Partez à la rencontre de Clément Sordet. De son enfance à Lyon au golf de Lyon Salvagny, au DPWorld Tour en passant par ses années sur le Challenge Tour, le Français de confie.
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00:00Clément, j'aimerais bien que tu me parles déjà de comment tu as commencé le golf en fait.
00:16J'ai commencé le golf, j'avais je pense 5 ans. J'avais fait un stage dans le sud-ouest de la
00:22France avec mes parents. Famille de golfeur donc du coup à la base. Oui, famille de golfeur. Ma
00:26mère ne joue plus. Mon père est président de l'AS Golf de Lyon-Salvagne. J'ai commencé,
00:32je faisais un stage comme ça où on pouvait faire plein de sports différents. J'ai testé le golf
00:37et j'ai adoré. Qu'est-ce qui t'a plu justement dans le golf qui en plus on s'imagine à l'époque
00:42ce n'était pas forcément le sport pratiqué par peut-être tous tes copains à l'époque.
00:46Oui, je n'avais aucun de mes potes qui jouait au golf. Je faisais beaucoup de tennis de base.
00:51J'avais énormément d'entraînement par semaine. Le golf, pour moi j'adorais le sport individuel.
00:58J'ai un tempérament plutôt calme et je trouvais que ça allait vraiment bien avec ce sport. C'est
01:05un sport où on joue contre le parcours, on joue contre les autres aussi mais surtout contre soi-même
01:10parce que c'est un sport qui est quand même énormément dans la tête. Donc moi j'adorais.
01:14Tu as de souvenirs justement de cette première, la première on va dire,
01:18premier coup qui t'a fait basculer dans le virus ?
01:20Le premier coup peut-être pas mais je me souviens qu'une des premières fois j'avais retourné une
01:26voiturette avec mon frère. C'était à Omaha Beach. Comment ça retourner une voiturette ?
01:32J'avais pris un chemin, j'avais envie de conduire la voiturette et je ne sais pas comment je me suis
01:38débrouillé mais j'ai fait en sorte de retourner la voiturette. Je n'arrive pas trop à me souvenir
01:41quand est-ce que je me suis dit que j'avais vraiment envie d'en faire mon métier. Les
01:45choses se sont fait un petit peu naturellement. J'ai plutôt une bonne carrière amateur. Après
01:51j'ai décidé de partir aux Etats-Unis et c'est vraiment en rentrant des Etats-Unis où je me
01:55suis dit ouais j'ai envie de me lancer et de commencer ma carrière pro.
01:58Carrière amateur justement, tu es passé par les pôles France, tu as fait tout on va dire le
02:03cursus traditionnel. Je me souviens je t'avais rencontré un match amical France-Angleterre
02:11en 2010. Il y a douze ans déjà, qu'est-ce qu'il te reste de cette époque où il y avait notamment
02:18si mes souvenirs sont bons Mathieu de Cotigny-Lafond qui est toujours là,
02:22il y a Gérard Blandot-Casanova, Romain Vattel je crois qui était là aussi.
02:26Non pour moi c'est des souvenirs de dingue. Après j'ai vraiment fait tout le cursus de la
02:33FED où j'ai intégré le pôle Espoir pour mon année de seconde. Après j'ai fait le pôle France,
02:38j'ai fait le pôle France à Terre Blanche, après je suis parti aux Etats-Unis. Je suis un joueur de
02:43la FED pure souche. T'en es fier de ça ? Oui j'en suis fier, pour moi c'était une opportunité de
02:49dingue de pouvoir justement faire du golf en mettant que les études. J'ai jamais voulu arrêter
02:55les études tôt, c'est pour ça que je suis parti aux Etats-Unis après mon bac pour avoir une sorte
03:00de roue de secours. La FED a fait énormément de choses pour moi et j'en suis très reconnaissant.
03:07Je fais au fil des années, je ne fais pas trop sur du long terme des objectifs. Déjà je passe
03:29le bac cette année, je vais essayer de l'avoir. C'est pas gagné mais après j'ai essayé d'aller
03:36aux universités aux Etats-Unis à la rentrée 2011. Je vais voir quelques coachs aux Etats-Unis
03:43pour en parler. Quand tu revois des images, je ne sais pas si t'en as revu, je prends l'exemple de
03:51ce match amical entre la France et l'Angleterre. Quand tu vois où t'en es maintenant, qu'est-ce
03:57que... Clément il se dit qu'il a quand même bien vieilli, il a pris des petites barbes blanches
04:03mais non pour moi c'est des matchs où on voit qu'il y avait des Fleetwood, il y avait des
04:08super joueurs et on les retrouve un petit peu tous les jours au tournoi donc c'est génial. Il y
04:14en a beaucoup qu'on ne voit plus malheureusement parce que le sport est un sport quand même très
04:17très sélectif. Mais non ça fait plaisir de voir les autres qui jouent bien. L'expérience américaine
04:24c'était obligé pour toi d'en passer par là, d'aller aux Etats-Unis, de tenter l'aventure ?
