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FNSEA, JA, Confédération paysanne, Coordination rurale : qui sont les syndicats dont vous entendez parler depuis le début du mouvement des agriculteurs et que représentent-ils ? Les explications avec Virginie Garin du service environnement de RTL.
Regardez L'invité de RTL Midi du 29 janvier 2024 avec Agnès Bonfillon et Eric Brunet.

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Transcription
00:00 Vous êtes sur RTL.
00:02 RTL midi. Agnès Bonfillon, Éric Brunet.
00:07 FNSEA,
00:09 JACR, qui sont les syndicats dont vous entendez parler depuis le début du mouvement des agriculteurs ? Pour en parler avec nous, notre spécialiste
00:18 Virginie Garin. Bonjour. Bonjour à tous. Alors on a entendu ce matin sur RTL
00:23 Arnaud Rousseau, le ministre, le syndicat, le patron de la FNSEA. On en arrive à faire des confusions.
00:29 Le syndicat majoritaire, c'est donc le sien, c'est la FNSEA.
00:33 C'est le syndicat majoritaire d'ailleurs en France. La Fédération Nationale des Syndicats d'Exploitants,
00:38 majoritaire avec son petit frère le syndicat, les JIA, les Jeunes Agriculteurs. En gros, un jeune agriculteur, c'est
00:45 un futur adhérent de la FNSEA, mais de moins de 35 ans.
00:48 Donc majoritaire, pourquoi ? Parce que tous les six ans, il y a des élections aux chambres d'agriculture dans la profession.
00:52 La dernière a lieu en 2019, la prochaine a lieu en
00:56 2025. C'est ce qui explique aussi peut-être une partie de ce mouvement, une sorte de surenchère syndicale, parce qu'ils sont en campagne électorale.
01:02 Donc aux dernières élections 2019, FNSEA et les Jeunes Agriculteurs, c'était 55%
01:08 des voix. Donc ils gèrent à peu près tous les départements en France,
01:12 sauf trois ou quatre. Et ça a un poids énorme, parce que les chambres d'agriculture, elles ont beaucoup d'argent à gérer.
01:17 Elles ont un rôle de conseil auprès des agriculteurs sur les pesticides, sur l'eau. Donc il y a un enjeu politique.
01:22 C'est pour ça aujourd'hui que chacun essaye de montrer un peu ses muscles.
01:25 Mais Virginie, on voit d'autres drapeaux sur les barrages. Je pense à ceux de la coordination
01:29 orale et de la confédération rurale.
01:32 Alors sur la droite et sur la gauche de la FNSEA, la coordination rurale. Tout d'abord, c'est le deuxième syndicat, 21% des voix en
01:38 2019. C'est un syndicat, on voit en ce moment que le Rassemblement National
01:43 parle souvent des revendications de la coordination rurale.
01:46 Et ils ont d'ailleurs un discours très anti-Europe. Et eux, ils se battent vraiment pour qu'on supprime les normes européennes
01:52 qui pénalisent les paysans français. Et puis à gauche, la Confédération Paysanne.
01:56 La Confédération Paysanne, c'est le syndicat de José Bové,
02:00 dont on a beaucoup parlé à une certaine période. La Confédération Paysanne, elle,
02:05 elle a des revendications beaucoup plus sur les petits exploitants, sur le bio,
02:09 sur les normes écologiques. Donc on a à gauche et à droite deux syndicats qui sont en train un peu, et notamment
02:14 peut-être la coordination rurale à l'extrême droite, de poser des problèmes à la FNSEA.
02:19 Ce qui est intéressant dans les auditeurs ont la parole, on entend souvent les agriculteurs qui disent "Attention, nous on n'est pas la FNSEA,
02:24 arrêtez de dire tous les agriculteurs, les agriculteurs, etc. On est tous très différents."
02:29 Ils ont des revendications différentes ces organisations syndicales ?
02:34 Oui, alors 40% des voix c'est effectivement à d'autres syndicats. Alors ils ont des revendications différentes, par exemple, sur les normes écologiques.
02:40 Vous avez la FNSEA qui veut absolument qu'on supprime toutes les normes pour construire des retenues d'eau, des bassines.
02:46 Et puis au contraire, la Confédération Paysanne, elle, elle se bat pour qu'on les interdise. Ils étaient à Saint-Sauline, d'ailleurs
02:52 certains de leurs dirigeants ont été devant la justice. Donc il y a vraiment des oppositions sur ces normes écologiques.
02:57 Mais ce qui est intéressant de ce conflit, et ce qui montre aussi que c'est un conflit profond et une colère qui touche tous les paysans,
03:04 c'est qu'ils sont souvent, on voit les mêmes drapeaux de tous ces syndicats sur les mêmes barrages.
03:08 Donc ils peuvent aussi être côte à côte et ils se retrouvent
03:11 sur des questions comme, évidemment, celle des revenus, des rapports avec la grande distribution,
03:15 aussi les normes, la surtransposition, toutes ces normes qui
03:19 les étouffent aussi. La Confédération Paysanne aussi, elle est sur cette ligne-là. Donc il y a vraiment une exaspération qui fait qu'on a des syndicats
03:27 de droite, de gauche, qui sont sur les mêmes barrages aujourd'hui.
