Dans le Perche, ces éleveurs laitiers ont décidé de quitter le système industriel. Désormais, leur lait, ils le vendent eux-mêmes. Et pour eux, ça change tout.
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00:00Bienvenue dans le Perche, je suis producteur de lait avec ma femme et avec deux de mes voisins,
00:05on a décidé de quitter le système industriel, de vendre notre lait en direct en faisant toute
00:10notre production en lait UHT. On a décidé de faire un lait de qualité, responsable,
00:14bon pour le consommateur, bon pour nous et bon pour la planète. Pendant ce temps-là,
00:18à Éperet dans le Perche, ces éleveurs laitiers ont décidé d'arrêter de travailler avec le
00:27grand groupe Lactalis. En 2018, ils ont lancé leur propre marque Purperche, un pari risqué pour
00:35ce couple qui s'occupe désormais lui-même de la vente de ses 1500 litres de lait produit chaque
00:40jour. Donc là, c'est la stabilisation des vaches laitières, il y en a à peu près 80.
00:46On nous coûte 350 euros ou 370 euros pour produire 1000 litres de lait. Pour donner
00:57juste un curseur, en 2009, crise laitière, le lait était payé 212 par les industriels.
01:04A chaque fois qu'on sort 1000 litres de lait, on perd 150 euros. Financièrement,
01:08on avait cette épée de Damoclès, c'est-à-dire que lorsqu'on fait des mauvaises années,
01:13on a des trous financiers, il fallait impérativement qu'on trouve de l'oxygène.
01:17Nous, la situation, elle était tellement difficile qu'on s'est posé la question de savoir comment
01:23sortir de l'exigence financière. Les revenus dégagés leur permettent actuellement tout juste
01:28de couvrir leurs charges. Ils espèrent atteindre la rentabilité dans quelques mois. Pour cela,
01:33ils prévoient d'agrandir le réseau des fermes membres de la marque pour réduire les coûts
01:38logistiques comme le transport et de diversifier leur activité avec la fabrication, par exemple,
01:43de crème ou de beurre. Le truc qu'il faut avoir en tête, c'est qu'en France, peu importe la
01:49production, je dirais qu'on respecte un certain nombre de normes pour ne pas qu'il y ait de
01:52pollution pour le bien-être annuel, etc. Et avec la mondialisation, on est mis en concurrence directe
01:57avec des produits qui arrivent hors Europe, qui n'ont pas du tout toutes ces normes-là,
02:02qui peuvent produire sans normes de gestion des effluents d'élevage, sans bien-être, etc. Et
02:08ces produits-là arrivent dans les rayons. Forcément, ils sont moins chers. Les personnes
02:14qui produisent ça n'ont pas tous ces investissements-là à rembourser. Donc,
02:18ils peuvent produire beaucoup moins cher. Ça, ça provoque ce qu'on appelle une distorsion de
02:22concurrence. Et ça explique les écarts de prix dans les rayons. On va aller voir les prairies.
02:27Samuel et Aurélie ont aussi changé leur mode d'élevage. Aujourd'hui,
02:32les animaux ne sont rentrés qu'en hiver et passent toute la belle saison à l'extérieur,
02:35dans les pâturages. Ça, c'était des anciens champs de culture qui ont été remis en herbe.
02:41Une démarche plus vertueuse, mais qui a pour conséquence d'avoir fait baisser la quantité
02:45de lait produit par leurs vaches d'environ 30%. Au niveau des industriels, ce qu'on recherche,
02:52c'est produire beaucoup de lait. Les vaches ont une productivité assez conséquente. Et avec l'herbe,
02:59elles chutent en lait. Et pour nous, c'était difficile de suivre notre industriel à ce niveau-là.
03:06Les prairies, ça permet, au niveau de la biodiversité, de faire vivre tout un tas
03:11d'insectes et d'animaux. Ça stocke le carbone dans le sol. Ça, c'est bon pour les bilans carbone.
03:17Et puis, c'est sain pour les animaux. C'est naturel, tout simplement. Petit à petit,
03:22les choses évoluent. Et ça, c'est bien. Il ne faut pas qu'il y ait un fossé qui se creuse
03:27entre les agriculteurs et la société.