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Hôpitaux, EHPAD, mairies... En France, les cyberattaques ont été multipliées par 4 en 1 an.
Brut s'est rendu à Angers, où les services de la ville sont complètement paralysés.

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Transcription
00:00Je n'aurais pas cru qu'on serait amené potentiellement à réactiver la taxe du mois 1.
00:06Je me manquais souvent de ma collègue parce que je lui disais
00:08tu n'as plus besoin de ce code postal ou d'un internet.
00:11C'est là qu'on s'aperçoit qu'on est vraiment dépendant de l'informatique
00:16puis surtout on a l'impression de régresser.
00:18Pour Brut, je vous emmène à Angers où une cyberattaque paralyse depuis plusieurs jours
00:22les sites web et les services de la mairie.
00:24Là je suis dans le hall du public, il n'y a plus aucun ordinateur qui marche,
00:27il n'y a plus aucun écran allumé par mesure de sécurité.
00:30Les employés ne doivent plus utiliser leur ordinateur.
00:32Donc c'est un retour au papier et au crayon ici.
00:35Plus d'informatique, donc on n'a plus qu'un téléphone.
00:37Et puis plus d'informatique, plus d'internet.
00:40On a ressorti le code postal de 1989
00:43qui va nous permettre d'avoir toutes les collectivités de France
00:47avec leur code postal pour leur adresser nos courriers.
00:51Vous voyez qu'on fait maintenant en manuscrit.
00:53On multiplie par 2 voire par 3 tout ce que l'on doit faire
00:56puisqu'il faut tout faire de manière manuscrit.
00:59Donc en écrit.
01:01On tourne par demi-journée sur les postes parce que c'est beaucoup plus fastidieux.
01:05Dans l'ascenseur, il y a une affiche qui s'écrit
01:07« N'ouvrez pas vos ordinateurs ce lundi matin.
01:09Une cyberattaque a eu lieu ce week-end et endommage tout notre système d'information. »
01:13Le pire qui pourrait nous arriver, ce serait de ne plus avoir d'électricité.
01:16En plus, on n'ait plus les ascenseurs, la lumière, etc.
01:19Parce que pour le reste, on est en mode extrêmement dégradé
01:22où chacun fait un peu ce qu'il peut.
01:24Voilà ce qui nous relie à l'extérieur, à l'heure qu'il est.
01:26On avait pourtant eu un débat sur le fait de savoir si ça valait le coup de conserver ce fax.
01:30Et puis on s'était dit qu'on ne sait jamais, ça pouvait toujours servir.
01:33Mais je ne pensais pas qu'on en aurait l'usage dans ce début d'année 2021.
01:37Il sert typiquement, comme hier, à envoyer le dépôt de plainte au procureur
01:42de manière à ce qu'il arrive en temps réel au lieu d'envoyer quelqu'un pour le porter.
01:47La cyberattaque a eu lieu dans la nuit du vendredi 16 janvier au samedi 17 janvier.
01:51D'abord, c'est le compte Twitter personnel du maire qui a été piraté.
01:54Et ensuite, une attaque d'une plus grande ampleur a visé les services informatiques et numériques de la mairie.
01:59Les gens entrent dans notre système, pour dire les choses de manière simple,
02:02et chiffrent, cryptent des fichiers qui, normalement, étaient accessibles
02:06rendant inutilisables toute une partie de l'architecture de notre système informatique.
02:13Il y a plusieurs types de cyberattaques qui sont, encore une fois,
02:17généralement le fait de mafias très bien organisés.
02:20Parfois, il s'agit, effectivement, de ce qu'on appelle des rançonnages.
02:23Donc, en clair, on crypte vos données ou bien on subtilise vos données
02:28et puis on vous propose de vous les rendre contre une rançon.
02:32Évidemment, personne n'entre dans ce jeu-là.
02:35À ce stade, on n'est pas en mesure de vous dire si, effectivement,
02:38une demande de rançon sera associée à cette cyberattaque comme nous ne savons pas.
02:43Aujourd'hui, nous n'avons pas la preuve que nos données ont été extraites de notre système d'information.
02:50L'impact de la cyberattaque dépasse le simple cadre de la mairie.
02:53Par exemple, samedi, la bibliothèque a dû fermer puisque la base de données n'était plus accessible.
03:00La plupart des services concrets se poursuivent.
03:02On n'a pas arrêté la collègue des ordures ménagères.
03:04On continue à alimenter en eau les robinets des 300 000 habitants de l'agglomération.
03:08En revanche, nous n'avons plus, depuis ce week-end,
03:12la capacité à pouvoir produire de manière normale le suivi de nos missions administratives.
03:17En clair, on ne peut pas délivrer, par exemple, un extrait d'acte de naissance
03:21à quelqu'un qui viendrait le chercher en mairie puisqu'on n'a pas accès.
03:23On n'allume pas les ordinateurs, donc on n'a pas accès à ces fichiers.
03:26Angers n'est pas la première municipalité à connaître ce genre de cyberattaques.
03:29Vincennes, La Rochelle ou encore Marseille ont connu des attaques en 2020.
03:33En France, c'est l'ANSI, l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information,
03:37qui lutte contre ces attaques.
03:38Dès le samedi matin, la mairie d'Angers s'est rapprochée d'eux.
03:41L'ANSI a mené 50 opérations en 2019 et 200 en 2020.
03:44Ça veut dire qu'en une seule année, le nombre de victimes de cyberattaques a été multiplié par 4.
03:49Celles-ci visent aussi bien les institutions publiques que les entreprises privées.
03:52Le poids de l'informatique dans la vie quotidienne des services publics n'a pas cessé d'augmenter.
03:56Et on nous encourage à ça.
03:57Le Covid, avec toutes les procédures à distance, avec le télétravail,
04:01il a fait qu'on a continué à mettre sur nos serveurs
04:04des fonctionnalités qui autrefois n'existaient pas.
04:06Et on s'est beaucoup plus concentrés sur le fait d'augmenter les services
04:10qu'on offrait à la population via le numérique
04:13qu'au fait de protéger l'architecture de ces systèmes.
04:16Ça ne veut pas dire qu'on n'a rien fait.
04:17Ça veut dire qu'on n'a pas mis assez d'intensité et assez d'efforts là-dessus.

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