03:29 Et vous nous disiez que la Confédération Orale inquiétait un petit peu la FNSEA, ou en tout cas pouvait poser des problèmes.
03:36 La coordination orale.
03:38 La coordination orale, pardon, je m'y perds moi aussi.
03:40 Elle déborde un peu la FNSEA sur sa droite et c'est vrai qu'il y a encore qu'un jour, Arnaud Rousseau, il présentait ses voeux
03:45 aux journalistes et il nous expliquait que pour lui, il ne voyait pas un mouvement comme en Allemagne.
03:48 Il ne pensait pas que la colère comme ça... Il savait qu'il y avait une colère, mais il ne pensait pas qu'il pourrait y avoir
03:53 un mouvement d'ampleur nationale aussi fort. Je crois qu'il a été surpris lui-même
03:57 par sa base, puisque tout est parti quand même d'adhérents de la FNSEA dans le sud-ouest.
04:02 Mais il n'avait pas vu venir ce mouvement avec une telle ampleur. Et puis maintenant, aujourd'hui, il faut trouver les moyens de rentrer les tracteurs.
04:10 Il y a tellement de revendications différentes. En plus, selon les régions, selon les filières, même au sein de la FNSEA, vous avez les éleveurs,
04:17 vous avez les céréaliers, les grandes cultures qui n'ont pas les mêmes exigences, donc ça va être très compliqué à trouver des solutions.
04:23 - Quand il y a des grandes manifs dans la rue habituellement, Paris par exemple, on sait très bien que la CGT est souvent à la manœuvre,
04:28 ils ont un service d'ordre, etc. Là, qui est-ce qui est à la manœuvre pour organiser ces grands
04:34 déplacements de tracteurs ? - Dans la majorité des cas, c'est la FNSEA quand même. La Confédération Paysanne a beaucoup moins de
04:41 marge de manœuvre. Mais la coordination rurale, elle, elle veut bloquer Rungis. D'ailleurs, vous avez vu, le blocage de Paris, c'est la FNSEA.
04:47 Le blocage de Rungis, c'est la coordination rurale. Là, pour le coup, ils ne sont pas d'accord. Donc, c'est vrai que c'est quand même la FNSEA.
04:53 Il y a eu, il y a neuf ans maintenant,
04:55 1000 tracteurs qui sont venus à Paris. Là, c'était la FNSEA. Ils avaient tous convergé vers la place de la nation.
05:01 Et le gouvernement s'en était sorti avec un chèque de 3 milliards d'euros. - Merci beaucoup Virginie. Vous restez avec nous, bien évidemment,
05:07 parce qu'on aura besoin de toutes vos informations et de vos analyses dans quelques instants. Pour l'instant, on rejoint Arthur Perreira.
05:15 Arthur, vous êtes toujours avec ce convoi, parti du Loiret ce matin, via
05:20 l'Addis, en direction de Paris. Et vous êtes à hauteur des tempes. Alors, les agriculteurs avec lesquels vous vous trouvez,
05:27 le disent. S'il faut rester plusieurs jours autour de la capitale, ce n'est pas un problème.
05:32 Non, absolument pas, puisque la cabine où je me trouve est bien chargée. Derrière moi,
05:37 des baguettes de pain, un pack d'eau, 2-3 caleçons, des baskets de rechange. Et puis, pour que ça dure, un système de roulement. C'est ça Dylan ?
05:44 Oui, exactement. En fait, tout le monde ne peut pas venir, on va dire, tous les jours. Donc, voilà, on
05:50 fait un peu une sorte de roulement. Ceux qui ne pouvaient pas être présents aujourd'hui, par exemple, peut-être viendront demain.
05:57 Et puis, voilà, si on a des choses à faire sur l'exploitation, comme ça,
06:00 ça fera toujours un public, quand même, car à la force de continuer le mouvement.
06:05 Et pour accueillir tous ces agriculteurs, sur place, des remorques avec de la paille en guise de lit de fortune,
06:11 et puis des barnum pour s'abriter de la pluie, bien évidemment.
06:13 Très équipé, donc, merci beaucoup Arthur. On vous retrouve dans quelques minutes, bien sûr, pour suivre ce convoi en direction de Paris.
06:21 Dans un instant, tout autre sujet, Eric ?
06:23 Eh bien oui, dans un tout autre sujet, de quoi parle-t-on dans un instant ?
06:26 La radinerie !
06:27 Ah, la radinerie, c'est passionnant !
06:29 Oui, mais c'est normal que vous ne connaissiez pas, vous ne faites pas du tour à dans le monde.
06:32 Voilà, très bien, j'aime bien l'entendre dire. Est-ce que ça se soigne ? Tiens, on en parle dans un instant.
06:36 RTL midi à Nicebon.
06:39 !

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