-ce que vous avez des derniers chiffres depuis l'année 2025 ?
08:03Depuis le 7 octobre 2023, ils ont été multipliés par plus que trois.
08:10Mais là encore, on voit bien que ces mouvements-là d'extrême-gauche
08:14tentent d'importer sur notre sol national le conflit israélo-palestinien.
08:20Pourquoi est-ce qu'ils y arrivent ?
08:21Parce qu'il y a eu pendant des années, là encore, nous sommes obligés
08:23d'avoir un devoir d'introspection, des politiques d'accommodement,
08:27d'accommodement raisonnable ou plutôt déraisonnable,
08:29y compris d'une partie de la droite qui n'a pas mené la bataille culturelle.
08:33Est-ce que vous estimez qu'il y a eu, j'allais dire, une forme de soumission ?
08:37Écoutez, ce combat, pour moi, il est culturel.
08:40Le combat politique.
08:41J'ai lu Gramsci et j'ai toujours pensé que si on veut gagner dans les urnes,
08:45il faut aussi gagner dans les esprits.
08:48Et les islamismes, et notamment les frères du musulman, avancent à bas bruit.
08:52C'est un islamisme à bas bruit, avec un discours très lisse,
08:55avec une rhétorique habile, où ils reprennent nos concepts.
08:59Ils retournent, par exemple, l'argument de la liberté contre la démocratie libérale.
09:05Non, le voile...
09:06Et vous vous souvenez, l'Europe qui avait subventionné une campagne
09:09avec ce sous-titre « La liberté est dans le hijab ».
09:13Eh bien non, jamais.
09:14Pour moi, le voile n'est pas le marqueur de la liberté,
09:17c'est le marqueur de la soumission de la femme par rapport à l'homme.
09:21C'est le marqueur d'un apartheid aussi, au sein de notre société.
09:25Ils veulent, en réalité, les frères musulmans.
09:27J'ai, malheureusement, aujourd'hui les classifiés confidentiels.
09:31Un rapport absolument alarmant sur les visées des frères musulmans.
09:35Vous en avez déjà parlé.
09:36Je vais le déclassifier.
09:37Mais qu'est-ce qu'il va nous apprendre ?
09:38Est-ce qu'il va ouvrir davantage les yeux à ceux qui les ont déjà grand ouverts
09:42et à ceux qui les ferment ?
09:43Est-ce qu'au sein de votre gouvernement, monsieur le ministre,
09:46vous avez certaines personnalités,
09:47et là je parle du plus haut sommet de l'État,
09:49qui ne se rendent pas compte du symbole de l'antrisme islamiste
09:53que peut constituer le voile ?
09:54En tout cas, ce que je constate, c'est que désormais,
09:57le gouvernement a une ligne sur le voile dans les compétitions sportives fédérales,
10:02c'est « non ».
10:03Désormais ?
10:04Parce que le sport, c'est plus que le sport.
10:06Le sport, c'est une grammaire universelle.
10:08C'est ce qui nous permet de communier dans un même élan
10:10quelles que soient nos croyances, quelles que soient nos origines.
10:13Et je m'étonne, quelques mois simplement,
10:15après cette extraordinaire réussite qu'ont été les Jeux olympiques en France,
10:19qu'on oublie la charte de l'olympisme.
10:21La charte de l'olympisme, c'est l'article 50,
10:23qui proscrit tout signe ostentatoire, religieux ou politique.
10:27Revenons justement à nos idéaux.
10:29Et voyez, c'est par nos idéaux que l'on comblera finalement ce vide.
10:35Beaucoup, je pense, dans les sociétés occidentales,
10:38il y a eu un vide qui a été creusé par un matérialisme,
10:41un consumérisme.
10:42Est-ce que ça suffit, les idéaux, pour rassembler derrière un pays
10:45des Français aujourd'hui, de deuxième ou troisième génération,
10:49qui se sentent davantage palestiniens, marocains, autres que français ?
10:52Est-ce que ça suffit, les idéaux ?
10:54Pour moi, oui.
10:55Si on leur disait justement que la France est un idéal,
10:58si on ne leur apprenait pas que la France, pour être estimable,
11:02devait nécessairement être coupable,
11:04si on sortait de la vision lacrymale et pénitentielle de notre histoire,
11:09peut-être que ces jeunes, on leur relèverait justement,
11:12on révélerait un idéal, un idéal français,
11:14qui leur permettrait de s'agréger à notre destin commun.
11:17On a fait tout l'inverse, en voulant désigner la France
11:20comme seule coupable.
11:21Pendant 40 ans, on a fait tout l'inverse,
11:23et aujourd'hui, on doit rattraper ces 40 années de soumission
11:26et de reniement.
11:27Et notamment à l'école, et notamment dans le discours public.
11:31C'est ce que je porte, moi.
11:32C'est cette fierté française.
11:34C'est cette fierté française, voilà.
11:36Pourquoi est-ce qu'on voit des drapeaux de toutes sortes
11:38et qu'il n'y a jamais de drapeau français
11:40dans un certain nombre de manifestations ?
