Le 7 août 1998, un groupe de terroristes fait exploser un camion piégé à proximité de l'ambassade des Etats-Unis de Nairobi, capitale du Kenya. Le même jour, quasiment à la même heure, une attaque similaire est perpétrée contre l'ambassade américaine de Dar es Salaam, le centre économique de la Tanzanie. Plus de 250 personnes, dont douze Américains, ont trouvé la mort dans ces attentats, qui ont été, par la suite, attribués à l'organisation terroriste Al-Qaida.
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00:00 [Musique]
00:06 En ce vendredi matin, la ville trépidante de Nairobi est particulièrement animée, quand soudain...
00:11 [Explosion]
00:14 Une terrible déflagration déchire l'air.
00:16 [Musique]
00:18 L'énorme bombe qui a explosé derrière l'ambassade américaine a totalement soufflé un bâtiment de sept étages
00:23 et provoqué des dégâts d'une ampleur sans précédent.
00:26 [Musique]
00:27 Des centaines de victimes sont ensevelies et des milliers d'autres blessées dans le pire attentat terroriste
00:32 qu'ait jamais connu l'Afrique.
00:34 [Musique]
00:38 Grâce à la simulation informatique, nous allons aujourd'hui vous montrer précisément ce qui s'est produit
00:43 et qui étaient les auteurs de ce drame épouvantable.
00:45 [Musique]
00:48 Les catastrophes sont rarement le fruit du hasard.
00:51 Elles résultent souvent d'un enchaînement d'événements malheureux
00:54 que nous allons tenter de reconstituer dans cette Minute de Vérité.
00:58 [Musique]
01:05 Afrique.
01:06 [Musique]
01:07 Kenya.
01:07 [Musique]
01:09 Nairobi, cœur palpitant de l'Afrique de l'Est.
01:12 [Musique]
01:14 L'une des principales métropoles de la région.
01:16 [Musique]
01:18 C'est ici qu'Orient et Occident se rencontrent.
01:21 Ici que deux millions de personnes venues de toute l'Afrique côtoient le reste du monde.
01:26 En 1998, Prudence Bushnell est ambassadrice des États-Unis au Kenya.
01:31 Elle connaît bien les problèmes locaux.
01:33 - Musulmans, chrétiens, hindouistes, juifs.
01:39 C'est un gigantesque patchwork de communautés.
01:43 Son ambassade se situe ici, en plein centre de Nairobi.
01:49 Comme toutes les représentations américaines, c'est un véritable bunker.
01:54 Avec des murs en béton armés.
01:57 Elle compte cinq étages, plus un parking en sous-sol.
02:01 Capable de résister aux séismes, c'est la plus importante ambassade américaine de la région.
02:06 Tout à côté se trouve un immeuble de bureaux de sept étages,
02:09 qui n'a absolument rien à voir avec elle.
02:12 Lufundi Building, fréquentée chaque jour par 400 Kenyans.
02:16 Enfin, dominant l'ensemble du haut de ses 21 étages,
02:22 la tour de la Cooperative Bank se dresse tel un phare dans la ville.
02:26 7 août 1998.
02:30 À 7h15 du matin, George Mimba dit au revoir à Nancy, son épouse.
02:35 Responsable du service informatique de l'ambassade,
02:39 il va prendre l'avion pour assister à une conférence quelque part en Afrique.
02:43 - J'ai hâte d'y assister.
02:47 C'est l'occasion de rencontrer nos homologues,
02:51 de mettre en commun nos idées et nos problèmes,
02:54 de découvrir des têtes nouvelles.
02:56 Le couple espère fonder bientôt une famille.
02:59 George imagine déjà le sourire de Nancy devant le cadeau qui lui rapportera de voyage.
03:04 - Elle sait qu'il y aura forcément une surprise.
03:09 Elle ne m'a rien demandé, mais c'est la moindre des choses de lui en ramener une.
03:15 Avant de décoller, il doit faire un crochet par l'ambassade
03:19 pour terminer des e-mails de dernière minute.
03:22 En banlieue de Nairobi, deux hommes quittent une maison
03:29 qui ressemble à toute celle du quartier et montent dans un camion.
03:38 Leur destination, l'ambassade des Etats-Unis.
03:42 À 9h30, les Russes sont déjà très animés aux abords de l'ambassade.
03:49 Posté à l'entrée de derrière, l'agent de sécurité Joachim Oquindo surveille la grille.
03:54 Ce jour-là, il se sent un peu souffrant.
03:57 - J'étais fatigué et une petite voix m'a soufflé de ne pas aller travailler.
04:06 Mais après réflexion, je me suis dit que si je n'y allais pas,
04:09 je n'aurais pas de quoi manger.
04:12 Joachim détient la clé de la grille devant laquelle une barrière levant interdit aux véhicules d'approcher.
04:20 Il s'étonne de voir l'ambassadrice sortir de si bonne heure.
04:25 Elle se rend à une réunion dans la tour de la banque juste en face.
04:33 Joachim remet le cadenas derrière elle.
04:36 Le camion se ferait un chemin dans la circulation.
04:40 Il emprunte la rocade menant au centre-ville et arrive au grand rond-point d'où part la rue de l'ambassade.
04:49 Il se faufile sur la file de gauche et s'apprête à tourner.
05:00 A 10h - 5, dans l'Ufundi building qui jouxte l'ambassade,
05:03 Samin Njana, marchand de ferraille, se dirige vers son bureau au premier étage.
