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00:00Et à 13h47 sur Europe 1 le débat continue avec vous Céline Giraud, le journaliste Yves-Henri Eufol, le chroniqueur politique Olivier D'Artigolle et Jacques Serret du service politique d'Europe 1.
00:13Et à 13h47 sur Europe 1, j'en profite pour vous rappeler que demain matin Jordan Bardella sera l'invité exceptionnel d'Europe 1 et c'est news à 8h10 au micro de Sonia Mabrouk et de Laurence Ferrari.
00:25Parlons des conséquences, est-ce que c'est un coup d'arrêt ? Vous le rappeliez tout à l'heure Olivier D'Artigolle pour la première fois depuis 81, il n'y aura pas de Le Pen aux élections présidentielles, à la prochaine présidentielle si les recours ne sont pas fructueux.
00:38Est-ce que c'est un tournant ? Est-ce que c'est une page qui se tourne définitivement aujourd'hui ?
00:42Evidemment parce que si les recours ne sont pas positifs pour Marine Le Pen, les français aiment bien le personnel politique qui a un peu de cicatrice.
00:53Mitterrand ayant dit j'ai plus de cicatrice que de peau, c'est-à-dire qui ont connu des épreuves.
01:00Elle a connu l'épreuve du débat de second tour en 2017, elle a connu la concurrence d'Eric Zemmour en 2022, elle a connu les épreuves de la vie et alors qu'elle était donnée en très mauvaise situation à bien des moments,
01:17elle est chaque fois revenue et donc elle arrivait là vers une quatrième candidature où on pouvait se dire qu'elle est plus aguerrie, plus affûtée, plus expérimentée que le coup d'avant et avec en plus l'impossibilité pour le président sortant de se représenter.
01:35Donc il y avait un sentiment d'alignement des planètes, or aujourd'hui ce qui vient de se passer c'est véritablement un cataclysme pour elle.
01:43Mais n'est-ce pas quelque part un marqueur aussi de son parcours chaotique parce que finalement elle a toujours été empêchée, contrariée, il y a fallu qu'elle sorte de son père.
01:56Elle s'est construite précisément sur cette image répulsive et c'est une image répulsive qui devenait attractive justement et c'est là-dessus naturellement qu'elle va jouer parce qu'il y a une grande frustration de la part de l'opinion,
02:08en tout cas qui se reconnaissait à travers les anti-systèmes, mettons-là dans les anti-systèmes. Je vous rappelle tout de même qu'en 2005, 55% des français avaient voté contre la constitution européenne et malgré tout on leur avait refourgué la constitution européenne en ne tenant pas compte de leur vote et de leur voix.
02:22Et là c'est un petit peu la même chose qui se profite, c'est-à-dire qu'encore une fois le système qui est de mon point de vue un système de plus en plus affaibli, le système c'est-à-dire cette mondialisation, cette société ouverte qui est représentée par tous ceux qui s'opposent à Marine Le Pen,
02:34ce système-là ne veut pas non plus admettre qu'il n'est plus dans l'air du temps et il est prêt à toutes les bassesses et à toutes les violences démocratiques pour subsister.
02:43Et je pense que c'est ce qui se voit aujourd'hui, c'est pour ça que je mets en garde contre une tentative d'insurrection populaire. On voit que l'insurrection populaire pour l'instant prend comme prétexte les zones de faibles émissions parce que cela sème une discrimination auprès des automobilistes les plus pauvres.
03:00Mais ça c'est rien du tout par rapport à cette discrimination démocratique qui va toucher maintenant toute une partie, un tiers des français qui voulaient se reconnaître derrière Marine Le Pen. Et donc c'est potentiellement révolutionnaire.
03:13Avant de se projeter désormais sur la stratégie du Rassemblement National, désormais quelques réactions politiques Jacques Seyret.
03:22Oui, en ce qui concerne les réactions, il est vrai de constater qu'il faut partir entre guillemets du bloc central de Renaissance jusqu'à l'aile gauche qui soit ne commente pas, soit se satisfait de cette décision de justice.
03:34Prisca Thévenot de Renaissance, la justice est prononcée et à ce titre nous devons la respecter. La question que je pose maintenant au Rassemblement National et peut-être à d'autres qui sont sur cette ligne-là, c'est à partir de combien dans les sondages on estime qu'on est au-dessus des lois ?
03:47Voilà ce que déclare Prisca Thévenot. Marine Tondelier, les écologistes, Marine Le Pen doit payer sa peine et elle est une justice fiable comme les autres.
03:55Jérôme Getsch du Parti Socialiste, une décision de justice doit être respectée.
03:59Manuel Bompard, nous prenons acte de cette décision de justice même si nous refusons par principe que le recours soit impossible pour un justice fiable quel qu'il soit.
04:09Et justement on a la réaction de Jean-Luc Mélenchon à l'instant qui vient de tomber. La décision de destituer un élu devrait revenir au peuple.
04:17Donc Jean-Luc Mélenchon qui lui critique finalement cette décision. Point commun avec les différents représentants de la droite qui commencent tout juste à réagir.