11:41Ça a été le cas, la manifestation contre le racisme,
11:44il y a eu des drapeaux palestiniens,
11:47il y a eu des slogans anti-police, des slogans anti-France,
11:49pas de drapeau français.
11:50Quelle France était représentée ce jour-là ?
11:53Et c'est cette France que je dénonce.
11:54Regardez la fameuse affiche, Cyril Hanouna,
11:57qui a été certes retirée, mais se sont-ils excusés ?
12:00Non. L'ont-ils condamné ce parti ? L'a-t-il condamné ?
12:02Non. Mais imaginez, sur les réseaux sociaux,
12:05tous ces jeunes qui guettent et qui sont très friands
12:08des réseaux sociaux, qui voient passer cette affiche.
12:11Vous ne croyez pas que cette affiche a aussi une responsabilité
12:15dans cet anti-sémitisme d'atmosphère ?
12:19Je vous pose la question, est-ce que la France insoumise
12:21et Jean-Luc Mélenchon est antisémite ?
12:23Je vous ai répondu que derrière cet anti-sionisme,
12:26la France insoumise attise les braises et les relents
12:30de l'antisémitisme, de façon très claire.
12:32Il continue à le faire de manière en toute impunité
12:34dans le débat public.
12:35Oui, pour des raisons électoralistes,
12:38parce qu'il drague le vote communautarisme.
12:41Voilà, communautariste. Et il faut le reconnaître,
12:43d'autres que moi l'ont dit, je le redis solennellement,
12:46je pense que la France insoumise est un danger
12:48aujourd'hui pour la République.
12:49Pour vous, c'est le plus grand danger ?
12:51Pour moi, c'est le plus grand danger.
12:52Bien sûr, c'est le danger du chaos.
12:54Vous vous rendez compte que le groupe parlementaire
12:57a déposé à l'Assemblée nationale une proposition de loi
13:00pour, tenez-vous bien, abolir le délit
13:03d'apologie de terrorisme.
13:05Vous voyez que Rima Hassan, par exemple,
13:08a refusé à voter contre la résolution
13:11au Parlement européen, qui était une résolution
13:15pour humanitaire, pour libérer Boalem-Sensal.
13:17Vous vous rendez compte, en indiquant d'ailleurs
13:20qu'Alger, c'était la Mecque des libertés.
13:22Il y a une grande fracture, il y a plusieurs fractures
13:25dans notre société aujourd'hui, Bruno Rotaillot,
13:27et ces fractures, ces polémiques, elles s'invitent
13:29au sport entre grands champions.
13:30Vous avez évoqué tout à l'heure Teddy Riner.
13:32C'est une polémique et deux visions, finalement,
13:36du sport et de la femme aussi, qui s'opposent
13:38entre Teddy Riner, évidemment grand champion,
13:41Judeka, qui affirme que le voile,
13:43ce n'est pas une priorité et que c'est une question
13:45de liberté, et dit-il, ça se passe très bien
13:47dans les autres pays.
13:48Et puis, vous avez un autre champion,
13:50ex-champion du monde de boxe, Mayar Monshipour,
13:53qui est français, qui est d'origine iranienne,
13:55qui dit « Réveillez-vous, Teddy Riner,
13:58ne soyez pas les idiots utiles des frères musulmans.
14:02Réveillez-vous, Teddy Riner. »
14:04Est-ce que vous lui dites la même chose,
14:05et aussi à ses sportifs et artistes qui parlent
14:07de liberté quand on parle du voile ?
14:10Le voile n'est pas la liberté, et Mayar Monshipour
14:12l'a très bien dit, il a parlé du voile
14:14comme d'un seul qu'une idéologie religieuse,
14:17donc l'islamisme souhaite mettre sur les femmes.
14:20Et il est, je pense, bien placé.
14:22Lui qui vient de l'Iran, il est maintenant français,
14:25mais il sait que dans son pays d'origine,
14:27dans son pays natal, des femmes meurent
14:29pour pouvoir se dévoiler.
14:31Alors, qu'on vienne dire aujourd'hui
14:32que le voile, c'est le symbole de la liberté,
14:34non, c'est le symbole…
14:35Il ne peut pas l'être dans certains cas.
14:36Non, jamais.
14:37Vous ne le reconnaissez jamais.
14:38Derrière chaque voile, vous voyez pour vous,
14:40Bruno Rotailleau, l'idéologie islamiste ?
14:42Je vais vous dire très précisément.
14:44Évidemment que toutes les femmes qui portent le voile
14:46ne sont pas des islamistes.
14:48Mais vous ne trouverez pas un seul islamiste
14:50qui ne souhaite pas que les femmes portent le voile.
14:52Tous les islamistes souhaitent que les femmes portent le voile.
14:55Donc non, le voile n'est pas le symbole de la liberté.
14:57C'est le symbole, le signe de la soumission.
14:59Il n'est pas non plus le marqueur de l'égalité.