05:08 Il exerce plusieurs métiers pour faire vivre sa femme et leurs trois enfants.
05:13 Il ne remarque même pas Rose, la préposée au thé,
05:16 bien trop absorbée qu'il est par l'important rendez-vous de ce matin.
05:20 - Je me suis occupé des photocopies et de la paperasse car on avait une réunion de travail à 10h.
05:29 Les rendez-vous étaient en cours.
05:31 Au dernier étage de la tour, Prudence Bouchnel assiste en observatrice
05:36 à la réunion entre le ministre kényan du commerce et deux membres de la délégation commerciale américaine.
05:42 La routine pour une ambassadrice.
05:45 10h10. Le camion tourne à gauche pour faire les 750 mètres qui le séparent de l'ambassade.
05:58 En intérieur de celle-ci, le responsable de l'informatique monte dans son bureau.
06:02 Il s'assoit enfin pour rédiger un tout dernier e-mail.
06:06 Entre-temps, le véhicule arrive à l'ambassade.
06:11 Il quitte la route, s'engage à vive allure sur la voie de dessert
06:16 et évite de justesse une voiture en sens inverse alors qu'il approche de la grille.
06:21 Joach est à son poste avec la clé sur lui.
06:24 S'il voit le camion foncer, il devine que quelque chose ne tourne pas rond.
06:28 Un homme saute du siège passager et hurle au vigile d'ouvrir.
06:33 Joach cherche à gagner du temps.
06:40 Il prétend ne pas détenir la clé et devoir contacter quelqu'un pour la récupérer.
06:44 Il explique qu'il va la demander et profite aussitôt de l'occasion
06:52 pour appeler le poste de sécurité à l'aide.
06:55 Mais son interlocuteur ne réagit pas comme prévu.
07:00 Croyant à une plaisanterie, il lui conseille de ne pas monopoliser la fréquence.
07:08 Les deux vigiles ne peuvent compter que sur eux-mêmes.
07:11 Le passager du camion rejoint le conducteur pour s'entretenir avec lui.
07:16 Les deux hommes ne réalisent pas que Joach entend leur conversation.
07:20 Il a dit au chauffeur, le mec n'a pas les clés, parle-lui calmement
07:25 et s'il refuse, serre-toi de ton arme.
07:28 Joach comprend alors que l'ambassade est victime d'une attaque terroriste.
07:33 10h39, la situation est explosive à l'entrée de l'ambassade américaine de Nairobi.
07:40 Le vigile Joach Okindo sait maintenant que les deux hommes auxquels il refuse l'accès
07:44 ont l'intention de le tuer.
07:48 Le chauffeur sort une arme et son complice lance une grenade.
07:52 Joach croit à une secousse sismique.
07:57 Quand il entend l'explosion, Samy se précipite à la fenêtre pour savoir ce qui se passe.
08:07 Dans la tour de la banque, la réunion de l'ambassadrice est interrompue par le vacarme.
08:13 Joach hésite entre terminer son email et rejoindre ses collègues massés aux fenêtres à l'arrière du bâtiment.
08:19 Joach, Samy, Prudence.
08:24 Trois personnes parmi beaucoup d'autres alertées par le tumulte.
08:27 Le chauffeur se gare tout contre la grille.
08:32 [Explosion]
08:34 Quand les secours arrivent, ils sont confrontés à l'horreur absolue.
08:58 Sous la puissance de la bombe, Lufundi Building s'est effondré comme un château de cartes.
09:03 Des centaines de kényans qui n'ont aucun rapport avec l'ambassade ont été tués ou grièvement blessés.
09:09 Tout en haut de la tour voisine, Prudence Bouchenel reprend connaissance.
09:17 [Bruits de pas]
09:20 Elle aide un collaborateur blessé à sortir de la pièce et commence une longue descente.
09:36 Alors qu'elle enchaîne les marches d'un pas chancelant, elle voit partout des blessés et des corps ensanglantés.
09:47 Je me suis dit, sors de ce bâtiment, retourne à l'ambassade et tout ira bien.
09:55 Mais une fois dehors, elle réalise que tout n'ira pas bien.
10:02 Je vois des éclats de verre, des amas d'acier tordu, et puis les restes calcinés de ce qui fut un être humain.
10:16 Je lève alors les yeux et je m'aperçois que l'arrière de l'ambassade a été dévastée.
10:22 A ses côtés, la foule retourne désespérément des tonnes de gravats pour tenter de sauver les victimes prises au piège lors de l'effondrement.
10:44 Sous les décombres, Sami Niana craque une allumette.
10:47 Il est coincé dans une poche d'air d'un mètre carré.
10:53 Il comprend que le bâtiment s'est écroulé et qu'il gît sous des centaines de tonnes de décombres.
11:00 Il a les deux jambes cassées, mais il aurait été totalement écrasé sans la présence de la cache d'escalier.
11:06 Ça se précipitait dans ma tête. "Chab, comment je vais faire avec mes jambes cassées ?"
11:13 "Et mes enfants ?"
11:15 A l'avant de l'ambassade, contusionné, il est totalement désorienté.
11:24 "Tu ne sais pas où tu es. N'y est ce qui est arrivé. Tu es comme un automate."
11:31 Dans la fumée et la poussière, il ignore par où aller.