04:29Oui j'ai toujours été attiré par les Etats-Unis, je sais qu'après le bac je voulais absolument aller
04:35là-bas, je n'avais pas envie d'avoir juste le bac et passer professionnel, j'avais envie
04:39d'avoir une roue de secours. Tu as fait quoi comme études d'ailleurs ? J'ai fait du marketing,
04:44j'ai un diplôme de business marketing donc j'ai passé les quatre ans là-bas à l'université de
04:49Texas Tech. Grand souvenir pour toi ? Ouais souvenirs de dingue. Si je pouvais recommencer
04:54les quatre ans là maintenant, je le referais sans hésiter.
05:08Ça c'est ma carte des Etats-Unis, j'ai marqué où est-ce que je suis allé et où est-ce que je vais
05:14aller pour les quatre ans. J'ai marqué que je suis allé en Californie avec celui qui est dans
05:20ma chambre, je suis allé à Houston tout seul, ici c'est où est-ce qu'on est, là c'est où est-ce
05:25que celui qui est dans mon équipe vit. Je vais aller aussi en Floride à tous les deux, je suis
05:30allé en Ohio tout seul. Ils ont des conditions de travail, des installations de dingue, il faut
05:37bien le dire. Tout est à leur disposition, tout est très bien organisé au niveau scolaire,
05:44sportif, déplacement sur tournoi etc. Il y a deux énormes zones de wedging avec une grande zone
05:53de putting avec plein de bunkers de partout, des pentes. On peut travailler à peu près tous les
05:58coups, tous les types de coups, toutes les distances. Honnêtement c'est une expérience de dingue,
06:02j'avais deux teammates dans mon équipe qui avaient des jets privés, donc on voyageait
06:07quasiment la plupart du temps en jet. J'avais une bourse complète pendant quatre ans, j'ai rien
06:12payé et c'est une opportunité de dingue. Ça t'a apporté quoi maintenant quand tu regardes
06:17dans ton golf de maintenant et peut-être le golfeur que tu es, ça a passé par les Etats-Unis ?
06:24Oui, aux Etats-Unis il y a la culture américaine déjà et puis l'expérience de tous les parcours
06:30différents et en fait on a vraiment ce goût à vouloir jouer sur le pidgey tour. Si on ne connaît
06:37pas, on ne sait pas vraiment ce que c'est mais les Etats-Unis c'est de la folie, il y a tout qui est
06:42plus grand là-bas, il y a des golfs de dingue. On sent que c'est la culture là-bas le golf ?
06:46Le sport en lui-même. Moi j'étais dans une université où on était 30 000 étudiants et
06:51notre stade il avait 65 000 places, plus grand que le stade de France. Donc déjà pour dire,
06:55le sport c'est dingue, c'est ouf. Justement ces souvenirs de l'université américaine,
07:05c'était souvent vous étiez par équipe, t'as gardé un lien, c'est des liens forts que tu
07:11utilisais, tes teammates, c'est des liens qui restent à vie ? Oui parce qu'on passe quand même
07:1624 heures sur 24 avec ce genre de l'équipe. Moi je suis toujours en contact avec tous mes potes
07:22d'université, on s'est revus il n'y a pas très longtemps, ils sont venus en Europe et c'est une
07:28expérience de dingue. Puis même on joue avec des super joueurs, j'ai côtoyé Jordan Spieth,
07:33Justin Thomas, j'ai joué beaucoup de fois avec John Rahm, Brazen de Chambaud, donc c'est tous des
07:38noms qu'on voit à la télé et on a envie d'aller les rejoindre. Je t'en parlais tout à l'heure,
07:42les plus beaux parcours que tu aies pu jouer, si tu pouvais en choisir trois par exemple,
07:45les plus beaux endroits où tu as eu la chance de jouer ? J'ai eu la chance de jouer plusieurs fois
07:50Pebble Beach en université, j'ai fait l'US Open là-bas, après je dirais Cypress Point qui est
07:56un golf qui est juste à côté. Ultra privé aussi ? Ultra privé aussi et un encore plus privé,
08:01j'ai eu la chance de jouer au Gustav National. Mais pas pendant le Masters ? Pas pendant le
08:06Masters pour l'instant. Et pourquoi ces parcours-là, particulièrement Cypress et les Pebbles au
08:10Gustav, on sait pourquoi ? Il y a le parcours en lui-même déjà et puis il y a tout ce qu'il y a
08:15autour, Cypress Point, je pense qu'il y a des points de vue qui sont incroyables. Moi j'adore
08:19cette région de Monterrey aux Etats-Unis. Après au Gustav, ça reste au Gustav et Pebble Beach c'est
08:26mythique et puis le fait d'avoir joué en US Open là-bas, c'était quand même dingue. Parle-nous
08:30de cette US Open, qu'est-ce que t'en gardes comme expérience de majeur ? De la folie, clairement,
08:36parce que j'ai joué aussi le British Open, pour moi c'était encore un niveau au-dessus de l'US Open.
