• il y a 2 ans

Le 11 mai 1996, le vol 592 de la compagnie ValuJet, réputée pour ses bas tarifs, décolle de Miami pour rejoindre Atlanta. Avant même l'envol de l'appareil, un incendie se déclare dans les soutes, mais aucun membre de l'équipage ne s'en aperçoit. Quelques minutes après le décollage, les pilotes prennent conscience du sinistre, mais il est déjà trop tard. L'avion pique du nez et s'écrase dans les marais des Everglades, en Floride, tuant les 110 passagers qui avaient pris place à son bord.

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Transcription
00:00 [Générique]
00:06 Salut à tous !
00:07 Très heureux de vous retrouver dans la case Docu-réalité de Direct 8
00:10 afin de vous proposer un nouvel épisode de la Minute de Vérité.
00:13 Le but pour nous est de reconstituer scrupuleusement les catastrophes naturelles
00:17 et de revenir sur les drames commis par la main de l'homme.
00:19 Nous sommes le 11 mai 1996 quand un avion décolle à destination d'Atlanta aux Etats-Unis
00:24 alors qu'un incendie s'est déclaré à bord.
00:27 Personne ne s'en aperçoit, 9 minutes plus tard l'appareil s'écrase dans les Everglades
00:31 tuant 110 passagers.
00:33 Voici son histoire, la Minute de Vérité tout de suite sur Direct 8.
00:37 Il fait chaud ce jour-là en Floride.
00:41 Un avion de ligne décolle en direction d'Atlanta en Géorgie.
00:47 A son bord, 110 personnes.
00:55 Mais quelques minutes après le décollage, l'appareil se met à faire de violentes embardées
00:59 avant de plonger dans les Everglades.
01:03 L'épave disparaît dans des marées infestées de crocodiles.
01:14 Pourquoi l'avion s'est-il écrasé ?
01:18 Grâce à la simulation informatique, nous allons vous montrer ce qui se cache
01:23 derrière un des drames aériens les plus déconcertants survenus aux Etats-Unis,
01:27 celui du vol ValuJet 952.
01:30 Les catastrophes sont rarement le fruit du hasard.
01:35 Elles résultent souvent d'un enchaînement d'événements malheureux
01:38 que nous allons tenter de reconstituer dans cette Minute de Vérité.
01:42 [Musique]
01:55 Etats-Unis,
01:57 Floride,
01:59 Aéroport international de Miami.
02:02 11 mai 1996, il est 11h20.
02:07 [Musique]
02:11 Jay Smith, 24 ans, est déposé à l'aéroport par son copain Scott Klyman.
02:16 Jay rentre chez lui à Montgomery, en Alabama.
02:19 Salut tes parents pour moi.
02:21 Salut, c'est OK.
02:23 Le lendemain, c'est la fête des mères et la famille Smith a hâte de revoir Jay,
02:27 surtout sa maman, Suzanne, qui l'adore.
02:29 [Musique]
02:32 C'est un enfant fantastique.
02:34 Je n'aurais pas pu avoir de meilleur fils.
02:36 Il est parfait à tout point de vue.
02:39 Il est un grand ami pour moi.
02:41 Il est un grand ami pour moi.
02:43 Il est un grand ami pour moi.
02:45 Il est un grand ami pour moi.
02:47 Il est un grand ami pour moi.
02:49 Il est un grand ami pour moi.
02:51 Il est un grand ami pour moi.
02:53 Il est un grand ami pour moi.
02:55 Il est un grand ami pour moi.
02:57 Il est un grand ami pour moi.
02:59 Il est un grand ami pour moi.
03:01 Il est un grand ami pour moi.
03:03 Il est un grand ami pour moi.
03:05 Il est un grand ami pour moi.
03:07 [Musique]
03:09 Ils partagent la une avec le terroriste islamiste Ramzi Youssef,
03:13 qui est accusé d'avoir posé une bombe au World Trade Center.
03:16 [Bruit de l'avion]
03:18 Le FBI sait que d'autres membres de sa cellule sont en cavale
03:21 et qu'ils peuvent frapper à tout moment.
03:23 Et les avions de ligne constituent une cible de choix.
03:26 [Musique]
03:30 Sue et Ron Carpenter s'apprêtent eux aussi à embarquer sur le vol 592.
03:34 Ils se sont mariés trois jours plus tôt sur un paquebot de croisière dans les Caraïbes.
03:38 [Musique]
03:40 Mike, le frère de Sue, est ravi pour eux.
03:42 [Musique]
03:44 Elle n'avait jamais été plus heureuse de sa vie et je crois que c'était aussi le cas de Ron.
03:47 Ils avaient des goûts communs, ils aimaient passer du temps ensemble.
03:50 C'était le couple parfait.
03:52 [Musique]
03:55 Plusieurs enfants vont embarquer sur ce vol.
03:58 Parmi eux, Andrew Leonard.
04:00 Son frère Jeremy.
04:02 Et leur sœur Tabitha qui va fêter ses 13 ans dans une semaine.
04:06 [Musique]
04:08 Les passagers du vol Valley Jet 592 sont priés de se présenter...
04:11 Au total, 105 passagers s'apprêtent à embarquer.
04:15 [Musique]
04:19 Ils voyageront à bord d'un DC-9.
04:22 Il s'agit d'un bimoteur avec un empennage en T facilement reconnaissable.
04:26 [Musique]
04:29 Le DC-9 qui existait alors depuis plus de 30 ans...
04:32 Avait autrefois été la clé de voûte des vols intérieurs américains.
04:35 Mais son histoire était émaillée de plusieurs tragédies.
04:38 [Musique]
04:41 Entre 1966 et 1996...
04:45 77 DC-9 avaient été victimes d'accidents qui avaient fait plus de 1800 morts.
04:50 [Musique]
04:52 Cet avion qui est alors en service depuis 27 ans...
04:55 Comporte plus de 68 000 heures de vol et appartient à la compagnie low-cost Valley Jet.
05:00 [Musique]
05:05 13h25...
05:08 L'hôtesse de l'air Mandy Summers accueille ses passagers.
05:11 Sa personnalité pétillante lui vaut le surnom de Mademoiselle Valley Jet.
05:16 Elle n'occupe ce poste que depuis quelques mois...
05:19 Mais elle espère avoir bientôt droit à une promotion.