15:02Au contraire, il conteste radicalement
15:04l'égalité entre les hommes et les femmes.
15:06Il est, là encore, le signe de l'infériorisation
15:08du statut de la femme.
15:10Et je voudrais simplement,
15:11parce que Dirathier Dirineur, moi aussi,
15:13il m'a fait vibrer.
15:14On aime le sportif, franchement, on aime le sportif.
15:16Là, je suis en désaccord radical avec lui.
15:19Et du reste, je veux simplement rappeler
15:21que dans le règlement de la Fédération internationale de judo,
15:24il y a un article qui est très, très clair
15:26et qui dit que les signes, les objets,
15:29ostentatoires, religieux, etc.,
15:32sont proscrits avant, pendant, après le combat
15:35et pendant la cérémonie protocolaire.
15:37Vous dites désormais qu'il y a une seule ligne au gouvernement.
15:40D'ailleurs, parce que le texte est sorti du Sénat,
15:42que va-t-il se passer ?
15:43Est-ce qu'il va y avoir, en monnaie sonnante et trébuchante,
15:45un soutien du texte à l'Assemblée ?
15:47Oui, mais il a été soutenu,
15:48vous savez qu'il a été soutenu par,
15:50le ministre est avec moi à l'intérieur,
15:53c'est-à-dire François-Noël Buffet.
15:54Et donc, ça a été bleué par une note de Matignon.
15:57Il y avait eu une réunion interministérielle.
15:59La ligne du gouvernement, c'est l'interdiction du voile
16:02dans les manifestations sportives
16:03pour préserver comme un sanctuaire le sport.
16:06Parce que franchement, le sport,
16:08on l'a vu aux Jeux olympiques,
16:09il doit nous permettre de dépasser toutes ces différences.
16:11J'entends, Bruno Rottem, mais que reste-t-il ?
16:13Est-ce qu'il reste encore des sanctuaires ?
16:14Aujourd'hui, je pense à l'école,
16:15mais l'école hors les murs, comme vous l'appelez.
16:17D'ailleurs, vous êtes, je crois, l'un des seuls
16:19dans ce gouvernement à être pour l'interdiction du voile
16:21pour les accompagnatrices scolaires.
16:23Il y a quelques jours, j'ai interrogé
16:24la ministre de l'Éducation nationale,
16:25elle a dit, niet, absolument pas.
16:27Ça a toujours été pour moi une position personnelle.
16:30C'est un texte que j'avais fait voter, d'ailleurs,
16:32il y a quelques années au Sénat.
16:34Il y a une grande loi.
16:35Quand vous dites, la République recule
16:37ou alors qu'on est en train d'être défait,
16:39non, il y a une grande réussite de la République.
16:41C'est la loi de 2004 qui proscrit le voile à l'école.
16:45Combien de coups de canif à cette loi ?
16:46Non, non, non.
16:47Je vous assure qu'il y a des statistiques
16:49et très franchement, là, on a réussi
16:51à prohiber le voile dans l'école.
16:53Je considère que cette prohibition,
16:55l'interdiction du voile dans l'école,
16:57elle doit aussi valoir dans l'école hors les murs.
17:00Je considère que les sorties scolaires,
17:01c'est le prolongement pédagogique de l'école
17:03et que par conséquent, c'est à titre personnel
17:06que je le dis, mais que les règles
17:08qui s'appliquent dans l'école, dans les murs,
17:10devraient s'appliquer à l'école hors les murs,
17:13que sont les sorties scolaires, je pense.
17:15Et encore une fois, je l'ai cité,
17:17pour moi, il m'a beaucoup impressionné,
17:19ce rapport qu'on m'a donné sur l'islamisme.
17:22Croyez-moi, l'islamisme, notamment les frères musulmans,
17:25sont en train de s'infiltrer partout où ils le peuvent,
17:27dans les associations culturelles, sociales, sportives.
17:30Donc le sport, l'école, la politique ?
17:32La politique, vous verrez, vous verrez.
17:35Quand sera-t-il déclassifié ?
17:37J'inciterai les préfets à être très vigilants,
17:39notamment sur les listes municipales.
17:41Le travail a commencé et j'espère
17:43que dans quelques semaines, il sera déclassifié,
17:45parce qu'on a un certain nombre de noms,
17:48on a des informations qui sont classées vraiment secrètes,
17:51très confidentielles.
17:53Mais je veux que ce rapport vienne dans le débat public.
17:56Je veux que les Français, par ce rapport,
17:58se rendent compte du point où on en est,
18:00parce que certes, il y a le djihadisme,
18:02un djihadisme violent, le terrorisme.
18:04Il y a eu le séparatisme,
18:06qui prétend faire des petites contre-sociétés,
18:08au grand jour.
18:10Mais là, les fréristes, les frères musulmans
18:12veulent demain imposer la charia
18:14à toute notre société, dans le long terme.
18:16Ce que dénonce notamment Florence Bergeau-Blacklare.
18:18Exactement.
