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00:00C'est l'une des informations de la matinée en Algérie. L'écrivain Boalem Sansal a été condamné à cinq ans de prison ferme.
00:05Boalem Sansal est détenu depuis le mois de novembre.
00:07Lors du procès la semaine dernière, le procureur avait requis dix ans de prison ferme contre le romancier.
00:12Il a 80 ans. Arnaud Benedetti est avec nous, vous le connaissez, il est fondateur du comité de soutien de Boalem Sansal.
00:19Bonjour.
00:20Bonjour à vous.
00:20Et merci vraiment d'être avec nous parce que vous êtes très présent dans ce dossier.
00:24Un dossier qui vous touche personnellement puisque vous êtes un ami de Boalem Sansal
00:29et vous y mettez toute votre énergie, j'allais dire toute votre intelligence, tout votre cœur pour trouver une solution.
00:37Avant de vous donner la parole, je cite François Zimré qui a réagi.
00:41Une détention cruelle, 20 minutes d'audience, une défense inexistante et au final cinq ans de prison pour un écrivain innocent.
00:48Une sentence qui trahit le sens même du mot justice.
00:51Son âge et son état de santé rendent chaque jour d'incarcération plus inhumain encore.
00:57J'en appelle au président algérien, la justice a failli, qu'au moins l'humanité prévale.
01:02Et puis il y a une réaction de Marine Le Pen sur les réseaux sociaux.
01:05La condamnation scandaleuse de Boalem Sansal est en réalité, compte tenu de son âge et de son état de santé, une condamnation à perpétuité.
01:11Cela restera une tâche indélébile sur le régime algérien.
01:14En réalité, Boalem Sansal est un otage du régime algérien qui s'en sert pour faire plier la France.
01:20Monsieur Benedetti, quelle est votre première réaction ce matin ?
01:24L'inquiétude, la préoccupation et la consternation.
01:27Parce que cinq ans, certes, c'est moins que ce que réclamait le procureur.
01:33Je rappelle, c'était dix ans.
01:34Donc on peut considérer que ce verdict est plus clément que le réquisitoire.
01:39Mais il n'en demeure pas moins que c'est déjà cinq ans de trop.
01:41Comme il y a déjà 140 jours de trop de détention pour Boalem Sansal.
01:44Donc nous, notre mobilisation reste évidemment totalement intacte.
01:49Et notre détermination tout autant.
01:51Ce que l'on souhaite, c'est une libération immédiate, rapide et sans conditions.
01:55Je dis bien sans conditions, parce que le risque qui peut se faire jour,
02:02c'est qu'on ait fait une décision dans quelques jours, dans quelques semaines, d'amnistie.
02:09Ce qu'il ne faut pas totalement exclure.
02:11Même si, encore une fois, on est très prudent.
02:14Mais qu'elle soit assortie de ce que l'on appelle dans le langage algérien,
02:19d'un acronyme qui est connu des Algériens, l'ISTN.
02:22C'est-à-dire l'interdiction de sortie du territoire national.
02:27C'est la raison pour laquelle, aujourd'hui, on est très prudent et très réservé.
02:33Évidemment, quant à ce verdict qui est totalement inacceptable et inadmissible.
02:37Quelles sont les raisons juridiques ?
02:39Sur quelles bases juridiques le jugement se baste-t-il, précisément, pour condamner M. Sansal ?
02:46Moi, je rappelle toujours que c'est un procès politique.
02:48En fait, Boalem Sansal est incarcéré en raison de sa liberté d'expression.
02:55Après les bases juridiques, le pouvoir algérien a mis en place un article,
03:03l'article 87 bis du Code pénal algérien,
03:07qui permet de poursuivre, sur des motifs très larges,
03:11qui sont atteinte à la sécurité du territoire, atteinte à l'intégrité du territoire,
03:17complicité ou participation à une entreprise terroriste,
03:21qui permet d'inculper, finalement, des tas de voies qui sont, en effet, des voies critiques vis-à-vis du pouvoir algérien.
03:28Il y a un jeune, par exemple, caricaturiste algérien,
03:31qui est fort heureusement réfugié en France, pour lui,
03:34mais qui vient d'être condamné à 20 ans de prison par compte humain,
03:39en vertu de cet article 87 bis,
03:41qui est le même article sur lequel s'appuient les autorités algériennes aujourd'hui
03:44pour poursuivre et faire condamner notre ami Boalem Sansal.
03:48Bien évidemment, on espère une solution politique qui pourrait arriver,
03:55on en parlera dans quelques secondes,
03:56mais est-ce que vous savez comment va Boalem Sansal ?