05:22 Elle savait que ce n'était pas ce qu'elle voulait faire dans la vie.
05:26 Elle pensait que ce poste serait plus intéressant avant de commencer ce travail.
05:31 [Musique]
05:33 Les agents chargés de la manutention remplissent la soute à vente du DC-9...
05:38 Avec les bagages des passagers.
05:40 23 kg de courrier, des pièces d'avion dont trois pneus...
05:45 Et plusieurs cartons marqués "Comat" contenant du matériel appartenant à la compagnie.
05:50 [Musique]
05:58 Aux commandes se trouve le pilote Candaline Kubek.
06:02 On fera la check-list après.
06:05 Elle compte 2000 heures de vol sur DC-9.
06:09 Chez Valley Jet, elle est réputée pour son professionnalisme.
06:13 Elle avait ça dans le sang.
06:16 Être pilote, c'était sa vie.
06:19 Sans ça, elle n'était pas heureuse.
06:22 Surprise !
06:24 La veille, elle a fêté son 35e anniversaire.
06:27 L'équipage avait organisé une surprise pour elle à bord de l'avion à Dallas...
06:31 Et voulait qu'elle parte en goguette, ce qu'elle avait bien sûr refusé.
06:35 Birthday to you !
06:37 Elle m'a dit "Ils auraient dû savoir que je ne sortirais pas la veille d'un vol."
06:42 [Musique]
06:44 13h30
06:46 L'avion compte une demi-heure de retard.
06:50 Il y a quelques problèmes mécaniques.
06:53 Le pilote automatique ne fonctionne pas correctement.
06:56 Une jauge de carburant et le téléphone de cabine sont en panne...
07:00 Et le circuit hydraulique de secours donne des signes de fatigue.
07:03 Up your crossfit.
07:05 L'officier pilote de ligne, l'OPL Richard Hazen...
07:08 A fait partie de l'armée de l'air américaine pendant 20 ans.
07:11 [Musique]
07:14 Voler avec du matériel défectueux n'a rien d'inhabituel chez ValuJet.
07:19 La compagnie propose des vols à bas prix...
07:22 Et utilise des vieux avions achetés aux quatre coins du monde.
07:25 Avec 26 ans de moyenne, sa flotte est une des plus âgées des Etats-Unis...
07:29 Et elle a récemment connu plusieurs alertes.
07:32 [Musique]
07:35 Moins d'un an avant, le moteur d'un autre DC-9 de la compagnie...
07:39 A explosé sur la piste d'Atlanta.
07:42 Sept personnes ont été blessées par des débris en flammes...
07:46 Et la FAA, l'autorité fédérale de l'aviation civile américaine...
07:50 A ouvert une enquête sur la compagnie.
07:53 13h32.
07:56 Aérodrome d'Opal Oka, à une quinzaine de kilomètres de l'aéroport international de Miami.
08:01 Daniel Mulhaupt et son ami Rick Delisle...
08:04 S'apprêtent à sortir à bord du Peeper Arrow de Daniel.
08:08 [Musique]
08:12 A 13h41, les mécaniciens expliquant qu'ils ne peuvent pas réparer le pilote automatique avant le vol...
08:18 L'équipage décide de le couper.
08:21 Les voyants jaunes signalent des défaillances en gravité...
08:24 Et l'avion est donc prêt à décoller.
08:27 Le pilote et son OPL passent en revue les dernières étapes de la checklist décollage.
08:32 [Musique]
08:35 A 13h44, avec 44 minutes de retard sur l'horaire prévu...
08:39 Le centre de contrôle aérien donne finalement l'autorisation de décoller au vol 592, indicatif critère.
08:46 "Critère 592, autorisé à décoller, piste 7."
08:51 "C'est bon à droite ? Et c'est bon à gauche ?"
08:54 L'équipage dirige l'avion de 48 tonnes vers la piste pour y attendre le créneau horaire de décollage.
09:00 [Musique]
09:05 Il est alors 14h03.
09:08 63 minutes après l'heure prévue pour le décollage, le DC-9 s'élance sur la piste.
09:16 Le commandant Kubek relève doucement le nez de l'appareil.
09:21 Le vol 592 est enfin parti.
09:28 "Veuillez rester assis s'il vous plaît."
09:30 Comme à l'accoutumé, Jennifer Stearns, la chef de cabine principale, s'adresse aux passagers.
09:36 Le commandant Kubek entame son ascension pour atteindre son altitude de croisière de 10 500 mètres.
09:46 Jay Smith et les autres passagers se détendent et se préparent pour ce vol de 92 minutes en direction d'Atlanta.
09:54 [Musique]
09:59 Mais à 14h10, quelques minutes après le décollage, les passagers commencent à sentir de la fumée.
10:05 Mandy Summers s'efforce de les rassurer.
10:11 [Bruits de la fumée]
10:16 Mais la température monte et la fumée s'épaissit très rapidement.
10:20 De toute évidence, le vol Valujet 592 et les 110 personnes se trouvant à son bord ont de gros ennuis.
10:27 À 14h11, la situation empire encore.
10:35 De plus en plus de fumée se met à sortir du sol de la cabine et au même moment, un autre problème survient.
10:41 Les pilotes entendent une déflagration violente dans leur casque.
10:45 [Bruits de la fumée]
10:49 - C'était quoi ? - Je ne sais pas.
10:51 Ce qu'ils savent, c'est qu'il s'agit d'un problème électrique car l'APU, le groupe auxiliaire de bord, se déclenche aussitôt pour fournir de l'électricité.
10:59 C'est alors que la fumée envahit le poste de pilotage.
11:03 - Créterre 592, retour en urgence.
11:07 - Virer à gauche au 270, maintenez 7000 pieds.
11:11 - Quel est votre problème ?
11:13 Quel qu'il soit, il est très préoccupant.
11:15 - Fumée en cabine.
11:17 [Bruits de la fumée]
11:19 À environ 3 km, aux commandes de son avion de tourisme, Daniel Mulhaupt voit un gros avion effectuer un virage.
11:27 - On volait tranquillement et à 10 heures de ma position, j'ai remarqué un avion qui manœuvrait le long du canal.
11:35 14h11min30sec.
11:39 À bord du DC-9, Kandalin-Kubek se bat contre son avion. Il semblerait que les commandes ne répondent plus normalement.