18:19Monsieur le ministre, il y a ce que vous dites,
18:21le rapport choc, semble-t-il d'ailleurs,
18:23très important.
18:25Il y a aussi ce que vous dénoncez,
18:26l'interdiction du voile,
18:27notamment dans les compétitions sportives.
18:29Et puis, il y a ce qui se passe pendant ce temps.
18:31Par exemple, la marque Merachi,
18:33c'est une marque spécialement dédiée aux femmes musulmanes,
18:35qui fait parler d'elle en coup,
18:37d'abord en ouvrant une boutique dans la capitale
18:39et en dévoilant une vidéo, je ne sais pas si vous l'avez vue,
18:41de la Tour Eiffel, voilée,
18:43avec cette légende.
18:45On la voit, et je la décris à nos auditeurs d'Europe 1,
18:47avec un voile qui couvre la Tour Eiffel.
18:50Cette légende, le gouvernement français déteste voir
18:52Merachi arriver avec ce voile.
18:55Qu'est-ce qu'il représente pour vous,
18:57à poser ainsi sur la Tour Eiffel ?
18:59Il représente l'inverse des valeurs françaises,
19:01des valeurs républicaines.
19:02Et j'appelle tous les Français,
19:04y compris d'ailleurs nos compatriotes,
19:06et je connais beaucoup,
19:07qui ont une foi musulmane parfaitement sincère
19:10et qui pratiquent cette foi,
19:12de façon très compatible avec les principes français républicains.
19:15Eh bien, on ne doit pas accepter ce genre de choses.
19:18La France ne se soumettra pas.
19:20La France que j'aime, c'est la France libre.
19:22Moi, je suis gaulliste.
19:24Et ce voile qui couvre un des symboles
19:27de la capitale française,
19:29je le repousse.
19:31Et je mettrai toutes mes forces,
19:33toutes mes convictions,
19:34à combattre, encore une fois,
19:36ce qui est une idéologie religieuse,
19:38mais ce qui est d'abord une idéologie
19:40et qui défigure, d'ailleurs,
19:42la foi des compatriotes musulmans
19:44qui, eux, sont sincères.
19:46Vous en parlez, parce que souvent,
19:48certains, en tous les cas, vos opposants,
19:50notamment à gauche ou à l'extrême-gauche,
19:51disent, mais Bruno Retailleur a une obsession,
19:53finalement, de la religion musulmane.
19:54C'est ce que dit Teddy Riner.
19:56Il dit, on ne parle plus que de cela.
19:58Qu'est-ce que vous répondez à cette attaque récurrente ?
20:00Mais parce qu'il y a deux choses.
20:02Moi, je combats l'islamisme
20:04comme une idéologie.
20:06L'islamo-fascisme, d'ailleurs, on devrait même dire.
20:08Mais je ne me trompe pas.
20:10Nos compatriotes musulmans,
20:12comme juifs, comme chrétiens,
20:14comme agnostiques, comme athées,
20:16ont toute leur place.
20:17C'est ce que nous avons.
20:18C'est notre trésor précieux en France.
20:20Vous êtes même le ministre des cultes, d'ailleurs.
20:21Mais je suis ministre des cultes, bien sûr,
20:23et je fais très attention à ne pas tout mélanger.
20:25Voilà, ce qui est de l'ordre de l'intime,
20:27qui me concerne,
20:28mais aussi ce qui est l'ordre de l'aspect public.
20:30La République, c'est mettre à distance
20:32ces particularismes.
20:34La France, je vais vous dire,
20:35la France, dans l'histoire de l'humanité,
20:37a réussi un mariage qui est improbable,
20:39qui est merveilleux.
20:40C'est de conjuguer ce qu'il y a de plus singulier,
20:42particulier dans chaque homme, dans chaque femme,
20:44avec ce qu'il y a de plus universel
20:46dans toutes les femmes et dans tous les hommes.
20:48C'est ça, la France.
20:49C'est le message qu'on porte au monde.
20:51Donc, on devrait en être fier.
20:52Et il faut lutter pied à pied
20:54contre les menées de ces idéologies
20:56qui nous menacent aujourd'hui,
20:57sous une forme terroriste
20:59ou sous une autre forme
21:00qui est une forme aussi extrêmement grave,
21:03c'est l'islamisme radical politique.
21:05Lutter aussi, Bruno Rotailleau,
21:08contre tous les racismes, tous,
21:10y compris le racisme anti-blanc.
21:12La porte-parole du gouvernement,
21:13Sophie Eprima, a déclenché une polémique,
21:15en tous les cas de vive réaction
21:17après avoir reconnu l'existence d'un racisme anti-blanc
21:19et évoqué une anecdote personnelle, familiale,
21:22puisque sa fille a été victime de ce racisme.
21:26Est-ce que vous dites aujourd'hui,
21:27évidemment, il existe ?
21:29Mais bien sûr !
21:30Vous le dites comme ça,
21:31mais la plupart des sociologues le nient.
21:33Mais c'est une évidence.
