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Gérald Darmanin, garde des Sceaux et ministre de la Justice, s'exprime au sujet de la mise en examen de Mohamed Amra, placé en détention provisoire à l'isolement.

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Transcription
00:00Aujourd'hui, nous ne sommes pas capables de garantir que ça ne se reproduise pas,
00:04puisque notre difficulté dans l'administration pénitentiaire et au ministère de la Justice,
00:08c'est d'abord manifestement un défaut de compréhension de qui sont ces narcotrafiquants.
00:13Il y a 17 000 narcotrafiquants aujourd'hui dans les prisons françaises.
00:18Nous n'avons pas été capables dans l'affaire Amram, manifestement,
00:21de bien savoir qui était extrêmement dangereux,
00:23parce que nous n'avons pas su regrouper toutes les informations.
00:26Il y avait plusieurs affaires dans plusieurs juridictions différentes.
00:29Et M. Amram, qui était dans un régime de détention, on va dire, classique à la maison d'arrêt des Vreux,
00:34aurait dû être mis à l'isolement dans un lieu spécialisé.
00:38Et donc d'abord, nous devons améliorer cette information.
00:41C'est le principe du parquet national anti-criminalité organisé
00:43que nous créons en ce moment au Parlement.
00:45La commission des lois de l'Assemblée nationale l'adopte la semaine prochaine, je l'espère,
00:49puis définitivement à la mi-mars, avec un juge d'application des peines centralisé,
00:54ce qui n'existe pas aujourd'hui pour les narco-bandits, comme ça existe pour le terrorisme.
00:58Et puis ensuite, il nous faut une prison ou des prisons de haute sécurité.
01:01Ça n'existe pas aujourd'hui, y compris la prison de Condé-sur-Sarthe, où est M. Amram.
01:06Il y a d'autres criminels qui, peut-être, ne présentent pas la même dangerosité pour l'extérieur.
01:10Donc il nous faut une prison spécifique pour ces narco-trafiquants.
01:13Et je l'ai même dit, des prisons spécifiques,
01:15puisqu'il y a entre 600 et 700 personnes comme ça qu'il faut sans doute isoler du monde extérieur.
01:21Et puis, il nous faut un régime de détention qui nous permet d'éviter les extractions judiciaires.
01:25Donc là, la difficulté que nous avons, c'est quand on devra faire témoigner ou entendre
01:30ou faire signer des documents à M. Amram, il faudra le sortir de sa prison
01:33pour l'amener devant le juge d'instruction,
01:35ce qui pose évidemment des questions de dangerosité très fortes.
01:38Je rappelle que c'est lorsqu'il a été voir un juge d'instruction à Rouen
01:42que le drame d'Ackerville s'est déroulé.
01:44Et donc, avec le régime de détention que je propose au Parlement,
01:48il n'y aura plus ces sorties de prisonniers dangereux,
01:51puisqu'il s'agit bien de parler que des personnes les plus dangereuses,
01:53puisque le régime de la visioconférence sera généralisé, comme c'est le cas en Italie.
01:59Et puis enfin, il nous faut bien évidemment pouvoir rendre hermétique à la communication extérieure
02:05les détenus qui utilisent des stratagèmes extrêmement sophistiqués,
02:10qui utilisent la menace, la corruption sur les agents pénitentiaires.
02:13Et donc, aujourd'hui, non, je ne peux pas vous garantir que cela ne se reproduise pas.
02:17Mais j'espère qu'au 31 juillet prochain, cela ne se reproduira pas,
02:20puisqu'il y aura la prison de sécurité que nous créons,
02:23un nouveau régime de détention extrêmement difficile pour les 600 ou 700 détenus les plus dangereux,
02:29et par ailleurs, un parquet national et une police spécialisée
02:32qui ne s'occupera que des narco-bandits, comme c'est le cas dans le terrorisme.
02:36Mais en attendant, j'ai donné évidemment des consignes d'extrême fermeté
02:38pour que les personnes les plus dangereuses, comme M. Amra, soient particulièrement surveillées.

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