11:45 En cabine, la température continue à grimper.
11:49 Jennifer Stearns fait alors irruption dans le cockpit et demande pourquoi les pilotes n'ont pas libéré les masques à oxygène des passagers.
11:59 - On a besoin d'oxygène à l'arrière.
12:03 - Impossible.
12:05 Les pilotes refusent.
12:07 Comprenant qu'ils n'arriveront pas à rentrer à Miami, ils demandent où se trouve l'aéroport le plus proche.
12:13 - Vecteur de la piste la plus proche.
12:15 - 592, vecteur de la piste la plus proche.
12:19 De là où il est, Daniel Mulhaupt comprend qu'un drame est en train de se jouer sous ses yeux.
12:25 - L'avion semblait incontrôlable.
12:29 14h13. Sur un des canaux, Chris Oseola pêche avec son oncle Sam Nelson.
12:35 Tous deux remarquent le DC-9.
12:39 - Sam, regarde cet avion.
12:41 Il dépasse quelques centaines de mètres au-dessus des deux pêcheurs.
12:45 - Je ne vois ni flammes, ni fumée. Le train est relevé. Il fait des manœuvres bizarres.
12:51 14h13, 34 secondes.
12:54 À bord, les passagers et l'équipage ont perdu connaissance.
12:58 14h13 et 42 secondes.
13:06 9 minutes et 27 secondes se sont écoulées depuis le décollage...
13:12 Lorsque le vol 592 s'écrase dans les Everglades.
13:16 Ces photos prises depuis l'avion de tourisme quelques secondes après l'accident
13:24 ne montrent qu'une flaque de carburant noirâtre à la surface des marées.
13:30 Daniel Mulhaupt avertit le contrôle aérien de Miami qu'il vient de voir un avion s'écraser.
13:36 Puis il se met à tourner à l'aplomb du lieu du drame
13:39 pour permettre aux services de secours de localiser l'épave.
13:43 Chris Oseola prend lui aussi des photos.
13:52 Lorsque les deux pêcheurs arrivent au sommet de la digue, il règne un calme inquiétant.
13:57 Les marées ont englouti l'avion de 48 tonnes.
14:01 On voyait rien, on entendait rien à part quelques oiseaux, mais on sentait une odeur de carburant.
14:09 Le lieu de l'accident est à 270 mètres de la digue la plus proche et à 14 kilomètres de la première route.
14:27 Les secours qui ne peuvent donc y arriver que par hydroglisseurs et par hélicoptères découvrent un spectacle horrible.
14:33 Félix Rimenes de la police de Miami-Dade est un des premiers à arriver sur place.
14:44 En m'approchant du lieu de l'accident, j'ai constaté qu'un avion s'était écrasé là, mais il était en tout petits morceaux.
14:53 Bonsoir, ceux qui nous suivent depuis cet après-midi savent qu'un accident d'avion terrible a eu lieu au nord-ouest de l'aéroport international de Miami.
15:00 Un DC-9 de Valujet avec 109 passagers et membres d'équipage en route pour Atlanta s'est écrasé dans les Everglades.
15:07 Tandis que la nouvelle se répand, les recherches continuent jusqu'à la tombée de la nuit pour trouver des survivants.
15:14 Mais c'est sans espoir.
15:18 Nous n'avons pour l'instant retrouvé aucune victime, aucun survivant, aucun corps.
15:24 Au bout de quelques heures, la nouvelle parvient aux familles des victimes.
15:29 Susan Smith apprend ce qui est arrivé à son fils adoré par un coup de téléphone.
15:34 J'ai entendu des cris horribles. C'était ma fille.
15:40 Elle m'a dit qu'un avion s'était écrasé au départ de Miami.
15:47 À l'instant où elle me l'a dit au fond de mon cœur, j'ai su que c'était celui de Jay.
15:53 La vie de Jay Smith, qui rentrait chez lui pour la fête des mères, s'arrête avant même d'avoir vraiment commencé.
16:02 Chez elle, la mère du commandant Québec, Marilyn Chamberlain, reçoit le même appel téléphonique.
16:14 Je me suis jetée par terre en tapant des poings, par désespoir, en me disant que ça ne pouvait pas être vrai.
16:20 C'était un cauchemar. Ça ne pouvait pas être vrai.
16:24 Parmi les enfants qui disparaissent ce jour-là se trouve Tabitha Leonard,
16:29 qui devait fêter son treizième anniversaire la semaine suivante.
16:32 Les journalistes interviewent Pat Stearns, le père de Jennifer, la chef de cabine de 21 ans.
16:41 Il est écrasé de chagrin.
16:43 Elle ne devait même pas travailler sur ce vol.
16:46 Une de ses collègues s'était fait porter pâle et elle l'avait remplacée.
16:52 Le désespoir s'accompagne de questions.
17:03 Pourquoi le vol 592 est-il tombé du ciel quelques minutes après sa sortie ?
17:09 Pourquoi deux pilotes aussi chevronnés ont-ils échoué à sauver leur avion ?
17:13 En retrassant le fil des événements qui ont conduit à ce jour fatidique,
17:23 et en analysant en détail l'enquête qui a été faite,
17:26 nous allons vous révéler ce qui s'est vraiment passé.
17:29 La simulation informatique va vous emmener là où aucune caméra ne peut aller.
17:36 Au cœur de la catastrophe.
17:39 A 1500 km au nord de Miami, à Washington,
17:48 un expert du NTSB, l'équivalent du bureau d'enquête et d'analyse, apprend la nouvelle.
17:53 Il a déjà dirigé deux grandes enquêtes pour le compte du NTSB,
17:58 mais il sait d'ores et déjà que celle-ci s'annonce comme un défi particulièrement difficile.
18:04 Je faisais le tour de la maison pour préparer ma valise,
18:07 toutes les télés étaient allumées et montraient des prises de vue aériennes de l'accident.
18:11 Je me demandais, sur un plan professionnel,
18:13 comment j'allais bien pouvoir mener cette enquête, car je ne voyais aucune épave.
18:17 Tandis que Greg Feith réunit l'équipe d'urgence,
18:21 il est filmé au caméscope par un responsable du NTSB.
18:25 Deux heures seulement après l'accident,
18:31 Greg Feith se retrouve à la maison pour se préparer à l'accident.