21:35Mais seuls les wokistes, les décolonialistes,
21:38les indigénistes,
21:39qui d'ailleurs veulent tout passer
21:41sous le prisme de la race,
21:42c'est incroyable !
21:43Il y a aujourd'hui en France,
21:45parfois, un nouvel antiracisme
21:47qui veut centrer les analyses sociologiques et sociales
21:50en les passant justement au tamis de la race.
21:52C'est incroyable !
21:53Non, bien sûr que personne n'est exempt des faux.
21:56Personne, personne,
21:57quel que soit sa couleur de peau.
21:58Et le racisme, il peut être un racisme anti-blanc,
22:00il peut être un racisme anti-noir, anti-jaune.
22:02Parce que le mal est partout.
22:05Et que malheureusement,
22:06je vois bien que dans l'islamisme,
22:09il y a quelque chose de prépondérant
22:11qui nous attaque aussi en France.
22:13On a eu des attaques terroristes
22:14et on doit s'en défendre.
22:15Mais très franchement,
22:16bien sûr que le racisme anti-blanc
22:18existe aujourd'hui en France.
22:21Ministre de l'Intérieur,
22:22vous êtes aussi, Bruno Taillaud,
22:23le ministre des Cultes.
22:24Pourquoi n'avez-vous pas répondu
22:25à l'invitation de la Grande Mosquée de Paris ?
22:27D'ailleurs, c'est une tradition
22:28pour partager l'iftar.
22:30Est-ce qu'il faut y voir un lien
22:32avec ce qui est en cours
22:33et votre position par rapport
22:34au régime algérien ?
22:36C'est une position personnelle
22:38que je m'applique.
22:39Moi, je considère que l'iftar,
22:40c'est la rupture du jeûne.
22:42Le jeûne, c'est une prescription religieuse.
22:44Donc sa rupture a aussi
22:46une dimension religieuse.
22:48Par conséquent,
22:49j'assiste moi à des cérémonies,
22:51mais lorsqu'il y a un côté,
22:53une dimension très officielle.
22:54Il me semble que les précédents
22:55ministres de l'Intérieur
22:56ont participé à cette tradition.
22:58Oui, mais c'est ce que j'essaie d'appliquer.
23:00C'est ce que j'essaie d'appliquer.
23:01Vous voyez, je ne vais pas officiellement
23:03à la messe des cendres
23:05du début du carême.
23:06Donc, il ne faut pas y voir
23:07plutôt quelque chose
23:08qui est orienté vers le recteur
23:09de la Grande Mosquée de Paris,
23:10qui a des liens assez conséquents
23:12avec le régime algérien.
23:13Il a des liens avec l'Algérie,
23:14je le sais bien.
23:15Ça a dû jouer aussi dans votre décision.
23:16Mais il y a un tout,
23:17et c'est notamment
23:19cette dimension religieuse.
23:21J'y fais très, très attention.
23:22Alors, c'est quelque chose de personnel.
23:24Mais à partir du moment
23:26où, encore une fois,
23:27Iftar, c'est la rupture du jeûne,
23:29que le jeûne est une prescription religieuse,
23:31j'ai pensé que je ne devais pas y aller
23:33en tant que ministre de l'Intérieur.
23:34Le président algérien,
23:36Théboune, a déclaré
23:37que son seul point de repère en France,
23:39Bruno Rotailleau,
23:40c'est Emmanuel Macron,
23:41sous-entendant clairement
23:42que c'est sans vous.
23:43Sachant que vous êtes,
23:44je le précise,
23:45sur ces news européens,
23:46la bête noire du régime
23:47et de la presse algérienne,
23:48qui fait quotidiennement
23:50la une sur vous
23:51en vous brocardant,
23:52caricaturant,
23:53critiquant.
23:54Vous êtes quasiment lynché.
23:55Après le président de la République,
23:56je dois être la personne
23:57la plus célèbre d'Alger.
24:00En Algérie.
24:01Oui.
24:02Mais alors,
24:03est-ce que le président algérien
24:04a réussi à fracturer
24:05l'exécutif français ?
24:06Non, il y a une ligne.
24:07Oh.
24:08Laquelle ?
24:09La vôtre ou celle du président ?
24:10Non, c'est la riposte graduée.
24:12C'est celle que nous avons imposée
24:14avec le Premier ministre
24:16lors d'un conseil interministériel.
24:18Et je considère que,
24:19tant que cette ligne n'a pas été désavouée,
24:21c'est la ligne de l'exécutif français.
24:23Dois-je vous rappeler
24:24ce qu'a déclaré
24:25le président de la République française ?
24:26Qu'il a confiance
24:27dans le président algérien ?
24:28Est-ce que vous reprendriez
24:29cette déclaration
24:30à votre compte aujourd'hui ?
24:31Ce sont ses mots,
24:32ce ne sont pas mes mots.
24:33Est-ce que ce sont les vôtres ?
24:34Moi, je suis ministre de l'Intérieur.
24:35Vous n'allez pas me dire
24:36lui c'est lui, moi c'est moi.