11:41 Il sait simplement qu'il doit sortir de là.
11:43 Il arrive enfin au bout du bâtiment et une vision d'apocalypse s'offre à lui.
11:52 Du haut du premier étage, il découvre le chaos ambiant.
12:02 "C'était la fin du monde ou alors la ville avait été bombardée."
12:10 Contusionné, désorienté et persuadé que l'ambassade ne va pas tarder à s'effondrer,
12:15 George se dit qu'il n'a plus qu'une seule solution.
12:18 Fermant les yeux, il se jette dans le vide.
12:22 Tandis que les survivants hébétaient titubes au beau milieu des ruines de Nairobi,
12:31 il apparaît clairement que l'acte n'était pas isolé.
12:35 "Bonjour à tous. D'importantes explosions ont visé deux ambassades américaines en Afrique de l'Est ce matin.
12:41 À Nairobi, au Kenya, le bâtiment est très endommagé.
12:45 Et en Tanzanie, des témoins rapportent que les deux tiers de l'ambassade d'Ares Salaam ont été détruits."
12:51 A l'évidence, les Etats-Unis ont été frappés par des attentats coordonnés.
12:57 Les autorités américaines verrouillent tout le secteur.
13:03 Nul ne peut accéder aux ambassades si ce n'est pour secourir les blessés les plus graves.
13:08 Des centaines de volontaires se sont précipités parmi les débris de l'Umfundi building pour participer aux opérations de sauvetage.
13:16 Sous les décombres, Sami perçoit toute cette agitation.
13:20 "Une heure semble, pendant un quart d'heure je n'entendais personne, j'avais l'impression que toute une journée s'était écoulée."
13:32 Soudain, il entend crier. C'est une autre rescapée, prisonnière des décombres, non loin de lui.
13:38 Rose, la préposée au Tédré, elle était en plein préparatif.
13:43 L'eau bouillante lui éclaboussait tout le corps et la brûlait au visage.
13:47 "Je me suis demandé si on avait des chances d'en sortir vivant."
13:52 Bien qu'ayant atterri sans trop des gratinures, George est toujours en état de choc.
14:01 Il vit un cauchemar éveillé.
14:03 "J'avais l'impression d'être dans un autre monde, parmi les morts.
14:08 Je n'arrivais pas à croire ce que j'entendais, je doutais encore d'avoir survécu."
14:13 Lorsqu'il prend conscience de la tragédie, il sait ce qu'il doit faire.
14:18 Retourner à l'intérieur du bâtiment pour secourir ses collègues blessés.
14:22 "Ce sont mes proches. Tous les gens que je connais sont restés là-dedans.
14:29 Je sais, il faut que j'y retourne."
14:31 Il parvient à regagner son bureau dévasté.
14:38 "Il y a quelqu'un ? Vous m'entendez ?"
14:41 Des corgis dans toute la pièce. Personne n'a pu survivre à une telle catastrophe.
14:45 "Il y a quelqu'un ?"
14:48 Découragé, George s'apprête à repartir.
14:50 "George !"
14:52 Quand brusquement...
14:53 "George ! Aide-moi, par pitié !"
14:58 Il entoure. Il tâtonne dans les ténèbres à sa recherche,
15:01 mais il se heurte partout à l'immobilité rigide des cadavres.
15:04 L'un des corps bouge enfin.
15:15 À demi-asphyxié par la fumée, George sort la malheureuse...
15:20 Il aperçoit que c'est un homme et non pas la femme qui lui a demandé de l'aide.
15:24 Il est trop tard pour faire demi-tour.
15:26 L'escalier vient juste de s'effondrer.
15:29 Son acte héroïque, à ce jour, George ignore encore.
15:37 Cet épisode n'en finit pas de le hanter, surtout à la date anniversaire de l'attentat.
15:46 "Le moment que je redoute entre tous, c'est quand on approche du 7 août.
15:54 J'entends clairement cette femme.
15:56 Elle m'a appelé par mon nom.
15:59 Pourquoi ai-je dû la laisser mourir ?
16:03 Je ne me le pardonnerai jamais."
16:07 8 août, 10h39.
16:13 24 heures après le drame, des centaines de sauveteurs fouillent toujours parmi les tonnes de décombres
16:19 pour tenter d'en extraire des survivants.
16:23 Les appels à l'aide de Sammy ont été localisés
16:26 et une équipe de secours se ferait un passage jusqu'à lui.
16:29 Mais le temps est compté.
16:32 Cela fait plus d'une journée que Sammy et Rose sont bloqués sous terre.
16:36 Et Rose commence à s'affaiblir.
16:40 Sammy fait l'impossible pour la réconforter, tandis que les sauveteurs avancent vers eux.
16:46 Mais cet effort épuise toute son énergie.
16:50 Après 36 heures de travail incessant,
16:53 les secours atteignent enfin la cavité dans laquelle Sammy est prisonnier.
16:57 "Il s'en va Rose."
16:59 "Rose !"
17:02 "Il s'en va Rose."
17:03 "Everybody outside."
17:04 "Get Rose."
17:05 Dégager Rose s'avère beaucoup plus compliqué,
17:09 car elle est coincée entre l'ascenseur et le coffre-fort de la banque.
17:12 Leur présence l'a protégée de la chute des débris,
17:15 mais elle rend le sauvetage compliqué.
17:17 "Rose !"