03:59Il était présent à son procès, il s'est défendu manifestement,
04:04est-ce que vous avez eu des informations sur comment se passe sa détention ?
04:09Alors, sa détention, depuis le début, si vous voulez,
04:12quand Boalem Sansal est malade,
04:14il est traité à l'hôpital Mustapha à Alger,
04:18mais il fait des allers-retours entre l'hôpital et la prison,
04:21la prison et l'hôpital.
04:23Vous conviendrez avec moi que c'est pour un homme de 80 ans qui est malade,
04:26ce ne sont pas les conditions optimales pour soigner quelqu'un.
04:30Ensuite, apparemment, d'après ce que l'on sait,
04:32parce qu'on n'a finalement que des témoignages aujourd'hui indirects,
04:35j'en ai un d'il y a une demi-heure,
04:38il était présent manifestement à l'audience ce matin,
04:41apparemment, il avait l'air d'être plutôt en forme,
04:46tout à fait correct au regard de son âge et de sa maladie.
04:49Mais ce qu'on sait, c'est sa combativité.
04:51C'est quelqu'un qui, depuis le début, fait preuve d'une très grande combativité.
04:55Je prends un exemple, par exemple, il a refusé de déconstituer son avocat français,
05:00Maître Zimré, alors que des pressions étaient exercées au quotidien sur lui
05:04pour qu'il le déconstitue.
05:06Et lors de l'audience d'il y a une semaine,
05:09il a fait preuve en effet d'une combativité tout à fait remarquable
05:13puisqu'il a récusé évidemment tous les chefs d'accusation
05:16que le pouvoir algérien ne cessait de lui mettre sur les épaules.
05:21Donc il y a chez lui manifestement, malgré tout, une très grande combativité,
05:26ce qui d'une certaine manière nous dit quelque chose aussi sur son état psychologique
05:30et nous incite évidemment à nous mobiliser encore plus
05:33parce qu'il fait preuve d'un très grand courage dans des conditions difficiles.
05:36Il n'a pas reçu de visite, son épouse est sur place en Algérie,
05:40personne ne l'a rencontrée.
05:42Alors il recevait ses avocats algériens jusqu'à ce qu'il les récuse,
05:47il a des visites épisodiques de son épouse qui est revenue en Algérie
05:53depuis qu'il a été arrêté, c'est-à-dire depuis le 16 novembre.
05:58Il pouvait la voir, mais à des échéances assez irrégulières.
06:04Et sa femme n'est pas inquiétée ?
06:06Vous savez, il faut être très prudent parce que sa femme est sur place.
06:11Bien sûr, je comprends.
06:12Dans un régime qui est compliqué, donc on va rester prudents.
06:15Vous êtes fondateur du comité de soutien de Boilem-Sensal,
06:18bien sûr vous avez des relations, j'imagine,
06:21et en tout cas des échanges avec le pouvoir politique en France.
06:24J'ai écouté comme vous M. Thiboune, il y a 2-3 jours,
06:29qui a dit que son seul lien c'est Emmanuel Macron,
06:32le reste ne m'intéresse pas.
06:34Il a d'ailleurs rendu hommage à quelques journalistes français dans cette intervention.
06:39Et il semblait mettre en place une relation privilégiée avec Emmanuel Macron.
06:45Comment vous décryptez cela ?
06:47Il faut toujours être très prudent quand on doit décrypter la parole du chef de l'état algérien
06:53et plus généralement des responsables politiques algériens
06:56parce que ce qui est vrai un jour peut être totalement invalidé
06:59par leur comportement et par leur déclaration le lendemain.
07:02Ce qui est sûr, c'est que ce qu'on a noté quand même depuis une semaine,
07:06c'est qu'il y a manifestement en affichage, du côté algérien,
07:11la volonté de renouer un petit fil avec les autorités françaises,
07:15ce qui n'était pas le cas depuis quasiment 3 mois.
07:18Manifestement, puisque nous ce qu'on nous disait,
07:20c'est que le président Thiboune ne prenait même pas le président Macron au téléphone
07:24si celui-ci cherchait à le joindre.
07:26Là, quand on entend les propos qui sont les siens,
07:29et si on rajoute là-dessus le fait que le calendrier judiciaire de M. Sansalle
07:34a été accéléré à la surprise générale,
07:37on peut considérer au moins qu'il y a un dialogue qui, à nouveau,
07:40s'est établi entre les autorités françaises et les autorités algériennes.