18:34 Deux heures seulement après la disparition du vol 592,
18:40 l'équipe est dans l'avion qui l'emmène à Miami,
18:42 et en route, elle survole le lieu de l'accident.
18:45 Ce qui lui donne matière à réflexion.
18:48 Il n'y a vraiment pas grand chose.
18:52 Plus de 800 DC-9 étant en service,
18:57 il est possible de voir le vol 592.
19:00 Mais compte tenu du lieu de l'accident,
19:03 Greg Feith sait qu'il va devoir reconstituer laborieusement
19:06 ce qui s'est passé, pièce par pièce.
19:09 Tous les indices, toutes les preuves qu'on rassemble, ont la même valeur,
19:15 jusqu'à ce qu'un scénario soit étayé par un certain nombre de faits.
19:23 Le vol 592 est de 10 mètres de long sur 12 de large.
19:27 Vêtus de combinaisons spéciales pour se protéger du carburant,
19:33 les membres de l'équipe de recherche travaillent côte à côte
19:36 pour passer les os somatres au peigne fin.
19:39 Mais ils parviennent à peine à sonder le marais.
19:42 En effet, sous l'eau se cache une couche de végétation épaisse et enchevêtrée.
19:47 Les hautes herbes coupent et entravent les hommes qui avancent comme ils peuvent.
19:52 Le vol 592 est de 10 mètres de long sur 12 de large.
19:55 Les membres de l'équipe de recherche travaillent côte à côte pour passer les os somatres au peigne fin.
19:59 Les membres de l'équipe de recherche travaillent côte à côte pour passer les os somatres au peigne fin.
20:03 Le vol 592 est de 10 mètres de long sur 12 de large.
20:06 Les membres de l'équipe de recherche travaillent côte à côte pour passer les os somatres au peigne fin.
20:10 Le vol 592 est de 10 mètres de long sur 12 de large.
20:13 Les membres de l'équipe de recherche travaillent côte à côte pour passer les os somatres au peigne fin.
20:17 Le vol 592 est de 10 mètres de long sur 12 de large.
20:20 Les membres de l'équipe de recherche travaillent côte à côte pour passer les os somatres au peigne fin.
20:24 Le vol 592 est de 10 mètres de long sur 12 de large.
20:27 Les membres de l'équipe de recherche travaillent côte à côte pour passer les os somatres au peigne fin.
20:31 Le vol 592 est de 10 mètres de long sur 12 de large.
20:34 Les membres de l'équipe de recherche travaillent côte à côte pour passer les os somatres au peigne fin.
20:38 Le vol 592 est de 10 mètres de long sur 12 de large.
20:41 Les membres de l'équipe de recherche travaillent côte à côte pour passer les os somatres au peigne fin.
20:45 Le vol 592 est de 10 mètres de long sur 12 de large.
20:48 Les membres de l'équipe de recherche travaillent côte à côte pour passer les os somatres au peigne fin.
20:52 Le vol 592 est de 10 mètres de long sur 12 de large.
20:55 Les membres de l'équipe de recherche travaillent côte à côte pour passer les os somatres au peigne fin.
20:59 Le vol 592 est de 10 mètres de long sur 12 de large.
21:02 Les membres de l'équipe de recherche travaillent côte à côte pour passer les os somatres au peigne fin.
21:06 Le vol 592 est de 10 mètres de long sur 12 de large.
21:09 Les membres de l'équipe de recherche travaillent côte à côte pour passer les os somatres au peigne fin.
21:13 Le vol 592 est de 10 mètres de long sur 12 de large.
21:16 Les alligators, attirés par l'effervescence inhabituelle, par l'épave et par son contenu, représentent une menace constante.
21:24 Des hommes armés sont donc déployés pour tenir les prédateurs en respect.
21:29 Pire encore, les hydroglisseurs et les équipes de recherche remuent la vase.
21:34 La visibilité sous-marine, qui n'était déjà que de quelques centimètres, tombe à zéro.
21:42 Le président du NTSB, Jim Hall, fait part de ces problèmes aux journalistes en toute franchise.
21:47 C'est le site le plus difficile que nous avons eu à explorer.
21:51 Pour essayer de voir quelque chose, l'équipe fait venir des radars spéciaux.
21:57 Mais la découverte est décourageante.
22:00 Sous l'eau se trouve une couche de boue épaisse et en dessous à 2 mètres de profondeur, c'est du calcaire.
22:07 Et l'avion s'est désagrégé en milliers de morceaux en percutant la roche.
22:11 [Explosion]
22:18 Malgré tout, on commence à assembler les premiers débris à l'aéroport de Kenda, Tamiami,
22:27 où les spécialistes du NTSB vont pouvoir les examiner soigneusement.
22:31 Mais les analyses préliminaires des moteurs laissent supposer que la réponse sera difficile à trouver.
22:39 Les débris, les herbes et la boue se sont incrustés en profondeur dans les carters moteurs.
22:44 Greg Feith sait que ça n'a vraisemblablement pu se produire que si les moteurs fonctionnaient normalement au moment de l'impact.
22:54 S'il ne peut pas encore rejeter l'hypothèse d'un ennemi moteur, il semble malgré tout que ça ne soit pas la cause de l'accident.
23:01 Pour résoudre ce mystère, le NTSB devra se surpasser.
23:09 Des membres du conseil du NTSB comme John Golia, un expert du DC-9, sont intégrés à l'équipe.
23:16 Lui aussi a du mal à accepter l'ampleur de la tragédie.
23:19 On ressent la pression et de l'émotion quand on sait que 110 personnes sont mortes sur la zone où on travaille.
23:28 C'est quelque chose qui vous ronge.
23:32 Pour les enquêteurs, la recherche d'indices est une tâche macabre.
23:38 À chaque fois que j'allais sur les lieux, comme je savais qu'il y avait beaucoup d'enfants à bord, le fait de voir les restes était très dur à supporter.
23:47 Ça a été très très difficile chaque jour.
23:51 Petit à petit, les familles et le grand public découvrent l'ampleur de la tragédie.
23:59 Quand on vit une chose pareille, on est prêt à tout donner pour faire revivre les disparus.
24:06 Je me souviens des images de l'épave.
24:09 Elles m'ont minée.
24:14 J'ai essayé de ne pas pleurer devant ma mère. J'allais dans la douche la nuit pour sangloter.