08:41Le fait de voir Tiger, je tapais des balles juste à côté de Rory et Jordan Spieth,
08:47donc ça fait quand même quelque chose. Et puis ouais, j'en garde un souvenir de dingue. J'ai des
08:52potes qui étaient venus me voir et je mets un long put pour passer le cut au 18 au dernier
08:58trou pour passer le cut, donc c'était fou. C'est dur justement dans ces tournois de rester joueur
09:04et pas être spectateur de tout ce que tu vois, tu disais des Tiger, des Rory... Ouais c'était
09:09compliqué. Les deux premiers jours ça allait, mais c'est le week-end où je me suis peut-être
09:15laissé un petit peu emporté par ça, parce qu'on voyait tous les meilleurs joueurs et c'est pour
09:18ça que j'ai fait peut-être un, je dirais pas un mauvais week-end, mais j'ai pas très très bien
09:21joué le week-end, mais maintenant j'en garde une expérience de dingue. On en parlait, les joueurs
09:28les plus bizarres, les plus fous avec qui t'es joué ? Les plus fous, je dirais
09:35Bryson de Shambo, parce qu'il fait quand même les choses différentes avec ses
09:41clubs, mais après moi je pars du principe que c'est pas une idée débile et
09:47je pense que c'est le plus fou, le plus perché un peu on va dire. Le plus talentueux ? Le plus
09:54talentueux, il y en a un qui me vient en tête, c'est Victor Dubuisson, il a un toucher de balle
10:02qui est incroyable et puis tout ce qu'il a fait, il a une créativité de dingue. Pour moi il joue
10:08au golf en fait, il est pas là à chercher technique, c'est un artiste, vraiment il cherche
10:13à jouer au golf et à mettre la balle dans le trou avec le moins de coups possible et c'est un peu
10:19le principe du golf. Quand tu vois ce qu'il a fait, tu le dis au championnat de match play,
10:23ce qui a fait sa renommée finalement, même en Ryder Cups, toi qu'est-ce que tu te dis quand
10:30t'as vu ça ? Je pense que t'as vu ça en direct, à la télé. Il y en a qui pourraient dire que c'est
10:37un coup de chance, mais il ne l'a pas fait qu'une fois, donc c'est grâce à sa créativité
10:42et puis il ne se pose pas mille questions. Il sent un coup, par exemple le coup qu'il a fait au
10:48match play contre Jason Day, il n'a pas fait 12 000 kits d'essai, il n'a pas regardé un peu tout ce
10:53qu'il y avait autour du green, il a vu le truc, il a tapé direct et il a fait un coup fabuleux et
10:57c'est ça qui est incroyable. C'est étonnant, ça t'a étonné sur le coup ou non ? Tu te dis c'est
11:01Victor, on le connaît. Oui c'est Victor, après il est comme ça, quand il sent quelque chose je pense
11:07qu'il n'a pas besoin de réfléchir mille ans, c'est comme pour nous tous dès qu'on sent un coup,
11:12on a envie de taper vite le coup, on n'a pas envie de réfléchir mille ans et ça aide énormément.
11:16Partagé, vous avez le même coach, vous avez dû souvent jouer les parties ensemble,
11:20c'est une chance de pouvoir côtoyer un joueur comme ça, comme Victor Dujusson ? Oui on prend
11:26des exemples, clairement on voit un petit peu, on peut se comparer aussi au niveau du toucher de
11:31balle et on en est tous loin.