17:19 Sammy l'encourage alors même qu'il est évacué.
17:22 "On s'est parlé, je lui ai dit que tout allait bien,
17:26 que je sortais de là,
17:28 et que dans moins d'une heure, elle aussi serait tirée d'affaire."
17:31 Placée sur une civière, Sammy est emmenée d'urgence à l'hôpital.
17:39 Mais Rose est toujours prisonnière.
17:41 "Rose, tu es là."
17:43 "Rose, tu es là."
17:45 Mais Rose est toujours prisonnière de l'édifice.
17:48 La sachant vivante, Laurence, son mari,
17:51 reste sur les lieux du drame à veiller en solitaire.
17:54 "Elle est en vie, ils essaient de la dégager.
18:00 Alors j'attends ici pour la voir sortir."
18:04 Il faudra encore trois jours aux sauveteurs pour arriver enfin jusqu'à Rose.
18:12 Ils s'apercevront alors qu'elle a succombé à ses blessures.
18:16 Ce dénouement tragique trouve un écho dans le cœur de chacun,
18:22 et la nation toute entière pleure Rose.
18:25 L'explosion de l'ambassade de Nairobi constitue l'acte de terrorisme
18:33 le plus meurtrier qu'ait jamais connu l'Afrique.
18:35 Mais par qui a-t-elle été organisée ?
18:38 Pourquoi a-t-elle fait autant de morts ?
18:40 Et pourquoi, selon vous, ces auteurs vont-ils recommencer ?
18:43 En retraçant le fil des événements,
18:46 et en analysant en détail l'enquête qui a été faite,
18:49 nous allons vous révéler ce qui s'est vraiment passé.
18:52 L'agent spécial, Don Satclay-Benn,
18:56 supervise l'équipe de police scientifique envoyée pour prêter main forte
18:59 aux hommes du FBI sur le terrain.
19:02 Il a enquêté sur des attentats majeurs,
19:05 comme ceux d'Oklahoma City et du World Trade Center en 1993.
19:10 Ce matin-là, quand j'ai appris aux infos ce qui s'était passé à Nairobi et à Dar es Salaam,
19:15 j'ai su immédiatement qui allait partir en Afrique le jour même.
19:19 Don et son équipe de Washington DC ont beau mettre deux jolies mains sur l'avion,
19:24 c'est toujours la même effervescence qui arrive.
19:27 Partout, des sauveteurs dégageaient encore des gens des gravats.
19:32 Je savais que je devais éviter d'être dans leurs pattes.
19:38 Il lui faut attendre d'avoir le champ libre pour commencer à rassembler des indices.
19:42 Une attente certes frustrante,
19:44 mais Don sait d'expérience qu'elle lui permet de se forger une vision globale de la situation.
19:49 C'est un peu comme une mosaïque.
19:54 De près, on ne voit qu'une masse de pièces de coutin de l'image.
19:58 Vu d'avion, il est clair que seule une énorme bombe a pu causer des dégâts aussi considérables.
20:04 Pour Don, c'est déjà une indication.
20:08 Il n'y a qu'un moyen possible de transporter autant d'explosifs,
20:12 un gros véhicule, un camion.
20:15 Une telle bombe laisse quantité de traces révélatrices sur les lieux du crime,
20:20 des traces qui peuvent mener directement au meurtrier.
20:23 L'équipe doit d'abord effectuer sans tarder des prélèvements sur le site
20:27 afin de permettre aux enquêteurs de déterminer.
20:30 Si c'est du TNT, ça oriente l'enquête dans une certaine direction.
20:35 A l'inverse, une bombe artisanale fabriquée avec de l'engrais
20:38 ouvre de tout autres perspectives.
20:40 A la seule vue des dégâts, Don penche pour un explosif puissant de TNT.
20:46 Il a beau partager cette intuition avec ses collaborateurs du FBI,
20:51 de longues heures de recherche seront nécessaires pour confirmer cette première impression.
20:56 Détentionnel, car un attentat suicide livre des indices aussi macabres que précieux.
21:04 A ce moment précis, j'ignore encore s'il s'agit d'un attentat suicide,
21:07 mais c'est du kamikaze.
21:09 L'ADN du kamikaze permettrait de...
21:14 Les fragments du corps peuvent être analysés et recoupés avec des informations
21:20 qu'on possède déjà sur cet individu ou les siens.
21:23 Mais cela aussi prendra du temps.
21:28 En attendant, les enquêteurs entreprennent de reconstituer ce qui s'est passé.
21:32 Une tâche infiniment ardue.
21:35 Ils commencent entre autres par interroger les témoins.
21:41 Ils arrêtent vite que des coups de feu et de petites explosions ont été entendus
21:46 avant la déflagration principale.
21:48 C'est alors qu'un témoignage capital vient confirmer les pires craintes du FBI.
21:53 Moi a été vu en train de s'enfuir du camion juste avant la déflagration.
22:00 Un poseur de bombes est dans la nature.
22:03 Et la course est lancée pour le retrouver avant qu'il ne récidive.
22:07 Les agents du FBI traquent les indices qui les mettront sur la piste
22:13 d'un terroriste en cavale dans Nairobi.
22:16 Don Sackleban supervise l'équipe scientifique du bureau fédéral.
22:19 Il sait qu'il doit apporter rapidement des réponses.
22:22 Notamment, découvrir le type et la provenance du camion utilisé.