07:44Après le contenu de ce dialogue, moi je ne le connais pas plus que vous,
07:47en l'occurrence, ce qui est sûr, c'est que dans les motifs de crispation
07:51entre Alger et Paris, il y a aujourd'hui le cas de M. Sansalle
07:55et manifestement la France a fait comprendre quand même,
07:58pour recourir à un dialogue qui soit un peu plus apaisé,
08:01qu'il fallait régler très rapidement le cas de M. Sansalle.
08:04Il est 11h42, Arnaud Benedetti est avec nous,
08:08il est fondateur du comité de soutien de M. Sansalle.
08:10Il y a beaucoup d'interrogations,
08:12personne ne sait quelle est la meilleure stratégie à prendre,
08:15certains disent qu'il faudrait être plus ferme.
08:17On a le sentiment qu'Emmanuel Macron tergiverse
08:20parce qu'on se dit qu'il a choisi une méthode
08:25qui n'est pas exposée au grand public,
08:28une méthode, j'ai envie de dire, de l'ombre,
08:30pour faire sortir M. Sansalle de sa prison,
08:34et on en est là ce matin.
08:36On sera en ligne, je crois, avec Gilbert Collard,
08:38tout de suite après la pause,
08:40l'ancien député du Rassemblement National,
08:42ancien député européen, à tout de suite.
08:44Et si vous voulez échanger avec notre invité, Arnaud Benedetti,
08:47n'hésitez pas, appelez-nous au 0 1 80 20 39,
08:4921h-13h, c'est Pascal Froye-Vaut, sur Europe 1.
08:52Je vous rappelle que l'écrivain Boilem Sansalle
08:54a été condamné à 5 ans de prison ferme,
08:56car Arnaud Benedetti, fondateur du comité de soutien Boilem Sansalle,
08:59et c'est vrai, Arnaud, depuis que vous êtes entré dans ce studio,
09:02je vous vois en train de textoter,
09:04parce que toute cette actualité
09:07vous prend l'essentiel de votre temps, tout à l'heure,
09:09je le disais, avec cœur, avec énergie,
09:12vous mettez tout, et vous n'êtes pas le seul,
09:15au service, effectivement, de cette cause-là,
09:18de sortir Boilem Sansalle de sa prison.
09:21Oui, c'est vrai qu'on est mobilisés,
09:23on est quand même plusieurs, je ne suis pas seul,
09:25fort heureusement, j'ai Noël Lenoir qui est présidente de ce comité de soutien,
09:28Georges-Marc Benhamou, Jean-Michel Blanquer, Stéphane Rosesse,
09:31enfin, on est très nombreux, quand même,
09:33mais c'est vrai que depuis, finalement, 4 mois,
09:36on se rend compte que c'est un travail,
09:38qui est un travail titanesque, au regard, finalement,
09:40des chefs d'inculpation que le pouvoir algérien fait peser
09:43sur notre ami et compatriote Boilem Sansalle,
09:47et que, dans ce genre de bataille,
09:49ce n'est pas propre, d'ailleurs, au cas de Boilem Sansalle,
09:51le plus important, c'est d'éviter l'indifférence et l'oubli.
09:54Et il est clair que toute la bataille qui a été la nôtre,
09:57au-delà des démarches, évidemment, politiques qu'on a pu mener
09:59auprès des autorités politiques en France,
10:01il y a l'international, notamment au niveau du Parlement européen,
10:04parce que le fait qu'on ait réussi à faire voter
10:06une résolution assez massivement par le Parlement européen
10:09a permis d'européaniser ce dossier, de l'internationaliser
10:12et de le faire sortir seulement du face-à-face France-Paris-Alger,
10:16mais c'est vrai que le vrai combat, c'est d'éviter l'oubli,
10:20d'éviter, si vous voulez, le sépulcre de l'indifférence,
10:23dans ce genre d'affaires,
10:25et c'est un travail de tous les jours, en effet.
10:27Et c'est vrai qu'on a été aussi surpris
10:29de retrouver des clivages politiques sur ce dossier,
10:32avec des prises de position,
10:34on avait parlé d'une émission sur France 5
10:36au mois de novembre qui nous avait surpris,
10:39puisque M. Sansalle était quasiment mis en accusation
10:43par ceux qui étaient autour de la table.
10:46Je le disais, Gilbert Collard est avec nous,
10:49je le salue, bonjour M. Collard.
10:52Comment vous interprétez ces 5 ans de prison
10:57qui ont été jugés pour M. Sansalle,
11:00il a été condamné aujourd'hui à 5 ans de prison ferme,
11:03et comment vous imaginez la suite des événements ?