24:37Vous m'avez dit
24:38qu'il y a qu'une seule ligne.
24:39Il ne vous a pas échappé.
24:40Moi, je suis rentré au gouvernement.
24:41Pourquoi ?
24:42Parce qu'on a considéré,
24:43la droite française a considéré
24:45que si on claquait
24:46la porte au nez
24:47du président de la République,
24:48celui-ci n'aurait d'autre choix
24:49que de faire accéder
24:50la gauche radicale au pouvoir,
24:52c'est-à-dire les insoumis.
24:53Quand on est à droite,
24:54il faut faire barrage à la gauche
24:56et à cette gauche-là,
24:57la plus sectaire d'Europe.
24:58Donc, il ne vous a pas échappé
25:00que ce n'est pas parce que
25:01je suis entré au gouvernement
25:02que je suis devenu
25:03subitement macroniste.
25:04Simplement, moi, je suis
25:06ministre de l'Intérieur.
25:07J'ai une obsession.
25:08C'est la protection des Français.
25:10Je ne veux pas qu'un second Mulhouse
25:12se produise en France.
25:13Or, Mulhouse, je le rappelle,
25:15parce qu'il y a malheureusement
25:17une propension à oublier.
25:18Mulhouse, c'est un Algérien,
25:20un ressortissant Algérien
25:21qu'on a présenté à 14 fois
25:23aux autorités algériennes
25:25qu'ils ont refusé d'admettre
25:26sur leur sol.
25:27Les Français n'ont pas oublié.
25:28Mais bien sûr, j'espère
25:29qu'ils n'ont pas oublié.
25:30D'ailleurs, les Français
25:31massivement me soutiennent.
25:32Ils soutiennent cette idée
25:34de poser un rapport de force,
25:35non pas avec le peuple algérien,
25:37pour lequel j'ai le plus grand respect.
25:39Ils attendent des résultats.
25:40Par exemple, comment vous pouvez
25:41expliquer ce matin aux Français
25:43et puis plus spécifiquement
25:44aux auditeurs d'Europe 1
25:45et téléspectateurs de CNIOS
25:46qu'on est passé d'un ultimatum
25:48où on allait réviser
25:49les accords de 68
25:51à une riposte graduée
25:52dont on comprend
25:53qu'elle est moins une riposte
25:54et plus une petite graduation ?
25:56Attendez.
25:57Moi, pendant des semaines,
25:58des mois,
25:59un, j'étais souvent
26:00dans les lieux politiques
26:01le seul à demander la libération
26:03de Boilem-Sensal.
26:04Deux, sans doute le seul
26:06pendant des semaines et des mois
26:07à demander qu'on arrive
26:09à poser un vrai rapport de force
26:11parce que j'en ai marre
26:12que la France soit humiliée
26:13par un régime,
26:14le régime algérien.
26:15À qui le dites-vous ?
26:16Eh bien, il se trouve
26:17que j'avais demandé
26:18au Premier ministre
26:19à un comité interministériel.
26:21Lors de ce comité interministériel,
26:23il y a eu une réponse graduée.
26:25Je n'ai jamais dit
26:26que brutalement,
26:27il fallait dénoncer
26:28les accords de 68.
26:29On n'est pas au pouvoir.
26:30Alors dites-nous
26:31ce que vous faites de gradués,
26:32Monsieur le ministre.
26:33Je vais vous faire une confidence.
26:34Si demain, la droite arrive au pouvoir,
26:36bien sûr qu'on les abolira.
26:38D'ailleurs, la droite,
26:39elle sent que ce soit
26:40Edouard Philippe,
26:41Gabriel Attal
26:42et tant d'autres.
26:43C'est aujourd'hui
26:44que vous êtes aux responsabilités ?
26:45Bien sûr.
26:46Mais justement,
26:47parce que je suis aux responsabilités,
26:48les Français savent parfaitement
26:49que je ne suis pas seul.
26:50Les Français savent parfaitement
26:51que je ne suis pas
26:52président de la République.
26:53Les Français savent
26:54que je fais un maximum d'efforts
26:56pour avancer.
26:57J'ai réussi
26:58à mettre le gouvernement
26:59sur une ligne
27:00d'une réponse de gradués.
27:01Une réponse qui a commencé déjà.
27:03On a une liste
27:04de la nomenclatura
27:05de plus de 800 personnes.
27:06Et sur les passeports officiels,
27:08désormais, ça ne suffit plus.
27:10Il ne faut montrer pas de blanche
27:11sur un certain nombre
27:12d'autres pièces.
27:14Et ça nous a fait renvoyer,
27:16si j'ose dire,
27:17en Algérie,
27:18un certain nombre de personnalités.
27:19La réponse de graduelle,
27:20elle va se mettre en place.
27:22Il y a deux objectifs.
27:23Il y a deux objectifs.
27:25Il faut libérer
27:26Boilem Sansal.
27:27Mais surtout,
27:28en matière de sécurité,
27:29il faut que l'Algérie accepte,
27:31notamment...