24:21 Petit à petit, des tronçons du DC-9 commencent à apparaître dans le hangar.
24:31 Lentement, les enquêteurs retrouvent, décontaminent et identifient des milliers de fragments.
24:36 Deux éléments sont censés les aider plus que tous les autres, l'enregistreur de paramètres et l'enregistreur phonique.
24:46 Mais ces boîtes noires, comme on les appelle souvent, demeurent pour l'instant introuvables.
24:52 Sans elles, l'enquête aurait été très difficile, car beaucoup de renseignements nous auraient manqué.
25:01 Malgré tout, l'équipe continue vaille que vaille et découvre que même en l'absence des enregistreurs, l'épave commence à fournir des renseignements des plus utiles.
25:10 Certains cadres métalliques des sièges ont fondu.
25:16 Les moquettes et les garnitures intérieures ont presque entièrement brûlé.
25:20 Dès lors, il est clair que la fumée, que Richard Hazen a été le premier à signaler, venait d'un brasier capable de faire fondre l'aluminium.
25:29 Les spécialistes estiment que la température en cabine devait atteindre au moins 815 degrés.
25:34 Mais même pour un expert du DC9, l'origine d'une telle fournaise demeure un mystère.
25:41 Nous savions qu'il y avait eu un violent incendie, mais ce qu'il signifiait et comment il s'était déclenché nous échappait.
25:48 Puis, alors qu'une des équipes sonde la vase des Everglades, un agent marche sur quelque chose de solide.
25:58 En voici les images.
26:00 Il vient de trouver l'enregistreur de paramètres. C'est une découverte capitale.
26:04 Super, on a une des boîtes.
26:08 Piétiner ce qu'on cherche n'est pas le meilleur moyen de faire une fouille, mais l'équipe est tout de même satisfaite.
26:14 Une bonne partie des recherches a été faite ainsi. On marchait sur quelque chose, qu'on remontait ensuite.
26:20 Quelques minutes plus tard, la boîte noire rejoint la terre ferme.
26:25 On a la boîte.
26:28 C'est ce qu'on cherchait.
26:30 C'est l'une des deux.
26:32 Elle est conservée dans l'eau pour que le mécanisme ne grippe pas et acheminée rapidement jusqu'à Washington pour analyse.
26:38 Si la boîte a résisté à l'impact, elle va fournir des données techniques capitales concernant le vol,
26:46 comme la vitesse air, l'altitude et les mouvements de l'avion.
26:50 Mais surtout, elle va dire si les moteurs de l'appareil étaient tombés en panne.
26:54 Mais lorsque les techniciens de Washington se penchent sur l'enregistreur, ils ne se montrent guère optimistes.
27:05 L'enregistreur de paramètres avait pris un mauvais coup.
27:11 Et lorsqu'on l'a vu pour la première fois au labo, on craignait de ne pas pouvoir en extirper de données.
27:16 En attendant, le NTSB étudie une éventualité plus effrayante.
27:21 L'incendie s'étant déclaré si rapidement et l'avion étant devenu totalement incontrôlable,
27:26 on envisage l'hypothèse cauchemardesque de l'attentat.
27:30 Les Etats-Unis vont-ils devoir expliquer que des terroristes agissent sur leur territoire ?
27:37 Greg Fyte doit impérativement percer le secret du vol 592.
27:50 Qu'a-t-il bien pu arriver à ce DC-9 qui effectuait un vol de routine ?
27:54 L'immense marée a-t-il été le lieu d'un crime ?
27:59 Nous devions déterminer s'il s'agissait d'un accident ou d'un acte délibéré.
28:05 Dans ce dernier cas, il était d'origine criminelle.
28:09 Au même moment, Ramzi Youssef attend d'être jugé pour le premier attentat du World Trade Center
28:17 et on sait qu'il comptait faire exploser des avions américains.
28:20 Si cet individu est derrière les barreaux, d'autres cellules terroristes sont toujours actives.
28:26 À ce moment-là, nous avons obtenu un élément nouveau qui n'a pas manqué de nous inquiéter,
28:33 à savoir les rapports des services de renseignement qui faisaient état de menace contre le transport aérien aux Etats-Unis.
28:42 Robert Starr, le chef d'un groupe uscule appelé "Milice libre" de la République de Géorgie, a été interpellé deux semaines plus tôt.
28:49 Lors de l'arrestation, les policiers ont saisi des composants servant à fabriquer une bombe.
28:55 À l'approche des G.I.O., un attentat de cette envergure serait idéal pour répandre la peur et la panique.
29:08 Les enquêteurs du NTSB qui collaborent avec les agents du FBI dépêchés sur les lieux
29:13 envoient des échantillons prélevés dans le cratère à un laboratoire du Bureau fédéral d'investigation
29:18 pour qu'on y cherche des traces d'explosifs.
29:20 Les enquêteurs sont sur les nerfs, mais c'est alors qu'ils franchissent une étape capitale.
29:25 Après des heures de travail minutieux, les spécialistes du NTSB ont réussi à récupérer les données de l'enregistreur de paramètres.
29:35 Les indices ne font aucun doute.
29:37 Il semble que l'avion a souffert de plusieurs problèmes mécaniques et électriques pendant plus de deux minutes.
29:43 L'enregistreur de paramètres lui-même est apparemment tombé en panne environ 55 secondes avant le crash.
29:49 Et le NTSB peut désormais écarter l'hypothèse de la panne moteur.
29:59 Les données de cet enregistreur montraient que les moteurs fonctionnaient.
30:07 À ce stade, les enquêteurs savent qu'un violent incendie faisait rage et que les moteurs fonctionnaient au moment du crash.
30:15 Mais c'est à peu près tout.
30:17 Tout reste encore à découvrir.
30:19 Retrouvé la deuxième boîte noire, l'enregistreur phonique s'avère désormais crucial.
30:32 C'est peut-être elle qui contient l'indice dont les enquêteurs ont désespérément besoin.
30:37 L'enregistreur de paramètres ne dit pas ce qui se passe dans l'avion.
30:42 L'enregistreur phonique, lui, pouvait nous fournir un indice sur l'origine du sinistre, car l'équipage parlait vraisemblablement de ce qui se passait.
30:50 Tandis que les équipes de recherche continuent de fouiller les marées, les enquêteurs cherchent des pistes ailleurs.