11:06C'est une décision ignoble,
11:09c'est de la justice politique, idéologique,
11:14à l'état pur.
11:16C'est horrible quand la justice est manipulée par la politique.
11:20Alors on fait attention à ce qu'on dit,
11:22parce que le mot qui revient, c'est prudence.
11:26Derrière nos mots glorieux,
11:29il y a un homme de 80 ans en prison
11:31qui risque sa santé et sa vie.
11:35Donc on a affaire à un régime totalitaire.
11:40Il faut dire que l'Algérie fait ce qu'elle veut aujourd'hui,
11:46on est d'une impuissance qui désole.
11:50Je pense qu'il y a vraiment un moment
11:53où l'exigence de respect devient efficacité.
11:58Or là, on a l'impression que l'Algérie mène la danse
12:02et que Macron fait des entrechars
12:05en donnant tort à son ministre de l'Intérieur
12:08et qu'on a des gens comme Apathy
12:10qui font des pointes en tutu rose,
12:12ça ne peut pas être une autre couleur.
12:14Donc l'Algérie se régale.
12:16Même en France, ils ont réussi,
12:20vous le rappeliez tout à l'heure avec une émission de télévision,
12:23à créer une dissension éthique, morale.
12:27Parce que normalement, il devrait y avoir une union absolue
12:31pour défendre un homme
12:33dont le seul reproche qu'on puisse lui faire,
12:36c'est d'avoir exercé sa liberté d'expression
12:39au sujet du Sahara occidental,
12:42la querelle marocaine.
12:44Voilà, c'est le seul reproche qu'on lui fait.
12:46Alors moi, je vais vous donner mon sentiment,
12:48je pense que le gouvernement algérien
12:51avec son président, M. Théboune,
12:53se sert absolument de boilem sans salle
12:57pour mener une guerre psychologique
13:00à l'intérieur et à l'extérieur.
13:02Et que pour l'instant, hélas, il gagne
13:05parce qu'on n'a aucune résistance psychologique
13:08ni physique ni juridique en France.
13:11Et ça, ils en sont absolument conscients.
13:14Vous avez été avocat, toujours,
13:18quoi qu'il arrive, jusqu'à la fin de sa vie,
13:21mais vous avez été aussi homme politique.
13:23Et c'est sur ce terrain politique
13:25que je voulais également vous interroger.
13:27Quelle est la meilleure stratégie politique
13:30pour un gouvernement, pour Emmanuel Macron,
13:32où vous disiez qu'il fait des entrechats
13:34pour contrer l'Algérie ?
13:36Et c'est là qu'il y a discussion.
13:37Est-ce qu'il faut une maintenir forte
13:39et avec une réponse gradée,
13:41et pourquoi pas, des sanctions ?
13:43Ou est-ce qu'il faut privilégier
13:45la discussion en sous-main
13:48pour arriver à la libération de M. Sansalle ?
13:51Écoutez, on en discute beaucoup.
13:53Vous pensez bien que ça fait partie
13:55de tous les débats politiques
13:56qu'on peut avoir entre nous.
13:58Personnellement, je suis arrivé à un moment
14:02où je trouve que l'Algérie
14:05tire un bénéfice énorme
14:08de notre immobilisme.
14:10Et si j'avais, moi personnellement,
14:12une décision à prendre,
14:14je serais intraitable.
14:16Voilà. Ils sont allés trop loin.
14:18Ils ont exprimé trop de mépris.
14:21Donc ça veut dire quoi concrètement ?
14:23Quelles sont les sanctions ?
14:24Concrètement, je romperai tous les accords
14:26avec l'Algérie. Voilà.
14:27Ce serait une affaire de 48 heures.
14:29Je leur ferai savoir...
14:30Combien de temps-là vous condamnez
14:31Boinem Sansalle ?
14:33Je crois pas.
14:35Je crois qu'à ce moment-là,
14:36ils en arriveraient à négocier.
14:38Parce qu'ils savent très bien
14:40qu'ils ont besoin de la France
14:42pour des tas de raisons.
14:44Et il y a la question de...
14:45Pourquoi on le fait pas ?
14:47Si ça paraît si simple.
14:49C'est pas simple.
14:51C'est une question de courage.
14:53Regardez.
14:54On a un président de la République,
14:56et je m'excuse de le dire,
14:57ça va peut-être déranger,
14:59mais qui se sert de cette querelle
15:01pour affaiblir son ministre de l'Intérieur
15:04au sujet de la question des OQTF.