11:47T'es avec Benoît Ducoulombier, sans le cacher un des meilleurs coachs en France.
11:53Je pense même le meilleur coach en France, après il opère un petit peu différemment des autres
11:59joueurs, par exemple moi je sais que ça fait plusieurs années que je suis avec lui, on a dû
12:04prendre deux vidéos et ce qui est incroyable c'est qu'il sent tout de suite les choses, moi il me
12:10connaît par cœur, il sait exactement quoi me dire, à quel moment. C'est un coach un peu à l'ancienne ?
12:16Alors on peut dire qu'il est à l'ancienne du fait qu'il n'utilise pas trop les dernières
12:20technologies mais il voit tout de suite en fait et pour lui il y a des choses qui sont hyper
12:26importantes, il y a grippe, posture, alignement, c'est déjà les trois choses, si c'est pas carré,
12:31il regarde même pas le reste et je dirais aussi que c'est quand même un préparateur,
12:38il a un petit côté préparateur mental, il n'y a pas une fois où j'ai quitté une séance avec lui
12:43où je me sentais aux fraises, je me sentais pas bien et c'est ça qui est vachement important.
12:48Tu sens à chaque fois un avant et un après quand tu vas le voir ?
12:51Souvent j'y vais, j'ai l'impression qu'il me manque un petit truc pour que ça se débloque
12:57et que je passe au niveau supérieur, il arrive toujours à trouver ce petit truc et je sors
13:02d'une séance, j'ai qu'une envie c'est d'aller en tournoi. C'est justement ce côté un peu psychologue,
13:07on va dire qu'il te ressemble un peu mais il est calme, il va trouver le mot juste, il est
13:12plutôt zen et toi c'est quelque chose qui te correspond ? C'est toujours important de s'entourer
13:16des personnes qui nous ressemblent. Moi je sais que Benoît il est très zen, très calme et pour
13:21l'instant moi ça me va à merveille. Ton plus grand souvenir sur d'autant de vies professionnelles
13:28pour l'instant ? Mon plus grand souvenir je dirais l'US Open ou peut-être ma deuxième place aussi
13:36quand j'ai fini deuxième en Thaïlande. Pour te qualifier pour le British ? Pour me qualifier
13:41pour le British, c'était la première fois où je jouais vraiment un gros tournoi où il y avait
13:46quand même des gros noms. C'est pas Lee Westwood qui gagne ? C'était Jimmy Donaldson, j'avais fait
13:49une dernière partie avec Lee Westwood et Jimmy Donaldson et sinon il y a ma victoire à Oman
13:54en finale pour monter sur le tour.
14:45J'ai du mal encore un petit peu à réaliser ce qui vient de se passer. Je pense que ça va me prendre un petit moment mais
15:00maintenant je suis tellement tellement content. J'ai bien commencé la journée en commençant par un
15:04birdie donc ça m'a mis tout de suite dedans et après j'ai très bien joué tout au long de la
15:08partie. J'ai fait un petit 3 putts vers la fin qui m'a fait un peu stressé mais maintenant je
15:14suis resté calme et je me suis occupé de mon jeu et pas du jeu des autres donc je pense que c'est
15:18grâce à ça que j'ai réussi à gagner. Honnêtement je pense que c'est pas gagné même si la semaine dernière j'ai
15:22fait une belle troisième place et voilà c'était un peu dans la continuité de ce que je faisais
15:28avant donc vraiment je suis super content.
15:34Justement cette victoire à Oman, c'est quoi les souvenirs quand je t'en parle comme ça ? C'est quoi ce qui te revient tout de suite ?
15:40Déjà ça me donne le sourire mais les finales c'est quand même assez compliqué
15:44parce que là à l'époque c'était 15 joueurs, j'étais 11e ou 13e avant la finale donc il faut
15:50une bonne semaine et là le fait d'avoir gagné c'était ouf parce que ça me permet justement de
15:55finir deuxième sur le classement général. C'est quoi les sensations ? Je sais que c'est dur à dire
16:01mais les sensations qu'on a quand on rentre ce putt de la victoire, c'est des sensations qui
16:06restent ancrées ? Oui c'est des sensations qui restent, pas très longtemps mais on a vraiment
16:13l'impression d'être le roi du monde. Clairement moi je me souviens à l'aéroport quand je suis rentré
16:16j'avais l'impression d'être le king. Personne ne savait ce que j'avais fait mais moi je me
16:20sentais tellement heureux. Après une victoire en fait t'as l'impression qu'il peut rien t'arriver
16:25c'est assez bizarre comme sensation. Le trophée le plus bizarre que t'es dû
16:30à soulever. Raconte nous un peu ce trophée en Norvège. Je pense direct à ça en plus. C'était
16:37un casque de viking et je sais qu'il y avait aussi une épée et d'ailleurs je me souviens le photographe
16:43il m'avait dit c'est quoi met le casque, prends l'épée et soulève là et là je me suis dit
16:47oh la connerie cette photo elle va le faire. Tu sais déjà qu'il va te faire chambrer ?
