"Je veux que toutes ces filles aient un espoir pour leur futur."
Quand les talibans ont repris le pouvoir, elle a décidé de résister de l'intérieur. Alors Kathera, 28 ans, a créé une école clandestine pour que les jeunes Afghanes puissent continuer à apprendre. Elle témoigne.
Quand les talibans ont repris le pouvoir, elle a décidé de résister de l'intérieur. Alors Kathera, 28 ans, a créé une école clandestine pour que les jeunes Afghanes puissent continuer à apprendre. Elle témoigne.
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00:00l'islam ne permet pas aux hommes de se marier avec des filles de 12 ans
00:05et l'islam ne permet pas aux familles de vendre leurs filles pour des problèmes financiers.
00:10C'est mon travail de créer une société démocratique pour la prochaine génération.
00:16C'est une jeune activiste pour les droits des femmes,
00:18nommément menacée par les talibans et qui donc se cache
00:22mais essaye de continuer de résister dans son pays contre les talibans.
00:31Je me souviens vraiment du jour où les talibans sont arrivés.
00:34C'était dimanche matin le 15 avril 2021.
00:45C'était le jour noir pour toutes les femmes afghanes.
00:48Je travaille au gouvernement,
00:50j'ai fait beaucoup d'activités dans ma société en tant qu'éducatrice.
00:55Mais quand ils sont arrivés, nous avons été bandés de toutes les activités légales.
00:59Ils nous traitaient comme des citoyens secondaires.
01:25Une personnalité presque publique hyper engagée
01:28a une jeune femme prostrée dans son salon obligée de se cacher et de se taire
01:32parce que ses idées font qu'elle est une cible.
01:34Depuis le retour des talibans, les femmes désertent les facultés,
01:59les universités, les salons de beauté.
02:01Il faut savoir que même dans les vitrines des magasins,
02:04les mannequins femmes vont être décapités.
02:07Tout ça, c'est des images très fortes qui montrent que tous les jours,
02:10on essaye de les écraser et de les invisibiliser.
02:13Elle, elle continue de se battre sans relâche.
02:15Chaque minute de sa vie est dédiée à son combat pour les femmes,
02:20pour les droits des femmes.
02:21Et donc, elle va créer par exemple cette école clandestine
02:23en allant voir les pères de famille dans le village,
02:25en proposant soi-disant des cours de cuisine.
02:28Et derrière ces cours de cuisine,
02:29elle apprend à ces jeunes filles à écrire, à lire.
02:33Et tout ça, c'est un acte de résistance qui est hyper fort pour elle.
02:59Et c'est dans ce contexte qu'en fait, elle va m'écrire.
03:02Notre premier appel, c'est vraiment un moment très fort
03:05parce que moi, je suis dans le privilège d'un appartement parisien
03:09où tout va bien.
03:10Et elle, elle est à 6 000 kilomètres de là, prostrée, cachée,
03:13dans un salon obscur.
03:14Et pourtant, on va parler de ce qu'elle écoute comme musique,
03:17de la musique, de la musique.
03:19C'est vraiment un moment très fort.
03:21C'est vraiment un moment très fort,
03:22parce que moi, je suis dans le privilège d'un appartement parisien
03:25où tout va bien.
03:26Et en fait, on va avoir vraiment une conversation très vite,
03:29amicale, sans avoir ce rapport et cet éloignement
03:33des 6 000 kilomètres qui vont nous séparer.
03:35Ces femmes, on ne peut pas les oublier.
03:37Elles m'ont tellement touchée,
03:38elles m'ont tellement habitée à travers tout ce qu'elles m'ont raconté
03:41que c'était essentiel de pouvoir confier tout ça
03:44et de pouvoir recueillir tout ça dans un objet, dans un livre.
03:47Et ce qu'on raconte, c'est un récit de l'intérieur d'une résistante.
03:56Sous-titrage Société Radio-Canada