"Il faut que le monde entier le sache, c’est un camp de la mort".
Dans cette prison syrienne, de nombreux opposants à Bachar al-Assad sont détenus dans des conditions effroyables. Envoyé spécial a retrouvé Emad, l’un des rares rescapés. Un témoignage rare. Glaçant.
Dans cette prison syrienne, de nombreux opposants à Bachar al-Assad sont détenus dans des conditions effroyables. Envoyé spécial a retrouvé Emad, l’un des rares rescapés. Un témoignage rare. Glaçant.
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00:00Les geôliers ne s'arrêtent que quand la personne devient une masse de sang.
00:05S'ils estiment qu'il n'y a pas assez de sang, ils continuent.
00:16C'est d'une telle sauvagerie qu'on a du mal à imaginer des êtres humains capables de tels actes.
00:31Cette Naya n'est pas une prison normale.
00:34Il faut que le monde entier le sache.
00:36Il faut savoir que c'est un camp de la mort.
00:38Un camp de la mort où Bachar el-Assad extermine tous ceux qui se sont révoltés contre lui.
00:52Pour commencer, ils nous ont tous déshabillés et ils nous ont fouillés partout.
00:57Ensuite, ils nous ont demandé de nous allonger par terre l'un après l'autre.
01:03Puis trois ou quatre soldats s'acharnaient sur chaque personne.
01:07Ils nous donnaient des coups de matraque, des coups de bâton.
01:10Et surtout, ils nous frappaient avec des gros morceaux de pneus de camion.
01:15Ils utilisent souvent ça à cette Naya.
01:21Les geôliers ne s'arrêtent que quand la personne devient une masse de sang.
01:26S'ils estiment qu'il n'y a pas assez de sang, ils continuent.
01:30Nous n'avions absolument pas le droit de parler entre nous.
01:33Jamais.
01:35Nous étions comme des statues.
01:37Les gardes nous répétaient « Vous et le mur, vous ne faites qu'un ».
01:41C'est-à-dire qu'il ne fallait surtout pas ouvrir la bouche.
01:45Nous étions tous très affaiblis, sans aucune force.
01:48La nourriture qu'ils nous donnaient était uniquement pour nous maintenir en vie.
01:52Ou plutôt en survie.
01:54Notre état de santé ne nous permettait absolument pas de supporter ces coups.
01:59À tel point qu'un simple rhume, une diarrhée banale tuait immédiatement.
02:04Je vous jure qu'en 2014, la diarrhée a tué des centaines de prisonniers.
02:09Les gens n'avaient plus que la peau sur les os.
02:11Ils n'avaient même plus de sang dans les veines.
02:24Sous-titrage Société Radio-Canada