16:52Oui tout de suite déjà le casque mais pas du tout, il est grand, il est de travers. L'épée
16:56elle était hyper lourde et quand je revois cette photo moi ça me fait rire. Après une victoire
17:01reste une victoire je m'en fous du trophée. On t'en reparle encore de ce trophée ? On en a reparlé.
17:05Le tournoi on va dire qui t'a fait le plus mal ? Moi j'en ai en tête mais...
17:13Oui j'en ai en tête, je pense qu'on a le même, l'Open de France. L'Open de France il y a 3 ans,
17:182 ou 3 ans. C'est vraiment un tournoi où j'en ai fait des cauchemars, il est
17:25complètement sorti de ma mémoire mais je pense que j'ai énormément appris grâce à ce tournoi.
17:31Malheureusement je vais te demander de nous raconter un peu ce qui s'est passé.
17:34J'ai fait un petit trou kata au 18, une grosse grosse kata et je m'étais mis trop de pression,
17:42clairement j'avais mis beaucoup trop de pression et puis c'était une période de ma vie où je
17:48me sentais pas très bien au golf. Je me souviens cette année là j'avais joué à Wentworth et à
17:52la fin du tournoi j'étais en mode mais qu'est-ce que je fous là ? Donc c'est jamais bon signe de
17:56jouer le plus gros tournoi de l'année et de se dire vraiment qu'est-ce qu'on fait là.
17:59Et pourquoi ? Parce que...
18:00Ouais je me sentais pas bien, c'est pas que j'avais pas ma place mais je me sentais pas bien,
18:03je jouais pas bien au golf, j'étais pas... ouais j'étais pas bien dans ma peau.
18:08Pourtant t'étais sur le tour quoi, t'étais sur le tour et encore on l'écoute.
18:11Ouais pourtant j'étais sur le tour, c'était ma première année en plus sur le tour,
18:12j'avais tout pour être heureux. Depuis que je suis petit je rêve d'être sur le tour et puis
18:16j'y étais et c'est absolument pas passé comme ça. Mais non j'ai... pour moi ce dernier trou m'a
18:23énormément appris, les choses se sont passées différemment, enfin avec le Covid c'était un
18:29petit peu compliqué donc j'ai dû redescendre sur Chalenchours.
18:31Parce que pour revenir dans le contexte je crois que tu fais 4 putts, 5 putts sur le 18 ?
18:36Non en fait je mets deux balles dans l'eau je crois, pour te dire je me souviens qu'elles
18:42y en ont plus. Je mets deux balles dans l'eau et en fait pour moi je pensais que j'avais deux putts
18:47pour passer le cut mais au final j'en avais trois et le dernier je le finis sur un pied et je le rate.
18:53Il y avait trop de calcul dans ta tête à ce moment là tu penses ?
18:55Bah tous s'égoupillaient tellement vite en fait, parce que j'étais 25e du tournoi je crois avant
19:00le dernier trou et d'un coup en fait je mets une balle dans l'eau, tac, de là j'avais les mains
19:06qui tremblaient sur le wedge, j'avais l'impression que je pouvais rester, que je pouvais mettre dix
19:09balles dans l'eau, c'était ouf. Je sais pas si c'était une crise de panique ou un truc vraiment
19:14bizarre et ouais il y a tout qui se passe hyper vite et non j'ai énormément appris là dessus,
19:20maintenant j'ai plus peur de tout ça et ça m'est jamais arrivé encore là dessus.