04:28Laurent Wauquiez des Républicains regrette une décision très lourde et exceptionnelle. Laurent Wauquiez qui juge que cela n'est pas très sain dans une démocratie. Voilà pour les premières réactions.
04:40Merci Jacques Serret. Jean-Luc Mélenchon, populisme ?
04:44Ça a toujours été ça. C'est le référendum révocatoire. Ça a toujours été un axe de son projet politique et de dire que cela doit revenir au suffrage universel, au vote citoyen et non pas à la justice en termes de destitution.
04:59Mais c'est le débat d'aujourd'hui, c'est-à-dire c'est le débat entre inéligibilité et exécution immédiate.
05:04C'est le débat entre le pouvoir judiciaire et le pouvoir politique. C'est surtout ça. Je pense que quand je parlais de coup d'état judiciaire, c'était par rapport aux hommes politiques qui se trouvent relégués à des rôles subalternes.
05:14Et justement, qui ? Pour prendre la suite, comment va se passer le processus de désignation du candidat ? Écoutez l'analyse de Gilbert Collard, l'ancien eurodéputé du RN qui a réagi ce matin au micro de Pascal Praud.
05:28Je pense qu'il y aura un débat en interne dans lequel Marine va intervenir bien évidemment. La question de savoir qui serait le meilleur candidat à la place de Marine, si Marine était empêchée, ce qui est hélas fort probable, serait le mieux placé.
05:47Qui veut réagir ?
05:48Il n'y a pas véritablement de suspense. Marine Le Pen avait même indiqué que pas pour la prochaine présidentielle mais pour celle d'après, ce serait Jordan Bardella.
05:57Le débat qu'il va y avoir au sein du RN, c'est de savoir quelle stratégie, face à cet événement, face à cet ébranlement, à ce séisme, est-ce qu'il faut jouer les institutions ?
06:10Aller vers justement Jordan Bardella, candidat qui remplacerait la candidature naturelle de Marine Le Pen, ou comme cela est défendu dans une partie du Rassemblement National, renverser la table, aller vers la censure du gouvernement Bayrou, appeler au peuple face à ce coup d'État qui sera très certainement présenté comme un coup d'État de la justice contre la vie démocratique.
06:35Il y aura un vrai débat au RN là-dessus et Marine Le Pen n'a peut-être pas, à l'heure où nous parlons, pris sa décision.
06:41Les deux scénarios sont plausibles. Je pense qu'il y aura d'abord un appel au peuple afin qu'il se révolte, parce que c'est malgré tout une décision révoltante, peu importe ce que l'on peut penser de Marine Le Pen.
06:52Quant à savoir si Jordan Bardella est profilé pour être président de la République, si vraiment Marine Le Pen avait à cesser effectivement son parcours, moi j'émets quelques doutes malgré tout, parce qu'il a beaucoup de talent, c'est une affaire entendue, mais enfin il a un parcours qui reste un parcours assez limité et je ne crois pas que les Français puissent s'identifier à ce point à un jeune homme qui n'a pas suffisamment de cicatrices précisément.
07:14La question lui sera posée demain matin, il répondra en exclusivité, je le rappelle, Jordan Bardella est invité à 8h10 de Sonia Mabrouk et de Laurence Ferrari sur Europe 1 et C News, Jacques Serret.
07:22Il est vrai qu'il y a un total mystère Jordan Bardella, c'est-à-dire qu'aujourd'hui il n'est pas testé dans les sondages, donc on ne sait pas dans l'éventualité d'une présidentielle.
07:30Cette situation est tellement inédite finalement qu'on ne sait pas quelles conséquences pourrait avoir un empêchement de Marine Le Pen. Est-ce qu'il récupérerait cet électorat ou pas ? Est-ce qu'il ferait plus ? Est-ce qu'il se ferait moins ?
07:40Et puis il y a cette question Jordan Bardella aujourd'hui à 29 ans, en 2027 au moment de l'élection présidentielle, il n'aurait que 31 ans, il irait sur ses 32 ans. Est-ce que les Français aujourd'hui sont prêts à voter pour un jeune homme finalement de 32 ans ?
07:54Après Emmanuel Macron a été élu à l'âge de 39 ans, je le rappelle, il est testé dans les enquêtes de codes de popularité, d'adhésion et dans une très récente de ce week-end, il est devant Marine Le Pen.
08:06Oui mais enfin c'est dans une question d'image mais là encore une fois, ce n'est plus tellement de l'image quand vous êtes président de la République, vous conduisez un peuple, est-ce qu'il est apte à conduire un peuple ?
08:15On lui posera la question demain matin à 8h10, je vous le redis une dernière fois, invité exceptionnel de Sonia Mabrouk et de Laurence Ferrari sur Europe 1 et C News.
08:22Merci à tous, on se retrouve évidemment demain et n'oubliez pas l'information continue sur Europe 1 et ce soir c'est Pierre De Villeneuve dès 19h qui vous informe, analyse et décryptage.