27:32Ce n'est pas le cas.
27:33Non, non, non.
27:34Mais accepte ses ressortissants
27:35conformément
27:36à l'accord de 1984.
27:37Je vous pose la question différemment.
27:38La désescalade
27:39qui semble en cours
27:40entre le président français
27:41et le président algérien,
27:42va-t-elle permettre
27:43une grâce
27:44de Boilem Sansal ?
27:45Et ce serait
27:46une formidable nouvelle.
27:47Mais la question
27:48qui vient après,
27:49c'est à quel prix ?
27:50Est-ce que c'est au prix
27:51de la non-rediscussion
27:52des accords de 68 ?
27:53Est-ce que c'est au prix
27:54de la non-reprise
27:55des ressortissants problématiques,
27:56voire dangereux,
27:57par l'Algérie ?
27:58Ça pose quand même
27:59une question
28:00de sécurité des Français.
28:01Pour moi,
28:02le principe de sécurité
28:03est premier.
28:04Je souhaite évidemment
28:05la libération de Boilem.
28:06On lui a reproché
28:07d'avoir un avocat juif.
28:08On lui a reproché,
28:09sans doute,
28:10de trop aimer la France.
28:11Et il a subi
28:12un procès
28:13en catimini,
28:14sans avocat,
28:15sans avoir pu choisir
28:16ses avocats.
28:17Donc, c'est l'inverse
28:18d'une vraiment
28:19justice équitable.
28:20Mais encore une fois,
28:21quand je parle
28:22de second Mulhouse,
28:23c'est la question
28:24de la sécurité
28:25qui m'importe.
28:26Il faut que l'Algérie
28:27respecte le droit.
28:28Et si elle avait respecté
28:29ses obligations,
28:30il n'y aurait pas eu
28:31cet assassinat
28:32terroriste
28:33à Mulhouse.
28:34Voilà.
28:35Dans la riposte graduée,
28:36il y a deux solutions.
28:37Soit la solution
28:38ou l'Algérie,
28:39le régime algérien.
28:40Le régime algérien
28:41accepte de libérer
28:42les bonhommes sensibles,
28:43accepte de reprendre
28:44ces ressortissants
28:45les plus dangereux
28:46conformément
28:47aux droits internationals
28:48et aux droits qu'on s'est donnés
28:49par cet accord de 1994.
28:50C'est le cas très bien.
28:51Ou alors,
28:52elle ne l'accepte pas
28:53et nous n'aurons pas
28:54d'autre choix
28:55démocratique
28:56que de monter dans les tours.
28:57Bien entendu.
28:58Mais c'est le principe
28:59de la riposte graduée.
29:00Mais quels sont les tours ?
29:01Quelle est l'alternative
29:02à une riposte graduée ?
29:03Ah, il n'y a pas...
29:04Non, l'alternative
29:05de la riposte graduée,
29:06encore une fois,
29:08c'est la reprise
29:09par l'Algérie
29:10de ses ressortissants
29:11notamment les plus dangereux
29:12et la libération de Boalem.
29:13C'est ça.
29:14C'est ça la contrepartie
29:15auquel cas
29:16les choses pourraient repartir.
29:18Mais simplement un point.
29:19Ce n'est pas moi
29:20qui ai mis le feu aux poudres.
29:21Je voudrais vous dire que...
29:23C'est ce que disent
29:24la plupart des oppositions.
29:25C'est ce que semble penser
29:26une partie du gouvernement.
29:27Alors, écoutez, en 2021,
29:29à juste titre,
29:30le président de la République
29:31a cette phrase
29:32qui est totalement juste,
29:33la rente mémorielle.
29:34L'Algérie rappelle
29:36son ambassadeur
29:37et interdit le survol
29:38de nos avions de chasse
29:39qui allaient, à l'époque,
29:40au Seine.
29:41Amira Bouraoui,
29:422023,
29:43c'est l'opposante.
29:44L'opposante algérienne
29:45et le régime algérien
29:46veulent qu'on a leur livre.
29:48On dit non.
29:49Rappel de l'ambassadeur.
29:50Ensuite, l'été 2024,
29:52le président de la République
29:54reconnaît la souveraineté marocaine
29:56sur le Sahara occidental.
29:58À nouveau, crise politique.
29:59Et je dois vous confier un point,
30:01c'est que pendant les Jeux Olympiques,
30:02l'Algérie a quasiment arrêté
30:04sa coopération
30:05sécuritaire.
30:06Aucune coopération
30:07avec la France.
30:08Vous vous rendez compte ?
30:09Si j'ai donné ces trois dates,
30:12c'est pour essayer
30:13de dire aux Français
30:14que ce n'est pas un caprice
30:15du ministère de l'Intérieur.
30:16Encore une fois, pour moi,
30:17c'est la sécurité des Français
30:18qui m'importe.
30:19Mais on voit bien
30:20qu'avec ce régime-là,
30:22il y a un souci
30:23depuis des années.
