• il y a 3 jours
"Emmanuel Macron qui retweete les vidéos des applaudissements à 20h pour le personnel soignant, ça vous inspire quoi ?
— Ça m'inspire de la tristesse, en fait. Je me dis qu'il n'a rien compris."

Le coup de gueule du Pr. Éric Caumes de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière.

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Transcription
00:00Cette reconnaissance, on l'a chaque jour à 20h au balcon de nombreux français.
00:06Emmanuel Macron qui retweet ses vidéos sur son compte personnel, ça vous inspire quoi de voir ça ?
00:17Je ne sais pas comment dire ça gentiment.
00:19Ça m'inspire de la tristesse en fait. Je me dis qu'il n'a rien compris.
00:26C'est-à-dire ?
00:28C'est des gestes dont ces personnes ont besoin.
00:30Ce n'est pas de musique et encore moins de bons mots.
00:36Aujourd'hui, il faut aller à la reconnaissance, qu'elle soit financière, qu'elle soit en termes de matériel ?
00:41La reconnaissance en termes de matériel, ça apparaît quand même le minimum.
00:45Parce qu'on ne peut pas envoyer des combattants au feu sans équipement de protection.
00:51C'est absolument impossible.
00:53On n'imaginerait jamais ça de la part de pompiers ou de la part de militaires.
00:58Donc il est normal que le personnel des hôpitaux exige, et pas que des hôpitaux d'ailleurs, des EHPAD.
01:05Il y a plein de prisons, il y a plein de domaines où on est concerné par ce problème de matériel.
01:12Donc ça, c'est effectivement le minimum.
01:14Mais après, comme je l'ai dit, il y a des revendications du personnel des hôpitaux,
01:19représentées par un comité de défense de l'hôpital.
01:22Et ça serait bien de leur délivrer autre chose que des bons mots.
01:28On sait que depuis un an, l'hôpital public a souvent manifesté.
01:33Il y a eu des grèves dans les services des urgences pour réclamer plus de moyens.
01:36Aujourd'hui, on se retrouve face à une épidémie sans précédent,
01:39mais en tout cas sans précédent sur les dernières décennies, voire le dernier siècle.
01:42Entre les revendications qu'il pouvait y avoir ces derniers mois,
01:46et aujourd'hui, dans la pratique de ce qui se passe actuellement face à cette crise inédite,
01:51comment ça se passe ?
01:53Écoutez, ça se passe pour l'instant bien, grâce à tout le monde.
02:01Grâce aux infirmières, aux aides-soignants, aux agents hospitaliers, aux agents techniques,
02:07aux médecins, à l'administration, aux directeurs.
02:11Tout le monde, du bas en haut de l'échelle, travaille d'arrache-pied.
02:16Donc ça se passe plutôt bien, mais c'est un coût humain et un coût social qui est important pour ces personnes-là,
02:26qui ne voient parfois pas leur famille depuis des semaines, ou en tout cas plusieurs jours.
02:32Donc on y arrive.
02:34Après, il est évident qu'il faudra faire un geste pour ces personnes-là, ces combattants du feu.
02:42Ce n'est quand même pas normal que pour l'instant on ne leur ait adressé que des mots,
02:48encore des mots, toujours des mots, et qu'il n'y ait pas eu de geste,
02:52alors qu'il y a eu beaucoup de promesses pour le milieu industriel,
02:57ce que je comprends très très bien, il n'y a aucun problème,
03:00mais ça serait bien de faire un geste aussi pour ces personnels qui ont des revendications
03:06qui ont été à peine écoutées et certainement pas satisfaites.

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