30:57 Ils savent que la compagnie Valujet fait l'objet d'une enquête en raison de la médiocrité de son bilan de sécurité.
31:04 Il y avait eu des problèmes opérationnels presque chaque semaine avant l'accident.
31:09 On avait peur de découvrir que Valujet n'assurait pas correctement la maintenance.
31:15 Dans cette compagnie, les intérêts financiers primaient-ils la sécurité ?
31:19 C'était la grave question qui se posait dans le cadre de l'enquête sur cet accident.
31:24 L'équipe du NTSB épluche donc l'histoire des problèmes récents de la compagnie.
31:29 La source de l'accident s'y trouve-t-elle ?
31:31 Effectivement, les enquêteurs découvrent que ce DC-9 souffrait de plusieurs pannes avant même de décoller, ce qui avait d'ailleurs retardé son départ.
31:40 Ils découvrent que le pilote automatique fonctionnait mal depuis deux jours.
31:45 Le carnet de route précise qu'une fois enclenché, il faisait faire le tour.
31:50 Les mécaniciens avaient essayé de le réparer, mais sans succès.
31:54 Par conséquent, l'équipage du vol 592 avait suivi la procédure standard et pris le contrôle manuel des commandes.
32:01 Les enquêteurs découvrent également que les fusibles du circuit hydraulique de secours avaient sauté, mais les mécaniciens les avaient réparés.
32:10 La piste s'avérait prometteuse, mais les experts ne sont pas.
32:16 La piste s'avérait prometteuse, mais les experts ne sont pas.
32:24 Il était clair que l'un ou l'ensemble de ces problèmes ne pouvaient pas provoquer d'incendie à bord.
32:32 Lorsque les résultats reviennent du laboratoire du FBI, les enquêteurs, les organisateurs des Jeux Olympiques et le gouvernement fédéral poussent un grand soupir de soulagement.
32:44 Ce n'était pas une bombe incendiaire ni un explosif.
32:48 Pour nous, c'était une inquiétude de moins qui allait nous permettre d'envisager l'accident sous un autre angle.
32:55 Désormais, l'hypothèse de l'attentat terroriste peut donc elle aussi être écartée, mais Greg Feith n'arrive toujours pas à résoudre le mystère.
33:04 Retrouver l'enregistreur phonique reste la meilleure chance de déterminer l'origine du désastre.
33:12 Dimanche 26 mai. Les recherches exténuantes durent depuis deux semaines et ce jour-là, un membre de l'équipe manque à l'appel.
33:20 C'est pourquoi Felix Rimenes, un des premiers policiers à être arrivé sur les lieux, se porte volontaire pour le remplacer.
33:29 Les recherches étaient très éprouvantes. Il faisait autour de 30 degrés, il y avait beaucoup d'humidité, des orages presque tous les jours qui nous obligaient à évacuer le site.
33:40 Malgré tout, la nouvelle que tout le monde espérait tombe enfin.
33:43 J'ai dit une courte prière et dès qu'on a repris les recherches, quand j'ai plongé ma perche dans l'eau, j'ai senti que j'avais buté dans du métal.
33:50 J'ai plongé la main et j'ai ressorti l'enregistreur phonique.
33:53 C'est un moment capital pour toute l'équipe.
34:09 Cet enregistreur apporte un éclairage dramatique sur les derniers instants de l'équipage.
34:14 Tout d'abord, les enquêteurs découvrent que le commandant Kandaline Kubek et son copilote Richard Hazen ont su qu'il y avait un problème à 14h10, soit 6 minutes après le décollage, lorsqu'ils ont entendu un bruit bizarre dans leurs écouteurs.
34:30 C'était quoi ?
34:32 Je ne sais pas.
34:33 C'est un problème électrique.
34:35 À ce moment-là, l'APU s'enclenche.
34:38 L'APU s'est déclenchée.
34:41 Où ? Partout ?
34:43 C'est un indice de plus.
34:46 L'APU se déclenche en cas de chute de la puissance électrique.
34:50 Un court-circuit a-t-il déclenché l'incendie ?
34:53 Après tout, ce DC9 avait 27 ans et il comptait plusieurs kilomètres de câbles.
35:02 Un fil électrique défectueux en cabine ou non loin de la cabine a pu provoquer une étincelle.
35:07 Le problème, c'est qu'il est extrêmement difficile de localiser un court-circuit de ce genre.
35:13 Mais, inspiré par la conversation de l'équipage et les données de l'enregistreur de paramètres, Greg Feith demande à ses collaborateurs d'examiner les vestiges du câblage et les disjoncteurs.
35:26 L'essentiel du câblage a été très endommagé.
35:30 L'essentiel du câblage a été très endommagé, voire complètement détruit.
35:33 Le reste est en petits morceaux dans le hangar.
35:36 Malgré tout, l'équipe peut peut-être y trouver des indices supplémentaires.
35:40 Même s'il est rompu en une dizaine d'endroits, ça ne veut pas dire qu'il n'a pas une histoire à nous raconter.
35:46 Chaque morceau en a une.
35:48 Mais en dépit des analyses, les experts ne trouvent aucune preuve de court-circuit.
35:54 C'est une fausse piste de plus à écarter.
35:59 Il faut donc à nouveau se pencher sur l'enregistreur phonique.
36:02 On a besoin d'oxygène à l'arrière.
36:05 Au feu, au feu !
36:06 Près de trois minutes avant l'accident, Jennifer Stearns ouvre la porte du poste de pilotage.
36:11 Il apparaît alors que les passagers ont été les premières victimes de la fumée.
36:15 Pour Greg Feith, ça signifie que l'incendie s'est déclaré à l'arrière du cockpit.
36:20 A Kandahl, Tamiami, les enquêteurs se concentrent donc dans la zone de la cabine.
36:29 Et ils font une découverte choquante.
36:32 Le feu a été si intense dans ce périmètre que le plancher de la cabine a fondu.
36:38 Y avait-il quelque chose sous les pieds des passagers, peut-être un soute avant,
36:44 susceptible de déclencher un incendie ?
36:46 C'est une hypothèse peu plausible.
36:49 Cette soute, dont le nom officiel est compartiment cargaison de classe D,
36:54 est totalement hermétique et équipée d'un revêtement inifugé.