22:26 Deux informations essentielles pour remonter la piste de ceux qui ont préparé l'attentat.
22:31 Mais ce ne sera pas une mince affaire.
22:39 Il faut passer en revue plus de 600 pièces de véhicules éparpillées par l'explosion.
22:45 Autant chercher une aiguille dans une botte de foin.
22:49 Plutôt chercher une aiguille dans une botte d'aiguille
22:52 car on est entouré de monceaux de métal tordu.
22:56 Et ce n'est pas tout.
22:58 Ma première réaction a été
23:01 "Mais comment retrouver la trace de coups de feu après une explosion pareille ? C'est ridicule."
23:06 Il décide alors de rassembler les débris dans un endroit
23:11 où son équipe et lui pourront les passer.
23:13 Bulldozer les transporte jusqu'à la gare voisine.
23:16 Seul problème, c'est qu'ils se font maintenant piétiner
23:20 et les voyageurs pressés de se rendre au travail.
23:23 Mon équipe était un peu effrayée par l'ampleur de la tâche
23:27 et par la logistique nécessaire à sa réalisation.
23:31 Mais en vrai professionnel, ils entrent dans le camion.
23:36 Une quête apparemment impossible
23:39 mais l'équipe de Dunn compte elle aussi quelques explosions à son actif.
23:46 "Pour étudier les incidences d'une forte explosion sur un véhicule.
23:50 Ces fragments que j'ai récupérés après essai
23:53 nous permettent véritablement de comparer la façon dont le véhicule
23:56 et les objets qui l'entourent ont été endommagés."
23:59 Dunn sait que les parties métalliques d'une voiture
24:05 réagissent différemment selon la distance de la bombe.
24:08 "Ces fragments se trouvaient à une quinzaine de mètres de l'explosion."
24:16 "La déformation est révélatrice."
24:18 "Ici le souffle provenait d'une seule direction."
24:21 "A l'inverse, ce fragment s'est replié sur lui-même
24:24 car le souffle l'a totalement enveloppé."
24:27 Dunn et son équipe sont ainsi capables de distinguer des véhicules avoisinants.
24:33 Ils repèrent ainsi rapidement des éléments qui proviennent de l'autre côté.
24:38 Parallèlement, pas moins de trois témoins oculaires
24:41 identifient le véhicule aperçu près de la grille.
24:44 Il s'agit d'un canter.
24:47 "J'ai bien sûr demandé ce qu'était un canter."
24:51 "Réponse, un camion Mitsubishi."
24:53 Ce modèle est très répandu au Kenya.
24:56 Or les éléments du camion suicide retrouvés par le FBI
24:59 ne correspondent pas à un canter.
25:02 Dunn est totalement perplexe.
25:05 "Me serais-je trompé d'éléments ?"
25:08 "Pourtant, techniquement parlant,
25:10 ils appartiennent bel et bien au camion suicide."
25:13 "Ils sont le camion de bombe."
25:15 Les pièces matérielles contredisent tous les témoignages.
25:19 Le FBI doit-il revoir ses méthodes de travail ?
25:23 Pourtant, Dunn est réconforté par une bonne nouvelle.
25:26 Ses collaborateurs ont miraculeusement retrouvé
25:29 une partie de pistolet dans les décombres.
25:31 Les vigiles n'étant pas armées,
25:33 elles proviennent forcément de celui du kamikaze.
25:36 Si le FBI parvient à remonter jusqu'au propriétaire de cette glissière,
25:41 il sera bel et bien sur la piste des terroristes.
25:44 Il tient peut-être enfin la clé qu'il cherchait,
25:47 à condition d'avoir un numéro d'identification.
25:50 "La glissière ne portait hélas aucun numéro."
25:54 La déception est énorme.
25:57 Sans marquage, Dunn ne peut retrouver les propriétaires de l'arme
26:00 et dès lors, celle-ci ne lui sert strictement à rien.
26:03 Et le sort semble s'acharner contre lui.
26:09 Après le pénible revers du camion et du pistolet,
26:12 Dunn doit aussi renoncer à prélever l'ADN du kamikaze.
26:16 "Compte tenu de la quantité importante de restes humains,
26:21 on n'avait malheureusement aucun moyen de distinguer
26:23 ceux qui appartenaient au kamikaze."
26:26 L'enquête de la police scientifique piétine.
26:31 Elle mène pour l'instant à un terroriste en cavale,
26:34 une arme muette et un camion
26:36 sur lequel personne n'arrive à mettre un nom.
26:39 Pour Dunn, cette dernière énigme porte un rude coup à son amour propre.
26:44 Il ne comprend pas pourquoi il ne trouve aucune trace du canter
26:47 dont tous les témoins font état.
26:50 En désespoir de cause, il appelle à la rescousse
26:54 un concessionnaire de voitures kényan pour identifier les fameuses pièces.
26:58 Celui-ci confirme ses pires craintes.
27:00 Les restes du camion suicide ne correspondent pas du tout
27:03 à un modèle Mitsubishi.
27:06 Dunn n'est toujours pas plus avancé,
27:08 mais une phrase en apparence anodine va lui apporter la solution.
27:12 A Nairobi, tout le monde appelle ce genre de camion un canter.
27:16 "C'est une expression consacrée,
27:21 d'où l'intérêt de travailler avec des gens du cru."
27:24 Mais les éléments restent contradictoires
27:27 et les témoignages ne l'avancent guère.
