Journaliste, Diane a dû fuir le Burundi en pleine crise politique en laissant son mari et ses enfants. Son premier jour en France, voilà comment elle l'a vécu.
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00:00Ce qui m'a frappée pour la première fois, c'est une anecdote, j'ai vu comment les Parisiens, chez nous ça n'existe pas.
00:08On peut s'asseoir à côté de quelqu'un sans dire bonjour. J'étais choquée pour la première fois, je vous avoue.
00:15Mais après je me suis habituée, voilà.
00:18Je m'appelle Diane Akizimana, je suis du Burundi.
00:23Au début, je suis venue, c'était dans une formation.
00:28Mais entre temps, mon pays traverse une crise, même maintenant, une crise politique,
00:34qui a fait qu'en tant qu'ancienne journaliste, c'était risqué de rester au Burundi.
00:41À la fin de la formation, j'avais déjà pris la décision de rester,
00:45parce que j'ai mis du temps pour y réfléchir quand même, parce que j'avais des enfants au Burundi,
00:50qui étaient restés au Burundi, et j'ai commencé à faire 115.
00:55Etant une femme seule, c'est peut-être ça qui m'a sauvée la vie, pour avoir des places du jour au jour.
01:02J'avais des petites nuités avec Emmaüs, une semaine peut-être de répit,
01:11mais après ça repartait, il fallait appeler, il fallait appeler, il fallait appeler.
01:15Et c'est très long.
01:18J'ai mis quand même quatre mois, à peu près,
01:21avant que la maison des journalistes accepte de m'accueillir dans l'association.
01:28Donc ici, c'est la maison des journalistes.
01:32On avait beaucoup d'échanges avec les lycéens.
01:34Ils n'arrivaient pas à comprendre qu'il y avait un pays où la liberté d'expression était tellement bafouée
01:39qu'à un moment donné, ils me disaient, finalement, on a de la chance.
01:43Je dis oui, je disais oui, j'avais de la chance.
01:46Il faut profiter de cette liberté et surtout ne pas bafouer la liberté de l'autre,
01:50parce que c'est une richesse qui dépasse tout, je trouve.
01:55À vrai dire, ça ne ressemble à rien, on dirait un grand hangar,
01:59mais tous les journalistes ont des petites chambres.
02:06Ils essaient de vous donner une domiciliation parce que c'est compliqué.
02:11Ils essaient aussi de faire des démarches avec vous pour vous aider à avoir des papiers de réfugiés.
02:18Il y en a tellement d'autres dans le monde qu'ils essaient de faire tourner, il y a une rotation.
02:22Donc une année, plus d'une année, ils commencent à chercher la suite.
02:27Dans cette logique, le travail social m'a aidée.
02:30Il a trouvé l'association Réfugiés Bienvenus et il m'a fixé un rendez-vous.
02:35C'était pour rencontrer les personnes, les deux personnes qui m'ont accueillie après.
02:40On est à Châtelet et c'est là que j'ai rencontré pour la première fois le couple Céline et Adrien,
02:47qu'elle m'a présenté à l'association Réfugiés Bienvenus.
02:52C'était impressionnant de voir les jeunes gens aider sans rien demander, gratuitement.
02:59Ça m'a vraiment impressionnée.
03:01Ils m'ont montré la maison, ils m'ont montré ma chambre et j'ai passé une année merveilleuse.
03:08Quand ils se sont paxés, j'étais chez eux, on a fait la fête.
03:12Ils m'ont présenté toute la famille, les parents, les deux côtés.
03:15Je faisais partie de la famille.
03:18Je trouvais qu'ils étaient incroyables de me donner cette confiance déjà.
03:23Malgré les difficultés de la vie, malgré tout ce qu'on peut traverser,
03:27il faut se dire qu'il y a des gens comme des anges gardiens qui sont là, qui n'attendent rien de vous.
03:34Et voilà, je commençais à entrer dans le milieu professionnel.
03:37C'est vrai que je n'ai pas fait le journalisme, mais ça me permet de vivre.
03:41Après, ma famille est venue.
03:43Du coup, oui, j'ai le droit de prétendre à la naturalisation quand même.
03:49Sinon, voilà, je suis là, avec ma famille, avec le travail.
03:57Et là, je vis comme tout le monde, quoi, ici.
04:00On est là, on se dit qu'on est nul, qu'on est zéro, zéro.
04:03Mais après, avec le temps, on se dit que ce n'est pas la fin.
04:08Surtout qu'il y a des gens qui sont prêts à t'aider.
04:11Ça te pousse à avancer.