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Transcription
00:00A la suite du succès du premier opus, l'équipe est rappelée pour tourner deux nouveaux films simultanément qui sortiront respectivement en 2005 et en 2007,
00:08car il est bien connu que Disney aime battre le fer tant qu'il est chaud.
00:11Et pour le coup, cette fois-ci, ce qui aurait pu être un accident industriel de par la rapidité de sa mise en place et sa gestion chaotique durant le tournage,
00:18va s'avérer être une incroyable surprise.
00:20Ted Elliot et Terry Ruscio, les scénaristes, mettent du cœur à l'ouvrage et font du récit la plus grande force de ce second opus.
00:27On développe ici plusieurs arcs et on met en avant cette ribambelle de personnages qui ont tous quelque chose à raconter.
00:32Le film a pour lui de ne pas forcément s'appuyer sur son aîné.
00:35Il est totalement dissociable de la saga de par son esthétique et son parti pris encore plus sombre.
00:40Cannibalisme, exécution, cœur brisé, fin tragique, c'est ce qui vous attend dans un live-action Disney destiné au plus grand nombre.
00:47Et c'est ce qui se fait de mieux en termes de divertissement grand public, car tout est parfaitement dosé pour que tout le monde y trouve son compte.
00:53On ne crée pas une histoire pour simplement la mettre au service de personnages populaires.
00:57On prend tous ces personnages populaires et on la met au service d'une histoire.
01:01Une histoire bougrement bien racontée, qui fait preuve d'une fabuleuse originalité dans son traitement,
01:05tout en s'inspirant des récits littéraires les plus connus.
01:08Le développement de Jack Sparrow n'est pas sans rappeler un certain Peter Pan.
01:11Tous deux se battant pour leur quête de liberté, pour leurs idéaux et leur vision du monde.
01:15Et celui de David Jones fait écho au capitaine Nemo.
01:18Deux commandants vivants pour l'océan, indissociables de leurs navires respectifs.
01:22Le Hollandais volant et le Nautilius, pouvant naviguer sur l'océan mais aussi dans l'océan.
01:28David Jones, plus qu'un simple antagoniste, est le personnage le plus intéressant à suivre.
01:32Trahi par l'amour de sa vie, Calypso, et donc par l'océan, qui le gardera prisonnier et qui le transformera en monstre.
01:39David Jones est le maître absolu et contrôle les eaux par la tyrannie à l'aide de son arme redoutable, le Kraken.
01:45Il gouverne sans foi, sans cœur littéralement, parce que Calypso sait l'océan, et Jones en est tombé amoureux.
01:52Il n'a pas supporté que cette force irrésistible ne soit pas à son entière disposition, et il l'a donc enfermé dans un corps mortel.
02:00« Non, non, on dit que c'est de l'océan qu'il est tombé amoureux. »
02:03« Même histoire, différentes versions, et elles sont toutes justes. »
02:07C'est là la double fonction de Calypso.
02:09Les choses célestes incarnées dans une enveloppe charnelle, et donc une histoire d'amour plausible avec quelque chose que l'on ne peut pas toucher physiquement.
02:16C'est la pudique description de la foi.
02:18Le problème c'est qu'en enfermant Calypso, il a laissé l'océan vulnérable,
02:22tombant dans les mains d'un modernisme qui la cartographie, lui fixe des frontières, et donc lui retire tout son sens de liberté.
02:28« L'immatériel est à présent... immatériel. »
02:34Ce seront les mots de Cutler Beckett, véritable antagoniste du film, qui va se servir de la cupidité des pirates pour son compte,
02:41et va les enfermer dans un conformisme qu'ils ont eux-mêmes aidé à façonner en emprisonnant Calypso pour leur compte.
02:47Jusqu'à ce que Barbossa ait l'idée de la libérer dans le troisième opus.
02:51Davy Jones et Barbossa ont en commun les nombreux péchés qu'ils ont commis en mer.
02:55Jones porte la mort sur lui, il est devenu un monstre.
02:58Pareil pour Barbossa, simplement Barbossa n'a jamais perdu sa foi profonde dans l'océan.