19:25Bah justement on va dire que c'est ce tournoi qui te coûte un peu la carte et ta saison,
19:29en quoi c'est compliqué cette vie de golfeur pro et de conserver son droit de jeu ? On en
19:35parlait tout à l'heure sur le parcours. C'est compliqué parce que d'une année à l'autre en
19:40fait on peut se retrouver du Challenge Tour à l'European Tour ou l'inversement où en fait
19:45il n'y a aucune garantie, il n'y a aucune garantie, on peut très bien faire cinq super années et la
19:50sixième on peut jouer horrible et se retrouver avec plus rien du tout. Donc c'est ça en fait que
19:55les gens ont du mal à se rendre compte, c'est qu'on est constamment sous pression. C'est cruel
19:59un peu, tu peux être très très haut, très très bas, on a l'impression que c'est un peu
20:04l'ascenseur émotionnel même d'une semaine sur l'autre. Exactement après c'est là où il faut
20:08se dire qu'il faut profiter quand on est sur l'European Tour ou dès qu'on joue bien, il faut
20:14vraiment en profiter et pas se pourrir tout seul. Et ouais on se dit qu'on a un métier de dingue,
20:19on fait plein de voyages, on a la potentialité de gagner très très bien notre vie. Donc non
20:25ouais on n'a absolument aucune raison de se plaindre. Cette année là justement tu avais
20:29des doutes, tu disais tu étais pas à deux doigts d'arrêter quand même. Après ce que je veux
20:35demander vraiment, je veux demander qu'est ce que je fais là parce que justement cette Open de France
20:40m'a vraiment pris une grosse claque. J'ai commencé à travailler après avec Makis, mon ancien
20:46préparateur mental qui m'a énormément aidé. Pour te reconstruire ? Ouais pour me remettre sur le
20:51doigt de chemin parce que moi clairement je pensais qu'à ça j'ai mis plusieurs mois à m'en remettre
20:57et ouais c'était très compliqué. La reconstruction comme ça c'est, on se dit qu'on est parti pour un
21:04long chemin, on se dit qu'il faut prendre étape par étape déjà. Ouais il faut prendre étape par
21:08étape et puis je savais que je jouais quand même plutôt très bien, j'ai eu plusieurs victoires sur
21:12le Challenge Tour et ouais c'est là qu'on se dit le golf ça se joue à rien parce que si je finis
21:18par un par, même un bogué ou un double bogué sur ce trou, je passe le cut, potentiellement je
21:23garde ma carte et ouais les choses auraient pu se passer différemment. Après j'aurais très bien
21:27pu mal jouer les dernières saisons, redescendre sur le Challenge Tour. Je pars du principe que
21:33rien n'arrive par hasard et ouais je pense que ça m'a énormément servi et puis je dirais pas
21:40que je me sens plus fort mais en fait je sais ce que j'ai vécu sur le sur l'European Tour,
21:46je sais ce qui me manquait. Et qu'est-ce qui te manquait justement ? Il me manquait de la régularité,
21:51techniquement pour moi j'étais pas assez bon alors que là j'ai vraiment l'impression d'être
21:54carré. Au niveau de mon swing je me connais par cœur, je sais que si je fais un mauvais coup je
21:59sais exactement d'où ça vient, mon petit jeu s'est vachement amélioré, mon wedging aussi et puis
22:05voilà il n'y a plus qu'à, clairement il ne faut pas avoir peur en fait de réussir. Souvent on a peur
22:11de perdre, de mal jouer mais on peut aussi avoir peur de réussir et c'est peut-être ça aussi que
22:17que j'avais à ce moment là et maintenant j'ai plus peur.
22:31Est-ce que tu peux nous décrire un peu ton swing ? Comment tu le juges ton swing ? Alors mon swing,
22:35je le trouve plutôt très bon sans aucune prétention mais en fait j'essaye de mettre le
22:44moins de trajectoire possible à la balle donc j'essaie d'avoir plus un swing de corps donc faire
22:50travailler les gros muscles et avec Benoît on travaille des choses simples, toujours la même
22:55chose c'est de l'alignement, des petits checks en posture. T'as un bon rythme quand même aussi,
22:59le rythme c'est quelque chose, moi j'ai l'impression de voir un peu un swing à la Greg Averet. Oui
23:03ben alors je prends ça pour un compliment et justement la semaine dernière on a travaillé
23:08beaucoup sur le fait de taper des pleins coups et d'avoir l'impression de taper à 80% parce que
23:15l'erreur que j'avais c'était de faire que des coups à 100% et puis après faire 90, 80, 70 alors
23:20que là le tempo c'est ce qu'il y a de plus important et le fait d'avoir l'impression de taper des coups
23:24à 80% moi ça me battra très bien. Merci Clément. Merci à toi. Super.