36:57 Par conséquent, un incendie éventuel doit rapidement s'éteindre de lui-même, privé d'oxygène.
37:03 Aussi improbable soit-elle, cette hypothèse mérite pourtant vérification.
37:08 Nous avons repris le manifeste pour voir ce que la soute contenait.
37:12 Il s'agit de voir s'il y avait quoi que ce soit de suspect.
37:16 Les enquêteurs découvrent qu'il y avait 23 kilos de courrier et quelques bagages de passagers,
37:20 mais comme ils savent déjà qu'il n'y avait ni bombe ni engin incendiaire,
37:24 ils passent à autre chose.
37:27 Le manifeste fait également état de deux lots de pièces d'avion,
37:31 ce qui éveille les soupçons.
37:33 Il y avait entre autres, trois pneus de DC9.
37:37 Pour être transportés, les pneus doivent être remplis d'azote et sous-gonflés,
37:45 pour éviter tout risque d'explosion.
37:47 Une faute d'inattention pourrait très bien être la cause.
37:53 Une faute d'inattention pourrait très bien être la cause du désastre,
37:57 mais les dossiers montrent que l'équipe de manutention au sol a respecté la procédure en vigueur.
38:02 Une nouvelle piste prometteuse finit à nouveau dans une impasse.
38:06 Le bordereau d'expédition mentionne également cinq cartons de pièces appelés "bouteilles d'oxygène".
38:21 Au départ, l'équipe du NTSB n'y prête guère attention,
38:24 pensant qu'il s'agit de bonbonnes vides, comme celles qui équipent de nombreux autres avions.
38:29 Mais c'est une erreur.
38:32 En effet, il ne s'agit pas de simples bonbonnes, mais de générateurs d'oxygène chimiques.
38:38 Ce sont des petites bouteilles contenant un mélange volatile et potentiellement dangereux.
38:44 Et les enquêteurs sont véritablement horrifiés par cette découverte.
38:51 Ça a changé la complexité et la physionomie de l'enquête.
38:55 Ces générateurs alimentent les passagers en oxygène en cas d'urgence.
39:01 Ils sont reliés à un masque à l'aide d'un fil fixé à un percuteur.
39:05 Lorsqu'un passager tire sur son masque, la goupille se décroche,
39:12 ce qui déclenche une réaction chimique qui produit de l'oxygène.
39:17 Or, lorsqu'on utilise cet appareil, sa température peut monter jusqu'à 260 degrés.
39:22 Les générateurs de rechange se seraient-ils mis en marche avant de prendre feu ?
39:27 Cette théorie ne présente qu'un seul défaut.
39:32 D'après le Bordereau, tous ces générateurs étaient vides, et par conséquent, complètement inoffensifs.
39:38 Normalement.
39:42 Les enquêteurs interrogent le personnel de Cybertech qui assure la maintenance des appareils de Valujet.
39:48 Ils découvrent que les générateurs contenus dans les cartons
39:52 avaient été retirés de deux McDonnell Douglas MD82 car ils étaient périmés.
39:57 Dans ce cas, le règlement prévoit qu'ils doivent être désactivés et détruits,
40:07 ou neutralisés par l'ajout d'une capsule de sécurité sur le mécanisme de déclenchement.
40:12 Cybertech fournit des documents montrant que les générateurs ont été correctement neutralisés.
40:17 Sauf que, ça n'a pas été le cas.
40:20 En effet, les équipes de recherche récupèrent 28 générateurs dans la vase,
40:26 dont 18 presque entièrement intacts.
40:29 Les spécialistes du NTSB les examinent soigneusement,
40:33 et à leur grande surprise, constatent que 9 d'entre eux se sont déclenchés.
40:38 Certains n'étaient donc pas vides, contrairement à ce qu'annonçait le bordereau d'expédition.
40:44 Après un nouvel interrogatoire, les employés de Cybertech reconnaissent ne pas avoir posé les capsules de sécurité.
40:51 À la place, ils ont simplement scotché, ou coupé le fil déclencheur avant de le scotcher.
40:58 Ensuite, ils ont signé le bordereau, bien qu'il n'ait pas respecté la procédure de traitement prévue.
41:05 Et pour finir, ils ont emballé les générateurs avec du papier bulle.
41:10 Je ne comprenais pas comment cette procédure avait pu être aussi mal respectée,
41:16 ni comment, suite à une négligence pareille à l'atelier,
41:19 ces générateurs avaient fini à bord de l'avion.
41:22 Mais pour l'heure, ça n'est qu'une théorie.
41:27 Le NTSB n'est pas certain que la mise en marche de la recherche
41:31 d'un générateur puisse produire suffisamment de chaleur pour déclencher un incendie.
41:35 À ce moment-là, personne n'avait vraiment compris ce qui se passait
41:53 lorsque ces générateurs produisaient de l'oxygène.
41:56 C'est pourquoi le NTSB décide de pratiquer une expérience
42:01 à l'aide de la maquette d'une soute fabriquée au laboratoire pyrotechnique
42:05 de l'autorité fédérale de l'aviation civile, près d'Atlantic City.
42:09 Les techniciens placent 28 générateurs dans un carton rempli de papier bulle.
42:15 Ensuite, ils les déclenchent dans un carton de papier bulle.
42:21 Ils déclenchent les générateurs dans un carton rempli de papier bulle.
42:26 Ensuite, ils tirent un fil relié à l'amorce d'un des générateurs
42:32 avant de battre en retraite.
42:35 Mais contrairement à leurs attentes, la chaleur produite n'engendre que
42:38 quelques flamèches et un peu de fumée.
42:41 Les autres générateurs ne se déclenchent pas et le carton ne prend pas feu.
42:45 Encore une hypothèse à rejeter.
42:48 Le premier essai nous a découragés.
42:51 On s'est demandé si on était sur la bonne voie.
42:54 L'opinion publique, les acteurs de l'aéronautique et les amis et familles
42:59 des sandis disparus réclamant des réponses,
43:02 le NTSB se retrouve au cœur d'une polémique.
43:05 Le mystère de l'accident du vol 592 serait-il insoluble ?
43:15 Les premiers tests menés à Atlantic City laissent entendre que les générateurs
43:19 ne produisent pas suffisamment de chaleur pour déclencher un incendie.
43:23 Pour l'équipe, tout est donc à recommencer.