27:29 "Les uns parlaient d'un véhicule avec conduite à gauche,
27:33 les autres avec conduite à droite.
27:35 En tant qu'expert, c'était à moi de trouver de quoi étayer
27:38 l'une des deux versions."
27:40 C'est ce précieux morceau de métal qui va l'aider dans ses recherches,
27:46 un levier de commande ramassé sur les lieux de l'explosion.
27:49 "Le levier de commande est à l'avant du véhicule.
27:54 Pour la conduite à droite, il est monté dans un sens,
27:57 et pour la conduite à gauche, dans l'autre."
28:01 Le levier étant uniquement endommagé de ce côté,
28:04 il était donc dirigé vers la droite.
28:06 Preuve qu'il s'agissait d'un véhicule.
28:10 "Je pouvais enfin leur donner l'indication,
28:13 ne cherchez plus de camions avec conduite à gauche."
28:16 Mais malgré tout, s'il ne parvient pas à identifier le véhicule,
28:20 sa piste la plus prometteuse risque fort de se transformer en impasse.
28:24 Car qui apporte un morceau de camion littéralement tombé du ciel.
28:29 *Explosion*
28:31 Il a atterri sur l'ordinaire, le numéro d'identification est inscrit dessus.
28:36 Même incomplet, il révèle que le camion n'est pas un Mitsubishi Canter,
28:41 mais un modèle très ressemblant, un Toyota Dyna.
28:45 Cette découverte conduit les FBI au port de Mombasa,
28:49 500 kilomètres plus au sud,
28:51 là où arrivent ces véhicules d'importation.
28:56 Mais pour mettre la main dessus,
28:58 les enquêteurs doivent éplucher tous les documents douaniers relatifs au camion Toyota
29:02 arrivé ces derniers mois,
29:04 ce qui représente des piles et des piles de formulaires.
29:07 Leur persévérance porte ses fruits.
29:11 Le camion appartenait à un éleveur de volailles de Mombasa
29:14 qui l'a revendu à un dénommé Ahmed Swedan.
29:17 Mais ce nom est inconnu du FBI.
29:20 Faute d'informations supplémentaires, le camion a livré tous ses secrets.
29:25 Heureusement, la colère légitime du peuple kényan
29:28 constitue un atout non négligeable pour rechercher de nouvelles pistes.
29:32 Cet attentat visait le Kenya.
29:35 La majorité des victimes sont des Kényans.
29:38 Tous les membres des forces de l'ordre du pays veulent tirer cette affaire au clair.
29:42 C'est un acte inadmissible.
29:45 La police locale vole à présent de ses propres ailes.
29:50 Comme nous sommes d'ici,
29:52 nous comprenons nos concitoyens et leur fonctionnement mieux que personne.
29:56 Peter Mbuvi est le directeur adjoint de la PJ de Nairobi.
30:02 Il sait que ces hommes doivent épingler le poseur de bombes au plus vite.
30:06 Il sait également que cette mission est quasiment impossible.
30:10 Comment localiser un inconnu en cavale dans ce gigantesque melting pot ?
30:16 Par bonheur, la population se montre très coopérative.
30:20 Les gens étaient furieux que d'innocents compatriotes aient été tués gratuitement.
30:27 C'est pourquoi ils nous ont apporté des renseignements très intéressants.
30:34 L'un d'eux provient d'une source totalement inattendue,
30:38 l'hôpital Mpisha de Nairobi.
30:42 Un homme d'entretien qui nettoyait les toilettes a fait une curieuse découverte.
30:46 Caché dans le réservoir de la chasse d'eau,
30:50 il a trouvé trois balles soigneusement limées pour aller dans un 9mm.
30:54 Subitement, la glissière dénichée sur les lieux de l'explosion trouve sa place dans le puzzle.
31:01 Elle appartient à un Beretta automatique 9mm.
31:04 Notre expertise en armes à feu est très importante.
31:09 Il est important de savoir à quel point les balles sont liées à l'arme du crime.
31:13 Les balles sont liées à l'arme du crime.
31:16 Les balles sont liées à l'arme du crime.
31:19 Les balles sont liées à l'arme du crime.
31:22 Les balles sont liées à l'arme du crime.
31:25 Les balles sont liées à l'arme du crime.
31:28 Les balles sont liées à l'arme du crime.
31:31 Les balles sont liées à l'arme du crime.
31:34 Les balles sont liées à l'arme du crime.
31:37 Quelques jours plus tard, les policiers kényans, alertés par une dénonciation, investissent un hôtel de la ville.
31:43 Lors de l'arrestation, ils mettent la main sur le suspect.
31:56 Il a été soigné à l'hôpital où les balles sont liées.
31:59 On était sûr de tenir notre homme.
32:01 Un témoin oculaire l'identifie formellement comme étant le terroriste qui a pris la fuite au moment de l'explosion.
32:07 Lors de son interrogatoire, l'homme passe aux aveux.
32:11 Il est l'un des deux membres du commando suicide de Nairobi.
32:14 Parmi ces nombres pseudonymes, le FBI décide de n'en retenir qu'un.
32:19 Al-Owali.
32:21 Al-Owali était le passager du camion que conduisait un certain Azam, l'homme.
32:29 Son rôle principal consistait à mettre les vigiles en joue pour qu'ils ouvrent la grille.