30:24Et je pense, pour ma part,
30:25j'ai cette faiblesse peut-être
30:26de penser que
30:27tant qu'on ne posera pas
30:28un rapport de force,
30:29eh bien, on n'y arrivera pas.
30:31Et moi, j'en ai marre
30:32que la France soit humiliée
30:33et soit offensée.
30:34On vous a entendu.
30:35On vous a entendu.
30:36La loi contre le narcotrafic
30:37que vous portez avec Gérald Darmanin
30:38entre dans sa dernière ligne droite.
30:39Alors, même si le vote
30:40a été reporté et repoussé,
30:42quand même, la plupart des mesures,
30:44pour certaines,
30:45elles ont été réhaussées.
30:46À quoi va ressembler le texte
30:48à la sortie lors du vote ?
30:49Et sur ce sujet-là,
30:50alors que sur certains,
30:51on vous demande des résultats,
30:53est-ce que sur ce sujet-là,
30:54vous pensez que c'est
30:55une victoire aujourd'hui ?
30:57Écoutez, ça sera une grande victoire,
30:58pas pour moi,
30:59mais pour la France,
31:00parce que le narcotrafic
31:01est en train de nous submerger
31:02avec de plus en plus de morts.
31:03Vous vous rendez compte,
31:04110 morts l'an dernier,
31:06274 morts,
31:08c'est les morts depuis 15 ans
31:10pour le terrorisme.
31:11C'est ce qui menace aujourd'hui la France
31:12à travers la corruption.
31:13On va avoir un texte
31:14qui va être un texte fondateur,
31:16un texte de combat.
31:17Ce texte-là,
31:18il est issu
31:19d'une de mes initiatives
31:20quand j'étais au Sénat,
31:21puisque j'avais lancé
31:22une commission d'enquête.
31:23Elle a été transformée
31:24en une proposition de loi
31:25qui était votée
31:26à l'unanimité au Sénat.
31:27J'étais d'ailleurs estomaqué
31:29de voir que les Insoumis,
31:30encore eux,
31:31essayaient article après article,
31:33méticuleusement,
31:34de neutraliser ce texte.
31:36Ce sera une grande victoire,
31:37tout comme j'espère
31:39qu'il y aura une autre grande victoire
31:40au niveau européen
31:41avec la directive Retour
31:42qui, pour la première fois
31:43depuis des années et des années,
31:44elle nous empêche
31:45d'éloigner un certain nombre
31:47d'étrangers
31:48en situation irrégulière.
31:49Et pour la première fois,
31:50la commission a bougé.
31:52Et c'est un travail
31:53que je fais depuis des mois et des mois.
31:55Et j'aurai d'autres résultats
31:56que je présenterai
31:57dans quelques jours.
31:58Dernière question pour conclure.
31:59C'est 100 jours.
32:00Le cap a été franchi
32:01pour François Bayrou.
32:02100 jours d'action
32:04ou d'inaction,
32:05d'immobilisme
32:06disent les oppositions.
32:07Laurent Wauquiez,
32:08avec lequel vous êtes engagé
32:09dans une course
32:10à la présidence à l'air,
32:11dit que lui ne doit rien
32:12ni à François Bayrou
32:13ni à Emmanuel Macron.
32:14Pour conclure,
32:15est-ce que vous pouvez en dire
32:16autant, monsieur le ministre ?
32:18Moi, je ne dois rien
32:19aux uns et aux autres
32:20sauf aux miens.
32:21Je suis habité
32:22par un sentiment de gratitude.
32:24Vous savez,
32:25les hommes et les femmes politiques
32:26disent qu'ils se sont toujours
32:27faits tout seuls.
32:28Moi, je ne me suis pas fait tout seul.
32:29Ce sont les autres
32:30qui m'ont fait.
32:31Ma famille, les Vendéens,
32:32ma famille aussi politique.
32:33On ne se fait pas tout seul.
32:34On se fait avec les autres.
32:35Ce sont les autres
32:36qui nous font.
32:37Je suis aussi d'une lignée.
32:38J'ai eu un grand-père
32:39qui a eu une balle allemande
32:40qui lui a traversé la gorge
32:41en 1914, etc.
32:42Et c'est ce sentiment
32:43d'avoir quelque chose
32:44à rendre
32:45à ceux qui m'ont beaucoup donné,
32:46qui m'habitent
32:47et qui est le ressort principal
32:48de mon action politique.
32:49Voilà ce que je suis.
32:50Donc, la dette
32:51à la famille Largier
32:52et à la France.
32:53C'est la dette,
32:54voilà, exactement,
32:55à la France.
32:56Je suis habité
32:57depuis très longtemps
32:58par ce sentiment
32:59de gratitude,
33:00de reconnaissance,
33:01d'endettement.
33:02Je le reconnais humblement,
33:03d'ailleurs.
33:04Merci Bruno Rotailleau.
33:05Merci.
33:06C'était votre grande interview.
33:07Je vous souhaite une bonne journée.
33:08Je vous dis à bientôt.