43:28 On procède à un deuxième essai en reproduisant plus fidèlement
43:34 les conditions régnant en soute.
43:36 On utilise plus de générateurs, de bagages et on ajoute un pneu d'avion.
43:42 Et cette fois, le feu prend quelques minutes.
43:45 Au bout de 10 minutes, la température du plafond de la soute atteint 1100 degrés.
43:51 Une minute plus tard, elle a encore grimpé de 440 degrés.
43:56 30 secondes après, la température devient trop élevée pour que l'équipement du laboratoire
44:01 puisse la mesurer avec précision.
44:03 Au bout de 16 minutes, se produit un bruit qui apporte la dernière preuve.
44:10 Le pneu vient d'exploser.
44:12 Les générateurs avaient donc bien la capacité de déclencher et d'alimenter un incendie.
44:18 Il y avait 144 chalumeaux et l'intensité de la chaleur est montée,
44:26 au vu des analyses menées après l'expérience, à plus de 1650 degrés.
44:37 Les enquêteurs peuvent désormais reconstituer l'enchaînement des événements
44:41 qui ont conduit à l'accident du vol 592.
44:44 Ils savent pourquoi l'incendie s'est déclaré à bord, ce qui l'a alimenté
44:48 et pourquoi l'équipage a perdu le contrôle de l'avion.
45:03 11 mai 1996, H moins une heure.
45:07 Un chauffeur de Cybertech s'arrête à la porte G2 de l'aéroport international de Miami
45:13 et livre la cargaison du vol Valujet 592.
45:17 Dans les cartons se trouvent 144 générateurs d'oxygène périmés mal emballés.
45:22 Un agent de manutention dispose les cartons autour d'un pneu d'avion.
45:31 Les pilotes ignorent qu'ils transportent une cargaison dangereuse.
45:35 H moins 30 minutes.
45:38 Tandis que l'avion roule vers la piste de décollage,
45:43 les trépidations déclenchent un dégénérateur.
45:46 Ce dernier commence à chauffer.
45:50 H moins 11 minutes.
45:54 Tandis que l'avion s'apprête à décoller, en soute,
45:57 la surface du générateur métallique chauffe de plus en plus.
46:01 Bientôt, la chaleur fait s'enflammer les cartons et le papier bulle.
46:08 H moins 10 minutes.
46:12 Le vol 592 décolle de l'aéroport de Miami.
46:16 Bien que la soute soit étanche, le brasier fait rage.
46:23 En effet, il est alimenté par l'oxygène produit par les générateurs.
46:28 H moins 3 minutes et 30 secondes.
46:31 La déflagration entendue par l'équipage est celle d'un des pneus qui vient d'exploser en soute,
46:37 comme il l'a fait lors de l'essai.
46:39 L'incendie commence alors à s'attaquer aux fonctions vitales de l'avion.
46:44 - C'est un problème électrique.
46:47 - La P.E. s'est déclenchée.
46:50 - On perd tout.
46:52 Mais la P.E. ne peut être d'aucun secours pour l'avion endommagé,
46:56 car le feu dévore tout sur son passage, y compris les câbles de commande qui courent jusqu'à l'arrière de l'appareil.
47:02 Le commandant Candaline Quebec commence alors à perdre le contrôle de son DC-9.
47:07 En soute, la température dépasse désormais les 1650 degrés.
47:14 En cabine, c'est la panique.
47:16 Les passagers commençant à étouffer, victimes des vapeurs toxiques.
47:20 - On a besoin d'oxygène à l'arrière.
47:22 Jennifer Stearns fait alors irruption dans le cockpit,
47:26 mais les pilotes refusent de faire sortir les masques à oxygène,
47:29 sachant que ce gaz ne pourra qu'alimenter l'incendie.
47:32 H-1 minute.
47:36 Le sol de la cabine fond et commence à céder.
47:39 H-7 secondes.
47:42 Il n'y a plus personne aux commandes.
47:44 L'équipage est vraisemblablement inconscient,
47:46 victime des vapeurs toxiques dégagées par la combustion des équipements intérieurs.
47:50 Quelques secondes plus tard, le DC-9 pique droit dans les Everglades,
47:57 à 800 km/h.
48:15 Près de trois mois après le drame,
48:17 les familles assistent au funérail collectif de 48 des victimes
48:21 dont les dépouilles sont toutes inhumées ensemble.
48:24 Seuls 61 cadavres seront identifiés.
48:28 - Tout ce qui pouvait mal tourner a effectivement mal tourné,
48:40 et 110 personnes ont payé de leur vie
48:42 quelque chose qui n'aurait jamais dû arriver.
48:45 - L'amour me manque.
48:51 Je ressens toujours autant d'amour,
48:53 mais je n'ai plus la possibilité de prendre mon fils dans mes bras,
48:56 d'entendre sa voix.
48:58 C'est très dur pour une maman.
49:00 Par la suite, Valujet allait absorber une autre compagnie aérienne
49:06 et devenir Air Tran.
49:08 Le cybertech dut payer une amende de près de 400 000 euros
49:11 pour son rôle dans cette tragédie,
49:13 mais mit la clé sous la porte avant le versement.
49:16 La publication du rapport d'enquête du NTSB en août 1997
49:21 fit l'effet d'une bombe.
49:23 Huit ans auparavant,
49:28 un incendie d'origine quasiment identique s'était déclaré
49:31 à bord d'un DC-9 à destination de Nashville.
49:34 La cause ?
49:36 Une substance produisant de l'oxygène,
49:38 de l'eau oxygénée qui avait fui de son conteneur
49:41 dans une soude de classe D.
49:43 Cette fois-là, le pilote avait réussi à se poser
49:46 et on n'avait déploré aucun décès.
49:48 Suite à cet accident, on avait suggéré
49:50 d'équiper toutes les soudes de classe D
49:52 d'alarmes anti-incendie et d'extincteurs,
49:55 mais cette mesure avait été rejetée
49:57 au motif qu'elle aurait coûté près de 280 millions d'euros.
50:01 Depuis 2001, alarmes anti-incendie et systèmes d'extinction
50:04 sont devenus obligatoires.
50:06 - Aux États-Unis, il faut un événement hors du commun
50:09 pour que les autorités de régulation s'émeuvent
50:12 et exigent des changements.
50:14 Dans ce cas-là, il a fallu la mort.

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