32:35 Azam était ensuite censé déclencher la fusillade.
32:39 Si Azam n'avait pu remplir sa mission, Al-Owali aurait lancé une grenade à l'arrière du camion pour le faire exploser.
32:46 Mais Al-Owali n'est qu'un simple exécutant.
32:51 Dans ses aveux, il révèle le nom de l'organisation qui l'a recruté.
32:57 Ce nom, c'est Al-Qaïda.
33:00 En 1998, Al-Qaïda est un réseau au rôle très ambigu dont le dirigeant Osama bin Laden n'a pas encore été déclaré ennemi public numéro un.
33:16 Bin Laden ne faisait pas la une à l'époque.
33:24 Al-Qaïda a été connu des services de renseignement pour commanditer des opérations terroristes.
33:30 Mais les services secrets américains sont mal informés.
33:36 Bin Laden a prononcé une fatwa appelant les musulmans à tuer les américains par terre.
33:41 Le FBI traque désormais les membres d'une cellule d'Al-Qaïda opérant à Nairobi.
33:48 Il a beau tenir busqué les cerveaux, ceux qui ont orchestré cet acte odieux.
33:54 C'est une nouvelle information qui va mener les enquêteurs dans un endroit totalement inattendu.
33:59 Un luxueux lotissement de la banlieue résidentielle de Nairobi, le Runda Estates.
34:04 L'équipe de Don est envoyée sur place.
34:09 Si elle trouve des traces d'explosifs dans la maison, elle pourra ainsi établir un lien irréfutable entre Alawali et l'attentat.
34:17 Dès que j'ai passé la porte, j'ai remarqué l'odeur qui régnait.
34:23 Ça sentait le produit nettoyant.
34:25 Quelqu'un était venu faire le ménage du sol lié le dessus des portes.
34:29 Et c'est là qu'on a fait des prélèvements.
34:32 Don et son équipe explorent quantité d'endroits astucieux auxquels les terroristes n'ont pas prêté attention.
34:41 Tous les échantillons sont placés dans des pochettes hermétiques
34:45 qui sont envoyées au quartier général de Waw, aux chimistes du FBI pour les analyser
34:49 et trouver de quoi étayer les aveux d'Alawali.
34:52 Entre temps, une autre question s'adresse à des États-Unis.
34:58 Pourquoi avoir fait sauter Lufundi Building et provoquer ainsi lourd bilan humain ?
35:03 Lufundi Building, qui jouxtait l'ambassade, n'avait aucun rapport avec elle.
35:13 Il s'agissait d'un bâtiment civil nullement conçu pour résister à une explosion de cette ampleur.
35:19 Quand le kamikaze a actionné sa bombe, le souffle provoqué par l'explosion s'est violemment engouffré dans l'édifice.
35:25 Les murs intérieurs se sont écroulés comme des dominos et la structure a été littéralement pulvérisée.
35:31 Contrairement à son voisin, l'ambassade a résisté et sa structure est restée intacte.
35:40 Néanmoins, l'onde de choc a fait voler les vitres en éclats et s'est propagée à l'arrière de l'ambassade.
35:47 L'ambassade s'est propagée à l'arrière du bâtiment, semant la destruction sur son passage.
35:52 Or cela n'aurait jamais dû arriver.
35:56 Conformément à la réglementation du ministère des Affaires étrangères,
36:02 les ambassades doivent être entourées d'une zone tampon de 30 mètres pour limiter les incidences d'une bombe éventuelle.
36:09 Les essais ont en effet prouvé que la force de l'explosion diminue quand la distance bombe-cible augmente.
36:17 Malheureusement, l'ambassade de Nairobi avait été construite avant la mise en place de la réglementation.
36:23 Si la distance recommandée avait été respectée, les dégâts intérieurs auraient été moindres.
36:28 Et si la barrière avait été installée à 30 mètres des autres bâtiments,
36:32 l'explosion n'aurait pas été assez puissante pour raser le Foundé Building.
36:36 Dans les mois précédant l'attentat, l'ambassadrice avait fait part à maintes reprises de ses inquiétudes
36:44 quant à la vulnérabilité du bâtiment.
36:47 Dès que j'ai mis le pied à l'ambassade, j'ai réalisé le danger qu'elle représentait.
36:56 Le ministère avait l'intention de financer sa rénovation,
37:03 mais j'avais proposé ce qui me paraissait une excellente idée,
37:07 prendre l'argent proposé, vendre le bâtiment, et y s'installer dans un endroit mieux sécurisé.
37:14 Mais l'ambassade n'était prisque, et cette requête avait été refusée.
37:18 Le FBI sait désormais qu'une cellule d'Al-Qaïda opère en Afrique de l'Est,
37:26 ceux qui l'ont recruté courent toujours.
37:28 Reste à savoir si les éléments analysés dans les laboratoires de Washington
37:34 permettront de les identifier avant qu'ils ne récidivent.
37:37 Les agents scientifiques du FBI et le site de l'explosion.
37:43 Pendant qu'à Washington, les chimistes examinent les échantillons au spectromètre
37:47 et effectuent différentes analyses.
37:49 Ils parviennent ainsi à séparer les composants,
37:56 et à savoir avec certitude ce que contiennent les prélèvements de la maison.
38:00 Ils y trouvent du temps, un autre explosif industriel, et de l'aluminium.
38:05 J'ai déjà vu ça.