15:06C'est quand même monumental
15:08de voir un président de la République,
15:10alors qu'on a un de nos concitoyens
15:12qui est pris en otage,
15:14prendre position contre son ministre de l'Intérieur
15:18dans la querelle avec l'État
15:20qui prend en otage notre concitoyen.
15:23C'est monumental de voir ça.
15:25C'est passé inaperçu,
15:27ça n'a pas été relevé,
15:28alors sous prétexte qu'il négocierait en sous-main.
15:30Non.
15:31La réalité, c'est que
15:33d'après les renseignements que j'ai,
15:35mais bon, on peut tous avoir des renseignements erronés,
15:37je ne dis pas que je détiens la vérité,
15:39mais d'après les renseignements que je détiens,
15:41le gouvernement algérien s'amuse.
15:43Là, ils sont dans une dimension
15:47d'exercice du pouvoir,
15:49de guerre psychologique triomphante.
15:52Et nous, on ne bronche pas,
15:53on ne fait rien.
15:54On a un ministre de l'Intérieur
15:56qui essaye de faire quelque chose,
15:57et on a un président de la République
15:59qui le contrecarre.
16:01J'entends ce que vous dites,
16:03je ne sais pas si M. Benedetti est sur la même longueur d'onde.
16:06Non, ce qui est sûr, c'est que les autorités algériennes
16:08connaissent très bien la vie politique française,
16:10manifestement,
16:11et ils savent très bien jouer sur les divisions
16:13et les faiblesses de notre société politique.
16:15Et d'ailleurs, ils l'ont fait, si vous voulez.
16:17Le président Tebboune,
16:19dans l'interview qu'il avait donnée
16:21chez vos conférences d'opinion,
16:23citait un certain nombre de Français
16:24qui, à ses yeux, étaient estimables.
16:26C'était en général ceux qui considèrent,
16:28en effet, qu'il faut faire preuve
16:30d'une forme de bienveillance vis-à-vis du pouvoir algérien.
16:33On a vu récemment le journal officiel
16:35du régime algérien El Moujaïd,
16:38qui a mis en une
16:40quatre photos de nos compatriotes
16:43qui, là aussi, à leurs yeux,
16:45sont des gens sur lesquels on peut s'appuyer.
16:47Bernard Stora, notamment,
16:49Jean-Michel Lapati,
16:51M. Guiraud,
16:53député de la France insoumise,
16:55etc.
16:56Donc, c'est indéniable qu'on voit bien
16:58qu'ils jouent sur les lignes
17:00de nuances qu'il y a à l'intérieur du gouvernement,
17:03n'ont pas forcément la même approche
17:05de la question algérienne.
17:06Mais moi, ce que je dis aujourd'hui,
17:07de toute façon, quoi qu'il arrive,
17:08il y a un état de fait.
17:09Il y a à la fois, en effet,
17:11j'allais dire une stratégie qui est
17:12une stratégie diplomatique,
17:14qui est plutôt celle, en tout cas, du Quai d'Orsay,
17:16il y a une stratégie de fermeté
17:17qui est celle de Bruno Rotailleau,
17:19et que, j'allais dire, presque mécaniquement,
17:21c'est-à-dire, ces deux stratégies
17:23qui ne sont pas automatiquement convergentes
17:26nous aident, nous, dans notre combat
17:28pour libérer Brunel-Sensal.
17:30Je crois qu'en effet,
17:31de toute façon, il faut négocier.
17:32À un moment donné, il n'y a pas d'autre chose à faire.
17:33La négociation fait partie de la vie,
17:35et notamment de la vie internationale,
17:36surtout dans ce genre de situation.
17:38Mais il faut aussi être capable
17:40de faire preuve de fermeté.
17:41Et je crois quand même que
17:43le changement de ton au sein du gouvernement
17:45par Bruno, par M. Rotailleau,
17:47a été utile dans cette affaire,
17:49et reste utile dans cette affaire.
17:50– Eh bien, je vais vous remercier tous les deux.
17:52Remercier Arnaud Benedetti,
17:54saluer une nouvelle fois votre implication
17:56dans ce dossier.
17:58Fondateur du comité de soutien de Boilem-Sensal.
18:01Et puis, saluer également Gilbert Collard,
18:03qui doit être dans son Sud.
18:05– Oui, ensoleillé.
18:07– Son Sud natal, je ne sais pas s'il...
18:09Vous êtes né dans le Sud.
18:11– Oui, je suis né à Marseille, bien sûr.
18:13– Vous êtes né à Marseille.
18:14Bon, bah écoutez, c'est bien.
18:16– Bien sûr, bien sûr, je suis un vrai Marseillais.