03:02C'est pour cela que Calypso, l'équivalent de Dieu, le ramène à la vie.
03:06Et dans cette nouvelle vie, il se répand de ses péchés en la libérant.
03:09« Ah, nous avons apprivoisé l'océan, oui ! Mais nous avons ouvert la porte à Beckett et ses spies ! »
03:17Le film se conclut donc par le retour de Barbossa pour le plus grand bonheur de tous.
03:22Vous l'aurez compris, Davy Jones est un personnage bien plus profond qu'il n'y paraît.
03:26Son histoire est passionnante et son introduction, après une heure de film, est encore une fois divine.
03:31Comme quasiment toutes les intros de personnages du film qui racontent toujours quelque chose.
03:35Jack Sparrow apparaît sur nos écrans comme renaissant de ses cendres.
03:38Il a retrouvé son Black Pearl et donc sa raison de vivre.
03:41Beckett se positionne directement comme le personnage qui tire les ficelles.
03:44Il ramène la tempête avec lui.
03:46Il est la conséquence des actes d'Elizabeth et de Will.
03:49Il est au-dessus car même le gouverneur ne peut rien contre son autorité.
03:52Contrairement à Norrington qui lui a tout perdu en voulant faire face à la piraterie,
03:56jusqu'à embrasser sa cause pour mieux la détruire de l'intérieur.
03:59Tous ces personnages constituent un vrai bonheur à suivre.
04:02Les réels comme ceux en CGI,
04:04notamment Davy Jones qui est extrêmement déstabilisant de réalisme.
04:08J'en reviens toujours pas de me dire que ce film a plus de 15 ans
04:11et qu'il jouit d'un travail numérique bien plus abouti que la plupart des blockbusters actuels.
04:15Les décors réels, eux, sont tout aussi somptueux.
04:17Et s'il vous faut comprendre qu'un décor en CGI ne vaudra jamais un décor réel,
04:21regardez Jungle Cruise, production Disney de 2021,
04:25et Le secret du coffre maudit juste après.
04:27Vous comprendrez ce que je veux dire.
04:29Je me sens souillé et nauséeux.
04:31Tout est magnifiquement détaillé.
04:33Le sound design est dingue.
04:35Les textures sont ultra réalistes.
04:37Cette scène avec l'homme incrusté dans le bateau en est l'exemple parfait.
04:40C'est ultra satisfaisant à voir, à entendre.
04:43On est pas loin de la SMR les gars.
04:44Et en plus c'est au service d'une mise en scène royale.
04:47Il suffit juste de se pencher sur l'impasse mexicaine en fin de film
04:50qui débouche sur un enchaînement faramineux.
04:52Et je vais commencer à être à court de superlatifs
04:54parce que la séquence est parfaitement maîtrisée,
04:56et même plus encore.
04:57C'est virvoltant, c'est drôle, c'est ultra lisible,
05:00ultra plaisant à suivre.
05:02Le rapport de force entre les trois protagonistes est parfaitement dosé.
05:05Et encore une fois, Gore Verbinski utilise chaque élément de son décor
05:08comme un personnage à part entière.
05:10C'est du Buster Keaton dans le texte,
05:12et c'est d'une incroyable inventivité.
05:14Cette inventivité, on la retrouve également dans la scène mettant en image le hollandais volant.
05:18C'est brillamment retranscrit.
05:19L'espace est superbement exploité.
05:21On sait où on se situe à chaque moment.
05:23Et puis franchement, quelle allure.
05:26Ce second opus est certes une simple commande pour engendrer du profit,
05:29mais elle est mise entre les mains d'artistes talentueux
05:31qui ont su tirer profit justement de cet univers,
05:34en offrant encore plus que le premier opus.
05:36C'est la marque de fabrique de Bruckheimer,
05:38aller encore plus loin, faire toujours plus que ce qui a été fait.
05:41Parfois ça donne des trucs pas très jolis à voir,
05:43mais pour Pirat des Caraïbes, ça va s'avérer plus que payant.

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