38:11 Certains préconisent d'ajouter de l'aigle.
38:13 Cette découverte constitue l'ultime confirmation du témoignage d'Alawali.
38:18 Désormais, les taux de la justice se referment hermétiquement sur le terroriste
38:23 et deux de ses complices déjà en détention.
38:25 En retraçant le fil des événements et en analysant les pièces à conviction accumulées,
38:31 nous allons maintenant pouvoir vous révéler
38:33 comment Al-Qaïda a commis son premier attentat majeur sur la scène de l'ambassade de Nairobi.
38:38 2 août 1998, J-15.
38:44 Al-Alawali, membre de l'armée, son ange gardien,
38:48 vient le chercher pour le conduire au numéro 43 d'un lotissement résidentiel, le Runda Estes.
38:53 C'est là que les artificiers peaufinent la bombe.
38:56 J-5 arrive d'un camp d'entraînement d'Al-Qaïda au Pakistan.
39:01 C'est lui qui conduira le camion suicide.
39:06 J-3. Al-Alawali part en reconnaissance.
39:10 3 août 1998, H-54.
39:17 Le camion quitte le lotissement avec 3 tonnes d'explosifs mélangées à de l'aluminium.
39:22 Al-Alawali porte un...
39:27 Les 4 grenades incapacitantes à la ceinture lui serviront à libérer le passage
39:32 et à faire sauter le camion si Azam n'y parvient pas.
39:36 Sur les conseils de ce dernier, il tombe la veste pour attraper plus facilement les grenades.
39:40 H-29.
39:43 Le camion arrive au dernier rond-point et s'engage dans la rue de l'ambassade.
39:47 Il pénètre dans l'enceinte et s'arrête dans un crissement de pneus devant la barrière levante.
40:04 Al-Alawali saute du véhicule pour mettre les vigiles en joue
40:07 mais dans la précipitation, il oublie veste et pistolet.
40:10 Sans son arme, il ne peut que les menacer verbalement.
40:13 Comme les vigiles refusent d'ouvrir la grille,
40:17 il se précipite vers le camion et demande à Azam de tirer.
40:21 La situation lui échappant de plus en plus,
40:24 Al-Alawali en est réduit à lancer les grenades à travers l'esplanade.
40:30 Ironie du sort, le vacarme éveille la curiosité de tous les occupants des bâtiments
40:34 lesquels se collent aux fenêtres pour voir ce qui se passe.
40:37 Al-Alawali panique et prend ses jambes à son coup.
40:42 La force de l'explosion brise toutes les vitres dans un rayon de 300 mètres.
40:50 Des milliers de personnes sont atrocement blessées
40:54 car les fenêtres qui les avaient attirées se sont transformées en armes fatales.
40:58 Le souffle de la bombe frappe de plein fouet le fond des buildings
41:06 détruisant les murs intérieurs et provoquant l'effondrement du bâtiment.
41:10 L'onde de choc balaie également l'ambassade.
41:12 Quand le nuage de poussière retombe, on recense plus de contrées américains.
41:18 L'attentat de Tanzanie a fait quant à lui 11 morts
41:23 et 85 blessés.
41:24 Al-Alawali a survécu à l'explosion
41:26 mais il est hébété, il part en boitant et se rend à l'hôpital.
41:30 Il se débarrasse de toute la vie.
41:35 Jugé aux Etats-Unis, Al-Alawali et trois de ses complices sont reconnus coupables.
41:46 George Mimba témoins au procès
41:49 et surtout bouleversé par leur absence totale de remords.
41:54 Quelque chose ne tourne pas rond
41:56 et c'est la partie cachée de l'iceberg.
41:58 Si seulement on pouvait prendre le problème à la racine
42:02 et comprendre ce qui ne va pas.
42:04 Aux yeux de Prudence Bushnell, ces attentats sont d'autant plus tragiques
42:09 qu'ils n'ont pas été pris au sérieux.
42:11 Cela ne nous a rien enseigné sur le mode opératoire d'Al-Qaïda
42:17 ni sur l'intensité de leur haine à notre égard
42:23 ni sur le fait qu'ils étaient prêts à toutes les extrémités pour tuer des Américains.
42:28 Trois ans plus tard, une tragédie encore plus grave.
42:37 Les services secrets américains n'ont pas voulu croire qu'Al-Qaïda allait frapper le cœur même de l'Amérique
42:42 et les conséquences ont été catastrophiques.
42:46 Le monde est en pleine crise.
42:49 Les États-Unis sont en danger.
42:52 Les États-Unis sont en danger.
42:54 Les États-Unis sont en danger.
42:56 Les États-Unis sont en danger.
42:58 Les États-Unis sont en danger.
43:00 Les États-Unis sont en danger.
43:02 Les États-Unis sont en danger.
43:04 Les États-Unis sont en danger.
43:06 Les États-Unis sont en danger.
43:08 Les États-Unis sont en danger.
43:10 Les États-Unis sont en danger.
43:12 Les États-Unis sont en danger.
43:14 Un parc du souvenir a été aménagé sur les lieux du drame.
43:18 Il nous rappelle que les gens qui ne font de mal à personne
43:22 et qui se montrent admirables face au terrorisme aveugle.
43:25 Des gens qui seront hantés à jamais par cette minute de vérité.
43:30 Mercredi prochain à 20h40, vous avez rendez-vous pour découvrir la Minute de Vérité.